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132 articles avec humeurs cinematographiques

Hannah Arendt, un film de Margarethe Von Trotta

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Ayant choisi le 1er mai pour allez voir, la biopic d'Hanna Arendt (1906-1975), vous vous doutez bien que je ne suis pas adepte de l'usure de semelles derrière un quelconque calicot, la plus grande surprise ne fut pas le film, mais le fait que la salle du cinéma qui le programmait était archi comble. A tel point qu'un des employés de l'établissement, juste avant la projection, est venu voir s'il pouvait encore caser deux personnes. Je n'avais pas vu cela depuis ma pré-adolescence où le cinéma de la station balnéaire où je résidait ne commençait à projeter le film en saison que lorsque tous les sièges étaient occupé. Je ne me serais jamais douté qu'Hannah Arendt et sa théorie de la banalité du mal avait autant d'adeptes à moins que Finkielkraut est donné rendez vous à cette séance à tous les thuriféraires de la philosophe... Mais je n'ai pourtant pas aperçu le résistant de France-Culture dans la salle. Ma surprise fut redoublée lorsque je m'aperçu que l'assistance ne comptait pas que des chenus mais aussi de jeunes pousses.

Pas grand chose à dire de ce film qui est néanmoins à voir, ne serait-ce pour ceux qui l'auraient oublié, de leur rappeler l'importance d'Hannah Arendt dans l'histoire des idées au XX ème siècle, tant il est d'une impeccable facture classique. Les cinéastes semblent enfin, après Spielberg et son Lincoln, s'apercevoir que le format d'un film de cinéma est trop court pour narrer toute une vie. Margarethe Von Trotta s'est ainsi concentré uniquement sur l'épisode de la couverture en 1961 du procès d'Eichmann pour le New-yorker par la philosophe ( C’est elle-même qui, malgré son inexpérience du journalisme, a suggéré à William Shawn, directeur du magazine, de la charger de cette mission). Le film s'étend sur quatre année de 1961 à 1965. Son texte où elle expose sa théorie de la banalité du mal déclencha une vive polémique mais ce qui ulcère particulièrement les juif c'est surtout qu'elle dénonce le fait que des autorités juives ont aidé à la shoah.

Très intelligemment grâce à un retour en arrière qui laisse entrevoir la relation qu'entretenait Hannah Arendt avec Heidegger (Klaus Pohl). Le film évoque avec mesure la liaison entre la jeune Hannah Arendt et son professeur. La scène de leurs brèves retrouvailles après la guerre, au cours de laquelle elle somme Heidegger de s’expliquer sur son engagement nazi, est particulièrement réussie. on comprend l'intransigeance intellectuelle d'Hannah Arendt pour qui la raison doit toujours primer sur l'émotion comme le lui a appris son maitre à penser (Heidegger n'a pas vraiment appliquer son dogme dans sa relation avec le nazisme). Ce qui peut être audible aujourd'hui était parfaitement inentendable en 1961 par la communauté juive dont beaucoup des membres étaient des rescapés des camps de concentration. C'est ce paramètre que ne pouvait du fait de sa formation intégrer dans sa manière d'exposer ses arguments sur la question du mal. Ainsi son ami Yosef Hayim Yerushalmi lui reproche d’avoir condamné en bloc tous les conseils juifs et d’avoir contribué, par cette généralisation, à l’effacement de la distinction entre victimes et bourreaux. Un de ses meilleurs amis, Kurt Blumenfeld (Michael Degan), sioniste et père spirituel d’Hannah depuis sa jeunesse, l'accuse de vouloir défendre les bourreaux du peuple juif. Il meurt sans lui avoir pardonné.

On entre et connait certains épisodes de la vie d'Annah Arendt par le biais de conversations qu'elle a avec son mari ( Heinrich Blücher, joué par Axel Milberg, l’homme de sa vie, rencontré à Paris, et qui l’accompagne dans sa fuite à travers l’Europe puis à New York, où ils se sont mariés et ont vécu ensemble pendant près de trente-cinq ans, jusqu’à la mort de Blücher)et ses amis dans lesquelles elle évoque des souvenirs comme son incarcération au camp de Gurs en 1939, alors qu'elle était réfugiée en France. Cet artifice permet à la réalisatrice de dépeindre le milieu new-yorkais dans lequel gravite la philosophe en particulier la romancière féministe américaine Mary McCarthy, interprétée par Janet McTeer, qui l’a soutenue alors qu’elle était attaquée pour ses articles sur le procès Eichmann.On voit également Hannah Arendt donner des cours à ses étudiants américains. Il faut se rappeler que grâce à la parution en 1951 de son ouvrage intitulé « Les origines du totalitarisme », Arendt était déjà en 1961, considérée comme un des grands penseurs du XXe siècle.Margarethe von Trotta réussit à filmer la pensée en train de s'élaborer.

L'interprétation est remarquable bien sûr Barbara Sukova est parfaite dans le rôle titre mais les autres acteurs ne sont pas en reste. Le choix à première vue de Barbara Sukova peut paraître surprenant car elle ne ressemble pas physiquement à Hannah Arendt mais l'intensité de l'interprétation de l'actrice fait oublier rapidement ce hiatus. L'insertion de bandes d'actualités (les images du procès d'Eichmann) est habilement fait. les images d’archives en noir et blanc sont intégrées au récit par le montage alterné avec les séquences reconstituées de la salle d’audience. Mais le tour de force est de parvenir à nous donner une idée de la philosophie d'Hannah Arendt et de Martin Heidegger.

Margarethe von Trotta en spécialiste des grands portraits de femmes fictives ou réelles, depuis L’Honneur perdu de Katharina Blum(1975) jusqu’à Rosa Luxemburg(1986) et Hildegarde de Bingen(2009) était la cinéaste la mieux à même pour réussir le portrait de cette femme intransigeante et courageuse. Margarethe Von Trotta montre bien le caractère passionné d’Arendt et sa vive intelligence, qui lui valurent autant d’amitiés que d’hostilité.

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Cloud Atlas de Lana Wachowski, Andy Wachowski et Tom Tykwer

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

J'ai toujours une grande réticence à aller voir un film tiré d'un livre que j'ai beaucoup aimé surtout si comme c'est le cas pour « Cloud atlas » un des intérêts majeurs de l'ouvrage dont il est tiré, L'atlas des nuages de David Mitchell, est son écriture. D'autant que dans le cas présent en raison de sa taille, de sa construction littéraire et du fait que l'histoire se déroule du milieu du XIX ème siècle à un futur lointain il me paraissait inadaptable. Et bien la famille Wachowski épaulé de Tom Tykwer m'ont prouvé en 2h 30 que j'avais tort.

La réussite du film doit beaucoup au fait que son adaptation ait abandonné la construction du livre qui raconte six histoires s'échelonnant sur plusieurs siècles racontées de façon chronologique pendant la première moitié du roman, puis terminées dans la seconde moitié en ordre inverse selon le schéma: « 1,2,3,4,5,6,5,4,3,2,1 ». Chaque récit étant relié à une autre par un personnage, ou plus souvent sa trace, se trouvant dans l'histoire précédente. Dans chaque segment un des personnages est marqué par un signe identique, une tache de naissance au creux de l'épaule ayant la forme d'une comète. Si le scénario du film avait respecté la géographie du roman, il aurait fallu attendre plus d'une heure que le spectateur rencontre les personnage du segment 6 qui est à mon sens le meilleur du livre. Le scénario du film a choisi judicieusement de déconstruire chaque segment et de les éparpiller dans le film en respectant néanmoins l'ordre chronologique de chacun des segments en reliant chacun des petits morceaux par un très intelligent montage. Dans le cas de « Cloud atlas » le film doit autant à son monteur qu'à ses réalisateurs, même si le montage a été pensé bien évidemment en amont au tournage.

