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133 articles avec humeurs cinematographiques

En se souvenant de Paul Gégauff

Publié le par lesdiagonalesdutemps

J'ai connu fugitivement Paul Gégauff qui est un de ces passants éphémères de ma vie qui ne passe pas... Rohmer,  dans un remarquable entretien dans Les cahiers du cinéma avec Jean-Michel Frodon, dont habituellement je ne suis pas un fervent, en parle très bien: << Je parle de lui, parce qu'il a eu une influence immense sur nous tous: sur Chabrol évidemment, mais aussi sur Godard qui mettait dans ses dialogues des phrases de Gégauff. Quant à mes films, il a théoriquement collaboré aux dialogues du "Signe du lion". En réalité, c'est plutôt que son personnage a influencé celui du film. Je voyais qu'il était très paresseux, et comme je suis toujours très précautionneux, j'avais déjà écrit les dialogues. Je lui ai apporté mon scénario et il m'a dit que les dialogues étaient yrès bons, qu'il n'y avait qu'à les garder. J'ai tout de même dit qu'ils étaient de lui parce qu'il a beaucoup influencé le film, une sorte de collaborateur dans l'ombre. D'autres personnages peuvent lui ressembler vaguement. Celui de Brialy dans "Le genou de Claire" qui est finalement très différent, mais la nouvelle que j'avais écrite était inspirée de lui. Le personnage joué par Fédor Atkine dans "Pauline à la plage" lui ressemble, et pas mal d'autres. Dans "La collectionneuse", je ne sais pas s'il m'a inspiré directement ou s'il a inspiré les acteurs, qui le connaissaient. C'est vraiment l'éminence grise du cinéma de la Nouvelle Vague...>>

En cliquant sur les rectangles verts, on peut écouter une remarquable émission de France-culture en deux parties sur cet homme libre. On y entend entre autres Claude Chabrol.

 

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Surpris par la nuit (13 février 2007) intitulé "Paul Gégauff, une partie de plaisir". 

 

 

Surpris 070214 (2-2) Le reflux interdit.WMA

 

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Les enfants loups, Ame & Yuki, un film de Mamoru Hosoda

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Affiche de 'Les Enfants Loups Ame & Yuki'

 

Hana, encore étudiante tombe amoureuse d'un garçon mi-homme, mi-loup. De cet amour naissent une fille Yuki, bientôt suivi d'un garçon Ame. Tout deux peuvent à leur guise se transformer en loup. Le père est tué. Hana se retrouve seule pour élever ses enfants différents des autres. Elle décide de les emmener à la campagne dans une maison isolée, loin des yeux indiscrets mais elle ne peut s'abstraire longtemps de la communauté villageoise.

Le film est centré sur la relation d'Hana avec ses deux enfants. Il se déroule sur treize ans, de la conception des enfants jusqu'au moment où les jeunes êtres acquièrent définitivement leur autonomie. Ce sont les éléments, une tempête, qui orchestrent la rupture finale, apportant aux « Enfants-Loups » une conclusion épique. Le réalisateur, maitre de l'ellipse, contracte ou dilate le temps à sa guise.

Toute l'histoire est racontée, quelques années après les faits par Yuki. Elle se déroule dans un passé récent dans lequel il n'y a pas d'ordinateurs personnels, ni téléphone portable.

Pour bien comprendre le film, par ailleurs très simple et accessible à tous, il faut tenir compte de la place différente que tient le loup dans l'imaginaire japonais par rapport à sa place dans l'imaginaire européen où il est associé au mal. Au Japon où il a disparu à la fin du XIX ème siècle, c'est un animal respecté. Les caractères qui forment son nom  sont les mêmes que ceux de "grand dieu". Le loup est vénéré dans certains temples shintoistes. 

Le somptueux décor de l'histoire est fourni par l'endroit où Mamoru Hosoda a passé son enfance, la région de Toyama au nord-ouest de Tokyo. Une campagne idéale mais pourtant bien réelle, un peu telle qu'on l'imagine lorsque l'on habite en ville. Le choix des angles de prise de vues est souvent audacieux. Mamoru Hosoda comme tous les grands cinéaste raconte d'abord sont histoire à travers ses images; le film est peu bavard.

Cette fable pour enfants et adultes a une profondeur et une exactitude psychologique que n'atteindra jamais une semblable production américaine parce qu'elle serait issue d'une civilisation adolescente, son histoire n'a guère que trois siècles, et hétérogène alors que dans cet animé japonais, on sent à chaque image qu'il vient d'un monde ancien et homogène.

