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372 articles avec grandes expositions et musees

La Carlsberg Glyptotek de Copenhague

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Si le Louisiana est un musée d'été la Carlsberg Glyptotek est un musée d'hiver. Il est même distribué autour d'un magnifique jardin d'hiver, véritable agora du lieu. Le musée a été créé à la fin du XIX ème siècle par Carl Jacobsen, le fabricant de la Carlsberg.

 

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Autour de cette grande place arborée et couverte se trouve plusieurs salles consacrées à la sculpture essentiellement du XIX ème siècle et du début du XX ème siècle, nous ne serions pas à Copenhague sinon. La plupart des statues viennent de France comme ce petit pêcheur napolitain de Carpeau.

 

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Dans le jardin et aussi dans quelques salles qui le jouxtent s'y mêle des sculptures françaises et danoises du XIX ème siècle à des antiques romains et grecques.

 

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Le musicien florentin de Paul Dubois

 

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Ci-dessus le cycliste de Maillol beaucoup mieux traité que dans son propre musée parisien où on ne peut pas le photographier! Il est tout de même curieux qu'il faille aller à Copenhague pour bien voir la statuaire française du XIX ème siècle. Les habitués du musée d'Orsay reconnaitront certaines pièces, ici bien mieux mises en valeur, mais surtout en découvriront d'autres assez stupéfiantes comme cette sirène de Denys Puech (1854-1942).

 

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Stephen Sinding (1846-1922), Adoratio (Detail), !909 (1903), Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhagen, Denmark

Stephen Sinding (1846-1922), Adoration (Detail)

 

Dans ces salles, comme dans les autres, s'il ne faut pas oublier de tourner autour des statues, il ne faut pas oublier non plus de de lever les yeux.

 

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Au même niveau que le jardin d'hiver se trouve une étonnante salle de spectacle qui possède les proportions de l'intérieur d'un temple grec.

 

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Après avoir vu ces oeuvres du XIX ème à la manière antique, on peut voir une belle collection de sculptures romaines

 

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antonio-m: HylasH.W. Bissen, 1846Carlsberg Glyptotek Museum Copenhagen, Denmark

Un facétieux conservateur a assemblé en un tableau des nez et des oreilles qu'il ne parvenait pas à attribuer.

 

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Le laboratoire du musée a cherché sur quelques statues et poteries des traces de leurs couleurs d'origine et ensuite peint des copies de ces pièces de quoi voir l'antiquité radicalement différente.

 

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Plus loin un essai de confrontation de l'antique avec le contemporain ci-dessous avec une oeuvre de Louise Bourgeois.

 

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Non loin de là, une très rare statue grecque en bronze...

 

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Le musée contient également une belle exposition d'expressionnistes et post expressionniste français, mais je n'étais pas venu à Copenhague pour voir des peintres que j'admire régulièrement à Paris, j'y ai fait donc un rapide tour. J'en ai rapporté cette image d'un Bonnard, un peintre qui me rend toujours heureux... Il y a aussi de très rares peinture antique.

 

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J'ai été curieux de découvrir quelques peintres danois du XIX ème siècle qui semblaient faire tous le voyage en Italie.

 

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Christen Kobke

 

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C.W. Eckersberg

 

Quand je suis sorti, il pleuvait. A la porte du musée, il y avait ces garçons...

 

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Copenhague, Danemark, juillet 2011

 

Autres billets du blog du coté de Copenhague

 

Le Louisiana (2), près de Copenhague, l'intérieur

Le Louisiana, près de Copenhague, le jardin de sculptures

Le musée Thorvaldsen à Copenhague

 

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Le Louisiana (2), près de Copenhague, l'intérieur

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Si c'est le jardin de sculptures qui fait la célébrité du Louisiania, il serait bien dommage de ne pas pénétrer à l'intérieur, d'autant que plusieurs des dites sculptures sont surtout visibles des coursives vitrées du musée...

 

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Mais la vedette du musée intra muros est sans conteste Giacometti dont l'homme qui marche semble vouloir s'échapper dans le parc, à moins que ce soit pour plonger dans le lac qui lèche les base de la salle dans laquelle il se promène.

 

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Un très beau Bacon, mais y en a t-il d'autres? tient compagnie au célèbre marcheur.

 

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On trouve également des peinture et en particulier celles des artistes locaux célèbre comme Kirkeby (que j'avais toujours imaginé étant américain dans ma grande ignorance), ci-dessus et Asger Jorn, ci-dessous... La collection possèdent également des Mortensen mas ils n'étaient pas visible lors de ma visite. Comme beaucoup de musées la collection excède de beaucoup les possibilités d'accrochage d'autant qu'il y a au Louisiania un grand souci du "confort" des oeuvres. 

 

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Dans une vaste salle une des grandes toile de la série du Grand Canon de David Hockney occupe presque tout le mur du fond... avec à sa droite (sur la photo) le Kirkeby et à sa gauche un paysage de Peter Doig dont on a pu voir, il y a quelques mois une rétrospective au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, et en face de lui un crucifié de cuir... 

