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135 articles avec humeurs cinematographiques

Vous n'avez encore rien vu, un film d'Alain Resnais

Publié le par lesdiagonalesdutemps


 

 

 

Le nouveau film d'Alain Resnais est l'un de ces rares spectacles qui vous fait croire, après l'avoir dégusté, que vous êtes intelligent. C'est agréable, et déjà pour cette illusion qu'Alain Resnais en soit remercié.

« Vous n'avez encore rien vu » contient à la fois une leçon de cinéma et une leçon de théâtre. Le réalisateur a toujours voulu créer un pont entre cinéma et théâtre. Le prologue hommage appuyé (mais ce n'est pas ce qui est le plus réussi) à Sacha Guitry en un exemple. Leçons qui ne s'adressent pas aux nuls, pour reprendre le titre d'une série d'ouvrages qui pullulent en ce moment dans nos librairies, mais à un public qui a « fait » ses humanités. Car pour apprécier complètement le film , il est bon que la légende d'Eurydice ne lui soit pas complètement étrangère. Il lui est conseillé également ne ne pas ignorer totalement le théâtre d'Anouilh, ni les autres films du cinéaste. Ces conditions préalables, qu'intègrent semble-t-il naturellement le public auquel n'est pas destiné le dernier opus de Resnais et qui donc passe son chemin, nous laisse entre nous, je veux dire ceux dont la couleur de peau s'harmonise avec celle des cheveux... Ce qui est également fort agréable.

Le pitch de « Vous n'avez encore rien vu » est le suivant: Un auteur dramatique célèbre, Antoine d'Anthrac, venant de décéder, convoque dans ce qu'était sa demeure, on imagine une sorte de château fiché dans une montagne enneigée (il n'y aura pas de contre champ on e se fera une idée du manoir tombeau que par les yeux écarquillés de ceux qui le découvre), les acteurs qui au fil des années ont joué sa pièce Eurydice pour qu'ils visionnent la captation de cette même pièce jouée par une jeune troupe de théâtre. Les anciens doivent dire si leurs jeunes confrères sont dignes de prendre leur succession.

Le maitre de cérémonie-maitre d'hôtel et factotum tout à la fois (Andrzej Seweryn, lance le visionnage du film, réalisé par Bruno Podalydes et effectivement joué par une jeune troupe. Ce que l'on entend est pour l'essentiel le texte de la pièce Eurydice d'Anouilh. Resnais a également puisé, pour l'argument de son film et son début dans « Cher Victor », une autre pièce du dramaturge.

Très vite les acteurs qui ont joué jadis et naguère la pièce devance les répliques dites par leurs jeunes camarades. La caméra glisse de leur interprétation à celle de la captation. Celle des ainés submerge petit à petit celle de leurs cadets.

Pour que ce film extrêmement conceptuel fonctionne, il fallait que les acteurs d' »hier » soient joués par de grands acteurs, c'est le cas puisque apparaissent sous leur vrai nom dés les premiers instant, Pierre Arditi, sabine Azema, Lambert Wilson, Consigny pour les rôles principaux d'Orphée et Eurydice et aussi, parfois pour de tous petits rôles, Michel Piccoli, Gérard Lartigau en petit régisseur (qui me semble avoir vu dans le même rôle que dans le film au théâtre dans mes jeunes années, j'espère qu'un de mes lecteurs pourra confirmer ou infirmer la chose), Hippolyte Girardot qui en souteneur-impresario nous entraine dans un polar de l'immédiate après guerre... Il ressuscite Jule Berry! Il y a encore Michel Vuillermoz qui forme avec Annie Dupérey un couple de médiocres « sam suffit » délectable. Amalric en Charron n'a jamais été mieux.

Je regrette toutefois que le couple Azéma-Arditi ait pris trop le pas sur les autres Orphée et Eurydice déséquilibrant trop le film en leur faveur. Même si le fait qu'ils soient les plus éloignés de l'âge de leurs rôle charge leur échange d'une grande émotion, faisant s'interroger le spectateur sur la pertinence et la permanence de l'amour à un âge qui n'est plus celui des pages glacées des magazines de mode.

En sus deux acteur eux joue directement un personnage, Denis Podalydes qui interprète l'auteur dramatique défunt, il apparaît dans un petit film dans le film, et Andrzej Seweryn en majordome inquiétant, cauteleux et autoritaire.

Les savants et ludiques procédés de Resnais ont du faire plaisir à Anouilh si d'outre tombe il a pu les voir (on peut le penser puisque nous sommes dans un film de fantômes) car je crois que jamais la langue d'Anouilh a aussi bien sonné. Ce qui est un peu paradoxale car Eurydice n'est certainement pas la meilleure pièce d'Anouilh mais l'exceptionnelle mise en scène de Resnais fait que l'on a l'impression en voyant cet Eurydice en stéréophonie d'être en face d'une pièce qui serait écrite par Becket, il est difficile en voyant Piccoli de ne pas penser à « En attendant Godot » et aussi par Noël Coward tant le décor (du à Jacques Saulnier l'habituel décorateur du metteur en scène Y qui doit aimer le peintre Paul Delvaux...) et parfois l'urgence des acteurs évoque « Brève rencontre ». Resnais a réussit à faire d'Orphée un mythe moderne, là où avait échoué Cocteau, encombré de tout un bric-à-brac des années trente, et demy dont le « Parking » était irrémédiablement plombé par le très mauvais acteur qu'est Francis Huster.

