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53 articles avec television et radio

Minami kun no Koibito ~ My Little Lover

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Minami kun no Koibito ~ My Little Lover

Réalisé par Kazuya Konaka, ce drama totalise 10 épisodes de 43 minutes. Il met en scène Taishi Nakagawa dans le rôle de Minami, et Maika Yamamoto dans celui de Chiyomi, sa petite amie minuscule.

Minami kun no Koibito ~ My Little Lover
Minami kun no Koibito ~ My Little Lover
Minami kun no Koibito ~ My Little Lover

Chiyomi Horikiri Maika Yamamoto ) et Shunichi Minami Taishi Nakagawa ) sont des voisins qui étaient autrefois des amis d'enfance mais ils se sont éloignés, au fil du temps... D'autre part, ils sont dans la même classe mais ils s'ignorent complètement. Minami est un élève modèle. Il travaille dur. Il espère devenir médecin. Chiyomi est plus rêveuse. Elle adore la danse et écrit et poste en cachette sur la toile un feuilleton inspiré de sa vie. Ses textes connaissent un certain succès. Un jour, lors d'une dispute avec ses parents, Chiyomi décide de s'enfuir du domicile familial. Elle se refugie dans le lieu de son enfance où elle  jouait naguère avec Minami. Elle voudrait revenir à cette époque lorsque elle était petite... Le lendemain, tout le village tente de la retrouver...  Minami commence à s'inquiêter et part à sa recherche jusqu'à ce fameux refuge mais il la trouve avec une taille de 15 cm! Il décide d'aider Chiyomi en l'hébergeant chez lui jusqu'au retour à la normale...

Minami kun no Koibito ~ My Little Lover
Minami kun no Koibito ~ My Little Lover

 

 

Un drama Kawaii kawaii kawaii... (à prononcer avec la voix légèrement nasillarde des jeunes japonaise sur un ton légèrement hystérique et faire suivre du traditionnel hiiiiiiiiii) joué par deux acteurs très mignons. L'adorable Taishi Nakagawa est déjà un vieux routier de la télévision nippone alors qu'il est né en 1998. Il joue avec une belle sobriété rare chez les acteurs de l'archipel. Le reste de la distribution est presque à l'unisson tantôt ils vous feront rire, tantôt ils vous feront vous émouvoir. Tout en étant fidèle aux codes du shojo "My little lover" réussit parfaitement bien à actualiser le conte de fée en y faisant entrer des problématiques d'aujourd'hui comme ceux de la famille monoparentale ou du divorce. Les effets spéciaux sont très honorables. Un drama impossible à lâcher en cours. Je suis sûr que comme moi vous prierez pour que Chiyomi retrouve sa taille normale et qu'elle puisse filer le parfait amour avec le beau Minami.

Ce qui est intéressant c'est l'évolution des personnages (et pas seulement celle des deux protagonistes principaux) au fil des épisodes. Au début, la situation paraît exceptionnelle et plaisante pour Chiyomi. Notre héroine découvre un nouveau monde en raison de son tout petit corps; mais, plus le temps passe et plus elle a envie de redevenir  grande ne serait-ce que pour vivre son amour avec Minami; ce dernier sera également changé du fait de sa curieuse cohabitation avec Chiyomi.

"My little lover" est visible sur Netfix sous titré en français. Ainsi vous ne regretterez pas les 10€ mensuel pour l'abonnement à cette plateforme de programmes.     

En France, le manga La petite amie de Minami de Shungiku Uchida est édité chez Imho depuis novembre 2011. Ce manga a été publié au Japon à partir de Octobre 1986 à Juin 1987, dans le magazine mensuel manga d'anthologie Garo.

Le manga a déjà eu le droit à deux autres adaptations en drama avant celle-ci : Minami’s Girl | Minami-kun no Koibito (TV Asahi en 1994) et Minami’s Girlfriend | Minami-kun no Koibito (TV Asahi en 2004).

  
 
 
Les acteurs du drama   
My Little Amant-Taishi Nakagawa.jpgMy Little Amant-Maika Yamamoto.jpgMon .jpg Petit Amant-Mirai SuzukiMy Little Amant-Erina Nakayama.jpgMy Little Amant-Moe Sasaki.jpg
Taishi NakagawaMaika YamamotoMirai SuzukiErina NakayamaMoe Sasaki
Shunichi MinamiChiyomi HorikiriRiku TakagiSayori NomuraAmi Mikimoto
     
My Little Amant-Riko Yoshida.jpgMy Little Amant-Naomi Akimoto.jpgMy Little Amant-Kouichi Ohori.jpgMy Little Amant-Narimi Arimori.jpgMy Little Amant-Ichirota Miyagawa.jpg
Riko YoshidaNaomi AkimotoKouichi OhoriNarimi ArimoriIchirota Miyagawa
Asuka HorikiriRitsuko HorikiriJouji HorikiriEmiko MinamiNoboru Minami
 
My Little Amant-Kazue Tsunogae.jpg
Kazue Tsunogae
Tomiko Minami
Minami kun no Koibito ~ My Little Lover

Publié dans télévision et radio

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Moi Claude empereur

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Moi Claude empereur

Quand je vous dis que la toile est une mine presque inépuisable, croyez moi. Par le plus grand des hasard je suis tombé sur ce formidable billet analysant et contextualisant ma série télévisée préférée: Moi Claude empereur. De plus il m'apprend qu'elle est réédité par la meilleure maison d'édition de la place de Paris puisqu'elle édite mon film et mes captations, elle ne peut donc qu'être la meilleure!

Il n'oublie pas non plus de mentionner le roman d'où est tiré cette formidable série, le non moins formidable livre de Robert Graves que je considère à l'égal des Mémoire d'Hadrien de la grande Marguerite.

 
La Démarche de l’Empereur

 

 

Réédition chez BQHL de la série de la BBC sur les débuts de l’empire romain Moi, Claude Empereur. Vieux machin ? Peut-être. Mais un classique n’est jamais vraiment vieux.

 

Si vous êtes un fan des séries Rome ou Spartacus, le coffret de cinq dvd de la série Moi, Claude Empereur n’est peut-être pas fait pour vous. Point de sang qui vous gicle au visage. Point de nudité non plus. C’est que, voyez-vous, la chose date d’il y a trente ans et qu’en ce temps-là, ma bonne dame... Ajoutez un manque de moyens ahurissant, en tout cas ahurissant pour nous en 2015 (puisque désormais la moindre série B se vautre dans des débauches de CGI), dans toute l’entreprise, du premier au dernier épisode. La caméra reste figée : où irait-elle, la pauvre, quand les décors semblent ne jamais dépasser dix mètres carrés ? Lorsqu’elle se hasarde à sortir, elle montre seulement un coin de rue, jamais une rue entière. Un personnage assiste-t-il à un spectacle de cirque ? Nous ne verrons rien du spectacle ; nous le devinerons à travers le regard du personnage. Certes, c’était la méthode que Chaplin avait employée pour l’Opinion publique — on ne voyait pas le train, mais seulement les reflets des vitres du train sur le visage de l’héroïne restée sur le quai —, mais là où Chaplin proposait une véritable mise en scène, Moi, Claude Empereur rappelle l’ascétisme grotesque, tout de contre-plaqué vêtu, des balbutiements de certaines séries télévisées anglo-saxonnes des sixties et desseventies qui ne se sont jamais imposées en France — Star Trek ou Dr. Who par exemple. Les maquillages censés marquer le vieillissement des personnages sortent d’une boutique de farces et attrapes. Précisons enfin que les couleurs sont souvent aussi délavées qu’un jean trempé dans l’eau de Javel.

 

 

Tout repose donc sur les comédiens, et sur leur capacité à débiter de façon convaincante des tirades qui n’ont rien à envier en longueur au récit de Théramène. Quand un personnage commence en disant : « Let me tell you something… », on peut être sûr que lesomething ne sera pas un petit quelque chose, et il faut parfois lutter ferme contre le sommeil, mais tout cela n’en est pas moins souvent très prenant et très impressionnant : les comédiens — certains, comme John Hurt ou Patrick Stewart, ont acquis depuis une célébrité internationale — ont compris qu’ils participaient à une longue pièce de théâtre beaucoup plus qu’à une véritable production cinématographique et, de leur propre aveu, interprètent cette Clo-Clo Story comme les Anglais interprètent Shakespeare. Avec respect certes, avec sérieux, mais aussi avec naturel, pour ne pas dire avec désinvolture, le tout sonnant finalement étrangement juste. Livie, épouse d’Auguste, n’est pas le modèle de vertu et de sagesse que Sénèque et Corneille avaient décrit dans leur présentation de l’affaire Cinna ; c’est une frénétique serial killeuse, capable, entre autres, de faire enduire de poison toutes les figues du jardin pour que le pauvre Auguste meure d’une indigestion d’OGM quand il pense ne consommer que du bio, mais elle est interprétée avec tant d’innocence perverse par Siân Phillips qu’on se dit, même si le scénariste a forcément pris des libertés avec la réalité historique, que les choses pourraient bien s’être passées ainsi.

 

 

En outre, la sensation d’étouffement amenée par l’étroitesse des décors touche au cœur même du sujet. Certes, l’empire romain s’impose à coups d’expéditions et de batailles tout autour de la Méditerranée, mais c’est aussi à l’intérieur même des murs du palais qu’il se dessine. Le non-initié se perd aisément dans l’arbre généalogique de ces mâles et de ces femelles qui ne cessent de se séduire, de se trahir, de s’étriper et de s’empoisonner les uns les autres pour succéder à Auguste ou pour faire parvenir au pouvoir leur candidat favori, mais ce Who’s Who de psychopathes se compose finalement d’une petite cinquantaine de personnes. La thèse suggérée au hasard de certaines répliques semble d’ailleurs être qu’il est très difficile de rétablir une république, quand bien même on le souhaiterait sincèrement, dès lors qu’on a contribué à mettre en place un régime autocratique qu’on pouvait imaginer temporaire.

 

 

Enfin, même si elle a été conditionnée par des limitations purement matérielles, cette vision de l’histoire « en vase clos » est dans le droit fil de l’œuvre littéraire d’où tout est sorti. A l’origine, il y a un roman de Robert Graves publié en 1934 et intitulé I, Claudius (et sa suite,Claudius the God)Graves n’est pas vraiment célèbre en France, mais c’est à la fois le Pierre Grimal et le Marguerite Yourcenar des Anglais. Traducteur de Suétone, auteur d’un ouvrage sur les mythes grecs constamment réédité, y compris dans sa version française, il eut l’idée originale d’imaginer d’écrire les mémoires d’un personnage que rien a priori ne destinait au pouvoir, Claude. Bègue, maladroit, empoté. Il était, c’est vrai, petit-neveu d’Auguste et petit-fils de Livie, troisième femme d’icelui, mais ces liens de parenté eussent pu constituer une excellente raison de se débarrasser de lui. Il eut l’intelligence de se faire plus idiot qu’il n’était, ce qui le sauva et finit par l’amener malgré lui au pouvoir. Ironie de l’histoire, donc : c’est en se bornant à être un observateur qu’il devint acteur. Paradoxe résumé dans la citation de Tacite qui sert d’exergue au roman I, Claudius : « Quand d’aucuns tiennent pour faits établis les rumeurs les plus incertaines, d’autres transforment en contes des faits authentiques — et la postérité vient amplifier ces deux erreurs. »

 

 

L’histoire du cinéma vient elle-même illustrer ce principe d’incertitude : le coffret contient parmi les bonus un documentaire intitulé The Epic That Never Was, sur le film que Joseph von Sternberg voulut tirer du roman de Graves dès 1936 et commença même à réaliser, mais dont le tournage, pour diverses raisons, fut définitivement interrompu. Les bonus de cette édition incluent en outre une interview érudite, mais très pince-sans-rire, de Michel Eloy, qui maintient vivace la flamme sacrée de Vesta sur son site http://www.peplums.info. Cette réédition d’I Claudius a été pour nous l’occasion d’un entretien avec lui sur la situation du péplum aujourd’hui. Comme on le verra dans cet entretien et dans l’historique du télé-péplum qu’il nous a aimablement concocté, si courtes que soient les questions, les réponses de Michel Eloy sont toujours longues lorsqu’il évoque l’Antiquité grecque et latine au cinéma. Ah ! ces spécialistes…

 

FAL

 

P.S. — Signalons, pour les amateurs de ce que les Anglo-Saxons appellent trivia, que Sian Phillips, interprète de Livie, fut mariée pendant vingt ans à Peter O’Toole, lequel a interprété de son côté le rôle d’Auguste dans une autre production télévisée — Augustus, the First Emperor. (C’est Charlotte Rampling qui, dans cet Augustus, tenait le rôle de Livie.)

