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2412 articles avec peinture

Kris Knight

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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blastedheath: alternative-end Kris Knight (Canadian, b. 1980), Parvenu (The Historical Rise of the Art Jock), 2011. Oil on Canvas. 36 x 48 in.

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"Nonchaloir" de Paul P.

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Brian Kenny

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Paul Cadmus 3

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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The Fleet's In, Paul Cadmus, 1933.

Enfin, le parfum de scandale se dissipe au profit des honneurs, en 1974 il est élu au National Institute of Arts and Letters , et en 1979 à la National Academy of Design. En 1981, trois musées organisent des expositions rétrospectives de l’ensemble de son œuvre, et en particulier de celles qui lui valurent opprobre et censure.

En 1949 Cadmus fait un voyage en France et en Italie accompagné par un jeune peintre qui est aussi alors son amant, George Tooker. Ce dernier subira dans son travail l’influence de son aîné. Mais plus tard, il donnera une représentation de Coney Island bien éloignée de celle de son maître. Cadmus en rapporte une vision très personnelle du Finistère. Dans les années 50, il n’aura rien perdu de sa causticité ravageuse pour brosser une scène de bar italien qu’il aurait du titrer "le pugilat".

 

 

Bar+Italia,+1953-55.jpgBar Italia, 1953–1955

 

On peut écouter un commentaire de l'artiste sur le site du Smithsonian.

Bien qu'on voie les Due Torri dans le fond on n'est pas ici plus spécialement à Bologne qu'ailleurs, l'architecture dépeinte étant une synthèse imaginaire de plusieurs villes italiennes. Cadmus s'est représenté, la main sur la joue, derrière la balustrade à l'aplomb du pilastre de gauche - entre lehustler en marcel rose et l'homme à la cravate jaune. Sur le pilastre de droite, l'inscription Go away Americans et, discrète, à demi cachée par le crâne tonsuré d'un frate,  l'affiche électorale du Parti Communiste Italien, dont le vert menthe fait doucement écho à celui de la publicité pour Coca-Cola.

 

paul+cadmus.jpg

 

Il sera plus apaisé la même année dans “l'inventeur”. Pour cette toile, il utilise son ami Platt Lyne comme modèle. D’autres tableaux inspirés par l’Italie relèvent plus de l’hommage aux maîtres de la renaissance comme la "Nuit à Bologne", peinte en 1958, qu’il considérait comme l’acmée de son travail et dans laquelle l'influence de Piranèse est évidente. Ses peintures italiennes sont souvent le reflet de la diversité et d’une sexualité polymorphe où la beauté contraste avec la laideur...

 

theonlyhankinla: Paul Cadmus drawing dancer Ralph McWilliams.  Photo by George Platt Lynes (1953)


Paul Cadmus
 drawing dancer Ralph McWilliams.  Photo by George Platt Lynes (1953) 

 

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finistere 1952

 


L’admiration de Paul Cadmus pour les grands peintres de la Renaissance déteint directement sur son œuvre, qui s’en trouve très variée stylistiquement, que ce soit dans les thèmes qu’il aborde ou dans les techniques qu’il utilise. Bien qu’ayant traversé et observé le 20e siècle et ses changements artistiques radicaux, il rejettera catégoriquement les philosophies artistiques modernistes.

 

L'aquarelle répétition par Paul Cadmus

 


En peinture, sans jamais s’éloigner du figuratif, son style va du réalisme, voir parfois hyperréalisme, à la caricature prononcée, jusqu'à déborder parfois sur un symbolisme monstrueux. Le dessin est détaillé, le modelé et le contraste prévalent, la couleur, bien que parfois vive et criarde ne joue qu’un rôle de complément. Le style de Cadmus est étrangement anachronique. Il est un mélange de composition néoclassique, de coups de pinceau qui font songer à la Renaissance, à la Luca Signorelli, à la Andrea Mantegna ou Marcantonio Raimondi, des artistes qui eux-mêmes reprenaient les formes et les thèmes classiques de l'antiquité gréco-romaine, de vraisemblance figurative et de tendances surréaliste. Pourtant, le travail de Cadmus n'est jamais un emprunt simple aux peintres de la Renaissance. Au lieu de cela, il mêle des formes de la Renaissance avec celles de la satire contemporaine, créant un dialogue imagé entre le classicisme et la culture vernaculaire américaine. 

Sa technique est exigeante, ses figures sont allongées ou curieusement raccourcies. Il est aussi à l'aise avec le fusain qu'avec la détrempe à l'œuf, et souvent ses tableaux reflètent les réalités de ceux qui sont du mauvais côté de la vie.

 



Paul%2BCadmus%252C%2BAspects%2Bof%2BSubuAspects of Suburban Life, 1935

 

 


Beaucoup de ses compositions à personnages sont élaborées sur les modèles des maîtres de la Renaissance ou du Baroque. On peut voir dans certaines peintures, dans les entrelacs et torsions des corps, modelés et couleurs des chairs des personnages, l’influence du style dePaul Rubens : Aspects of Suburban Life : Main Street (1935), Golf (1936). Dans d’autres, on observe un style caricaturiste prononcé et une monstruosité des figures qui peut rappeler les personnages difformes et grimaçants de Jérôme BoschThe Seven Deadly Sins (1945-1949). Parfois la morphologie des figures, articulations grossies, traits ou finesses exagérés, formes accentuées, semble inspirée du réalisme d’Otto Dix. Il ne faudrait pas non plus avec toutes ces influences internationales et anciennes que l'on oublie chez Cadmus ses références américaine et contemporaine comme Benton.

