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135 articles avec humeurs cinematographiques

Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores (réédition complétée)

 

Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores

Réalisation: Gabriele Salvatores, scénario:Gabriele Salvatore, Alessandro Fabbri, Ludovica Rampols, photographie: Italo Petriccione,

  •  

avec: Ludovico Girardello, Valeria Golino, Fabrizio Bentivoglio, Vernon Dobtcheff 

Resumé:

Michele (Ludovico Girardello) a 13 ans. Il habite dans une ville tranquille au bord de la mer (en étant attentif on peut reconnaitre Trieste). Il est très mignon et pourtant il est impopulaire dans sa classe. Il est secrètement amoureux d'une de ses camarades, la belle Stella; mais extrêmement timide, il n'ose pas l'aborder. Stella invite toute sa classe a son anniversaire mais il faut arriver costumé. Michele a toujours rêvé d'être un super héros. Il veut un costume d'un de ses modèles mais vivant seul avec sa mère qui est policière, il n'a pas beaucoup d'argent. Il trouve un costume de super héros... chinois! Ce n'est pas ce qu'il avait rêvé, mais il s'aperçoit que ce costume  ringard peut le rendre invisible... Mais ce pouvoir n'est pas inconnu d'un groupuscule russe qui le recherche depuis des années. En même temps, des enfants disparaissent étrangement autour de Micky, le garçon invisible...   

Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores

L'avis critique

Formidable film totalement atypique mettant en scène un garçon de rêve (pour moi, vous n'êtes pas obligé de partager mes gouts), ce qui ne l'empêche pas d'être un bon acteur, dans une histoire à rebondissements multiples mêlant teen movie, mélo, espionnage, relent de guerre froide, dans une esthétique qui fait penser aux films de Caro et Jeunet. Le tout à un petit coté roman pour adolescent, mais le spectateur adulte est toujours tenu en haleine par le suspense et les agissements des nombreux méchants qui ne sont pas toujours ce qu'ils paraissent être. Les effets spéciaux, à l'ancienne, sont très réussis. Ils font constamment preuve d'astuce et d'inventivité. Fait plutôt rare pour être noté : on tient là un vrai film de super-héros, sensible, sans complexe vis-à-vis de Hollywood...

Talent reconnu (oscar du meilleur film étranger pour Mediterraneo en 1992), le cinéaste italien Gabriele Salvatores s’est également distingué par un penchant pour le cinéma fantastique (DentiNirvana) et ce lien très fort qu’on l’avait vu tisser avec le monde de l’enfance (L’été où j’ai grandi). Le Garçon Invisible le voit renouer avec le genre fantastique,

Ludovico Girardello n'est pas la seule merveille du film un de ses petits camarade, qui plus est joueur de tennis n'est pas mal non plus.

Le film est parfaitement interprété, les méchants sont particulièrement bien soignés. Parmi eux on retrouve avec plaisir Vernon Dobtcheff, un habitué de ce genre de rôle.

Le film est l'adaptation du roman graphique d'Alessandro Fabbri, Ludovica Rampoldi et Stefano Sardo paru en 2014.

On peut voir le film comme l'illustration de la transformation qui s'opère lorsqu'un garçon passe de l'enfance à l'adolescence. 

version B.D.

version B.D.

Ganzer Film / Voir le film complet de cine en italien avec sous - titres anglais sur watchfree.to

 
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores (réédition complétée)
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores (réédition complétée)
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores (réédition complétée)
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores (réédition complétée)
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores (réédition complétée)
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores (réédition complétée)
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores (réédition complétée)
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores (réédition complétée)
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores (réédition complétée)
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores (réédition complétée)
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores (réédition complétée)
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores (réédition complétée)

eCi-dessous quelques images de Ludovico Girardello

Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
 

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Voyages à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Voyages à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier

Il y a longtemps que je n'avais pas vu un film aussi long et il y a encore plus longtemps qu'un film m'avait paru aussi court tant Bertrand Tavernier est un merveilleux conteur. Il nous embarque dans son voyage dans le cinéma français en suivant la chronologie de sa vie qui semble être surtout une vie de cinéma. Des extraits des films qu'il a aimés qui l'ont marqué illustrent ses propos où se mêlent souvenirs personnels, anecdotes savoureuses et considérations techniques. Le metteur en scène rend hommage à ses pairs mais n'oublie ni les acteurs, ni les scénaristes, ni les chefs opérateurs pas plus que les compositeurs de musiques de films. Ses emplois successifs dans le milieu du cinéma, il fut d'abord assistant réalisateur sous la férule de Jean-Pierre Melville, puis attaché de presse et enfin le metteur en scène que l'on connait et qui est l'un de ceux que je préfère, (« Laisser-passer » est mon film de chevet) lui ont permis de côtoyer et souvent de bien connaître les personnes qu'il évoque. Considérant qu'il y aurait conflit d'intérêts s'il parlait de la période durant laquelle il a mis en scène, ce voyage en cinéphilie s'arrête donc grosso modo au milieu des années 70.