Un nouveau merci à Resnais pour cette superbe réhabilitation d'Anouilh; je me souviens que tout le gratin du prêt à penser de « gôche » avait fait la fine bouche lors de l'entrée d'Anouilh dans la Pléiade!

Les jouvenceaux de la jeune troupe, la compagnie de la colombe, dans une mise en scène très jeune théâtre » sont très en deçà de leurs ainés, mais c'est ce qu'il fallait. Sylvain Dieuaide en Orphée est mignon dans le genre mièvre, mais à tout prendre plus le personnage écrit par Anouilh que Pierre Arditi et Lambert Wilson dans leurs jeunes années. Quant à Vimala Pons en Eurydice, que l'on voit trop peu on sent poindre à souhait en elle la salope, car l'Eurydice d'Anouilh en est une.

Resnais use à plaisir à la fois des facilité du théâtre et de celles du cinéma. Le décor semble glisser comme sur des rail. Il nous entraine d'un caravansérail montagnard au buffet d'une gare de Province où sur le quai une affiche fait la réclame pour « Hiroshima mon amour » autre film de rencontre car celui-ci en est aussi un. Se mêlent décor de studio et incrustations numériques comme les intempestifs trains à vapeurs qui passent dans l'image comme le jogger dans « Providence ».

Je ne vous dirais rien des dernières facéties d'Alain Resnais tant il faut voir le film pour que perdure un cinéma intelligent. Resnais apprêterais à tourner un nouveau film. Croisons les doigts pour qu'il ait la même longévité artistique qu'Oliveira et cela pour notre plus grand plaisir.

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Pourquoi? un film d'Anouk Bernard

Publié le par lesdiagonalesdutemps

J'ai trouvé naguère ce billet sur un site malheureusement disparu, d'un hibou cinéphile, sur un film, "Pourquoi?", que je cherche depuis longtemps.

 

Cher lecteur si vous avez "Pourquoi?" dans votre vidéothèque dans votre vidéothèque contactez moi, merci d'avance.

 

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Pourquoi ?

un Film Français écrit et réalisé par Anouk Bernard d’après son livre 1977/ avec Jaime Gomez (Patrick) Etienne Bierry (le Père) Simone Landry (la Mère) Jean Négroni (Le médecin) Paul Demange (L'avorteur) Christine Fabrega (La psychologue) Luce Fabiole (La grand-mère) Gérard Barray (Le pharmacien)  Bernard Lavalette 1H48.

 

Patrick (Jaime Gomez), 13 ans environ, est un garçon comme les autres, un peut coincé par sa mère irascible (Simone Landry) et oublié par son père souvent absent (Etienne Bierry), jusqu’au jour, ou, pour ne pas passer pour un « dégonflé », il fume du Haschish avec ses copains. Il fréquente alors une bande de zonards et s’intoxique avec eux, puis, ayant rencontré un brave copain, il craque et avoue tout à son père. Une cure de désintoxication en hôpital le rend tout neuf à sa famille. Mais bientôt, à nouveau, il prend la fuite et vit en clochard, de vols et de prostitution pour se piquer avec la drogue que lui procure un trafiquant d’avortements clandestins (Paul Demange). Une deuxième fois son père le ramène au bercail. Brèves retrouvailles car les mêmes causes ont les mêmes effets. Patrick va s’enfoncer de plus en plus dans l’enfer… 

 

Il s’appelle Patrick, il va vers ses quinze ans à la rencontre de la vie, ses espoirs et ses pièges. Visage semblable à mille autres, déjà un homme, grand yeux d’enfant sage.

Ses parents, son école, ses rêves et ses premières découvertes : voilà tout son univers.

Il pourrait être votre fils ou son voisin de classe. Il a pour lui sa jeunesse, ses secrets et aussi sa tendresse, parfois déroutante…

Sa mère, de tempérament inquiet et autoritaire, l’aime maladroitement, sans vraiment le comprendre. Elle est obsédée par l’avenir de son enfant et par sa réussite dans des études quelle n’a pas pu faire elle-même.

Son père, pris par son métier, n’aspire qu’à la tranquillité après le travail. Souvent absent, il ne s’occupe pratiquement pas de Patrick, sans pour autant sans désintéresser…

Voilà le décor planté, avec les principaux personnages, où va se jouer le drame de la drogue.

 

A travers la morosité et l’agressivité qui se dégagent le plus souvent des films actuels, je veux souligner le courage dont a fait preuve Anouk Bernard en abordant un sujet difficile et rebattu.

J’ai été profondément touché en découvrant cette histoire construite autour de la personnalité d’un enfant.

Anouk Bernard  est allée au cœur du sujet. On sent combien elle a compris le problème. Sans tricher, sans faire aucune concession, sans parler de morale, sans explications superflues, elle nous fait vivre pleinement, non seulement le drame de la drogue, mais aussi le désarroi et la solitude d’une partie de la jeunesse.

Dans ce livre, j’ai retrouvé l’ambiance et les situations du film, et j’ai davantage compris l’importance du rôle des parents, désarmés devant le cas de conscience que leur posent leurs enfants.

Comme Anouk Bernard se refuse à tout jugement, laissant à chacun la liberté de conclure, en ce qui me concerne, je dirai simplement que se livre est un document que tout le monde devrait lire.

 

Michel Drucker (Préface du livre)

 

Un film écrit et réalisé par Anouk Bernard d’après son livre (Pourquoi ? la drogue…quinze ans…la solitude…) paru aux éditions Seghers.

 

 

Tout d’abord il faut remettre le film dans le contexte de son époque 1977, depuis, beaucoup de films sur ce sujet ont été fait, et bien plus fort, mais peut être avec moins d’intelligence pour montrer le rapport d’un adolescent avec ses parents.

