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79 articles avec theatre - chansons - opera

Rachmaninoff à la Philarmonie de Paris par Alexandre Tharaud et l'orchestre du Royal Liverpool Philarmonic Orchestra dirigé par Vasaly Petrenko

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Paris, novembre 2016

Paris, novembre 2016

Un petit billet pour se souvenir de la soirée Rachmaninoff à la Philarmonie proposé par Alexandre Tharaud qui a produit une très belle interprétation du concerto n° 2 de Rachmaninoff*. La prestation d'Alexandre Tharaud a été justement ovationnée par toute la salle. Le pianiste n'est pas tombé dans le travers de trop d'interprètes de Rachmaninoff qui ont tendance à jouer trop vite les concertos. Il reste qu'à la place, où je me trouvais, presque tout en haut et en face de l'orchestre, ce dernier prenait trop de place par rapport au piano. Est-ce à dire que cette superbe salle est plus faite pour la musique symphonique que pour un autre type du musique? J'aimerais que d'autres habitués de la Philarmonie me donnent leur avis sur ce point. Pour ma part je devrais compléter mon impression auditive de l'endroit dans quelques semaines devant retourner dans ce beau lieu (tout du moins pour l'intérieur car je suis beaucoup moins enthousiaste sur l'extérieur du bâtiment) pour le concert Lang Lang.

J'ajouterais que l'écoute de la deuxième partie du concert, les danses symphoniques interprété par l'orchestre du Royal Liverpool Philarmonic Orchestra dirigé par Vasaly Petrenko, était parfaite. En ce qui me concerne l'ouverture du concert, "Le rocher" a été une révélation.

* On peut prolonger le plaisir du concert puisque Alexandre Tharaud a enregistré le concerto n° 2 de Rachmaninoff, avec le même orchestre et le même chef.    

Alexandre Tharaud saluant après son interprétation

Alexandre Tharaud saluant après son interprétation

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Libera

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Libera

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Arvo Part - Salve Regina

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Arvo Part - Salve Regina

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Victor, Un duo pour un garçon et un homme de Peter Seynaeve & Jan Martens

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Foto
 

Un duo pour un garçon et un homme.

Dans  VICTOR  , ce sont les corps qui parlent. Un duo de deux corps, celui d'un homme et celui d'un enfant. Ils ont déjà parcouru un long chemin ensemble, mais l'enfant veut grandir le plus vite possible. Un jeu sensuel de muscle, mais aussi un jeu de puissance avec des armes inégales s'établissent. Une petite histoire sur un  fort et un innocent, qui désir être proche. Un portrait intime d'une relation.

Dans  VICTOR   le créateur de théâtre et acteur  Peter Seynaeve  et le chorégraphe et danseur  Jan Martens  créent un spectacle ensemble pour la première fois. Les pièces qu'ils ont tous les deux faits précédemment étaient en premier lieu des portraits - portraits d'individus, mais aussi de relations. En outre, VICTOR fournit une réponse basée danse au travail par rapport à leurs travails fait précédemment avec des enfants sur scène (pour un public adulte) qui a été produit par CAMPO.
 
TANZ octobre 2013: Ein Mann, Ein Junge, ein leerer Raum, in den dann und wann der Gesang eines Männerchors sickert: Minimalistisch formatiert und dennoch von unvergleichlicher Wirkung ist "Victor", das einstündige Kammerspiel des belgischen Inszenierungstandems Jan Martens und Peter Seynaeve.


 
 
 

viktor caudron et steven michel 
produit par campo, coproduite par frascati, ICKamsterdam, TAKtdommelhof et JAN 
supportés Zuidpool par 
image en rios studio Zertuche 
photographie de scène par Phile Deprez

 
DATES

2015 
7 de février 2015 le théâtre de la bastille paris FR 
8 février 2015 le théâtre de la bastille paris FR 9 février 2015  le théâtre de la bastille paris FR 10 février 2015 le théâtre de la bastille paris FR 8 mars 2015 tanzhaus NRW DUESSELDORF DE 9 mars 2015 tanzhaus NRW DUESSELDORF dE 10 mars 2015 tanzhaus NRW DUESSELDORF dE 24 mars 2015 malades brighton festival UK 14 avril 2015 le théâtre kikker utrecht NL29 avril 2015 le théâtre im Pumpenhaus münster dE 13 mai 2015 campo gand BE Dernière 17 de mai 2015 Mousonturm francfort dE 18 mai 2015 Mousonturm francfort dE 2014 7 février 2014 festival side step Helsinki FI 8 février 2014 festival side step Helsinki FI 15 février 2014  verkadefabriek  den bosch NL 20 février 2014  kc nOna  mechelen BE 1 mars 2014 malpertuis  tielt BE 7 mars 2014 kc nOna BE  26 mars 2014 Cultuurcentrum kortrijk BE 30 mars 2014 printemps lausanne CH de de 2 mai 2014 de grote poste oostende BE 31 octobre 2014 dansenshus stockholm SWE 1 de novembre 2014 dansenshus stockholm SWE 2013 25 avril 2013 CAMPO gand B première 26 avril 2013 CAMPO gand B 27 avril 2013 CAMPO gand B 15 de mai 2013 amsterdam frascati NL première dutch 16 de mai 2013 amsterdam frascati NL 17 mai 2013 amsterdam frascati NL 18 mai 2013 amsterdam frascati NL 29 août 2013 tanz im août HAU berlin dE  30 août 2013 tanz im août HAU berlin dE  20 septembre 2013 takt Dommelhof Neerpelt BE 10 octobre 2013 CAMPO possible Avenirs gand BE 12 octobre 2013 CAMPO possible Avenirs gand BE 15 d'octobre 2013 4 jours en mouvement prague CZ 18 octobre 2013 festival belfast à belfast Royaume - Uni de la reine 19 octobre 2013 festival belfast à belfast Royaume - Uni de la reine 30 d'octobre 2013 tanz à bern Dampfzentrale CH 1 de novembre 2013 entre les sexes festival bender bologne IT 2 novembre 2013 entre lessexes festival bender bologne IT 8 novembre 2013 Zuidpool anvers BE 9 novembre 2013 Zuidpool anvers BE 27 novembre 2013 de Velinx tongeren BE