Ce voyages aux savoureuses escales n'aurait pas été le mien, pas plus qu'il aurait été le votre mais c'est justement sa subjectivité qui en fait tout le prix. Tavernier convoque bien sûr les chefs d'oeuvre du cinéma d'avant guerre: « Le jour se lève », « Remorque », « Hôtel du nord », « La grande illusion »... Il rend hommage à ses maitres, Renoir et Melville, sans néanmoins cacher leurs zones d'ombre. Il réhabilite des réalisateurs comme Le Chanoy, Grangier ou René Clément. Il donne un coup de chapeau appuyé à Jean Gabin, aussi bien à l'homme qu'au comédien. Il fera découvrir à beaucoup Gréville avec un extrait d'un film étonnant dont le sujet est l'impuissance masculine... Tout cela était souhaité et plus ou moins attendu mais ce qui l'était beaucoup moins est le salut à la Nouvelle Vague avec des apparitions de Truffaut (magnifique extrait des « 400 coups ») de Godard et de Chabrol, mais surtout cette belle évocation du cinéma du samedi soir avec un salut amical à Eddy Constantine dont les extraits des films de Sacha où il a joué, donne envie de les revoir.

Les morceaux de film que Tavernier distille, quel superbe travail de montage, donne l'occasion de revoir des acteurs que l'on avait un peu injustement oubliés comme Harry Max, Paul Frankeur ou Dario Moreno inénarrable poussant la chansonnette un plumeau à la main.

Bertrand Tavernier sait communiquer son enthousiasme et son amour du cinéma dans ce voyage où l'on rit souvent.

Voyages à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier

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la maison de "Mon oncle" de Jacques Tati

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Cette maison, que j'ai connu, était à Saint-Maur. Elle a été stupidement démolie!

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Overgivelse

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Overgivelse
Norvège, 1988, 1h 05
 
Réalisateur: Per Bronken, scénario de Per Bronken d'après la nouvelle Surrender d'Oscar Braaten 
 
Avec: Minken Fosheim, Elias Karlsen, Sverre Anker Ousdal
 
Dans les année 20. Des parents conduisent leur fils de 13 ans dans un sanatorium. Ce dernier exclusivement réservé pour les jeunes garçons, est situé sur une ile. Le garçon ne parvient pas à s'acclimater dans ce curieux hopital d'autant qu'il n'a qu'une grosseur au cou. Il décide de s'évader de cette ile prison en construisant un radeau.
Belle image, bonne interprétation; le scénario laisse planer le doute sur la véritable maladie et sur la réelle nature de cet hopital...
La tranquille impudeur du filmage me semblerait tout à fait impossible aujourd'hui. D'autre part je recommande particulièrement ce film à ceux qui fantasment sur les pyjamas rétros... 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Pour voir le film cliquer sur la ligne ci-dessous

NRK TV - Overgivelse - 20.09.1988


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Overgivelse
Overgivelse
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Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores

 

Réalisation: Gabriele Salvatores, scénario:Gabriele Salvatore, Alessandro Fabbri, Ludovica Rampols, photographie: Italo Petriccione,

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avec: Ludovico Girardello, Valeria Golino, Fabrizio Bentivoglio, Vernon Dobtcheff 

 

Resumé:

 

Michele (Ludovico Girardello) a 13 ans. Il habite dans une ville tranquille au bord de la mer (en étant attentif on peut reconnaitre Trieste). Il est très mignon et pourtant il est impopulaire dans sa classe. Il est secrètement amoureux d'une de ses camarades, la belle Stella; mais extrêmement timide, il n'ose pas l'aborder. Stella invite toute sa classe a son anniversaire mais il faut arriver costumé. Michele a toujours rêvé d'être un super héros. Il veut un costume d'un de ses modèles mais vivant seul avec sa mère qui est policière, il n'a pas beaucoup d'argent. Il trouve un costume de super héros... chinois! Ce n'est pas ce qu'il avait rêvé, mais il s'aperçoit que ce costume  ringard peut le rendre invisible... Mais ce pouvoir n'est pas inconnu d'un groupuscule russe qui le recherche depuis des années. En même temps, des enfants disparaissent étrangement autour de Micky, le garçon invisible...   

Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores

L'avis critique

 

Formidable film totalement atypique mettant en scène un garçon de rêve (pour moi, vous n'êtes pas obligé de partager mes gouts), ce qui ne l'empêche pas d'être un bon acteur, dans une histoire à rebondissements multiples mélant teen movie, mélo, espionnage, relant de guerre froide, dans une esthétique qui fait penser aux films de Caro et Jeunet. Le tout à un petit coté roman pour adolescent, mais le spectateur adulte est toujours tenu en haleine par le suspense et les agissements des nombreux méchants qui ne sont pas toujours ce qu'ils paraissent être. Les effets spéciaux, à l'ancienne, sont très réussis. Ils font constamment preuve d'astuce et d'inventivité. Fait plutôt rare pour être noté : on tient là un vrai film de superhéros, sensible, sans complexe vis-à-vis de Hollywood...

Talent reconnu (oscar du meilleur film étranger pour Mediterraneo en 1992), le cinéaste italien Gabriele Salvatores s’est également distingué par un penchant pour le cinéma fantastique (DentiNirvana) et ce lien très fort qu’on l’avait vu tisser avec le monde de l’enfance (L’été où j’ai grandi). Le Garçon Invisible le voit renouer avec le genre fantastique,

Ludovico Girardello n'est pas la seule merveille du film un de ses petits camarade, qui plus est joueur de tennis n'est pas mal non plus.

Le film est parfaitement interprété, les méchants sont particulièrement bien soignés. Parmi eux on retrouve avec plaisir Vernon Dobtcheff, un habitué de ce genre de rôle.

Le film est l'adaptation du roman graphique d'Alessandro Fabbri, Ludovica Rampoldi et Stefano Sardo paru en 2014.

On peut voir le film comme l'illustration de la transformation qui s'opère lorsqu'un garçon passe de l'enfance à l'adolescence. 

version B.D.

version B.D.

 

Ci-dessous quelques images de Ludovico Girardello

Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores

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super 8, Ireland 1975, court-métrage de Tim Schmeltzer

Publié le par lesdiagonalesdutemps

super 8, Ireland 1975, court-métrage de Tim Schmeltzer
super 8, Ireland 1975, court-métrage de Tim Schmeltzer
super 8, Ireland 1975, court-métrage de Tim Schmeltzer
super 8, Ireland 1975, court-métrage de Tim Schmeltzer

Très beau et très court métrage de Tim Schmelzer Qui devrait raviver bien des souvenirs de vacances maritimes versez Ceux qui les have vécus DANS LES ANNEES 70 ... 

Pour voir le film:

 

plage Fermoyle - TIM SCHMELZER

www. timschmelzer .com / projection / Fermoyle /

 

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Crin blanc

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Crin blanc
Crin blanc

En Camargue, Crin-Blanc est le chef d'un troupeau de chevaux de Camargue en liberté. Un jour, il se fait capturer par les hommes. Mais il réussit à s'échapper. De caractère intrinsèquement sauvage, il ne peut être apprivoisé que par Folco, un petit garçon partageant ce même trait de caractère. Une profonde amitié va alors naître entre les deux protagonistes.

Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
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Crin blanc
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Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc

Merci à Ismau pour ces belles images.

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Lettre à Momo, un film d'Hiroyuki Okiura (rééditions augmentée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Lettre à Momo, un film d'Hiroyuki Okiura (rééditions augmentée)

Lettre à Momo : Affiche

 

Pour toujours enfoncer le même clou, je vais redire que l'animation japonaise ce n'est pas Goldorak et que les longs métrages de l'animation japonaise qui ont la chance de sortir sur les écrans français sont supérieurs à tous les autres films distribués dans notre pays. Deuxième point qu'il faut rappeler également l'animation japonaise ne se résume pas à Miyasaki père, génie certes mais pas talent isolé. Il suffit de citer Ichii, feu Satoshi Kon, Mamoru Hosoda, Isao TakahataKeiichi Hara et bien d'autres. Si vous êtes courageux vous pourrez lire les quelques billets que j'ai consacrés à certains de leurs films...

 

Lettre à Momo : Photo

 

Or donc, actuellement, sur malheureusement bien peu d'écrans (j'ai du mal à comprendre la politique du distributeur de ce film qui a pris le soin d'en faire une version française en regard d'une distribution aussi chiche; maison peut penser que c'est pour une prochaine édition en dvd et blue-ray, ce dernier support est toujours à privilégier pour les films d'animation, donc si vous avez raté ce film en salle vous pourrez sans trop tarder vous rattraper.) on peut voir la nouvelle merveille des animés nippons, « Lettre à Momo ».

