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133 articles avec humeurs cinematographiques

la maison de "Mon oncle" de Jacques Tati

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Cette maison, que j'ai connu, était à Saint-Maur. Elle a été stupidement démolie!

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Overgivelse

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Overgivelse
Norvège, 1988, 1h 05
 
Réalisateur: Per Bronken, scénario de Per Bronken d'après la nouvelle Surrender d'Oscar Braaten 
 
Avec: Minken Fosheim, Elias Karlsen, Sverre Anker Ousdal
 
Dans les année 20. Des parents conduisent leur fils de 13 ans dans un sanatorium. Ce dernier exclusivement réservé pour les jeunes garçons, est situé sur une ile. Le garçon ne parvient pas à s'acclimater dans ce curieux hopital d'autant qu'il n'a qu'une grosseur au cou. Il décide de s'évader de cette ile prison en construisant un radeau.
Belle image, bonne interprétation; le scénario laisse planer le doute sur la véritable maladie et sur la réelle nature de cet hopital...
La tranquille impudeur du filmage me semblerait tout à fait impossible aujourd'hui. D'autre part je recommande particulièrement ce film à ceux qui fantasment sur les pyjamas rétros... 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Pour voir le film cliquer sur la ligne ci-dessous

NRK TV - Overgivelse - 20.09.1988


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Overgivelse
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Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores

 

Réalisation: Gabriele Salvatores, scénario:Gabriele Salvatore, Alessandro Fabbri, Ludovica Rampols, photographie: Italo Petriccione,

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avec: Ludovico Girardello, Valeria Golino, Fabrizio Bentivoglio, Vernon Dobtcheff 

 

Resumé:

 

Michele (Ludovico Girardello) a 13 ans. Il habite dans une ville tranquille au bord de la mer (en étant attentif on peut reconnaitre Trieste). Il est très mignon et pourtant il est impopulaire dans sa classe. Il est secrètement amoureux d'une de ses camarades, la belle Stella; mais extrêmement timide, il n'ose pas l'aborder. Stella invite toute sa classe a son anniversaire mais il faut arriver costumé. Michele a toujours rêvé d'être un super héros. Il veut un costume d'un de ses modèles mais vivant seul avec sa mère qui est policière, il n'a pas beaucoup d'argent. Il trouve un costume de super héros... chinois! Ce n'est pas ce qu'il avait rêvé, mais il s'aperçoit que ce costume  ringard peut le rendre invisible... Mais ce pouvoir n'est pas inconnu d'un groupuscule russe qui le recherche depuis des années. En même temps, des enfants disparaissent étrangement autour de Micky, le garçon invisible...   

Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores

L'avis critique

 

Formidable film totalement atypique mettant en scène un garçon de rêve (pour moi, vous n'êtes pas obligé de partager mes gouts), ce qui ne l'empêche pas d'être un bon acteur, dans une histoire à rebondissements multiples mélant teen movie, mélo, espionnage, relant de guerre froide, dans une esthétique qui fait penser aux films de Caro et Jeunet. Le tout à un petit coté roman pour adolescent, mais le spectateur adulte est toujours tenu en haleine par le suspense et les agissements des nombreux méchants qui ne sont pas toujours ce qu'ils paraissent être. Les effets spéciaux, à l'ancienne, sont très réussis. Ils font constamment preuve d'astuce et d'inventivité. Fait plutôt rare pour être noté : on tient là un vrai film de superhéros, sensible, sans complexe vis-à-vis de Hollywood...

Talent reconnu (oscar du meilleur film étranger pour Mediterraneo en 1992), le cinéaste italien Gabriele Salvatores s’est également distingué par un penchant pour le cinéma fantastique (DentiNirvana) et ce lien très fort qu’on l’avait vu tisser avec le monde de l’enfance (L’été où j’ai grandi). Le Garçon Invisible le voit renouer avec le genre fantastique,

Ludovico Girardello n'est pas la seule merveille du film un de ses petits camarade, qui plus est joueur de tennis n'est pas mal non plus.

Le film est parfaitement interprété, les méchants sont particulièrement bien soignés. Parmi eux on retrouve avec plaisir Vernon Dobtcheff, un habitué de ce genre de rôle.

Le film est l'adaptation du roman graphique d'Alessandro Fabbri, Ludovica Rampoldi et Stefano Sardo paru en 2014.

On peut voir le film comme l'illustration de la transformation qui s'opère lorsqu'un garçon passe de l'enfance à l'adolescence. 

version B.D.

version B.D.

 

Ci-dessous quelques images de Ludovico Girardello

Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores
Le garçon invisible, un film de Gabriele Salvatores

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super 8, Ireland 1975, court-métrage de Tim Schmeltzer

Publié le par lesdiagonalesdutemps

super 8, Ireland 1975, court-métrage de Tim Schmeltzer
super 8, Ireland 1975, court-métrage de Tim Schmeltzer
super 8, Ireland 1975, court-métrage de Tim Schmeltzer
super 8, Ireland 1975, court-métrage de Tim Schmeltzer

Très beau et très court métrage de Tim Schmelzer Qui devrait raviver bien des souvenirs de vacances maritimes versez Ceux qui les have vécus DANS LES ANNEES 70 ... 

Pour voir le film:

 

plage Fermoyle - TIM SCHMELZER

www. timschmelzer .com / projection / Fermoyle /

 

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Crin blanc

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Crin blanc
Crin blanc

En Camargue, Crin-Blanc est le chef d'un troupeau de chevaux de Camargue en liberté. Un jour, il se fait capturer par les hommes. Mais il réussit à s'échapper. De caractère intrinsèquement sauvage, il ne peut être apprivoisé que par Folco, un petit garçon partageant ce même trait de caractère. Une profonde amitié va alors naître entre les deux protagonistes.

Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
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Crin blanc
Crin blanc
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Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc
Crin blanc

Merci à Ismau pour ces belles images.

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Lettre à Momo, un film d'Hiroyuki Okiura (rééditions augmentée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Lettre à Momo, un film d'Hiroyuki Okiura (rééditions augmentée)

Lettre à Momo : Affiche

 

Pour toujours enfoncer le même clou, je vais redire que l'animation japonaise ce n'est pas Goldorak et que les longs métrages de l'animation japonaise qui ont la chance de sortir sur les écrans français sont supérieurs à tous les autres films distribués dans notre pays. Deuxième point qu'il faut rappeler également l'animation japonaise ne se résume pas à Miyasaki père, génie certes mais pas talent isolé. Il suffit de citer Ichii, feu Satoshi Kon, Mamoru Hosoda, Isao TakahataKeiichi Hara et bien d'autres. Si vous êtes courageux vous pourrez lire les quelques billets que j'ai consacrés à certains de leurs films...

 

Lettre à Momo : Photo

 

Or donc, actuellement, sur malheureusement bien peu d'écrans (j'ai du mal à comprendre la politique du distributeur de ce film qui a pris le soin d'en faire une version française en regard d'une distribution aussi chiche; maison peut penser que c'est pour une prochaine édition en dvd et blue-ray, ce dernier support est toujours à privilégier pour les films d'animation, donc si vous avez raté ce film en salle vous pourrez sans trop tarder vous rattraper.) on peut voir la nouvelle merveille des animés nippons, « Lettre à Momo ».