 

 

 

Pour ceux qui n'aurait pas lu le roman de David Mitchell, ce que je les encourage à faire sans tarder, voilà les pitchs de chacun des segments, classés par ordre chronologique: 1849, Adam Ewing, un jeune avocat, écrit un journal de bord lors d'une traversée durant laquelle il est de plus en plus malade malgré « les soins » d'un médecin ami (Tom Hanks). Un événement inattendu va faire de lui un fervent antiesclavagiste; 1936 après avoir du fuir Cambridge où il filait le parfait amour avec son amant, un jeune compositeur Robert Frosbisher (Ben Whishaw) tente de phagocyter un célèbre compositeur vieillissant pour assoir sa future carrière. Pendant qu'il lit le journal d'Adam Ewing, il écrit des lettres à son amant Rufus Sixsmith (James d'Arcy); 1973, en Californie, la journaliste Luisa Rey enquête sur une centrale nucléaire qui pourrait être dangereuse pour la population. Elle rencontre inopinément un savant atomiste Rufus Sixmith qui relit sans cesse les anciennes lettres que lui envoyait son amant. Aujourd'hui, en Angleterre l'éditeur Timothy Cavendish (Jim Broadbent, particulièrement savoureux) lit un manuscrit qui raconte l'enquête de Luisa Rey mais bientôt une suite de péripéties drolatique le mène dans une maison de retraite-prison d'où il essaye de s'évader avant d'écrire une adaptation théâtrale de ses mésaventures; 2014 Néo Séoul, la serveuse Sonmi-451 un clone devient l'instrument d'une révolte contre l'ordre totalitaire qui domine la ville. Elle a l'occasion entre deux péripéties dangereuses de voir un vieux film qui narre l'évasion de Cavendish; 2321 Hawaii, Zachry (Tom Hanks), un membre d'une tribu revenue à l'âge de pierre sur une terre que l'on imagine dévastée vénère la déesse Somni.

 

 

 

La trajectoire des personnages marqués par la comète sont influencées par la philosophie bouddhiste que semble pratiquer en amateur David Mitchell un peu à la manière dont le découvreur des sources du Nil, Richard Burton pratiquait l'islam... << Dans un monde où la réincarnation est possible et dans un film où le passé, le présent et le futur s’enchevêtrent, la mort est juste un nouveau point de passage d’un univers à l’autre.>> déclare David Mitchell. La présence de la marque de la comète indique donc qu'il pourrait s'agir d'une âme passant d'un corps à un autre au fil des temps. L'âme migrante était déjà l'idée qui amalgamait différentes histoires dans « Ecrits fantômes  », le premier livre de Mitchell paru en français.

Toutefois malgré son indéniable réussite cette brillante adaptation m'a encore conforté dans mon idée que la littérature est bien supérieure au cinéma. Le cinématographe oblige à une simplification du récit. Dans le cas présent nombre d'intrigues secondaires sont passées à la trappe dont celle dramatique mais néanmoins affriolante d'un mousse abusé sexuellement par un officier de marine.

Mais plus grave le cinéma force le trait ce qui était suggéré dans le roman devient une évidence. Le scénariste contraint de choisir entre les possibles qu'évoque l'auteur, gomme l'ambiguité qui faisait un des charmes et des mystères du livre. Il faut reconnaître que présentement il fait ressortir aussi combien Mitchell est un formidable raconteur d'histoires. Les fan de Mitchell pourront quitter le film 5 minutes avant la fin qui par son happy end trahi le pessimisme de l'écrivain, même si cette fin heureuse était l'une des possibilités que laissaient entrevoir les dernières pages du livre.

Ayant lu le livre et l'ayant encore bien en mémoire je suis incapable de dire comment un spectateur ne connaissant pas le roman peut recevoir le film. Je suppute que ce doit être un peu rude au début et qu'il lui faut un certain temps pour comprendre de quoi il retourne, mais en cela le film est fidèle à l'esprit de Mitchell qui n'a pas l'habitude de commencer ses livres par de longs préambules tièdes.

En élaguant la trame touffu du roman, le scénario met en avant des thèmes qui ne ressortent pas avec un tel relief dans le roman comme l'histoire d'amour entre deux hommes (si bien que je me suis demandé en raison de l'importance qu'elle prend dans le film si je ne devais pas classer « Cloud atlas » dans la rubrique cinéma gay »), le message antiesclavagiste. A l'inverse d'autres idées très présentes dans le roman sont mises au second plan comme le pessimisme sur le devenir humain (j'y reviendrais) ou le message écologiste.

 

 

 

Pratique peu courante dans le cinéma, ce film s'est fait à six mains! En effet la famille Wachowski se sont adjoint les services d'un troisième réalisateur, l'Allemand Tom Tykwer, à qui on doit entre autres « Cours, Lola, cours ». Les Wachowski ont réalisé les séquences sur le voyage maritime d’Adam Ewing en 1849, la révolte de Sonmi en 2144, et de la vie de Zachry en 2321. Alors que Tom Tykwer a réalisé les segments sur musicienl Robert Frobisher en 1936, celles des révélations de la journaliste Luisa Rey autour d’un complot industriel en 1973, et celles autour de l’éditeur londonien Cavendish en 2012.

A la gageure extravagante que représentait l'adaptation du roman, le triumvirat au pouvoir du film a rajouté la contrainte de faire jouer la multitude de personnages par un nombre limité d'acteurs. Si leurs performances sont réussies, elles n'empêchent pas quelques vieillissements un peu outrés ni les postiches trop voyantes. Mais cette contrainte était probablement indispensable pour attirer des acteurs célèbres comme Tom Hanks, Halle Berry, Hugo Weaving, Susan Sarandon, Hugh Grant... à rejoindre un projet aussi incertain.

Cloud atlas ne serait-ce que par son insensé culot mérite votre visite, le plaisir sera au rendez-vous même si la lecture du roman de David Mitchell dont le film est une habile adaptation vous en apportera encore plus.      


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Je me souviens de Paul Crauchet et de Bernard Dhéran

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Avez vous remarqué que parfois, peut être souvent, vous avez des difficultés à « revoir » les visages d'êtres aimés qui ont disparu de votre vie, alors que pour des acteurs, que pourtant vous n'avez pas croisés sur un écran depuis des années et parfois des décennies, il suffit d'évoquer leur nom pour que leur visage apparaisse immédiatement à votre esprit. Les images de cinéma s'imprimeraient-elles mieux dans les cerveaux, et le mien en particulier, que celles de notre propre vie? J'ai pu encore constater cette particularité en apprenant coup sur coup la disparition de deux comédiens qui furent très présents dans ma jeunesse cinéphile, théâtrale et télévisuelle, non qu'ils furent des vedettes mais de ces grands seconds rôles qui faisaient tout le sel des films français d'alors et surtout des dramatiques de la télévision. Je veux parler de Paul Crauchet dont j'ai appris la disparition, avec retard, en lisant mon indispensable « Positif ». Je me souviens particulièrement de lui dans l'Armée des ombres de Melville. J'avais été étonné et content de le revoir dans « Les herbes folles » de Resnais. Quant à celle de Bernard Dhéran c'est ma lecture attentive du carnet du Monde qui me l'a apprise. Pour moi Bernard Dhéran restera à jamais le petit marquis comploteur, l'oeil émoustillé, et un peu veule, mais toujours d'une élégance exquise qu'il a tant de fois interprété sur la scène de la Comédie Française et à la télévision. Il était presque aussi cauteleux que Jean Topard auquel il avait succédé dans le rôle de Porcellio dans le Malatesta de Montherlant.    

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Je me souviens du souffle au coeur

Publié le par lesdiagonalesdutemps



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J'ai adoré ce film que j'ai vu plusieurs fois à sa sortie en salle. Je m'aperçois, avec le recul du temps que je devais être amoureux de Benoît Ferreux, le garçon qui est la vedette du film et que je n'ai malheureusement jamais revu sur un écran, ce qui est bien dommage. Outre ce garçon tout me plait dans ce film de Louis Malle qui est à mon sens un cinéaste très sous estimé que l'on se souvienne de Milou en mai, de Lacombe Lucien, d'Ascenseur pour l'échafaud et l'extraordinaire musique de Miles Davis. Je crois que la critique rance parisienne ne lui a jamais pardonné d'être issu de la grande bourgeoisie de province.
J'avais tellement aimé le film que je me suis précipité acheté le scénario que Gallimard avait édité dans la prestigieuse collection blanche, ce qui n'est pas fréquent pour un scénario de film. J'ai même fait relier le volume en cuir. J'ai fait inclure dans le volume la jaquette du livre qui est illustrée par une photo du film. Il est toujours en bonne place dans une de mes bibliothèques.
Si Benoit Ferreux est adorable, tout le reste de la distribution est remarquable à commencer par Léa Massari dans le rôle de la mère incestueuse comme par inadvertance. Elle non plus n'a pas eu la place qu'elle aurait mérité dans le cinéma. Dans des rôles modestes Daniel Gélin en père absent et Lonsdale en curé libidineux sont parfaits.
J'ai attendu longtemps l'édition du Souffle au coeur en dvd. Je l'ai acheté dès sa parution. Dans les bonus, j'ai découvert une interview de Benoit Ferreux devenu adulte. Il a bien vieilli mais il n'explique pas pourquoi il n'y a pas eu de suites à sa carrière qui semblait prometteuse.