Bien que Mamoru Hosoda exècre qu'on le compare à Miyasaki, mais comment lorsque l'on parle de l'animation japonaise faire abstraction de son maitre incontesté, ce serait comme oublier Walt Disney à propos du dessin animé américain, l'inspiration de son film a beaucoup de points communs avec ceux de Miyasaki (y compris avec ceux de Miyasaki junior). Tout d'abord la présence primordiale de la nature, ce qui n'est pas original au Japon tant la nature est présente dans le quotidien de la plupart des japonais y compris ceux qui habitent les grandes villes. Il faut dire que dans de nombreuses ville telles Kyoto, Nara ou Hiroshima on passe sans transition de la ville la plus dense à la campagne-montagne. Car si le préambule se déroule dans la banlieue de Tokyo, tout le film a pour cadre une campagne japonaise au pied de montagnes. Cette localisation du récit nous vaut un plaidoyer pour la vie à la campagne avec la mise en avant d'un travail directement nourricier et l'entraide indispensable entre les membres d'une si petite communauté qu'est le village. Ce qui est dans la droite ligne des désir du gouvernement japonais qui s'inquiète à la fois de la désertification des campagnes et de la toujours plus grande dépendance du pays envers de l'étranger pour nourrir ses habitants.

La qualité du film tient certainement pour une grande part à ce que l'équipe qui l'a réalisé est bien rodée. Satoko Okudera pour le scénario, Yoshiyuki Sakamoto pour le character design ont déjà, aux mêmes postes participé aux deux premiers films du réalisateur, « La traversé du temps » et « Summer wars ». Les deux premiers films du réalisateur, tout réussis qu'ils soient ne laissaient pas présager que son troisième film d'une inspiration bien différente serait un tel chef d'oeuvre.

L'air de famille qui existe entre les productions Ghibli et « Les enfants loups » n'est pas un hasard puisque pour la direction artistique (la supervision des décors) c'est Hiroshi Ono qui s'en charge et qui avait tenu le même poste pour « Kiki la petite sorcière ». Les décors sont particulièrement soignés et la reproduction de l'eau n'a encore jamais été aussi bien figurée dans un animé.

L'influence de Miyasaki n'est pas la seule décelable, celle de Tezuka est également importante par le thème la transformation de l'homme en animal, qui il est vrai irrigue de nombreuses oeuvres artistiques japonaises, mais aussi d'une manière plus ténue en ce qui concerne le dessin. Lorsque Ame se transforme en loup adulte, sa physionomie semble sortir du crayon de Tezuka.

Si l'influence de Miyasaki est indéniable, Mamoru Hosoda n'est en rien une copie de son ainé. Même si chez lui tout comme chez son ainé on sent une nostalgie pour le Japon agraire, voir féodal. Son inspiration est beaucoup plus ancrée dans la réalité; ce que ne laissent pas voir à première vue ses thèmes, le voyage dans le temps pour son premier film, la guerre entre le virtuel et le réel pour le second et pour celui-ci des humains qui se transforment en loup pourtant c'est un cinéaste très réaliste qui puise dans son propre quotidien. C'est en allant visiter des amis qui avaient des enfants de trois et quatre ans et en voyant leur turbulance qu'il a eu l'idée des enfants loups

L'une des morale de ce très beau film est qu'il faut laisser le choix aux enfants de choisir leur avenir.

Un grand film émouvant que peuvent voir aussi bien les enfants que les adultes.

 

Nota: Mamoru a réalisé un superbe film publicitaire "Superflat Monogram conçu pour Louis Vuitton par pe plasticien Takashi Murakami. 

 

 

Pour retrouver d'autres billets sur les animés sur le blog: Colorful de Keiichi Hara,  La colline aux coquelicots de Goro Miyasaki,  Tatsumi de Khoo,  Les enfants loups, Ame & Yuki, un film de Mamoru Hosoda

La bande-annonce

 

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pour se souvenir du Je suis le seigneur du château (1989)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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pour se souvenir du souffle au coeur (1971)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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L'enclos, un film d'Armand Gatti

Publié le par lesdiagonalesdutemps








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Printemps 1944 . Au camp de concentration de Ianenberg, un officier S.S a eu l'idée de jeter dans un enclos spécial deux détenus condamnés à mort, un allemand, Karl, et un juif français, David. Ils passeront la nuit ensemble, mais à l'aube, celui qui aura eu l'atroce courage de tuer son compagnon sera gracié. Karl, déporté depuis dix ans, est un membre important de l'organisation clandestine antinazie du camp. Ses nombreux amis décident de le sauver. Des préparatifs fébriles coupés d'alertes aériennes occupent cette nuit tragique. Le plan consiste à faire sortir Karl de l'enclos et à le remplacer par un cadavre au visage défiguré. Ainsi les S.S. croiront qu'il été tué par son compagnon.


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Ce dernier aura la vie sauve et Karl, sous un autre nom, poursuivra sa vie et son oeuvre clandestine. Mais David acceptera-t-il cette substitution ? Parlera-t-il ? Avec l'aide d'une sentinelle consentante, l'opération se poursuit. La confrontation entre Karl et David passe par des phases diverses : incompréhension mutuelle, peur, angoisse. David comprend le stratagème et consent. Karl sort et échappe à la mort. Mais à l'aube de cette atroce nuit, quand les S.S. pénètrent dans l'enclos, ils arrêtent David, ce juif coupable d'avoir fait couler le sang allemand, même d'un antinazi, et, l'envoient à la chambre à gaz. Les S.S. n'ont fait que se distraire.
Ce film est l'unique incursion dans le cinéma d'Armand Gatti célèbre homme de théâtre. Pendant longtemps Gatti a dit que ce film était basé sur ses propres souvenirs de déporté. Depuis quelques années la déportation de l'auteur est mise en doute. Cette suspicion n'enlève rien à la force du film qui mettait en avant un excellent acteur, Jean Négroni qui, s'il était un habitué des scènes de théâtre et de la télévision, en particulier des dramatique historique, il fut inoubliable dans le rôle de Robespierre, était trop rare au cinéma.
Curieusement on retrouve dans "Bent" une séquence semblable à celle des pierre à l'enclos dans "L'enclos" qui a été tourné en 1961. 