 

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Dans une autre salle un Lichtenstein se mirait dans une longue vitrine...

 

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Je connaissais une peinture de Malcolm Morley de facture plus classique que ce travail alliant hyperréalisme et peinture narrative qui je l'espère pour la cité des anges ne sera pas prémonitoire...

 

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Les tableaux à Louisiana respirent. Ils ont de la place. Le parti pris du musée n'est pas la quantité mais la qualité. L'accrochage parvient non seulement à les mettre en valeur, à les faire dialoguer avec la fastueuse nature qui est presque toujours visible lorsque l'on admire une toile, mais aussi à les faire dialoguer entre eux. D'autre comme ce Lam se découvre presque subrepticement en tournant dans un couloir.

 

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Puis dans une salle un des plus beaux Guston qu'il m'ait été de voir, est mis en majesté.

 

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Comme vous pouvez le voir sur mes photos, il n'y a pas à Louisiana que de la peinture et de la sculpture mais aussi des installations et de la photographie comme ce détournement de l'image de la petite sirène par Elmgreen & Dragset dont je venais de voir le jubilatoire traitement qu'ils ont fait subir aux statues de Thorvaldsen (voir à ce sujet le billet que j'ai consacré à cette exposition: Une relecture de Thorvaldsen par Elmgreen & Dragset ).

 

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Ou ce grand tirage du photographe chinois Wang Qingsong, nommé "Dormitory" qui met en scène un dortoir imaginaire mais qui se veut une dénonciation des conditions de vie de nombreux travailleurs chinois (N'ayant pas le recul nécessaire j'ai photographié deux morceaux de cette grande image, regardez bien en détail, les références de toutes sortes y abondent).

 

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Quant à lui, le dessin est représenté par un artiste lithuanien dont je n'avais jamais entendu parler mais qui, dans une oeuvre saisissante, entre l'installation et la bande dessinée, évoque les horreur qu'ont connu ses compatriotes durant la dernière guerre.

 

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Non seulement le Louisiania fait tourner sa collection permanente mais organise aussi des expositions temporaires cet été il y en a trois une sur l'architecture où malheureusement je suis passé un peu vite mais j'ai tout de même examiné et photographié la maquette d' un immeuble qui serait actuellement en construction à New-York (si un visiteur peut me confirmer cette information ce serait bien aimable).

 

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Il y avait surtout une vaste rétrospective des oeuvres sur papier de Josef Albers, un maitre de l'abstraction froide, célèbre notamment pour son art d'accommoder le carré... Mais il ne faudrait pas réduire cet artiste à cette dextérité. Comme toujours ce genre d'oeuvre m'a apporté la sérénité... 

 

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C'est avec plaisir que j'ai retrouvé l'exposition des oeuvre de David Hockney sur ipad et iphone que j'avais vu il y a quelques mois à la fondation Yves Saint-Laurent auquel j'avais consacré alors un billet qui malheureusement a été écrasé lors de la suppression inopinée de mon précédent site. L'exposition que présente le Louisiana est encore plus riche que celle qui était à paris puisque l'artiste a continué à oeuvrer sur ipad. Dans une vidéo qui est projeté on voit Hockney réaliser sur son ipad le dessin de la sculpture de Calder qui est face au restaurant du musée. Le jour où Hockney y était il pleuvait et il a réalisé son oeuvre à l'intérieur du restaurant d'ou on a une très belle vue que je vous ai montrée dans le précédent billet consacré au Louisiana.

 