 

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A bord du bateau qui emmène Momo avec sa mère sur l'ile de Shio (ile imaginaire mais précisément située dans la mer intérieure du Japon, mer de Seto, les lecteurs de Manabé Shima de Florent Chavouet ne seront pas dépaysés... Le réalisateur, enfant, y passait ses vacances d'été...) où elles vont désormais vivre. Momo, à l'orée de l'adolescence, déplie une feuille de papier où sont écrits ces seuls mots: << Chère Momo >>. Un flash-bach nous apprend bientôt qu'elle a trouvé cette lettre inachevée sur le bureau de son père qui vient de mourir, océanographe il a disparu en mer. La dernière fois que Momo a vu son père, elle s'est disputé avec lui. Hantée par ce souvenir, Momo à le coeur lourd. D'autant que l'ile où la conduit sa mère, qui y a passé son enfance, est pour Momo, qui vient de Tokyo, vécu comme un lieu d'exil. Shio est habitée par une population vieillissante vivant pour l'essentiel de cultures ancestrales élaborées à flanc de colline. Mais à peine arrivée dans la vieille maison qui sera désormais leur demeure, déboulent trois truculents et très encombrants yokais sortis du folklore japonais, que seule Momo voit. Ces trois créatures sont caractérisées à l'extrême. Il y a le râleur au nez en museau, le géant affamé qui ressemble au Bluto de Popeye et le chétif souffre douleur. Ils vont bouleverser la vie de Momo, et celle de toute l'ile. Maisvont se révéler bien autre chose que de navrants goinfres...

 

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Comme tous les grands dessins animés japonais, « Lettre à Momo » peut se lire à différents niveaux. S'il réjouira les enfants, disons à partir de sept ans, il captivera les adultes, d'abord par la beauté du dessin et surtout parce qu'il aborde des sujets qui peuvent toucher tout à chacun, comme celui de comment vivre un deuil et comment faire partager ou pas sa douleur. Le film intéressera également tous les passionnés de la culture japonaise avec cette nouvelle intrusion dans le monde moderne des yokais, un des symboles de la culture populaire ancestrale nippone. « Lettre à Momo » s'inscrit aussi dans les problématiques les plus actuelles de la politique japonaise, comme la désertification des campagnes; souvent dans l'archipel elles ne sont plus habitées que par des vieillards, et dans ces conditions, se pose à court terme, la survie de l'agriculture, à un moment où le gouvernement Abe veut réduire les aides aux agriculteurs et d'une manière assez contradictoire prône une plus grande auto-suffisance alimentaire pour le Japon.

 

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Lettre à Momo est très ancré dans l'histoire et la tradition japonaise. L'émouvante dernière séquence se réfère au festival de Miajima (on peut aller voir mes photos de cette ile et de son célèbre torii: essai d'épuisement photographique du grand torii de Miajima, Japon ), tradition qui vise à apporter force et bonne santé aux plus jeunes habitants de l'île. Le principe étant de pousser un bateau de paille enflammé dans la mer afin qu'il se consume au milieu de l'eau. C'est une fête qui fait directement référence à la Seconde Guerre mondiale, les aînés souhaitant voir leurs enfants revenir sains et saufs de la guerre 

 

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Comme très souvent dans les animés japonais de qualité, le décor est très soigné mais aussi la typographie avec ses repères, une maison, un village, une ile, endroits à la fois immuables et changeants selon les saisons. Ces éléments prosaïques peuvent se muer en véhicules de la fantasmagorie...

Le public européen sera peut être dérouté par le mélange typiquement japonais de mélodrame et d'humour trivial, les yokais pètent pour repousser des sangliers ou effectuent une danse grotesquement lascive pour entrer encontact avec l'au-delà!

 

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On retrouve dans « Lettre à Momo » des constantes de l'animation japonaise (Certes vous pourrez me rétorquer bien des contre-exemples mais tout de même). Le voyage initiatique qui marque la fin de l'enfance et l'entrée dans l'adolescence comme dans le « Voyage de Chihiro), l'absence du père comme dans « Les enfants loups », le drame familiale comme dans « Les enfants loups, « Mon voisin Totoro », « Colorful », la fuite de la grande ville pour une campagne réparatrice des maux comme dans les « Enfant loup », « Mon voisin Totoro », « Arrietty », « Mai Mai Miracle », la nostalgie pour le Japon apaisé des petites villes et des vieilles demeures comme dans « Arriety », « La colline aux coquelicots», « La traversée du temps », « Summer wars », l'irruption de créatures surnaturels souvent issues des vieilles légendes comme dans « Mon voisin Totoro », « Pompoko » et surtout « Un été avec Coo » où un Yokai, un kappa, est au centre du film (le renouveau des yokais dans l'imaginaire nippon doit tout au mangaka Shigeru Mizuki, l'auteur de NonNonBâ. A ce sujet on peut voir mes billets: NomNomBâ de Shigeru Mizuki et  des Yokai par Shigeru Mizuki). Tous ces points communs avec de nombreux animés japonais de grande qualité font de « Lettre à Momo » un film archétypal de l'animation japonaise; c'est peut-être là sa limite.

 

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Le cinéphile trouvera aussi grandement son compte dans cette « Lettre à Momo » passé l'effet de surprise qu'il constitue pour tous ceux qui attendaient, depuis 1999, après le chef d'oeuvre incontestable qu'est « Jin-Roh, la brigade des loups », fable uchronique violente, passionnante, sur le totalitarisme, quand il s'apercevra que le deuxième film d'Hiroyuki Okiura n'a rien à voir, sinon par sa qualité graphique, avec le premier opus du cinéaste. En regard de ce deuxième film on voit combien la patte d'Ichii, (Ghost in the shell) qui est un peu le mentor d'Hiroyuki Okiura, scénariste de Jin-Roh était présente dans ce dernier. Pour son deuxième film Hiroyuki Okiura en a cette fois écrit le scénario. Le spectateur habitué de l'animation japonaise repèrera plusieurs hommages du réalisateur à ses maitres et confrères. Plusieurs séquences sont quasiment des citations de Miyazaki, la rencontre des esprits sous la pluie, l'attaque des sangliers, l'apparition des esprits sous la forme de gouttes (« Princesse Mononoke) et les esprits font beaucoup penser à ceux du « Voyage de Chihiro ». Les trois yokais par leur truculence et leurs maladresses évoque les S.D.F de « Tokyo Godfather »...

 

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D'autre part Questionné à propos du réalisme apporté à son film d'animation, Hiroyuki Okiura avoue s'être inspiré de l'un des maîtres de l'animation japonaise, Isao Takahata et de son film Kié la petite peste : << C’est un film avec une forte composante burlesque et néanmoins chaque détail concernant les personnages est décrit avec le plus grand soin : leur personnalité, leurs gestes, leur manière de marcher ou de se retourner quand on les appelle, ils ressemblent tous à des personnes réelles. J’ai rarement vu de film d’animation qui prenait autant de soin pour détailler des gestes du quotidien >>.