 
Victor, Un duo pour un garçon et un homme de Peter Seynaeve &  Jan Martens
Victor, Un duo pour un garçon et un homme de Peter Seynaeve &  Jan Martens
Victor, Un duo pour un garçon et un homme de Peter Seynaeve &  Jan Martens
Victor, Un duo pour un garçon et un homme de Peter Seynaeve &  Jan Martens
Victor, Un duo pour un garçon et un homme de Peter Seynaeve &  Jan Martens
Victor, Un duo pour un garçon et un homme de Peter Seynaeve &  Jan Martens

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Les Damnés à la Comédie Française

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Les Damnés à la Comédie Française
Les Damnés à la Comédie Française

La représentation à la Comédie Française « des Damnés » du scénario du film éponyme de Visconti par Ivo van Hove devrait provoquer immédiatement plusieurs questions que ne manquera pas de se poser le spectateur un peu curieux et critique.

Tout d'abord est-ce une bonne idée d'adapter un scénario d'un film au théâtre? La réponse ne peut être définitive, car elle dépend forcément de la nature du dit scénario. Elle ne peut être positive toutefois que s'il répond à plusieurs conditions; celle tout d'abord que l'action se déroule dans un lieu unique, comme dans « Le repas des fauves », réussite complète d'une transposition au théâtre d'un film d'ailleurs trop peu connu, ou que le texte peut être facilement transposé en trois ou quatre décors au maximum; ce qui fait entrer « Les Damnés » dans cette catégorie puisque presque toute la pièce se déroule dans la demeure des magnats de l'acier. D'autre part Il est préférable que les dialogues du film soit important bien écrits. Ce qui n'est pas obligatoirement le cas même pour de bons films un cinéaste devant privilégier l'image et non le les dialogues pour faire avancer l'action. C'est même sont devoir de cinéaste. Transposé à la scène les dialogues peuvent alors, sans le support de l'image paraître pauvre et pas assez explicite. La bonne adaptation du texte du film rend la pièce facilement compréhensible mais les répliques paraissent bien plate. Nous sommes dans Shakespeare sans Shakespeare!

Autre interrogation que l'on peut avoir faut-il de la vidéo sur une scène de théâtre? D'emblée j'ai tendance à répondre par la négative. Ce n'est pour moi qu'un artifice, qu'une béquille pour un metteur en scène qui ne serait pas capable avec les attributs classiques du théâtre de faire passer l'intelligence et l'émotion (ou la drôlerie) contenus dans le texte de la pièce qu'il monte.

Ce n'est pas l'adaptation « Des damnés » qui modifiera mon opinion sur le sujet. Les vidéos projetées sur un écran au fond de la scène, ne font que souligner lourdement une mise en scène qui ne brille déjà pas par sa légèreté. Les ajouts vidéos sont de trois espèces. La première nous rappelle quelques dates des débuts de la prise de pouvoir d'Hitler mais curieusement pas celle qui a un impact direct sur la pièce, « la nuit des longs couteaux ». Quel intérêt peuvent avoir ces rappels historiques scolaires sinon de montrer que le metteur en scène tient les spectateurs pour des ignorants. D'autant que certains sont inexactes comme de montrer des charniers de déportés d'un camp d'extermination en 1934, année durant laquelle se déroule la pièce. La deuxième sorte d'images que l'on voit sur l'écran sont les gros plans des acteurs que film en direct une opératrice munie d'un steadycam. Ces vues permettent certes d'apprécier le jeux des acteurs dans les scènes intimistes en particulier celles jouées par Didier Sandre, magnifique dans le rôle du patriarche mais aussi mettent en évidence l'outrance d'autres partie du spectacle comme celle de la nuit d'ivresse du baron Kontantin Essenbeck (Denis Podalydes) et de son amant S.A. (Sébastien Baulain). La troisième catégorie d'images vidéos consiste à nous montrer des scènes hors champ. Là encore celles-ci ne me paraissent pas non plus indispensables.

On ne peut pas s'empêcher non plus de s'interroger sur l'utilité de la nudité sur scène. Récemment je vous ai entretenu du « Banquet d'Auteuil » dans lequel trois acteurs se dénudent et restent nus tout un acte en continuant à dire un texte qui n'est pas sans aspérité. Dans ce cas la nudité est non seulement recevable, mais étant le résultat d'un jeu, elle est ludique et indispensable pour la progression de la pièce, j'ajouterais qu'elle est un véritable plaisir pour le spectateur. Les acteurs dans le plus simple appareil étant agréables à regarder. Je n'en dirais pas autant de tous les comédiens du français car non seulement la nudité dans « Les damnés » apparaît comme totalement gratuite, mais pour être gentil je diras qu'elle n'apporte rien à la gloire de Denis Podalydes. En revanche Christophe Montenez (Martin) et surtout Sébastien Baulain en amant S.A de Kontantin (Podalydes) exhibent des plastiques sans reproche qui sont des agréables divertissements dans cette noirceur.