 

Pour commencer, un peu de cuisine éditoriale. En quoi ce coffret, publié par BQHL, diffère-t-il de la version qu’avait publiée précédemment Antartic Video ?

 

Michel Éloy <> Victime de la crise du dvd et des téléchargements pirates, il semble bien qu’Antartic Video ait mis la clé sous le paillasson après trente-trois ans d’activité. Les droits d’I Claudius (Moi Claude, empereur) ont alors été repris par BQHL, éditeur qui semble très actif dans la diffusion de séries télévisées, de films d’arts martiaux mais aussi de films gay(www.bqhl.com/index.php/catalogsearch/result/?q=claudius).

            Henri Lenique — maître d’œuvre de l’édition Antartic — avait fait du beau boulot au niveau des bonus. L’édition néerlandaise DFW (Dutch FilmWorks), précédemment parue en 2002, n’en contenait qu’un seul, The Epic That Never Was (70’42"), un docu BBC commenté par Dirk Bogarde, évoquant la tentative avortée d’une adaptation à l’écran du roman de Robert Graves par Josef von Sternberg. Outre la V.O., l’édition Antartic 2006 proposait comme bonus les « Scènes favorites » (36’15"), la remise des Awards (8’7") et un second docu BBC, I, Claudius : A Television Epic (prod. & réal. Paul Vanezis, 2002) (73’45").

            La réédition 2011 y rajouta une interview de votre serviteur par Marc Toullec, « Moi, Michel Éloy» (38’46"). Lenique voulait un « plus » ; je lui avais suggéré ce commentaire historique, mais je ne suis en aucun cas responsable du titre qui lui a été donné !

            Dans la réédition BQHL, la remise des Awards et le docu de P. Vanezis ont disparu, sans doute pour des questions de droits. Dommage.

 

Ce télé-péplum, qui se déroule pratiquement tout le temps en huis-clos, n’est-il pas le contraire des péplums de cinéma, où régnaient les grands espaces ? Est-il plus fidèle à la réalité historique ou multiplie-t-il les licences poétiques ?

 

Claude et « les grands espaces » ? Il a conquis la Grande-Bretagne, mais n’y a mis les pieds que quand tout était joué et n’y demeura que quinze jours... Ses généraux avaient fait tout le travail.

            A la différence du Roi des Celtes (1972) ou de l’Aigle de la IXe Légion (1976), axés sur l’aventure et l’action et destinés à un public jeune, Moi Claude vise des téléspectateurs plus adultes, plus attirés par la psychologie ou les coulisses de l’Histoire ; en fait, c’est du théâtre filmé. Je crois bien que l’unique « extérieur » se passe en Germanie sous la tente de Drusus agonisant (on doit entrevoir un bout de paysage germanique par la tenture entrebâillée). A l’occasion d’un combat de gladiateurs, la caméra ne filme que la loge impériale, la bande son suggérant que des combattants s’affrontent dans une arène que l’on n’entrevoit même pas. J’imagine que le réalisateur, Herbert Wise, a dû composer avec des contraintes de temps et de budget.

            Au niveau des licences poétiques, le romancier a sans doute noirci le personnage de Livia, à qui il attribue systématiquement toutes les morts suspectes survenues dans la famille julio-claudienne. On ne prête qu’aux riches ! Sans doute, pour porter au pouvoir son fils Tibère, a-t-elle bien dû se rendre coupable de quelques crimes, mais pas de tous, quand même ! Donc Livia est une « méchante » parfaitement assumée, telle qu’on les aime ! La thèse de Robert Graves était que Claude, délibérément, s’était fait passer pour idiot, afin d’échapper aux soupçons des ambitieux avides du pouvoir. C’est possible, mais on n’en sait rien.

            Mais la série prend à son tour des libertés par rapport au roman. Par exemple, avec l’assassinat de Drusilla par son frère Caligula au cours d’un rituel sado-maso. Caligula aimait profondément sa sœur. D’une passion incestueuse, tout comme ses deux autres sœurs Livia et Agripinilla (Agrippine-la-Jeune, mère de Néron). Pourtant, on admet que le règne de Caligula — qui démarra dans les meilleures conditions — ne s’infléchit qu’après la mort de Drusilla, victime d’une maladie... (cf. la pièce de Camus).

 

La décision de tourner une série télévisée à partir des ouvrages de Graves est-elle liée à l’époque à laquelle elle a été prise ?

 

Qui peut le dire ? Le roman de Robert Graves est, en trois livraisons, paru entre 1934 et 1935. Joseph von Sternberg a voulu le porter à l’écran dès 1937, mais le tournage fut interrompu par un accident d’automobile dont Merle Oberon fut la victime.

            Je constate que, assez curieusement, deux grandes gloires de la littérature britannique traitant de l’antiquité romaine ont été adaptées pour le petit écran pratiquement simultanément par cette même BBC 2 (Scotland). En 1976, donc, la BBC 2 adapte Moi Claude de Robert Graves (diffusion : 20 sept.-6 déc. 1976) ; ensuite, elle enchaîne avec l’Aigle de la IXe Légion (Eagle of the Ninth) d’après le roman de Rosemary Sutcliff (1954). Un classique de la littérature pour ado, en Grande-Bretagne, qui, de fait, concerne directement l’Écosse puisque c’est dans les Highlands que — selon la légende — se serait perdue la fameuse légionIX Hispana.

            Tournée par Michaël Simpson & Baz Taylor, cette seconde adaptation fut diffusée en septembre 1977. Autant que je sache, elle est restée inédite en France et en Belgique francophone (elle n’a été diffusée que sur une chaîne néerlandophone).

            Le roman de R. Sutcliff a récemment fait l’objet de deux adaptations cinématographiques. L’une hardiment revendiquée, l’Aigle de la IXe Légion (Kevin Macdonald, 2010). L’autre simplement, mais très clairement « inspirée », Centurion / The Ninth Legion(Neil Marshall, 2009).

 

Quelle est exactement la place de Robert Graves dans la littérature touchant à la Rome antique ?

 

Je me suis encore offert il y a deux ans Adieu à tout cela (Good-Bye to All That, 1929). Graves (1895-1985) y raconte ses souvenirs de jeunesse, dont sa participation à la Première guerre mondiale, et notamment à la bataille de la Somme où — capitaine dans l’infanterie — il fut blessé. Adolescent, j’avais dévoré sa Toison d’Or (1944) ; puis Lawrence et les Arabes (1927), le Comte Bélisaire (1938), King Jesus (1946). Rayon essais, même si je prends avec les plus grande réserve ses théories sur le matriarcat, ses Mythes grecs (1955) trônent sur ma table de chevet, et aussi ses Mythes hébreux (1964), mais j’ai du mal avec sa Déesse Blanche (1948), car la littérature celtique m’est moins familière que la gréco-latine.

            Graves aurait contribué au scénario des Amazones de Terence Young (1974).

 

Claude est-il un benêt passif assez peu cinématographique ou doit-on, à l’inverse, considérer que sa position de spectateur favorise l’identification du téléspectateur ?

 

C’était déjà son attitude dans le roman, présenté comme ses mémoires : Claude raconte l’histoire de sa famille pour qu’on la redécouvre deux mille ans plus tard. En somme, Robert Graves se conformait à sa source principale, la Vie des Douze Césars de Suétone, un grand journal « people » avant la lettre. Suétone, le « montreur de César », était un fonctionnaire au service de la dynastie usurpatrice des « Antonins », dont la période est néanmoins considérée comme l’âge d’or de l’Empire romain. Pour autant, il ne faudrait pas prendre les déclarations de leurs thuriféraires pour paroles d’Évangile. Ils avaient les meilleures raisons au monde de noircir les Julio-Claudiens et les Flaviens (même Jules César et Auguste en prennent pour leur grade). Circonstance aggravante, le Christ aurait été crucifié sous le règne de Tibère et les premières persécutions auraient débuté sous Néron. En réalité, on n’a jamais retrouvé ces fameuses lois néroniennes, ce qui est étonnant quand on se souvient de l’addiction des Romains pour le domaine juridique. En l’occurrence, Pères conscrits et Pères de l’Église se sont rencontrés pour les discréditer — ce pour la plus grande délectation des cinéphiles.

            Les textes des historiens contemporains de l’époque ont tous disparus, ou nous sont parvenus sous une forme frelatée. Le livre XV des Annales de Tacite (55-115), qui relate l’incendie de Rome et la persécution des chrétiens, ne nous est connu que par des copies tardives, sorties des écritoires de nos bons moines.

            On ne sait rien de sérieux sur Caligula, ce qui autorisa le romancier américain Lloyd C. Douglas, dans son roman la Tunique (1942), à montrer cet empereur, qu’il rebaptise bizarrement « Gaius Drusus Agrippa », persécutant les chrétiens [1]. Plus soucieux d’édification religieuse que de scrupules historiques (les membres de la famille julio-claudienne échappaient à son entendement), ce fils de pasteur n’avait d’autre ambition que de rajouter une relique de plus aux innombrables reliques christiques [2], la fameuse Tunique sans coutures (Jn, 19 : 23)...

            Donc après « Suétone, le montreur de Césars », c’est au tour de Graves de nous les montrer, puis à son adaptateur télévisuel — qui rajoute une couche au passage — de nous les montrer à son tour. Au moment de sa sortie, le roman avait fait scandale. La série télévisée eut le même effet, du moins dans un premier temps. Ne pas faire de Claude le spectateur de sa propre vie aurait été une trahison du roman. Mais cette mise en abîme donne le vertige.

            Le docu BBC I, Claudius : A Television Epic (visible uniquement dans les éditions Antartic 2006 & 2011) est une sorte de making of, mais seulement axé sur le jeu des acteurs. On y découvre notamment le rôle déterminant de Robert Erskine dans la supervision de ceux-ci. Soyez méchants avec les esclaves, qui ne sont que des outils à votre service. Quand ils vous servent, ne les regardez ni ne les remerciez... Derek Jacobi s’apprêtait à jouer Hamlet au théâtre, le rêve de toute une vie, quand on lui proposa d’incarner Claude. Le scénariste, Jack Pullman, était surtout connu comme auteur de comédies. Cherchant ses points de repères, Siân Phillips se demanda si elle ne devait pas considérer Moi Claude comme une Jewish comedy.Voilà qui donne une idée de l’état d’esprit qui régnait sur le plateau.

            Une ambiance délétère régnait sur cette famille ancêtre de la « Famille Adams », pleine de personnages malveillants cherchant à se faire trébucher les uns les autres. A commencer par Livia, qui manie les poisons en experte et est déterminée à éliminer quiconque pourrait faire obstacle à son fils Tibère. Lequel Tibère, qui ne désire nullement devenir empereur, souffre de ne pas être reconnu et aimé par son beau-père Auguste [3], est constamment en conflit avec sa mère et s’oppose à l’ambition sans bornes de celle-ci (qui veut régner à travers lui). Et il y a la méchanceté de Caligula, jubilant sur le lit de mort de son arrière-grand-mère Livia, qu’il baise sur la bouche ; son hystérique danse du soleil, avec des atours dignes de ceux d’une strip‑teaseuse ; et surtout sa conviction que le crime le rapproche du divin. Inceste, parricide, tout lui est délectation.

