Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

86 articles avec theatre - chansons - opera

Edmond d'Alexis Michalik au théâtre du Palais-Royal

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Edmond d'Alexis Michalik au théâtre du Palais-Royal
Edmond d'Alexis Michalik au théâtre du Palais-Royal

Edmond, le nouveau spectacle d'Alexis Michalik offre une bonne soirée de divertissement théâtral. Nous sommes en 1897, Edmond Rostand (Guillaume Sentou) n'a pas encore trente ans, deux enfants et peu d'argent, sa dernière pièce "La princesse lointaine" a fait un four et il n'a rien écrit depuis deux ans. Alors que Feydeaului, triomphe avec "Le dindon". Heureusement le grand acteur Constant Coquelin (Pierre Forest) a aimé sa "Princesse". Il lui propose d'écrire une pièce pour lui. Mais, il faut qu'elle soit prête dans deux mois. Comment faire lorsque depuis deux ans on ne parvient plus à terminer un acte! "Edmond" raconte comment l'inspiration viendra à Rostand pour écrire Cyrano de Bergerac et comment avec l'aide de Coquelin il parviendra à monter Cyrano en dépit des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs (deux truands corse!!!) et de la jalousie de sa femme.

Edmond d'Alexis Michalik au théâtre du Palais-Royal

Il ne faut pas être trop pointilleux sur la vérité historique d'"Edmond" qui prend beaucoup de liberté avec les faits; il reste que ce qui a inspiré Rostand pour la scène du balcon, et est habilement adapté par Michalik dans "Edmond", serait véridique. Dans sa jeunesse, le poète aurait effectivement aidé Jérôme Faduilhe dans sa cour, jusque-là infructueuse, à une certaine Marie Castain : il lui avait écrit ses lettres d'amour. Réelle aussi l'anecdote qu'avant la première de Cyrano qui lui apportera la gloire, quelques minutes avant le levé de rideau, Rostand, pressentant un fiasco, demanda pardon à la troupe de l'avoir entraînée dans « cette effrayante aventure ».

En revanche Ravel, dont on comprend pas très bien ce qu'il vient faire là, n'a pas composé son "boléro" en 1897, mais trente ans plus tard. Michalik a sans doute pensé que la présence du compositeur renforcerait, comme celle de Feydeau, Courteline et Sarah Bernharth (très réussie la prestation de Valérie Vogt dans le rôle de la diva),  le tableau de l'époque.   

Comme toujours avec Michalik ça déménage au sens propre comme au figuré puisque si le rythme ne faiblit jamais se sont aussi les acteurs qui changent les décors. Ceux-ci réduit au minimum sont néanmoins astucieux. Les comédiens sont tous épatants et mouillent la redingote. Une mention spéciale pour Pierre Forest qui en Coquelin a beaucoup de présence. On est devant un vrai théâtre de tréteaux. On imaginerait bien la troupe des dynamiques douze comédiens, qui chacun endosse l'habit de plusieurs personnages durant la représentation, jouer en plein air sur les places des marchés. Certain comédiens n'hésitent pas à jouer "gros"; leurs effets, en particulier ceux du duo des producteurs corses, semblent plus fait pour attraper l'attention du chaland traversant le champ de foire que pour séduire le spectateur assis sur le fauteuil pourpre et pelucheux d'un théâtre. D'où une certaine gène de voir ce théâtre populaire se donner dans une des salles "les plus bourgeoise" de Paris: "Le Palais-Royal". J'ai déboursé près de 50 € pour une place de deuxième catégorie à la visibilité moyenne.

"Edmond" est une farce vaudevillesque dans laquelle s'immisce d'intéressante considérations sur le monde du théâtre.  

Edmond d'Alexis Michalik au théâtre du Palais-Royal

Partager cet article

Repost 0

La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD

Ce que je n'osais espérer est miraculeusement arrivé. Cyril Legann et Clément Beauvois ont magnifiquement réussi la captation de la pièce dans la distribution de la création. Elle est proposée par Epicentre Film Edition* qui par ailleurs fait un beau travail de distribution de films, gays pour certains. L'édition du DVD est soignée. En bonus on a droit à une interview croisée, informative tout en étant décontractées, de presque tous les intervenants de la pièce. En outre un sous titrage en anglais de la pièce est proposé. Seul regret que le remarquable travail de captation, très cinématographique, ne soit pas mis en avant par un petit making of d'autant que dans le cas présent c'est un beau tour de force que de réussir à filmer une pièce à onze personnages, sur une scène aussi vaste que celle du Théâtre du XX ème, avec seulement quatre caméras tout en servant bien la mise en scène dynamique de Régis Martrin-Donos. Si le regard des deux réalisateurs est subjectif, il ne fatigue jamais le spectateur en mêlant habilement plans larges, qui embrassent toute l'ouverture du plateau, à des gros plans et à des plans moyens. Ils se donnent même le luxe, pas encore assez à mon gout, de mettre un acteur plein cadre, alors que c'est un autre qui a la parole. La magie du DVD fait que l'on entend mieux la musique signée Jean-Pierre Stora qu'au théâtre... et puis on peut faire des arrêts sur images sur la plastique de ces messieurs...

