Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

135 articles avec humeurs cinematographiques

Minuscule un film d'Hélène Giraud et Thomas Szabo

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

fourmis2_pb9

 

Je ne suis pas un grand regardeur de programmes télévisés mis à part quelques séries et les films que j'ai raté en salle et bien sûr les retransmission des tournois de tennis mais j'ignore à peu près tout des émissions destinées aux enfants. Je ne savais donc pas quand j'ai vu Minuscule que cela avait été d’abord une série de courts métrage destinés à la télévision créée en 2006 par Hélène Giraud (la fille de Jean Giraud dit aussi Moebius) et Thomas Szabo. Or donc ce qui frappe immédiatement c'est la forme assez inhabituelle dans l'animation. On y voit des insectes assez façon Disney, mais en 3D voletant, rampant, bourdonnants vivant leur vie d’insecte de manière assez farfelue tout en gardant une espèce de réalisme qui est renforcé par le concept visuel du film puisque les créatures animées bougent d'une manière très vériste sur des décors réels (principalement dans les Alpes de haute Provence. Les petites bêtes ne parlent pas mais se contentent de "buzzer".

C'est la bande annonce, épatante qui m'a donné envie de voir ce dessin animé. J'ai eu raison car c'est drôle et original, même si ce n'est pas la première fois que le héros d'un film d'animation est un insecte. 

Le scénario est simple. Dans une belle vallée au sein des montagnes où glougloute les torrents et bruissent les sapins une patrouille de fourmis noires (sympathiques) tombent sur un véritable trésor, une boîte à sucres pleine abandonnée. Elles décident de la ramener dans leur fourmilière. Elles croisent des fourmis rouges (très méchantes) qui n'ont qu'une idée, piquer le sucre aux fourmis noires. Les rouges se lancent à leur poursuite des noires. Ces dernières ont une alliée inattendue: une coccinelle accidentés (très très gentilles) qui s’est réfugiée dans la boîte.


minuscule-vallee-fourmi

 

L’histoire  reprend des tas de structure des récits d’aventure, de western. Les personnages ne causent pas mais s’expriment par onomatopées rigolotes. On prend un bon bol d'air au rythme trépidant des péripéties de ces pauvres fourmis noires qui rassuré vous cela se terminera bie pour les gentils, mais je pense que vous vous en doutiez.

Le film donne l'envie de se coucher dans l'herbe pour la Nature, à s’émerveiller de ses trouvailles visuelles. Ça reprend des tas de recettes qui ont fait leur preuve. On pense a Microcosmos ou à Fourmiz pour les insectes ou de Qui veut la peau de Roger Rabbit ? pour le mélange de prises de vue réelle et d'animation mais dans une perspective différente.

Minuscule est une sorte de western chez les sympathiques insectes et je dois dire qu'à mon avis notre petite coccinelles remplacent avantageusement le cow-boy défourailleur. C'est aussi un film pour cinéphiles, il y a plein de private jokes mais même si j'en ai repéré quelques un la plupart m'ont sans doute qui m’ont échappé… Un très joli film qui fait regarder avec plus d'empathie toutes les petites bêtes. 

 

Pour retrouver d'autres billets sur les animés sur le blog: Colorful de Keiichi Hara,  La colline aux coquelicots de Goro Miyasaki,  Tatsumi de Khoo,  Les enfants loups, Ame & Yuki, un film de Mamoru Hosoda,  Tokyo magnitude 8,  Lettre à Momo, un film d'Hiroyuki Okiura,  Le vent se lève, un film de MiyazakiMinuscule un film d'Hélène Giraud et Thomas Szabo

 

minuscule-la-vallee-des-fourmis-perdues

Partager cet article

Repost 0

Another year, un film de Mike Leigh

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

Si j'aime les films de Mike Leigh, et "Another year" ne fait pas exception à la règle, c'est qu'en autre chose leurs personnages sont de vrais gens à la différence de la plupart de ceux qui habitent les films français qui sont souvent de purs esprits sans métier et n'ayant presque jamais de soucis d'argent celui-ci semblant leur arriver comme l'eau coule au robinet. 

C'est tout l'inverse que l'on constate chez le cinéaste anglais. Tous ses personnages qui ne sont pourtant jamais caricaturaux, parfois il ne sont qu'un peu excessifs, sont tous fortement caractérisés par leur position dans l'échelle sociale, beaucoup plus acceptée dans l'imaginaire britannique qu'elle l'est dans la société française où elle sciemment occultée.

 


Le film est rigoureusement construit. Le récit s'articule autour d'un couple aux abords de la soixantaine. Il est formé par Tom, ingénieur, et Gerry, psychologue. Il vivent confortablement dans leur coquette maison des alentours de Londres. Leur passion est le jardinage. Autour d'eux s'agrègent plusieurs personnes toutes au départ du film plus ou moins esseulé et mis à part leur fils qui travaille dans un cabinet juridique, d'une condition sociale inférieur à la leur. On comprendra que Tom et Gerry viennent de la classe ouvrière mais qu'ils s'en sont libérés contrairement à leurs proches.

 


Celle de cet entourage qui compte sans doute le moins pour le couple, Mary (Lesley Manville), une collègue de Gerry, qui est en quelque sorte son négatif, est pourtant celle qui par ses navrantes frasques donne l'impulsion à l'histoire.  