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Tokyo magnitude 8

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Tokyo magnitude 8 est une superbe série animée de onze épisodes tourné en 2009. Il décrit les conséquences d'un terrible tremblement de terre à Tokyo. Deux enfants, Mirai, une collégienne  d'une douzaine d'années accompagne son frère, Yukii (ce qui ne l'amuse pas beaucoup) d'âgé d'environ huit ans. Ils sont venus de leur quartier périphérique de Tokyo à Odaiba (on peut voir le billet que j'ai consacré à ce quartier de Tokyo: Odaiba, une presque ile dans la baie de Tokyo) parce que Yukii veut y voir une exposition de robots, la passion du garçon, et aussi pour acheter le cadeau d'anniversaire de leur mère. Soudain un séisme très violent de magnitude 8 secoue Odaiba. Ce qui provoque le lent engloutissement de l'ile dans la baie de Tokyo. Les deux jeunes héros rencontrent une jeune femme généreuse et dynamique qui les prend sous son aile. Ils vont tenter de rejoindre le centre de Tokyo pour retrouver leurs familles. Au fil de péripéties très émouvantes, ils découvrent une ville complètement détruite. On assiste à la destruction du raimbow bridge et de la Tokyo tower. C'est l'occasion pour l'auteur de mettre en scène l'humanité des uns et l'égoisme des autres. Une série qui s'attache à décrire avec beaucoup de réalisme les conséquences d'un séisme, l'organisation des secours et la recherche de moyens de subsistance. Il y a un coup de théâtre déchirant à la fin de l'histoire dans laquelle le suspense ne manquait déjà pas. Cet évènement remarquablement bien amené donne beaucoup d'épaisseur au récit tout en le rattachant à la tradition du récit japonais. On ne peut que saluer le talent du scénariste Natsuko Takahashi.

 

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Outre que ce film réalisé par Masaki Tashimada, le découpage en épisodes n'est là que pour la diffusion télévisuelle et on peut considérer Tokyo magnitude 8 comme un long métrage, est une histoire passionnante qui n'est pas sans rappeler dans sa forme et par sa force le chef d'oeuvre qu'est "Le tombeau des lucioles", il est aussi très pédagogique et montre ce qu'il faut faire et ne pas faire lorsque l'on est pris dans un tremblement de terre de grand ampleur. La manière dont les bâtiments emblématiques de la capitale nipponne pourrait être détruit a été étudié avec le plus grand sérieux. Tokyo magnitude 8 ne fait pas l'impasse sur la mort. Avec beaucoup de pudeur le film met en scène les victimes morts et blessé et donne les chiffres des morts.

 

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S'il n'est pas nécessaire pour aimer ce film de connaitre Tokyo ou même le Japon, il est vraiment bouleversant et inquiétant lorsque l'on a arpenté comme moi les rue de la ville de voir les quartiers que l'on connait bien, Akasuka, Ginza, Odaiba... presque complètement démolis et cela rendu avec beaucoup de réalisme. C'est ce plausible qui fait que le spectateur est autant ému à suivre l'errance du trio dans la capitale détruite.

 

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Le dessin est de grande qualité et l'animation est à l'unisson. L'éclairage est très soigné. Le jeu des contrastes souligne la dramatisation du scénario. Peut être encore plus remarquable est la profondeur psychologique, qui a le temps en plus de quatre heures, de chaque personnage que l'on voit évoluer ainsi que les rapports qu'ils ont entre eux à mesure qu'ils prennent conscience de la gravité de la catastrophe.

 

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Un film inoubliable, très ancré dans le Japon d'aujourd'hui et pourtant universel est à voir par les adultes et les enfants. Tokyo magnitude 8 peut également permettre d'aborder par l'enfant le problème de la mort.

 

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Pour voir Tokyo Magnitude 8

Tokyo Magnitude 8.0 VOSTFR - Manga no haru

ou

http://www.wakanim.tv/library/animes-TI4J/10/tokyo-magnitude-80

ou


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Pour retrouver Tokyo sur le blog: Tokyo, la nuit   Asakusa, Tokyo, Japon   sanctuaire de Yasukuni-jinja,  Le jardin national Shinjuku-Gyoen, Tokyo, Japon,  mon florilège du musée d'art moderne de Tokyo, Japon,  un soir à Shibuya, Tokyo, Japon,  Le bureau de Goebbels à Okaihabara, Tokyo, Japon,  Un joli photographe sur Ginza, Tokyo, Japon,  Contrastes japonais du parc Hama Rikyu à Tokyo,  la jeunesse tokyoite fait les magasins...,  Mandarake à Tokyo,  Takeshita dori, la rue la plus animée de Tokyo,  Tokyo, Shibuya,  street art et garçons à Tokyo,  hommage à Rotella ? à ... Tokyo,  Asakusa, Tokyo, Japon,  Takeshita street, Tokyo, un dimanche après midi d'automne,  Ginza, jour, Tokyo, Japon,  Les fresques de Mark Beard dans le magasin Abercrombie & Fitch à Tokyo,  Minets et minous dans le parc Hibiya de Tokyo,  Les corbeaux du parc Ueno à Tokyo,  Deux amis dans le métro de Tokyo,  Tentative d'épuisement photographique de la Tokyo Tower depuis ma chambre d'hôtel ,  Devenez incollable sur le réseau de transport à Tokyo,  Voyage au Japon,Tokyo de Rémi Maynègre et Sandrine GarciaTokyo, quartier Yanaka, le royaume des chats,  Préservatifs nippons,  Quelques menues suggestions pour un séjour à Tokyo,  Les chats du cimetière de Yanaka, à Tokyo,  le promeneur de Tokyo,  Les dormeurs de Tokyo par Adrian Storey,  un soir à Tokyo, quartier AkaihabaraL'Hotel de Ville de Tokyo et ses parages,  Odaiba, une presque ile dans la baie de TokyoTokyo magnitude 8

 

Pour retrouver d'autres billets sur les animés sur le blog: Colorful de Keiichi Hara,  La colline aux coquelicots de Goro Miyasaki,  Tatsumi de Khoo,  Les enfants loups, Ame & Yuki, un film de Mamoru HosodaTokyo magnitude 8

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Epic films de Tom Peeping

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 RÉDIGE AU FIL DES MOIS UN DES MEILLEURS BLOGS CINÉPHILES DE LA TOILE. C'EST À CETTE ADRESSE: HTTP://SNIFFANDPUFF.BLOGSPOT.FR. IL SERAIT DOMMAGE DE VOUS EN PRIVER. A TITRE D'EXEMPLE JE LUI EMPRUNTE SON BILLET SUR L'ANTIQUITÉ AU CINÉMA, AUQUEL JE SOUSCRIS PRESQUE INTÉGRALEMENT. POUR ALLER Y VOIR CLIQUEZ SUR: sniff and puff

 

 

28 FÉVRIER 2010

My Best of : Epic films

A l'occasion de la sortie récente d'Agora d'Amenabar et de la publication de l'indispensable L'Antiquité au cinéma d'Hervé Dumont, voici une liste subjective et dans l'ordre alphabétique de mes films "épiques" préférés. Par "épiques", j'entends des films historiques à grand spectacle et dont l'action à tendance à se situer pendant l'Antiquité. C'est à dire au sens anglo-saxon du terme, que je reprendrai donc ici : "Epic films".

On pourra s'étonner de ne pas trouver dans cette liste des classiques populaires ou intouchables comme (au hasard) Ben-Hur de Wyler,Spartacus de Kubrick, Les Dix Commandements de deMille, Gladiator de Scott, Quo Vadis de LeRoy et bien d'autres... C'est comme ça.