Sur la pièce je n'ajoute rien au billet que vous pouvez lire ci-dessous et que j'écrivais au lendemain d'avoir vu ce "Banquet d'Auteuil" que la Comédie Française s'honorerait de faire rentrer à son répertoire.

* Si vous ne trouvez pas cette petite merveille dans votre magasin habituel, vous pouvez l'acquérir directement chez l'éditeur: www.epicentrefilms.com 

La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14

 

 

 

Dominique Fernandez grand débusqueur devant l'éternel, de pédés dans le placard, y a inexplicablement laissé Molière! Jean-Marie Besset avec ce « Banquet d'Auteuil » l'en a sorti et de belle manière.

Nous sommes en 1670, Molière abandonné par sa jeune femme, qui est peut être sa fille, est lassé des femmes (qu'il a beaucoup pratiquées). Espérant trouver plus de constance chez les hommes (le naïf) il est tombé amoureux du plus jeune comédien de sa troupe, Michel Baron qui n'est âgé que de dix sept ans.

Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14
 

La pièce qui entrelace habilement tragédie, comédie, érotisme et fantastique se découpe en quatre actes. En ouverture Chapelle (Hervé Lassince délicieux de bout en bout), qui cohabite avec Molière (Jean-Baptiste Marcenac) dans « une campagne » à Auteuil revient fort éméché de Paris et ceci en pleine nuit. Il ne réveille pas pour autant Molière qui est tout absorbé dans la contemplation de Baron endormi. Le jeune homme est de retour après une fugue de trois ans. Chapelle croyant Molière toujours dans les affres de sa séparation d'avec Armande Béjart a invité à diner de vieux amis pour le distraire. Au deuxième acte, et au matin, Molière confesse tout son amour à l'aimé. Le soir venu, voici le troisième acte, l'acmé de la pièce, le banquet. Avec les convives qui s'ramènent; on comprend que nous allons être entre Platon et « Les garçons de la bande ». La cohorte de bougres qui fait éruption chez Molière se compose de Chapelle qui guide la troupe, de Lully (Frédéric Quiring), l'un des courtisants les plus en vue à Versailles, il fait danser le roi soleil tous les matins. Lully vient accompagné de son mignon, Osmane (Quentin Moriot), un jeune danseur turc. Suit le chevalier de Nantouillet (Gregory Cartelier), un bretteur (cité par madame de Sévigné) accompagné d'un petit marquis Monsieur de Jonzac (Romain Girelli). Il y a aussi Dassoucy (Dominique Ratonnat) musicien favori de Louis XIII mais devenu has-been depuis l'avènement de Louis XIV. Il est accompagné de son chanteur particulier, Perrotin (Antoine Baillet-Devallez), qu'il a recueilli lorsqu'il avait sept ans... Tout ce beau monde se présente, s'échauffe et caquette quand soudain, apporté par un rayon de lune, venu de l'au delà, apparaît Cyrano de Bergerac. Il s'emmerdait ferme dans la vie éternel où il croupit depuis quinze ans. Il à profité de cette aubaine sélénite pour rendre visite à ces anciens amis dont quelques uns sont d'anciens amants. Alain Marcel (déjà fort apprécié dans « Perthus ») est très bien dans ce rôle statique mais il est un peu âgé pour le personnage. Cyrano a été assassiné à trente cinq ans, mais peut être vieillit-on au purgatoire? Après un léger étonnement du à l'intrusion du fantôme, la conversation reprend de plus belle. Ils sont assez langue de pute ces pédés du XVII ème, tout à fait comme ceux d'aujourd'hui et probablement comme ceux de demain (mais on m'a confié que chez les hétérosexuels ce n'était pas beaucoup mieux). Bientôt une controverse éclate qui a le plus beau cul, un spadassin ou un danseur? Pour que l'on puisse juger de la chose Ousmane et le chevalier de Nantouillet baissent leurs chausses. Ce qui fait chanter Perrotin << O Célestes plaisir / Doux transport d'allégresse!/ Vient mort quand tu voudras/ Me donner le trépas / J'ai revu ma princesse! >>. On peut trouver le transport de l'eunuque bêlant un peu outré mais du deuxième rang pouvant admirer le cul de Quentin Moriot-Ousmane, je dis que c'est à peine exagéré... Dassoucy veut en voir plus: << Oui... mais le cul tout seul, cela ne veut rien dire, il faut la cuisse aussi, le genou, le mollet et jusqu'au pied enfin descendre tout à fait...>> et voilà nos deux bougres nus comme des vers. Comme Dassoucy le spectateur profite... Bientôt la compagnie se dit que pour bien comparer il faudrait aussi un comédien et c'est le jeune Baron qui s'y colle... Alors là, quel cul! Au sens propre du terme, un cul de compétition et lorsque Félix Beaupérin se retourne, on peut admirer que l'avers vaut largement l'envers... Il faut saluer l'exploit de Félix Beaupérin qui en disant, nu, sur une table, face au public, un texte difficile, réussit par son talent à faire oublier son admirable plastique.

Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14

Je ne vous en dirais pas plus sur le contenue de cette ambitieuse pièce qui aurait mérité d'être un peu plus ramassée, sachez seulement qu'ensuite dans le quatrième et dernier acte, il y a deux très belles tirades, dites par Molière, l'une sur la fidélité en amitié et l'autre sur la difficulté de garder l'amour d'un jeune homme lorsqu'on est un hommes mure.