            Même l’austère et honnête Antonia participe au criminel délire familial, puisqu’elle punit sa fille Livilla en la faisant emmurer vivante en expiation de ses crimes (elle a empoisonné son mari Castor, pour les beaux yeux de son amant Séjan) [4]. Les Romains ne badinaient pas avec les grands principes !

 

Cette série  Moi Claude n’est-elle pas très datée aujourd’hui ?

 

Moi Claude n’a pas été coulé dans le moule d’un blockbuster classique. S’il est ringard de ne pas assister à des orgies avec des esclaves nu(e)s, des batailles épiques, des catastrophes envoyées par les dieux, des galériens flagellés, Moi Claude est effectivement une série ringardissima. Mais pourquoi cracher dans la soupe ? Nous avons notre pesant de folie furieuse et de morts par empoisonnement. Arsenic et vieilles dentelles, n’est-ce pas... so British ?

 

Quels sont les péplums présentés au cinéma ces deux dernières années qui vous ont semblé marquants ? Mad Max 4 est-il un péplum ?

 

Rien de très exceptionnel depuis le superbe Agora (Alejandro Amenabar, 2010). Deux — non, trois Hercule en 2014, suivis d’Exodus bien sûr, qui contient une réflexion géopolitique, mais qui n’est pas ce que Ridley Scott a fait de mieux. Et enfin Noé de Darren Aronofsky (pas mauvais).

            J’avais adoré 300 de Zack Snyder, même s’il était plus mythologique qu’historique, avec ses hoplites spartiates combattant non pas en armure, ce qui eût été plus judicieux, mais en « nudité héroïque », comme on dit en histoire de l’art. Mais par sa surenchère, la séquelle 300 — Rise of an Empire m’a cueilli un peu à froid. Thémistocle passant d’une trière à l’autre sur son cheval noir, comme un cavalier roquant sur un échiquier. Soit. Artémise est assez conforme à ce qu’en a dit Hérodote, sauf bien sûr sa sexualité exacerbée. Mais tant au cinéma que dans les bandes dessinées, les héroïnes-guerrières au vagin exubérant sont très tendance.

            Pour Mad Max 4, il faudrait d’abord s’entendre sur un point : l’heroic fantasy relève-t-elle du péplum ; et Mad Max 4 relève-t-il encore de l’heroic fantasy ; n’est-ce pas plutôt de la science-fiction ? Les films post-apocalyptiques cultivant la brutalité et une pseudo-gladiature, façon Hunger Games, c’est un peu — sinon complètement — borderline... Je le dis en toute sérénité, même si quantité de péplums ne se sont pas gênés pour s’installer à califourchon sur les genres.

 

De votre lointaine Belgique, avez-vous suivi les remous français sur la question de l’enseignement du latin et du grec ?

 

Pour en avoir discuté avec des professeurs de langues anciennes — tant en France qu’en Belgique —, je déplore cette espèce de « nivellement par le bas » qui ne laisse rien présager de bon. Un peuple sans passé est un peuple sans avenir.

            La Grèce et Rome constituent la clef de voûte de notre identité non seulement européenne, mais aussi méditerranéenne. Henri Salvador pouvait — et non sans raison — se moquer de « nos ancêtres les Gaulois », mais le Salon littéraire ne rappelait-il pas il y a quelques semaines l’importance de Lucien de Samosate, récemment réédité ? Lucien écrivait en grec, mais n’oublions pas qu’il était Syrien. Il faut préserver ce précieux héritage, témoin du rêve d’universalité d’Alexandre le Grand, puis de l’Empire romain qui lui a succédé.

 

Y a-t-il dans votre bonus une chose essentielle que vous n’ayez pas pu dire ?

 

Il n’en était pas question à l’époque où j’ai enregistré ce bonus, mais puisque que vous venez d’évoquer ma belgitude...

            Il s’agit de cette problématique du « roman historique » qui me taraude l’esprit. Où s’arrête le respect de l’Histoire (en supposant que tous les historiens soient entre eux d’accord) et où commence la « licence poétique » de l’auteur ? Une minisérie en cinq épisodes, Albert II(Frank van Mechelen, 2013), vient de sortir sur un de nos petits écrans francophones (RTL-TVI). Inspiré par l’exemple de Beatrix (TV néerlandaise), cette série évoque la succession de notre roi Baudouin par son frère cadet Albert, lequel, après vingt ans de règne (1993-2013), a voici deux ans abdiqué en faveur de son fils Philippe. Cette mini-série a été tournée à l’époque, le tournage ayant démarré plusieurs mois avant l’abdication du souverain, avec des acteurs très populaires en Flandre, mais parfaitement inconnus à Bruxelles et en Wallonie. Imaginez lebug : Leah Thys, qui incarne la psychorigide reine Fabiola était, en Flandre, connue surtout pour sa participation à des shows humoristiques comme le « soap » Thuis.

            Après la Seconde Guerre mondiale, la Flandre catholique avait permis le retour du roi Léopold III — suspect de complaisance avec l’occupant nazi — contre l’avis de la Wallonie « anti-léopoldiste », plutôt socialiste (sinon communiste). Le deal étant que son fils Baudouin monterait sur le trône dès sa majorité (1951), l’intérim étant entre-temps assuré par un Régent. Aujourd’hui, ce sont les Wallons (attachés au maintien de l’État belge) qui sont les plus ardents défenseurs de la monarchie, contre les nationalistes flamands qui sont plutôt républicains.

            Je lis dans la presse que la minisérie est historique à 50 %, et fictionnelle autant. « Cela pourrait être l’histoire de notre famille royale », suggère prudemment le trailer RTL. Que son scénariste, Willem Wallyn, n’hésite pas à la qualifier de « Muppet Show », me laisse rêveur. Il s’agit de personnes encore en vie, et même sur le trône ! De fait, le scénariste aura dû meubler entre les moments connus du public par les médias, et imaginer ce qui a ou aurait pu se dire entre quatre z’yeux (par exemple les consultations du roi avec son premier ministre ne peuvent être révélés par celui-ci). Or rien ne prouve que l’avis d’Untel, dans l’intimité et selon le film, corresponde réellement à ses pensées, à son attitude.

            Alors je reviens à Moi Claude : les Julio-Claudiens sont surtout connus par les indiscrétions de cette pipelette de Suétone, largement considéré comme un fouille-poubelle. Robert Graves a développé, et le scénariste Jack Pullmann en a rajouté une couche. Moi qui ne suis ni pro‑ ni anti-royaliste, mais respecte la fonction, j’en ai entendu de toute les couleurs ces trente dernières années sur les royales « turpitudes » vraies ou supposées. Des vertes et des pas mures. Ce qui est agréable avec Moi Claude, c’est que cette peinture aux traits forcés — c’est la loi de l’entertainement ! — n’éclabousse pas ma vie de simple citoyen de ce pays.

 

Propos recueillis par FAL

 

[1] Portée à l’écran en 1953 (la Tunique, Henri Koster), avec une séquelle en 1954 (les Gladiateurs, Delmer Daves). Au cinéma, sous la plume de scénaristes un peu moins incultes, ce Drusus Agrippa « redevient » Caligula : inoubliable prestation de Jay Robinson en fou psychotique.

 [2] La lance de Longin ; les clous de sainte Hélène ; le bois de la Vraie Croix ; le saint Suaire de Turin ; la couronne d’épines conservée à Notre-Dame de Paris) ; le Saint Graal du Cycle arthurien...

 [3] Livia avait eu deux fils : d’un premier lit, Tibère, l’aîné ; puis d’Auguste, Drusus, le cadet.

 [4] Dans le bonus Scènes favorites, différents intervenants de la série évoquent la séquence dont ils ont gardé un bon souvenir. Derek Jacobi/Claude : Caligula annonce à Claude qu’il est un dieu, et même un dieu supérieur puisqu’il a commis plus de crimes et incestes que les autres dieux. — Siân Phillips/Livia : empoisonne Martina... l’empoisonneuse. — Herbert Wise/réalisateur : Séjan propose à Claude de devenir son beau-frère ; la mort d’Auguste. — Christopher Biggins/Néron : Agrippine s’offre à son fils. — George Baker/Tibère : exilé à Rhodes avec son astrologue Thrasyllus, il apprend la mort de Lucius — John Hurt/Caligula : guéri, Caligula exige la mort du courtisan Lentulus qui avait proposé sa vie en échange de celle de l’empereur à l’agonie. — Brian Blessed/Auguste : accuse les sénateurs d’avoir tous couché avec sa fille Julie. — Amanda Kirby/Antonia la Jeune, mère de Claude : dénonce à son fils le complot de Séjan.

 

 

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Historique du Télé-Péplum

par Michel Eloy

 

Dès les années cinquante, les chaînes de télévision américaines ont porté au petit écran divers épisodes de l’Antiquité. Ainsi par exemple sur NBC, The Hallmark Hall of Fame (« Lydia » [1], 1955 ; « Give Us Barabbas ! », 1961 ; « Caesar and Cleopatra », 1976). Ou sur CBS You Are There(« The Assassination of Julius Caesar », 1953 ; « The Death of Cleopatra », 1953 ; « The Burning of Rome », 1954). Dans un registre plus fictionnel, rappelons la série SF Au Cœur du Temps(Time Tunnel, Irwin Allen, 1966) qui au fil des épisodes évoquait divers moments historiques, dont plusieurs sur l’Antiquité comme la Guerre de Troie (Revenge of the Gods), la tombe de Néron (The Ghost of Nero) ou les trompettes de Jéricho (The Walls of Jericho), le tout rehaussé de nombreux stock-shots empruntés au cinéma.

            Avec les moyens qui étaient les leurs, la Grande-Bretagne, mais aussi la France ont évidemment suivi. Ainsi sommes-nous redevables à Pierre Tchernia d’un premier brouillon télévisuel d’Astérix live avec Deux Romains en Gaule (1967).

 

            Pour ce qui est des grandes séries, en 1967, aux États-Unis, Joe Levine développa avec ABC un projet qui ne dépassa pas le stade du pilote (Hercules and the Princess of Troy, avec Gordon Scott). C’est l’Italie, sauf erreur, qui fut pionnière avec l’Odyssée (Franco Rossi, 1969), avec Bekim Fehmiu, suivie par l’Énéide (1971) du même réalisateur, avec Giulio Brogi. En 1982-1983 il fut encore question, pour Rossi, de compléter la trilogie en tournant une Iliade, mais cela resta lettre morte.

            Il faut encore signaler, pour l’O.R.T.F. et ses partenaires, fin 1967, un projet de série télévisée d’après la BD de Jacques Martin « Alix ». Un pilote tiré des Légions perdues« L’Épée de Brennus », aurait dû être tourné dans les anciens décors de la Chute de l’Empire romain,près de Madrid. L’affaire ne se fit pas, l’éditeur Louis Robert Casterman voyant d’un mauvais œil la part prise par le coproducteur américain dans la franchise (il était notamment question de rebaptiser la série « Alix » en « Marcus le Romain »). Depuis lors, « Alix » a fait l’objet d’une série d’animation par Jean Cubaud (1998).

            En 1972, Le Roi des Celtes (Arthur, Warlord of the Britons) (Sidney Hayers, et al.) s’efforça de dépouiller le merveilleux du mythe arthurien pour ne conserver qu’un tableau terre-à-terre de ce que fut la Bretagne face aux incursions des Saxons, après le retrait de Rome. Une sorte de « Thierry-la-Fronde » brittonique. Cette série précéda de peu Moi Claude (1976), la première grande saga télévisuelle sur Rome [2], que le producteur Martin Lismore concoctait depuis près de six ans déjà.