Outre les acteurs déjà cités qui sont bluffant. Guillaume Gallienne (Friedrich Bruckmann) fait preuve d’une sobriété impressionnante. Elsa Lepoivre en Sophie von Essenbeck est une salope de compétition. Il ne faut pas oublier les autres : Eric Génovèse, Loïc Corbery, Adeline d’Hermy, Christophe Montenez en Martin ferait presque oublier Helmut Berger Didier, Alexandre Pavloff joue un notable SS glaçant et machiavélique, Clément Hervieu-Léger (Gunther), Jennifer Decker et Sylvia Bergé sont également très bien mais il me semble que le rôle de Gunther aurait demandé un garçon plus jeune que Clément Hervieu-Léger. Une fois de plus la troupe de la comédie française démontre son excellence. Mais on commence a être habitué. A la comédie Française on voit des bonnes pièces, souvent de grandes pièces excellemment jouées mais pas toujours mises en scène avec finesse.

Mon oreille trainant, comme à l'accoutumé à la sortie de la salle, j'entendis certaines personnes qui déclaraient que c'était un scandale et un affront, un manque de respect pour ceux qui avaient été les victimes du nazisme. Je n'irais pas jusque là mais je comprend leur point de vue.

Les Damnés à la Comédie Française
Les Damnés à la Comédie Française
Les Damnés à la Comédie Française
Les Damnés à la Comédie Française

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La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD

Publié le par lesdiagonalesdutemps

La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD

Ce que je n'osais espérer est miraculeusement arrivé. Cyril Legann et Clément Beauvois ont magnifiquement réussi la captation de la pièce dans la distribution de la création. Elle est proposée par Epicentre Film Edition* qui par ailleurs fait un beau travail de distribution de films, gays pour certains. L'édition du DVD est soignée. En bonus on a droit à une interview croisée, informative tout en étant décontractées de presque tous les intervenants de la pièce. En outre un sous titrage en anglais de la pièce est proposé. Seul regret que le remarquable travail de captation, très cinématographique ne soit pas mis en avant par un petit making of d'autant que dans le cas présent c'est un beau tour de force de réussir à filmer une pièce à onze personnages, sur une scène aussi vaste que celle du Théâtre du XX ème, avec seulement quatre caméras tout en servant bien la mise en scène dynamique de Régis Martrin-Donos. Si le regard des deux réalisateur est subjectif, il ne fatigue jamais le spectateur en mêlant habilement plans larges, qui embrassent toute l'ouverture du plateau, à des gros plans et à des plans moyens. Ils se donnent même le luxe, pas encore assez à mon gout, de mettre un acteur plein cadre, alors que c'est un autre qui a la parole. La magie du DVD fait que l'on entend mieux la musique signée Jean-Pierre Stora qu'au théâtre... et puis on peut faire des arrêts sur images sur la plastique de ces messieurs...

Sur la pièce je n'ajoute rien au billet que vous pouvez lire ci-dessous et que j'écrivais au lendemain d'avoir vu ce "Banquet d'Auteuil" que la Comédie Française s'honorerait de faire rentrer à son répertoire.

* Si vous ne trouvez pas cette petite merveille dans votre magasin habituel, vous pouvez l'acquérir directement chez l'éditeur: www.epicentrefilms.com 

La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14

 

 

Dominique Fernandez grand débusqueur devant l'éternel, de pédés dans le placard, y a inexplicablement laisser Molière! Jean-Marie Besset avec ce « Banquet d'Auteuil » l'en a sorti et de belle manière.

Nous sommes en 1670, Molière abandonné par sa jeune femme, qui est peut être sa fille, est lassé des femmes (qu'il a beaucoup pratiquées). Espérant trouver plus de constance chez les hommes (le naïf) il est tombé amoureux du plus jeune comédien de sa troupe, Michel Baron qui n'est âgé que de dix sept ans.

Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14

 

 

 