 

Lettre à Momo : Photo

 

Le film s’étale sur deux heures. Pourtant on ne s’y ennuie pas, tant le rythme du film est maîtrisé de part en part, jusqu’à un final digne des moments les plus Shinto du grand Miyazaki. 

Le cinéaste s'est entouré d'une équipe chevronnée. Hiroyuki Okiura et le chef de l'animation Masashi Ando avaient déjà travaillé ensemble par le passé sur le film Paprika (2005) de Satoshi Kon. Masashi Ando était alors déjà superviseur de l'animation tandis que Hiroyuki Okiura était l'un des nombreux animateurs.

Techniquement le film a été réalisé par une méthode d'animation classique, animation en deux D avec du papier et des crayons; ce qui confère à l'ensemble un extrême réalisme que ce soit dans la fluidité des mouvements des personnages ou dans l'expression de leur visage aux traits pourtant assez simples. Le réalisateur a néanmoins eu recourt au travail par ordinateur pour quelques séquences, comme celle de la course poursuite. Les décors sont dus à Hiroshi Ono, responsable des déjà de ceux de « Kiki la petite sorcière » même si l'esthétique générale fait plutôt penser aux films de Mamoru Hosoda (La traversée du temps).

 

Lettre à Momo : Photo

 

L'une des particularités des auteurs japonais de films d'animation, c'est de ne pas craindre d'aborder les sujets les plus difficiles comme la destruction de Tokyo par un tremblement de terre dans Tokyo magnitude 8, le suicide des adolescents dans Colorful, la mort d'innocents durant les guerres dans Le tombeau des lucioles... et de le faire, en règle générale, avec beaucoup de sensibilité et de justesse. « Lettre à Momo » en est un bel exemple. 

 

 

Lettre à Momo : Photo

 

Pour retrouver d'autres billets sur les animés sur le blog: Colorful de Keiichi Hara,  La colline aux coquelicots de Goro Miyasaki,  Tatsumi de Khoo,  Les enfants loups, Ame & Yuki, un film de Mamoru Hosoda,  Tokyo magnitude 8,  Lettre à Momo, un film d'Hiroyuki Okiura .    

 

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Commentaires lors de la première édition du billet

Wild-nobara04/06/2014 22:52

Merci beaucoup pour ce billet !
Il a su attiser ma curiosité, alors qu'au premier regard, en VF, il m'en avait détourné. J'ai trouvé ce blog en faisant une petite recherche sur les yokai, et à ma surprise, ils sont présent dans ce film ! 

Bon travail pour cet article, même si dans l'animation japonaise nous retrouvons souvent des éléments similaires, cela n'enlève pas la magie aux films. En plus des décors magnifiques, des personnages expressifs ... Bref, je regarderai ce film en vostfr :p

(RIP à Monsieur Satoshi Kon, qui a laissé un film inachevé.)

 

B.A.08/06/2014 12:34

Si vous vous intéressez aux yokais, il y a un film très drôle et émouvant à la fois, c'est "Un été avec Coo" de Keiichi Hara sans oublier la plupart des mangas de Misuki.
Il faut toujours regarder les film en V.O sous titrée y compris les animés

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L'ile de Giovanni, un film de Mizuho Nishikubo (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

L'ile de Giovanni, un film de Mizuho Nishikubo (réédition complétée)
L'ile de Giovanni, un film de Mizuho Nishikubo

Plus le temps passe, plus en ce qui me concerne, l'incarnation d'un personnage à l'écran fait obstacle à mes émotions. Je ne suis jamais autant ému au cinéma que devant des animés. Je l'ai été jusqu'aux larmes devant « L'ile de Giovanni » comme je l'avais été devant « Lettre à Momo » (qui se déroule également sur une petite ile) ce qui ne m'est pas arrivé devant un film avec des acteurs depuis si longtemps que je n'en ait plus le souvenir.

Le film a pour toile de fond un épisode peu connu de l'Histoire du Japon (y compris dans l'archipel). A partir de 1945, Shikotan, une petite ile isolée du nord du Japon (au nord est d'Hokaido) a été occupée par les troupes soviétiques. Puis en 1947 la population fut déportée sur la cote nord de l'Union Soviétique. Nous vivons cet épisode tragique par l'intermédiaire de deux frères Junpei d'une dizaine d'années et Kanta moitié moins âgé. Tout est raconté à travers le regard de Junpei.

L'ile de Giovanni, un film de Mizuho Nishikubo

Petit précis historique: A la conférence de Yalta, Roosevelt a proposé à Staline la Sakhaline du sud et les iles Kouriles en récompense des efforts de guerre des soviétiques. L'armée rouge dès le 19 aout, soit trois jours après la défaite du Japon annexe ces territoire. Depuis les japonais arguant des failles dans les différents traités militaires réclament la restitution des iles. Le contentieux entre le Japon est la Russie reste ouvert jusqu'à aujourd'hui.

Sur le plan historique Mizuho Nishikubo a déclaré: << J'ai tenté d'être le plus réaliste possible historiquement sans chercher à interpréter les événement. Il n'y a pas de gentils ou de méchants. Le film ne cherche pas à véhiculer un message précis ou une thèse.>>.

Le cinéma d’animation japonais n’en finit pas de scruter les blessures qu’ont laissées la seconde guerre mondiale et ses prémices. Il le fait avec une certaine nostalgie, comme Miyazaki avec Le Vent se lève, ou avec colère et dépit comme Isao Takahata dans Le Tombeau des lucioles.

Le film est scindé en deux parties. La première raconte la cohabitation des habitants de Shikotan (environ 300) avec les occupants. On suit surtout la vie mouvementée des deux frères et leur amitié avec la fille d'un officier russe. La seconde beaucoup dramatique narre la déportation de la famille au goulag dans la glaciale ile de Sakhaline. Le père de Junpei et de Kanta est arrêté. Les enfants sont confiés aux bons soins de leur institutrice, Sawako et de leur oncle Hideo. L'acmé du récit est le long voyage des enfants pour retrouver leur père, commandant des forces de défense de l'ile qui a été envoyé dans un camp de prisonniers.

L'ile de Giovanni, un film de Mizuho Nishikubo

La coupure entre les deux époques est renforcée du fait que le réalisateur a fait de l'ile russe, l'antithèse de l'ile japonaise. Autant cette dernière est ensoleillée (sans doute beaucoup plus dans l'animé que dans la réalité), les couleurs chaudes dominent autant Sakhaline est peinte en tons froids où le bleu de la glace s'impose.