 

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A bord du bateau qui emmène Momo avec sa mère sur l'ile de Shio (ile imaginaire mais précisément située dans la mer intérieure du Japon, mer de Seto, les lecteurs de Manabé Shima de Florent Chavouet ne seront pas dépaysés... Le réalisateur, enfant, y passait ses vacances d'été...) où elles vont désormais vivre. Momo, à l'orée de l'adolescence, déplie une feuille de papier où sont écrits ces seuls mots: << Chère Momo >>. Un flash-bach nous apprend bientôt qu'elle a trouvé cette lettre inachevée sur le bureau de son père qui vient de mourir, océanographe il a disparu en mer. La dernière fois que Momo a vu son père, elle s'est disputé avec lui. Hantée par ce souvenir, Momo à le coeur lourd. D'autant que l'ile où la conduit sa mère, qui y a passé son enfance, est pour Momo, qui vient de Tokyo, vécu comme un lieu d'exil. Shio est habitée par une population vieillissante vivant pour l'essentiel de cultures ancestrales élaborées à flanc de colline. Mais à peine arrivée dans la vieille maison qui sera désormais leur demeure, déboulent trois truculents et très encombrants yokais sortis du folklore japonais, que seule Momo voit. Ces trois créatures sont caractérisées à l'extrême. Il y a le râleur au nez en museau, le géant affamé qui ressemble au Bluto de Popeye et le chétif souffre douleur. Ils vont bouleverser la vie de Momo, et celle de toute l'ile. Maisvont se révéler bien autre chose que de navrants goinfres...

 

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Comme tous les grands dessins animés japonais, « Lettre à Momo » peut se lire à différents niveaux. S'il réjouira les enfants, disons à partir de sept ans, il captivera les adultes, d'abord par la beauté du dessin et surtout parce qu'il aborde des sujets qui peuvent toucher tout à chacun, comme celui de comment vivre un deuil et comment faire partager ou pas sa douleur. Le film intéressera également tous les passionnés de la culture japonaise avec cette nouvelle intrusion dans le monde moderne des yokais, un des symboles de la culture populaire ancestrale nippone. « Lettre à Momo » s'inscrit aussi dans les problématiques les plus actuelles de la politique japonaise, comme la désertification des campagnes; souvent dans l'archipel elles ne sont plus habitées que par des vieillards, et dans ces conditions, se pose à court terme, la survie de l'agriculture, à un moment où le gouvernement Abe veut réduire les aides aux agriculteurs et d'une manière assez contradictoire prône une plus grande auto-suffisance alimentaire pour le Japon.

 

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Lettre à Momo est très ancré dans l'histoire et la tradition japonaise. L'émouvante dernière séquence se réfère au festival de Miajima (on peut aller voir mes photos de cette ile et de son célèbre torii: essai d'épuisement photographique du grand torii de Miajima, Japon ), tradition qui vise à apporter force et bonne santé aux plus jeunes habitants de l'île. Le principe étant de pousser un bateau de paille enflammé dans la mer afin qu'il se consume au milieu de l'eau. C'est une fête qui fait directement référence à la Seconde Guerre mondiale, les aînés souhaitant voir leurs enfants revenir sains et saufs de la guerre 

 

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Comme très souvent dans les animés japonais de qualité, le décor est très soigné mais aussi la typographie avec ses repères, une maison, un village, une ile, endroits à la fois immuables et changeants selon les saisons. Ces éléments prosaïques peuvent se muer en véhicules de la fantasmagorie...

Le public européen sera peut être dérouté par le mélange typiquement japonais de mélodrame et d'humour trivial, les yokais pètent pour repousser des sangliers ou effectuent une danse grotesquement lascive pour entrer encontact avec l'au-delà!

 

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On retrouve dans « Lettre à Momo » des constantes de l'animation japonaise (Certes vous pourrez me rétorquer bien des contre-exemples mais tout de même). Le voyage initiatique qui marque la fin de l'enfance et l'entrée dans l'adolescence comme dans le « Voyage de Chihiro), l'absence du père comme dans « Les enfants loups », le drame familiale comme dans « Les enfants loups, « Mon voisin Totoro », « Colorful », la fuite de la grande ville pour une campagne réparatrice des maux comme dans les « Enfant loup », « Mon voisin Totoro », « Arrietty », « Mai Mai Miracle », la nostalgie pour le Japon apaisé des petites villes et des vieilles demeures comme dans « Arriety », « La colline aux coquelicots», « La traversée du temps », « Summer wars », l'irruption de créatures surnaturels souvent issues des vieilles légendes comme dans « Mon voisin Totoro », « Pompoko » et surtout « Un été avec Coo » où un Yokai, un kappa, est au centre du film (le renouveau des yokais dans l'imaginaire nippon doit tout au mangaka Shigeru Mizuki, l'auteur de NonNonBâ. A ce sujet on peut voir mes billets: NomNomBâ de Shigeru Mizuki et  des Yokai par Shigeru Mizuki). Tous ces points communs avec de nombreux animés japonais de grande qualité font de « Lettre à Momo » un film archétypal de l'animation japonaise; c'est peut-être là sa limite.