La pièce qui entrelace habilement tragédie, comédie, érotisme et fantastique se découpe en quatre actes. En ouverture Chapelle (Hervé Lassince délicieux de bout en bout), qui cohabite avec Molière (Jean-Baptiste Marcenac) dans « une campagne » à Auteuil revient fort éméché de Paris et ceci en pleine nuit. Il ne réveille pas pour autant Molière qui est tout absorbé dans la contemplation de Baron endormi. Le jeune homme est de retour après une fugue de trois ans. Chapelle croyant Molière toujours dans les affres de sa séparation d'avec Armande Béjart a invité à diner de vieux amis pour le distraire. Au deuxième acte, et au matin, Molière confesse tout son amour à l'aimé. Le soir venu, voici le troisième acte, l'acmé de la pièce, le banquet. Avec les convives qui s'ramènent; on comprend que nous allons être entre Platon et « Les garçons de la bande ». La cohorte de bougres qui fait éruption chez Molière se compose de Chapelle qui guide la troupe, de Lully (Frédéric Quiring), l'un des courtisants les plus en vue à Versailles, il fait danser le roi soleil tous les matins. Lully vient accompagné de son mignon, Osmane (Quentin Moriot), un jeune danseur turc. Suit le chevalier de Nantouillet (Gregory Cartelier), un bretteur (cité par madame de Sévigné) accompagné d'un petit marquis Monsieur de Jonzac (Romain Girelli). Il y a aussi Dassoucy (Dominique Ratonnat) musicien favori de Louis XIII mais devenu has-been depuis l'avènement de Louis XIV. Il est accompagné de son chanteur particulier, Perrotin (Antoine Baillet-Devallez), qu'il a recueilli lorsqu'il avait sept ans... Tout ce beau monde se présente, s'échauffe et caquette quand soudain, apporté par un rayon de lune, venu de l'au delà, apparaît Cyrano de Bergerac. Il s'emmerdait ferme dans la vie éternel où il croupit depuis quinze ans. Il à profité de cette aubaine sélénite pour rendre visite à ces anciens amis dont quelques uns sont d'anciens amants. Alain Marcel (déjà fort apprécié dans « Perthus ») est très bien dans ce rôle statique mais il est un peu âgé pour le personnage. Cyrano a été assassiné à trente cinq ans, mais peut être vieillit-on au purgatoire? Après un léger étonnement du à l'intrusion du fantôme, la conversation reprend de plus belle. Ils sont assez langue de pute ces pédés du XVII ème, tout à fait comme ceux d'aujourd'hui et probablement comme ceux de demain (mais on m'a confié que chez les hétérosexuels ce n'était pas beaucoup mieux). Bientôt une controverse éclate qui a le plus beau cul, un spadassin ou un danseur? Pour que l'on puisse juger de la chose Ousmane et le chevalier de Nantouillet baissent leurs chausses. Ce qui fait chanter Perrotin << O Célestes plaisir / Doux transport d'allégresse!/ Vient mort quand tu voudras/ Me donner le trépas / J'ai revu ma princesse! >>. On peut trouver le transport de l'eunuque bêlant un peu outré mais du deuxième rang pouvant admirer le cul de Quentin Moriot-Ousmane, je dis que c'est à peine exagéré... Dassoucy veut en voir plus: << Oui... mais le cul tout seul, cela ne veut rien dire, il faut la cuisse aussi, le genou, le mollet et jusqu'au pied enfin descendre tout à fait...>> et voilà nos deux bougres nus comme des vers. Comme Dassoucy le spectateur profite... Bientôt la compagnie se dit que pour bien comparer il faudrait aussi un comédien et c'est le jeune Baron qui s'y colle... Alors là, quel cul! Au sens propre du terme, un cul de compétition et lorsque Félix Beaupérin se retourne, on peut admirer que l'avers vaut largement l'envers... Il faut saluer l'exploit de Félix Beaupérin qui en disant, nu, sur une table, face au public, un texte difficile, réussit par son talent à faire oublier son admirable plastique.

Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14

Je ne vous en dirais pas plus sur le contenue de cette ambitieuse pièce qui aurait mérité d'être un peu plus ramassée, sachez seulement qu'ensuite dans le quatrième et dernier acte, il y a deux très belles tirades, dites par Molière, l'une sur la fidélité en amitié et l'autre sur la difficulté de garder l'amour d'un jeune homme lorsqu'on est un hommes mure.

A ce propos on peut imaginer que la pièce est sur ce point autobiographique et que d'une manière bien émouvante Besset ait glissé dans sa fantaisie historique une adresse à l'être aimé.

C'est ainsi très fort de faire passer, dans une érudite comédie historique les tourments de sa vie. Car historique la pièce l'est dans ses moindres allusions. Tous ces personnages ont réellement vécu au XVII ème siècle. Il y a bien sur Molière et Lully qu'il est superflu de présenter (quoique) mais aussi des personnages aujourd'hui un peu oubliés comme Chapelle (1626-1686), l'ami de toujours de Molière et ancien amant de Cyrano, son mentor, et de Dassoucy. « Le banquet d'Auteuil » montre que Chapelle était peut-être co-auteur de certaines des pièces du maitre (1). La couverture du texte de la pièce nous révèle que le vrai Michel Baron (1653-1729) était aussi joli dans son jeune âge que l'acteur qui l'interprète aujourd'hui. Il ne faudrait pas oublié Dassoussy, sans doute le plus bougre de tous ces libertins. Il fut emprisonné pour sodomie en 16521655 et 1673. Son très jeune protégé Perrotin séduisît par sa voix le duc de Mantoue qui l’enleva à Dassoucy pour en faire un castrat. Dassoucy retrouva Pierrotin à la fin de 1667... diminué.

La troupe est très homogène et tous les acteurs sont dignes d'éloges. A commencer par celui pour leur diction parfaite qui fait entendre clairement les répliques de la pièce qui plagient raisonnablement le dire du XVII ème siècle. Le banquet d'Auteuil par le surgissement de la tragédie dans la comédie et vice versa est plus de l'école anglo-saxonne que de la française (Molière est cependant en la mantière, le dramaturge français qui convoque le plus volontier ce chaud et froid) . Rien d'étonnant à cela de la part de Jean-Marie Besset qui a signé tant d'adaptations de pièces anglaises et américaines. Il reste que l'auteur dans cette oeuvre que l'on peut considérer comme la plus ambitieuse de son théâtre a été fidèle au classicisme français, unité de temps, "Le banquet d'Auteuil" se déroule en vingt quatre heures et unité de lieu, la résidence de Molière à Auteuil.