En 1977 c’était les Jean’s pattes d’éléphant, des jeunes qui se retrouvent en petit groupes pour fumer du Haschish et surtout pour s’évader du milieu familial dans une société de moins en moins tolérante avec eux; le gouvernement de l’époque n’était pas ce qu’il y avait de mieux.

Cela dit Pourquoi ? Et un film très émouvant que je conseille vivement, l’ennui c’est qu’aujourd’hui, ce film et introuvable, j’en avais un enregistrement une V.H.S à l époque où le film avait été diffusé sur Antenne.2 dans les années 80 (enregistrement qui à brûlé dans un incendie) mais si un lecteur de se blog en possède une copie, contacter moi.

La réalisatrice Anouk Bernard dont je ne sais pas grand-chose à signé le scénario, la réalisation et la musique de ce film; j’ai entendu dire qu’elle évolue aujourd’hui dans le milieu du théâtre parisien.

Parmi les acteurs Jaime Gomez dans le rôle de Patrick est très émouvant, Etienne Bierry et Simone Landry sont tous deux très bien à leurs place, ainsi que Paul Demange, Jean Négroni et Christine Fabrega.  

 

Le Regard du Hibou (A.M).

 

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En se souvenant de Paul Gégauff

Publié le par lesdiagonalesdutemps

J'ai connu fugitivement Paul Gégauff qui est un de ces passants éphémères de ma vie qui ne passe pas... Rohmer,  dans un remarquable entretien dans Les cahiers du cinéma avec Jean-Michel Frodon, dont habituellement je ne suis pas un fervent, en parle très bien: << Je parle de lui, parce qu'il a eu une influence immense sur nous tous: sur Chabrol évidemment, mais aussi sur Godard qui mettait dans ses dialogues des phrases de Gégauff. Quant à mes films, il a théoriquement collaboré aux dialogues du "Signe du lion". En réalité, c'est plutôt que son personnage a influencé celui du film. Je voyais qu'il était très paresseux, et comme je suis toujours très précautionneux, j'avais déjà écrit les dialogues. Je lui ai apporté mon scénario et il m'a dit que les dialogues étaient yrès bons, qu'il n'y avait qu'à les garder. J'ai tout de même dit qu'ils étaient de lui parce qu'il a beaucoup influencé le film, une sorte de collaborateur dans l'ombre. D'autres personnages peuvent lui ressembler vaguement. Celui de Brialy dans "Le genou de Claire" qui est finalement très différent, mais la nouvelle que j'avais écrite était inspirée de lui. Le personnage joué par Fédor Atkine dans "Pauline à la plage" lui ressemble, et pas mal d'autres. Dans "La collectionneuse", je ne sais pas s'il m'a inspiré directement ou s'il a inspiré les acteurs, qui le connaissaient. C'est vraiment l'éminence grise du cinéma de la Nouvelle Vague...>>

En cliquant sur les rectangles verts, on peut écouter une remarquable émission de France-culture en deux parties sur cet homme libre. On y entend entre autres Claude Chabrol.

 

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Surpris par la nuit (13 février 2007) intitulé "Paul Gégauff, une partie de plaisir". 

 

 

Surpris 070214 (2-2) Le reflux interdit.WMA

 

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Les enfants loups, Ame & Yuki, un film de Mamoru Hosoda

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Affiche de 'Les Enfants Loups Ame & Yuki'

 

Hana, encore étudiante tombe amoureuse d'un garçon mi-homme, mi-loup. De cet amour naissent une fille Yuki, bientôt suivi d'un garçon Ame. Tout deux peuvent à leur guise se transformer en loup. Le père est tué. Hana se retrouve seule pour élever ses enfants différents des autres. Elle décide de les emmener à la campagne dans une maison isolée, loin des yeux indiscrets mais elle ne peut s'abstraire longtemps de la communauté villageoise.

Le film est centré sur la relation d'Hana avec ses deux enfants. Il se déroule sur treize ans, de la conception des enfants jusqu'au moment où les jeunes êtres acquièrent définitivement leur autonomie. Ce sont les éléments, une tempête, qui orchestrent la rupture finale, apportant aux « Enfants-Loups » une conclusion épique. Le réalisateur, maitre de l'ellipse, contracte ou dilate le temps à sa guise.

Toute l'histoire est racontée, quelques années après les faits par Yuki. Elle se déroule dans un passé récent dans lequel il n'y a pas d'ordinateurs personnels, ni téléphone portable.

Pour bien comprendre le film, par ailleurs très simple et accessible à tous, il faut tenir compte de la place différente que tient le loup dans l'imaginaire japonais par rapport à sa place dans l'imaginaire européen où il est associé au mal. Au Japon où il a disparu à la fin du XIX ème siècle, c'est un animal respecté. Les caractères qui forment son nom  sont les mêmes que ceux de "grand dieu". Le loup est vénéré dans certains temples shintoistes. 

Le somptueux décor de l'histoire est fourni par l'endroit où Mamoru Hosoda a passé son enfance, la région de Toyama au nord-ouest de Tokyo. Une campagne idéale mais pourtant bien réelle, un peu telle qu'on l'imagine lorsque l'on habite en ville. Le choix des angles de prise de vues est souvent audacieux. Mamoru Hosoda comme tous les grands cinéaste raconte d'abord sont histoire à travers ses images; le film est peu bavard.