Agora (Alejandro Amenabar, 2009)
"Agora" montre qu’il est encore possible de faire un film à la fois spectaculaire et intelligent sur l’Antiquité sans sombrer dans le superlatif et l’anachronisme. La tragédie d’Hypathia d’Alexandrie (Rachel Weisz, toute en nuance et dignité), qui paya de sa vie son indépendance de femme, de savante et d’incroyante au moment de la progression du Christianisme en Égypte romaine, réussit une double prouesse : révéler un épisode méconnu de l’histoire de la fin du monde antique et parler par ricochet de la situation géopolitique et de la montée inexorable des extrémismes religieux contemporains. L’effet de miroir qu’"Agora" propose sur le monde actuel, assez inattendu dans le genre calibré de l’Epic, peut provoquer jusqu’à un certain malaise et appelle en tous cas à la discussion aussitôt le film terminé. Une admirable réussite. (on peut aller voir le billet que j'ai consacré à ce film:  Agora, film d'Amenabar)


Alexander / Alexandre (Oliver Stone, 2004)
Raccourcie, rallongée, remontée en plusieurs versions, la folie d’Oliver Stone est un spectacle hybride et boursouflé mais traversé de fulgurances de mise en scène, de moments d’intense poésie et d’existentialisme au milieu du vacarme et de l’extravagance. Le réalisateur s’est sans doute quelque peu identifié, consciemment ou non, à son héros qui se perd lui-même sur les sentiers de son ambition et le film y récupère une dose d’auteurisme auquel le genre se prête rarement. Si Angelina Jolie incarne Olympias avec une outrance camp peu commune, Colin Farrell (malgré les boulets rouges qu’on lui a tirés), est un excellent Alexandre dont les doutes affleurent sous l’apparente assurance. L’arrivée à Babylone, la bataille en Inde, la mort du souverain... sont de grands moments du genre. L’échec du film à sa sortie, s’il est explicable, ne doit pas empêcher sa réhabilitation.


Apocalypto (Mel Gibson, 2006)
On dira que le film n’est qu’une longue course poursuite (un « survival ») dans la jungle et on aura raison. Oui, mais une jungle qui s’ouvre pour un moment sur une reconstitution stupéfiante de Chichen-Itza, la capitale sacrée des Mayas. L’Epic, presque toujours limité à la zone méditerranéenne pour des raisons évidentes, trouve dans ces scènes d’"Apocalypto" un décor inédit qui ne fait pas pâle figure à côté des édifices de la Rome antique et qui régénère le genre en lui apportant, en outre, un supplément de violence très cinématographique. Les obsessions et les démons de Gibson apparaissent à chaque coin de l’écran et la lecture prosélyte du film pourrait remplir des pages mais en tant que grand spectacle et film d’évasion (à tous les sens du terme), "Apocalypto" est une sorte de chef-d’œuvre.


Barabbas (Richard Fleischer, 1961)
Le très polyvalent Richard Fleischer a réalisé avec "Barabbas" un des fleurons du genre de l’Epic, un chef-d’oeuvre injustement mésestimé par le public à côté des "Ben-Hur" et autres "Spartacus". Anthony Quinn incarne magistralement le criminel libéré par Pilate au lieu de Jésus et rongé par un sentiment de culpabilité. La superproduction, qui bénéficie de décors impressionnants (qui peut oublier la séquence des mines de sel ?), y trouve une surprenante profondeur psychologique qui réussit à survivre à l’ampleur du cadre et des mouvements de foule. L’intime et le grandiose y fusionnent comme jamais le genre n’avait réussi à la faire auparavant et ne s’y risquera plus après, jusqu’au récent "Agora". On dit qu’une véritable éclipse solaire eut lieu au moment du tournage de la scène de la Crucifixion : "Barabbas" est peut-être un film touché par la Grâce.


Ben-Hur : a tale of the Christ / Ben-Hur (Fred Niblo, 1925)
Le célèbre remake aux 11 Oscars de "Ben-Hur" par William Wyler (1959) m’a toujours paru d’une assommante respectabilité et, malgré ses indéniables morceaux de bravoure, une indigeste bondieuserie à côté du magnifique Epic muet de Fred Niblo. Si le format du cadre, le beau noir et blanc et l’absence de paroles permettent à ce film de s’approcher au plus près des gravures des romans du XIXe siècle, l’audace de la violence de certaines scènes et les subreptices nudités qui parsèment le film lui donnent une liberté de ton et un zeste de piment qui manquent cruellement au remake. Quant à la course de chars, tant célébrée dans le Wyler, elle se hisse ici, compte-tenu des moyens des années 20, à un niveau qui me semble supérieur. Reste à évaluer les avantages respectifs de Ramon Novarro et de Charlton Heston mais ne comptez pas sur moi pour m’y atteler.


Caligula (Tinto Brass & Bob Guccione, 1979)
Le genre Epic est intrinsèquement lié à nos fantasmes sur les sociétés de l’Antiquité. Pour Rome, c’est entre autres la force de l’armée, la décadence des familles impériales, la pompe des cérémonies et la sexualité débridée. "Caligula" est loin d’être un bon film (il a été trop charcuté et obscènement réassemblé pour y prétendre) mais il reste une vraie curiosité, un phénomène sans égal qui n’est en fin de compte qu’un avatar perverti de ce que Cecil B.DeMille aurait fait s’il avait pu aller jusqu’au bout de ses obsessions. Ne gardant de l’histoire de Caligula que la part de scandale et d’abjection, ce monstre de foire qui préfigurait en son temps la mode du porno-chic et du porno-trash, parce qu’il ose montrer ce que la morale judéo-chrétienne a imposé à nos fantasmes sur la Rome antique, mérite bien sa place dans cette liste. "Caligula" est un pur film d’exploitation dont les clés de lecture sont passionnantes.


Cleopatra / Cléopâtre (Joseph L. Mankiewicz, 1963)
Cette autre extravagance qui faillit couler la Fox, coûta sa carrière à Mankiewicz et fit à jamais entrer Elizabeth Taylor dans l’Olympe des superstars reste, malgré son éprouvante longueur et ses interminables bavardages, un des monuments majeurs du genre. S’il ne possède pas un centième du fun de la version de Cecil B.DeMille (1934), le "Cléopâtre" de Mankiewicz marque une étape de l'Epic et une date trop importante dans l’histoire des studios hollywoodiens pour ne pas continuer à fasciner. Du plan d’ouverture sur le port d’Alexandrie à la mort de la reine destituée et de ses deux servantes en passant par l’apparition dans le tapis déroulé et l’entrée dans Rome, les scènes d’anthologie se succèdent entre deux coups de frein : ma préférée est celle du dialogue devant le tombeau d’Alexandre le Grand. Et Elizabeth Taylor a un look Sixties absolument irrésistible.


The fall of the Roman Empire / La chute de l’Empire Romain (Anthony Mann, 1964)
"Gladiator" de Ridley Scott (2000) a pillé sans vergogne et occulté ce qui me semble être le meilleur Epic de l’histoire du cinéma (ou tout au moins, mon préféré) : "La chute de l’Empire Romain". Un titre en lui-même épique, un générique splendide, une musique inoubliable de Tiomkin, des décors construits époustouflants et une vision panoramique du IIe siècle se conjuguent pour offrir au spectateur un spectacle total qui n’écrase pourtant pas la maturité du scénario. Seule la course de chars, inutile référence à "Ben-Hur", est un faux-pas, mais quelle importance par rapport à la plus belle scène de tout le genre de l’Epic : les funérailles sous la neige de Marc-Aurèle au pied du fort dans la forêt germanique ? Hélas, le film arriva trop tard, la mode du genre était passée et la ruine de son visionnaire producteur, Samuel Bronston, fut consommée. Un demi-siècle plus tard, son formidable film lui survit.


Ercole e la Regina di Lidia / Hercules unchained / Hercule et la Reine de Lydie (Pietro Francisci, 1959)
"Le fatiche de Ercole / Les travaux d’Hercule" (1958) lança la mode du péplum italien mais n’est pas un film mémorable. Sa suite, en revanche, reste une pure merveille et l’un des Epic films de second rang les plus enthousiasmants (pour qui aime le kitsch et le camp). Hybride de mythologie, de fantastique et de pop culture, "Hercule et le Reine de Lydie" pousse le genre dans de formidables outrances visuelles et thématiques, notamment dans toutes les scènes où apparaissent ensemble le sculptural Steve Reeves et la voluptueuse Sylvia Lopez, deux hallucinantes hypertrophies de masculinité et de féminité. Les décors, magnifiés par la photo saturée de couleurs de Mario Bava, servent d’écrin à ce couple inouï qui défie les lois de l’anatomie. Un plaisir coupable, sans doute, mais quel plaisir !


Jason and the Argonauts / Jason et les Argonautes (Don Chaffey, 1963)
Un spectacle merveilleux et indélébile pour qui l’a découvert enfant, "Jason et les Argonautes" est le chef-d’œuvre de ce genre hybride qu’est l’Epic fantastique, qui fusionne scènes naturelles et effets spéciaux artisanaux (ici, ceux du grand Harryhausen), qui avaient un charme fou que les CGI d’aujourd’hui ont totalement oblitéré. L’Epic ne s’est jamais approché autant du conte d’aventures qu’avec "Jason" et l’émerveillement de ma découverte du film est toujours intacte, tant d’années après : la vallée des statues de bronze, le combat avec l’hydre, le vieil aveugle et les harpies, le duel avec les squelettes… sont des moments de cinéphilie naissante que je continue à chérir. Porté par la partition de Bernard Herrmann, c’est du cinéma dans ce qu’il a de plus beau et de plus noble : un art de l’imaginaire et de l’évasion qui intrigue, inquiète et ravit.