L'espace social n'est pas le seul auquel Leigh apporte tout son soin. On trouve dans "Another year" une grande attention au temps; celui qui passe, le film est découpé en quatre parties suivant les saisons ce qui induit aussi le temps qu'il fait et un souci constant chez le réalisateur que le chromatisme de son film soit à l'unisson du climat qui règne dans son histoire: couleurs chaudes pour l'été, froide s pour l'hiver dans une palette très réduite. Chaque séquence se déroule dans un climat différent qui est illustré par les changements des travaux auxquels Tom et Gerry se livrent dans leur jardin qui a la particularité de n'être pas contiguë à leur belle maison typiquement anglaise. L'écoulement du temps dans "Another year" a quelque chose de tchekhovien. 

Ce que j'apprécie également c'est le courage qu'a un cinéaste aujourd'hui de mettre en scène non l'extraordinaire mais l'ordinaire de vies communes et, c'est pour cela que les films de Mike Leigh sont aussi poignants.

 


Another year met le doigt sur une particularité anglaise à moins qu'à l'inverse ce soit une situation purement française que le film met en exergue; en Angleterre la présence d'une classe ouvrière blanche, alors que de ce coté ci de la Manche, elle s'est comme évaporée. Il est patent également que le marqueur de ce lumpen prolétariat anglais est son alcoolisme chronique qui l'exclut du reste de la société l'enfermant dans un enclos destructeur d'où leur impossibilité à s'exprimer. Ils sont comme vitrifiés par l'alcool. Le personnage du frère de Tom (David Bradley) est l'illustration de cela.

Comme toujours chez Mike Leigh, les acteurs, que l'on a déjà vus presque tous dans ses films précédents, sont si extraordinaires que l'on a jamais l'impression que ce sont des personnes qui jouent un rôle mais qu'en dehors de la tranche de vie que nous voyons à l'écran, ils continuent leur existence dont nous sommes presque gênés d'en avoir été les momentanés voyeurs.

Discrètement "Another year" est un grand film sur le sens de la vie.

 

 

Nota

Est-il besoin de le préciser, c'est l'immense Floc'h qui a signé l'affiche.    


Partager cet article

Repost 0

On Your Mark, un clip réalisé par Miyazaki

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Partager cet article

Repost 0

Le vent se lève, un film de Miyazaki

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le vent se lève : Affiche du dernier Hayao Miyazaki - Affiche

 

 

C'est inévitablement avec un sentiment mélangé que nous découvrons « Le vent se lève » puisque c'est à la fois le nouvel opus de Miyasaki, peut être le plus grand cinéaste de films d'animation de l'Histoire du cinéma, et le dernier puisqu'il a annoncé, il y a quelques semaines, sa retraite.

 

Le vent se lève - Miyazaki


Pour ce, qui sera donc vu comme son testament artistique, le cinéaste n'a pas choisi la facilité, rien de consensuel dans cette histoire qui ne s'adresse pas vraiment aux enfants et dont le sujet est la biographie de Jiro Horikoshi, certes rêvée, le film commence par une magnifique séquence onirique qui semble une sorte d'hommage à Little Nemo. Jiro Horikoshi (1903-1982) est l'ingénieur en aéronautique qui fut le père du fameux chasseur zéro qui lors de la dernière guerre s'est illustré dans l'attaque de Pearl Arbour et qui a été l'un des avions des kamikazes. Choix d'autant plus curieux chez un homme qui clame haut et fort son pacifisme. D'ailleurs tout au long du film on a l'impression que Miyasaki est un peu géné aux entournures avec sont personnage. Il force un peu le trait sur sa bonté naturelle. Il veut absolument démontrer que ce créateur d'une arme redoutable est fondamentalement bon et quasiment pacifiste...

 

Capture-d-ecran-2014-01-30-a-21.41.05.jpg


Mais très intelligemment par des partis pris audacieux, le cinéaste montre que Jiro a gardé son innocence d'enfant. Il garde jusqu'à la fin la tête du jeune garçon qui rêvait de construire de belles machines volantes.

Eliminons d'emblée la question de l'animation, elle est sublime. Peut on faire mieux, difficile à croire. Presque tout est réalisé à l'ancienne, dessiné à la main sauf pour des objets bien particulier comme la règle à calcul et les pages imprimées des livres.

Il y a un véritable tour de force dans ce film qui est de rendre visible ce qui est invisible par essence, le vent.

Le film se divise en deux parties relativement distinctes: la jeunesse et l’apprentissage de Jiro pour son métier d'ingénieur puis son histoire d’amour avec Naoko qui va de paire avec l'apogée de sa carrière. La première est fascinante pour quelques scènes extraordinaires: le rêve de Jiro enfant, le tremblement de terre de Tokyo de 1923 et plus généralement, une description minutieuse de la vie à l’époque. Jiro vit dans un pays pauvre qui rêve de devenir l’égal des grandes puissances occidentales et il fait partie, sans en avoir conscience, de cette marche en avant qui conduira à la guerre contre les États-Unis. On voit autour de lui le pays se moderniser et s’occidentaliser petit à petit.