Cette fable pour enfants et adultes a une profondeur et une exactitude psychologique que n'atteindra jamais une semblable production américaine parce qu'elle serait issue d'une civilisation adolescente, son histoire n'a guère que trois siècles, et hétérogène alors que dans cet animé japonais, on sent à chaque image qu'il vient d'un monde ancien et homogène.

Bien que Mamoru Hosoda exècre qu'on le compare à Miyasaki, mais comment lorsque l'on parle de l'animation japonaise faire abstraction de son maitre incontesté, ce serait comme oublier Walt Disney à propos du dessin animé américain, l'inspiration de son film a beaucoup de points communs avec ceux de Miyasaki (y compris avec ceux de Miyasaki junior). Tout d'abord la présence primordiale de la nature, ce qui n'est pas original au Japon tant la nature est présente dans le quotidien de la plupart des japonais y compris ceux qui habitent les grandes villes. Il faut dire que dans de nombreuses ville telles Kyoto, Nara ou Hiroshima on passe sans transition de la ville la plus dense à la campagne-montagne. Car si le préambule se déroule dans la banlieue de Tokyo, tout le film a pour cadre une campagne japonaise au pied de montagnes. Cette localisation du récit nous vaut un plaidoyer pour la vie à la campagne avec la mise en avant d'un travail directement nourricier et l'entraide indispensable entre les membres d'une si petite communauté qu'est le village. Ce qui est dans la droite ligne des désir du gouvernement japonais qui s'inquiète à la fois de la désertification des campagnes et de la toujours plus grande dépendance du pays envers de l'étranger pour nourrir ses habitants.

La qualité du film tient certainement pour une grande part à ce que l'équipe qui l'a réalisé est bien rodée. Satoko Okudera pour le scénario, Yoshiyuki Sakamoto pour le character design ont déjà, aux mêmes postes participé aux deux premiers films du réalisateur, « La traversé du temps » et « Summer wars ». Les deux premiers films du réalisateur, tout réussis qu'ils soient ne laissaient pas présager que son troisième film d'une inspiration bien différente serait un tel chef d'oeuvre.

L'air de famille qui existe entre les productions Ghibli et « Les enfants loups » n'est pas un hasard puisque pour la direction artistique (la supervision des décors) c'est Hiroshi Ono qui s'en charge et qui avait tenu le même poste pour « Kiki la petite sorcière ». Les décors sont particulièrement soignés et la reproduction de l'eau n'a encore jamais été aussi bien figurée dans un animé.

L'influence de Miyasaki n'est pas la seule décelable, celle de Tezuka est également importante par le thème la transformation de l'homme en animal, qui il est vrai irrigue de nombreuses oeuvres artistiques japonaises, mais aussi d'une manière plus ténue en ce qui concerne le dessin. Lorsque Ame se transforme en loup adulte, sa physionomie semble sortir du crayon de Tezuka.

Si l'influence de Miyasaki est indéniable, Mamoru Hosoda n'est en rien une copie de son ainé. Même si chez lui tout comme chez son ainé on sent une nostalgie pour le Japon agraire, voir féodal. Son inspiration est beaucoup plus ancrée dans la réalité; ce que ne laissent pas voir à première vue ses thèmes, le voyage dans le temps pour son premier film, la guerre entre le virtuel et le réel pour le second et pour celui-ci des humains qui se transforment en loup pourtant c'est un cinéaste très réaliste qui puise dans son propre quotidien. C'est en allant visiter des amis qui avaient des enfants de trois et quatre ans et en voyant leur turbulance qu'il a eu l'idée des enfants loups

L'une des morale de ce très beau film est qu'il faut laisser le choix aux enfants de choisir leur avenir.

Un grand film émouvant que peuvent voir aussi bien les enfants que les adultes.

 

Nota: Mamoru a réalisé un superbe film publicitaire "Superflat Monogram conçu pour Louis Vuitton par pe plasticien Takashi Murakami. 

 

 

Pour retrouver d'autres billets sur les animés sur le blog: Colorful de Keiichi Hara,  La colline aux coquelicots de Goro Miyasaki,  Tatsumi de Khoo,  Les enfants loups, Ame & Yuki, un film de Mamoru Hosoda

La bande-annonce

 

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pour se souvenir du Je suis le seigneur du château (1989)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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pour se souvenir du souffle au coeur (1971)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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L'enclos, un film d'Armand Gatti

Publié le par lesdiagonalesdutemps








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Printemps 1944 . Au camp de concentration de Ianenberg, un officier S.S a eu l'idée de jeter dans un enclos spécial deux détenus condamnés à mort, un allemand, Karl, et un juif français, David. Ils passeront la nuit ensemble, mais à l'aube, celui qui aura eu l'atroce courage de tuer son compagnon sera gracié. Karl, déporté depuis dix ans, est un membre important de l'organisation clandestine antinazie du camp. Ses nombreux amis décident de le sauver. Des préparatifs fébriles coupés d'alertes aériennes occupent cette nuit tragique. Le plan consiste à faire sortir Karl de l'enclos et à le remplacer par un cadavre au visage défiguré. Ainsi les S.S. croiront qu'il été tué par son compagnon.