L'atmosphère très dramatique du film est tempérée par le fait que tout le récit est la remémoration de Junpei qui se souvient de ces années terribles alors qu'il revient pour la première fois dans l'ile cinquante ans après avoir été contraint à la quitter; on comprend donc qu'il a survécu aux épreuves qu'il a enduré, et surtout par des intermèdes oniriques issus de « Train de nuit dans la voie lactée ». Un livre qu'admirent les deux gamins. Ce livre pour enfants, de Miyazawa est célèbre au Japon. Il a pour héros un garçon du nom de Giovanni, d'où le titre du film. Ces passages fantastiques sont d'un graphisme différent du reste du film. Ces morceau où les enfant s'évadent dans leur imaginaire, interviennent lors des passages les plus bouleversants, allégeant la pesante atmosphère du récit. Ils sont comme une respiration.

L'ile de Giovanni, un film de Mizuho Nishikubo

Le scénario pratique beaucoup l'ellipse, suggérant plus qu'il ne montre, tout en restant parfaitement claire et compréhensible pour des enfants; même si le film est plus destiné aux adultes et aux adolescents en raison de la noirceur de cette histoire.

L'ile de Giovanni est tiré d'une histoire vraie. A l'origine du scénario de Sugita et Sakurai, on trouve le témoignage d'Hishori Tonuko qui a vécu à Shitokan et a connu l'annexion de son ile par l'armée soviétique. Les scénaristes ont toutefois modifié les faits, en particulier le tempo de l'action pour les besoins de la dramaturgie du film.

Le graphisme des personnages est simplifié. Ils se meuvent dans des décors magnifiques assez réalistes sans être jamais photographiques. Les décors du film sont dus à l'argentin Santiago Montiel qui travaille depuis dix ans en France. Nous sommesdans le réalisme poétique avec des teintes peu éclatantes, assez douces, notamment la nuit ou dans la pénombre des forêts.

A noter que les voix des enfants sont faites par des enfants ce qui est assez rare au Japon et renforce encore la véracité et donc l'émotion que génère cette tragédie. Le casting des voix est très soigné. Le réalisateur s'est rendu à Moscou pour enregistrer les voix de Tanya, de ses parents et des soldats soviétiques. Pour le chant en russe durant la classe, il a fait appel à un choeur professionnel, à qui il dut demander plusieurs fois de réfréner leur talent pour qu'ils aient plus l'air d'enfants normaux à la chorale de l'école.

Comme presque toujours dans les longs métrages d'animation japonais, la musique a une grande importance dans « L'ile de Giovanni ». Ce qui n'est pas surprenant puisque le film est coproduit par la JAME, la Japan Association of Music Enterprises, qui célèbre avec L'île de Giovanni son cinquantenaire. Il s'agit de leur première incursion dans le milieu cinématographique, en tant que producteur et non de compositeur musical. Pour ma part j'ai surtout apprécié les chants traditionnels russes et japonais que l'on y entend dans la première partie.   

L'ile de Giovanni, un film de Mizuho Nishikubo

L'auteur du film est un vétéran de l'animation japonaise. Mizuho Nishikubo a longtemps été le collaborateur de Mmoru Oshii. Il était son directeur de l'animation. L'île de Giovanni est son troisième long-métrage et ses deux précédents, Atagoal: Cat's Magical Forest (2006) et Musashi : The Dream of the Last Samurai (2009) n'ont jamais été distribués en France.

Le film a été initié, il y a une dizaine d'année et sa réalisation a pris trois ans.

« L'ile de Giovanni » fait beaucoup penser au « Tombeau des lucioles » le chef d'oeuvre d'Isao Takahara qu'il n'est pas loin d'égaler. 

L'ile de Giovanni, un film de Mizuho Nishikubo

 

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Les enfants loups, Ame & Yuki, un film de Mamoru Hosoda (réédition augmentée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Les enfants loups, Ame &amp; Yuki, un film de Mamoru Hosoda (réédition augmentée)

Hana, encore étudiante tombe amoureuse d'un garçon mi-homme, mi-loup. De cet amour naissent une fille Yuki, bientôt suivi d'un garçon Ame. Tout deux peuvent à leur guise se transformer en loup. Le père est tué. Hana se retrouve seule pour élever ses enfants différents des autres. Elle décide de les emmener à la campagne dans une maison isolée, loin des yeux indiscrets mais elle ne peut s'abstraire longtemps de la communauté villageoise.

 

 

Le film est centré sur la relation d'Hana avec ses deux enfants. Il se déroule sur treize ans, de la conception des enfants jusqu'au moment où les jeunes êtres acquièrent définitivement leur autonomie. Ce sont les éléments, une tempête, qui orchestrent la rupture finale, apportant aux « Enfants-Loups » une conclusion épique. Le réalisateur, maitre de l'ellipse, contracte ou dilate le temps à sa guise.

Toute l'histoire est racontée, quelques années après les faits par Yuki. Elle se déroule dans un passé récent dans lequel il n'y a pas d'ordinateurs personnels, ni téléphone portable.

 

 

Pour bien comprendre le film, par ailleurs très simple et accessible à tous, il faut tenir compte de la place différente que tient le loup dans l'imaginaire japonais par rapport à sa place dans l'imaginaire européen où il est associé au mal. Au Japon où il a disparu à la fin du XIX ème siècle, c'est un animal respecté. Les caractères qui forment son nom  sont les mêmes que ceux de "grand dieu". Le loup est vénéré dans certains temples shintoistes. 

Le somptueux décor de l'histoire est fourni par l'endroit où Mamoru Hosoda a passé son enfance, la région de Toyama au nord-ouest de Tokyo. Une campagne idéale mais pourtant bien réelle, un peu telle qu'on l'imagine lorsque l'on habite en ville. Le choix des angles de prise de vues est souvent audacieux. Mamoru Hosoda comme tous les grands cinéaste raconte d'abord sont histoire à travers ses images; le film est peu bavard.

Cette fable pour enfants et adultes a une profondeur et une exactitude psychologique que n'atteindra jamais une semblable production américaine parce qu'elle serait issue d'une civilisation adolescente, son histoire n'a guère que trois siècles, et hétérogène alors que dans cet animé japonais, on sent à chaque image qu'il vient d'un monde ancien et homogène.

 

 

Bien que Mamoru Hosoda exècre qu'on le compare à Miyasaki, maiscomment lorsque l'on parle de l'animation japonaise faire abstraction de son maitre incontesté, ce serait comme oublier Walt Disney à propos du dessin animé américain, l'inspiration de son film a beaucoup de points communs avec ceux de Miyasaki (y compris avec ceux de Miyasaki junior). Tout d'abord la présence primordiale de la nature, ce qui n'est pas original au Japon tant la nature est présente dans le quotidien de la plupart des japonais y compris ceux qui habitent les grandes villes. Il faut dire que dans de nombreuses ville telles Kyoto, Nara ou Hiroshima on passe sans transition de la ville la plus dense à la campagne-montagne. Car si le préambule se déroule dans la banlieue de Tokyo, tout le film a pour cadre une campagne japonaise au pied de montagnes. Cette localisation du récit nous vaut un plaidoyer pour la vie à la campagne avec la mise en avant d'un travail directement nourricier et l'entraide indispensable entre les membres d'une si petite communauté qu'est le village. Ce qui est dans la droite ligne des désir du gouvernement japonais qui s'inquiète à la fois de la désertification des campagnes et de la toujours plus grande dépendance du pays envers de l'étranger pour nourrir ses habitants.