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 •  • 
On peut écouter Armand Gatti sur les ondes:
Particulièrement sur Radio Gatti est une web radio qui émet des émissions autour des expériences d'Armand Gatti. Gatti, Poète, homme d'un " théâtre sans spectateurs ", atypique, auteur d'une oeuvre gigantesque et méconnue. Pour en savoir plus : http://la-parole-errante.org/ " Fréquence " de la radio pour qui veut la capter quand elle fonctionne :
http://listen.radiozerozero.com/arbre.mp3?1321645664703.mp3


Il y a des émissions en provenance de France Culture, 3 ACR et 5 Nuits magnétiques passionnantes dont deux consacréees à Gatti et 3 (sur 4 il en manque une) de Benoît Artaud souvent présent dans les " aventures Gatti " mais consacrées ici aux territoires de la marchandise. Présences de petits parasites mais le son reste très bon dans l'ensemble.

ACR19880214 - Le principe écriture (Armand Gatti) I. « Les Arbres à la conquête du ciel. Les pronoms personnels »
http://www.mediafire.com/?ohtyon7olzb1l5h

Le principe écriture est une série de trois ateliers de création radiophonique réalisés par Hélène Chatelain pour France Culture en 1988. Texte de présentation : supplément au n° 2 de L’Oiseau flûteur qui voulait joindre les cinq échelles de l’univers, journal de La Parole errante. 1987-1989.

ACR19880221 - Le principe écriture (Armand Gatti) II. « Les Arches de Noé. Les lexiques »
http://www.mediafire.com/?i1ue2l6oi7u9b12

Deuxième émission. Les exigences du langage s'affirment. Le propos : les non voulus d'aujourd'hui s'adressent aux non-voulus de la génération très particulière de leurs pères. Avec la participation de Felix Moussie et Daniel Souques, responsables du CRAFI, Mr Attali responsable de la Maison Communautaire Israëlite de Toulouse , Jacques Gryberg, Jean-Philippe Grynberg, et l'aide de l'A.J.E.C.T.A. et du Musée de la Résistance de Toulouse. Mixages d'entretiens, de reportages et d'extraits de spectacles Les Arches de Noé.

ACR19880228 - Le principe écriture (Armand Gatti) III. « Les Arches de Noé. Les langages »
http://www.mediafire.com/?47q9wbnezg1b14g

Troisième et dernière émission. C'est le temps de l'écriture des langages proprement dit, et comment ils ont été investis de l'intérieur par ces « analphabètes », ces « relégables », ces « psychiatrisés » comme ils se désignent eux-mêmes. Avec la participation de la Maison Communautaire Israëlite de Toulouse, Jacques Grynberg, le Rabbin Charles Liche, Fania Perez, Gil Rozes et la collaboration du Musée de la Résistance de Toulouse, et de l'A.J.E.C.T.A. Mixages d'entretiens, de reportages et d'extraits de spectacles Les Arches de Noé.

Nuits Magnétiques - Nuit indienne I - Voyage en langue Maya (Armand Gatti) (15.06.98)
http://www.mediafire.com/?aambabz67zhxv7k

Nuits Magnétiques - Nuit indienne II - Le trajet indien d'Armand Gatti (16.06.98)
http://www.mediafire.com/?u9mk4ka0ngf6gef

2 émissions consacrées à Armand GATTI et à son combat pour la culture des indiens d'Amérique du Sud.

Nuits Magnétiques - Les territoires de la marchandise - I. L'énigme de la marchandise (par Benoît Artaud) (03.05.99)
http://www.mediafire.com/?g324o92wzw6tey1

I. L'énigme de la marchandise
C'est une ritournelle: la marchandise envahit tout l'espace, cible après cible, marché après marché. Parler de territoires, ce serait justement circonscrire son emprise sur nos vies. Pourtant, la marchandise produit des espaces particuliers, des zones techniques. Depuis Paris, l'autoroute A1 qui s'en va vers le Nord, en longe quelques-unes : Garonor, puis, un peu plus loin, Paris Nord II dans lesquelles nous tenterons une
visite à plusieurs niveaux.
Jean-Pierre Lefèbvre, professeur à l'École normale,
Denis Duclos, chercheur au CNRS.
Présenté par Benoît Artaud
Réalisation : Marie-France Thivot

Nuits Magnétiques - Les territoires de la marchandise - II. Le pays de Cocagne (par Benoît Artaud) (04.05.99)
http://www.mediafire.com/?27x44avjjfoum94

Nuits Magnétiques - Les territoires de la marchandise - III. À la poursuite de la baleine (par Benoît Artaud) (05.05.99)
http://www.mediafire.com/?t1wuh293fo46u33


Archives Gatti déjà déposées (Le à voix nue par Marc Kravetz est une excellente entrée en matière pour qui voudrait découvrir Gatti :

http://www.mediafire.com/?a2c3jvh89bjcu

Ecouter Radio Gatti :
http://www.armand-gatti.org/index.php?cat=radio-gatti
La radio est souvent en panne ! Mais ils ont ajouté un système d'écoute plus simple...