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Ce dernier aura la vie sauve et Karl, sous un autre nom, poursuivra sa vie et son oeuvre clandestine. Mais David acceptera-t-il cette substitution ? Parlera-t-il ? Avec l'aide d'une sentinelle consentante, l'opération se poursuit. La confrontation entre Karl et David passe par des phases diverses : incompréhension mutuelle, peur, angoisse. David comprend le stratagème et consent. Karl sort et échappe à la mort. Mais à l'aube de cette atroce nuit, quand les S.S. pénètrent dans l'enclos, ils arrêtent David, ce juif coupable d'avoir fait couler le sang allemand, même d'un antinazi, et, l'envoient à la chambre à gaz. Les S.S. n'ont fait que se distraire.
Ce film est l'unique incursion dans le cinéma d'Armand Gatti célèbre homme de théâtre. Pendant longtemps Gatti a dit que ce film était basé sur ses propres souvenirs de déporté. Depuis quelques années la déportation de l'auteur est mise en doute. Cette suspicion n'enlève rien à la force du film qui mettait en avant un excellent acteur, Jean Négroni qui, s'il était un habitué des scènes de théâtre et de la télévision, en particulier des dramatique historique, il fut inoubliable dans le rôle de Robespierre, était trop rare au cinéma.
Curieusement on retrouve dans "Bent" une séquence semblable à celle des pierre à l'enclos dans "L'enclos" qui a été tourné en 1961. 


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On peut écouter Armand Gatti sur les ondes:
Particulièrement sur Radio Gatti est une web radio qui émet des émissions autour des expériences d'Armand Gatti. Gatti, Poète, homme d'un " théâtre sans spectateurs ", atypique, auteur d'une oeuvre gigantesque et méconnue. Pour en savoir plus : http://la-parole-errante.org/ " Fréquence " de la radio pour qui veut la capter quand elle fonctionne :
http://listen.radiozerozero.com/arbre.mp3?1321645664703.mp3


Il y a des émissions en provenance de France Culture, 3 ACR et 5 Nuits magnétiques passionnantes dont deux consacréees à Gatti et 3 (sur 4 il en manque une) de Benoît Artaud souvent présent dans les " aventures Gatti " mais consacrées ici aux territoires de la marchandise. Présences de petits parasites mais le son reste très bon dans l'ensemble.

ACR19880214 - Le principe écriture (Armand Gatti) I. « Les Arbres à la conquête du ciel. Les pronoms personnels »
http://www.mediafire.com/?ohtyon7olzb1l5h

Le principe écriture est une série de trois ateliers de création radiophonique réalisés par Hélène Chatelain pour France Culture en 1988. Texte de présentation : supplément au n° 2 de L’Oiseau flûteur qui voulait joindre les cinq échelles de l’univers, journal de La Parole errante. 1987-1989.

ACR19880221 - Le principe écriture (Armand Gatti) II. « Les Arches de Noé. Les lexiques »
http://www.mediafire.com/?i1ue2l6oi7u9b12

Deuxième émission. Les exigences du langage s'affirment. Le propos : les non voulus d'aujourd'hui s'adressent aux non-voulus de la génération très particulière de leurs pères. Avec la participation de Felix Moussie et Daniel Souques, responsables du CRAFI, Mr Attali responsable de la Maison Communautaire Israëlite de Toulouse , Jacques Gryberg, Jean-Philippe Grynberg, et l'aide de l'A.J.E.C.T.A. et du Musée de la Résistance de Toulouse. Mixages d'entretiens, de reportages et d'extraits de spectacles Les Arches de Noé.

ACR19880228 - Le principe écriture (Armand Gatti) III. « Les Arches de Noé. Les langages »
http://www.mediafire.com/?47q9wbnezg1b14g

Troisième et dernière émission. C'est le temps de l'écriture des langages proprement dit, et comment ils ont été investis de l'intérieur par ces « analphabètes », ces « relégables », ces « psychiatrisés » comme ils se désignent eux-mêmes. Avec la participation de la Maison Communautaire Israëlite de Toulouse, Jacques Grynberg, le Rabbin Charles Liche, Fania Perez, Gil Rozes et la collaboration du Musée de la Résistance de Toulouse, et de l'A.J.E.C.T.A. Mixages d'entretiens, de reportages et d'extraits de spectacles Les Arches de Noé.

Nuits Magnétiques - Nuit indienne I - Voyage en langue Maya (Armand Gatti) (15.06.98)
http://www.mediafire.com/?aambabz67zhxv7k

Nuits Magnétiques - Nuit indienne II - Le trajet indien d'Armand Gatti (16.06.98)
http://www.mediafire.com/?u9mk4ka0ngf6gef

2 émissions consacrées à Armand GATTI et à son combat pour la culture des indiens d'Amérique du Sud.

Nuits Magnétiques - Les territoires de la marchandise - I. L'énigme de la marchandise (par Benoît Artaud) (03.05.99)
http://www.mediafire.com/?g324o92wzw6tey1

I. L'énigme de la marchandise
C'est une ritournelle: la marchandise envahit tout l'espace, cible après cible, marché après marché. Parler de territoires, ce serait justement circonscrire son emprise sur nos vies. Pourtant, la marchandise produit des espaces particuliers, des zones techniques. Depuis Paris, l'autoroute A1 qui s'en va vers le Nord, en longe quelques-unes : Garonor, puis, un peu plus loin, Paris Nord II dans lesquelles nous tenterons une
visite à plusieurs niveaux.
Jean-Pierre Lefèbvre, professeur à l'École normale,
Denis Duclos, chercheur au CNRS.
Présenté par Benoît Artaud
Réalisation : Marie-France Thivot

Nuits Magnétiques - Les territoires de la marchandise - II. Le pays de Cocagne (par Benoît Artaud) (04.05.99)
http://www.mediafire.com/?27x44avjjfoum94

Nuits Magnétiques - Les territoires de la marchandise - III. À la poursuite de la baleine (par Benoît Artaud) (05.05.99)
http://www.mediafire.com/?t1wuh293fo46u33


Archives Gatti déjà déposées (Le à voix nue par Marc Kravetz est une excellente entrée en matière pour qui voudrait découvrir Gatti :

http://www.mediafire.com/?a2c3jvh89bjcu

Ecouter Radio Gatti :
http://www.armand-gatti.org/index.php?cat=radio-gatti
La radio est souvent en panne ! Mais ils ont ajouté un système d'écoute plus simple...