 



Aspects%2Bof%2BSuburban%2BLife-%2Bgolf%2Aspects of Suburban Life - golf, 1936

 

 


Mais dans ses œuvres les plus célèbres, c’est une interprétation des formes du réel plus personnelle qu’il appliquera à ses personnages : mélange d’idéalisation du corps et des traits masculins, en tant qu’objet de désir, et de caricature de la disgrâce. Les étoffes sont lisses et brillantes, aux couleurs vives, moulant des corps exagérément ronds, lisses, mous, difforme, musclés, fin ou élancés, The Fleet’In,(1933), Coney Island ,(1935).

 Coney Tsland est la première peinture que Cadmus fait après qu'il ait cessé de travailler pour le PWAP. Elle est typique des peintures de cette période, par le thème et la forme. Cadmus a regardé prosaiquement l'activité des baigneurs sur une plage. Il retranscrit la scène en poussant tout à l’extrême vers une caricature dévastatrice. Cette peinture évoque irrésistiblement une description de Céline... Il pousse l'amusement des plaisirs insouciants des plagistes jusqu’à l’absurde. Cadmus accumule un assortiment de bizarreries, de gestes grotesques, de corps brûlés... Les baigneurs sont inconscients de leur ridicule et de leur grossièreté. Ils recouvrent toute la plage, leurs corps sont étrangement entrelacés, leurs bouches sourient béatement. Tout y est exagéré. Il y a à la fois du Breughel et du Duboutdans ce tableau ! Peint par petites touches, cette manière donne une qualité clignotante à la surface du tableau, qui intensifie l'impression que les figures sont constamment en mouvement.



Paul%2BCadmus%252C%2BConey%2BIsland%252CConey Island, 1935
Comme beaucoup d'utopistes, Cadmus a exprimé son sentiment de perte à travers la satire. Il juxtappose l'idéal pastoral du corps au repos de sa jeunesse avec le grotesque du vieillissement, de l’obésité ; cette dégénérescence est plus que la perte de la beauté, elle indique surtout la perte de l’innocence.  Cadmus a toujours déclaré que son intention n'était pas d'être scandaleux, mais quand la peinture a été exposée au Whitney muséum, elle a souffert de la même réception hostile que quelque temps plus tôt celle qu’avaient connu ses tableaux de marins ! Un groupe de commerçants locaux dénonça la peinture comme une injure faite à Coney Island. Ces habitants menacèrent de faire un procès en diffamation si la peinture n'était pas enlevée de l'exposition. En 1935, Cadmus réalisa une gravure à l'eau-forte à partir du tableau (les figures se trouvent ainsi inversées par rapport à l’original). Il fit de même avec sa toile sur le polo.
Les aspects ludiques de l’activité humaine attirent particulièrement, en ces années-là, sa verve satirique ; en témoignent ses toiles sur le golf, la pêche, le polo... Sur ces tableaux, le grouillement humain couvre toute la toile. Les couleurs sont volontairement criardes et vulgaires, en contradiction avec les activités élégantes qu’elles illustrent.
C’est le mouvement qui caractérise ces images. Elles contrastent radicalement avec les tableaux précédents, généralement statiques. Sa première tentative pour introduire une action dans sa peinture se trouve dans les pêcheurs Mallorcan, la scène est quelque peu artificielle. Bien qu'il y ait une charge sexuelle indubitable dans l'image. Dans la série des scènes de plein air, Cadmus montre qu'il peut capter l'action avec succès. Mais apparemment il n’aime pas beaucoup cela. Pour le restant de sa carrière, ses images tendront vers un certain statisme d’une qualité presque sculpturale. Pour réaliser ces tableaux compliqués, il commençait par faire plusieurs croquis préparatoires. Alors il faisait la peinture. Enfin, il faisait une gravure à l'eau-forte qui était imprimée dans un tirage de 75 à 100 copies. Pour les toiles, dans cette période, Cadmus employait une technique mixte impliquant la peinture à l'huile et la tempera à l'œuf.
Aspects%2Bof%2BSuburban%2BLife-%2BPolo%2Aspects of Suburban Life - Polo, 1936

 


Cette morphologie caractéristique du corps masculins inspirera directement l’artiste Tom of Finland qui l’adaptera à ses célèbres dessins homoérotiques.

Dans la seconde moitié de sa vie, il ralentira sa production de peinture et donnera plus de place au dessin. L’œuvre dessiné de Paul Cadmus est très important, constitué surtout de nu masculins, et de filles et garçons du monde de la danse pendant leurs exercices. Sa technique de dessin est académique, référée à l’époque baroque. Il travaille beaucoup sur papier teinté, et mélange les techniques et outils pour aboutir à un style personnel. Son utilisation de la hachure large et par petites zones superposées pour le modelé des corps en est une caractéristique importante.

Paul Cadmus mêle l’histoire et l’actualité, le beau et le laid, le satirique et l’érotisme. Il a associé son admiration pour les compositions à personnages complexes, inspirées des maitres de la Renaissance comme Luca Signorelli, aux réalités sociales de son temps. Il part souvent des grands thèmes classiques, que sont la peinture religieuse et la scène de genre, et les adapte à sa vision critique de différentes tranches de vie de la société américaine, Aspects of Suburban Life (1935-36), Herrin Massacre (1940), Hinky Dinky Parley Voo (1939).

 



cadmus_11.jpgHerrin Massacre, 1940

 

 

 


Certaines de ses peintures les plus acerbes proposent une vision peu flatteuse de la société pendant les temps de loisirs et de détentes : foule de corps difformes agglutinés sur les plages, Coney Island (1934), ou dans les bars, Bar Italia (1953-55), d’autres, suggèrent les débauches sexuelles des marins pendant leurs permissions, The Fleet’s In (1933).