King of Kings / Le Roi des Rois (Nicholas Ray, 1961)
Raconter le destin de Jésus au cinéma est un vrai chemin de croix : les pièges du cliché et les chausses-trappes du sulpicien attendent le scénariste et le réalisateur à chaque tournant d’une l’histoire débarrassée depuis deux mille ans de tout suspense. De toutes les versions qui se sont succédées (chaque génération a la sienne), celle de Nicholas Ray est la plus satisfaisante parce qu’elle s’attache à montrer le fils de Dieu comme un homme parmi les Hommes et non comme le héros sacré d’une adoration déjà acquise. Les scènes attendues sont toutes au rendez-vous mais laissent à Jeffrey Hunter la possibilité de suggérer l’humanité complexe du personnage qu’il incarne et nous offrent plus qu’un beau livre d’images. De toute façon, avec Jeffrey Hunter en Jésus, quelle qu’eût été la qualité du film, sa place dans cette liste était assurée. La version muette de 1927, "The King of Kings" par Cecil B. DeMille, est très bonne aussi, mais avec une dose involontaire de camp qui peut rebuter les philistins (dont ce carton inoubliable, prononcé par Marie-Madeleine : « Harnachez mes zèbres, cadeau du Roi de Nubie ! »).


Land of the Pharaohs / La terre des Pharaons (Howard Hawks, 1955)
Hawks et l’Epic n’auraient à priori pas fait bon ménage mais l’exception confirme la règle et "La terre des Pharaons" est un excellent film qui panache avec bonheur les scènes intimistes et les séquences spectaculaires, bénéficiant chacune d’un splendide sens du format Cinémascope. Si les manigances de Nellifer (Joan Collins, pas si mauvaise) se hissant dans les faveurs du Pharaon sont du ressort du mélodrame, le film atteint une ampleur inégalée dans les scènes de la construction de la Pyramide qui continuent d’impressionner, en notre époque de CGI, avec leurs milliers de figurants. Et la dernière partie du film offre une progression dramatique dans le suspense et l’angoisse absolument inoubliable, amplifiée par les effets sonores du sable qui s’écoule et des pierres qui se scellent. Les mystérieux bâtiments funéraires de l’Egypte ancienne ont-ils jamais été aussi excitants ?


The Passion of the Christ / La Passion du Christ (Mel Gibson, 2004)
Malgré le grotesque de certaines scènes (l’apparition du Diable au Jardin des Oliviers) et les relents antisémites qu’on ne peut occulter, le film de Mel Gibson a atteint son but prosélyte et polémique avec une incontestable réussite et reste l’un des Epics les plus audacieux et intéressants jamais produits. Le réalisme graphique des supplices infligés à la chair de Jésus, d’une brutalité oppressante, m’a semblé être dans le prolongement direct de la peinture sacrée de Grünewald, de certains tableaux de la Contre-Réforme et des Mystères qui étaient joués sur les parvis médiévaux des cathédrales. Jim Caviezel se donne à corps perdu à son rôle et si, comme pour "Apocalypto", "La Passion du Christ" éclaire sans doute autant les démons de Gibson que l’Evangile, la dernière image du film, dans sa fulgurante évidence, justifie toute la violence qui a précédé en renvoyant avec génie à l’essence-même du message chrétien.


Rome (HBO, 2005-2007)
Cette série TV qui s’est arrêtée au bout de deux saisons n’a rien à envier aux superproductions du grand écran et on ne peut que lui attribuer une place de choix dans le genre de l’Epic film. Dotée d’une ambition et d’un budget démesurés (qui causèrent sa perte), "Rome" donne à voir une antiquité débarrassée de sa propreté hollywoodienne. Le spectateur y découvre un monde intimiste et grouillant, civilisé et barbare, crédible et fascinant qui n’avait encore jamais été présenté de la sorte. Si les deux personnages principaux, Lucius et Titus, ont un peu trop tendance à toujours être au bon endroit au bon moment et si le personnage de Cléopâtre est totalement raté, tout le reste est admirable : décors et costumes, comédiens et dialogues, direction et technique. Pour continuer l’histoire, il faut voir une autre série inoubliable mais beaucoup plus théâtrale : "I, Claudius" (BBC, 1976), qui commence au moment précis où "Rome" s’arrête.


The sign of the Cross / Le signe de la Croix (Cecil B.DeMille, 1932)
Cecil B.DeMille a donné en une poignée de films ses lettres de noblesse à l’Epic : ses "Dix Commandements" de 1956 est l’un des titres les plus respectés du genre. C’est aussi un livre d’images trop naïf et ampoulé pour figurer ici. Mais en 1932, le réalisateur signait avec "Le signe de la Croix" un de ses classiques les plus pervers. La mémoire collective populaire, qui a surtout retenu de l’Empire Romain ses excès décadents, y trouvait de quoi se repaître : la scène du banquet/orgie et surtout la longue scène finale des jeux du cirque où les supplices les plus raffinés sont montrées dans la limite de ce que le pré-Code pouvait oser. Je ne me lasse pas de revoir le combat des nains et des Amazones, les chrétiennes livrées aux crocodiles ou aux gorilles, les grimaces de plaisir horrifié sur les visages des spectateurs sur les gradins… Le sexe, la torture et la Croix : le cinéma hollywoodien aura rarement été aussi titillant.


300 (Zack Snyder, 2006)
Adoré (c’est mon cas) ou détesté, le "300" de Zack Snyder, adaptation d’un BD à succès, revitalise tout en l’épuisant l’Epic à coup d’images de synthèse, de ralentis obscènes et de giclées de sang et se permet de transformer l’histoire de Léonidas aux Thermopyles en un délire thématique et formel que ses pourfendeurs ont réussi à affubler des adjectifs « réactionnaire », « raciste », « gay », « homophobe » et j’en passe. Je crois qu’il faut plutôt voir le film comme une ultime variation sur les codes de l’Epic, un fourre-tout (et un cul-de-sac) qui hypertrophie tous les composants du genre jusqu’à la nausée. Guerriers farouches et monstres innommables, jupettes et sandales, bodybuilders et travestis, courage et perfidie… tout cela se mêle dans un spectacle d’une absolue décadence qui, lorsqu’on réussit à aller au-delà de l’artifice de l’ensemble, exerce un pouvoir de fascination stupéfiée dont l’Epic, par tradition, n’est pas avare.

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le cinéma en miroir

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Sur son excellent site Ludovic  a élaboré un savant questionnaire cinéphilique propre à remuer les méninges des amoureux du cinéma, même si depuis quelques temps je suis un amoureux transi. Malgré la difficulté de l'exercice, je me lance. N'hésitez pas à faire de même... 

 

1) Avez-vous déjà accroché chez vous une affiche de film ?

Je n'ai curieusement jamais mis sur les murs des différents lieux où j'ai habité des affiches de cinéma, seulement celles d'expositions de peinture que je fréquente depuis l'adolescence.. En revanche dans mon bureau de Platypus, il y avait une grande affiche d'Agent triple de Rohmer, un de mes films français préférés.

2) Quelle affiche, placardée à l'intérieur d'un film, préférez-vous ?

Je ne me souviens que de que l'auto-citation qu'est celle d'Hiroshima mon amour de Resnais dans Vous n’avez encore rien vu  du même Resnais, sans doute parce que j'ai vu ce film il n'y a pas longtemps. Un désir de boucle en montrant l'affiche d'un de ses premiers films dans un des derniers. un regard rétrospectif sur une carrière en train de se boucler.

3) Avez-vous une salle de cinéma régulière ?