 

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Le cinéphile trouvera aussi grandement son compte dans cette « Lettre à Momo » passé l'effet de surprise qu'il constitue pour tous ceux qui attendaient, depuis 1999, après le chef d'oeuvre incontestable qu'est « Jin-Roh, la brigade des loups », fable uchronique violente, passionnante, sur le totalitarisme, quand il s'apercevra que le deuxième film d'Hiroyuki Okiura n'a rien à voir, sinon par sa qualité graphique, avec le premier opus du cinéaste. En regard de ce deuxième film on voit combien la patte d'Ichii, (Ghost in the shell) qui est un peu le mentor d'Hiroyuki Okiura, scénariste de Jin-Roh était présente dans ce dernier. Pour son deuxième film Hiroyuki Okiura en a cette fois écrit le scénario. Le spectateur habitué de l'animation japonaise repèrera plusieurs hommages du réalisateur à ses maitres et confrères. Plusieurs séquences sont quasiment des citations de Miyazaki, la rencontre des esprits sous la pluie, l'attaque des sangliers, l'apparition des esprits sous la forme de gouttes (« Princesse Mononoke) et les esprits font beaucoup penser à ceux du « Voyage de Chihiro ». Les trois yokais par leur truculence et leurs maladresses évoque les S.D.F de « Tokyo Godfather »...

 

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D'autre part Questionné à propos du réalisme apporté à son film d'animation, Hiroyuki Okiura avoue s'être inspiré de l'un des maîtres de l'animation japonaise, Isao Takahata et de son film Kié la petite peste : << C’est un film avec une forte composante burlesque et néanmoins chaque détail concernant les personnages est décrit avec le plus grand soin : leur personnalité, leurs gestes, leur manière de marcher ou de se retourner quand on les appelle, ils ressemblent tous à des personnes réelles. J’ai rarement vu de film d’animation qui prenait autant de soin pour détailler des gestes du quotidien >>.

 

Lettre à Momo : Photo

 

Le film s’étale sur deux heures. Pourtant on ne s’y ennuie pas, tant le rythme du film est maîtrisé de part en part, jusqu’à un final digne des moments les plus Shinto du grand Miyazaki. 

Le cinéaste s'est entouré d'une équipe chevronnée. Hiroyuki Okiura et le chef de l'animation Masashi Ando avaient déjà travaillé ensemble par le passé sur le film Paprika (2005) de Satoshi Kon. Masashi Ando était alors déjà superviseur de l'animation tandis que Hiroyuki Okiura était l'un des nombreux animateurs.

Techniquement le film a été réalisé par une méthode d'animation classique, animation en deux D avec du papier et des crayons; ce qui confère à l'ensemble un extrême réalisme que ce soit dans la fluidité des mouvements des personnages ou dans l'expression de leur visage aux traits pourtant assez simples. Le réalisateur a néanmoins eu recourt au travail par ordinateur pour quelques séquences, comme celle de la course poursuite. Les décors sont dus à Hiroshi Ono, responsable des déjà de ceux de « Kiki la petite sorcière » même si l'esthétique générale fait plutôt penser aux films de Mamoru Hosoda (La traversée du temps).

 

Lettre à Momo : Photo

 

L'une des particularités des auteurs japonais de films d'animation, c'est de ne pas craindre d'aborder les sujets les plus difficiles comme la destruction de Tokyo par un tremblement de terre dans Tokyo magnitude 8, le suicide des adolescents dans Colorful, la mort d'innocents durant les guerres dans Le tombeau des lucioles... et de le faire, en règle générale, avec beaucoup de sensibilité et de justesse. « Lettre à Momo » en est un bel exemple. 

 

 

Lettre à Momo : Photo

 

Pour retrouver d'autres billets sur les animés sur le blog: Colorful de Keiichi Hara,  La colline aux coquelicots de Goro Miyasaki,  Tatsumi de Khoo,  Les enfants loups, Ame & Yuki, un film de Mamoru Hosoda,  Tokyo magnitude 8,  Lettre à Momo, un film d'Hiroyuki Okiura .    

 

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Commentaires lors de la première édition du billet

Wild-nobara04/06/2014 22:52

Merci beaucoup pour ce billet !
Il a su attiser ma curiosité, alors qu'au premier regard, en VF, il m'en avait détourné. J'ai trouvé ce blog en faisant une petite recherche sur les yokai, et à ma surprise, ils sont présent dans ce film ! 