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Voilà ce que j'écrivais, il y a quelques semaines en sortant de l'exposition "Fleurs fraiches de David Hockney à la fondation Bergé, sise à Paris.
Hockney me permet de découvrir ce lieu d'exposition à la fois luxueux et modeste en taille, deux grande salles. L'exposition proprement dite n'a en fait lieu que dans la première,  et se divise en trois pôles. C'es un film qui retient tout d'abord notre attention. Il faut visionner à mon avis avant d'en voir plus. Il est projeté sur un grand écran, disposé en hauteur,  juste  en face la porte d'entrée. On y voit Hockney "peindre" avec son doigt une vue de Paris sur un ipad. Cet époustouflant exercice n'est pas sans rappeler dans sa mise en forme le fameux film de Clouzot dans lequel on voyait Picasso à l'oeuvre, dessiner sue verre. Ce clin d'oeil n'est pas innocent quand on connait l'admiration qu'Hockney a toujours porté à Picasso. On ne peux que constater la virtuosité de David Hockney, aujourd'hui, presque un vieux monsieur, mais toujours malicieux et élégant et surtout talentueux.
Toujours dans cette même salle, les oeuvres sont scindées en deux parties selon le support sur lesquelles elles ont été exécutées des iphone ou des ipad.
La deuxième salle est vouée à la projection sur un grand écran des oeuvre qui sont par la force des choses en raison de leurs supports sont des petits formats et qui par ce subterfuge sont visibles en grand. Elles apparaissent sous forme de triptyque. On peut ainsi encore mieux se rendre compte de leur qualité graphique. J'ai réalisé la plupart des images qui illustrent ce billet en photographiant cette projection.
Les iphone sont disposés sur un grand panneau rectangulaire alors qu'une vingtaine d' ipad sont alignés sur un long mur. Chaque appareil plusieurs dessins l'un après l'autre, d'après le dossier de presse 200, je ne les ai pas comptés. Sur deux de ces ipad on voit, grâce à un logiciel, leur dessin se faire puis se défaire.
Je parlais de luxe en commençant mon billet, je voudrais souligner combien le visiteur est bien traité, à la seule restriction près qu'est l'habituelle hélas, interdiction de photographier et l'absence de catalogue (il devrait arriver ultérieurement). Le commissaire de cette réussite est Charlie Scheips. La scénographie minimaliste mais impeccable est conçue par l'architecte new-yorkais Ali Tayar dont l'installation s'inspire en partie du studio de Hockney en Angleterre dans le Yorkshire. Tayar a réinterprété la banquette française néo-classique qui permet aux visiteurs de s’asseoir (très confortablement) pour contempler dans la deuxième salle, les projections des images.
On peut avoir une bonne idée de la géographie et de l'esthétique de l'exposition en  cliquant iciEn outre on y entend David Hockney s'expliquer sur cette nouvelle pratique et surtout dessiner sur un ipad.
Si l'extraordinaire virtuosité d'Hockney n'est bien sur pas une révélation, on en a eu la preuve dés ses premières expositions, je me souviens de la magnificence de grands dessins au crayon exposés jadis à la galerie Claude Bernard, on est tout de même étonné de sa capacité à se renouveler, sans jamais se renier, tant pour les sujets que surtout en ce qui concerne les mises en oeuvre de son travail.
Ce qui est très fort chez Hockney, c'est que chacune de ses expérimentations successives ne fait que mettre plus en évidence les qualité de son art. Dans le cas de ces nouveaux supports que sont l'ipod et l'ipad, ce sont ses couleurs qui chantent plus que jamais, valorisées pas la luminescence des écrans, vitraux moderne! Leur joie fait penser aux meilleures compositions de Dufy. La visite de l'exposition à la fondation Bergé est un grand bol d'optimisme.
Le titre, "Fleurs fraiches" rend bien l'idée de cadeau qu'est cette exposition dans la grisaille de l'automne. Il est néanmoins réducteur, car il faut remarquer qu'au delà des bouquets, cactus et autres natures mortes qui ne sont jamais plus vivantes que sous... son doigt, thèmes déjà explorés par l'artiste, le plus nouveau chez Hockney, chez qui, il y a toujours du nouveau et pas seulement par le médium utilisé, sont d'abord l'angle de vue des paysages, en légère plongée d'une fenêtre, comme chez Marquet et surtout par leur choix, comme ces vues de toits de banlieue avec grue...
Comme je ne pourrait pas mieux dire la raison pour lequel cette exposition m'a stimulé intellectuellement, je reproduis tel quel un extrait de l'article que Philippe Dagen a consacré à Fleurs fraiches dans Le Monde: 
"...L'un des plaisirs du jeu tient aux anachronismes et aux hybridations stylistiques que David Hockney cultive avec délectation. Sur son écran dernier modèle, il dessine du bout des doigts, comme un peintre de la préhistoire dans sa grotte, et dans un style et des couleurs qui étaient celles du postimpressionnisme et du fauvisme au début du XXe siècle. Les époques se mélangent et l'artiste prend plaisir à réussir ses cocktails de références savantes."
Ce qui est toujours passionnant chez cette artiste, c'est la constante remise en question de son travail et la grande intelligence de sa réflexion sur celui-ci. Dans la petite brochure qui est disponible dans l'exposition, on lit combien chaque nouvelle aventure artistique lui fait approfondir le questionnement sur son art et combien celui-ci est varié. Sur la diffusion de sa production:  "Lorsque j’ai commencé à dessiner sur iPhone, j’ai tout de suite compris que c’était un nouveau médium mais qu’il constituait aussi une manière complètement inédite de diffuser des images ... si elles sont imprimées sur papier, elles perdent leur luminosité et une grande partie de leur intérêt... Pour l’heure, je me contente de donner les dessins en les envoyant par mail. Comme beaucoup de gens, je n’ai pas encore trouvé le moyen de me les faire payer. Mais comme ils donnent beaucoup de plaisir à mes amis, quelle importance ?"
J'ai lu quelque part que David Hockney était un artiste post moderne, rien ne me parait plus faux. Hockney réinvente sans cesse son art par ses pratiques, les format, nous avons affaire ici à des miniatures, alors que la précédente exposition du peintre que j'ai vu au Centre Pompidou était remarquable entre autres par ses grands formats, mais aussi par les sujets qu'il aborde tout en assumant toute l'histoire de l'art. 
La légende veut de la genèse de cette manifestation que David Hockney ait découvert l’application Brushes sur son iPhone il y a un peu plus de deux ans, et qu’il ait envoyé régulièrement des "fleurs fraîches" sous forme de dessin à ses amis par cet intermédiaire. Parmi eux, Pierre Bergé, ce dernier est  tellement enthousiaste qu’il persuade David Hockney, lors d’un déjeuner à Paris, d’organiser la première exposition d’œuvres numériques de l’artiste. 
Hockney s’est engagé à envoyer régulièrement des "fleurs fraîches" à la Fondation Pierre Bergé – YSL. Pour renouveler en temps réel les œuvres exposées. 
La visite sur le site de l'artiste, c'est ici, nous offre une extraordinaire visite virtuelle.
Je voudrais terminer l'évocation de cette belle exposition par un extrait du texte de David Hockney du fascicule donné avec le billet, les habitués du blog ne seront pas surpris:
"J'ai toujours prôné la pratique du dessin. Apprendre à dessiner, c'est apprendre à regarder, et apprendre à regarder ne fait de mal à personne!"  