Le programme des émissions (qui repassent en boucle)
http://www.radio-gatti.org/audiosources/playing/


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Agora, film d'Amenabar (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Alexandrie au quatrième siècle de notre ère, l'empire Romain se délite. Les fanatiques chrétiens sont en passe de faire régner l'intolérance et la terreur. Une femme philosophe et ses disciples s'interrogent sur le cosmos, dernières lumières de la raison avant les temps obscurs.

Voilà cinquante ans, que le grand amateur du péplum que je suis, se voyait présenté les chrétiens comme des agneaux et meilleur met des lions. Divine surprise! nous vient d'Espagne, enfin le réalisateur Amenabar est espagnol car la production est internationale, « Agora » qui nous les montre tels qu'ils étaient ( et qu'ils sont restés ) de sanguinaires obscurantistes. Ce n'est d'ailleurs pas que les païens ou les juifs soient meilleurs, plus éclairés ou plus doux, non, dans cette Alexandrie du quatrième siècle, ils se trouvent qu'ils ont la malchance de devenir minoritaires, passant ainsi, du jour au lendemain, de la situation de bourreaux à celles de victimes. Vieille histoire qui se répète probablement depuis des millénaires et qui semble avoir un bel avenir devant elle. D'ailleurs j'ai un délicieux petit tapis de prière, dans un de mes placards. Je le sortirais à bon escient lorsque les ignares mahométans seront majoritaires dans notre contrée, ce qui ne saurait tarder. Alors nombre de benêts pourrons dire, comme dans le film, cet adorateur d'Osiris se penchant sur la foule grouillante et hostile qui l'assiège: << Depuis quand sont-ils aussi nombreux?>>…

 


Le film fait un parallèle constant et pesant entre ces chrétiens d'hier et les islamistes d'aujourd'hui. Pour être sûr que le spectateur comprenne bien, chaque idée est assénée de nombreuse fois. Et pour appuyer encore un peu plus le propos de son scénaristeMateo Gil, le réalisateur a donné au chef des catéchumènes une gueule de repoussant ayatollah.

Les amoureux des reconstitutions antiques, dessinées par Jacques Martin, Chaillet et autres Dufaux et Delaby trouveront leur compte avec celles d'Agora somptueuses grâce à l'indiscernable aide numérique.

La distribution, très internationale, dans laquelle il n'y a pas de célébrité, excepté Michael Lonsdale que j'avais quitté dans "Banc public" acheteur de paillasson et que je retrouve avec plaisir, toujours aussi patelin, en toge, se tire très bien de l'exercice toujours difficile qu'est l'incarnation de personnages antiques. A noter que le jeune et bel esclave, Davus qui est amoureux d'Hypatia est interprété par le fils de feu Anthony Minghella, Max Minghella. 

Le film est, à travers sa seule figure positive, d'Hypatia, une belle et fière philosophe, qui m'a évoqué en féminin celle du Zénon de Margueritte Yourcenar, une ode à l'athéisme et à la raison. Annoncerait il le grand retour d'Auguste Comte (première manière car sur sa fin le chantre du positivisme s'est fourvoyé dans un ersatz scientiste de religion). Plus que par la dénonciation des intolérances et de la bêtise des religions, ce qui n'est tout de même pas inutile de rappeler en ce moment, je m'étonne que cela nous vienne d'Espagne où la religion catholique est encore prégnante , mais c'est peut être la raison de la vindicte d'Amenabar, c'est par la peinture du petit groupe de lettrés qu'il nous propose qu'Agora m'a intéressé. A une époque ou l'anti intellectualisme se porte bien on ne peut que saluer un film qui met en son centre le savoir.

 








 

Le mythe féminin d'Hypatie a eu de multiples interprétations comme nous le rappelle le philosophe américain John Thorp:

« Hypatie est l'héroïne idéale. Elle était charismatique ; elle mourut horriblement ; elle fut au centre d'un jeu compliqué de tensions politiques et religieuses ; et – la qualification la plus importante pour le statut de héros – en fin de compte nous savons très peu sur elle de façon claire et certaine. Une étoile qui brille, certes, mais vue à travers les brumes du temps et de l'oubli. Nos incertitudes invitent la construction d'une héroïne. L'un des principaux thèmes des études récentes sur Hypatie est précisément la diversité des interprétations de son histoire. Un livre italien, d'Elena Gajeri, portant le titre Ipazia, un mito letterario – « Hypatie, un mythe littéraire » suggère qu'Hypatie, telle que nous la connaissons, est une construction de l'imaginaire plutôt qu'une réalité de l'histoire. »