 

Capture-d-ecran-2014-01-30-a-21.40.12.jpg


Si à première vue le sujet surprend, il le fait beaucoup moins lorsqu'on voit le film. Miyasaki a toujours été passionné d'aviation, son père dirigeait une usine de fabrication de pièces pour les avions, ce qui peut en partie expliquer cela. Il a déjà réalisé un film centré sur l'aviation, « Porco roso » et les machines volantes font presque toujours irruption dans ses films.

L'ingénieux ingénieur, comme dirait Boris, que je fus dans une autre vie, s'est tout de même posé des questions sur la façon de travailler d'un ingénieur et d'un bureau d'étude dans le Japon les années 30. Cette représentation devrait en interloquer plus d'un qui a sué devant une planche à dessin, planche à dessin que l'on précise d'importation! En effet ces dessinateurs nippons semblent ignorer le té et de toutes manières, ils ne fixent pas leur plan sur la planche et semblent dessiner qu'avec des équerres ou des formes (appelés escargots ou pistolets dans le jargon professionnel) dans ces conditions je ne vois pas bien comment ils peuvent tracer des parallèles et des perpendiculaires. Leur table a dessin s'apparente plus à celle d'un architecte du début du XX ème siècle qu'a celle d'un dessinateur industriel. Elle n'est pas muni d'un pantographe système qui existait depuis longtemps pourtant à cette époque en Europe. Autres bizarreries ces dessinateurs sont assis face à leur planche et ils ne portent pas de blouse. A un moment on voit le héros tracer un projet de détail de l'avion, une attache sur une aile qu'il exécute en perspective comme une vue artistique, pratique qui a été utilisée en Europe au XIX ème siècle mais plus du tout sur notre continent en 1930. Je met peu en doute l'exactitude dans le contexte japonais, surtout à l'époque où se déroule le récit, de ce que je vois à l'écran dans un film de Miyasaki quand on sait le soin qu'il apporte au moindre détail, si bien que chaque décor est un régal sur lequel on voudrait faire un arrêt sur image pour complètement en profiter. Mais j'aimerais bien que quelqu'un ayant des lumières sur la vie d'un bureau d'étude au Japon dans l'entre deux guerre m'apporte quelques explications sur les points précis que j'ai soulevés plus haut.

 

Capture-d-ecran-2014-01-30-a-21.39.18.jpg


Pour tous les jeunots qui sont nés avec une machine à calculer dans leur couche, je voudrais les informer que la curieuse règle que manipule Jiro est une règle à calcul, instrument longtemps indispensable pour tout ingénieur et calculateur. Après un rapide apprentissage cet élégant boulier plat vous permettait de faire des calcul avec une célérité qui ébahissait le béotien moyen. On pouvait même en tirer des sons qui rappelaient un peu la trompette bouché et qui égayaient les entre-cours. Ah quand la nostalgie nous tient...

 

Le vent se lève - Miyazaki


Sans doute que beaucoup de spectateurs trouveront que Jiro est un égoïste en préférant son travail à sa femme gravement malade, ou plutôt en essayant de concilier ses deux amours son aimée et sa passion de l'aviation. C'est méconnaitre la sorte de folie créatrice qui peut envahir un ingénieur. Jiro est très représentatif de ces techniciens qui, tout emplis de leur soif de créer, le plus souvent une petite partie d'un ensemble, contrairement à la vision romantique du film où Jiro oeuvre sur un avion en entier, oublient la finalité à ce quoi il travaille. Les horreurs de la guerre et la guerre elle même ne sont montrées que dans la toute dernière séquence dans laquelle Jiro erre dans un cimetière d'avion et constate que s'ils furent nombreux à partir combattre aucun n'en est revenu... Cette attitude de fixation sur un ouvrage en ne voulant pas voir son but est des plus courante mais le public en est peu informée car tout simplement parce que la fiction en France s'intéresse bien peu au travail qui pourtant occupe beaucoup du temps de chacun. C'est beaucoup moins le cas au Japon où par exemple de nombreux mangas sont ancrés dans une activité professionnelle particulière. Pour cette bel et véridique illustration du labeur, Il faut, ne serait-ce que pour cela, remercier Miyazaki.

 

Capture-d-ecran-2014-01-30-a-21.38.30.jpg


Miyasaki démontre que l'on peut tout raconter par le biais du dessin animé. En quelques images inoubliables il évoque de grands faits de société comme la crise économique des années 30, la militarisation de son pays, la révolution industrielle qui bouleverse le Japon à cette époque, la calamité qu'était encore à cette époque la tuberculose (le roman « La montagne magique » de Thomas Mann est cité. La mère de Miyazaki était aussi tuberculeuse ce qui explique ces personnages de femmes malades dans ses films comme ici et comme la mère de « Mon voisin Totoro »). C’est une partie très émouvante et qui justifie le film à mes yeux.)... La référence à « La montagne magique » n'est pas la seule allusion littéraire européenne du film. A plusieurs reprise des personnages du film citent la phrase de Paul Valéry: << Le vent se lève il faut tenter de vivre.>>. Phrase qui donne le titre du film.