A ce propos on peut imaginer que la pièce est sur ce point autobiographique et que d'une manière bien émouvante Besset ait glissé dans sa fantaisie historique une adresse à l'être aimé.

C'est ainsi très fort de faire passer, dans une érudite comédie historique les tourments de sa vie. Car historique la pièce l'est dans ses moindres allusions. Tous ces personnages ont réellement vécu au XVII ème siècle. Il y a bien sur Molière et Lully qu'il est superflu de présenter (quoique) mais aussi des personnages aujourd'hui un peu oubliés comme Chapelle (1626-1686), l'ami de toujours de Molière et ancien amant de Cyrano, son mentor, et de Dassoucy. « Le banquet d'Auteuil » montre que Chapelle était peut-être co-auteur de certaines des pièces du maitre (1). La couverture du texte de la pièce nous révèle que le vrai Michel Baron (1653-1729) était aussi joli dans son jeune âge que l'acteur qui l'interprète aujourd'hui. Il ne faudrait pas oublié Dassoussy, sans doute le plus bougre de tous ces libertins. Il fut emprisonné pour sodomie en 16521655 et 1673. Son très jeune protégé Perrotin séduisît par sa voix le duc de Mantoue qui l’enleva à Dassoucy pour en faire un castrat. Dassoucy retrouva Pierrotin à la fin de 1667... diminué.

La troupe est très homogène et tous les acteurs sont dignes d'éloges. A commencer par celui pour leur diction parfaite qui fait entendre clairement les répliques de la pièce qui plagient raisonnablement le dire du XVII ème siècle. Le banquet d'Auteuil par le surgissement de la tragédie dans la comédie et vice versa est plus de l'école anglo-saxonne que de la française (Molière est cependant en la mantière, le dramaturge français qui convoque le plus volontier ce chaud et froid) . Rien d'étonnant à cela de la part de Jean-Marie Besset qui a signé tant d'adaptations de pièces anglaises et américaines. Il reste que l'auteur dans cette oeuvre que l'on peut considérer comme la plus ambitieuse de son théâtre a été fidèle au classicisme français, unité de temps, "Le banquet d'Auteuil" se déroule en vingt quatre heures et unité de lieu, la résidence de Molière à Auteuil.

La mise en scène de Régis de Matrin-Donos démontre qu'il n'est point besoin de faire courir ses acteurs partout pour réaliser une mise en scène dynamique. Quant aux costumes et décors de Marie Delphin, ils prouvent que les fanfreluches ne sont pas indispensables pour évoquer le XVII ème siècle.

Vous avez compris qu'il faut s'y précipiter, ce n'est pas tous les jours que l'on peut méditer sur la vie, l'amour, la mort, la création littéraire, l'avantage de l'amour des garçons sur celui des femmes, en compagnie de Molière, Cyrano et Lulli tout en se rinçant l'oeil...

Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14

Nota

1- Ce que confirme un écrit d'époque du à : << C'est à lui que nous devons encore une partie des grandes beautés que nous voyons briller dans les excellentes comédies de Molière, qui le consultait sur tout ce qu'il faisait, et qui avait une déférence entière pour la justesse et la délicatesse de son goût.>> ( François de Callières, Des bons mots et des bons contes, Paris, 1692,  332« Des bons mots et des bons contes » [archive], sur Gallica.)

 

2- Il est bon de rappeler pour ne pas idéaliser le XVII ème siècle qu'il n'était pas sans danger d'être pédéraste, il y a plusieurs allusion à ce propos dans la pièce. En 1661 a lieu deux exécutions exemplaires par le feu, celle de Jacques Paulmier et Jacques Chausson pour tentatives de viol sur de jeunes garçons.

 

3- L'affiche est si moche que je ne l'ai pas reproduite. Comment peut on faire une affiche aussi laide avec de si beaux comédiens...    

Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)

Commentaires lors de la précédente édition du billet

Silvano19/04/2015 10:25

Vue hier soir. Je confirme tout le bien que vous en dites. Salle remplie seulement aux deux tiers, c'est fort étonnant. Faisons du ramdam pour les 6 dernières représentations !

 

lesdiagonalesdutemps19/04/2015 10:37

Ce qui est très dommage c'est que cette pièce très ambitieuse ne soit pas capté pour qu'un plus large public puisse en profiter. Je pense que le choix du théâtre n'est pas très bon et surtout que l'affiche du spectacle est calamiteuse et puis comme dirait ce bon Michel Ciment, Besset n'a pas la carte... Il faut allez voir ce spectacle.

 
 

ismau08/04/2015 18:37

Quel dommage d'habiter loin de Paris ! Heureusement on peut se rattraper un peu avec vos jolis images , et beaucoup avec votre savoureux texte .
L'infortuné Chausson, je le connaissais déjà à travers les poèmes du non moins malheureux Claude Lepetit, mort rôti également, un an plus tard en 1662 à l'âge de 23 ans . C'était un très brillant jeune-homme ; je trouve son sort très émouvant, et son poème sur la mort de Chausson – où il est question de D'Assouci – particulièrement édifiant . C'est à lire !
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Chausson
(ainsi que le wiki sur Lepetit )

 

lesdiagonalesdutemps08/04/2015 19:18

Merci pour ces liens.
Malheureusement cette très belle pièce bien mise en scène ne serait pas captée. J'ai pu parler un peu à Besset après la représentation.