 

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Louisiana

WWW.louisiana.dk

Gl. Strandvej 13

Humleboek (35 km au nord de Copenhague)

 

pour y aller le plus simple est de prendre le train à la gare centrale de Copenhague (c'est la même ligne qui dessert l'aéroport mais dans le sens inverse). La durée du trajet dans des wagons confortables est de 35 mn, il y a des trains toute la journée espacés d'environ 20 mn. Il faut descendre à la station Humlebaek. Ensuite 10 mn de marche dans cette banlieue balnéaire cossue et campagnarde de Copenhague. Il suffit de suivre les pancartes. Le musée ouvre à 11heure et il faut bien la journée pour bien en profiter.  

 

 

Autre billet du blog consacré au Louisiana

Le Louisiana, près de Copenhague, le jardin de sculptures 

 

Autres billets du coté de Copenhague

Le musée Thorvaldsen à Copenhague

Une relecture de Thorvaldsen par Elmgreen & Dragset


 

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Le Louisiana, près de Copenhague, le jardin de sculptures

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Il y a des musées d'hiver pour se réchauffer l'âme et l'oeil les jours de froidure et d'autres auquel il faut consacrer une journée d'été pour pleinement en jouir, le Louisiana est de ceux là. Il est né de la volonté d'un richissime homme d'affaire, Knud W. Jensen qui acheta en 1954 la villa dont le nom restera celui du musée. Celle-ci datait du XIX ème siècle et était érigée dans un parc en bord de mer et arboré d'essences rares. Le musée sera agrandi jusqu'en 1991 pour avoir l'aspect qu'il a aujourd'hui, ces ajouts réalisés sur plus de trente ans sont homogènes car confiés au même architecte, et que j'ai eu la grande joie de découvrir le mois dernier. L'idée de Jensen était de faire un musée dans lequel le spectateur se trouverait aussi bien que l'oeuvre qui, elle devait dialoguer avec la magnifique nature qui l'entourerait.  On devait pouvoir voir la majorité des pièces de la collection de l'intérieur du musée vers l'extérieur. Cela tombait bien car comme dans tous les musées danois que j'ai pu voir c'est la sculpture qui est mise à l'honneur, le Louisiana ne fait pas exception à la règle avec le "Sculpture Park" d'où la nécessité d'avoir beau temps pour profiter de ce lieu enchanteur d'où l'on aperçoit les rivages de la Suède voisine. 

 

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Dans ce cadre idéal, où l' implantation de chaque pièce a été murement réfléchi pour que l'oeuvre soit mise en valeur et puisse dialoguer avec la nature, nous avons en nous promenant un bon et beau panorama de la sculpture de la deuxième moitié du XX ème siècle avec des pièces majeures pour la plupart des sculpteurs. C'est le cas de Arp avec ces cinq pures abstractions, que l'on peut voir immédiatement ci-dessus.

 

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Jensen qui ne manquait pas de moyens allais voir des sculpteurs comme Dubuffet et Moore pour leur commander des oeuvres dont le parc pouvait être l'écrin idéal, comme pour les superbes bronzes de Moore , ci dessus, ou le Dubuffet que l'on voit surtout bien de l'intérieur, ci-dessous

 

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C'est atablé à la terrasse très agréable du restaurant que l'on peut le mieux admirer les imposants assemblages de Calder que les mouettes utilisent comme perchoir.

 

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D'autres artistes ne sont représentés que par une sculpture comme Max Bill proche de l'esthétique de Arp.

 

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Plus loin des seins abandonnés de Louise Bourgeois, en fait ce serait des yeux.

 

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Une incursion dans la sculpture d'avant guerre avec Henri Laurens que l'on aperçois derrière le Arp de la deuxième photo en partant du haut. Très joyeuse est la statue de Max Ernst.

 

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Tout comme celle de Miro

 

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Tout en haut d'une belle pente herbeuse qui mène à la mer, on surplombe un assemblage de Joel Shapiro.