 

Le vent se lève - Miyazaki


Il montre l'horreur du grand tremblement de terre du Kanto de 1923 et du gigantesque incendie qui s'en est suivi qui détruisit une grande partie de Tokyo, tout ce qui était au sud du parc Ueno (sur cet événement capital qui modifia considérablement l'Histoire du Japon, on peut considérer qu'il est le déclencheur de la marche du pays vers le militarisme, il faut lire « Le grand tremblement de terre du Kantô d'Akira Yoshimura, paru aux éditions Actes sud. On ydécouvre que de nombreux Coréens furent lynchés par la foule à cette occasion et que des membres important de la gauche nippone furent éliminés à ce moment ce qui passa presque inaperçu dans le désordre ambiants...).

 

Capture-d-ecran-2014-01-30-a-21.37.43.jpg


La grande nouveauté chez Miyazaki est l'émergence d'une histoire d'amour pas trop édulcorée. Jiro rencontre une jeune fille Naoko dans le train qui le conduit pour la première fois à Tokyo. En quelques séquences lyriques très réussies Miyazaki orchestre cette tragique histoire d'amour. Encore une fois Miyazaki fait passer par l'intermédiaire de la relation entre Jiro et Naoko beaucoup de choses sur la société japonaise d'alors. On voit par exemple qu'il était mal vu qu'un homme et une femme (nos sommes dans la bourgeoisie) habitent ensemble sans être mariés. La valeur des films de Miyazaki tient beaucoup à l'importance que le réalisateur accorde aux détails et particulièrement à ceux des rapports entre Jiro et Naoko comme leur premier baiser ou la façon dont la jeune femme recouvre avec sa couette Jiro qui vient de s'allonger auprès d'elle.

 

Capture-d-ecran-2014-01-30-a-21.36.19.jpg


Si le film s'inspire de la vie de Jiro Hirikoshi, il est aussi imprégné du livre de souvenirs de Tatsuo Hori (1904-1953), écrivain et traducteur de Cocteau, dans lequel il évoque la mort de sa fiancée tuberculeuse. Une autre figure historique apparaît dans le film, celle de Giovanni Battista Caproni (1886-1957), célèbre constructeur d'avions italien qui, on l'imagine a du faire rêver Miyazaki enfant; on retombe sur l'importante prégnance autobiographique du « Vent se lève ». Caproni incarne pour notre héros une sorte de mentor paternel. A ce sujet, à part sa soeur, on ne voit jamais les parents de Jiro, en faisant une sorte de Peter Pan... Caproni (et le vent) est une figure majeure dans l'oeuvre de Miyazaki car le nom de son studio d'animation Ghibli est certes le nom d'un vent chaud du Sahara mais c'est surtout le nom d'un avion de reconnaissance italien créé par... Caproni!

 

Capture-d-ecran-2014-01-30-a-21.37.24.jpg

 

Le film contient de nombreuses réflexion sur la vie. Je trouve très juste cellesur le fait que les personnages soulignent qu’un homme ne peut espérer que dix années de créativité...

Le final est très mélancolique: ses Zéros ont été les avions des Kamikazes se suicider et les bombardiers américains ont ravagé son pays. Jiro n’a qu’une unique consolation: l’encouragement de Naoko à continuer de vivre. << Les avions sont des objets magnifiques et maudits avalés par l'immensité des cieux.

 

 

Le vent se lève - Miyazaki

.

Pour retrouver d'autres billets sur les animés sur le blog: Colorful de Keiichi Hara,  La colline aux coquelicots de Goro Miyasaki,  Tatsumi de Khoo,  Les enfants loups, Ame & Yuki, un film de Mamoru Hosoda,  Tokyo magnitude 8,  Lettre à Momo, un film d'Hiroyuki OkiuraLe vent se lève, un film de Miyazaki

Partager cet article

Repost 0

mon bilan cinématographique de l'année 2013

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Comme chaque année je me suis soumis au rituel de faire un classement des films que j'ai vu en salle durant 2013 et qui sont sortie pour la première fois sur les écrans, cette même année. Cela m'amuse de les comparer aux classement des revues que je lis comme "Les cahiers du cinéma", "Positif", "Les inrock" ou "Télérama". Même si ces comparaisons perdent de la pertinence depuis quelques années car je vais de moins en moins au cinéma sans que cela soit une décision de ma part, ni que je sache vraiment pourquoi. Pourtant il sort tellement de films chaque semaine. Si bien que se déplacer pour voir tel ou tel film est le choix principal. C'est donc qu'il y a de moins en moins de films qui soient assez attractif pour sortir de ma tanière.

Cette année il y a dans mes dix films préférés 3 films français, 6 américains et un japonais, qui est sans surprise un film d'animation. Si l'année 2013 n'aura pas été pour moi une grande année cinématographique en revanche je suis surpris en me les remémorant de la relative audace des thèmes traités dans les films qui composent mon classement.

 

1- Django, un film de Tarantino

2-  Lettre à Momo, un film d'Hiroyuki Okiura

3-  La vie d'Adèle un film d'Abdellatif Kechiche

4-  Cloud Atlas de Lana Wachowski, Andy Wachowski et Tom Tykwer

5- Lincoln, un film de Spielberg

6- Blue Jasmine, un film de Woody Allen

7- Violette, un film de Martin Provost

8- Guillaume et les garçons à table, un film de Guillaume Gallienne

9- Le monde de Charlie, un film de Stephen Chbosky

10- Struck, un film de Brian Dannelly  

 

En cliquant sur les titres en couleur vous accéderez à la critique du film sur le blog.