 
 

pépito05/04/2015 19:22

d'ordinaire, le théâtre de Besset me fait l'effet d'une purge... là, j'avoue avoir été séduit par l'entreprise (même si je la trouve tirée par les cheveux... Cyrano ? Franchement ?) les comédiens sont formidables, le trio de tête surtout... Molière bisexuel, pourquoi pas... après tout, on trouve dans tout son théâtre des amitiés viriles un peu troubles...

 

lesdiagonalesdutemps05/04/2015 21:31

L'homosexualité de Cyrano est historique, il a bien été l'amant de d'assoucy comme il est dit dans la pièce quant à d'assoucy c'était un professionnel en la matière (Henning a fait 1000 page sur le sujet: "d'assoucy et les garçons". A Montpellier il a failli être lynché pour pédophilie et ensuite a échappé de peu au bucher. Il ne faut pas confondre le vrai Cyrano et le personnage de Rostand très éloigné de la vérité historique comme l'est le Dartagnan de Dumas par rapport à son modèle. La bisexualité de Molière a été avancée par plusieurs historiens. D'ailleurs rien que de très banal dans ce milieu de libertins (voir sur les libertins les très intéressantes causeries d'Onfray par exemple. Ce qui est remarquable dans cette pièce c'est que Besset parvient à faire vivre 9 vrais rôles sur une scène (le petit marquis n'a pas grand chose à faire).

 
 

Bruno04/04/2015 17:46

Belle présentation, merci !
http://culture-et-debats.over-blog.com/article-moliere-homosexuel-par-jacques-freville-59522884.html

 

lesdiagonalesdutemps04/04/2015 17:51

Merci pour le lien.

 
 

xristophe04/04/2015 15:03

Quelle verve ! J'applaudis déjà le spectateur-narrateur...

 

lesdiagonalesdutemps04/04/2015 16:22

Merci mais il vaut mieux aller applaudir les comédiens. C'est si rare de nos jours de voir une création avec un texte de cette qualité, même s'il y a quelques baisses de rythme, avec dix comédiens en scène, c'est exceptionnel. On devrait bien remonter les pièces de Thierry Maulnier moins réjouissante que ce banquet mais qui néanmoins m'y a fait penser.

 
 

DAMIEN04/04/2015 11:21

j'ai vu la pièce, Félix Beaupérin quel beau garçon(ses fesses, son sexe !!!), comment à réagit la salle quand vous l'avez vu ?
Félix aime-t-il les garçons ou les fille ou les 2, à votre avis ?

 

lesdiagonalesdutemps04/04/2015 12:44

La salle était très sage pas de mouvement divers dans la salle et aux saluts de chaleureux applaudissements bien que la salle ne soit qu'à moitié pleine. On peut (doit) y aller car il y a de la place.

ismau25/10/2016 18:40

N’être pas un grand amateur de Molière c’est surprenant, et très original ... ! Moi j’aime beaucoup Molière, pourtant pas au point d’avoir vu ou lu toutes ses pièces, encore moins d’avoir lu l’étude de Ramon Fernandez ( j’aimerais par contre très volontiers lire la bio : "Ramon" écrite par Dominique Fernandez sur son père ) "La jalousie du barbouillé", quel joli titre ! Je croyais l’avoir peut-être vue au Lucernaire il y a longtemps, mais non, après vérification c’était une autre farce des débuts : "Le médecin volant" .

 

lesdiagonalesdutemps25/10/2016 19:43

Il faut dire que je ne suis pas un joyeux drille et que je goute assez peu les comédies et pour moi le génie du théâtre n'est pas français mais anglais et c'est bien sûr Shakespeare qui sait si bien mêler le drame à l'Histoire.

 
 

ismau22/10/2016 20:06

En attendant de regarder un jour cet alléchant dvd, j’ai retrouvé avec plaisir vos images et votre texte . Le relisant je me suis souvenue de l’infortuné Chausson, et du non moins malheureux Claude Lepetit que je vous avais déjà signalé, mort rôti également un an plus tard en 1662 à l'âge de 23 ans . Pour sa mémoire, j’en parle à nouveau : c'était un très brillant jeune écrivain ; je trouve son sort très émouvant, et son poème sur la mort de Chausson – où il est question de D'Assouci – particulièrement édifiant . 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Chausson
(ainsi que le wiki sur Lepetit )
Si Dominique Fernandez n’a pas trop fouillé du côté de Molière, c’est peut-être parce que son père Ramon avait déjà écrit un livre particulièrement brillant sur Molière ( le meilleur sur Molière et le meilleur de son père, au dire de Dominique ... )

 

lesdiagonalesdutemps22/10/2016 22:05

Il est question brièvement de ces infortunés dans la pièce. d'Assouci a eu chaud aux fesses.
Je n'ai pas lu ce livre de Ramon Fernandez car en fait je ne suis pas un grand amateur de Molière dont j'ai pourtant vu et lu toutes les pièces, je crois, y compris "La jalousie du barbouillé".