            Suivirent : Moïse : Les Dix Commandements (Moses, the Lawgiver) (Gianfranco De Bosio, 1975) ; Jésus de Nazareth (Franco Zeffirelli, 1977) ; l’Ancien Testament (The Greatest Heroes of the Bible) (James Conway, 1978 [15 ép.]) ; Masada (Boris Sagal, 1980) ; la série d’animation mythologico-SF Ulysse 31 (Bernard Devries & Jean Chalopin, 1981), coproduction franco-japonaise ; les Derniers Jours de Pompéi (Peter Hunt, 1983) ; Anno Domini (Stuart Cooper, 1984) ; Quo Vadis ? (Franco Rossi, 1984) et quelques autres séries inédites chez nous ou avortées (on ne sait trop ce qu’il est advenu d’une série qui devait être consacrée aux différentes reines Cléopâtre d’Égypte [3]).

 

            Bon gré, mal gré, la télévision française suivit le mouvement par le biais de téléfilms ou d’épisodes de miniséries. Esclave et Pharaon (Patrick Meunier, 1985) ; le Sacrifice (Patrick Meunier, 1988)... Les Évasions Célèbres a proposé un épisode « Attale, l’esclave gaulois » (1986) de Jean-Pierre Decourt, sur un scénario d’Henri de Turenne, d’après Grégoire de Tours [4]. La même année, revisitant les classiques du déduit, la Série Rose de Pierre Grimblat nous a valu une aristophanesque Lysistrata (« La Grève de l’amour », Nino Monti). Cette série repasse régulièrement aujourd’hui sr AB3 vers 3h du matin.

 

Années quatre-vingt-dix

 

            Ainsi s’achevèrent les eighties, Troisième Âge d’Or du péplum, placé sous la triple égide, sur le grand écran, des caligulades érotiques et de l’heroic fantasy post-apocalyptique (Conan, Mad Max), et, sur le petit, des séries qu’on vient d’évoquer.

            Elles ne s’effacèrent que pour laisser place, dans les années quatre-vingt-dix, à deux grandes sagas atypiques, moitié mythologiques, moitié fantasy : Hercule (The Legendary Journeys of Hercules, 4 saisons, 5 téléfilms & 116 épisodes, 1994‑1998) et son spin‑off, Xena la Princesse Guerrière (Xena Warrior Princess, 6 saisons, 134 épisodes, 1995‑2001).  A quoi il faut ajouter d’autres séries dérivées (Young Hercules ; Cleopatra 2025).

            Marqua également cette décennie la superbe série la Bible (La Bibbia) produite par Lube entre 1994 et 2002 (quatorze épisodes, ou peut-être un ou deux en plus)  et retraçant les grands moments de l’Ancien et du Nouveau Testament depuis la Création jusqu’à l’Apocalypse. Il y eut encore, pour un public plus jeune, Roar : la Légende de Conor (1997), série australienne imaginant les Romains en Irlande, avec le maléfique centurion Longin qui — quatre siècles auparavant — avait de sa lance percé le flanc du Christ.

 

Après Gladiator

 

1. Les séries TV

 

            Vient ensuite le Quatrième Âge d’or, le « Post-Gladiator » principalement caractérisé d’une part par le retour sur les grands écrans de films de bonne tenue et, sur le petit, de nouvelles sagas (Empire, ABC, 2005 ; Rome, HBO-BBC, 2005‑2007 [2 saisons] ; Spartacus, Starz, 2010-2013 [4 saisons]), mais aussi par un genre assez nouveau : le docufiction. Deux sagas aux intitulés presque identiques s’y distinguèrent : Rome : grandeur et décadence d’un Empire (Ancient Rome : The Rise and Fall of an Empire) (BBC-Discovery Channel, 2006 [6 ép.]) et Rome : Rise and Fall of an Empire (Gardner Films-History Channel, 2008 [13 ép.]). La saga britannique est de bon niveau, mais l’américaine souffre de sa planification économique. Toutes deux cependant abordent des épisodes romains rarement, pour ne pas dire jamais, traités par les péplums : les Gracques, Marius, le sac de Jérusalem, Caractacus, Stilicon, Majorien, etc.

            Produite par la RAI, la série Imperium connut sur les écrans francophones un destin assez incertain avec les excellents : 1/ Augusto, Il Primo Imperatore (Roger Young, 2003) et 2/ Nerone (Paul Marcus, 2005). Il y eut d’autres titres annoncés, mais qui, semblent-ils, se perdirent dans les limbes.

            À ces séries on peut évidemment en ajouter d’autres, notamment dans un registre parodique, comme la série britannique Plebs (Sam Leifer, 2013-2014 [2 saisons]) et la françaisePeplum (Philippe Lefebvre, 2015).

 

2. Les docufictions

 

            Dans la même période de nombreux autres docufictions « unitaires » ont fleuri sur les petits écrans, tels le Dernier jour de Pompéi (Peter Nicholson, 2003) qui met en scène Pline l’Ancien, que Bulwer-Lytton avait négligé d’introduire dans son célèbre roman ; Gladiateurs(Tilman Remme, 2003) ; Meurtre à Rome (David Stewart, 2005), reconstitution du Pro Roscio,procès plaidé par Cicéron — une production BBC Channel avec participation de FR3 ; Hannibal, l’ennemi de Rome (Richard Bedser, 2005) ; l’Atlantide : fin d’un monde, naissance d’un mythe(Tony Mitchell, 2011). Et bien d’autres encore…

            Une mention spéciale pour Brûlez Rome ! (Robert Kéchichian, 2005), docufiction français s’appuyant sur les travaux de l’universitaire toulousain Robert Sablayrolles relatifs aux vigiles, qui étaient les pompiers de Rome.

            Un autre Français, Fabrice Hourlier, s’est illustré dans le même registre avec le Destin de Rome (2011), sur le triangle César-Antoine-Cléopâtre, et Au nom d’Athènes (2012), sur les Guerres médiques, avec dialogues en latin, en grec et — au moins pour le second titre — en farsi.

 

3. Les téléfilms et la vidéo

 

            Enfin, n’oublions pas les téléfilms. Car ces années 2000 ont également vu, aux États-Unis, des sociétés comme Hallmark [5], Asylum ou New Horizon diffuser sur Sci-Fi Channel toutes sortes de productions B ou Z destinées à la télévision ou au marché de la vidéo. Quelques échantillons sont arrivés de ce côté-ci de l’Atlantique (certains de bon niveau historique, d’autres complètement « décomplexés », et parfois franchement grotesques) : Games of Rome : les Jeux de l’Empire (Amazons and Gladiators) (Zachary Weintraub, 2001) ; Jules César — Veni, vidi, vici (Uli Edel, 2002) ; Hélène de Troie (John Kent Harrison, 2003) ; Légions : les guerriers de Rome (Boudica, Warrior Queen) (Bill Anderson, 2003) ; Spartacus (Robert Dornhelm, 2004) ; les Dix Commandements (Robert Dornhelm, 2006) ; Pompéi (Pompei, ieri, oggi, domani) (Paolo Poeti, 2007) ; Odysseus, voyage au cœur des Ténèbres (Ulysse et l’île des Brumes) (Terry Ingram, 2008) ; la Chute des Empires (Le Cyclope) (Declan O’Brien, 2008) ; le Roi Scorpion 2 — Guerrier de Légende (Russell Mulcahy, 2008) ; la Traversée des Enfers (Hellhounds) (Rick Schroder, 2009) ; Ben Hur (Steve Shill, 2010) ; Kingdom of Gladiators (Stefano Milla, 2011) ; le Roi Scorpion 3 (The Scorpion King 3 : Battle for Redemption) (Roel Rainé, 2011) ; ou the ultimate daube : Morituris : Legions of the Dead (Raffaele Picchio, 2012). Ou encore, dans le sillage des pelli-Hercules de Renny Harlin avec Kellan Lutz et de Brett Ratner avec Dwayne Johnson, Hercule : la Vengeance d’un Dieu (Hercules Reborn) (Nick Lyon, 2014).

 

[1] Condamné à mort, saint Paul est sauvé par une femme.

[2] En Grande-Bretagne diffusée entre le 20 septembre et le 6 décembre 1976 sur BBC 2. En France, Moi Claude a été programmé sur Antenne 2 à partir du 7 juin 1978 ; rediffusé sur la même chaîne pendant l’été 1982 ; puis repris par TMC du 4 juillet au 15 août 1986.

[3] The Cleopatras (John Frankau, GB 1983 [5 ép.]).

[4] Avec Bernard Giraudeau dans le rôle de cet Attale, fils d’un sénateur burgonde, emprisonné par le roi Théodorik (Michel Vitold), dont son esclave Léon organise l’évasion (mort de Clovis, en 511).

[5] L’Odyssée (Andrei Konchalovsky, 1997) ; Merlin (Steve Barron, 1998) ; l’Arche de Noé (Noah’s Ark) (John Irvin, 1999) ; Cléopâtre (Franc Roddam, 1999) ; Marie Mère de Jésus (Kevin Connor, 1999) ; Jason et les Argonautes (Nick Willing, 2000) ; la Terre Promise (In the Beginning / Abraham le Prophète) (Kevin Connor, 2000) ; les Brumes d’Avalon (Uli Edel, 2001) ; l’Anneau sacré (Curse of the Ring) (Uli Edel, 2004) ; Hercule (Hercules. Half God. Half Man. All Power)(Roger Young, 2005).

 

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à propos de l'édition du Cardinal d'Espagne de Montherlant en dvd

Publié le par lesdiagonalesdutemps

illustrations de Trémois pour le cardinal d'Espagne

illustrations de Trémois pour le cardinal d'Espagne

Quel plaisir m'a donné ce Cardinal d'Espagne, pièce de Montherlant que je ne connaissais jusque là que par la lecture et qui par le biais de ce dvd récemment sorti par les éditions Montparnasse, que grâces leur soit rendu pour une si bonne action, a réssuscité la comédie française de mon adolescence avec cette diction impeccable qui fait un sort à toutes les sentences de feu et de bronze de Montherlant. Pierre Sipriot dans sa biographie d'Henry de Montherlant, indispensable à tous ceux qui s'intéresse à Montherlant, nous apprend que le "Cardinal d'Espagne" fut l'acmée en matière de gloire pour son auteur avec le double adoubement par de Gaulle et Malraux et un grand succès public et critique. Mais cet accueil ne fut tout de même pas unanime, en 1961 un groupe important d'étudiants perturba gravement la représentation aux cris de à bas la calotte et à bas Montherlant. La police intervint et il y eut 47 arrestations. Un monome pré mai 68 en quelque sorte avec Montherlant en représentant de la culture officielle, une toute autre époque que la notre...

Henri Rollan dans le rôle de Cisneros

Henri Rollan dans le rôle de Cisneros

 

La pièce nous est montrée dans l'adaptation de la mise en scène de sa création par Jean Mercure et dans sa distribution initiale avec Henri Rollan, acteur fêtiche de Montherlant dans le rôle titre. Cette dramatique, je préfère ce terme à captation, qui me parait tout à fait impropre en l'espèce, car il devrait être réservé à des filmages de pièces de théâtre filmées sur une scène de théâtre et dans les conditions et même  dans des angles tels qu'un spectateur pourrait voir la pièce sur son fauteuil, à condition qu'il ait à la fois le don d'ubiquité et un zoom à la place des yeux. Le dvd permettra, espérons le, à beaucoup de redécouvrir des acteurs d'un temps déjà lointain, que l'on avait oubliès ou méconnus. C'est le cas par exemple de René Arrieu, épatant dans le rôle du duc d'Estibel où sa voix bien timbré fait merveille. En cherchant à en savoir plus sur ce comédien, je suis tombé sur une note de wikipédia dont je vous livre ci-dessous de larges extraits: 

René Arrieu est un comédien français, sociétaire de la Comédie-Française, né à Paris le 22 mars 1924 et mort à Paris le 6 juin 1982.Contemporain de Gérard Philipe et de Jean Vilar, il participa aux nombreux festivals qui, au lendemain de la Libération, jalonnaient au début de l'été la vallée du Rhône. Alternant planches et télévision, il eut une carrière foisonnante, autant pendant sa période « indépendante » qu'à partir de 1957 à la Comédie-Française dont il devint le 447e sociétaire en 1970. S'il tourna peu au cinéma, il fut très actif en revanche dans le domaine du doublage dès 1946, prêtant sa voix à de très nombreux acteurs étrangers tels Henry FondaJeff ChandlerLee MarvinBurt Lancaster ou Charlton Heston, mais également à des personnages de dessins animés comme Bagheera dans Le Livre de la jungle. Il fut marié successivement à Florence Luchaire (de 1945 à 1948), dont il eut un fils Dominique Arrieu, chef opérateur de cinéma et de télévision, Ketty Albertini (de 1949 à 1960) et Alberte Aveline (de 1967 à 1978), toutes trois comédiennes. En novembre 1941, il entre au Centre de jeunesse du spectacle à Paris dont le directeur est Raymond Rognoni. L'audition des lauréats du concours de fin d'année 1941-1942 a lieu le 5 juin 1942, avec entre autres Paul-Émile DeiberGina CeldacPierre GallonFrançoise VitrantNoëlle FougèresCécile Paroldi et Jean-Jacques Dreux.