Partager cet article

Repost 0

Non Gérard Blain n'est pas oublié

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

 

Comme ce blog ne le montre pas, je lis énormément de gazettes, mais j'évite de commenter les commentaires... Chaque mois c'est donc plusieurs magazines que je parcours. Ceux-ci me laisse de plus en plus indifférent puisqu'ils sont presque tous nourris de la molle doxa ambiante.

Toutefois hier, j'ai réagi en découvrant au dessus du nom du journal, « Les cahiers du cinéma, revue que je lis depuis des lustres, même si je lui préfère « Positif » dont je ne manque aucun numéro, le bandeau sur lequel j'ai lu le nom de Gérard Blain. Je précise que c'est la première fois, à ma connaissance, que l'on peut voir son nom en une d'une revue de cinéma; j'aimerais qu'un docte visiteur me contredise sur ce point.

Je me suis donc précipité aux dernières pages des Cahier où se trouve un article de 8 pages dont deux montrant chacune une belle photo en pleine page au titre qui aurait beaucoup plus à l'intéressé, d'ailleurs issu d'un de ses propos: « Gérard Blain, légitime défense ». Le texte est signé d'un nom inconnu de moi: Nicolas Azalbert.

 

coco-0224.JPG

 

 

Je voudrais tout d'abord saluer l'initiative des Cahiers du cinéma de consacrer un petit dossier à Gérard Blain et ensuite loué la qualité de celui-ci qui offre à qui ne connaitrait pas l'oeuvre cinématographique de Blain une juste analyse de celle-ci doublée d'un rapide travelling sur la vie de l'acteur réalisateur.

J'y ai trouvé des phrases qu'il eut été bon d'écrire du vivant du cinéaste. Pourquoi attendre que les gens soient morts pour les couvrir d'éloges. Comme le dit d'ailleurs l'article, le cinéaste a souffert de l'indifférence des média à son encontre. Un article sur Gérard Blain c'est bien mais je ne peux pas m'empêcher de me dire que c'est trop tard.

Mais ne boudons pas trop tout de même notre plaisir lorsqu'on tombe sur de telles phrases: << Les amis frappe pour un coup d'essai, par sa maturité et arbore d'emblée les caractéristiques d'un cinéma en marge: prédilection pour le silence, acteurs non professionnels, refus du naturalisme et de la psychologie, une certaine rigueur morale et esthétique. Le film aborde aussi frontalement un thème qui ne cessera de revenir dans la majorité des films de Blain: les relations homosexuelles entre un adulte d'âge mûr et un adolescent. Il y a une conception grecque de ce type de relations chez Blain. La sexualité se double toujours d'un rapport familial (père/fils), d'un rapport de classes (riche/pauvre) et d'un rapport de transmission (maître/élève). La fascination qu'exerce chez Blain l'homosexualité provient de la complexité et de l'ambiguité qui se nouent entre les amants et qui explique plus généralement les positions du cinéastes face à la société. Ce qui est recherché (l'amour, le père, la connaissance) se heurte à ce qui est détesté (l'hypocrisie, le pouvoir, l'argent). D'où le tragique des films de Blain.>>.

 

 

coco-0225.JPG

 

 

Il est dommage que la parution de l'article et certains fait que Nicolas Azalbert rapporte tel que le résultat à la question, << citez un chef d'oeuvre de cinéma méconnu, que posa en septembre dernier la revue « Transfuge » à quatre jeunes réalisateurs français dont trois citèrent un film de Gérard Blain, chacun un différent, « Les amis » (on peut aller voir le billet que j'ai consacré à ce film: LES AMIS, un film de Gérard Blain), « Un enfant dans la foule » et « Le pélican », ou encore la tenue récente d'une rétrospective démente son entame d'article qui proclame: << Le génial et marginal cinéaste qu'était Gérard Blain est aujourd'hui, plus méconnu, complètement oublié. >> J'espère que ce blog est le vivant exemple du contraire.

Enfin par vanité personnelle, j'aurais aimé que Nicolas Azalbert qui écrit qu' « Un enfant dans la foule » est le chef d'oeuvre de Gérard Blain mentionne que ce film avait été édité remarquablement en d.v.d. (j'en suis l'éditeur. il doit être aujourd'hui sans doute très difficile à trouver) il y a juste dix ans. J'avais particulièrement soigné l'édition de ce d.v.d. En souvenir des presque trente ans d'amitié avec Gérard (qui avait l'art de cloisonner ses relations) en proposant de riches bonus d'abord la leçon de cinématographe d'une durée d'une heure que Gérard Blain avait donnée dans le cadre de l'université Marc Bloch de Strasbourg, puis les premières images tournée par Gérard Blain sur le tournage d'Hatari d'Howard Hawks; j'avais demandé à Michel Marmin d'en écrire le commentaire. Ces images étaient complètement inédite et je les avais obtenues grâce à Paul Blain que je fais apparaître dans l'interview de Claude Cernay, ami de toujours de Gérard Blain et acteur dans « Un enfant dans la foule ». Cette interview, que je conduisais, était filmée par Philippe Vallois. Un beau casting d'un beau souvenir...    