 

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Au détour d'un chemin une pierre suspendue de Nobuo Sekine

 

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Au tournant d'un couloir une ouverture sur une suite d'Henry Heerup


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Copenhague, juillet 2011hhhh

 

Il y a encore dans ce jardin extraordinaire des oeuvres de George Trakas, de Richard Serra (que je n'ai pas vu car je n'ai pas pris ce raidillon en bord de mer), de Per Kirkeby, de Dani Karavan, de Bryan Hunt, de Gunther Frog ext... mais je ne les ai pas photographiées du moins au premier plan. 

 

Louisiana

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Gl. Strandvej 13

Humleboek (32 km de Copenhague)


Autres billets du coté de Copenhague

Le musée Thorvaldsen à Copenhague

Une relecture de Thorvaldsen par Elmgreen & Dragset

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Le musée Thorvaldsen à Copenhague

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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autoportrait de Thorvaldsen

 

Je ne sais pas si c'est Thorvaldsen qui donna le goût aux danois de la sculpture ou si c'est parce qu'il avait déjà se goût que cet extraordinaire artiste a pu s'épanouir dans ce pays où tout amateur de sculpture du XIX éme siècle doit impérativement se rendre. En trois musées, le Thorvaldsen, le Carlsberg et le Louisiania il pourra voir un panorama presque exhaustif de la sculpture, de néo classique Thorvaldsen à Richard Serra en passant par Dubois Carpeaux, Rodin, Arp, Miro, Moore et quelques autres ne manque à l'appel guère que la sculpture cubiste et Brancusi...

 

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Aucune sculpture de Thorvaldsen n'est visible en France, une indéniable lacune pour le musée d'Orsay. La gloire de l'art danois est, en partie pour cette raison, bien mal connue en France. Voici donc une rapide biographie de cet étonnant artiste dont l'homo-érotisme de nombreuses de ses oeuvre me semble évident.

 

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Thorvaldsen est né à Copenhague dans une famille danoise / islandaise d'un milieu modeste son père était un sculpteur sur bois. Il faisait des sculptures décoratives pour les grands navires et a grandement influencé Thorvaldsen dans son choix de devenir sculpteur. 

 

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Le garçon entre à l'âge de 11 ans à l'Académie royale des beaux-arts, où il remporte tous les prix. La nuit, il aidait son père dans son travail de sculpture sur bois. Parmi ses professeurs se trouvaient Nicolai Abildgaard et Johannes Wiedewelt , qui sont ses influences probables dans son orientation vers néo-classissisme.

 

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Bénéficiaire d'une bourse royale, il se rend en 1797 à Rome. Il a vécu sur la Via Sistina en face de la Place d'Espagne. Il avait son atelier dans les écuries du Palazzo Barberini . A son arrivée Il a été pris sous l'aile de Georg Zoega, un danois Archéologue et numismate qui vivaient à Rome. Zoega a veillé à ce que le jeune Thorvaldsen acquiert une bonne connaissance de l' arts antique. Chez son protecteur il rencontre Anna Maria c. Uhden, né Magnani. Elle avait travaillé dans la maison de Zoega comme servante et avait épousé un archéologue allemand. Elle devient la maîtresse de Thorvaldsen, en 1803 elle a quitte son mari pour le jeune sculpteur. En 1813, elle  donne naissance à une fille, Elisa Thorvaldsen.

 

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Sa première œuvre d'importante est une statue de Jason qui lui vaut les éloges d'Antonio Canova. Cette oeuvre est emblématique de son style qui idéalise la figure masculine. Pour son Jason il s'est inspiré du sculpteur grec Polyclète.  En 1803, le riche collectionneur britannique Thomas Hope lui commande une version en marbre du Jason : c'est le début du succès. Il réalise également les bustes des deux fils du mécène. Thorvaldsen ne quittera pas l'Italie pendant 16 ans.

 

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En 1819, il effectue une visite au Danemark où il reçoit commande d'une série colossale du Christ et les douze apôtres, pour la cathédrale de Copenhague qui avait été détruite lors du bombardement britannique de 1807. Ce Christ sera la représentation typique du xixe siècle. Elle sera parmi les statues les plus copiées. On peut voir dans le musée les modèles en plâtre du groupe (immédiatement ci-dessous).

 

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Il revient définitivement au Danemark en 1838, où il est reçu en un héros national. 

 

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Thorvaldsen meurt subitement en 1844. Son testament comprend un legs important pour l'édification d'un musée à Copenhague, destiné à recevoir sa collection personnelle ainsi que les modèles de ses œuvres. Son corps repose dans la cour de ce musée, sous un parterre de roses, conformément à ses vœux. À Rome, il avait remarqué le sculpteur irlandais John Hogan et fit à son égard cette remarque flatteuse : « Le meilleur sculpteur après moi que je laisse à Rome ».