Le programme des émissions (qui repassent en boucle)
http://www.radio-gatti.org/audiosources/playing/


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Agora, film d'Amenabar (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Alexandrie au quatrième siècle de notre ère, l'empire Romain se délite. Les fanatiques chrétiens sont en passe de faire régner l'intolérance et la terreur. Une femme philosophe et ses disciples s'interrogent sur le cosmos, dernières lumières de la raison avant les temps obscurs.

Voilà cinquante ans, que le grand amateur du péplum que je suis, se voyait présenté les chrétiens comme des agneaux et meilleur met des lions. Divine surprise! nous vient d'Espagne, enfin le réalisateur Amenabar est espagnol car la production est internationale, « Agora » qui nous les montre tels qu'ils étaient ( et qu'ils sont restés ) de sanguinaires obscurantistes. Ce n'est d'ailleurs pas que les païens ou les juifs soient meilleurs, plus éclairés ou plus doux, non, dans cette Alexandrie du quatrième siècle, ils se trouvent qu'ils ont la malchance de devenir minoritaires, passant ainsi, du jour au lendemain, de la situation de bourreaux à celles de victimes. Vieille histoire qui se répète probablement depuis des millénaires et qui semble avoir un bel avenir devant elle. D'ailleurs j'ai un délicieux petit tapis de prière, dans un de mes placards. Je le sortirais à bon escient lorsque les ignares mahométans seront majoritaires dans notre contrée, ce qui ne saurait tarder. Alors nombre de benêts pourrons dire, comme dans le film, cet adorateur d'Osiris se penchant sur la foule grouillante et hostile qui l'assiège: << Depuis quand sont-ils aussi nombreux?>>…

 


Le film fait un parallèle constant et pesant entre ces chrétiens d'hier et les islamistes d'aujourd'hui. Pour être sûr que le spectateur comprenne bien, chaque idée est assénée de nombreuse fois. Et pour appuyer encore un peu plus le propos de son scénaristeMateo Gil, le réalisateur a donné au chef des catéchumènes une gueule de repoussant ayatollah.

Les amoureux des reconstitutions antiques, dessinées par Jacques Martin, Chaillet et autres Dufaux et Delaby trouveront leur compte avec celles d'Agora somptueuses grâce à l'indiscernable aide numérique.

La distribution, très internationale, dans laquelle il n'y a pas de célébrité, excepté Michael Lonsdale que j'avais quitté dans "Banc public" acheteur de paillasson et que je retrouve avec plaisir, toujours aussi patelin, en toge, se tire très bien de l'exercice toujours difficile qu'est l'incarnation de personnages antiques. A noter que le jeune et bel esclave, Davus qui est amoureux d'Hypatia est interprété par le fils de feu Anthony Minghella, Max Minghella. 

Le film est, à travers sa seule figure positive, d'Hypatia, une belle et fière philosophe, qui m'a évoqué en féminin celle du Zénon de Margueritte Yourcenar, une ode à l'athéisme et à la raison. Annoncerait il le grand retour d'Auguste Comte (première manière car sur sa fin le chantre du positivisme s'est fourvoyé dans un ersatz scientiste de religion). Plus que par la dénonciation des intolérances et de la bêtise des religions, ce qui n'est tout de même pas inutile de rappeler en ce moment, je m'étonne que cela nous vienne d'Espagne où la religion catholique est encore prégnante , mais c'est peut être la raison de la vindicte d'Amenabar, c'est par la peinture du petit groupe de lettrés qu'il nous propose qu'Agora m'a intéressé. A une époque ou l'anti intellectualisme se porte bien on ne peut que saluer un film qui met en son centre le savoir.

 








 

Le mythe féminin d'Hypatie a eu de multiples interprétations comme nous le rappelle le philosophe américain John Thorp:

« Hypatie est l'héroïne idéale. Elle était charismatique ; elle mourut horriblement ; elle fut au centre d'un jeu compliqué de tensions politiques et religieuses ; et – la qualification la plus importante pour le statut de héros – en fin de compte nous savons très peu sur elle de façon claire et certaine. Une étoile qui brille, certes, mais vue à travers les brumes du temps et de l'oubli. Nos incertitudes invitent la construction d'une héroïne. L'un des principaux thèmes des études récentes sur Hypatie est précisément la diversité des interprétations de son histoire. Un livre italien, d'Elena Gajeri, portant le titre Ipazia, un mito letterario – « Hypatie, un mythe littéraire » suggère qu'Hypatie, telle que nous la connaissons, est une construction de l'imaginaire plutôt qu'une réalité de l'histoire. »

« Déjà dans l'antiquité tardive elle était une héroïne païenne pour avoir été massacrée par les chrétiens, ou encore une héroïne des ariens pour avoir été massacrée par les orthodoxes, ou encore une héroïne des chrétiens de Constantinople pour avoir été massacrée par les chrétiens intempérants d'Alexandrie. Plus récemment elle s'est vue traiter d’héroïne anticléricale, victime de la hiérarchie ; héroïne protestante, victime de l'église catholique ; héroïne du romantisme hellénisant, victime de l'abandon par l'Occident de sa culture hellénique ; héroïne du positivisme, victime de la conquête de la science par la religion ; et, tout dernièrement, héroïne du féminisme, victime de la misogynie chrétienne. Femme polyvalente ! »