 

 


YMCA%2BLocker%2BRoom%252C%2B1934%2BPaul%YMCA Locker Room, 1934

 


A ces imposantes caricatures sociales, est toujours associé un érotisme suggérant les relations homosexuelles, alors totalement cachées et fortement condamnées par la société. Cette dimension est plus présente dans d’autre peinture moins dévastatrices comme , YMCA Locker Room (1933), Playground (1948), où sont goût pour l’esthétique du corps masculin est explicitement visible.

 

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Cette audace caravagienne lui vaudra le refus ou la suppression de nombre de ses toiles dans les expositions ou établissements fédéraux, ainsi que l’indignation d’une bonne partie de la société, ce qui d’ailleurs lui fera une excellente publicité. Elle fera aussi de lui un des pionniers pour visibilité et l’émergence de l’homosexualité dans la société. Bien que travaillant souvent tout à fait délibérément dans les genres de la satire sociale, Cadmus est tout aussi convaincant quand il explore ses penchants personnels qu'ils soient sexuel ou/ et politiques. Il parvient à peindre mieux que personne le corps de l'homme au repos ou en action et surtout il est le premier à oser peindre le quotidien gay dans la trivialité de sa quotidienneté. Il montre l'homme tel qu'un regard gay le désire et cela sans le masque de l'anecdote ou du grand sujet.

Dans plusieurs œuvres, vers 1950, il prend pour sujet l’intimité entre hommes, des images de la vie de couple comme dans le "Bath" (1951). Cadmus illustre le bonheur de la vie à deux. Ces peintures touchent, par l'ordinaire des scènes peintes. Si aujourd'hui elles peuvent passer pour presque banales par leur thème, la vie domestique d'un couple formé par deux personnes de même sexe était alors révolutionnaire et profondément choquant pour le quidam moyen américain (et européen). 

 

Ballet+Dancer,+1953.jpgBallet Dancer, 1953

 

Un peu après les scènes domestiques, il attaque une nouvelle série sur la danse. Elle est aussi homoérotique que celle sur les marins vingt ans auparavant.

 

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La force de la peinture de Cadmus est qu’elle se nourrit de l’antagonisme entre l’homoérotisme et la satire. Dans ses compositions, les échanges significatifs de regards signalent le désir ardent et la disponibilité sexuelle, souvent au milieu même d’activités mondaines... Il est bon de regarder très attentivement les toiles de l’artiste pour en tirer tout le suc. Certaines de cette époque évoquent l’expessionnisme allemand de la décennie précédente. Cadmus a toujours déploré qu’on taxe ses tableaux de pornographiques ; il répondait que pour lui: le pénis n’est pas l'organe qui m’importe le plus, le plus important dans mon corps, ce sont mes yeux. 

 

two+boys+on+the+beach,+1938.jpg

two boys on the beach, 1938

 


En réponse aux accusations, il répond que « l’homosexualité n’est pas la raison d’être de mon art » et qu’il « aspire à être un bon peintre littéraire, qui dépeint les scénarios complexes de l'homme », et en ce sens, il considère comme son oeuvre phare et l’aboutissement de cette aspiration, sa peinture Night in bologna(1958), représentant un triangle de trois personnes, fermé et figé par les désirs à sens unique.

Au fil des années, son amour pour l’esthétique du corps masculin se fera de plus en plus présent dans son travail, pour arriver à n’être plus que l’unique objet de son œuvre dans la seconde partie de sa carrière, où abondent les nus masculins de style académique et les études de danseurs en exercices.

 

Reflection%25201944%25201ac.jpgReflection 1944

 

La palette de Paul Cadmus est plus large qu'un rapide survol de son œuvre pourrait le faire penser, ainsi il a peint plusieurs tableaux où l'érotisme se dispute au symbolisme. Il s'est même essayer à la nature morte, elle aussi non dénuée de sensualité.

 

 

Portrait%2Bof%2BMonroe%2BWheeler%252C%2BPortrait of Monroe Wheeler, 1937


Le portrait est une autre facette de son activité. Il croque ainsi ses amis, aussi nombreux que prestigieux, W. H. Auden, Christopher Isherwood, George Balanchine, George Platt Lynes, George Tooker, Lincoln Kirstein (longtemps directeur du ballet de New York City, et mari de la sœur du peintre), et E. M. Forster qui, tout en posant pour son portrait, lisait à haute voix pour le peintre, son roman Maurice qui ne paraîtra qu’après la mort de l’écrivain.


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Manikins, 1951


 

 

Ayant eu la chance de vivre et de continuer à produire jusque très âgé, Paul Cadmus a pu mesurer l’apport documentaire de sa peinture. Cadmus joue un rôle remarquable pour l’émergence et la visibilité de la vie gay entre la Première guerre mondiale et la Seconde. Son “YMCA Vestiaire” (1933) signale l'existence d’espaces marquant la volonté des hommes d’être entre eux, qui en même temps s'appuie sur une tradition de la célébration du corps masculin et du désir qu’il génère.

 

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À partir de la fin des années 1960 Cadmus a vécu avec Jon Andersson, un ancien chanteur de cabaret qui devient le modèle préféré du peintre durant les trente dernières années de sa carrière. 