Le MK2 bibliothèque depuis son ouverture. Parce qu'il est d'un accès pratique pour moi et que sa librairie bazar est un agréable lieu de perdition pour patienter avant le début du film. Auparavant je fréquentais beaucoup les salles de Montparnasse pour les mêmes raisons. Dans mon enfance c'était le Dôme et le Vox deux salles de La Varenne où ma tante m'emmenait presque tous les dimanches après midi lorsque une des salles proposaient un programme compatible avec mes jeunes années. La première est devenu un multiplex (les 4 deltas) qui a du mal à survivre et la seconde, petite salle de quartier, comme beaucoup a malheureusement disparu On n'allait pas voir un film d'un metteur en scène mais avec un acteur célèbre, surtout des films français, ceux avec Jean Gabin ou Bourvil par exemple nous voyions également quelques films américains des westerns avec John Wayne et des films de pirates. Je me souviens du Capitaine Morgan. Puis à l'adolescence ce fut les cinémas du Pouliguen qui me virent régulièrement, le joli petit cinéma Pax qui venait d'ouvrir ou d'être restauré je ne me souviens plus très bien. C'était le "cinéma du curé" mais sa programmation n'était guère ecclésiastique. Le Pax existe toujours et est aujourd'hui qu'il est repris par la municipalité montre plutôt des films d'art et d'essai sans pour autant négligé le grand public, un bel effort. Il y avait surtout l'Eldorado une assez grande salle passablement décrépite qui a elle aussi disparu depuis où j'ai vu BullitMayfair lady et bien d'autres merveilles. Les salles de La Baule était aussi accessibles à pied. J'y ai vu par exemple Mash. Le fait d'habiter une station balnéaire était une grande chance. L'offre cinématographique, même l'hiver, y était bien supérieur à des villes d'importances comparables. Aujourd'hui la salle que je fréquentais a été remplacée par un multiplex auquel je fais quelques visites, la dernière pour Madagascar 3...

  

4) Quelle salle de cinéma, présente dans un film, préférez-vous ?

La première qui me vient à l'esprit est la salle de cinéma du massacre des nazis dont Hitler, une belle incursion inattendue de l'uchonie, dans inglorious basters de Tarantino. 

5) Avez-vous un souvenir marquant dans une salle de cinéma, n’ayant pas de rapport avec le film projeté ?

TERRE TREMBLE (LA) - film de Visconti

Ce sont des souvenirs sexuels, celui d'avoir fait l'amour dans les toilette du studio Saint Germain (je crois qu'il a changé de nom) non loin de l'église du même nom avec un garçon que j'avais levé (c'est curieux cette expression, mais je n'en trouve pas d'autres. Il était fort beau complètement imberbe et vêtu que d'une combinaison d'une seule pièce à fermeture éclair comme en porte les mécanicien. Il n'avait rien dessous. Le film projeté était La terre tremble de Visconti! Toujours dans le domaine du sexe mais ou cette fois l'amour n'était pas absent, j'ai le souvenir d'avoir caressé et masturbé mon petit ami de l'époque, le même que l'on peut apercevoir dans Autour de minuitdevant Another country mais je ne me souviens plus dans quel cinéma parisien!

6) Avez-vous déjà assisté à un tournage ?

D'abord les miens et ceux de Gérard Blain et de quelques autres comme Max mon amour d'Oshima, un film nul de Lauzier dont j'ai oublié le titre, Autour de minuit de Tavernier et Parking de Demy parceque mon petit ami d'alors y faisait des panouilles. Je le suivais donc une sorte de chaperon en quelque sorte pour un ou deux jours à chaque fois. Lors de mes pérégrinations et autres érances, par hasard, encore sans doute à quelques autres que j'ai oubliés

7) Qu’avez-vous filmé dont vous soyez le plus satisfait ?

La captation de Vincent River. C'est une pièce formidable de Philip Ridley et elle est magnifiquement jouée par Marianne Epin et Cyrille Thouvenin, deux comédiens dont on aimerait avoir des nouvelles.

8) Avez-vous une anecdote véridique à nous conter, vous mettant en scène avec une personnalité du cinéma ?

J'étais dans ce cinéma assez crapoteux qu'est le MK2 Beaubourg où sont souvent relégués les film gay pour voir Avant que j'oublie de Jacques Nolot lorsque concomitament avec l'extinction des feux, un spectateur s'assoit à la place libre à ma droite. Lorsque la lumière s'est rallumé je me suis aperçu que c'était Pascal Greggory.


9) Quelle personnalité du cinéma aimeriez-vous rencontrer pour nourrir une telle anecdote ?

Je n'est guère le souci de l'anecdote mais j'aimerai rencontrer Christophe Honoré car c'est une des personnes qui m'intrigue le plus en ce moment. Comment peut on être aussi positif et talentueux dans certains de ses films, je pense notamment Aux chansons d'amour  et être aussi négatif dans ses livres, qui sont très mauvais (que j'ai jeté à la poubelle, je crois que c'est la première fois que je jetais un livre, non la deuxième car La classe de neige est passé dans le vide-ordures) alors qu'également avec Nouveau roman, je lui dois mon plus beauu souvenir de théâtre depuis longtemps. Voilà une pièce que j'aurais adoré capter.

10) Quel est le personnage cinématographique le plus proche de ce que vous êtes, ou de ce que vous avez été ?

A un moment fugitif de ma vie je crois avoir ressemblé au personnage de Philippe dans Les amis, de mon ami Gérard Blain mais bien après le tournage de ce film auquel j'ai assisté en partie.

11) Avez-vous une quelconque ressemblance physique avec une actrice ou un acteur ? 

Un de mes amis trouvait que je ressemblais à Louis-Philipe. J'aurais préféré ressembler à Gérard... 

12) Apparaissez-vous réellement dans un film ?

On me voit dans Comme un frère, je suis un passager du métro. On m'aperçoit dans Les amis sur le champ de course de Deauville ainsi que dansLe Garçu de Pialat, au loin sur le trottoir de la rue de Sèvres; je revenais de faire mes courses à la Grande Epicerie du Bon Marché et Pialat filmait Depardieu montant dans une voiture. Le film était filmé en parti au domicile du cinéaste qui alors habitait non loin de chez moi. 

13) Quel regard-caméra vous a le plus touché ?

Celui de Tadzio dans Mort à Venise de Visconti.

 

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14) quelle séquence en caméra subjective vous a le plus marqué ?

Il y en a tellement q'aujourd'hui rien n'apparait dans ma vieille mémoire.

15) Existe-t-il un remake que vous appréciez ?

A priori je suis contre les remakes, je ne vois pas l'intérêt de refaire en moins bien ce qui a déjà été fait mais lKing Kong de Peter Jackson apporte vraiment quelque chose par rapport à l'original en replaçant l'histoire dans son contexte social et historique.

 

16) Un que vous détestez ?

La plupart des remakes sont calamiteux pour en citer quelques uns de particulièrement catastrophiques comme ceux de La guerre des boutons, desvisiteurs...

17) Quelle est votre image ou séquence favorite parmi celles faisant allusion, au sein d’un film, à un autre film ?

Il y en a beaucoup mais aucune me reviennent sauf celles ratées réalisées par Christophe Honoré pour Dans Paris. Ce procédé est en général assez lourd. La citation, surtout au cinéma est à utiliser avec parcimonie. 


18) Citez votre scène préférée parmi celles utilisant un miroir

Celle du miroir dans Mulholland drive de David Lynch.

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19) Avez-vous le souvenir d'une apparition involontaire de l'équipe de tournage à l'image ?

Dans Eau profonde de Michel Deville on aperçoit, dans un miroir, fugitivement, une caméra.

20) Quelle est votre préférence parmi les actrices/acteurs ayant joué plusieurs rôles dans le même film ?

Peter Sellers (Docteur Folamour) et Kim Novak (Vertigo), 

21) Quel est pour vous le meilleur interprète d’un personnage traité à plusieurs reprises dans l'histoire du cinéma ?

 Christopher Lee en Dracula

22) Parmi les cinéastes ayant fait l’acteur chez les autres, qui mérite d'être retenu ?

Welles et Von Stroheim, Chabrol chez Zucca dans Alouette, je te plumerai, Woody Allen dans le Prête nom, Moretti dans Le porteur de serviettede  Daniele Luchetti , John Cassavetes dans Rosemary baby, Milos Forman dans Les Bien-Aimés de Christophe Honoré... 

23) Quelle apparition d’un réalisateur dans son propre film vous semble la plus mémorable ?

J'aime beaucoup lorsque Gérard Blain à la fin des "Amis" croise son héros.

24) Quel est à vos yeux le plus grand film sur le cinéma ?

Le dernier nabab de Kazan qui est un film à mon sens injustement méprisé. Mais je m'en voudrais d'oublier deux film asiatiques que je revois régulièrement. D'abord Center Stage, de Stanley Kwan, le réalisateur de Lan Yu une belle évocation du cinéma du Shanghai des années 30 et sur ces mêmes années un chef d'oeuvre du film d'animation, Millennium actress du très regretté Satoshi Kon.  