« Vous avez donc, chez Hypatie, tous les éléments idéaux pour une histoire captivante : il y a le fait exotique, dans l'antiquité, d'une femme mathématicienne et philosophe ; il y a son charisme indéniable ; il y a l'élément érotique fourni par sa beauté et par sa virginité ; il y a le jeu imprévisible des forces politiques et religieuses dans une ville qui a toujours connu la violence ; il y a la cruauté extraordinaire de son assassinat ; et, en arrière-plan, le sentiment profond d'un changement inexorable d'ère historique. De plus il y a notre manque d'informations claires et précises sur elle, ce qui permet aux fabricants de légendes de remplir les lacunes comme ils veulent »



Nota:
1- l'augmentation de mon précédent billet doit tout à l'excellent site Mes couleurs du temps: http://mescouleursdutemps.blogspot.fr
2- quelques précisions historique sur Hypatie 
Hypatie par Charles William Mitchell, 1885 (via : wikipedia)
Hypatie d'Alexandrie (en grec ancien Ὑπατία / Hypatia, v. 370-415) était une mathématicienne et une philosophe grecque.
Son père Théon d'Alexandrie, dernier directeur du Musée d'Alexandrie, fut éditeur et commentateur de textes mathématiques. Il éduqua sa fille en l'initiant aux mathématiques et à la philosophie.

Hypatie fait ses études de sciences, philosophie et éloquence à Athènes. Elle travaille aussi dans le domaine de l'astronomie et de la philosophie. Elle écrit des commentaires sur L'Arithmétique deDiophante, sur Les Coniques d'Apollonius de Perga et sur Les Tables de Ptolémée. Ses exposés publics à Alexandrie, où elle défend les thèses néoplatoniciennes (sans l'influence de Plotin) lui valent une grande renommée. Cependant aucun de ses travaux ne nous est parvenu, en particulier à cause de l'incendie final de la Bibliothèque d'Alexandrie; cela explique sa faible notoriété.


L'historien chrétien Socrate le Scolastique rapporte dans son Histoire ecclésiastique (vers 440) :
«Il y avait à Alexandrie une femme du nom d’Hypatie; c’était la fille du philosophe Théon; elle était parvenue à un tel degré de culture qu’elle surpassait sur ce point les philosophes, qu’elle prit la succession de l’école platonicienne à la suite de Plotin, et qu’elle dispensait toutes les connaissances philosophiques à qui voulait; c’est pourquoi ceux qui, partout, voulaient faire de la philosophie, accouraient auprès d’elle. La fière franchise qu’elle avait en outre du fait de son éducation faisait qu’elle affrontait en face à face avec sang-froid même les gouvernants. Et elle n’avait pas la moindre honte à se trouver au milieu des hommes; car du fait de sa maîtrise supérieure, c’étaient plutôt eux qui étaient saisis de honte et de crainte face à elle. 

Contre elle alors s’arma la jalousie; comme en effet elle commençait à rencontrer assez souvent Oreste, cela déclencha contre elle une calomnie chez le peuple des chrétiens, selon laquelle elle était bien celle qui empêchait des relations amicales entre Oreste et l’évêque. Et donc des hommes excités, à la tête desquels se trouvait un certain Pierre le lecteur, montent un complot contre elle et guettent Hypatie qui rentrait chez elle : la jetant hors de son siège, ils la traînent à l’église qu’on appelait le Césareum, et l’ayant dépouillée de son vêtement, ils la frappèrent à coups de tessons; l’ayant systématiquement mise en pièces, ils chargèrent ses membres jusqu’en haut du Cinarôn et les anéantirent par le feu. Ce qui ne fut pas sans porter atteinte à l’image de Cyrille d'Alexandrie et de l’Église d’Alexandrie; car c’était tout à fait gênant, de la part de ceux qui se réclamaient du Christ que des meurtres, des bagarres et autres actes semblables soient cautionnés par le patriarche. Et cela eut lieu la quatrième année de l’épiscopat de Cyrille, la dixième année du règne d’Honorius, la sixième du règne deThéodose, au mois de mars, pendant le Carême
 Source : wikipedia