Vers 1965, Cadmus attaque une série d’œuvres en rupture avec son style et ses thématiques précédentes où dominait des scènes urbaines, des scènes de genre ayant parfois un rapport avec son amour de la mer ou de la danse et... surtout des marins et des danseurs. Le foisonnement des corps sur la toile (Cadmus a le rare talent de pouvoir faire « vivre » plusieurs individus dans un même tableau) est remplacé par un modèle unique comme figé dans une méditation mélancolique. Le style se fait plus doux et moins agressif, moins coloré. Il se consacre alors surtout au dessin de grands nus masculins extrêmement sensibles faisant ressortir à la fois la douceur et la force virile de son modèle, qui est souvent Jon Anderson, son compagnon. C’est à cette période qu’il produit ses plus beaux dessins. L’artiste maîtrise parfaitement tous les outils du dessinateur, craies grasses, fusains, crayons de couleur, pastels, plumes, encres... tout lui est bon pour produire desœuvres de tailles très variables allant de celle d’une page de carnet à la représentation humaine à taille réelle.

 

 

 

11.jpg

 


En 1980, Un grand regain d’intérêt nait pour son travail, grâce à la communauté homosexuelle. Bien qu'il ait arrêté la peinture vers la fin de sa vie, Cadmus a continué à dessiner dans sa maison de Weston, dans le Connecticut. En près de soixante dix ans de carrière, Paul Cadmus aura peint 190 toiles et réalisé d’innombrables dessins, et aura joué un rôle important pour l’émergence et la visibilité de la vie homosexuelle entre la Première Guerre mondiale et la Seconde. Les œuvres de Paul Cadmus sont dans de très nombreux musées américains.

 

 

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Dans un de ses derniers dessins, image très émouvante, Paul Cadmus s'est représenté se faisant couper les cheveux par son ami. Jon Andersson avait 27 ans lorsqu’il rencontra Paul Cadmus qui avait alors 59 ans. Leur histoire d’amour, l’attitude à la fois courageuse mais pas tapageuse que Cadmus a eu envers l’homosexualité, considérant que la sienne allait de soi, en fait un modèle pour la communauté gay. Son intransigeance artistique qui allait de paire avec son ouverture d’esprit et la grande connaissance qu’il avait des autres peintres en font un modèle pour les jeunes artistes.

 

Male+Nude+NM126,+1965-66.jpgMale Nude,1965-66


En 1985, la vie et la carrière de Cadmus sont le sujet d'un documentaire réalisé par David SutherlandPaul Cadmus, Enfant terrible à 80 ans. En 1989, les dessins de Paul Cadmus, avec une introduction de Guy Davenport, sont édités. En 1996, Cadmus a eu deux expositions à New York, une au musée  Whitney et l'autre chez D.C. Moore Gallery. Plus récemment, la réputation de Cadmus a été fortifiée par le champs des études gays et lesbiennes et par l’attention que l’université porte à l'histoire et à la représentation de homosexualité. À un journaliste qui l’interrogeait sur l’homosexualité dans son travail il répondit ceci : « Mon travail n'a jamais été dans le placard pour les personnes ayant des yeux pour voir. Mais dans les années 30 j'imagine, les gens étaient beaucoup plus naïfs sur le sujet. Le mot homosexualité n'a jamais été utilisé, mais seulement on disait "c’est un artiste." Et on pardonne beaucoup aux artistes. En fait, il est beaucoup plus intelligent d'être un artiste que d'être un simple citoyen. Les gens vous pardonne une “excentricité” qu'ils ne toléreraient pas à un homme d’affaire. »

Cadmus est décédé à quelques de son 95e anniversaire le 12 décembre 1999 à Weston, la ville du Connecticut où il vivait depuis 1975.

 

Sleeping+Model+1996.jpgSleeping Model 1996


Lincoln Kirstein, mécène et ami de longue date de Camus, directeur fondateur de la New York City Ballet et aussi beau-frère de l'artiste (marié à la sœur de Cadmus, Fidelma), et néanmoins bisexuel a voulu écrire la biographie "définitive" de Cadmus qui incroyablement ne comporte aucune mention  de l'homoérotisme dans l'oeuvre de Cadmus!

 



horse%2Bplay%252C%2B1935.jpgHorse play, 1935




Stone%2BBlossom-%2BA%2Bconversation%2BpiA conversation piece, 1939-1940





Hinky%2BDinky%2BParley%2BVoo%252C%2B1939Hinky Dinky Parley Voo, 1939






CAPTUR%257E1.JPG






Bathers%252C%2B1939.jpgBathers, 1939




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Subway Symphony, 1975-76




subway-1.jpgSubway Symphony (détail), 1975-76




Picture+17.pngWhat I Believe, 1947-48





Picture+9.pngFantasia on a Theme, 1946




Paul+Cadmus,+Fences,+1946.jpgFences, 1946




Paul+Cadmus+costume+for+Mac+for+the+Ballcostume for "Mac" for the Ballet "Filling Station"





What%2520I%2520Believe%25201947-48%25201What I Believe 1947-48


Study+for+David+and+Goliath.jpgStudy for David and Goliath


Paul+Cadmus,+Bar+Italia,+1953%E2%80%9319Bar Italia, 1953–1955




Point%2520of%2520View%25201945%25201a.jpPoint of View 1945



paul-cadmusGilding+the+Acrobats.gifGilding the Acrobats



Paul+Cadmus+1933+Bicyclists+(detail).jpgBicyclists 1933 (detail)




Fantasia%2520on%2520a%2520Theme%2520by%2Fantasia on a Theme by Dr S 1946


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Coney Island, 1934



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Horseplay, 1935



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Architect, 1950



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Arabesque 1941



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Arabesque 1947


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Paul Cadmus

 

Paul Cadmus

 

Paul Cadmus

 

Paul Cadmus

 

Paul Cadmus.

 

Paul Cadmus

 

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Paul Cadmus 2

Publié le par lesdiagonalesdutemps

En 1937 la notoriété de Cadmus, dont le caractère homoérotique de son œuvre n’est pas étranger, attire plus de 7 000 visiteurs à son exposition à la Midtown gallery à New York.