 

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En 1943, il s'inscrit au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, dans la classe d'André Brunot. L'année suivante, il fréquente le Centre d'art dramatique de la rue Blanche où le metteur en scène Julien Bertheau lui fait faire ses premières apparitions sur scène, comme figurant d'abord à la Comédie-Française dans La Reine morte d'Henri de Montherlant, puis dans des rôles plus consistants.

 

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Charlan, Jean-Marc Thibault, René Arrieu et Lucien Nat dans Cristobal au théâtre Montparnasse, mai 1943.

Août 1944 le voit entrer dans une période de turbulences. Il fréquente en effet à cette époque la comédienne Florence Luchaire, une des filles de Jean Luchaire, directeur du journal collaborationniste Les Nouveaux Temps, lorsque ce dernier quitte précipitamment Paris à la veille de sa libération, abandonnant femme et enfants. Arrieu décide d'aider ceux-ci à quitter à leur tour la capitale, direction le Brenner Park Hôtel à Baden-Baden (où il croise Jean Hérold-Paquis qui le qualifie de « sorte d'éphèbe égyptien, que d'aucuns disaient danseur »), puis Sigmaringen où ils retrouvent Jean Luchaire qui exerce les fonctions de commissaire à l'information dans la Commission gouvernementale française pour la défense des intérêts nationaux animée par Fernand de Brinon, et dirige le quotidien La France, journal officiel destiné aux exilés collaborationistes. Pendant leur séjour outre-Rhin, Florence Luchaire tombe enceinte, ce qui cause un scandale dans la colonie française en Allemagne ainsi que le relate Louis Ferdinand Céline dans son ouvrage D'un château l'autre.

 

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La troupe du Huon de Bordeaux au théâtre Pigalle, décembre 1946.

Lors de la chute du gouvernement en exil en avril 1945, il fuit vers la frontière suisse avec les Luchaire et Marcel Déat dans la voiture de Brinon « empruntée » pour l'occasion, mais le groupe est arrêté à Merano à la mi-mai 1945 et livré aux Français par les Américains. Interné au camp d'Écrouves (Meurthe-et-Moselle), René Arrieu est acquitté par la commission d’épuration du théâtre qui reconnaît le caractère extra-politique de son « escapade ».

En 1946, René Arrieu remonte sur scène, toujours grâce à Julien Berthau, dans les différents festivals d'été organisés dans le sud de la France. Il se voit ainsi confier le rôle-titre de Britannicus et celui de Curiace dans Horace représentés au Théâtre antique de Fourvière, suivis en 1947 de Pyrrhus dans Andromaque et en 1948 du rôle-titre dans Polyeucte.

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Avec Serge Reggiani dans Les Trois Mousquetaires au théâtre de la Porte Saint-Martin, décembre 1951.

Il acquiert très vite une réputation de tragédien et se produit en tournée avec différentes troupes, en France (Chorégies d'Orangethéâtre des Célestins) comme à l'étranger (BelgiqueSuisseTunisieMaroc, etc.) dans un répertoire classique (Jean RacinePierre CorneilleShakespeare) et moderne (Jean GiraudouxJean AnouilhCocteau). Il épouse en 1949 la comédienne Ketty Albertini.

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Avec Edwige Feuillère dans La liberté est un dimanche, Tournées théâtrales France-Monde, janvier 1953.

En 1954, il alterne au cours d'une tournée de deux mois le rôle de Mesa dans Partage de midi de Paul Claudel et La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils sous la direction de Jean-Louis Barrault, suivie en 1955-1956 d'une tournée de quatre mois avec Bérénice.

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Avec Marcel Lupovici dans Celui qui ne croyait pas aux Hospices de Beaune, le 8 juillet 1955.

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Avec Renée Faure dans La Servante d'Evolène au théâtre du Jorat, juin 1956.

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 Avec Geneviève Page dans Le Cœur volant au théâtre Antoine, octobre 1957.

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Avec Annie Ducaux dans Bajazet à la Comédie-Française, décembre 1957

Il est engagé en novembre 1957 comme pensionnaire à la Comédie-Française où il fait ses débuts dans le rôle-titre de Bajazet. S'ensuivent durant près de 25 ans de très nombreux rôles tels que Éghiste dans Électre de Jean Giraudoux, Don Salluste dans Ruy Blas de Victor Hugo, Astrov dans Oncle Vania, d'Anton Tchekhov ou Théramène dans Phèdre. Il épouse en 1967 la comédienne Alberte Aveline entrée comme pensionnaire l'année précédente. Il est nommé sociétaire en 1970.

 

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Avec Jean-Paul Roussillon dans Le Mariage de Kretchinsky à la Comédie-Française, novembre 1966..

Parallèlement à sa carrière sur les planches, il participe à de nombreuses émissions télévisées (dramatiques, séries, téléfilms) et participe à de très nombreux doublages, prêtant sa voix notamment à Henry FondaCharlton HestonLee MarvinJames Stewart ou encore Burt Lancaster.

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Avec Catherine Samie dans L’Émigré de Brisbane à la Comédie-Française, novembre 1967.

Il meurt d'une embolie cérébrale le 6 juin 1982 à l'âge de 58 ans. À l'instar de Jean Yonnel, il fut l'un des rares tragédiens en titre du Théâtre-Français.

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Avec Jacques Eyser dans La Nuit des rois à la Comédie-Française, février 1976.

On entrevoit combien la vie d'Arrieu a été romanesque. En continuant mon exploration pour illustrer la bio de wikipédia sont apparu des images qui ont fait surgir des physionomies de comédiens, que dans notre focalisation sur le (notre?) présent, on ne pouvait imaginer jeune, comme par exemple Jean Parédes ou Jean-Marc Thibault. C'est fascinant tout ce monde englouti de l'éphémère théâtral qui à l'occasion d'une photo de scène émerge de nouveau. Un visage s'est décati, des spectateurs ont applaudi, une vie est passé...

Jacques Lorcey dans les années 2000 devant un portrait de Molière

Jacques Lorcey dans les années 2000 devant un portrait de Molière

 

Et puis studieux, je repère un comédien jeune et déjà un peu gras, délicieux de lacheté dans le rôle du chapelain, un certain Jacques Lorcey (1927-) dont le nom ne m'évoque absolument rien. Mes périgrinations sur la toile m'apprennent que s'il a fait une carrière relativement modeste en tant que comédien, il ouvrit une libraireie vouée au spectacle dans le passage Verdeau qu'il tint plus de vingt ans tout en étant expert à l'Hôtel Drouot et surtout auteur de très nombreux livres tournant autour du théâtre  comme "Marcel Achard ou 50 de vie parisienne" (Paris, France-Empire), 1977,  "Sarah Bernhardt, l'art et la vie", (Paris : Éditions Séguier, 2005,) "Laurel et Hardy", (Paris, PAC), 1984, "Sacha Guitry et son monde", (Éditions Séguier), Georges Feydeau, (Paris, La Table Ronde), 1972... Là encore que soit loué la toile pour nous ouvrir tant de perspectives sur des vie, des parcours, que notre ingrate mémoire n'avait pas retenus.

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Roland Alexandre et Bernard Dhéran

Si j'ai oublié certains comédiens que je redécouvre grâce à une parution comme celle du Cardinal d'Espagne, d'autres me sont restés bien en mémoire comme Bernard Dhéran (1926- ), qui est le comte d'Arallo, l'un des seuls survivants de cette distribution. Je l'ai vu à mainte reprises à la télévision et au théâtre, où il joue toujours, mais rarement aussi bien que dans ce Cardinal d'Espagne.

J'ai eu un peu de peine à reconnaitre, sous le costume de Luis Cardona, le neveu de Cisnéros, André Falcon (1924-2009) tout jeunet et déjà très bien, pas encore dans cet emploi de notable cauteleux dont il se fit une spécialité.

à propos de l'édition du Cardinal d'Espagne de Montherlant en dvd

Dans cette pièce d'hommes, l'interprète, Louise conte, du rôle  féminin principale, Jeanne la folle manque justement de folie et surtout d"épaules" pour donner la réplique à Henri Rollan si bien que le deuxième acte parait faible, alors qu'il n'en est rien à la lecture. Pierre Sipriot quant à lui y voit le sommet de la pièce.

à propos de l'édition du Cardinal d'Espagne de Montherlant en dvd

Le filmage est tout à fait dans le style Butte Chaumont, presque pas de plans larges et beaucoup de gros plans et de plans américains, une réalisation de 1964, faite pour une diffusion télévisée à une époque où les écrans n'étaient pas atteints de gigantisme.

L'image est belle, lumineuse, bien contrastée avec de beaux noirs et une large gamme de gris. Il n'y a pas plus de rayures que de taches, une belle restauration. Sur un très grand écran les contours manquent un peu de netteté, mais ce serait une bien belle édition, si on avait pas à déplorer une absence totale de bonus!

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Jean-Marc Thérin

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Jean-Marc Thérin

Jean-Marc Thérin Dans le rôle de Pierre dans le film "Les Confessions d'un enfant de choeur", 1977,  de Jean L'Hôte (Série des Grandes fictions de la télévision)

Au debut de la seconde guerre mondiale Dans Une petite ville de Lorraine (France), Pierre, douze ans, fils unique, du directeur de l'école communale (Maurice Biraud)  occupe sa solitude tant bien que mal. L'image d'une petite fille entrevue à la messe nourrit ses premiers rêves sentimentaux. Il Projette de se faire enfant de choeur, mais se heurte aux réticences de son père, laïc convaincu.