Partager cet article

Repost 0

Thermæ Romæ, un film d'Hideki Takeuchi

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

 

 

Japon, 2012, 108 mn

 

Réalisation: Hideki Takeuchi, scenario d'après le manga éponyme de Mari Yamazak : Shōgo Mutō

 

Avec: Aya Ueto, Kai Shishido, Masachika Ichimura et Kazuki Kitamura, Matsuo Satoru, Morishita Yoshiyuki, Sasano Takashi, Kimura Midoriko

 

TIFF 2012: Thermae Romae, la Roma antica di Hideki Takeuchi-VIDEO

 

Lucius Modestus est un architecte romain alors qu'Hadrien est empereur. Il se retrouve projeté dans le futur par le biais d'une source thermale. Avec l'aide de Mami, une apprentie mangaka (dont le rôle est confié à Aya Ueto), Lucius découvre les technologies contemporaines et voyage entre les époques pour rapporter à l'empereur les améliorations de l'art du bain. C'est « Les visiteurs » entre garum et saké!


L'antica Roma ha gli occhi a mandorla e la voce di Kenshiro


Il s'agit d'une adaptation du manga signé Mari Yamazaki (on peut aller voir le billet que je lui ai consacré:  Thermae romae de Mari Yamazaki (réédition augmentée)). C’est donc un film en costume, avec la toge et tout et très bizarrement, dans la Rome Antique on parlait japonais. Le manga jouait sur l'étrangeté d'un romain projeté au Japon, mais comme le dit romain est joué par un acteur japonais ainsi que tous les autres y compris l'empereur Hadrien, c'est Antinous qui aurait été surpris, l'effet de décalage entre Lucius et les japonais qu'il rencontre est inexistant, vous me direz avec raison qu'il y a d'autres décalage dans ce film. De ses voyages dans le temps et dans l'espace (il lui suffit de plonger dans une piscine et il se retrouve au Japon, j'ai essayé mais cela n'a pas fonctionné mais je ne me décourage pas, voilà bientôt un an que j'essaye et toujours sans résultat!) ramène des inventions géniales comme la visière de bain qui permet de se laver les cheveux sans s’en mettre plein les yeux (en bas à droite de l'affiche du film, Il y avait cette sorte d'auréole en plastique dans la salle de bain de ma chambre d'hôtel et n'étant pas très intelligent je me suis bien demandé à quoi ce truc pouvait servir. En lisant le manga j'ai eu enfin la réponse.), des pommes de douche, les fresques dans les bains ou une sorte d’aquarium avec des méduses… ainsi que les bains à remous (avec des esclaves qui soufflent dans des tubes) mais uniquement pour l’empereur !!!

 

Thermae Romae


Le film, même au Japon, est une comédie; pour un occidental possédant quelques connaissances sur l'antiquité romaine hilarité garantie. Le plus extravaguant est que la réalisation a été soucieuce d'exactitudes historiques. Le film a été tournée dans les décors de la série Rome. Le seul gros hiatus est que tous les romains sont joués et pas avec légèreté par des japonais. Ne vous privez pas de ce plaisir coupable. Le film au Japon est sorti en salle en 2012 et a été un énorme succès (la suite sort au japon en avril 2014!). Il y a aussi une série télévisée animée qui suit à la page le manga.

 

une adresse pour télécharger le film: http://www.asia-choc.biz/thermae-romae-ddl-vostfr-film-japonais/

 

.

 

 

Partager cet article

Repost 0

25 novembre 1970, le jour où Mishima choisit son destin un film de Koji Wakamatsu

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

Mishima est le dernier film de l'infortuné Wakamatsu qui a eu la très mauvaise idée de se faire écraser par un taxi dans une rue de Tokyo avant la sortie de son film, triste et banale fin pour un homme à la vie bien aventureuse. Réalisateur, Marqué fortement à gauche son dernier opus, paradoxalement fait l'apologie (si on ne tient pas compte des cinq minutes finales) de l'action politique durant les dernières années de la vie de Mishima qui a eu pour épilogue son suicide retentissant. Ce film clot une trilogie dans laquelle le cinéaste a autopsié les démons politiques du Japon: Le Soldat-Dieu(2010) et United Red Army(2007), réflexion et retour sur le militarisme nippon pour le premier titre et les dérives sanglantes de l'extrême gauche radicale dans les années 1970 pour le second.

Mishima le 25 novembre 1970, accompagné de quatre hommes de sa milice privée (le Tatenokaï) a pris en otage un général pour contraire les responsables militaires à rassembler leurs hommes pour qu'ils écoutent le discours de l'écrivain. Celui-ci espérait qu'ils se révolteraient, en l'entendant, pour rétablir l'honneur du Japon en s'opposant à la fois aux communistes et aux américains, vus toujours comme des occupants. Devant son échec, il se fait seppuku (suicide par éventrement à l'arme blanche). Le coup de grâce, décapitation au sabre, lui sera porté par un de ses disciples, membre du groupuscule para-militaire que Mishima avait créé. Cet acte hautement médiatique eut à la fois un retentissement international et un effet nul sur la politique du Japon.