Dans les années trente et quarante Paul Cadmus n'est pas qu'un peintre. Il est aussi un photographe talentueux qui forme le groupe Pajama. 


 








Outre  Paul Cadmus Pajama est composé de Jared French, ex compagnon de Cadmus et de son épouse Margaret. Le nom du groupe est formé par l'assemblage des deux premières lettres de leur prénom. Ils sont tous trois peintres appartenant au courant du réalisme magique. Leurs photographies sont d'abord des source d'inspiration pour leurs tableaux aussi bien en ce qui concerne les corps que les lieux mais elles sont surtout des oeuvres en elles même des images où les corps et les paysages, souvent des plages, la plupart des photo signées Pajama étaient habituellement prises pendant les vacances au bord de la mer à Fire Island ou dans d'autres stations balnéaires, sont idéalisés et nimbés d'une lumière irréelle. On trouve dans ces photos un grand nombre de nus masculin, ce qui était fort audacieux à l'époque. Elles ont grandement influencé Platt Lynes qui était leur ami et qu les a photographié à son tour. On retrouve dans les photographies de Pajama la même atmosphère magique que dans les tableaux de Cadmus de cette époque. Il a fallu attendre le début des années 90 pour que les photo de Pajama soit connu du public.
Si Cadmus a influencé Platt Lynes les photos de ce dernier furent aussi une révolution dans la façon de voir du peintre. 

Portrait of George Platt Lynes, 1938

 

chagalov: Paul Cadmus with George Tooker and Jared French, 1939 -by George Platt Lynes[ref.: Magic Realism] from MFA

 

Paul Cadmus with George Tooker and Jared French, 1939 -by George Platt Lynes

 


Lorsque le peintre rencontre Platt Lyne, ce dernier est un jeune photographe de mode déjà célèbre. Il est gay et a vécu avec le romancier Glenway Wescott (1901-1987). Il gagne beaucoup d’argent avec ses photos, mais il en dépense beaucoup aussi. à coté de son travail, il photographie des modèles et ses amis nus, c’est ainsi qu’il a photographié Cadmus nu plusieurs fois. Le peintre était fasciné par les nus masculins de Platt Lyne. Ces images ne pouvaient être commercialisées d’aucune façon. L’homophobie était forte alors aux USA. Il n'y avait aucun débouché pour ce genre d'art. Paul Cadmus a connu le photographe par l'intermédiaire de son ami George Tichenor qui travaillait pour Lynes en tant qu'assistant. Platt Lyne deviendra rapidement le photographe officiel du New York City Ballet, co-fondé par Kirstein, le beau-frère de Cadmus. L'influence de Platt Lynes sur Cadmus ne devrait pas être sous-estimée. Lynes était résolu dans son admiration du corps masculin et a conforté Cadmus dans la beauté de celui-ci. Il l’a également marqué dans les poses à faire prendre aux modèles. C’est pendant la période où leur amitié a été la plus forte que Cadmus a fait, par exemple, les dessins de baigneurs.
 







twilliams
Tennessee Williams, 1950

L'acte de dessiner le mâle comme un objet d'art était un changement important pour Cadmus ; peut-être pas un changement d'intérêt, mais certainement un changement de la façon de considérer son travail. Le groupe de Lynes/Wheeler/Wescott étaient le groupe social qui alors gravitait autour de Cadmus. Il a fait le portrait de tous, ainsi que des parents de Wescott, et de la mère de Platt Lynes. Ces images sont presque toutes dans des collections privées et les reproductions de ces œuvres n’existent pas. Fire Island près de Long Island, célèbre alors pour ses plages nudistes et ses lieux de drague gay, devint leur destination commune pour les vacances d'été... L’essai de David Leddick, Intimate Companions : A Triography Of George Platte Lynes, Paul Cadmus, Lincoln Kristin (Stonewall edition) revient sur cette période de la vie de Cadmus et de son cercle d’amis.

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À la fin des années 40, Cadmus est très marqué par l'essai d'E.M. Forster dans lequel le romancier exprime sa foi dans des relations personnelles et son concept d'une aristocratie spirituelle « du sensible, du prévenant, unis avec le courageux ». Ses membres doivent être trouvés dans toutes les nations, dans toutes les classes, et appartenir à tous les âges. Il doit ainsi se former une fraternité secrète entre les membres quand ils se réunissent. Ils représentent le véritable état humain, une victoire permanente de la raison et du sensible sur la cruauté et le chaos. C’est à cette période qu’il réalise sa série "les sept péchés capitaux" qui est inspirée par Giotto, Bosh et Breughel. Elle veut unir les terreurs médiévales aux apocalypses modernes que sont Hiroshima et Auschwitz.
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Paul Cadmus (1904-1999) 1

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

Portrait de Paul Cadmus par Luigi Lucioni

1928

 

 


Paul Cadmus est scandaleusement ignoré de ce coté ci de l'Atlantique, alors qu'il est un des peintres américains majeurs du vingtième siècle. Il est avec Edward Hopper, le plus grand peintre figuratif américain du XXe siècle.  Dans son pays même il a connu une éclipse de son vivant à partir de la fin des années quarante avec la domination alors sans partage de l'abstraction sur la peinture américaine, une égémonie qui gagnera l'Europe au début des années soixante, ce qui n'ira pas sans révolte. Cadmus a accéléré sa disgrâce en s'opposant violemment à l'abstraction et plus largement à l'art contemporain.