La mise en scène de Régis de Matrin-Donos démontre qu'il n'est point besoin de faire courir ses acteurs partout pour réaliser une mise en scène dynamique. Quant aux costumes et décors de Marie Delphin, ils prouvent que les fanfreluches ne sont pas indispensables pour évoquer le XVII ème siècle.

Vous avez compris qu'il faut s'y précipiter, ce n'est pas tous les jours que l'on peut méditer sur la vie, l'amour, la mort, la création littéraire, l'avantage de l'amour des garçons sur celui des femmes, en compagnie de Molière, Cyrano et Lulli tout en se rinçant l'oeil...

Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14

Nota

1- Ce que confirme un écrit d'époque du à : << C'est à lui que nous devons encore une partie des grandes beautés que nous voyons briller dans les excellentes comédies de Molière, qui le consultait sur tout ce qu'il faisait, et qui avait une déférence entière pour la justesse et la délicatesse de son goût.>> ( François de Callières, Des bons mots et des bons contes, Paris, 1692,  332« Des bons mots et des bons contes » [archive], sur Gallica.)

 

2- Il est bon de rappeler pour ne pas idéaliser le XVII ème siècle qu'il n'était pas sans danger d'être pédéraste, il y a plusieurs allusion à ce propos dans la pièce. En 1661 a lieu deux exécutions exemplaires par le feu, celle de Jacques Paulmier et Jacques Chausson pour tentatives de viol sur de jeunes garçons.

 

3- L'affiche est si moche que je ne l'ai pas reproduite. Comment peut on faire une affiche aussi laide avec de si beaux comédiens...    

Le banquet d'Auteuil de Jean-Marie Besset au Théâtre 14
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD
La captation de la pièce de Jean-Marie Besset Le banquet d'Auteuil en DVD

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Britannicus à la Comédie Française

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Paris, juillet 2016

Paris, juillet 2016

 

 

Réjouissons nous! Le grand Racine est à l'affiche de la Comédie Française. C'est bien trop rare. Sans doute en partie parce qu'il n'y a plus beaucoup de comédiens capables de scander la poésie en douze pieds; peut être aussi parce que le statisme des tragédies de Racine limite la possibilité pour les metteurs en scène de leurs habituels batifolages. Je ne vais pas vous rappeler l'intrigue, si vous êtes sur ce blog, c'est que vous la connaissez. Sachez tout de même que Racine a fait quelques infidélités à l'Histoire. Mais en fait peu importe la mise en scène ou la vérité historique, on y va voir et surtout entendre Britannicus pour la musique des alexandrins. Heureusement car la scénographie du sieur Braunschweig laissera peu de traces dans l'Histoire du théâtre. Sans doute ne sachant pas que les chef d'oeuvres sont intemporels, c'est justement pour cela qu'on les nomme ainsi, Braunschweig a trouvé intelligent d'habiller les acteurs de costumes contemporains, genre frusques de cadres d'établissements bancaires des années 60, triste vêture passe-muraille. Cette « audace » est sans doute pour bien nous faire comprendre que les intrigues de palais, pouvant aller jusqu'au crime, sont toujours d'actualité. Comment pourrait on l'ignorer, à moins d'éviter toutes gazettes depuis la naissance. Ce sur-lignage inesthétique ne fait que démontrer une fois de plus que beaucoup de metteurs en scène n'ont que mépris pour leur public qu'il pense composé d'un ramassis de benêts.

Le décor est à l'image des costumes. Il est réduit au minimum quelques portes suspendues par lesquelles les acteurs sortent mais n'entrent pas. Ils arrivent par la salle ce qui était très moderne en… 1970. Le mobilier se compose d'une grande table de conférence entourée de chaises. Braunschweg a la curieuse idée de faire ainsi jouer souvent ses comédiens assis. Ce qui aggrave l'impression de statisme de la pièce et ce qui n'est pas la position idéale pour lancer vers les cintres les alexandrins pour lesquels il faut du souffle. Heureusement la plupart des comédiens n'en manquent pas. Si, pour son entrée dans la grande maison, Dominique Blanc m'a paru un peu sèche en Agrippine, allez savoir pourquoi, elle m'a fait penser à Hillary Clinton, Laurent Stocker en Néron gros de crimes en gestation est parfait en velléitaire se croyant avoir un destin. Stéphane Varupenne que l'on découvre en raison de la ressemblance avec Laurent Stocker en double de Néron pas meilleur mais seulement en celui que l'Histoire n'a pas choisi. Le reste de la distribution ne démérite pas à l'exception de Georgia Scalliet catastrophique en Junie une chouineuse étouffant dans les larmes le beau texte de racine qu'elle est incapable de rendre audible.

Pourrais je suggérer une idée à un éventuel metteur en scène passant par là , celle de faire jouer cette superbe tragédie par des comédiens ayant l'âge historique de leur rôle; je sais bien que Racine n'a pas écrit sa pièce avec cette idée et qu'il ne serait pas facile de mettre ses beaux vers dans la bouche de nos actuels jouvenceaux. Lors du drame historique qui sert de base à Racine, nous sommes en 55. Britannicus à 14 ans, Néron qui règne depuis 2 ans en a 18. Une véritable audace serait de faire jouer Racine par des garçons de cet âge.      