La qualité du film tient certainement pour une grande part à ce que l'équipe qui l'a réalisé est bien rodée. Satoko Okudera pour le scénario, Yoshiyuki Sakamoto pour le character design ont déjà, aux mêmes postes participé aux deux premiers films du réalisateur, « La traversé du temps » et « Summer wars ». Les deux premiers films du réalisateur, tout réussis qu'ils soient ne laissaient pas présager que son troisième film d'une inspiration bien différente serait un tel chef d'oeuvre.

L'air de famille qui existe entre les productions Ghibli et « Les enfants loups » n'est pas un hasard puisque pour la direction artistique (la supervision des décors) c'est Hiroshi Ono qui s'en charge et qui avait tenu le même poste pour « Kiki la petite sorcière ». Les décors sont particulièrement soignés et la reproduction de l'eau n'a encore jamais été aussi bien figurée dans un animé.

L'influence de Miyasaki n'est pas la seule décelable, celle de Tezuka est également importante par le thème la transformation de l'homme en animal, qui il est vrai irrigue de nombreuses oeuvres artistiques japonaises,mais aussi d'une manière plus ténue en ce qui concerne le dessin. Lorsque Ame se transforme en loup adulte, sa physionomie semble sortir du crayon de Tezuka.

Si l'influence de Miyasaki est indéniable, Mamoru Hosoda n'est en rien une copie de son ainé. Même si chez lui tout comme chez son ainé on sent une nostalgie pour le Japon agraire, voir féodal. Son inspiration est beaucoup plus ancrée dans la réalité; ce que ne laissent pas voir à première vue ses thèmes, le voyage dans le temps pour son premier film, la guerre entre le virtuel et le réel pour le second et pour celui-ci des humains qui se transforment en loup pourtant c'est un cinéaste très réaliste qui puise dans son propre quotidien. C'est en allant visiter des amis qui avaient des enfants de trois et quatre ans et en voyant leur turbulance qu'il a eu l'idée des enfants loups

L'une des morale de ce très beau film est qu'il faut laisser le choix aux enfants de choisir leur avenir.

Un grand film émouvant que peuvent voir aussi bien les enfants que les adultes.

 

Nota: Mamoru a réalisé un superbe film publicitaire "Superflat Monogram conçu pour Louis Vuitton par pe plasticien Takashi Murakami. 

 

 

 

 

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Les délices de Tokyo un film de Nomi Kawase

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Les délices de Tokyo un film de Nomi Kawase

C'est un film pour ceux qui savent écouter le vent, l'été dans les arbres, pour ceux qui préfèrent la neige des pétales des cerisiers en fleurs à celle de décembre, pour ceux, qui un jour, ont fêté hanami au parc Ueno et y ont trop bu de saké, pour ceux qui ont suivi des yeux le départ des pétales de sakura pour l'océan sur la rivière Sumida... et bien sûr pour les gourmands qui savent combien les dorayaki*, ces sortes de pankas fourrés à la pâte de haricots rouges (le an, qui est le titre original du film) sont savoureux et puis bien sûr pour tous les amoureux du Japon, ce pays qui ne ressemble à aucun autre. Les cinéphiles qui ont Ozu pour cinéaste préféré ne devraient n'être pas déçus non plus.

Les délices de Tokyo un film de Nomi Kawase

Un jeune homme, Sentaro, cuisine et vend ses doriyakis dans une petite échoppe. Comme celle-ci est près d'un collège, la clientèle de Sentaro est surtout composée de collégiennes pépiantes (les collégiennes japonaises me semblent encore plus bavardes que les anglaises. Est-ce possible?). Si la pâte de ses pâtisserie est bonne, le an que Sentaro se fait livrer est médiocre. Un jour alors que le grand cerisier qui fait ombrage à la boutique est en pleine floraison apparait une curieuse petite vieille aux doigts déformés (Kirin Kiki). Elle veut absolument travailler dans la boutique. Sentaro refuse. Quelques temps après la septuagénaire apporte du an de sa confection. Sentaro le goûte, il n'en a jamais mangé d'aussi bon. Il engage Tokue. Le commerce qui vivotait devient une petite affaire prospère grâce à la pâte de haricot rouge de Tokue. Mais bientôt quelques uns remarquent les doigts déformés de la vieille dame...

Les délices de Tokyo un film de Nomi Kawase

A ce sujet j'ai été très surpris d'apprendre d'une part que la lèpre semblait avoir été une maladie rependue au Japon à l'époque contemporaine et que les lépreux y était reclus  jusqu'en 1996!** Si un lecteur peut apporter un témoignage sur ce point, je le remercie d'avance. Naomi Kawase par le biais de son film avec discrétion nous montre combien la société japonaise est dure et exigeante.

Pour la première fois Nomi Kawase a choisi de filmer un scénario écrit par un autre en l'occurence Durian Sukegawa qui a adapté son propre roman, et c'est une bonne idée, cela ajoute une tension dramatique qu'il n'y avait pas dans les films précédents de Naomi Kawase.

La cinéaste a construit son film autour du cycle des saison, d'un printemps l'autre, illustré par un majestueux cerisier.

Il y a une parfaite harmonie entre l'histoire et les acteurs choisis qui jouent avec une grande sobriété, ce qui n'est pas toujours le cas dans le cinéma japonais. Le casting se résume presque à trois acteur, à ce propos je songe qu'il serait très facile d'adapter cette histoire au théâtre, mais c'est peut être déjà fait; les japonais étant les champions des recyclage des romans, mangas, animés, péra, dramatique radio, souvent pour le meilleur si bien que l'on a souvent du mal à dire qu'elle a été la forme première de l'histoire (ici c'est un roman). Or donc, il y a Kiri Kirin, grand-mère idéale du cinéma japonais, qui fit ses début à la Shoshiku dans les années 60. Elle est aujourd’hui une actrice familière des cinéastes Kore-eda et Kawase Naomi. Nagase Masatoshi que l'on est heureux de voir accéder enfin à un premier rôle. On l'avait vu en second rôle convaincant dans Mistery train, La servante et le samourai, Electric dragon... Un acteur au jeu raffiné dont le visage fermé s’épanouit à mesure que le récit avance. Et enfin dans le rôle de Wakana, la jeune collégienne réservée, une révélation qui s’appelle Uchida Kyara, elle n’est autre que la petite fille de Kiri Kirin

Les délices de Tokyo nous invite, avec modestie,  à une réflexion sur la transmission du savoir, l'importance de la communion entre le maitre et l'élève...