 




Point of View 1945


Au début des années 50, "le réalisme magique", école à laquelle on a un peu abusivement rattaché Cadmus, connaît la désaffection de la critique. La réputation du peintre décline, bien qu’il continue à exposer. C’est pourtant dans cette période de relative obscurité qu’il est le plus productif. Tout change lorsque à la fin de sa vie, la communauté gay s’aperçoit que Cadmus est un pionnier dont le travail homoérotique est une référence pour des peintres et des photographes gays comme David Hockney, Robert Mappelthorpe ou Tom de Finlande. Un grand regain d’intéret naît, grâce à la communauté gay, pour son travail. C’est la parution en 1984 de la biographie illustrée de l’artiste, écrite par Lincoln Kirstein, qui a donné l’impulsion à ce réveil.

 

 

the shower 1943

 


 

Il a néanmoins eu le bonheur de voir à la fin de sa vie, heureusement pour lui il a vécu fort vieux, une certaine réhabilitation de son oeuvre et cela grâce essentiellement à la communauté gay. Malheureusement le regain d'intérêt pour sa peinture n'a pas encore atteint les rives de l'Europe où pourtant il a quelques collectionneurs mais où il est à ma connaissance toujours impossible de voir un tableau du peintre dans un musée. Paul Cadmus, pour son œuvre peinte, son style peut être qualifié de Réalisme magique. Il est surtout connu pour ses peintures mêlant critiques sociales et homoérotisme. Mais son œuvre, façonné par des influences multiples, révèle des facettes stylistiques variées selon les époques. Sa sensibilité à la beauté du corps masculin restera sa ligne directrice tout au long de sa carrière. Il passera par divers médiums et techniques, mais sera particulièrement attaché à l’utilisation d’une technique ancienne, la tempera à l’œuf Comme d'autres élèves de Reginald Marsh, ainsi Tooker ou Isabel Bishop. Comme Andrew Wyeth et les faiseurs d'icônes, comme Botticelli  et tous les peintres avant Jan Van Eyck. Il mixera souvent cette technique avec celle de l’huile.

 




 

Paul Cadmus est né à New York, dans une famille d’artistes pauvres, d’un père lithographe, Egbert Cadmus, et d’une mère illustratrice de livres pour enfant. À l’âge de quinze ans, il étudie les arts plastiques à la National Academy of Design jusqu’en 1928, puis il devient collaborateur de l’agence de publicité New-yorkaise Blackman Company.

 

 

Paul Cadmus, Self Portrait, Mallorca,  1932

 



Jerry, 1931

 

 

<< J'aime décidément beaucoup, bien que je ne l'ai jamais vu en réalité, le portrait par Paul Cadmus de son amant Jared French, peintre comme lui. Le tableau date de 1931, quand les deux jeunes hommes séjournaient ensemble en Europe. Il a été peint à Majorque, je crois. Trois éléments de séductions y sont à mes yeux réunis. D'abord le modèle est plutôt agréable à l'oeil, c'est un moustachu blond et bien bâti, il a une tête tout à fait sympathique, il est représenté nu entre ses draps, s'étant interrompu dans sa lecture pour observer le peintre, ou bien nous qui regardons le tableau. Deuxièmement le livre qu'il tient encore d'une main tandis que son autre bras est replié sous sa nuque (ce qui offre un appréciable point de vue, pour les amateurs, sur les poils blonds et légèrement humide, semble-t-il, de son aisselle droite) n'est autre que l'Ulysses de Joyce, agréable liaison, toujours très précieuse entre la haute littérature et le raisonnable émoi érotique. Troisièmement mais il est possible qu'il n'y ait là qu'une conséquence légèrement abusive des deux premiers points, je commence à trouver qu'il n'est pas mal du tout ce tableau, je veux dire, qu'oeuvre d'art (…) Mais si on m'avait dit, il y a quarante ans, qu'un jour je serais plein de considération et même d'affection, pour une toile de Paul Cadmus, j'aurais refusé de le croire. Il était à mes yeux une sorte de Clovis Yrouille homosexuel, le comble du comble de la kitscherie « folle ». Je continue à pas aimer beaucoup son inspiration caricaturale, à la Dubout. Mais à partir de Jerry (surnom de Jared French, je suppose), c'est l'ensemble qui commence à monter nettement dans mon estime.>>

Renaud Camus, septembre absolu, journal 2011



      toinelikesart: SELF-PORTRAIT 1935 Paul Cadmus


 

SELF-PORTRAIT 1935

 

 

En 1931, il utilise l’argent gagné pour entamer un voyage en bicyclette, à travers la France et l’Espagne, en compagnie de son ami et amant, Jared French, peintre lui aussi, ce qui confirme sa vocation d’artiste peintre. Il passe du temps dans les musées des capitales européennes, avec les œuvres des grands maîtres et développe une sensibilité supérieure à l’égard de la peinture de la Renaissance italienne. Il s’en souviendra pour élaborer un style qui n’appartient qu’à lui, dont le trait dominant est peut-être à la fois de détourner et de transcender le classicisme pour l’appliquer à des sujets quotidiens particulièrement triviaux travaillés par ses fantasmes homosexuels.

Il se fixe alors à Majorque pendant deux ans, peignant ses premières œuvres abouties. 

Comme Cadmus l'a confié dans une interview il a peint à Majorque très peu de sujets locaux. La plupart de ses peintures sont des sujets dont il s'est souvenu, une nostalgie de l'Amérique? tel cette image de vestiaires ou ces scènes dont les marins sont les vedettes. Les peintures durant ce séjour sont réalisées à l'huile sur toile. 

 



Majorque Quarry, 1932

 

 


De retour aux États-Unis il est employé et financé par le gouvernement américain dans le cadre du Public Works of Art Project (PWAP), une structure mise en place par Franklin Delano Roosevelt, dans l’esprit du new-deal pour aider les artistes américains pendant la grande crise des années 1930.