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Le monde de Charlie, un film de Stephen Chbosky

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Charlie (Logan Lerman) est un garçon de 15 ans, d'aspect quelconque très renfermé qui espère que son entrée au lycée va être pour lui, une nouvelle vie.Il voudrait surmonter les fantômes du passé et de vivre sa première année au lycée le mieux possible. Son existence au collège s'est avéré très pénible. Il n'a pas réussi à se faire des amis et son statut de bon élève aimant les livres ne l'a pas aidé. Malheureusement son séjour au lycée semble vouloir reproduire le calvaire qu'il a vécu les années précédentes jusqu'à ce qu'il fasse connaissance de deux autres outsiders du lieu, Sam (Emma Watson) et son demi-frère, gay, Patrick (Ezra Miller) qui tout en assumant son homosexualité est obligé de cacher sa relation avec la star de l'équipe de foot américain du lycée ( Johnny Simmons). Ils le prennent sous leur aile. Eux aussi ont quelques fêlures et sont à même de comprendre celles de Charlie . Ils vont agrandir le monde de Charlie...

Stephen Chbosky adapte son livre autobiographique. On peut supposer que l'adaptation est fidèle puisque le film est réalisé par son auteur. Il est paru une première fois en France sous le titre « Pas raccord » (je ne l'ai pas lu), pour la sortie du film il reparait avec le titre éponyme à celui-ci. L'ouvrage a été un gros succès aux Etats-Unis. Il est classé troisième des livres les plus consultés en 2009 dans les bibliothèques par l'American Library Association. Le roman estinscrit au programme de certaines écoles, mais interdit à la circulation par d'autres. Son titre original est The perk of being a wallflower, soit en français , des avantages de se confondre avec le papier peint. 

 

Le monde de Charlie


Le monde de Charlie est intéressant parce qu'il nous présente l'adolescence d'un garçon introverti ayant une vie relativement banal d'abord enfermé dans sa timidité et même un peu plus que cela on découvre petit à petit les clés de son blocage, puis se libérant au contact d'ami qu'il finit par se faire. Les péripéties, hormis les rituels des lycées américains qui ne doivent plus avoir de secret pour quiconque ouvre la télévision ou va quelques fois voir des films américains, sont réduites. Le film aurait été encore meilleur si le réalisateur, qui est aussi sont scénariste, n'avait pas introduit un traumatisme superflu qui rend le héros (l'anti-héros) moins ordinaire et par la moins empathique qu'il aurait été souhaitable. Ce mystère familiale qui est à la base du mal être de Charlie reste assez flou, même s'il est très inhabituel dans le cinéma américain et arrive qu'à la toute fin du film. Floues également les relations de Charlie avec les membres de sa famille, quelques scènes supplémentaires n'auraient pas été inutiles. On peut penser que ces points sont plus développés dans le roman que le film m'a donné envie de lire.

Tout sonne juste dans ce monde de Charlie à commencer par les dialogues pour continuer avec la psychologie des personnages, même s'ils nous paraissent, spectateurs français, un peu trop archétypaux, mais l'adolescent américain n'est-il pas contraint de ressembler à ces archétypes pour être accepter par ses camarades?

 

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Cette importance du rituel dans les lycées américains m'amènent à plusieurs interrogations et réflexions. Tout d'abord n'est il pas possible que dans des établissements fréquentés par une population homogène racialement (il n'y a que des blancs dans le monde de Charlie) et sociologiquement, tous les élèves de son lycée appartiennent peu ou prou à la classe moyenne supérieure américaine. Un tel panel de lycéens serait quasiment impossible dans la France d'aujourd'hui. J'entrevois que cette ritualisation , qui ne va pas sans violence comme le bizutage, qui nous est montré dans une des premières scènes , entraine une forte émulation entre les élèves et un grand esprit de corps entre eux, qui n'est pas étranger au patriotisme américain, mais aussi renforce le conformisme social excluant ceux qui ne correspondent pas à la norme sociétale de leur milieu et ou à des stéréotypes comportementaux. Le corollaire est l'exclusion de ceux qui n'entre pas dans ce moule d'où une possible exacerbation de la violence envers « l'original » ou de celui-ci envers ses camarades lorsqu'il prend conscience que son exclusion sera définitive. Ce qui peut expliquer le épisodes de folie meurtrière que connaissent régulièrement les établissements scolaires américains.

 

Le monde de Charlie, la critique de melty.fr


Mes petites réflexions sociologiques m'ont fait regarder aussi autour de moi; dans cette petite salle d'un multiplexe parisien, très bien remplie, presque que des jeunes gens, surtout des filles et que des blancs. Je remarque, tout au moins pour les films que je vais voir que les noirs sont très rares, beaucoup plus que dans le métro que je prend pour me rendre au cinéma... N'existerait-il pas une sorte d'apartheid culturel dans notre pays? (mais le sujet doit être tabou!).

 

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On ne sait pas quand exactement se déroule cette histoire mais c'est avant les ordinateurs personnels et les téléphones portables, disons dans les années 80 ou encore peut être un peu plus tard. En tout cas nous sommes au temps des magnétophones à cassette. Les ados dans le film se donne des compilations des musiques qu'ils préfèrent sur des cassettes, comme témoignage de leur amour. C'est fort mignon. A ce propos la très bonne bande originale du film est très bonne. Elle comprend des tubes cultissimes comme « Asleep » des Smiths.

On ne sait pas non plus où nous sommes avec précision, sauf pour ceux qui reconnaitrons le beau pont métallique qu'empruntent les héros mais la neige à Noël nous indique que nous sommes plus au nord et à l'est des Etats-Unis qu'au sud ou à l'ouest (à moins que nous soyons dans l'état de Washington ou au nord de l'Oregon).

 

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A propos de la date je suis surpris que dans l'Amérique dans les années oùl'histoire est censé se passer que Patrick puisse assumer aussi tranquillement son homosexualité... Mais peut-être que je suis victimes des idées reçues... Il reste que la relation entre Charlie et Patrick est peut être ce qu'il y a de plus original dans le scénario. On peut parler d'amitié amoureuse.

L'attitude de Charlie face à la vie me fait penser à celle de Donnie Darko dans le film du même nom et à celle du héros d' «  un jour cette douleur te servira  » le beau roman de Peter Cameron.

Malgré plusieurs propositions d’adaptations au cinéma à la sortie de son livre, Chbosky aura attendu 13 ans pour réaliser lui-même le film. Il est né en 1970 et diplômé de la prestigieuse école d'écriture scénaristique de la University of Southern California, Chbosky s'est attelé à son livre tout en étant encore étudiant, et l'a achevé quelques années plus tard à New York. Chbosky s'est ensuite installé à Los Angeles pour développer d'autres projets, comme l'écriture de la transposition cinématographique de la comédie musicale "Rent", qui a triomphé à Broadway, et le lancement de la série Jericho. Lianne Halfon, Russell Smith et John Malkovitch, associés au sein de Mr Mudd Productions, se sont intéressés au projet d'adaptation de Chbosky: la structure a notamment produit Juno, Ghost World, Art School Confidential...

 

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Si Chbosky ne révolutionne pas la mise en scène, il pose cependant la caméra aux endroits justes.

Les dialogues sont particulièrement soignés et contiennent quelques belles répliques comme: "On accepte l'amour que l'on croit mériter" (We Accept The Love We Think We deserve).

Le film doit beaucoup à l'impressionnante sincérité de l'interprétation des trois personnages principaux, fruit d'un casting parfait et pourtant pas évident.Emma Watson, connue depuis l’âge de 11 ans pour son rôle de Hermione dansHarry Potter démontre qu'il y a une possible vie de comédienne après Harry Potter. Logan Lerman révèle un registre très étendu, ce que ne laissait pas présager forcément sont rôle dans Percy Jackson, teen movie kitsch à souhait. Le duo Emma Watson – Logan Lerman se reformera pour le film Noah de Darren Aronofsky, sortie prévue, fin 2013. Mais en ce qui me concerne la révélation vient d'Ezra Miller qui possède un beau charisme et que je trouve par ailleurs très attirant en gay. Contrairement à beaucoup de film sur l'adolescence, « Le monde de Charlie » ne tourne pas les adultes en ridicule pas plus qu'il ne néglige leur casting.