 

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En son temps, il était considéré comme le successeur de Canova , mais son adhésion stricte aux normes classiques a tendance à l'éloigner de la sensibilité moderne. Parmi ses plus célèbres œuvres est une statue de Jason l'Argonaute, son Christ , et le monument du tombeau du pape Pie VII , seul travail réalisé par un non-Italien à se trouver à Saint Pierre de Rome , les statues de Nicolas Copernic et de Józef Poniatowski sont à Varsovie , et celle de Maximilien Ier est à Munich . On peut voir les modèles de plusieurs de ces grandes réalisation dans une des salles du rez de chaussée du musée.

 

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A Lucerne on peut voir Monument du Lion (1819) . Ce monument commémore le sacrifice de plus de six cents Gardes Suisses qui sont morts en défendant les Tuileries pendant la Révolution française . Le monument représente un lion mourant couché en travers des symboles brisés de la monarchie française.

 

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Thorvaldsen a une influence mondiale sur la sculpture jusqu'en Espagne comme le montre l'oeuvre de Damian Campeny (1771-1855). En voyant ses sculptures équestres on ne peut que constater que son héritage est perduré jusqu'à Arno Breker.

 

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Le peintre Vilhelm Eckersberg (1783-1853) a fait un portrait de Thorvaldsen qui se trouve au Musée de Copenhague, cette œuvre a une grande importance dans l'histoire de la peinture danoise. Horace Vernet fit également un portrait de lui et il passa commande de sujets orientalistes à William Wyld (1806-1889 le jeune protégé de Vernet, lors du 1er séjour en Italie de celui-ci en 1834.

 

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A sa mort Il légua une grande partie de sa fortune pour la construction et la dotation d'un musée à Copenhague, Il a laissé des instructions précise pour le remplir avec toute sa collection d'œuvres d'art et ses modèles pour toutes ses sculptures. Thorvaldsen est enterré dans la cour de ce musée, sous un lit de roses, selon son souhait.

 

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 Le musée offre un panorama complet de l'art de Thorvaldsen ses grandes statues à l'antique, ses hauts et bas reliefs, ses portraits et les modèles de ses statues monumentales mais l'autre intérêt de ce musée est sa muséographie. Chaque grande sculpture de marbre se détachent sur un fond coloré dans des tons à l'antique.

 

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On peut voir une version en bronze de la statue en marbre de son Hercule à quelques mètres du musée.

 

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Si Thorvaldsen prend souvent son inspiration dans la mythologie et la littérature grecque, il peut comme pour ce berger et son chien choisir des sujets plus triviaux même s'ils sont traités à l'antique.

 

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Les récits bibliques sont aussi une des sources de son inspiration.

 

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Le clou du musée est certainement le groupe montrant Ganymène abreuvant Zeus qui avait pris l'apparence d'un aigle pour l'enlever. Mais la victime dans la représentation de Thorvaldsen ne semble pas en vouloir à celui qui l'a enlevé.

 

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Moins célèbre que ses grands marbres, ce sont peut être dans ses bas et hauts reliefs que la virtuosité de Thorvaldsen est la plus évidente.

 

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Bertel Thorvaldsen, Chiron and Achilles, Executed after death from original plaster model 1888-1890, Thorwaldsen Museum, Copenhagen Despite his dual nature, half horse, half man, the centaur Chiron was a profoundly sympathetic - indeed actually learned - creature. The god of medicine Aesculapius had derived his knowledge from Chiron, and the hero Achilles had been taught to play the lyre by him. In this relief, Chiron is teaching Achilles to throw a spear. (Source.) 

 

Il ne faut pas oublier de lever la tête pour admirer les copies de décors romains.

 

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Le bâtiment du musée est en lui même intéressant. C'est un pastiche réussi d'architecture antique mélangeant influences grecques, romaines et égyptiennes.

 

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Outre les sculpture du maitre le musée expose également, au premier étage, la collection de peintures de l'artiste, essentiellement  due à ses amis danois. Ce qui vaut de belles surprises aux visiteurs.

 

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tableau de Franz Catel

 

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Socrate et Alcibiade de Vilhelm Eckersberg

 

A cet étage on trouve parmi les toiles quelques oeuvres de Thorvaldsen.

 

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Au premier les galeries qui entourent la cour intérieure proposent de belles perspectives des modèles dont on a vu nombre d'originaux au rez de chaussée.

 

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L'extérieur du musée est décoré de peintures montrant les différentes phases nécessaires à la réalisation d'une statue.

 

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Copenhague, juillet 2011

 

Autre billet du coté de Copenhague

Une relecture de Thorvaldsen par Elmgreen & Dragset

 

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 "Scène de plage" (le baron Stampe et ses deux fils), photo Renaud Camus

 

 

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Une relecture de Thorvaldsen par Elmgreen & Dragset

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Elmgreen et Dragset sont un peu les Pierre et Gilles ou les Gilbert et George danois plus par leur dérision post moderne de leur démarche que par la nature des oeuvres. Par commodité j'ai classé ces deux artistes dans la catégorie des photographes ce qui est très réducteur, j'en suis bien conscient. Elmgreen et Dragset ont eu l'idée d'adjoindre un accessoire moderne ou de vêtir partiellement quelques statues du sculpteur danois du XIX ème siècle, Thorvaldsen pour en faire ressortir l'érotisme puis ils ont photographié les sculptures ainsi attifées et tiré les images obtenues en grand format. Elles sont en outre remarquablement mis en situation dans cet étonnant musée dont je vous reparlerai.  