La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD (édition complétée)

Partager cet article

Repost 0

Soudain l'été dernier de Tennessee Williams à l'Odéon mis en scène par Stéphane Braunschweig

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Soudain l'été dernier de Tennessee Williams à l'Odéon mis en scène par Stéphane Braunschweig

Soudain l'été dernier est un concentré de Tennessee Williams. On y retrouve toutes les obsessions et les fantasmes du dramaturge: homosexualité clandestine, névrose narcissique, lobotomie, femme prédatrice et homme veule, pouvoir de l'argent, matriarcat castrateur, métaphores animalières, décadence d'une famille, course inéluctable vers la déchéance et la mort...

Ceux qui connaisse l'adaptation cinématographique de la pièce par Mankiewicz, totalement infidèle à l'oeuvre de Tennessee Williams feront bien de l'oublier.

Soudain l'été dernier de Tennessee Williams à l'Odéon mis en scène par Stéphane Braunschweig

Le rideau s'ouvre sur un jardin luxuriant, une jungle que l'on pourrait situer en Louisiane. Nous sommes dans les années 30. La date de 1935 est clairement citée. Madame Venable (Luce Mouchel) la riche propriétaire des lieux a, soudain l'été dernier, perdu son fils Sébastien, fils unique et adoré. Sébastien était un jeune poète, enfin pour sa mère, car il écrivait un poème par an et n'était plus si jeune que cela; il avait quarante ans. Il est mort dans un pays lointain dans des circonstances mystérieuses et atroces. Il était accompagné par sa jeune cousine, Catherine (Marie Raymond). La jeune femme qui n'était déjà pas un modèle d'équilibre avant le drame est depuis fort perturbée et réside dans une clinique. Madame Venable ulcérée par le récit que fait Catherine de la mort de Sébastien, va la revoir pour la première fois depuis la perte de son fils. Cette mère dévasté a fait venir un jeune psychiatre, le docteur Cukrowicz (Jean Baptiste Anoumon) en vu de lobotomiser Catherine. La pièce commence par la conversation entre madame Venable et le médecin. Dans les actes suivant la pièce va prendre la forme d'une psychanalyse de Catherine par le docteur Cukrowicz.

Soudain l'été dernier de Tennessee Williams à l'Odéon mis en scène par Stéphane Braunschweig

La complexité psychologique des principaux protagonistes de cette histoire, à commencer par celle du grand absent, Sébastien, va se révéler petit à petit au fil de la représentation. On comprendra qui était Sébastien. La lecture de "Soudain l'été dernier" par Stéphane Braunschweig laisse une grande latitude au spectateur. Il ne prend pas parti. Il permet à chacun juger si le récit de la mort de Sébastien par Catherine est de l'ordre du fantasme, de la métaphore ou si c'est la vérité.    

Soudain l'été dernier de Tennessee Williams à l'Odéon mis en scène par Stéphane Braunschweig

La mise en scène de Stéphane Braunschweig utilise bien la vaste scène de l'odéon, ce qui n'est pas une mince gageure pour un théâtre aussi statique que celui de Tennessee Williams. Il est en cela bien aidé par le beau décor, celui d'un jardin fantastique fidèle aux didascalies de l'auteur. Il est dommage que, pour le dernier acte, descendent des parois figurant lourdement une cellule capitonnée d'un asile d'aliénés, parois qui amputent le luxuriant jardin.

La mise en scène naturaliste sert bien la pièce, mettant en exergue la folie à la fois de madame Venable et de Catherine. Si la scénographie est convaincante il est dommage que Braunschweig ait voulu absolument faire le malin en distribuant le rôle du docteur à un noir, Jean Baptiste Anoumon, par ailleurs excellent comédien. C'est un contre sens absolu, comment imaginer un noir, d'origine polonaise de surcroit, médecin aliéniste, chef de service dans un hôpital du sud des Etats-Unis en 1935. Autre erreur de casting, celle d'avoir attribué le rôle du frère de Catherine, un jeune étudiant veule à Glenn Marausse, lui aussi très bon acteur, mais qui accuse bien ses trente ans. Il ne manque pourtant pas de jeunes comédiens de vingt ans talentueux d'autant que le rôle n'est pas très exigeant. Il en va tout autrement pour les partitions de madame Venable et de Catherine, deux rôles extrêmement exigeants tenus par deux actrice Luce Mouchel et Marie Raymond, que je ne connaissais pas, et qui sont exceptionnelles.

Malgré ces quelques réserves ce Soudain l'été dernier est un grand Tennessee Williams bien mis en valeur par Stéphane Braunschweig.  