Les délices de Tokyo un film de Nomi Kawase

Il y a beaucoup d'émotion dans cette rédemption par le doriyaki pour Sentaro qui va se pacifier au contact de Tokue dont il retiendra la leçon d'humilité devant la nature et de plaisir qu'apporte  de faire bien une chose, avec amour même si ce n'est qu'un humble gâteau comme le doriyaki. Si le film est sombre, la dernière image est pleine d'espoir... Toute la leçon de vie de ce beau film tient dans cette réplique de Tokoe: << Quand je cuit le an, je tend toujours l'oreille à la parole des haricots rouges. C'est à dire que j'imagine les jours de pluie et les jours ensoleillés que les haricots ont vus. Je prend le temps d'écouter l'histoire de leurs voyages, de connaitre quel genre de vent a soufflé pour les amener jusqu'ici. Oui, j'écoute.>>  

Les délices de Tokyo un film de Nomi Kawase

Bande annonce du film

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En japonais, dora signifie « gong », et cela expliquerait donc le nom de la pâtisserie. Celle-ci consiste en deux pâtes en forme de pancake, faites en kasutera, enveloppant une garniture de pâte de haricot rouge nommée anko (ingrédient courant en cuisine japonaise). À l'origine, cette pâtisserie n'avait qu'une seule couche. La forme actuelle fut inventée en 1914 à la pâtisserie Usagiya à Ueno, un quartier de TokyoDans des endroits de la région du Kansai, comme Osaka ou Nara, cette pâtisserie est souvent appelée mikasa (). Le nom signifie initialement « triple chapeau de paille », mais est également un des noms du Mont Wakakusa, une petite colline se trouvant à Nara. La colline ayant une pente assez douce, on dit que de nombreux habitants pensent à la forme de la colline lorsqu'ils mangent un mikasa. Il y a un plus grand mikasa réputé à Nara, faisant environ 30 centimètres de diamètre.

 les délice de Tokyo n'est pas la première incursion du doriyaki dans une oeuvre de fiction. En effet ldorayaki est la nourriture favorite de Doraemon, héros du manga éponyme. On peut donc voir ce robot en forme de gros chat bleu sans oreilles se goinfrer de dorayaki.

Les délices de Tokyo un film de Nomi Kawase

Les doriyaki n'est pas une pâtisserie "noble" au Japon. Elle appartient à la catégorie des namban-gashi, littéralement "sucrerie des barbares du sud" des gâteaux influencés par l'occident et les premiers visiteurs portugais. Dans les doriyaki, comme dans les autres douceurs japonaises, il y a beaucoup moins de sucre que dans les pâtisseries occidentales. Elles contiennent beaucoup de protéines végétales. La plupart des gateaux nippons ne contiennent ni crême ni gluten.

Deux bonnes adresses pour les pâtisseries japonaises qu'hélas pour la bonne santé ma balance, qui ne peut supporter qu'un poids limité, j'ai testées (même si les gâteaux nippons sont moins caloriques que leurs homologues occidentaux): Aki 16 rue Sainte Anne 75001 Paris et Walaku 33 rue Rousselet 75007 Paris

Les délices de Tokyo un film de Nomi Kawase

** La lèpre est attestée au Japon dès le VIe siècle. La possibilité d’une origine contagieuse est envisagée très précocement,mais les conceptions inspirées du bouddhisme font état d’une maladie dite kharmique, résultant des fautes commises dans les vies antérieures. Les malades rejoignent ainsi les confréries de mendiants aux abords des temples et des rizières. Il semble qu’à l’intérieur même de ces groupes ait également existé une discrimination.

La perspective change au XVIe - XVIIe siècle et la conception d’une maladie héréditaire s’impose progressivement. Dans la pratique, la situation des lépreux est très variable. Certains malades, rejetés par leurs familles, se trouvent condamnés à une vie d’errance et tendent à se regrouper autour de sources thermales, constituant peu à peu de véritables colonies, parfois bien acceptées par la population locale. D’autres continuent à être soignés à domicile. Quoi qu’il en soit, la notion de quarantaine, fondamentale en occident, ne joue ici aucun rôle et c’est surtout la crainte d’épouser un membre d’une famille de lépreux qui motive la discrimination.

Une loi de 1871 met fin à toutes les discriminations qui persistent dans la pratique. Les préjugés concernant l’hérédité subsistent au sein même du monde médical et bien après que la découverte de l’étiologie bactérienne, par le norvégien Hansen, ne soit connue au Japon. Jusqu’en 1895, la lèpre intéresse peu les pouvoirs publics et le gouvernement, plus préoccupé par les épidémies de choléra qui troublent l’ordre public et entraînent des émeutes, tend à négliger les maladies chroniques comme la lèpre ou la tuberculose. Dans les faits, ce sont des religieux occidentaux, comme le Français Testuide ou l’Anglaise Hanna Riddel, qui fondent entre 1889 et 1894 des léproseries. Tous ces occidentaux ont en effet été choqués par le spectacle de ces lépreux qui vagabondent avec leurs visages et leurs membres déformés par la maladie, spectacle désormais oublié en Occident.

Le dermatologue Mitsuda Kensuke, dont l’influence sur la politique du Japon en matière de lèpre ne cessera de croître, prône inlassablement la mise en place d’une quarantaine absolue. Les débats parlementaires aboutiront, en 1907, au vote d’un premier règlement pour la prévention de la lèpre. Celui-ci prévoit d’interner les lépreux surpris en situation de vagabondage dans cinq établissements publics. Les capacités d’accueil sont limitées (à peine 1000 patients pour environ 30000 malades) et paraissent bien dérisoires pour une maladie que l’on dit, à corps et à cris, plus contagieuse que le choléra.

En 1920 est créée une léproserie sur l’île de Nagashima ayant pour objectif d’enfermer 10 000 malades, rassemblés sur l’ensemble du Japon, dans les 10 ans à venir. Dans cet établissement dirigé par Mitsuda les conditions de vie ont tout du régime pénitentiaire. Sous des dehors paternalistes, Mitsuda, qui prône une structure familiale, impose une vie en autarcie avec une monnaie propre. Les patients sont assujettis à diverses corvées et subissent des châtiments corporels. L’encadrement médical et infirmier est quasi-inexistant et le personnel est en majorité constitué d’anciens policiers. On se dirige ainsi vers une quarantaine absolue, d’ailleurs consacrée par la loi qui sera votée en 1931. A la fin des années 30 les lépreux sont stérilisés.

1947 au Japon, un traitement par Promine est disponible. L’avènement de cette thérapeutique, qui va d’ailleurs transformer l’existence des lépreux et conduire à supprimer définitivement la quarantaine, ne suffit pas à mettre fin à la discrimination au Japon. Un malade traité et non contagieux reste considéré comme dangereux. Une nouvelle loi de 1948 prévoit cette fois explicitement la stérilisation des lépreux ou la pratique d’avortements thérapeutiques, ceci en dépit de la nature infectieuse de la lèpre.

Ce n'est qu'en avril 1996 que Le Parlement japonais vote l'abrogation de la loi de 1953 sur la prévention de la lèpre, stipulant l'internement obligatoire des malades. En juin 1995, une commission du ministère de la Santé avait reconnu que «le fait d'isoler les malades et d'attiser la peur malgré le caractère peu contagieux de la maladie» avait été une «grave erreur». Le milieu médical japonais fut bien obligé d'admettre à son tour qu'en approuvant tacitement cette loi il avait en fait fermé les yeux sur les progrès de la médecine. La léproserie d'Oshima Seisyoen (le Jardin des pins verts) est l'une des 15 léproseries au Japon. La plupart ont été créées au début du siècle. La France, par contraste, n'a pratiqué que des hospitalisations.  