« Déjà dans l'antiquité tardive elle était une héroïne païenne pour avoir été massacrée par les chrétiens, ou encore une héroïne des ariens pour avoir été massacrée par les orthodoxes, ou encore une héroïne des chrétiens de Constantinople pour avoir été massacrée par les chrétiens intempérants d'Alexandrie. Plus récemment elle s'est vue traiter d’héroïne anticléricale, victime de la hiérarchie ; héroïne protestante, victime de l'église catholique ; héroïne du romantisme hellénisant, victime de l'abandon par l'Occident de sa culture hellénique ; héroïne du positivisme, victime de la conquête de la science par la religion ; et, tout dernièrement, héroïne du féminisme, victime de la misogynie chrétienne. Femme polyvalente ! »


« Vous avez donc, chez Hypatie, tous les éléments idéaux pour une histoire captivante : il y a le fait exotique, dans l'antiquité, d'une femme mathématicienne et philosophe ; il y a son charisme indéniable ; il y a l'élément érotique fourni par sa beauté et par sa virginité ; il y a le jeu imprévisible des forces politiques et religieuses dans une ville qui a toujours connu la violence ; il y a la cruauté extraordinaire de son assassinat ; et, en arrière-plan, le sentiment profond d'un changement inexorable d'ère historique. De plus il y a notre manque d'informations claires et précises sur elle, ce qui permet aux fabricants de légendes de remplir les lacunes comme ils veulent »



Nota:
1- l'augmentation de mon précédent billet doit tout à l'excellent site Mes couleurs du temps: http://mescouleursdutemps.blogspot.fr
2- quelques précisions historique sur Hypatie 
Hypatie par Charles William Mitchell, 1885 (via : wikipedia)
Hypatie d'Alexandrie (en grec ancien Ὑπατία / Hypatia, v. 370-415) était une mathématicienne et une philosophe grecque.
Son père Théon d'Alexandrie, dernier directeur du Musée d'Alexandrie, fut éditeur et commentateur de textes mathématiques. Il éduqua sa fille en l'initiant aux mathématiques et à la philosophie.

Hypatie fait ses études de sciences, philosophie et éloquence à Athènes. Elle travaille aussi dans le domaine de l'astronomie et de la philosophie. Elle écrit des commentaires sur L'Arithmétique deDiophante, sur Les Coniques d'Apollonius de Perga et sur Les Tables de Ptolémée. Ses exposés publics à Alexandrie, où elle défend les thèses néoplatoniciennes (sans l'influence de Plotin) lui valent une grande renommée. Cependant aucun de ses travaux ne nous est parvenu, en particulier à cause de l'incendie final de la Bibliothèque d'Alexandrie; cela explique sa faible notoriété.


L'historien chrétien Socrate le Scolastique rapporte dans son Histoire ecclésiastique (vers 440) :
«Il y avait à Alexandrie une femme du nom d’Hypatie; c’était la fille du philosophe Théon; elle était parvenue à un tel degré de culture qu’elle surpassait sur ce point les philosophes, qu’elle prit la succession de l’école platonicienne à la suite de Plotin, et qu’elle dispensait toutes les connaissances philosophiques à qui voulait; c’est pourquoi ceux qui, partout, voulaient faire de la philosophie, accouraient auprès d’elle. La fière franchise qu’elle avait en outre du fait de son éducation faisait qu’elle affrontait en face à face avec sang-froid même les gouvernants. Et elle n’avait pas la moindre honte à se trouver au milieu des hommes; car du fait de sa maîtrise supérieure, c’étaient plutôt eux qui étaient saisis de honte et de crainte face à elle. 

Contre elle alors s’arma la jalousie; comme en effet elle commençait à rencontrer assez souvent Oreste, cela déclencha contre elle une calomnie chez le peuple des chrétiens, selon laquelle elle était bien celle qui empêchait des relations amicales entre Oreste et l’évêque. Et donc des hommes excités, à la tête desquels se trouvait un certain Pierre le lecteur, montent un complot contre elle et guettent Hypatie qui rentrait chez elle : la jetant hors de son siège, ils la traînent à l’église qu’on appelait le Césareum, et l’ayant dépouillée de son vêtement, ils la frappèrent à coups de tessons; l’ayant systématiquement mise en pièces, ils chargèrent ses membres jusqu’en haut du Cinarôn et les anéantirent par le feu. Ce qui ne fut pas sans porter atteinte à l’image de Cyrille d'Alexandrie et de l’Église d’Alexandrie; car c’était tout à fait gênant, de la part de ceux qui se réclamaient du Christ que des meurtres, des bagarres et autres actes semblables soient cautionnés par le patriarche. Et cela eut lieu la quatrième année de l’épiscopat de Cyrille, la dixième année du règne d’Honorius, la sixième du règne deThéodose, au mois de mars, pendant le Carême
 Source : wikipedia