Bon travail pour cet article, même si dans l'animation japonaise nous retrouvons souvent des éléments similaires, cela n'enlève pas la magie aux films. En plus des décors magnifiques, des personnages expressifs ... Bref, je regarderai ce film en vostfr :p

(RIP à Monsieur Satoshi Kon, qui a laissé un film inachevé.)

 

B.A.08/06/2014 12:34

Si vous vous intéressez aux yokais, il y a un film très drôle et émouvant à la fois, c'est "Un été avec Coo" de Keiichi Hara sans oublier la plupart des mangas de Misuki.
Il faut toujours regarder les film en V.O sous titrée y compris les animés

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L'ile de Giovanni, un film de Mizuho Nishikubo (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

L'ile de Giovanni, un film de Mizuho Nishikubo (réédition complétée)
L'ile de Giovanni, un film de Mizuho Nishikubo

Plus le temps passe, plus en ce qui me concerne, l'incarnation d'un personnage à l'écran fait obstacle à mes émotions. Je ne suis jamais autant ému au cinéma que devant des animés. Je l'ai été jusqu'aux larmes devant « L'ile de Giovanni » comme je l'avais été devant « Lettre à Momo » (qui se déroule également sur une petite ile) ce qui ne m'est pas arrivé devant un film avec des acteurs depuis si longtemps que je n'en ait plus le souvenir.

Le film a pour toile de fond un épisode peu connu de l'Histoire du Japon (y compris dans l'archipel). A partir de 1945, Shikotan, une petite ile isolée du nord du Japon (au nord est d'Hokaido) a été occupée par les troupes soviétiques. Puis en 1947 la population fut déportée sur la cote nord de l'Union Soviétique. Nous vivons cet épisode tragique par l'intermédiaire de deux frères Junpei d'une dizaine d'années et Kanta moitié moins âgé. Tout est raconté à travers le regard de Junpei.

L'ile de Giovanni, un film de Mizuho Nishikubo

Petit précis historique: A la conférence de Yalta, Roosevelt a proposé à Staline la Sakhaline du sud et les iles Kouriles en récompense des efforts de guerre des soviétiques. L'armée rouge dès le 19 aout, soit trois jours après la défaite du Japon annexe ces territoire. Depuis les japonais arguant des failles dans les différents traités militaires réclament la restitution des iles. Le contentieux entre le Japon est la Russie reste ouvert jusqu'à aujourd'hui.

Sur le plan historique Mizuho Nishikubo a déclaré: << J'ai tenté d'être le plus réaliste possible historiquement sans chercher à interpréter les événement. Il n'y a pas de gentils ou de méchants. Le film ne cherche pas à véhiculer un message précis ou une thèse.>>.

Le cinéma d’animation japonais n’en finit pas de scruter les blessures qu’ont laissées la seconde guerre mondiale et ses prémices. Il le fait avec une certaine nostalgie, comme Miyazaki avec Le Vent se lève, ou avec colère et dépit comme Isao Takahata dans Le Tombeau des lucioles.

Le film est scindé en deux parties. La première raconte la cohabitation des habitants de Shikotan (environ 300) avec les occupants. On suit surtout la vie mouvementée des deux frères et leur amitié avec la fille d'un officier russe. La seconde beaucoup dramatique narre la déportation de la famille au goulag dans la glaciale ile de Sakhaline. Le père de Junpei et de Kanta est arrêté. Les enfants sont confiés aux bons soins de leur institutrice, Sawako et de leur oncle Hideo. L'acmé du récit est le long voyage des enfants pour retrouver leur père, commandant des forces de défense de l'ile qui a été envoyé dans un camp de prisonniers.

L'ile de Giovanni, un film de Mizuho Nishikubo

La coupure entre les deux époques est renforcée du fait que le réalisateur a fait de l'ile russe, l'antithèse de l'ile japonaise. Autant cette dernière est ensoleillée (sans doute beaucoup plus dans l'animé que dans la réalité), les couleurs chaudes dominent autant Sakhaline est peinte en tons froids où le bleu de la glace s'impose.

L'atmosphère très dramatique du film est tempérée par le fait que tout le récit est la remémoration de Junpei qui se souvient de ces années terribles alors qu'il revient pour la première fois dans l'ile cinquante ans après avoir été contraint à la quitter; on comprend donc qu'il a survécu aux épreuves qu'il a enduré, et surtout par des intermèdes oniriques issus de « Train de nuit dans la voie lactée ». Un livre qu'admirent les deux gamins. Ce livre pour enfants, de Miyazawa est célèbre au Japon. Il a pour héros un garçon du nom de Giovanni, d'où le titre du film. Ces passages fantastiques sont d'un graphisme différent du reste du film. Ces morceau où les enfant s'évadent dans leur imaginaire, interviennent lors des passages les plus bouleversants, allégeant la pesante atmosphère du récit. Ils sont comme une respiration.