Soudain l'été dernier de Tennessee Williams à l'Odéon mis en scène par Stéphane Braunschweig

Partager cet article

Repost 0

20 000 lieues sous les mers au théâtre du vieux colombier

Publié le par lesdiagonalesdutemps

20 000 lieues sous les mers au théâtre du vieux colombier
20 000 lieues sous les mers au théâtre du vieux colombier
20 000 lieues sous les mers au théâtre du vieux colombier

C'est un beau tour de force, d'autant qu'il est parfaitement réussi, d'avoir transmuté le long et un peu sentencieux bien que merveilleux roman qu'est le 20 000 lieues sous les mers" de Jules Verne (je ne peux plus lire Jules Verne aujourd'hui sans penser à Raymond Roussel) en une farce trépidante. Cette formidable adaptation est due à Christian Hecq et Valérie Lesort qui font également la mise en scène. Entre deux émerveillements causés par les ballets des créatures marines que l'on admire par le hublot du Nautilus, on rit beaucoup. Rappelons l'argument du roman, le professeur Aronnax (Nicolas Lormeau) et son fidèle serviteur, Conseil (Benjamin Lavernhe)  ont embarqué sur un navire qui est mandater pour tuer un monstre responsable du naufrage de plusieurs navire mais la créature coule le bateau sur lequel se trouve le professeur. Lorsque la pièce commence, dans la plus complète obscurité, le professeur se réveille dans un lieu inconnu. Il s'aperçoit vite que Conseil est avec lui ainsi que Ned Land (Christian Gonon) le harponneur qui était chargé de tuer la bête. Si au début les trois hommes s'imaginent être de nouveaux Jonas, ils s'aperçoivent qu'ils sont en fait dans un sous-marin. Nous sommes donc environ au tiers du roman. Le trio fait la connaissance du maitre des lieux, le misanthrope capitaine Némo (Christian Hecq) qui leur signifie que la bête naufrageuse est en fait le sous-marin et qu'ils y sont prisonnier pour toujours... Et c'est parti pour une heure vingt pendant lesquels on en prend plein les yeux dans cette navigation accélérée du Nautilus. La suave voix off de Cécil Brune nous narrant le parcours du démoniaque engin entre les scènes... Je n'en dirais pas plus pour ceux qui ne connaitraient pas le roman où qui l'ont un peu oublié étant une lecture lointaine. Les pré-adolescents lisent-ils encore Jules Verne? J'en doute car la pauvreté de leur vocabulaire doit être un obstacle rédhibitoire à cette lecture.

Si Nicolas Lormeau, Benjamin Lavernhe et Christian Gonon campent avec beaucoup de talent des personnages typiquement verniens, Christian Hecq qui pour une fois fait oublier Bousin, livre une composition complètement décalée et pourtant savoureuse d'un capitaine Némo entre Eric von Stroheim et Piéral! L'équipage du Némo est réduit au second du capitaine, Flippos (Noam Morgensztern). Némo et Flippos s'entretiennent entre eux en une langue inventée hilarante. En la matière Noam Morgensztern égale la prestation du regretté Jacques Villeret dans "La soupe au chou". La distribution est complétée par Thomas Guerry qui interprète un sauvage convaincant plus issu d'un roman de Jean de La Hire (je vous recommande chaudement le très maritime également "Trésor dans l'abime") que d'un de Jules Verne.

Sur le modeste plateau du vieux colombier il ne sont que six pour nous faire vivre cette épopée. Chacun des acteurs, instruits par Christian Hecq, dont c'est le premier métier, et conseillés par Sami Adjali, se font également manipulateur des merveilleuses marionnettes dues à Carole Allemand et Valérie Lesort qui nous évoquent si bien les abysses sous marins (ah l'oeil de Kraken sans oublier ses redoutables tentacules!).

Lorsque j'ai assisté la semaine dernière à la représentation un quart de la salle était composé de jeunes spectateurs d'une douzaine d'années qui visiblement prenaient beaucoup de plaisir à ce qu'ils voyaient. Ce 20 000 lieues sous les mers me parait un parfait premier spectacle théâtrale.         

Paris, mars 2017

Paris, mars 2017

Partager cet article

Repost 0

Tree of code à l'Opéra Garnier

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Tree of code à l'Opéra Garnier

Dans le noir, que la musique a commencé à habiter, arrive une sarabande de lucioles frénétiques, sur leur collant les danseurs ont des sources lumineuses fixées sur les bras et les jambes. Puis la nuit s'estompe pour laisser place à une douce pénombre. La musique se modifie, elle devient plus lancinante quelque chose entre Philip Glass et la musique planante des années 70 qui aurait été vitaminée par la techno. Elle est due à Jamie XX. Elle a été composée spécialement pour ce ballet. Si elle est assez différente de celle de son groupe, XX, elle est proche de son album solo.  Sur cette bande son, souvent envoutante, ondulent les danseurs sur une chorégraphie de Wayne McGregor d'après Jonathan Safran Foer. A part de brefs intermèdes toute la soirée aura été pour moi un voyage dans le temps, dans ces années 70. La musique de Jamie XX aurait pu sonoriser mes lectures de ces années là des volumes de la collection anticipation du Fleuve noir et les danseurs avec leur collant couleur chair auraient pu en sortir tout droit. C'est un peu ainsi qu'alors on rêvait la vêture du futur... Le système scénique imaginé par le plasticien Olafur Eliasson, formé à base de rideaux et de miroirs est astucieux et troublant, le spectateur souvent ne sachant plus s'il voit un danseur ou son reflet. Les miroirs parfois diffractent les corps et souvent multiplient les danseurs donnant une ampleur grisante au ballet. C'est si habile que l'on se demande pourquoi les metteurs en scène de ballets n'utilisent pas plus souvent le subterfuge du miroir... Le procédé n'est pas pour rien dans mon voyage dans le temps car le décor de la dernière partie du ballet avec ses miroirs circulaires pivotants est très vasarélien... Presque tout le ballet se déroule dans une lumière entre chien et loup. Il est à ce propos dommage que cette ambiance lumineuse, due à Rob Halliday, soit rompue au milieu de la représentation par une, heureusement courte, intrusion de la lumière crue. Petite interrogation sur le choix des danseurs, la troupe est composée à la fois par des danseurs de l'Opéra de Paris et par des membres de la compagnie d'Wayne McGregor, qui a créé ce ballet à Manchester. Tous les danseurs évoluent en parfaite symbiose. Le trouble créé par les jeux de miroirs est renforcé par l'androgynie des danseurs. Jusqu'au salut on a un doute sur le genre de certains protagonistes. Certaines danseuses sont nettement plus grandes que quelques danseurs et possèdent une carrure qu'envieraient beaucoup de mâles. J'aimerais revoir ce ballet dansé uniquement par des hommes dont les corps me semblent plus adapté au type de gestuelle imaginé par Wayne McGregor, mais le spectacle y perdrait certainement en mystère.    