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La ronde de nuit, un film de Peter Greenaway (réédition augmentée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Gaff1298989984On retrouve avec plaisir le cinéma de Peter Greenaway après une trop longue absence avec les même défauts et les mêmes qualités que lors de notre dernière rencontre. Il y a toujours cet intellectualisme un peu cuistre que transfigure un regard d'esthète qui peut devenir de temps à autre  légèrement salace, cet amour des intrigues de pouvoir compliquées dans un microcosme.
Le sujet du film, une spéculation sur le sens caché du plus célèbre tableau de Rembrandt, La ronde de nuit. Le tableau serait, crypté, et dénoncerait un crime et désignerait le coupable; la révélation d'un crime, rappelle beaucoup celui de "Meurtre dans un jardin anglais"; mais les personnages de "La ronde de nuit sont beaucoup moins policés que ceux du premier opus de Greenaway.
On apprend que c'est sur l’insistance de Saskia, son épouse enceinte, que Rembrandt, alors au sommet de son art et de sa gloire, accepte, avec réticence, une commande, un portrait de groupe de la milice civile d’Amsterdam ce qui donnera l'immortel "Ronde de nuit". Saskia lui donne un fils Titus qui mourra en 1668, un an avant son père. Saskia ne se remet pas de ses couches mais vivra assez longtemps pour voir le tableau. Le peintre découvre par hasard un horrible assassinat. Déterminé à faire éclater la vérité, il bâtit méthodiquement son accusation à travers la peinture qui lui a été commandée. Il compte ainsi révéler le visage aussi sordide qu’hypocrite de la société hollandaise...
Le réalisateur suggère que c'est la vengeance des notables d'Amsterdam qui aurait conduit Rembrandt à la ruine et non comme c'est communément admis les dépenses somptuaire de sa maîtresse et le changement de mode.
Les scènes de sexe des plus crues ne manquent pas dans le film et Martin Freeman, un parfait Rembrandt véritable sosie du peintre de nous cache rien de ses avantages qui, n'étant pas du calibre de son talent de comédien, il eut peut être été préférable de ne pas sur exposer.
Plus intéressant que le mac gufin que constitue le mystère, quasi policier, du tableau où la peinture un peu trop à charge de la bourgeoisie amsterdamoise, est le portrait de Rembrandt que nous propose Greenaway, tantôt candide, tantôt calculateur, tantôt faible, tantôt courageux, souvent paillard, parfois fleur bleue et surtout dominé par son amour des femmes.
Le film qui se regarde sans ennui malgrè sa longueur, vaut néanmoins surtout pour le magnifique travail du directeur de la photo, un maître du clair obscur qui fait défiler devant le spectateur une suite ininterrompue de "Rembrandt" et cela sans jamais tomber dans le statisme où sont tombé de nombreux films ayant pour sujet un peintre. Je conseille au futur spectateur du film de réviser son rembrandt avant pour se mettre les toiles du peintre "dans l'oeil".
Greenaway nous fait voir la "Ronde de nuit" un peu différemment lorsqu'il met en évidence l'ombre « très démonstrative », selon le cinéaste, de la main d'un personnage qui s'étale sur le ventre d'un autre. Est-ce une provocation d'ordre sexuel ?, s'interroge Greenaway.


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Le cinéaste dynamise son film par des artifices un peu clinquant comme l'adresse du comédien à la caméra ou bien encore le galop d'un cheval dont on a l'impression  qu'il va finir  contre notre fauteuil.  Pourtant ces subterfuges qui pourraient être grossiers donnent un peu d'air au film grâce à l'excellence des décors et la grande qualité des comédiens. Les quelques extérieurs sont judicieusement distribués tout au long du film et réussissent à nous faire oublier ce que la scénographie de Greenaway à de trop théâtrale avec ce lit qui tient du char à banc et du radeau sur lequel se déroule une grande partie du film. Le réalisateur a l'intelligence de ne jamais montrer Rembrandt peindre...
La ronde de nuit est une extravagance historique qui n'est pas sans rappeler celles de Ken Russell, cinéaste qu'il serait temps de réévaluer.







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Quartier lointain, un film de Sam Garbarski

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

 

A l'impossible nul n'est tenu, car c'était bien une folle gageure que d'adapter au cinéma le chef d'oeuvre de Taniguchi (le mangaka fait une apparition, en passager du train à la fin du film), le manga "Quartier lointain" et qui plus est de le transposer dans la France des années 60. Pour ceux qui ne connaitrait pas cette exceptionnelle bande dessinée, en voici l'argument: De nos jours Thomas, la cinquantaine, doté de femme et enfant est un dessinateur de bande dessinée en panne d'inspiration, se rendant au Salon de la B.D d'Angoulême, il se trompe de train. Il se retrouve dans celui qui le conduit à sa ville natale où il n'est pas revenu depuis plus de 20 ans. Il profite de sa bourde pour se rendre sur la tombe de sa mère. Là, il a un malaise, s'évanouit et se réveille âgé de 14 ans (mais ayant gardé sa mémoire d'adulte) au début des années 60, juste avant la date à laquelle sont père avait abandonné sa famille; il va tenter d'empêcher ce départ...