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à propos de l'édition du Cardinal d'Espagne de Montherlant en dvd

Publié le par lesdiagonalesdutemps

illustrations de Trémois pour le cardinal d'Espagne

illustrations de Trémois pour le cardinal d'Espagne

Quel plaisir m'a donné ce Cardinal d'Espagne, pièce de Montherlant que je ne connaissais jusque là que par la lecture et qui par le biais de ce dvd récemment sorti par les éditions Montparnasse, que grâces leur soit rendu pour une si bonne action, a réssuscité la comédie française de mon adolescence avec cette diction impeccable qui fait un sort à toutes les sentences de feu et de bronze de Montherlant. Pierre Sipriot dans sa biographie d'Henry de Montherlant, indispensable à tous ceux qui s'intéresse à Montherlant, nous apprend que le "Cardinal d'Espagne" fut l'acmée en matière de gloire pour son auteur avec le double adoubement par de Gaulle et Malraux et un grand succès public et critique. Mais cet accueil ne fut tout de même pas unanime, en 1961 un groupe important d'étudiants perturba gravement la représentation aux cris de à bas la calotte et à bas Montherlant. La police intervint et il y eut 47 arrestations. Un monome pré mai 68 en quelque sorte avec Montherlant en représentant de la culture officielle, une toute autre époque que la notre...

Henri Rollan dans le rôle de Cisneros

Henri Rollan dans le rôle de Cisneros

 

La pièce nous est montrée dans l'adaptation de la mise en scène de sa création par Jean Mercure et dans sa distribution initiale avec Henri Rollan, acteur fêtiche de Montherlant dans le rôle titre. Cette dramatique, je préfère ce terme à captation, qui me parait tout à fait impropre en l'espèce, car il devrait être réservé à des filmages de pièces de théâtre filmées sur une scène de théâtre et dans les conditions et même  dans des angles tels qu'un spectateur pourrait voir la pièce sur son fauteuil, à condition qu'il ait à la fois le don d'ubiquité et un zoom à la place des yeux. Le dvd permettra, espérons le, à beaucoup de redécouvrir des acteurs d'un temps déjà lointain, que l'on avait oubliès ou méconnus. C'est le cas par exemple de René Arrieu, épatant dans le rôle du duc d'Estibel où sa voix bien timbré fait merveille. En cherchant à en savoir plus sur ce comédien, je suis tombé sur une note de wikipédia dont je vous livre ci-dessous de larges extraits: 

René Arrieu est un comédien français, sociétaire de la Comédie-Française, né à Paris le 22 mars 1924 et mort à Paris le 6 juin 1982.Contemporain de Gérard Philipe et de Jean Vilar, il participa aux nombreux festivals qui, au lendemain de la Libération, jalonnaient au début de l'été la vallée du Rhône. Alternant planches et télévision, il eut une carrière foisonnante, autant pendant sa période « indépendante » qu'à partir de 1957 à la Comédie-Française dont il devint le 447e sociétaire en 1970. S'il tourna peu au cinéma, il fut très actif en revanche dans le domaine du doublage dès 1946, prêtant sa voix à de très nombreux acteurs étrangers tels Henry FondaJeff ChandlerLee MarvinBurt Lancaster ou Charlton Heston, mais également à des personnages de dessins animés comme Bagheera dans Le Livre de la jungle. Il fut marié successivement à Florence Luchaire (de 1945 à 1948), dont il eut un fils Dominique Arrieu, chef opérateur de cinéma et de télévision, Ketty Albertini (de 1949 à 1960) et Alberte Aveline (de 1967 à 1978), toutes trois comédiennes. En novembre 1941, il entre au Centre de jeunesse du spectacle à Paris dont le directeur est Raymond Rognoni. L'audition des lauréats du concours de fin d'année 1941-1942 a lieu le 5 juin 1942, avec entre autres Paul-Émile DeiberGina CeldacPierre GallonFrançoise VitrantNoëlle FougèresCécile Paroldi et Jean-Jacques Dreux.

 

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En 1943, il s'inscrit au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, dans la classe d'André Brunot. L'année suivante, il fréquente le Centre d'art dramatique de la rue Blanche où le metteur en scène Julien Bertheau lui fait faire ses premières apparitions sur scène, comme figurant d'abord à la Comédie-Française dans La Reine morte d'Henri de Montherlant, puis dans des rôles plus consistants.

 

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Charlan, Jean-Marc Thibault, René Arrieu et Lucien Nat dans Cristobal au théâtre Montparnasse, mai 1943.

Août 1944 le voit entrer dans une période de turbulences. Il fréquente en effet à cette époque la comédienne Florence Luchaire, une des filles de Jean Luchaire, directeur du journal collaborationniste Les Nouveaux Temps, lorsque ce dernier quitte précipitamment Paris à la veille de sa libération, abandonnant femme et enfants. Arrieu décide d'aider ceux-ci à quitter à leur tour la capitale, direction le Brenner Park Hôtel à Baden-Baden (où il croise Jean Hérold-Paquis qui le qualifie de « sorte d'éphèbe égyptien, que d'aucuns disaient danseur »), puis Sigmaringen où ils retrouvent Jean Luchaire qui exerce les fonctions de commissaire à l'information dans la Commission gouvernementale française pour la défense des intérêts nationaux animée par Fernand de Brinon, et dirige le quotidien La France, journal officiel destiné aux exilés collaborationistes. Pendant leur séjour outre-Rhin, Florence Luchaire tombe enceinte, ce qui cause un scandale dans la colonie française en Allemagne ainsi que le relate Louis Ferdinand Céline dans son ouvrage D'un château l'autre.

 

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La troupe du Huon de Bordeaux au théâtre Pigalle, décembre 1946.