    

Les délices de Tokyo un film de Nomi Kawase
pétales de cerisier sur la rivière, Japon, avril 2010

pétales de cerisier sur la rivière, Japon, avril 2010

Les délices de Tokyo un film de Nomi Kawase
Les délices de Tokyo un film de Nomi Kawase
hanami au parc Ueno, Tokyo, avril 2010

hanami au parc Ueno, Tokyo, avril 2010

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Le vent se lève, un film de Miyazaki (réédition complétée)

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Le vent se lève, un film de Miyazaki (réédition complétée)

Le vent se lève : Affiche du dernier Hayao Miyazaki - Affiche

 

 

C'est inévitablement avec un sentiment mélangé que nous découvrons « Le vent se lève » puisque c'est à la fois le nouvel opus de Miyasaki, peut être le plus grand cinéaste de films d'animation de l'Histoire du cinéma, et le dernier puisqu'il a annoncé, il y a quelques semaines, sa retraite.

 

Le vent se lève - Miyazaki

 

Pour ce, qui sera donc vu comme son testament artistique, le cinéaste n'a pas choisi la facilité, rien de consensuel dans cette histoire qui ne s'adresse pas vraiment aux enfants et dont le sujet est la biographie de Jiro Horikoshi, certes rêvée, le film commence par une magnifique séquence onirique qui semble une sorte d'hommage à Little Nemo. Jiro Horikoshi (1903-1982) est l'ingénieur en aéronautique qui fut le père du fameux chasseur zéro qui lors de la dernière guerre s'est illustré dans l'attaque de Pearl Arbour et qui a été l'un des avions des kamikazes. Choix d'autant plus curieux chez un homme qui clame haut et fort son pacifisme. D'ailleurs tout au long du film on a l'impression que Miyasaki est un peu géné aux entournures avec sont personnage. Il force un peu le trait sur sa bonté naturelle. Il veut absolument démontrer que ce créateur d'une arme redoutable est fondamentalement bon et quasiment pacifiste...

 

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Mais très intelligemment par des partis pris audacieux, le cinéaste montre que Jiro a gardé son innocence d'enfant. Il garde jusqu'à la fin la tête du jeune garçon qui rêvait de construire de belles machines volantes.

Eliminons d'emblée la question de l'animation, elle est sublime. Peut on faire mieux, difficile à croire. Presque tout est réalisé à l'ancienne, dessiné à la main sauf pour des objets bien particulier comme la règle à calcul et les pages imprimées des livres.

Il y a un véritable tour de force dans ce film qui est de rendre visible ce qui est invisible par essence, le vent.

Le film se divise en deux parties relativement distinctes: la jeunesse et l’apprentissage de Jiro pour son métier d'ingénieur puis son histoire d’amour avec Naoko qui va de paire avec l'apogée de sa carrière. La première est fascinante pour quelques scènes extraordinaires: le rêve de Jiro enfant, le tremblement de terre de Tokyo de 1923 et plus généralement, une description minutieuse de la vie à l’époque. Jiro vit dans un pays pauvre qui rêve de devenir l’égal des grandes puissances occidentales et il fait partie, sans en avoir conscience, de cette marche en avant qui conduira à la guerre contre les États-Unis. On voit autour de lui le pays se moderniser et s’occidentaliser petit à petit.

 

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Si à première vue le sujet surprend, il le fait beaucoup moins lorsqu'on voit le film. Miyasaki a toujours été passionné d'aviation, son père dirigeait une usine de fabrication de pièces pour les avions, ce qui peut en partie expliquer cela. Il a déjà réalisé un film centré sur l'aviation, « Porco roso » et les machines volantes font presque toujours irruption dans ses films.

L'ingénieux ingénieur, comme dirait Boris, que je fus dans une autre vie, s'est tout de même posé des questions sur la façon de travailler d'un ingénieur et d'un bureau d'étude dans le Japon les années 30. Cette représentation devrait en interloquer plus d'un qui a sué devant une planche à dessin, planche à dessin que l'on précise d'importation! En effet ces dessinateurs nippons semblent ignorer le té et de toutes manières, ils ne fixent pas leur plan sur la planche et semblent dessiner qu'avec des équerres ou des formes (appelés escargots ou pistolets dans le jargon professionnel) dans ces conditions je ne vois pas bien comment ils peuvent tracer des parallèles et des perpendiculaires. Leur table a dessin s'apparente plus à celle d'un architecte du début du XX ème siècle qu'a celle d'un dessinateur industriel. Elle n'est pas muni d'un pantographe système qui existait depuis longtemps pourtant à cette époque en Europe. Autres bizarreries ces dessinateurs sont assis face à leur planche et ils ne portent pas de blouse. A un moment on voit le héros tracer un projet de détail de l'avion, une attache sur une aile qu'il exécute en perspective comme une vue artistique, pratique qui a été utilisée en Europe au XIX ème siècle maisplus du tout sur notre continent en 1930. Je met peu en doute l'exactitude dans le contexte japonais, surtout à l'époque où se déroule le récit, de ce que je vois à l'écran dans un film de Miyasaki quand on sait le soin qu'il apporte au moindre détail, si bien que chaque décor est un régal sur lequel on voudrait faire un arrêt sur image pour complètement en profiter. Maisj'aimerais bien que quelqu'un ayant des lumières sur la vie d'un bureau d'étude au Japon dans l'entre deux guerre m'apporte quelques explications sur les points précis que j'ai soulevés plus haut.

 

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Pour tous les jeunots qui sont nés avec une machine à calculer dans leur couche, je voudrais les informer que la curieuse règle que manipule Jiro est une règle à calcul, instrument longtemps indispensable pour tout ingénieur et calculateur. Après un rapide apprentissage cet élégant boulier plat vous permettait de faire des calcul avec une célérité qui ébahissait le béotien moyen. On pouvait même en tirer des sons qui rappelaient un peu la trompette bouché et qui égayaient les entre-cours. Ah quand la nostalgie nous tient...

 

Le vent se lève - Miyazaki

 

Sans doute que beaucoup de spectateurs trouveront que Jiro est un égoïste en préférant son travail à sa femme gravement malade, ou plutôt en essayant de concilier ses deux amours son aimée et sa passion de l'aviation. C'est méconnaitre la sorte de folie créatrice qui peut envahir un ingénieur. Jiro est très représentatif de ces techniciens qui, tout emplis de leur soif de créer, le plus souvent une petite partie d'un ensemble, contrairement à la vision romantique du film où Jiro oeuvre sur un avion en entier, oublient la finalité à ce quoi il travaille. Les horreurs de la guerre et la guerre elle même ne sont montrées que dans la toute dernière séquence dans laquelle Jiro erre dans un cimetière d'avion et constate que s'ils furent nombreux à partir combattre aucun n'en est revenu... Cette attitude de fixation sur un ouvrage en ne voulant pas voir son but est des plus courante mais le public en est peu informée car tout simplement parce que la fiction en France s'intéresse bien peu au travail qui pourtant occupe beaucoup du temps de chacun. C'est beaucoup moins le cas au Japon où par exemple de nombreux mangas sont ancrés dans une activité professionnelle particulière. Pour cette bel et véridique illustration du labeur, Il faut, ne serait-ce que pour cela, remercier Miyazaki.