 

Le monde de Charlie, la critique de melty.fr


Le monde de Charlie est un film dans lesquels on peut tous se reconnaître. On a tous vécu des moment comme de sortir avec une fille ( ou un garçon) par dépit ou de peiner à entrer dans un groupe d’amis, soudés depuis la maternelle ou encore de ne pas oser lever la main en classe. Le monde de Charlie est un bien beau film sur les premières fois.  

 



Mae Whitman, Logan Lerman, Emma Watson, Ezra Miller et Erin Wilhelmi dans "Le Monde de Charlie", de Stephen Chbosky

 


Le bande-annonce

 

  

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petit bilan personnel de mon année cinématographique 2012

Publié le par lesdiagonalesdutemps

L'an passé je constatais que je me déprenais de plus en plus du cinéma, la déprise s'est poursuivi cette année, lui préférant en ce qui concerne les images qui bougent, les séries télévisées que je regarde généralement d'une manière décalée, sauf pour "les revenants" et même parfois plusieurs années après leur passage à la télévision comme ce fut le cas pour les "Tudor". Mais la lecture des livres mais aussi de la presse et encore plus des revues accapare de plus en plus mon temps et puis il y a les expositions que j'arpente toujours régulièrement sans parler des voyages qui sont rarement propices aux séances de cinéma... Mais surtout les thèmes traités, en particulier par le cinéma français, ne m'incitent pas à sortir de mon bois. Et puis au fil des années il y a de moins en moins de cinéastes dont je vais voir systématiquement chaque nouveauté. Il n'y a plus guère qu'Almodovar, Kitano et Podalydes et comme les deux premiers n'ont rien sorti en 2012... Il reste néanmoins que j'ai encore pris beaucoup de plaisir en 2012 a être, dans une salle, devant certains films et en particulier les dix qui suivent et que j'ai classé par ordre de préférance.

 

1- Les invisibles, de Sébastien Lifshitz

2- Les enfants loups, Ame & Yuki, de Mamoru Hosoda  

3- La colline aux coquelicots de Goro Miyasaki  

4- La taupe de Tomas Alfredson

5-Ernest et Célestine de Benjamin RennerVincent PatarStéphane Aubier

6- Après mai, d'Olivier Assayas  

7- Adieu Berthe de Podalydes

8- Dans la maison de François Ozon  

9- Camille redouble de Noémie Lvovsky

10- Tatsumi de Khoo  

 

Vous l'aurez vite remarqué sans doute il y a quatre films d'animation parmi mon top 10, d'une part aujourd'hui les dessins animés ne s'adresse plus aux enfants ou tout du moins pas seulement comme la colline aux coquelicots et surtout les enfants loups qui permettent plusieurs niveaux de lecture et puis leur potentiel artistique est presque toujours supérieur aux films avec acteurs.

N'hésitez pas dans les commentaires à proposer votre classement et à le justifier ou non

 

Nota: en cliquant sur les films dont le titre apparait en couleur vous accéderez au billet que j'ai consacré au film.

 

 

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Questionnaire cinéphile entre Proust et Pérec

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Joachim dont je vous conseille l’excellent blog cinéphilique (http://365joursouvrables.blogspot.com/) a eu la judicieuse idée d’adapter le « questionnaire portrait chinois » en un questionnaire “proustien” où il s’agit moins de citer nos films préférés que ceux qui ont marqué notre jeunesse. Le bon docteur Orlof (http://drorlof.over-blog.com/) à rempli le questionnaire avec érudition et sensibilité.

Je vous livre mes réponse à ce délicat exercice. Il ne faut pas hésiter  à vous prêter au jeu du << si j’étais>>.

 

Un film:

“Lawrence d'Arabie” de David Lean, l'aventure, l'espionnage, les conquêtes, les causes perdues, l'empire, les garçons...

Un réalisateur:

Adolescent je vouais une passion à Claude Chabrol, “La femme infidèle” était mon grand film, Michel Bouquet et Maurice Ronet mes acteurs préférés. Lorsque quelques années plus tard j'ai rencontré Maurice Ronet, il a été très flatté d’avoir été mon comédien favori. Mais alors, c'est surtout sa peinture que j'aurais aimé voir... dont plus tard Oscar Gauthier me parla avec chaleur. Il y a deux ans, sur la plage de La Baule où je lisais le ventre sur le sable comme souvent je le fis, et soudain une rumeur parcouru le sable, Claude Chabrol venait de mourir non loin de là, il habitait Le Croisic, j'ai été très ému.

Un acteur:

Enfant, jusqu'à 15 ans, c'est Jean Gabin qui me passionnait, “Les grandes familles” ou “Le président” ou bien encore “La bête humaine”, autant de films découverts à la télévision, le dimanche soir, sur l'unique chaîne, qui m'avaient beaucoup impressionné. Dès leur sortie je demandais à ma tante de m’emmener voir le dernier film de l’acteur.

A cette époque avec mes parents nous habitions la banlieue parisienne. Nous n’allions à Paris au cinéma qu’exceptionnellement, le plus souvent pour voir le Disney annuel. J’attendais donc  que les films de mes acteurs préférés, il n’était pas encore question pour moi de metteur en scène dont j’ignorais jusqu’à l’existence, passent dans nos cinémas de quartier. Ils avaient pour nom le Vox et le Dôme. Nous étions prévenu de la programmation de ces deux cinémas par de grandes affiches mensuelles aux lettres tantôt rouges, tantôt bleues, invariablement collées sous le pont du chemin de fer.

Une actrice:

Dominique Sanda dans “Le jardin des Finzzi Contini” de Vittorio De Sicca.

Une rencontre d’acteurs:

Laurel et Hardy qui seront à jamais mon souvenir des après-midi de vacances lorsque ma jeune tante m'emmenait au cinéma lorsque nous ne pouvions aller à la plage.

un gag: 

Toujours Laurel et Hardy se servant à tour de rôle de leur pouce comme briquet dans “Fra Diavolo”, vu à six ans dans un cinéma de Cabourg et jamais revu depuis!

Une révélation: 

“Blow up” découvert une après midi à Leysin, un jour de tempête de neige, où l'on ne pouvait pas skier, le mauvais temps est propice à la naissance de la cinéphilie..

Souvenir cinéphilique qui pourrait figurer dans une chanson de Vincent Delerm:

Je ne suis pas sûr que cela pourrait être dans une chanson de Delerm (que j'aime bien)... La crise de larme de mon petit ami d'alors à la sortie de "La mouche" de Cronenberg, il avait dix huit ans et devait mourir du sida quelques années plus tard...

Une histoire d’amour:

Le problème lorsque l'on est gay et qu'on le sait très vite, c'est que l'on est très frustré de ce coté là... Il m’aura fallu attendre “Beautifull thing” pour voir une histoire d’amour gay qui finisse bien.

Une bande son: 

“West side story”, la musique me tourne toujours dans la tête avec celle des Demoiselles de Rochefort.

Le pire film que j'ai vu: 

Mon beau frère à tué ma soeur dont j'ai oublié (par charité?) le nom du metteur en scène dont je ne désir pas me souvenir. 

Faiseur surestimé:

Beaucoup des cinéastes français que défendent à longueur d'année les Cahiers du cinéma, Vincent Dieutre par exemple et son désolant “Rome désolé”.

Une oeuvre sous estimée:

Les films "qualité française" descendus par la Nouvelle vague et qui ont émerveillé mon enfance: “Taxi pour Tobrouk”, “Fortunat” (j’ai appris plus tard que Frédéric Mitterrand jouait l’un des enfants), “Les aristocrates”, “Un singe en hiver”...

Un choc plastique: 

“Le satiricon” de Fellini, “Mort à Venise” de Visconti, la même année je crois(??)

Un fantasme:

Vivre dans “Le satiricon” de Fellini pour être tout près d’Encolpe et Giton...

 

A la manière de Pérec

 

Je me souviens entre mes sept et douze ans de mes sorties rituelles et très attendues du dimanche après midi sous le chaperonnage de ma tante qui était au moins aussi contente que moi d’aller voir des films et à laquelle je dois mon amour du cinéma.

Je me souviens ainsi de Jean Gabin en clochard dans “Archimède”, de Fernandel dans Crésus, de Francis Blanche dans “Ces messieurs de la famille”,de Darry Cowl dans “Le triporteur”, de Louis de Funes en braconnier dans “ L’affaire Blaireau” (mais je ne suis pas sûr du titre), de Jean Marais en bossu...

Je ma souviens de Fernand Reynaud en bagnard, cela s’appelait “Le mouton” je crois

Je me souviens de l’émerveillement pour le “Docteur Jivago” vu au Richelieu. Ce cinéma des grands boulevards existe-t-il encore?

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