Pour m'en débarrasser je vais traiter d'emblée l'aspect purement cinématographique du film (celui-ci me paraissant moins intéressant que les symptômes présent dans la société japonaise qu'il révèle (mais aussi plus généralement de l'air du temps). Le film est hiératique brossant la vie de Mishima uniquement d'un point de vue politique, en une suite de scènes très dialoguées, le plus souvent à l'intérieur du local de la milice privée ou chez l'écrivain qui habite une belle villa de style occidental. Cette construction fait penser à l'adaptation d'une pièce de théâtre, j'ai parfois eu l'impression d'être devant une version nipponne et modernisée des « Possédés » de Camus. Pourtant les quelques aérations de l'action sont assez réussies, belles vues du mont Fuji. L'interprétation est remarquable de justesse. Arata est parfait dans le rôle de l'écrivain.

Mais abandodons la forme pour en venir au fond: Wakamatsu voit dans le geste d'un jeune homme, Yamaguchi Otoya qui poignarda à mort en 1960 le leader des socialistes japonais, Oyuki Dantai (le meurtrier se suicidera en prison), le point de départ de l'action politique de Mishima. Néanmoins, le véritable modèle de l'écrivain de son semblant de coup d'état est l'assassinat en 1936 du premier ministre japonais par quelques jeunes officiers bellicistes. Indirectement leur acte conduira à un renforcement de la militarisation du pays. Plus polémique, le réalisateur fait le parallèle entre les actions de l'extrême droite et celles de l'extrême gauche qui pareillement s'auto-détruisirent dans le sang au début des années 70.

 


Comme les militants d’extrême gauche, Mishima voulait transformer le Japon pour le sauver. Mais, avec le recul, chacun peut constater que les bases de la société japonaise n’ont pas fondamentalement changé depuis Mishima.

Le cinéaste évacue tout psychologisme pour expliquer l'acte de Mishima. Ne sont pas prise en compte des explications, qui si elles ne sont pas évidentes, sont néanmoins plausibles et ont pu entrer dans le processus de décision de l'écrivain, comme l'homosexualité, (les relations entre Mishima et son disciple préféré, Masakatsu Morita, qui dédia sa vie, et sa mort, à Mishima, et qui lui donnera le coup de grâce, sont montrées comme celles qu'entretenaient les personnages interprétés par James Dean et Sal Mineo dans « La fureur de vivre ») ou l'hypothèse d'un geste purement artistique ou enfin celle de la stérilité littéraire frappant le romancier dont l'engagement politique aurait été alors une sorte de palliatif à son impuissance littéraire. Je vois alors un parallèle à établir entre Mishima et Drieu la Rochelle par exemple... On peut aussi penser que le fait que pressenti pour le Prix Nobel, les jurés de Stockholm lui aient préféré Kawabata qui devient ainsi en 1968, le premier japonais a obtenir le Prix Nobel de littérature, a pu influer sur son jusqu'au boutisme politique. Je ne suis pas loin de penser que le « petit chose » de « Confession d'un masque » ait voulu devenir un samouraï, d'où son culte du corps et en particulier de son corps, et mourir comme tel.

Le malaise devant ce film nait de l'empathie que semble avoir le cinéaste pour la posture de Mishima et de son groupuscule, sans prendre partie sur le bien fondé de son action, alors qu'elle paraît pour le spectateur relever d'une méconnaissance totale de la politique et de la chose militaire, d'une faiblesse idéologique criante, Mishima ne s'appuie sur aucun corpus philosophique, il prône l'action avant la réflexion, ce qui est tout de même curieux pour un intellectuel. Car sur l'écran on ne voit qu'une secte totalement coupée de leur environnement et du contexte historique. Ce dernier nous est rappelé par des bandes d'actualités de l'époque, malheureusement d'une piètre qualité technique, (artifice probablement utilisé par Wakamatsu pour pallier aux limites de son très petit budget) qui montrent les affrontements d'une extrême violence entre les gauchistes japonais et la police dans le quartier de Shibuya. La grève des étudiants à Tokyo a durée en 1969, cinq mois. Je crois que la plupart des français ont oublié la violence politique qui régna au Japon de la moitié des années 60 jusqu'au début de la décennie suivante. Ce film nous la remet en mémoire. Il y avait toute une tradition de violence dans la société japonaise moderne (ce n'est guère différent dans la société française ou américaine par exemple) des attentats anarchistes du début du XX ème siècle (à ce sujet on peut se plonger dans ce chef d'oeuvre du manga qu'est « Botchan » de Taniguchi) aux massacres des coréens pris comme boucs émissaires du tremblement de terre du Kanto de 1923 (sur ces évènements il faut lire le livre somme et terrifiant d'Akira Yoshimura, Le Grand Tremblement de terre du Kanto, éditions Acte sud.).

Une scène devrait nous interpeler et pour les férus d'Histoire rappeler un épisode de l'Histoire de France. On y voit Mishima devant une assemblée d'étudiants gauchistes leur disant que leur combat ne diffère pas du sien et qu'il est prêt à les rejoindre. Si l'union capote c'est qu'elle achoppe uniquement sur la divinité de l'empereur, qui est pour Mishima un des fondement de la culture japonaise ce que les gauchistes réfutent. Ce renoncement pour ce qui peut paraître un point de détail (mais essentiel pour Mishima) n'est pas différent de ce qui se passa en France en 1871, lorsque le prétendant au trône ne fut pas roi car il ne voulait pas abandonner le drapeau blanc! Ces mouvements violents de droite de gauche ou d'ailleurs (on peut penser aux sectes) n'ont pas réussi à entrainer la société nippone qui venait depuis peu de sortir de la misère de l'après guerre, elle était en pleine ascension économique, connaissait le plein emploi et avait surtout l'envie de consommer. Mais qu'en serait-il aujourd'hui si de telles alliances apparemment contre nature réussissaient dans une société en plein délitement; vous avez compris que je ne pense pas cette fois au Japon...