 

 

 
 

Et bien Sam Garbarski, cinéaste dont je n'avais jamais entendu parlé, "Quartier lointain est son deuxième film, se tire honorablement de son impossible entreprise. Pourtant cela commence bien mal avec un Pascal Gregory dans le rôle de Thomas adulte, qui a une tête du type auquel on vient de présenter la note de ses six derniers mois de consultation chez son psychanalyste, comme dit Eric Neuhoff pour une autre prestation du comédien aussi peu convaincante que celle-ci. Mais dés que le héros retombe en enfance, au sens strict du terme, et est joué par le jeune Léo Legrand, absolument parfait, cela va beaucoup mieux. Tout le casting est alors remarquable à commencer par les parents de Thomas; le père est joué par Jonathan Zaccai, déjà très bien dans "ÉLÈVE LIBRE)" et la mère par Alexandra Maria Lara. Laura Martin qui interprète Sylvie, l'amoureuse de Thomas ne démérite pas non plus. Autre point fort du film, la qualité bluffante de la reconstitution d'époque, aucun anachronisme à l'horizon.

 

 

  

 

Si le choix de Nantua comme ville de l'enfance de Thomas est assez judicieux, il faudra que l'on m'explique comment en voulant prendre un train pour Angoulême on peut se retrouver à Nantua!

Même si le flm est assez fidèle à la bande dessinée, qui est bien sûr à lire absolument, ce serait une erreur de vouloir la retrouver. Pour apprécier le film mieux vaut oublier son origine et alors on passe un agréable moment dans ce voyage sans faute mais non sans nostalgie dans la France provinciale des trente glorieuses dans laquelle la vie était plus douce qu'aujourd'hui. 

 

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My little princess, un film d'Eva Ionesco (réédition augmentée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Soyons clair ce n'est pas l'éventuelle qualité cinématographique de « My little princess » qui m'ont fait me précipiter à la première séance du film, à 10 heure du matin mais les thèmes qu'aborde le scénario. Une femme, Hannah, d'origine roumaine, devient une artiste à la mode en photographiant sa fille Violetta, âgée d'une dizaine d'années en des poses érotiques dans des atmosphères morbides. Débarrassons nous d'emblée de la critique des aspects techniques. La qualité du filmage, si elle n'est pas honteuse ne restera pas dans les annales de l'histoire du septième art.La chef-opératrice est Jeanne Lapoirie, fidèle de François Ozon.My little princess aurait pu être raccourci d'une dizaine de minutes quelques scènes font doublon. Les scénaristes ne sont pas parvenus à insuffler une progression dramatique à leur opus même si l'on voit bien néanmoins que le regard de la fille sur sa mère se décille petit à petit. Le film repose entièrement sur la confrontation entre la mère et la fille. Heureusement ces deux rôles sont remarquablement tenus; d'abord celui de la mère par Isabelle Hupert dont on attendait pas moins, même si elle est un peu trop âgée pour le rôle, mais on ne voit néanmoins personne d'autre pour interpréter la photographe, plus extraordinaire encore est la performance d'Anamaria Vartolomei en Lolita mal embouchée. L'action se déroule sur environ deux ans et l'on a l'impression de voir réellement Violetta viellir. Si les amateurs de Lolitas en seront un peu pour leur frais (quoique), les prises de vues de My little princess » sont beaucoup plus chastes que les photos d'Irina Ionesco, les amateurs de tenues féminines extravagantes seront eux comblés. A chaque scène la mère et la fille arborent des costumes différents. Ils sont dus àCatherine Baba, styliste photo pour qui fait de brillant début comme créatrice de costumes pour le cinéma.Par contre les rôles secondaires sont à la fois mal écrits, caricaturaux et pas toujours bien joués. Est-ce un clin d'oeil d'avoir fait ressemblé le professeur de l'enfant à Bernard Faucon?

 


Petite remarque à l'ingénieur du son un appareil photo chargé d'une pellicule lorsqu'on l'arme ne fait pas le même bruit qu'un appareil vide. Celui confié à Isabelle Hupert est vide de toute pellicule cela s'entend et nuit fortement à la crédibilité des scènes de prises de vues qui sont par ailleurs bien rendues.

My little princess semble surtout un règlement de compte familiale. Eva Ionesco y transpose son histoire celle d'une enfant que sa mère Irina Ionesco a photographié durant dix ans dans des poses érotiques. Après l'auto-fiction littéraire voici l'auto-fiction cinématographique. Pour éviter sans doute quelques procès et surtout pour se faciliter le tournage Eva Ionesco a affublé ses personnages de masques transparents ou en a fait des fantoches. Irina Ionesco n'a pas que portraiturer sa fille, elle a également réalisé d'étonnants clichés de yakuzas que l'on peut voir à cette adresse: http://www.artsgb.com/artists/Irina_Ionesco/Irina-Ionesco-Yakuza/index.html

Une des chances du film est le masochisme d'Eva Ionesco le fait de faire de son double une petite allumeuse soudain pris de bouffées de pudeur empêche tout empathie du spectateur avec cette odieuse pimbêche et ne peut le faire adhérer avec la lourde thèse du film de l'enfance volée par une mère folle d'égocentrisme.