L'ile de Giovanni, un film de Mizuho Nishikubo

Le scénario pratique beaucoup l'ellipse, suggérant plus qu'il ne montre, tout en restant parfaitement claire et compréhensible pour des enfants; même si le film est plus destiné aux adultes et aux adolescents en raison de la noirceur de cette histoire.

L'ile de Giovanni est tiré d'une histoire vraie. A l'origine du scénario de Sugita et Sakurai, on trouve le témoignage d'Hishori Tonuko qui a vécu à Shitokan et a connu l'annexion de son ile par l'armée soviétique. Les scénaristes ont toutefois modifié les faits, en particulier le tempo de l'action pour les besoins de la dramaturgie du film.

Le graphisme des personnages est simplifié. Ils se meuvent dans des décors magnifiques assez réalistes sans être jamais photographiques. Les décors du film sont dus à l'argentin Santiago Montiel qui travaille depuis dix ans en France. Nous sommesdans le réalisme poétique avec des teintes peu éclatantes, assez douces, notamment la nuit ou dans la pénombre des forêts.

A noter que les voix des enfants sont faites par des enfants ce qui est assez rare au Japon et renforce encore la véracité et donc l'émotion que génère cette tragédie. Le casting des voix est très soigné. Le réalisateur s'est rendu à Moscou pour enregistrer les voix de Tanya, de ses parents et des soldats soviétiques. Pour le chant en russe durant la classe, il a fait appel à un choeur professionnel, à qui il dut demander plusieurs fois de réfréner leur talent pour qu'ils aient plus l'air d'enfants normaux à la chorale de l'école.

Comme presque toujours dans les longs métrages d'animation japonais, la musique a une grande importance dans « L'ile de Giovanni ». Ce qui n'est pas surprenant puisque le film est coproduit par la JAME, la Japan Association of Music Enterprises, qui célèbre avec L'île de Giovanni son cinquantenaire. Il s'agit de leur première incursion dans le milieu cinématographique, en tant que producteur et non de compositeur musical. Pour ma part j'ai surtout apprécié les chants traditionnels russes et japonais que l'on y entend dans la première partie.   

L'ile de Giovanni, un film de Mizuho Nishikubo

L'auteur du film est un vétéran de l'animation japonaise. Mizuho Nishikubo a longtemps été le collaborateur de Mmoru Oshii. Il était son directeur de l'animation. L'île de Giovanni est son troisième long-métrage et ses deux précédents, Atagoal: Cat's Magical Forest (2006) et Musashi : The Dream of the Last Samurai (2009) n'ont jamais été distribués en France.

Le film a été initié, il y a une dizaine d'année et sa réalisation a pris trois ans.

« L'ile de Giovanni » fait beaucoup penser au « Tombeau des lucioles » le chef d'oeuvre d'Isao Takahara qu'il n'est pas loin d'égaler. 

L'ile de Giovanni, un film de Mizuho Nishikubo

 

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Les enfants loups, Ame & Yuki, un film de Mamoru Hosoda (réédition augmentée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Les enfants loups, Ame &amp; Yuki, un film de Mamoru Hosoda (réédition augmentée)

Hana, encore étudiante tombe amoureuse d'un garçon mi-homme, mi-loup. De cet amour naissent une fille Yuki, bientôt suivi d'un garçon Ame. Tout deux peuvent à leur guise se transformer en loup. Le père est tué. Hana se retrouve seule pour élever ses enfants différents des autres. Elle décide de les emmener à la campagne dans une maison isolée, loin des yeux indiscrets mais elle ne peut s'abstraire longtemps de la communauté villageoise.

 

 

Le film est centré sur la relation d'Hana avec ses deux enfants. Il se déroule sur treize ans, de la conception des enfants jusqu'au moment où les jeunes êtres acquièrent définitivement leur autonomie. Ce sont les éléments, une tempête, qui orchestrent la rupture finale, apportant aux « Enfants-Loups » une conclusion épique. Le réalisateur, maitre de l'ellipse, contracte ou dilate le temps à sa guise.

Toute l'histoire est racontée, quelques années après les faits par Yuki. Elle se déroule dans un passé récent dans lequel il n'y a pas d'ordinateurs personnels, ni téléphone portable.