Ma surprise fut grande, quand cherchant à voir ce film, je me suis aperçu qu'il n'était diffusé à Paris, et je crois en France, que dans une seule petite salle. Il me semble pourtant que cette histoire peut intéresser un large public même si son traitement est un peu trop hiératique. Surtout que le Japon fascine de nombreux jeunes amenés à ce pays, entre autre par le biais des mangas (ce fut mon cas après avoir été conquis par son cinéma). Est-ce que le nom de Mishima ne dit plus rien? Est-ce Qu'on ne lit plus ses livres ou qu'on ne lit peut être plus de livres?

La dernière séquence se passe cinq ans après la mort de l'écrivain; dans un petit bar de Tokyo, sa femme, demande au garçon qui a achevé son mari, ce qu'il a laissé derrière lui lorsqu'il a abandonné le corps de Mishima. Le garçon se tait et ouvre les mains, les paumes tournées vers le ciel. Sur cette image défilent les titres des romans de Mishima... 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

modeste hommage à Jacques Siclier

Publié le par lesdiagonalesdutemps

dddddddddddd-0008.JPG

 

 

Ce matin, avec retard, écoutant mon cher « Masque et la plume » (vive le podcast) j'ai appris la triste nouvelle de la mort de Jacques Siclier. Je répugne toujours à faire de ce blog une suite de nécros; mais en regard du silence qui entoure cette mort, peut être que notre grotesque ministresse de la culture va-t-elle cette fois se fendre d'un communiqué! Mais il est à craindre qu'un critique de cinéma à la retraite n'ait pas plus de valeur aux yeux de cet Olympe miteux qu'un romancier populaire... Or donc je me fend d'un petit billet d'hommage à un homme qui avec quelques uns de ses collègues, Charensol, Bory, Daney, Mourlet, Marmin, Ciment (comme vous voyez ils ne prêchaient pas dans la même paroisse) m'a fait aimer le cinéma. Je me souviens avec quel impatience le mardi soir j'ouvrais « Le Monde » pour voir ce que pensait Siclier d'un film que j'avais prévu d'aller voir et quelle belle nuit blanche j'ai passé plongé dans les deux tomes bien illustrés de son « Histoire du cinéma français ». Ce sont deux choses plus particulièrement que j'aimais chez Siclier d'abord il écrivait en français sans jargonner, après avoir lu une de ses critiques on savait de « quoi parlait le film », mais il n'était pas défloré pour autant, et comment c'était filmé. Ensuite il ne se demandait pas si le cinéaste qui avait commis le film qu'il venait de voir était inscrit au Parti, allait à la messe ou était végétarien. Il nous parlait que de ce qu'il avait vu. Son avis était nourri de son immense culture. Je n'ai vu Jacques Siclier qu'une seule fois c'était lors d'une conférence, une causerie plutôt, qui se déroulait du coté des halles il y a quelques années, sur l'homosexualité au cinéma. Je vais relire sans tarder son chef d'oeuvre « La France de Pétain et son cinéma » auquel mon film français préféré, « Laissez-passer » de Tavernier doit beaucoup.   

Partager cet article

Repost 0

Je me souviens de Gérard Blain

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Si vous êtes du coté d'Amien ne manquez pas la rétrospective de Gérard Blain

Si vous n'y êtes pas écoutez cette évocation sur France-Culture en cliquant sur la flèche qui se trouve dans le petit carré rouge.

Gérard je pense à toi très souvent, tes coups de téléphone interminables du samedi matin me manquent toujours. Nous sommes connus durant près de trente ans et je crois que tu n'as jamais réussi à te souvenir de mon prénom. D'ailleurs tu ne te souvenais jamais des prénoms, même de tes très très proches! Parfois cette particularité rendait les conversations avec toi difficiles. Je me souviens qu'un jour au téléphone tu me parlais d'un certain Marc, visiblement un cinéaste prolifique. Le seul cinéaste ayant pour prénom Marc qui me venait était Marc Allégret. Mais avec ce que tu me disais, j'étais totalement dans la semoule, je ne comprenais rien et au bout d'un bon quart d'heure je m'aperçoit qu'en fait, tu me parlais de Claude Chabrol!!! 

 

Un autre jour est possible

Un autre jour est possible

Syndiquer le contenupar Tewfik Hakem
Emission Un autre jour est possible

du lundi au vendredi de 6h à 6h30 Durée moyenne : 27 minutes

 

  • Littérature

    13.11.2013 - Un autre jour est possible 
    Rétrospective Gérard Blain 26 minutes Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

    L'invitéA l'occasion de la rétrospective en hommage à Gérard Blain qui se tient au festival international du film d'Amien, nous recevons aujourd'hui le fils du cinéaste ainsi que le critique de cinéma Michel Cieutat qui éclairent pour nous la singularité de l'oeuvre du réalisateur.    

Partager cet article

Repost 0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>