Lors de la chute du gouvernement en exil en avril 1945, il fuit vers la frontière suisse avec les Luchaire et Marcel Déat dans la voiture de Brinon « empruntée » pour l'occasion, mais le groupe est arrêté à Merano à la mi-mai 1945 et livré aux Français par les Américains. Interné au camp d'Écrouves (Meurthe-et-Moselle), René Arrieu est acquitté par la commission d’épuration du théâtre qui reconnaît le caractère extra-politique de son « escapade ».

En 1946, René Arrieu remonte sur scène, toujours grâce à Julien Berthau, dans les différents festivals d'été organisés dans le sud de la France. Il se voit ainsi confier le rôle-titre de Britannicus et celui de Curiace dans Horace représentés au Théâtre antique de Fourvière, suivis en 1947 de Pyrrhus dans Andromaque et en 1948 du rôle-titre dans Polyeucte.

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Avec Serge Reggiani dans Les Trois Mousquetaires au théâtre de la Porte Saint-Martin, décembre 1951.

Il acquiert très vite une réputation de tragédien et se produit en tournée avec différentes troupes, en France (Chorégies d'Orangethéâtre des Célestins) comme à l'étranger (BelgiqueSuisseTunisieMaroc, etc.) dans un répertoire classique (Jean RacinePierre CorneilleShakespeare) et moderne (Jean GiraudouxJean AnouilhCocteau). Il épouse en 1949 la comédienne Ketty Albertini.

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Avec Edwige Feuillère dans La liberté est un dimanche, Tournées théâtrales France-Monde, janvier 1953.

En 1954, il alterne au cours d'une tournée de deux mois le rôle de Mesa dans Partage de midi de Paul Claudel et La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils sous la direction de Jean-Louis Barrault, suivie en 1955-1956 d'une tournée de quatre mois avec Bérénice.

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Avec Marcel Lupovici dans Celui qui ne croyait pas aux Hospices de Beaune, le 8 juillet 1955.

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Avec Renée Faure dans La Servante d'Evolène au théâtre du Jorat, juin 1956.

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 Avec Geneviève Page dans Le Cœur volant au théâtre Antoine, octobre 1957.

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Avec Annie Ducaux dans Bajazet à la Comédie-Française, décembre 1957

Il est engagé en novembre 1957 comme pensionnaire à la Comédie-Française où il fait ses débuts dans le rôle-titre de Bajazet. S'ensuivent durant près de 25 ans de très nombreux rôles tels que Éghiste dans Électre de Jean Giraudoux, Don Salluste dans Ruy Blas de Victor Hugo, Astrov dans Oncle Vania, d'Anton Tchekhov ou Théramène dans Phèdre. Il épouse en 1967 la comédienne Alberte Aveline entrée comme pensionnaire l'année précédente. Il est nommé sociétaire en 1970.

 

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Avec Jean-Paul Roussillon dans Le Mariage de Kretchinsky à la Comédie-Française, novembre 1966..

Parallèlement à sa carrière sur les planches, il participe à de nombreuses émissions télévisées (dramatiques, séries, téléfilms) et participe à de très nombreux doublages, prêtant sa voix notamment à Henry FondaCharlton HestonLee MarvinJames Stewart ou encore Burt Lancaster.

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Avec Catherine Samie dans L’Émigré de Brisbane à la Comédie-Française, novembre 1967.

Il meurt d'une embolie cérébrale le 6 juin 1982 à l'âge de 58 ans. À l'instar de Jean Yonnel, il fut l'un des rares tragédiens en titre du Théâtre-Français.

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Avec Jacques Eyser dans La Nuit des rois à la Comédie-Française, février 1976.

On entrevoit combien la vie d'Arrieu a été romanesque. En continuant mon exploration pour illustrer la bio de wikipédia sont apparu des images qui ont fait surgir des physionomies de comédiens, que dans notre focalisation sur le (notre?) présent, on ne pouvait imaginer jeune, comme par exemple Jean Parédes ou Jean-Marc Thibault. C'est fascinant tout ce monde englouti de l'éphémère théâtral qui à l'occasion d'une photo de scène émerge de nouveau. Un visage s'est décati, des spectateurs ont applaudi, une vie est passé...

Jacques Lorcey dans les années 2000 devant un portrait de Molière

Jacques Lorcey dans les années 2000 devant un portrait de Molière

 

Et puis studieux, je repère un comédien jeune et déjà un peu gras, délicieux de lacheté dans le rôle du chapelain, un certain Jacques Lorcey (1927-) dont le nom ne m'évoque absolument rien. Mes périgrinations sur la toile m'apprennent que s'il a fait une carrière relativement modeste en tant que comédien, il ouvrit une libraireie vouée au spectacle dans le passage Verdeau qu'il tint plus de vingt ans tout en étant expert à l'Hôtel Drouot et surtout auteur de très nombreux livres tournant autour du théâtre  comme "Marcel Achard ou 50 de vie parisienne" (Paris, France-Empire), 1977,  "Sarah Bernhardt, l'art et la vie", (Paris : Éditions Séguier, 2005,) "Laurel et Hardy", (Paris, PAC), 1984, "Sacha Guitry et son monde", (Éditions Séguier), Georges Feydeau, (Paris, La Table Ronde), 1972... Là encore que soit loué la toile pour nous ouvrir tant de perspectives sur des vie, des parcours, que notre ingrate mémoire n'avait pas retenus.