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Zappy Max, ça va bouillir mis en image par Tillieux

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Zappy Max, ça va bouillir mis en image par Tillieux

C'est tout à fait par hasard, en musardant dans une librairie, le vice que je pratique le plus, que je suis tombé sur la mise en images par le grand et très regretté Tillieux, des aventures de Zappy Max, écrites par St. Julien (pseudonyme de l'écrivain Hugo de Haan), dans "ça va bouillir". Je ne vais pas vous dire que c'est un chef d'oeuvre de la bande dessinée, ni même que c'est celui de Tillieux (La couverture est dessinée; par François Walthéry), l'inoubliable père de Gil Jourdan, entre autres. Et pourtant mon coeur n'a fait qu'un bon. Que de souvenirs se sont précipités sur ma pauvre personne, la madeleine et les pavés de Venise en même temps. Cet album m'a bien sûr rappelé les premiers temps du journal Pilote avec ses beaux Pilotoramas en pages centrales, mais m'a surtout fait me remémorer le feuilleton radiophonique que j'écoutais tous les jours avant de partir à l'école puis ensuite avant d'aller au collège (je ne sais pas quand cette émission a commencé, mais en revanche je me souviens que ce feuilleton s'est terminé brusquement en 1966, quand soudain Radio-Luxembourg s'est mué en RTL. "Ca va bouillir" était donc diffusé sur les ondes de Radio-Luxembourg, l'ancêtre de R.T.L., vers 13 heure, juste avant il y avait quelques minutes dévolues au chansonnier Pierre-Jean Vaillard. C'était délicieux et raffiné. Rien à voir avec nos humoristes graveleux qui encombrent désormais scènes, écrans et radios. Patrice Delbourg dans son beau roman, "Un soir d'aquarium" a consacré quelques savoureux passages à Pierre-Jean Vaillard...
Je me rappelle que vaguement de l'intrigue aux incessants rebondissement abracadabrantesques de "Ca va bouillir". Zappy, le héros était joué bien entendu par Zappy Max, alors animateur vedette de la station (Il est le 373 ème des 480 souvenirs de Georges Perec dans "Je me souviens"). Or donc Zappy était un courageux jeune journaliste qui devait toujours sauver des griffes du très méchant et asthmatique Kurt von Straffenberg, alias le tonneau, sa jolie fiancée, Edith... L'émission était financé par la lessive Sunil d'ou son titre "ça va bouillir", expression qui un temps est passé dans le langage courant dans le sens de ça va barder... D'une façon assez surréaliste la lessive faisait souvent une intrusion inopinée dans l'histoire; par exemple lorsque Zappy embrassait Edith soudain il disait que ton chemisier sent bon, la jeune femme lui répondait: << C'est normal, il a été lavé avec Sunil. >>.

Si vous avez un enregistrement ne serait-ce que d'un épisode de "Ca va bouillir" ne m'oubliez pas. Merci d'avance.
 

Zappy Max, ça va bouillir mis en image par Tillieux

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Le dernier mauvais coup porté à France-Culture

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Voici le texte, auquel j'adhère totalement, d'une pétition qui circule sur la toile à propos du dernier mauvais coup porté à France-Culture. Le déclin de cette jadis magnifique station est un marqueur significatif de l'abaissement de la culture et de l'intelligence dans ce pays

 

 

À l'attention : de la Direction de France Culture

Auditeurs de France Culture depuis plusieurs années, nous sommes de plus 
en plus consternés par la baisse régulière du niveau de cette chaîne, 
qui ne produit
quasiment plus de culture radiophonique ni ne s'attache à recueillir les 
témoignages de grands acteurs de la culture du siècle présent ou passé 
mais se
borne, au mieux, à faire la promotion de spectacles culturels ou 
d'ouvrages littéraires liés à l'actualité, en réduisant l’essentiel de 
ses programmes
à de simples entretiens dépourvus d'intérêt autre que conjoncturel.

L'un des derniers artisans de l'âge d'or de France Culture (des années 
soixante-dix à la fin des années quatre-vingt-dix), qui n'avait pas peu 
contribué
à forger l'esprit vivifiant et créatif de cette époque, vient d'être 
"remercié" sans ménagements par la direction de France Culture : il 
s'agit d'Alain
Veinstein, encore producteur de l'émission "Du jour au lendemain" 
(minuit-minuit trente en semaine), qui en 2009 s'était déjà vu sèchement 
signifier la
suppression de sa tranche 22h-minuit, "Surpris par la nuit" 
(anciennement "Nuits magnétiques", depuis 1979).

Certes, "Du jour au lendemain" est une émission consacrée à l'actualité 
littéraire, mais ce n'est jamais celle des têtes de gondoles, et surtout 
la manière
inimitable dont Alain Veinstein conduit ses entretiens — tout en 
suggestions feutrées et n'hésitant pas à laisser grande part aux 
silences productifs de
l'interlocuteur — en fait un exercice de création de haute voltige à 
part entière.

Prenant acte de cette décision unilatérale, justifiée selon la direction 
de la chaîne par la nécessité de laisser la place aux jeunes 
générations, Alain
Veinstein avait décidé de conduire seul sa dernière émission, dans la 
nuit du 4 au 5 juillet 2014.

Las ! Une heure avant la diffusion, un mail du directeur de la station, 
Olivier Poivre d'Arvor, a averti le producteur que son enregistrement ne 
serait
pas diffusé — et de fait il fut remplacé par la rediffusion d'un numéro 
consacré au prix Goncourt 2013, sans aucun égard ni prévention à 
l'endroit des
auditeurs déjà prévenus de cette émission testamentaire.

Sans nous faire trop d'illusions sur l'éventuelle réintégration d'Alain 
Veinstein dans l'équipe de producteurs de la chaîne, nous réclamons à 
tout le moins
la diffusion de cette dernière émission, qui pour l'instant se trouve 
accablée, ultime outrage, sous le boisseau d'une chose qui ne porte 
qu'un nom : "Censure".

Sèb

 

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Real Human

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

real-humanArte diffuse en ce moment la deuxiéme saison de la série Science-Fiction suédoise intitulée Real Human (la première saison est déjà disponible en dvd). 
Imaginez un monde très proche du notre où vous pourriez vous acheter un hubot (human robot): un androïde fait à l’image de l’homme, créé pour le servir… dans tous les sens du terme. Il fait un ouvrier infatigable, un domestique souriant, un jardinier zélé, un coach personnel motivant… et un amant potentiel (si on bidouille un peu la mécanique). Mais est-ce vraiment de la science-Fiction lorsque l'on sait qu'il y a déjà deux robots humanoides qui accueillent à Tokyo les clients dans les boutiques de téléphonie Softbank, une sur Ginza l'autre sur Omotesando. Softbank est le promoteur de l'opération mais les hotesses mécaniques sont fabriquées en France... Revenons à la série. Vous vous doutez bien que tout ne va pas aller pour le mieux dans ce meilleur des monde suédois... Une phalange de ces hubots se rebelle.

Le grand intérêt de la série, c’est de faire réfléchir sur notre rapport aux nouvelles technologies qui passent progressivement de l’objet utilitaire à objet de transfert affectif voire objet de désir (sinon comment expliquer les queues devant les magasins Apple?). Conçus comme des compagnons à part entière, les hubots deviennent de meilleurs amis et de meilleurs maris que les êtres humains par leur disponibilité et leur patience. Faut il en déduire qu’ils méritent autant de droits qu’un véritable humain ? C’est la question fondamentale de la série. Cette question était déjà posé par Isaac Asimov dans certains de ses romans et cela dès les années 50.

La série à la grande intelligence de poser des questions morales et éthiques: lors d’une soirée entre copines, un des personnages, rétive aux hubots, voit une jeune femme embrasser goulûment son hubot et même se laisser peloter par lui. On sait qu’elle est choquée mais ne veut pas passer pour une coincée et garde le sourire même lorsque les autres femmes lui demandent ce qu’elle en pense. Une scène assez perturbante car elle met à l’épreuve notre rapport à la société. On peut penser qu’un des opposants à la loi dite du « mariage gay » ne se posera aucune question sur ce qu’il doit en penser mais lorsque l’on défend les libertés individuelles, on est brusquement confronté à un paradoxe intéressant: il paraît « contre nature » qu’une personne tombe amoureuse d’une machine même si cette dernière mime le comportement humain mais peut on réellement réprouver un comportement qui ne cause de tort à aucune personne réelle ? Voilà des questions perturbantes.

real-human_02La série est non seulement riche en questionnements philosophiques et sociétales, mais elle s'appuie sur des intrigues passionnantes bien qu'un peu touffues. L'intrigue principale suit  un groupe de hubots rebelles qui tentent d’échapper à la police pendant que l’humain qui les accompagne et qui semble avoir un passé associé à leur développement part à la recherche d’une hubot dont il est épris et qui a été recyclée en domestique dans une famille bourgeoise. La famille en question a un grand fils très mignon pour qui aime les grandes gigues scandinaves pâles (c'est mon cas). Le garçon ne tarde pas à tomber amoureux de la robote et aimerait bien faire quelques galipettes scabreuses avec la belle androide (je ne dirais pas non, mais prèferais une partie à trois!). Le plus troublant s'est que l'on s'attache assez rapidement aux personnages hubots autant qu'aux humains. Un pépé bien sympathique, c'est le père de la mère de famille bourgeoise entretient avec son domestique hubot, fort joli garçon, des rapports disons ambigue... Il est à noter que pour renforcer l'empathie du spectateur envers les hubots, les humains sont soit faibles soit dépassés).

Comme il surgit beaucoup de questions associées à l’existence de ces hubots certaines sont un peu sous estimées comme les conséquences sociales de leur existence. ils font tous les travaux peu gratifiants mais le problème du chômage que génère les hubot n'apparait qu'à la fin de la première saison (on a un peu l'impression d'un rattrapage) ? De même l'incidence des hubots sur le monde politiques du pays ( nous sommes en Suède mais le pays n'est jamais citéc) est ignorée. Assez curieusement (à mon avis) il semblerait que les hubots soient parfaitement acceptés à part pour une frange de la population qui ne semble être représentée politiquement que par un groupuscule. On peut aussi s'interroger sur la logique des fabricants des hubots qui font beaucoup d’efforts pour réaliser des produits le plus humains possibles (ce n'est pas le cas des robot japonais dont je parlais au début du billet) ? Au point de les doter de sexe, anus et bouche véritables quelque soit le modèle et sa fonction (les hubots ne mangent pas mais se recharge avec une prise comme votre téléphone portable!). Si ce brave Isaac n'avait pas envisagé dans ses lois de la robotique les sexualité des robots, la série Hubot n'est pas la première à aborder la question, voir par exemple La fille automate de Paolo Bacigalupi. En revanche il me semble que c'est presque une première en tout du moins sur un écran de voir des machine éprouver à ce degré des sentiments humains. 

Si certains des hubots de la série sont très gentils et même très serviables (vous me comprenez) d'autres sont très très méchants: une hubot "méchante" déclare qu’elle ferait en sorte que les humains passent de l’état de maître à esclaves. Il me semble que les scénariste ont oublier un petit problème vu que ces machines androide ont besoin d’une prise de courant pour se recharger et cela toutes les vingt quatre heures, une coupure générale réglerait le problème de la révolte des hubots radicalement. Autre petit souci, comment une société pouvant fabriquer des êtres aussi sophistiqués est aussi peu progressé dans les autres domaines techniques. Mais on peut envisagé que cette histoire se passe dans un présent alternatif.

La réalisation est très soignée (suivant les critères scandinaves...). Chaque épisode offre des beaux plans de cinéma. L'image est traitée en ton froid et couleurs pastelles. Les premiers épisodes de la deuxième saison (je n'ai encore vu que les quatre premiers) marquent un changement dans l'esthétique du filmage par rapport à celle de la première. Elles se rapproche plus dorénavant des codes des films d'horreurs ce qui n'était pas le cas précédemment. L'interprétation est excellente. En particulier pour les acteurs jouant les hubots qui vont du presque humain au très robot. 

En résumé, une série passionnante dans le fond et qui aborde des questions que les américains auraient évacués.

 

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La ville dont le prince est un enfant d'Henry de Montherlant à la télévision?

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Bruno, fidèle commentateur et contributeur du blog, a découvert avec ces documents rares, 4 pages du Télé 7 jours n°575 du 30 avril 1971, la quasi preuve que la pièce de Montherlant serait passée à la télévision, diffusée sur la deuxième chaîne, en couleurs, le mardi 4 mai 1971. Le problème est que ni lui ni moi, pourtant grands admirateurs de la pièce, je rappelle que je suis l'éditeur en dvd de la version filmée par Christophe Malavoy, nous nous souvenons de cette émission. En outre lorsque j'ai voulu acheter ce programme, dont je doutais de l'existence, à l'I.N.A, cette administration a été à l'époque, ii y a un peu plus de dix ans, incapable de m'en fournir la moindre image.

Encore une fois je lance un appel: Si un lecteur a vu à l'époque cette retransmission qu'il m'en confirme l'existence. Si un visiteur a la copie de la captation qu'il rentre en contact avec moi. Merci d'avance.