 

 

Pour bien comprendre le film, par ailleurs très simple et accessible à tous, il faut tenir compte de la place différente que tient le loup dans l'imaginaire japonais par rapport à sa place dans l'imaginaire européen où il est associé au mal. Au Japon où il a disparu à la fin du XIX ème siècle, c'est un animal respecté. Les caractères qui forment son nom  sont les mêmes que ceux de "grand dieu". Le loup est vénéré dans certains temples shintoistes. 

Le somptueux décor de l'histoire est fourni par l'endroit où Mamoru Hosoda a passé son enfance, la région de Toyama au nord-ouest de Tokyo. Une campagne idéale mais pourtant bien réelle, un peu telle qu'on l'imagine lorsque l'on habite en ville. Le choix des angles de prise de vues est souvent audacieux. Mamoru Hosoda comme tous les grands cinéaste raconte d'abord sont histoire à travers ses images; le film est peu bavard.

Cette fable pour enfants et adultes a une profondeur et une exactitude psychologique que n'atteindra jamais une semblable production américaine parce qu'elle serait issue d'une civilisation adolescente, son histoire n'a guère que trois siècles, et hétérogène alors que dans cet animé japonais, on sent à chaque image qu'il vient d'un monde ancien et homogène.

 

 

Bien que Mamoru Hosoda exècre qu'on le compare à Miyasaki, maiscomment lorsque l'on parle de l'animation japonaise faire abstraction de son maitre incontesté, ce serait comme oublier Walt Disney à propos du dessin animé américain, l'inspiration de son film a beaucoup de points communs avec ceux de Miyasaki (y compris avec ceux de Miyasaki junior). Tout d'abord la présence primordiale de la nature, ce qui n'est pas original au Japon tant la nature est présente dans le quotidien de la plupart des japonais y compris ceux qui habitent les grandes villes. Il faut dire que dans de nombreuses ville telles Kyoto, Nara ou Hiroshima on passe sans transition de la ville la plus dense à la campagne-montagne. Car si le préambule se déroule dans la banlieue de Tokyo, tout le film a pour cadre une campagne japonaise au pied de montagnes. Cette localisation du récit nous vaut un plaidoyer pour la vie à la campagne avec la mise en avant d'un travail directement nourricier et l'entraide indispensable entre les membres d'une si petite communauté qu'est le village. Ce qui est dans la droite ligne des désir du gouvernement japonais qui s'inquiète à la fois de la désertification des campagnes et de la toujours plus grande dépendance du pays envers de l'étranger pour nourrir ses habitants.

La qualité du film tient certainement pour une grande part à ce que l'équipe qui l'a réalisé est bien rodée. Satoko Okudera pour le scénario, Yoshiyuki Sakamoto pour le character design ont déjà, aux mêmes postes participé aux deux premiers films du réalisateur, « La traversé du temps » et « Summer wars ». Les deux premiers films du réalisateur, tout réussis qu'ils soient ne laissaient pas présager que son troisième film d'une inspiration bien différente serait un tel chef d'oeuvre.

L'air de famille qui existe entre les productions Ghibli et « Les enfants loups » n'est pas un hasard puisque pour la direction artistique (la supervision des décors) c'est Hiroshi Ono qui s'en charge et qui avait tenu le même poste pour « Kiki la petite sorcière ». Les décors sont particulièrement soignés et la reproduction de l'eau n'a encore jamais été aussi bien figurée dans un animé.

L'influence de Miyasaki n'est pas la seule décelable, celle de Tezuka est également importante par le thème la transformation de l'homme en animal, qui il est vrai irrigue de nombreuses oeuvres artistiques japonaises,mais aussi d'une manière plus ténue en ce qui concerne le dessin. Lorsque Ame se transforme en loup adulte, sa physionomie semble sortir du crayon de Tezuka.

Si l'influence de Miyasaki est indéniable, Mamoru Hosoda n'est en rien une copie de son ainé. Même si chez lui tout comme chez son ainé on sent une nostalgie pour le Japon agraire, voir féodal. Son inspiration est beaucoup plus ancrée dans la réalité; ce que ne laissent pas voir à première vue ses thèmes, le voyage dans le temps pour son premier film, la guerre entre le virtuel et le réel pour le second et pour celui-ci des humains qui se transforment en loup pourtant c'est un cinéaste très réaliste qui puise dans son propre quotidien. C'est en allant visiter des amis qui avaient des enfants de trois et quatre ans et en voyant leur turbulance qu'il a eu l'idée des enfants loups

L'une des morale de ce très beau film est qu'il faut laisser le choix aux enfants de choisir leur avenir.

Un grand film émouvant que peuvent voir aussi bien les enfants que les adultes.

 

Nota: Mamoru a réalisé un superbe film publicitaire "Superflat Monogram conçu pour Louis Vuitton par pe plasticien Takashi Murakami. 

 

 

 

 

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