Paris, février 2017

Paris, février 2017

Partager cet article

Repost 0

pour se souvenir d'une soirée à la Philarmonie de Paris avec Daniel Barenboim et la Staatskapelle Berlin dans un programme Mozart - Bruckner

Publié le par lesdiagonalesdutemps

pour se souvenir d'une soirée à la Philarmonie de Paris avec Daniel Barenboim et la Staatskapelle Berlin dans un programme Mozart - Bruckner
pour se souvenir d'une soirée à la Philarmonie de Paris avec Daniel Barenboim et la Staatskapelle Berlin dans un programme Mozart - Bruckner
pour se souvenir d'une soirée à la Philarmonie de Paris avec Daniel Barenboim et la Staatskapelle Berlin dans un programme Mozart - Bruckner
pour se souvenir d'une soirée à la Philarmonie de Paris avec Daniel Barenboim et la Staatskapelle Berlin dans un programme Mozart - Bruckner

Plus que pour le programme en ce samedi 7 janvier 2017 j'étais à la philarmonie pour voir Daniel Baremboim diriger un orchestre de son piano. Ce que je n'avais jamais vu, je regrette bien d'avoir raté en son temps Bernstein dans cet exercice. Il reste que le concerto n° 22 pour piano de Mozart a mis du soleil dans l'eau froide. 

Dans la deuxième partie, la symphonie n°3 de Bruckner, très Wagnérienne m' fait m'envoler dans les cintres sans pourtant me donner l'envie d'envahir la Pologne...

Petite anecdote Baremboim qui s'épongeait beaucoup des les premières mesures de Bruckner nous a laissé en plan à la fin du premier mouvement durant cinq bonnes minute. Ensuite le maestro a dirigé avec autorité jusqu'à la fin l'impeccable Staatskapelle Berlin, mais toujours en s'épongeant fréquemment...

Lors de ma précédente visite à la belle salle de la philarmonie qui est décidément nichée dans un bâtiment bien moche, je vous avais fait part de ma gène lors d'un concerto pour piano et orchestre de constater que le piano était un peu submergé par l'orchestre. Je ne savais s'il fallait incriminer l'interprétation, ce que je ne pensais pas ou l'acoustique de la salle que j'avais pourtant trouvée parfaite dans un programme exclusivement orchestrale lors de ma première visite en ce lieu alors que je me trouvais approximativement à la même place c'est à dire au 5ème étage, au premier rang du grand balcon face à l'orchestre que vous pouvez voir sur mes photos. Il faut savoir que la Philarmonie propose ses places sur trois étages. le troisième, le quatrième et le cinquième. ne me demandez pas où sont passé les deux premiers, je n'en sais rien. Cette fois j'étais au quatrième étage en fond d'orchestre et le rendu du piano était parfait de même que sa balance avec l'orchestre. Lors de programmes dans lesquels le piano dialogue avec l'orchestre si vous le pouvez évitez donc le cinquième étage... Suite de mes impressions acoustique sur l'endroit en mai prochain, à suivre...   

pour se souvenir d'une soirée à la Philarmonie de Paris avec Daniel Barenboim et la Staatskapelle Berlin dans un programme Mozart - Bruckner

Partager cet article

Repost 0

Je me souviens de Paul Guers

Publié le par lesdiagonalesdutemps

A gauche Paul Guers interprétant l'abbé de Pradts dans "La ville dont le prince est un enfant"

A gauche Paul Guers interprétant l'abbé de Pradts dans "La ville dont le prince est un enfant"

Je remercie Bruno de m'avoir informé de la triste nouvelle de la disparition de Paul Guers, comme quoi il ne faut pas toujours compter sur les gazettes pour apprendre les nouvelles qui vous touche. Je dois à Paul Guers un de mes plus grands souvenirs de théâtre, celui de son interprétation du rôle de l'abbé de Pradts dans "La ville dont le prince est un enfant". C'était en 1968 au Théâtre Michel.

Je me suis ensuite étonné de la rareté aussi bien sur scène que sur les écrans d'un si grand comédien. Cet effacement est pour moi un mystère.