 

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Copenhague, juillet 2011

 

Exposition au musée Thorvaldsen de Copenhague jusqu'au 29/01/2012 

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LICHTENSTEIN à la pinacothèque de Paris

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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En raison d'une censure aussi inique qu'inopinée mon précédant blog a subitement disparu de la toile, victime du politiquement correct et de l'hypocrisie bigote, sans me prévenir. Pour cette raison certains billets dans leur forme initiale ont disparu à tout jamais en particulier ceux liés à des évènements ponctuels. Trouvant dommage qu'il n'y est plus de trace des expositions que j'ai visitées naguère, je me propose de réintroduire dans ce blog les photos que j'ai prises de ces évènements  ou des articles que j'ai écris ces derniers sont republiés dans leur état initial.

 

 

L’exposition de l’artiste américain à la pinacothèque de Paris, nouveau lieu pour l’art dans la capitale, est salutaire car on peut penser qu’elle va aider Lichtenstein (1923-1997) à se sortir du préjugé dont il est victime dans le monde de l’art contemporain européen qui ne le considère guère que comme un copiste agrandissant des cases de médiocres bandes-dessinées. Son statut, à juste raison, est tout autre outre Atlantique où il est tenu pour l’un des grands noms, peut être le plus grand, du pop-art (www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-pop_art/ENS-pop_art.htm). Le grand galeriste Léo Castelli (http://fr.wikipedia.org/wiki/Leo_Castelli), qui le lança au tout début des années 60, le mettait plus haut que Warhol. Contrairement à ce dernier, Lichtenstein ne s’est jamais inspiré de photographies mais de dessins ou de peintures et quelques fois de sculptures. Cette exposition nous révèle, malheureusement pas complètement, en raison de la provenance des œuvres, presque toutes issues de collections privées, quel prodigieux collectionneur d’images était Lichtenstein. La qualité première de cet artiste est son ouverture d’esprit allant de paire avec une acuité du regard et une mémoire visuelle exceptionnelle. En cela on ne peut le comparer qu’à Picasso qui fut sa grande admiration et en définitive sa plus grande influence, comme il l’expliquait en 1993 à un critique d’art: << Je ne me suis jamais défait de ma première influence, le cubisme de Picasso, et pourtant j’ai passé ma vie à essayer de m’en détourner. Je pense que ça été l’influence la plus importante du XX ème siècle. Tant que je n’avais pas “fait” un Picasso, je n’ai pas pu me sentir libéré de son emprise, même si par certains aspects je reste toujours influencé par le cubisme.>>. Autre point commun avec Picasso son incontestable talent de dessinateur. On peut regretter, connaissant ses esquisses et ses premiers tableaux qu’il ne se soit pas plus libéré de ses modèles pour laisser libre son inspiration. 

 

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Tôt, dés 1961, il a trouvé sa manière, construit sur l’imitation de l’image imprimée. Il n’en dérogera pas. Elle se distingue par l’ utilisation d’une gamme limitée de couleurs, presque toujours primaires, un "cernage" des sujets par un large trait noir, obtenu à l’aide de rubans adhésifs, une mise à distance de tout naturalisme par l’utilisation de trames et de couleurs franches apposées sur la toile en à plat d’ où sont banni tous dégradés de couleurs. 

A partir de là, il est stupéfiant de constater l’étendue et la diversité des artistes que Lichtenstein a passé à la géniale moulinette de son style re-créatif. De salle en salle nous découvrons ses relectures de Van Goght, Matisse, Picasso, Brancusi, Cezanne, Monet, Hergé, mais aussi de la statuaire antique et bien sûr de la bande dessinée américaine. Mais une rétrospective (que fait Beaubourg!) nous aurait montré son compagnonnage avec d’autres créateurs, Dubuffet, Braque, Léger, Millet, l’abstraction géométrique... Mais malgré cette déclaration, dans laquelle se résume tout le postmodernisme: << Généralement, quand ils dessinent, les artistes ne voient pas réellement la nature telle qu’elle est. Ils y projettent ce qui leur a été transmis par d’autres personnes. >>, Lichtenstein ne s’est pas contenté de regarder ses pairs. Il a ouvert sa fenêtre et a contemplé la nature, le ciel, la mer, les nuages pour les retranscrire sur la toile à l’aide de trames, de pointillés, de hachures ou de papier d’argent capturant la lumière. Parfois à l’étroit dans les deux dimensions de la toile il a osé le volume, jouant du trompe l’oeil, du vide et des miroirs.