 

pour retrouver Henry de Montherlant sur le blog: Demain il fera jour d'Henry de Montherlant au Théâtre de l'Oeuvre dans une mise en scène de Michel Fau,  Lorsque Egermeier photographiait l'intimité de Roger Peyrefitte et d'Henry de Montherlant,  Le "chevalier" de la correspondance Montherlant - Peyrefitte: Henry HoussayePeyrefitte et EgermeierLa ville dont le prince est un enfant d'Henry de Montherlant à la télévision?


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Autour de Maurice Ronet

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Entre deux émissions de la collaboration pro-islamiste, il arrive encore à France-Culture de ne pas oublier qu'il y a le mot culture dans sa raison social (France il y a longtemps que c'est tombé aux oubliettes) et de proposer un programme original comme cette émission de Projection privée, sous la houlette de Michel Ciment, autour de Maurice Ronet. Comme je ne voudais pas que mes visiteurs rique de manquer cette exception radiophonique je la met en ligne, sans attendre d'avoir écrit le billet sur les deux livres, autour de Maurice Ronet acteur que j'ai eu jadis la chance de rencontrer, que je me promet d'écrire depuis plusieurs semaines.

Pour écouter il suffit de cliquer sur la flêche puis de suivre le mode d'emploi.

 

 Projection privée

Projection privée

Syndiquer le contenupar Michel CimentLe site de l'émission
Emission Projection privée

le samedi de 15h à 16h

Ecoutez l'émission59 minutes

PROJECTION PRIVEE : AUTOUR DE MAURICE RONET

21.12.2013 - 15:00 Ajouter à ma liste de lecture

Couvertures © DR

 

                                                                                            

Émission autour de Maurice Ronet

 

                                                                                                                                     

* Jean-Pierre Montal,

Auteur de « Maurice Ronet : les vies du feu follet » aux éditions Pierre-Guillaume de Roux (05.09.2013)

 

* José-Alain Fralon,

Auteur de « Maurice Ronet : le splendid désenchanté » aux éditions des Equateurs (03.10.2013)

 

* Jean-Christophe Ferrari,

Critique et historien de cinéma

 

 

 

 

 

 

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Les faux monnayeurs, un film de Benoit Jacquot

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Essayons d'évacuer la question de l'adaptation, sachant que c'est impossible, le film étant tiré des « Faux monnayeurs », une des oeuvres maitresses d'André Gide. Tentons néanmoins de regarder l'objet filmique que nous avons sous les yeux en s'efforçant d'oublier l'oeuvre originale. Ceux qui suivent ce blog, et surtout les rares qui prennent la peine de lire les textes, savent que les problèmes de chronologie et de datation dans les fictions me préoccupent et que des erreurs dans ces domaines, ou des anachronismes, suffisent à dissoudre mon attention sur ce que je lis ou regarde...

 


 

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Le film de Jacquot à ce propos commence mal. Beaucoup de lecteurs du roman de Gide se souviendront qu'il a été écrit entre 1919 et 1925. Dans la première scène lorsque Edouard (joué par Melvil Poupaud, qui tourne pour la deuxième fois sous la direction de Benoit Jacquot, seize ans après « La Vie de Marianne ») reluque un lycéen ( je dirais plutôt un collégien) qui tente de voler un livre dans la boite d'un des bouquinistes des bords de Seine (heureux temps où les lycéens volaient des livres, ils savaient donc lire!) si la vêture du garçon évoque bien les années 20, de même que l'automobile que nous apercevrons peu après, la longueur et la coupe de ses cheveux ne paraissent guère d'époque; elles me semblent d'ailleurs appartenir à aucune. Le garçon en question, Georges, (Thomas Momplot) se révèlera le neveu du matteur, j'anticipe, mais ce petit coup de théâtre était cousu de fils blanc! - Est-ce la cocteaulâtrie du moment, sans doute, mais dès l'apparition de la jeune créature j'ai pensé à l'élève Dargelos - Dans la scène suivante où Edouard rend visite à sa soeur, Pauline, on est également troublé par les vêtements portés par Pauline Molinier et son mari qui sont dans le goût des années 1910 et non de celui de 1920 et encore moins 1925, (on s'apercevra ensuite que tous les personnages sont habillés à la mode de 1910, alors que l'on est censé, par les éléments de décor et l'ambiance générale, être en 1920. Si l'on excepte Melvil Poupaud qui est affublé de costumes à carreaux qui étaient peut être du plus grand chic dans les provinces américaines autour de 1900 mais improbables à Paris ou à Londres d'où arrive Edouard... qui porte très bien le chapeau. De même la chevelure aux belles boucles du jeune Olivier (Maxime Berger), leur fils, est bien peu conforme aux usages de l'époque. – Pas beau cet agneau, genre maigre et mou à la fois, mais joli, plein de charme... -

 

Edouard (Melvil Poupaud)

 

Alors que la plupart des réalisateurs, c'est une maladie américaine, prennent pour interpréter des adolescents des acteurs plus âgés que l'âge de leur rôle. Benoît Jacquot semble s'être ingénié à choisir au contraire, des acteurs plus jeunes que leur emploi ou plus probablement faisant plus jeune. C'est assurément un choix courageux et même audacieux; c'est d'ailleurs la seule audace de mise en scène. Cet aspect juvénile est l'apanage des adolescents, en particulier des acteurs jouant Olivier et Bernard mais aussi de certains adultes comme Patrick Mille qui incarne Robert de Passavant. Il demeure que l'aspect de collégien d'Olivier le rend peu crédible en rédacteur en chef d'une revue littéraire.

L'oeuvre de Jacquot a un défaut récurrent aux films qui se déroulent dans le premier quart du XX ème siècle, le manque de moustaches. A l'époque de la guerre de 14 seuls les prêtres et les acteurs (et encore pas tous) n'avaient pas de moustaches; des faces de cul comme disaient les poilus français lorsqu'ils ont découvert les soldats américains qui venaient à leur rescousse et qui étaient presque tous glabres. Dans les années vingt la moustache amorçait un recul mais était encore largement majoritaire sous le nez des hommes. Il faudra attendre le début des années trente, avec l'arrivée massive du cinéma américain et un certain Adolf pour qu'en France son port connaisse un rapide déclin...

 


 

      
 Bernard (Jules-Angelo Bigarnet)

 

Vous me direz que ma critique manque de hauteur et que je m'attache trop aux détails. Vous avez raison, mais je vous répondrais que l'excellence d'un film se fait d'abord par la juxtaposition de détails justes.

Si, donc les premières scènes m'ont laissé, en ce qui concerne l'image dubitatif, mais il est vrai que le spectateur doit toujours faire un effort pour rentrer dans l'univers visuel d'un cinéaste, en revanche l'incipit textuel m'a ravi: << Rien n'est plus difficile à observer que des êtres en formation, il faudrait pouvoir ne les regarder que de biais. >>. Les ayant beaucoup regardé, « les êtres en formation » et pas seulement de biais, ce blog en témoigne, je ne peux que confirmer la justesse de cette phrase.


 

Olivier et Bernard

 

 

Benoit Jacquot a eu la funeste idée de reprendre les adresses au lecteur d'André Gide qui prennent dans le livre, un peu la forme de didascalies et qui ne montraient que les limites dans l'exercice romanesque de l'écrivain, son impuissance à faire des transitions fluides entre deux scènes. Le cinéaste les a transformées en bancs-titres silencieux, ce qui nous ramène au temps du cinéma muet. Cela certes ancre le récit dans les années vingt, mais surtout le hache inutilement. Jacquot est en cela malheureusement fidèle au roman, composé de scènes juxtaposées sans véritables traits d'union. Dans chaque épisode apparaissent une multitude de personnages. Pour ne pas trop élaguer l'intrigue (élagage très habile) le réalisateur a choisi d'en faire de courtes pastilles (certaines sont très réussies, et riches en sous-textes comme celle de la première visite d'Edouard à monsieur Lapérouse alors que d'autres sont lamentablement ratées, par exemple la scène dans l'escalier où Vincent avec Laura, sa maitresse engrossée, qui est par ailleurs amie avec Edouard.) se disputent. La rapidité de la succession des scènes d'un format trop court, fait que le spectateur n'a pas le temps de comprendre complètement, au début tout du moins, les liens qui relient tous ces personnages.

Par rapport au roman, le scénario fait l'impasse sur certaines scènes (les bancs-titres trouvent là leur véritable utilité, celle de résumer un morceau de l'histoire que le réalisateur n'a pas le temps nécessaire pour le mettre en images), ce qui était inévitable au regard de la durée imparti pour le film (environ 2 heures). Mais curieusement, sans raison à mon avis, il en bouleverse l'ordre, sans pour autant apporter plus de clarté au déroulement de l'intrigue. Ce découpage différent de celui du roman à pour résultat de focaliser le spectateur sur l'attirance mutuelle qu'éprouve Edouard et Olivier, l'un pour l'autre.

 

 

 

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Bernard (J.A Bigarnet) et Edouard (Melvil Poupaud)


On se demande pourquoi, sinon je le répète, la volonté de mettre en exergue la relation entre Edouard et Olivier, le scénario fait arriver l'entame du roman aux alentours de la vingt-cinquième minute du film alors que la scène dans laquelle Bernard (que l'on a pas encore vu à l'écran) joué par Jules-Angelo Bigarnet (que j'ai vu beaucoup plus physiquement à son avantage ailleurs qu'ici), le meilleur ami d'Olivier, sensé réviser le bac qu'il doit passer prochainement, lisant une lettre d'amour vieille de 17 ans adressée à sa mère, apprend qu'il n'est pas le fils de l'homme qu'il croyait son père. Bouleversé par cette nouvelle Il décide de quitter pour toujours, l'appartement familiale. C'est cette action qui dans le roman lance toute la mécanique de l'histoire, ce qui n'est pas le cas dans le film.

 


 

Vincent (Vladimir Consigny)

 

 

J'attendais avec impatience la mise en images du passage où Bernard en cachette rejoint la chambre de son ami Olivier. Jacquot a parfaitement réussi la scène mais lui a enlevé toute sensualité alors qu'il en a mis dans les rencontres entre Edouard et Olivier, ce que je n'ai pas autant perçu à la lecture... (ah la scène dans laquelle Melvil Poupaud soulève et prend dans ses bras musculeux l'Olivier moribond dans sa grenouillère moulante, pâmer comme une jeune vierge, le moment le plus torride du film!). Cet épisode se déroule dans la pénombre, malheureusement la caméra, probablement numérique, n'a pas aimé le manque de lumière alors que par ailleurs l'image, bien éclairée, dans tout le film a un beau piqué, est granuleuse dans cette séquence.

 

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La scène où Edouard découvre Olivier après sa tentaive de suicide (voir les images immédiatement ci-dessus) est pour moi, l'acmé du film (belle idée de cinéma que ces plans, caméra au plafond). On peut penser que la cause du suicide d'Olivier au petit matin, est qu'ayant connu dans la nuit entre les bras d'Edouards (et le reste) une telle félicité, pensant ne jamais plus connaitre un tel bonheur, il ait choisi de quitter ce monde sur ce souvenir magnifique. Mais peut-être est-ce là l'interprétation d'un pervers....    

 

Cette scène des deux garçons réunis à l'insu de leur famille dans la chambre de l'un, rappelle un passage des débuts des « Thibault ». Ce qui n'est guère surprenant, Roger Martin du Gard, étant pour Gide une sorte de consultant lors de l'écriture du roman... L'ouvrage lui est dédié.

Si avec « Les faux monnayeurs » Gide est incontestablement novateur quant à sa forme romanesque, il est également avant gardiste, en faisant surgir, en 1925, n'oublions pas la date à laquelle se déroule l'intrigue, avec le personnage de Sphroniska (Anne Bennent) qui « traite », le jeune Boris, le petit fils de monsieur Lapérouse, la psychanalyse qu'il qualifie tout de même, par l'intermédiaire d'Edouard, d'inquisition révoltante...