Un peu moins de quarante ans plus tard, j'éditais "La ville" dans l'adaptation cinématographique qu'en avait fait Christophe Malavoy. J'émis alors le désir de rencontrer le premier interprète de l'abbé de Pradt pour réaliser une interview en vue d'étoffer les bonus du DVD. La productrice de la nouvelle version de la pièce me l'interdisit absolument sous peine de rompre le contrat d'édition si je passais outre son ordre... C'est ainsi que je n'ai jamais rencontré Paul Guers pour lequel je garde intact mon admiration d'adolescent.

Ci dessous je reproduit l'article du Monde, version numérique, la nouvelle ne me semble pas avoir eu l'honneur de la version papier, sur la mort du comédien. 

 

Paul Guers et Francoise Prevost lors du tournage de "La Fille aux Yeux d'Or" en 1961.

L’ancien secrétaire de la Comédie-Française Paul Guers a été retrouvé mort, lundi 28 novembre, à son domicile de Montsoreau (Maine-et-Loire), près de Saumur, au côté de son épouse écrivaine, a indiqué la gendarmerie.

Selon les premiers éléments de l’enquête, Paul Guers, 88 ans, serait mort entre le 16 et le 19 novembre, tandis que son épouse Marie-Josèphe, âgée de 66 ans, serait morte après lui. « Il souffrait d’un cancer et devait subir un traitement lourd », a précisé la gendarmerie, qui s’oriente vers l’hypothèse d’un décès naturel de l’acteur, suivi du suicide de sa compagne.

Homme de théâtre

Paul Guers, de son vrai nom Paul Dutron, est né à Tours en 1927. Pensionnaire de la Comédie-Française de 1953 à 1956, il débute sa carrière au théâtre, notamment dans des pièces mises en scène par Jean-Louis Barrault. C’est le film La Tour de Nesle, réalisé par Abel Gance, qui le fait connaître du grand public en 1955.

Il donnera notamment la réplique à Danielle Darrieux, Bernard Blier et Lino Ventura dans Marie-Octobre de Julien Duvivier, en 1959, puis à Marie Laforêt dans La Fille aux yeux d’or, en 1961. Lorsque sa carrière cinématographique décline au début des années 1970, il se consacre davantage au théâtre et à la télévision.

Au théâtre, il a joué dans La Chatte sur un toit brûlant, une pièce mise en scène par Peter Brook en 1956, dans Requiem pour une nonne, mis en scène par Albert Camus en 1961, ainsi que dans de nombreuses tragédies classiques.

Paul Guers a joué dans une trentaine de films, une trentaine de pièces de théâtre et tourné dans une quinzaine de feuilletons télévisés.

Femme de lettres

Agrégée de lettres, Marie-Josèphe Guers était un écrivain reconnu. Elle a publié plusieurs romans (« La Femme inachevée », Actes Sud 1987, « Tu te souviens », Editions du Rocher 2006), et la première biographie de Claudel, couronnés de prix prestigieux (Académie française, prix du premier roman, Prix des lectrices de Elle...).

En tant qu’éditrice, chez Robert Laffont elle a créé et dirigé diverses collections dont « Elle était une fois » qui a publié Françoise Giroud, ou Françoise Sagan. Chez Hachette elle a créé et dirigé une collection pour enfants, « Bestioles ».

 
Paul Guers et Pascal Bressy dans La Ville...

Paul Guers et Pascal Bressy dans La Ville...

Partager cet article

Repost 0

Rachmaninoff à la Philarmonie de Paris par Alexandre Tharaud et l'orchestre du Royal Liverpool Philarmonic Orchestra dirigé par Vasaly Petrenko

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Paris, novembre 2016

Paris, novembre 2016

Un petit billet pour se souvenir de la soirée Rachmaninoff à la Philarmonie proposé par Alexandre Tharaud qui a produit une très belle interprétation du concerto n° 2 de Rachmaninoff*. La prestation d'Alexandre Tharaud a été justement ovationnée par toute la salle. Le pianiste n'est pas tombé dans le travers de trop d'interprètes de Rachmaninoff qui ont tendance à jouer trop vite les concertos. Il reste qu'à la place, où je me trouvais, presque tout en haut et en face de l'orchestre, ce dernier prenait trop de place par rapport au piano. Est-ce à dire que cette superbe salle est plus faite pour la musique symphonique que pour un autre type du musique? J'aimerais que d'autres habitués de la Philarmonie me donnent leur avis sur ce point. Pour ma part je devrais compléter mon impression auditive de l'endroit dans quelques semaines devant retourner dans ce beau lieu (tout du moins pour l'intérieur car je suis beaucoup moins enthousiaste sur l'extérieur du bâtiment) pour le concert Lang Lang.

J'ajouterais que l'écoute de la deuxième partie du concert, les danses symphoniques interprété par l'orchestre du Royal Liverpool Philarmonic Orchestra dirigé par Vasaly Petrenko, était parfaite. En ce qui me concerne l'ouverture du concert, "Le rocher" a été une révélation.

* On peut prolonger le plaisir du concert puisque Alexandre Tharaud a enregistré le concerto n° 2 de Rachmaninoff, avec le même orchestre et le même chef.    

Alexandre Tharaud saluant après son interprétation

Alexandre Tharaud saluant après son interprétation

Partager cet article

Repost 0

Libera

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Libera

Partager cet article

Repost 0

Arvo Part - Salve Regina

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Arvo Part - Salve Regina

Partager cet article

Repost 0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 > >>