 


Sailors and Floosies, 1938

 


Des ses premières œuvres, ses choix et associations de thèmes lui valent une réputation scandaleuse. En 1935, le secrétaire d’état à la marine Henry Latrobe Roosvelt, fait retirer d’une exposition et interdire sa peinture « Dans la flotte », une composition ambiguë mettant en scène un groupe de marins, pour « diffamation perverse de l’armée ». Les œuvres qui suivront s’attireront la même réprobation.

 



 


Dans la flotte est devenu le centre d'une controverse lorsque le journal Washington Evening Star  a publié une photographie du tableau, illustrant un article au sujet de l'exposition à la veille de son ouverture. Un amiral de la Navy à la retraite nommé Hugh Rodman est scandalisé par la représentation que le peintre fait des matelots de la marine des États-Unis. Rodman  réussit à obtenir que la peinture de Cadmus soit retiré de l'exposition avant son ouverture au public. D'autres journaux rapidement reprennent cette nouvelle. L'amiral prétend même que le tableau devrait être détruits, le décrivant comme "une insulte à l'hommes de troupe de la marine américaine" et "une scène venant de l'imagination d'un dépravé, de quelqu'un qui n'a aucune idée des conditions de notre service".  Pourtant Cadmus avait peint la scène d'après ses propres expériences de première main si l'on peut dire. Il passait beaucoup de temps à regarder marins descendre à terre pour leurs permission du week-end au Riverside Drive autour de la 96e rue, l'emplacement d'un quai dévolu à l'US Navy à l'époque. Il a déclaré  "Ce que j'ai vu faire par les marins et leurs petites amies en faisant ma promenade du coté de Riverside Park dépasse de loin tout ce que j'aurais pu mettre sur une toile.". Le scandale a boosté la carrière de Paul Cadmus.

 

 

Paul Cadmus - YMCA Locker Room 1933


Sa fresque murale pour Washington, Pocahontas et John Smith (1938) fit également scandale. Elle est refusée car ses commanditaires trouvent qu’elle souligne trop les fesses et les parties génitales des indiens et ne met pas assez en évidence le sujet qui est la délivrance de John Smith.




Shore Leave, etching, 1935

Dans une de ses dernières interviews, Cadmus se souvenait de sa fascination pour les marins : J'ai été fasciné par les marins, et j'avais l'habitude de m'asseoir sur un banc et de les regarder durant des heures. En fait, Riverside Park autour de la 96e rue était un excellent terrain de drague dans les années 1930, en grande partie parce que c'était là où les navires de guerre étaient amarrés. Les uniformes étaient tellement serrés et leur forme ajustée qu'ils étaient une source d'inspiration. J'étais assez jeune pour que les marins me fassent des propositions, qu’ils m’invitent à me ramener sur leur bateau, mais je n'y suis jamais allé. Ils étaient trop peu attrayants, ou peut-être que j'ai été trop timide. Je ne sais pas. 

 



the fleets 1934


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John Wellington

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D'autres images de ce peintre à l'adresse ci-dessous

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Warwick Beecham (1947, Australie)

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The Pink Towel





Summer Dalliance





Dozing





Steadying the Boat





Flag Race Boys


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David Hockney chez Claude Bernard, il y a si longtemps

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David Hockney
Jacques de Bascher de Beaumarchais (1973)
Catalogue de l'exposition Galerie Claude Bernard, Paris, 1975

C'est à l'occasion de cette exposition que j'ai découvert David Hockney. J'en possède toujours le catalogue et l'affiche qui a malheureusement souffert d'un dégât des eaux mais est encore très regardable. Depuis cette visite à la galerie Claude Bernard j'ai continué de suivre le peintre avec constante et assiduité, faisant même le voyage à Londres pour sa rétrospective à la Tate en 1988, jusqu'à sa récente exposition à la fondation Yves Saint Laurent. 

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Philip Gladstone

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Philip Gladstone est né en 1963  à Philadelphie, Pennsylvanie, Etats-Unis, dans les semaines de son père à la décharge de l'armée des États-Unis.   Son père a fait une longue et brillante carrière dans les arts graphiques. Pour son travail le père de Philip lorsque celui-ci à deux ans quitte Philadelphie d’où il était originaire et emmène sa famille pour une région rurale du Maryland où le futur artiste passe son enfance. La famille vit dans une fermette dans un village sur les rives de la rivière Choptank. La maison est a une demi-heure de marche du magasin le plus proche. Cet environnement campagnard dans sa petite enfance aura une grande influence sur l’oeuvre de Philip Gladstone. De là, Philip déménage avec sa famille  dans le Maine, puis en Floride et, enfin, au Connecticut, où il a continuera  à vivre pendant de nombreuses années étant adulte.

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Les premières tentatives artistique du jeune Gladstone vont vers la caricature, genre, qui sera mineur dans sa production mais qu’il continue à pratiquer encore aujourd’hui. L’actualité fait parfois une discrète irruption dans ses toiles, comme par exemple les inondations de La Nouvelle Orléans.

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Adolescent s’il commence la peinture, il aspire surtout à être   caricaturiste de presse ou dessinateur de bande dessinée. Alors qu’il est encore lycéen, il réalise une bandes dessinées qui est immédiatement publiée. Pour cette création il gagne quatre cents dollars, une somme stupéfiante pour lui à l'époque. Puis lorsque il a dix-sept, il se consacre surtout au dessin animé.