 


 

Olivier (Maxime Berger)

 

Les acteurs font presque tous une prestation estimable à l'exception de Vladimir Consigny, toujours bien beau garçon, dont J'avais découvert et apprécié la plastique dans « Hellphone » mais, qui ici se révèle un bien piètre acteur dans le rôle de Vincent. Mais dans cette distribution pléthorique, il est néanmoins meilleur que l'actrice, dont mon reste de charité chrétienne me fait taire le nom, qui joue Laura, la femme grosse des oeuvres de Vincent. Quant à Patrick Mille, en Robert de Passavant, bien que lui aussi d'aspect un peu trop juvénile, il est très bien en cauteleux pervers. Maxime Berger, boule bien certains mots, à l'inverse de Jules-Angelo Bigarnet qui a une belle diction, mais il ne faut pas trop en demander aujourd'hui aux adolescent français qui font acteur. C'est déjà rafraichissant d'entendre sortir de jeunes bouches le français sans l'horrible accent d'importation qui s'est imposé dans nos banlieues. Comme à son habitude Melvil Poupaud, parfait dans le rôle d'Edouard, sur lequel le scénario est centré, plus que le roman, sort du lot. A noter que Jean-Marc Stehlé qui interprète le rôle de monsieur Lapérouse et avec qui Melvil Poupaud a une des plus belles scènes du film, a joué dans plusieurs autres films de Benoit Jacquot. Jean Marc Stehlè est décédé en juillet 2013. Je trouve que Jean-Marc Sthelé, sous certains angles, ressemble à Gide âgé. Encore à propos des ressemblances pourquoi avoir fait de Jarry (1873-1907) (Jean-Damien Barbin), personnage qui n'apporte rien au récit, un sosie d'Antonin Artaud?

Cette apparition de Jarry est l'anachronisme le plus évident du film. Benoit Jacquot confond-il Jarry avec Dada? C'est Tristan Tzara qu'à la rigueur il aurait fallu convoquer, bien qu'en 1920 le dadaisme, déjà s'essoufflait...

 


A la longue l'anachronisme des habits des personnages est agaçant. Les vêtements datent tous d'au moins dix ans avant l'époque pendant laquelle se déroule le récit. S'il n'est pas adroit de costumer tous les comédiens à la dernière mode de l'année de l'action (comme ce qui est couramment fait, en particulier pour les histoires se passant en 1925, où l'on ne voit que des gommeux et des garçonnes évoluer dans des meubles art-déco du dernier cri, il est tout aussi regrettable de tous les habiller avec leur fond de placard! En revanche dans le passage se déroulant en Suisse (en fait tournés à Chamonix) le col roulé porté par Melvil Poupaud m'a surpris par sa modernité. Est-ce qu'un lecteur pourra me donner la date de l'apparition du col roulé?

 


Si les costumes créés par Christian Gasc plombent un peu cette adaptation, a contrario les décors sont de beaux écrins aux prestations des acteurs. On aurait pu néanmoins éviter l'inutile tarabiscotage de l'appartement des parents d'Olivier. La production a du rager que l'on voit aussi fugitivement à l'écran de si nombreux et si beaux intérieurs (Il y a peu d'extérieurs.).

 

Lilian Grifith (Dolorès Chaplin) et Passavant (Patrick Mille)


Le recul que l'on a aujourd'hui sur l'Histoire littéraire du XX ème siècle change notre perception d'une oeuvre, comme « Les faux monnayeurs ». Ainsi j'ai vu en Robert de passavant une caricature à charge, d'un mélange de Cocteau et de Drieu La Rochelle avec peut-être une pointe de Montherlant et la relation entre Robert de Passavant et Olivier, une méchante transposition de la liaison Cocteau-Radiguet. Si "Les faux monnayeurs" n'est pas un roman à clés, il n'est tout de même pas difficile de voir dans la relation entre Edouard et Olivier une transposition (idéalisé?) de celle de Gide (1869-1951) et de Marc Allégret (1900-1973).

<<... Marc Allégret, étudiant au physique spectaculaire est couvé depuis 1916 par "son oncle" qui a force de parfaire son éducation, en est tombé amoureux. C'est la première fois, ce sera aussi la dernière, que Gide éprouve un sentiment violent: il veut près de lui ce garçon au gout exigeant dont, le père, le pasteur Elie Allégret, a été son propre maître, trente ans plus tôt. Or si Marc donne toutes les apparences de "l'aimer bien", il prend à l'évidence plus de plaisir à se rendre au cirque ou aux premiers vernissages dadaistes avec Cocteau, qu'à hanter la bibliothèque un peu datée de son oncle quinquagénaire. >>

Claude Arnaud, Jean Cocteau, 2003, Gallimard

 

Cette citation de l'indispensable biographie de Cocteau par Claude Arnaud met en évidence que tout un pan des "Faux monnayeurs" n'était que la transcription à peine romancée de la vie de son auteur (déjà l'auto-fiction) et un peu un règlement de compte personnel. A la sortie du livre les critiques ne s'y sont pas trompés et ont reconnu en Robert de Passavant un portrait peu aimable de Cocteau. 


 

 


Les romanciers courent bien des risques à voir leurs oeuvres adaptées dans un autre médium, celui, bien sûr d'être trahi, mais aussi de voir mis en évidence certains défauts moins visibles à l'écrit qu'au cinéma. Ainsi cette adaptation renforce l'impression d'artifice qui lie les évènements entre eux. Elle met en lumière les hasards grossièrement irréalistes de la trame romanesque, comme celui de la rencontre de Georges et d'Edouard sur les quais de la Seine, ou encore le fait que Laura soit, à la fois la meilleure amie d'Edouard et la maitresse de Vincent, sans oublier la plus grosse ficelle scénaristique qu'est la perte du billet de la consigne de sa valise par Edouard, billet qui permet à Bernard de faire la connaissance de Laura qui, je le rappelle est la maitresse de son frère Vincent et au romancier d'inclure dans sa construction littéraire la forme du roman dans le roman, génialement novatrice lorsque Gide écrit « Les faux monnayeurs ». En quelques mots Edouard, le double fantasmé de Gide, énonce, dans une soirée au coin du feu, pendant laquelle Bernard est cette fois très mignon, Jules-Angelo Bigarnet (quel blaze!) m'évoque irrésistiblement dans cette scène le Nael Marandin d'il y a quelques années, la théorie romanesque de Gide, mise en abime. Gide n'est néanmoins pas le premier à tenter cette construction, Diderot (et quelques autres qui n'apparaissent pas immédiatement à ma cervelle fatiguée) s'y est essayé avant lui.

 


Encore plus qu'à la lecture, la version de Benoit Jacquot met en évidence le superfétatoire de l'épisode Boris, qui ne semble être là que pour faire avaler les turpitudes de ces messieurs avec leurs jeunes pousses littéraires. Benoit Jacquot a eu la bonne idée de faire disparaître quelques intigues secondaires et parasites, comme celle où des camarades de lycée de Bernard et d'Olivier qui participent à un trafic de fausses pièces. En conséquence le personnage de Strouvilhou (l'incarnation du mal?) disparaît. La disparition de ce pan du livre n'est génant que parce qu'il lui donnait son titre. Néanmoins la fausse monnaie est bien sûr une métaphore. Edouard lui même, lorsque, en Suisse, au coin du feu, on le presse de donner le titre du roman qu'il est en train d'écrire, dit que les fausses pensées des gens sont comme les fausses pièces. Armand, le jeune dépressif cynique est un autre personnage du roman qui passe à la trappe dans l'adaptation de Jacquot (il a également fait un sort aux masturbations de Boris) qui en réalité et avec raison, ne s'est intéressé qu'aux quatre personnages qui ont réellement épaisseur et vérité dans le roman qui pourrait se résumer, si l'on va jusqu'à l'os, en la concurrence de deux adultes pour s'attirer les faveurs de deux garçons...

 

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Dans la vie de Gide toute la période de l'écriture des « Faux monnayeurs » est sous le signe de la pédérastie. L'édition courante de Corydon paraît la même année que le roman et Gide est en pleine idylle avec Marc Allégret qui a envisagé de porter « Les faux monnayeurs » à l'écran. Comencini en a eu également le projet. Dans les années 90 c'est Agnieszka Holland avec Françoise Giroud pour l'adaptation cinématographique qui a tenté de monter, sans succès l'opération.

 

 

Presque jamais Benoit Jacquot se libère de la déférence réfrigérante qu'il a pour l'oeuvre de Gide. Ce qu'il aurait fallu montrer, pour réchauffer tout ça, c'est immédiatement après le carton sur lequel on lit: Robert de Passavant s'occupe d'Olivier, c'est un plan moyen bien honnête de Passavant enculant Olivier. Ce qui aurait été certes un anachronisme de la chose écrite de 1925 mais pas du vécu des deux personnages...

 

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Nota: 

1- Tout d'abord, merci à Bruno qui m'a permis de voir ce film que j'avais raté lors de son passage à la télévision. Il a été depuis édité en D.V.D.

2- Ensuite je voudrais signaler que pour commenter l'adaptation de Benoit Jacquot, j'ai relu le roman de Gide. Il me semble que c'est ce que devrait faire tout critique, lire l'oeuvre originale, lorsqu'il doit traiter d'une adaptation. Malheureusement on peut constater que c'est rarement le cas!

3- A cette adresse: http://e-gide.blogspot.fr, on trouvera une mine de connaissances sur Gide où tout gidien doit se perdre.

4- Via mon e-mail, j'ai reçu le judicieux commentaire auquel je répond à sa suite (cher lecteur je vous rappelle que tous les commentaires sont les bienvenus, mais si possible utilisez la touche commentaire qui se trouve à la fin de chaque billet pour déposer ceux-ci. Il suffit de cliquer sur ce le mot commentaire, toutefois vous pouvez passer comme l'a fait Claude L. par l'hébergeur.


FAUX MONNAYEURS - D'accord sur les grandes lignes de votre billet relatif au film dont je viens de voir le DVD. Toutefois, d'après d'anciens souvenirs (j'ai 83 ans) il me semble que si film et roman paraissent "hachés" par découpage et juxtaposition des scènes, (plus inclusion du journal d'Edouard dans le roman) sans trait d'union, c'était pour donner l'impression de la quasi simultanéité des différentes actions, procédé utilisé par Sartre dans les Les chemins de la liberté où il emploie le même subterfuge narratif. Aussi, cela aurait fait dire à Gide à qui l'on demandait son opinion (mauvaise) sur 'les Chemins de la liberté' de Sartre "Je ne trouve pas cela assez 'genuine' rappelant ainsi son "antériorité". Le cinéma étant, entre autre, l'art du découpage et du montage, l'artifice n'en est que plus visible et parfois, gênant. - Bien amicalement CL. J'apprécie le film et j'accepte les garçonnets ; et tant pis si au nom de la vraisemblance il leur manque quelques poils au menton !

Claude L. Paris 15ème

Réponse: Votre remarque est fort juste en effet Sartre a utilisé ce procédé pour "Les chemins de la liberté" gros roman que Sartre a été incapable de terminer mais qui est tout de même intéressant et qui ne mérite pas le dédain qui l'entoure. Mais beaucoup plus que les faux monnayeurs c'est du Manhattan transfert de Dos Passos que Sartre c'est inspiré. C'est beaucoup plus convaincant chez l'américain qui a oser procéder par collage et s'est débarrassé des inutiles et lourdes transitions mais le chef d'oeuvre de ce type de construction dans le roman c'est "Contrepoint" d'Aldouxs Huxley.

 

Pour retrouver Melvil Poupaud sur le blog:  Les faux monnayeurs, un film de Benoit JacquotQuel est Mon noM de Melvil PoupaudUn conte de Noël, un film de DespléchinLe temps retrouvé de Raoul Ruiz


Publié dans télévision et radio

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