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Roland Alexandre et Bernard Dhéran

Si j'ai oublié certains comédiens que je redécouvre grâce à une parution comme celle du Cardinal d'Espagne, d'autres me sont restés bien en mémoire comme Bernard Dhéran (1926- ), qui est le comte d'Arallo, l'un des seuls survivants de cette distribution. Je l'ai vu à mainte reprises à la télévision et au théâtre, où il joue toujours, mais rarement aussi bien que dans ce Cardinal d'Espagne.

J'ai eu un peu de peine à reconnaitre, sous le costume de Luis Cardona, le neveu de Cisnéros, André Falcon (1924-2009) tout jeunet et déjà très bien, pas encore dans cet emploi de notable cauteleux dont il se fit une spécialité.

à propos de l'édition du Cardinal d'Espagne de Montherlant en dvd

Dans cette pièce d'hommes, l'interprète, Louise conte, du rôle  féminin principale, Jeanne la folle manque justement de folie et surtout d"épaules" pour donner la réplique à Henri Rollan si bien que le deuxième acte parait faible, alors qu'il n'en est rien à la lecture. Pierre Sipriot quant à lui y voit le sommet de la pièce.

à propos de l'édition du Cardinal d'Espagne de Montherlant en dvd

Le filmage est tout à fait dans le style Butte Chaumont, presque pas de plans larges et beaucoup de gros plans et de plans américains, une réalisation de 1964, faite pour une diffusion télévisée à une époque où les écrans n'étaient pas atteints de gigantisme.

L'image est belle, lumineuse, bien contrastée avec de beaux noirs et une large gamme de gris. Il n'y a pas plus de rayures que de taches, une belle restauration. Sur un très grand écran les contours manquent un peu de netteté, mais ce serait une bien belle édition, si on avait pas à déplorer une absence totale de bonus!

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un soir à la Philharmonie

Publié le par lesdiagonalesdutemps

un soir à la Philharmonie
un soir à la Philharmonie
un soir à la Philharmonie

J'étais très impatient de découvrir l'intérieur de la Philharmonie. L'extérieur de jour m'avait laissé dubitatif lors de ma visite de l'exposition consacrée à David Bowie. Sa vision de nuit ne m'a pas conquis davantage, cette fois en raison d'un éclairage très chiche, pour raison d'économie sans doute. J'ai donc profité de la venue à Paris du chef d'orchestre Gustavo Dudamel à la tête du Philharmonic Los Angeles proposant un programme de musique américaine, John Williams, Alberto Ginastera, Andrew Norman, Aaron Copland, Bernar Hermann, pour sauter le pas. Bon ne croyez pas que cela fut inopiné car pour m'assoir dans cette nouvelle salle j'ai du prendre mon billet en juin dernier! au prix très abordable de 20€ (on est loin des 80 à 150€ qu'il faut débourser pour avoir le vertige dans la salle de l'Opéra Bastille) mais faut-il encore parvenir à avoir une place. Je dois dire que j'ai été déçu par l'esthétique de la salle; son coté année 60 avec ces énormes déflecteurs en boomerangs géants, qui renvoie certes merveilleusement le son m'ont fait penser à l'esthétique "Modeste et Pompon", du vieux moderne en somme. En revanche quand la musique commence c'est un bonheur, l'acoustique est parfaite et la musique vous enveloppant devient manteau.  

un soir à la Philharmonie
un soir à la Philharmonie
un soir à la Philharmonie
un soir à la Philharmonie
un soir à la Philharmonie
un soir à la Philharmonie
Gustavo Dudamel saluant le premier violon

Gustavo Dudamel saluant le premier violon

Sergio Tiampo au piano pour le concerto pour piano n°1 d'Alberto Ginastera

Sergio Tiampo au piano pour le concerto pour piano n°1 d'Alberto Ginastera

un soir à la Philharmonie
un soir à la Philharmonie

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Go Go Pinguin au Carré Belle feuille à Boulogne

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Boulogne, le 9 mars 2016

Boulogne, le 9 mars 2016

Je ne vous parle pas souvent de musique car si j'en écoute souvent, je n'ai généralement pas grand chose à en dire en raison de mon incompétence en ce domaine si tant est que je sois compétent ailleurs... Sachez, juste pour information que ce blog est presque toujours concocté en musique. En détaillant la pile de disques prés de la chaine voici la dernière bande-son du blog:les Go go pinguin (leur deuxième album) donc, Lambert Wilson chante Montand, Sibelius (six impromptus par Havard Gimse), Grieg (concerto pour piano par Shani Diluka), Liszt (sonate par Horowitz), Vaughan Williams (Fantasia, variation...), Gustavo Dudamel (Silvestre revueltas...), Diana Krall...

Or donc ayant raté les Go go penguin à leur précédent passage parisien (au Bateau phare) j'étais hier soir dans la belle salle du Carré Bellefeuille à Boulogne et si Chris llingworth au piano et Rob Turner aux percussions n'ont pas démérité, je n'avais jamais entendu "sonner" une contrebasse comme celle de Nick Blacka, ce virtuose du picking transforme son instrument tantôt en guitare hawaienne, tantôt en ventilateur quand ce n'est pas en vieille loco. Voila un jazz inventif, inclassable flirtant parfois avec le rock d'autres fois avec la musique répétitive de Philip Glass, faisant aussi quelques fois entendre une mélodie funêbre que colore bientôt d'inattendues sonnailles. 

Go Go Pinguin au Carré Belle feuille à Boulogne

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