 

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Miyasaki démontre que l'on peut tout raconter par le biais du dessin animé. En quelques images inoubliables il évoque de grands faits de société comme la crise économique des années 30, la militarisation de son pays, la révolution industrielle qui bouleverse le Japon à cette époque, la calamité qu'était encore à cette époque la tuberculose (le roman « La montagne magique » de Thomas Mann est cité. La mère de Miyazaki était aussi tuberculeuse ce qui explique ces personnages de femmes malades dans ses films comme ici et comme la mère de « Mon voisin Totoro »). C’est une partie très émouvante et qui justifie le film à mes yeux.)... La référence à « La montagne magique » n'est pas la seule allusion littéraire européenne du film. A plusieurs reprise des personnages du film citent la phrase de Paul Valéry: << Le vent se lève il faut tenter de vivre.>>. Phrase qui donne le titre du film.

 

Le vent se lève - Miyazaki

 

Il montre l'horreur du grand tremblement de terre du Kanto de 1923 et du gigantesque incendie qui s'en est suivi qui détruisit une grande partie de Tokyo, tout ce qui était au sud du parc Ueno (sur cet événement capital qui modifia considérablement l'Histoire du Japon, on peut considérer qu'il est le déclencheur de la marche du pays vers le militarisme, il faut lire « Le grand tremblement de terre du Kantô d'Akira Yoshimura, paru aux éditions Actes sud. On ydécouvre que de nombreux Coréens furent lynchés par la foule à cette occasion et que des membres important de la gauche nippone furent éliminés à ce moment ce qui passa presque inaperçu dans le désordre ambiants...).

 

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La grande nouveauté chez Miyazaki est l'émergence d'une histoire d'amour pas trop édulcorée. Jiro rencontre une jeune fille Naoko dans le train qui le conduit pour la première fois à Tokyo. En quelques séquences lyriques très réussies Miyazaki orchestre cette tragique histoire d'amour. Encore une fois Miyazaki fait passer par l'intermédiaire de la relation entre Jiro et Naoko beaucoup de choses sur la société japonaise d'alors. On voit par exemple qu'il était mal vu qu'un homme et une femme (nos sommes dans la bourgeoisie) habitent ensemble sans être mariés. La valeur des films de Miyazaki tient beaucoup à l'importance que le réalisateur accorde aux détails et particulièrement à ceux des rapports entre Jiro et Naoko comme leur premier baiser ou la façon dont la jeune femme recouvre avec sa couette Jiro qui vient de s'allonger auprès d'elle.

 

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Si le film s'inspire de la vie de Jiro Hirikoshi, il est aussi imprégné du livre de souvenirs de Tatsuo Hori (1904-1953), écrivain et traducteur de Cocteau, dans lequel il évoque la mort de sa fiancée tuberculeuse. Une autre figure historique apparaît dans le film, celle de Giovanni Battista Caproni (1886-1957), célèbre constructeur d'avions italien qui, on l'imagine a du faire rêver Miyazaki enfant; on retombe sur l'importante prégnance autobiographique du « Vent se lève ». Caproni incarne pour notre héros une sorte de mentor paternel. A ce sujet, à part sa soeur, on ne voit jamais les parents de Jiro, en faisant une sorte de Peter Pan... Caproni (et le vent) est une figure majeure dans l'oeuvre de Miyazaki car le nom de son studio d'animation Ghibli est certes le nom d'un vent chaud du Sahara mais c'est surtout le nom d'un avion de reconnaissance italien créé par... Caproni!

 

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Le film contient de nombreuses réflexion sur la vie. Je trouve très juste cellesur le fait que les personnages soulignent qu’un homme ne peut espérer que dix années de créativité...

Le final est très mélancolique: ses Zéros ont été les avions des Kamikazes se suicider et les bombardiers américains ont ravagé son pays. Jiro n’a qu’une unique consolation: l’encouragement de Naoko à continuer de vivre. << Les avions sont des objets magnifiques et maudits avalés par l'immensité des cieux.

 

 

Le vent se lève - Miyazaki

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La bande annonce

 

Commentaires lors de la première 

Sixte04/02/2014 00:26

Comme vous j'ai remarqué la forme du
"Té dont la tête a une forme curieuse lorsque Jiro travaile chez lui"
ce qui me semble une très bonne forme pour épouser celle de la main, et peut-être aussi des inclinaisons autres que l'horizontale, qui sait ? Simplement alors, n'aurions-nous pas eu en main un
instrument d'un tel luxe.
Mais pour les règles à calcul, je crois bien (à vérifier lorsque le film sera disponible en video), je crois bien en avoir un modèle tout-à-fait semblable, un modèle allemand en bois et ivoire de
marque "Nestler". Tout cela a-t-il totalement disparu des formations et des professions que vous ou moi avons connues ?

 

lesdiagonalesdutemps04/02/2014 07:12



Très juste remarque pour le té en effet cette forme doit être agéable à la main. Vous avez vu pas de pantographe. On pourra voir en effet cela tranquillement en faisant des arrêt sur image
lorsque le film sortira en blue ray. Ce format est d'ailleurs particulièrement intéressant pour les animés.


La régle à calcul a disparu des formations voila au moins 35 ans avec la généralisation des calculatrices de poche.

 

Sixte02/02/2014 23:01

Le té est bien absent des salles de dessinateurs, mais il est présent quand le héros travaille chez lui (ce que l'on voit à trois reprises). Pour les autres détails, je n'en sais moins que vous
(mais j'ai la même expérience que vous de la planche et de la règle à calcul). Il se peut que les scènes d'atelier collectif veuillent suggérer plus une assemblée de calculateurs et de "designers"
(avant la lettre), plus qu'une réunion de traceurs et faiseurs de parallèles ???
Merci de vos articles en général, et sur les films en particulier.

 

lesdiagonalesdutemps03/02/2014 08:07



merci pour ces remarques. En effet j'avais bien remarqué le Té dont la tête a une forme curieuse lorsque Jiro travaile chez lui. Votre hypothèse est plausible mais quand on connait le souci du
moindre détail chez Miyazaki je suis surpris, comme le fait qu'il pousse ses croquis en perspective jusqu'aux détails. Les dessins techniques que l'on voit me font rappeler ceux en France de la fin du XIX ème siècle. J'en ai vu également de similaires en Angleterre qui devaient dater des années 1880. 50 ans plus tard au Japon ce type de représentation serait encore courante? Ce n'est pas impossible, le film insistant à plusieurs reprise sur le retard du pays...


 

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