 


Il se trouve que j'ai assez bien connu le milieu de la photographie d'art dans la fin des années 70. A ce propos on ne peut situer l'époque exacte à laquelle se déroule « My little princess » seulement à la fin du film lorsque l'on peut lire sur le tableau de la classe de Violetta la date de 1979. Jusque là la réalisation avait été incapable de nous suggérer quand exactement se passait cette histoire. Cette modeste connaissance m'a immédiatement trouvé une scène ridicule celle du vernissage de la première exposition de la photographe, à croire qu'Eva Ionesco souffre d'amnésie l'ayant croisé en de tels lieux. Il y a toujours une gène lorsque l'on découvre sur un écran une personne que l'on a réellement rencontrée dans la vraie vie. J'ai quelque fois croisé Irina Ionesco, la dernière fois, il y a presque une dizaine d'années, non loin des lieux principaux du tournage, les abords du zoo de Vincennes, elle était accompagnée de sa fille. Je l'ai dès ma première rencontre avec elle trouvée passablement piquée mais elle ne m'a jamais paru écervelé comme le montre le film qui en fait une détestable conne.

 

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photo d'Irina Ionesco


Le scénario présente la photographe comme une novatrice absolu du fait de photographier d'une manière impudique de jeunes personne. Hannah semble ne reconnaître comme maitre que Lewis Carrol et est présenté comme seule à faire ce genre de photos à son époque. C'est montrer une méconnaissance totale de l'histoire de la photographie. C'est oublier Hamilton et ses nymphettes embuées, Bourboulon qui n'hésitait pas dans ces années là a faire des clichés osés de très jeunes filles et l'on commençait à découvrir les images de Jock Sturges. En ce qui concerne les garçons on connaissait déjà les nus de Gérard Marot, de Nègrepont et de quelques autres... Et bien sûr il y avait Bernard Faucon. Quand à l'inspiration morbide des image d'Irina Ionesco elle doit beaucoup à l'oeuvre de Molinier...

L'ennui avec ce cinéma d'auto-fiction c'est que l'on ne sait jamais où commence la fiction. Un excellent article paru dans Lbération (http://www.liberation.fr/culture/0101648217-eva-ionesco-tombee-des-nus) nous éclaire un peu sur ce point.

 

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Par ailleurs le peintre, joué par Denis Lavant que l'on est bien content de retrouver, qui est à l'origine de la carrière photographique d'Hannah puisqu'il lui offre son premier appareil photo est dans la vraie vieCorneille qui aurait offert à Irina Ionesco, son ami d'alors pour Noël 1964 le Nikon par lequel tout à commencer. J'aimerais bien savoir qui est dans la réalité le jeune lord rocker.

Le film pose de nombreuses questions auxquelles il n'est pas facile de répondre: Hannah, la mère, est-elle un génie jusqu'au-boutiste ou bien une folle à enfermer ? Où commence, où se termine la liberté de l'artiste ? Dans quelle mesure une photographie appartient elle au photographe et non au modèle qui y figure?

Espérons que « My little princess » donne l'idée à des cinéastes talentueux de prendre pour sujet une certaine école artistique des années 70, qu'il ne faudrait pas idéaliser en la comparant avec l'obscurantisme de nos jours car on peut se demander dans quelle mesure les dérives d'un certain milieu artistique, nourri d'une certaine littérature, versé dans le New Age, où sexe et art fusionnaient dans une équation amoureuse, et auquel appartenait Irina Ionesco, ont pu amener la société bien-pensante et moralisatrice d'aujourd'hui.

 

Commentaires lors de la première édition de ce billet

Je vous remercie pour ces informations . J'ai vus aussi que vous cherchiez plus de détail sur l'acteur du Jeune Lord . Et bien d'après mes courses il ce nomme Hugo Vuillard mais je n'en n'es pas la certitude.Si vous trouvez d'autres informations à son sujet faite moi signe .
Merci encore.

Marie le16/11/2011 

 

Bonsoir.
J'aurais une question mais d'après certaine personne,impossible de répondre . Je me demandais où avait été tourné les passages(dans qu'elle région) où Hannah et Violetta sont en Angleterre?
Merci

Marie le16/11/2011 

Réponse

Malheureusement je ne peux pas vous apporter de réponse et le cinéma est un grand menteur, cela peut donc être dans la campagne française, la Normandie par exemple comme le sud de l'Angleterre comme dans le Kent.

B.A.

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TAB ET ANTHONY

Publié le par lesdiagonalesdutemps



Pour sz souvenir du ténébreux et Délicieux Anthony Perkins, acteur d'une rare élégance dans le tapageur Hollywood  sixties Le, et du discret couple qu'il forma fugitivement avec Tab Hunter. L'alliance du brun et angoissé Anthony avec la vitalité éclatante de Tab. 



















 
Anthony Perkins s'esseya comme chanteur de charme et le résultat est convainquant. On peut l'écouter en cliquant sur la ligne ci-dessous. 
http://www.youtube.com/watch?v=bHbyS4RSSLw

Pour suivre quelques images du beau Tab...

































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