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La ronde de nuit, un film de Peter Greenaway (réédition augmentée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Gaff1298989984On retrouve avec plaisir le cinéma de Peter Greenaway après une trop longue absence avec les même défauts et les mêmes qualités que lors de notre dernière rencontre. Il y a toujours cet intellectualisme un peu cuistre que transfigure un regard d'esthète qui peut devenir de temps à autre  légèrement salace, cet amour des intrigues de pouvoir compliquées dans un microcosme.
Le sujet du film, une spéculation sur le sens caché du plus célèbre tableau de Rembrandt, La ronde de nuit. Le tableau serait, crypté, et dénoncerait un crime et désignerait le coupable; la révélation d'un crime, rappelle beaucoup celui de "Meurtre dans un jardin anglais"; mais les personnages de "La ronde de nuit sont beaucoup moins policés que ceux du premier opus de Greenaway.
On apprend que c'est sur l’insistance de Saskia, son épouse enceinte, que Rembrandt, alors au sommet de son art et de sa gloire, accepte, avec réticence, une commande, un portrait de groupe de la milice civile d’Amsterdam ce qui donnera l'immortel "Ronde de nuit". Saskia lui donne un fils Titus qui mourra en 1668, un an avant son père. Saskia ne se remet pas de ses couches mais vivra assez longtemps pour voir le tableau. Le peintre découvre par hasard un horrible assassinat. Déterminé à faire éclater la vérité, il bâtit méthodiquement son accusation à travers la peinture qui lui a été commandée. Il compte ainsi révéler le visage aussi sordide qu’hypocrite de la société hollandaise...
Le réalisateur suggère que c'est la vengeance des notables d'Amsterdam qui aurait conduit Rembrandt à la ruine et non comme c'est communément admis les dépenses somptuaire de sa maîtresse et le changement de mode.
Les scènes de sexe des plus crues ne manquent pas dans le film et Martin Freeman, un parfait Rembrandt véritable sosie du peintre de nous cache rien de ses avantages qui, n'étant pas du calibre de son talent de comédien, il eut peut être été préférable de ne pas sur exposer.
Plus intéressant que le mac gufin que constitue le mystère, quasi policier, du tableau où la peinture un peu trop à charge de la bourgeoisie amsterdamoise, est le portrait de Rembrandt que nous propose Greenaway, tantôt candide, tantôt calculateur, tantôt faible, tantôt courageux, souvent paillard, parfois fleur bleue et surtout dominé par son amour des femmes.
Le film qui se regarde sans ennui malgrè sa longueur, vaut néanmoins surtout pour le magnifique travail du directeur de la photo, un maître du clair obscur qui fait défiler devant le spectateur une suite ininterrompue de "Rembrandt" et cela sans jamais tomber dans le statisme où sont tombé de nombreux films ayant pour sujet un peintre. Je conseille au futur spectateur du film de réviser son rembrandt avant pour se mettre les toiles du peintre "dans l'oeil".
Greenaway nous fait voir la "Ronde de nuit" un peu différemment lorsqu'il met en évidence l'ombre « très démonstrative », selon le cinéaste, de la main d'un personnage qui s'étale sur le ventre d'un autre. Est-ce une provocation d'ordre sexuel ?, s'interroge Greenaway.


ronde_de_nuit

 

Le cinéaste dynamise son film par des artifices un peu clinquant comme l'adresse du comédien à la caméra ou bien encore le galop d'un cheval dont on a l'impression  qu'il va finir  contre notre fauteuil.  Pourtant ces subterfuges qui pourraient être grossiers donnent un peu d'air au film grâce à l'excellence des décors et la grande qualité des comédiens. Les quelques extérieurs sont judicieusement distribués tout au long du film et réussissent à nous faire oublier ce que la scénographie de Greenaway à de trop théâtrale avec ce lit qui tient du char à banc et du radeau sur lequel se déroule une grande partie du film. Le réalisateur a l'intelligence de ne jamais montrer Rembrandt peindre...
La ronde de nuit est une extravagance historique qui n'est pas sans rappeler celles de Ken Russell, cinéaste qu'il serait temps de réévaluer.







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Quartier lointain, un film de Sam Garbarski

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

 

A l'impossible nul n'est tenu, car c'était bien une folle gageure que d'adapter au cinéma le chef d'oeuvre de Taniguchi (le mangaka fait une apparition, en passager du train à la fin du film), le manga "Quartier lointain" et qui plus est de le transposer dans la France des années 60. Pour ceux qui ne connaitrait pas cette exceptionnelle bande dessinée, en voici l'argument: De nos jours Thomas, la cinquantaine, doté de femme et enfant est un dessinateur de bande dessinée en panne d'inspiration, se rendant au Salon de la B.D d'Angoulême, il se trompe de train. Il se retrouve dans celui qui le conduit à sa ville natale où il n'est pas revenu depuis plus de 20 ans. Il profite de sa bourde pour se rendre sur la tombe de sa mère. Là, il a un malaise, s'évanouit et se réveille âgé de 14 ans (mais ayant gardé sa mémoire d'adulte) au début des années 60, juste avant la date à laquelle sont père avait abandonné sa famille; il va tenter d'empêcher ce départ...

 

 

 
 

Et bien Sam Garbarski, cinéaste dont je n'avais jamais entendu parlé, "Quartier lointain est son deuxième film, se tire honorablement de son impossible entreprise. Pourtant cela commence bien mal avec un Pascal Gregory dans le rôle de Thomas adulte, qui a une tête du type auquel on vient de présenter la note de ses six derniers mois de consultation chez son psychanalyste, comme dit Eric Neuhoff pour une autre prestation du comédien aussi peu convaincante que celle-ci. Mais dés que le héros retombe en enfance, au sens strict du terme, et est joué par le jeune Léo Legrand, absolument parfait, cela va beaucoup mieux. Tout le casting est alors remarquable à commencer par les parents de Thomas; le père est joué par Jonathan Zaccai, déjà très bien dans "ÉLÈVE LIBRE)" et la mère par Alexandra Maria Lara. Laura Martin qui interprète Sylvie, l'amoureuse de Thomas ne démérite pas non plus. Autre point fort du film, la qualité bluffante de la reconstitution d'époque, aucun anachronisme à l'horizon.

 

 

  

 

Si le choix de Nantua comme ville de l'enfance de Thomas est assez judicieux, il faudra que l'on m'explique comment en voulant prendre un train pour Angoulême on peut se retrouver à Nantua!

Même si le flm est assez fidèle à la bande dessinée, qui est bien sûr à lire absolument, ce serait une erreur de vouloir la retrouver. Pour apprécier le film mieux vaut oublier son origine et alors on passe un agréable moment dans ce voyage sans faute mais non sans nostalgie dans la France provinciale des trente glorieuses dans laquelle la vie était plus douce qu'aujourd'hui. 

 

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