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En 1982, Philip Gladstone reçoit une bourse d'études pour la prestigieuse école Skowhegan de peinture et de sculpture de Skowhegan, dans le Maine. Là, outre ses cours, il y rencontre de célèbres artistes résidents comme Jake Berthot, George McNeill, William King, Louise Nevelson, Alex Katz, David Hockney et autres.
Dans Les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix Philip Gladstone semble tâtonné et en même temps les événements se succèdent dans  sa vie. Il se marie et divorce deux fois, au passage il fait   deux beaux enfants en 1988 et 1991. Pour vivre il est employé dans un magasin de fourniture d’art. Il finit par acheter le magasin qu’il tiendra jusque’  en 2001 à cette date la diminution des affaires le force à fermer la porte de sa boutique.
Tout au long de ces années, Philip Gladstone a continué à peindre peut être surtout pour garder son équilibre. 
En 1997, il se remarie pour une troisième fois. En 2000, son troisième nait. En 2004, il s’aperçoit qu’il peut vivre de sa peinture. Aujourd'hui, Philip Gladstone vit et travaille dans une vieille ferme dans la campagne du Maine. Une grange attenante restaurée lui sert d'atelier d'artiste.

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On peut tout de même pour le moins être interloqué à lire cette rapide biographie lorsque l’on connaît l’oeuvre de Philip Gladstone qui est constituée dans sa quasi totalité de la représentations de la nudité masculine et que l’on peut ranger, si cette étiquette à un sens, dans la catégorie de l’art gay.
Comme son confrère Felix d’Eon, Gladstone vend surtout son œuvre par l’intermédiaire du net ne passant pas par le circuit traditionnel des galeries.

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La partie la plus intéressante de son œuvre est celle sur papier où l’artiste fait preuve de beaucoup plus de liberté à la fois dans son inspiration, nombre de ses dessins racontent des histoires très ouvertes dans lesquelles pointe un discret surréalisme. Son trait est plus libre que dans ses peintures. Souvent dans son travail sur papier il retrouve la cursivité de ses caricatures et fait cohabiter avec bonheur plusieurs styles sur la même feuille.

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Dans sa peinture Gladstone qui n’est pas semble-t-il à un paradoxe prêt, utilise la peinture à l’huile et l’acrylique indifféremment sans que l’on voit vraiment une différence.
Sa technique de peintre est presque sans faille. Gladstone fait preuve d’un beau métier assez rare aujourd’hui, supérieur à Celui par exemple à celui de Felix d’Eon avec lequel il est difficile de ne pas le comparer. Si l’on annexe Philip Gladstone à cette nébuleuse qu’est l’art gay, (alors qu’il semble n’être gay que par son art!). On peut remarquer qu’il est presque indemne du kitsch qui contamine presque tous les artistes qui se donnent comme mission de valoriser la beauté du corps masculin. Rien que pour cela Philip Gladstone mérite toute notre attention.

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Il a bien sur quelques marottes qui peuvent faire sourire et qui ne sont peut être pas complètement étrangères à sa biographie comme celles de représenter, parce que il est vrais c’est le plus naturel, ses hommes nus dans une baignoire. Il serait amusant de compter le nombre de baignoires dans sa production. Récemment le tableau dans le tableau fait son apparition dans certaines de ses dernières toiles, ce qui permet à l’artiste de rendre hommage aux peintres qu’il révère, Picasso, Hockney, Eakins, Caravagge ... Mais quelques uns de ses tableaux, par leurs sujets et leurs compositions, ceux qui mettent en scène de jeunes ouvriers confrontés à de grosses machines, font penser au muraliste mexicain Rivera. Le social n’est pas toujours absent de cette peinture. On peut lire aussi une grande partie de ses toile comme une réflexion sur la solitude humaine.

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Gladstone a créé un vocabulaire idiomatique composé de jeunes hommes dans des baignoires anciennes près d’une fenêtre, de gros perroquets, de machines monstrueuses, d’escaliers de bois, de lettres désespérantes aussi distinctif que le dos courbé des  paysans de Rivera.

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Il y a de nombreuses images récurrentes dans les toiles de Gladstone, la plus fréquente, l’homme au bain ne me parait pas être ni la plus intéressante ni la plus significative; elle n’est que le prétexte pour peindre une solitude nue. Plus intrigant est cette figure d’un jeune homme souvent nu, toujours contrit, les yeux baissés, tancé par un homme plus mur, un chef de service, un père, un amant acariâtre et possessif? Images de bannissement?

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Qui sont ces garçons  recroquevillés derrière une porte, couchés sur le côté, peut-être inconscient, dans des intérieurs, qui font songer à ceux peints par  Hopper, aux fenêtre ouvrant sur des paysages mélancoliques de la Nouvelle-Angleterre? Le peintre lui-même?

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Il y a aussi ces jeunes hommes qui veulent communiquer de façon spectaculaire et en sont contrariés. Ce garçon la vingtaine dénudée qui essaie de passer un appel d’une cabine téléphonique en bordure de route ou cet autre qui de son lit colle l’oreille au mur pour entendre quel secret ? Dans plusieurs autres peintures le jeune homme nu, derrière une   portes   reste invisible à la figure paternelle (?) dans son fauteuil dans une autre pièce. Les toiles de Gladstone sont riches en situations énigmatiques.

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Peu de tableaux peuvent immédiatement être identifié comme relevant d’une thématique gay, pas d’érection ou de copulation sur ses toile mais qu’attend le garçon de "Opening_Joe", l’ouverture de son bar favori ou le micheton de passage?

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Pour voir une collection colossale de travaux de l'artiste, Gladstone est un stakhanoviste du crayon et du pinceau, il suffit d’aller sur son site.

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The_Flood_lg.

 

 

Self portrait with a Blue Vest


The Artist's Bath (self-portrait)

The Frost


Brady's Bath


Hot and Cold

Hurting Kind


The Crawl


Isolation



 
 


The Smoker's Bath


North Light


Rear View Mirror

 

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