 

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Lichtenstein est adepte de la théorie du musicien John Cage (http://mac-texier.ircam.fr/textes/c00000014/) comme quoi, presque tout peut être à l’origine d’un tableau selon le précepte que les choses du quotidien possèdent aussi une signification esthétique, que le monde est un chef d’oeuvre dans lequel toutes les choses ont leur part même les plus humbles. L’influence de John Cage fut prépondérante sur Rauschenberg et surtout sur Jasper Johns, mais aussi sur Lichtenstein qui peignit des tableaux intitulés, Câble électrique, Friteuse, chaussette... Lichtenstein ne veut pas par ces dessins critiquer la société de consommation mais représenter des objets de la façon la plus prosaïque qui soit. Les théories formulées par Cage sont la source en Europe d’une oeuvre comme celle de Klassen (http://www.peterklasen.com/). Ce pan du travail de Lichtenstein est malheureusement absent de l’exposition de la Madeleine dont le seul défaut est sa brièveté.

 

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Il avait cette particularité et cette force de pouvoir apprécier un Cezanne et une publicité vue sur un quotidien. Il ne faudrait pas néanmoins penser qu’il les mettait sur un même plan. On peut tout de même supputer que le fait que Lichtenstein connaisse surtout les chef-d'œuvre de la peinture par leur reproduction imprimée l’est inconsciemment incité à faire une sorte d’équivalence de toutes les images qui lui arrivaient sous les yeux.

Au sujet des emprunts de Lichtenstein à la bande dessinée, David Barsalou, un professeur d’art plastique, pour son projet Deconstructing Lichtenstein,  a passé ses vingt-cinq dernières années à étudier l'art de Roy Lichtenstein. Il a dépouillé plus de 30 000 comics pour retrouver les vignettes dont l'artiste pop s'est inspiré pour ses peintures. En décembre 2002, il a exposé, à la Gallerie Arno Maris (Massachusetts), des agrandissements de ces cases pour donner l'impression qu'il s'agissait des toiles de Lichtenstein! Aujourd'hui, son site (http://davidbarsalou.homestead.com/LICHTENSTEINPROJECT.html) offre une confrontation directe entre les cases des comics, publiées entre 1961 et 1965, et les peintures de Lichtenstein. Pour de plus amples informations sur ces emprunts, on peut aussi visiter le site Image Duplicator, mis en place par la Fondation Roy Lichtenstein, à l’origine de l’exposition de la pinacothèque, sur lequel est recencé toutes les oeuvres du peintre américain.

 

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Si on peut à la rigueur penser que le souci de faire entrer des sujets vernaculaires dans le grand art n’est pas étranger à une démarche politique par contre on peut constater, alors qu’il est un parangon du retour au figuratif, que jamais Lichtenstein a eu la volonté de délivrer un message politique ou idéologique par le truchement de sa production, tout le contraire d’un Erro (www.louiscarre.fr/artistes/erro) dont le rendu le rapproche de Lichtenstein bien qu’il emploie des moyens très différents.

Le peintre veut seulement comme beaucoup d'artistes que le passant devant sa toile il se laisse porter par la beauté des images (on y est sensible ou pas), par plaisir intellectuel qu'elle procure ici stimulé par le choc de ses sources hétérogènes. Je crois que comme un bon nombre de peintres et j'en ai bien connu plusieurs, Lichtenstein comme Picasso était un fou d'images aussi doué pour le dessin que pour le "bricolage" ce qui lui a permis de se construire un monde plus beau que celui auquel il était confronté au quotidien, une sorte de fuite du réel par la construction d'un autre environnement. Le.s 25 dernières années de sa vie aidé par des assistants il ne faisait presque rien d'autre que peindre et dessiner...

 

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Si l’artiste était aussi très attentif aux créateurs célèbres et aux plus utilitaires des objets, il l’était aussi aux graphismes des réclames dans la presse comme aux jaquettes des romans et aux bandes dessinées; mais c’est peut être sa relecture des catalogues d’ameublement qui a été le point de départ, avec la série des intérieurs, de ses œuvres les plus accomplies. Cette recréation d’un espace, à vivre idéalisé, offre des télescopages jubilatoires de ses sources dont l’évidence est renforcée par le judicieux accrochage de l’exposition. Le carambolage le plus extraordinaire entre créateurs est peut être celui du tableau de 1993, intitulé Tintin reading, dans lequel on voit tintin, danÜs son salon, assis dans un confortable fauteuil en cuir, lisant  le journal sur le mur derrière lui est accroché le tableau de Matisse, la Danse, sur une chaise la casquette abandonnée du capitaine Haddock. Il me plaît, à propos de ce dernier détail, d’imaginer une vie conjugale entre l’adolescent à la houppette et le barbu capitaine, thème exploité de nombreuses fois dans les albums pirates érotiques du petit reporter.  Il est amusant de noter que ce n’est certainement pas un tableau de Matisse qu’Hergé, s’il avait attribué ses goûts picturaux à son héros, aurait mis au mur de tintin, mais plutôt une oeuvre abstraite minimaliste. Dans la propre histoire de tintin, Lichtenstein joue avec la chronologie. Le kriss malais qui traverse la scène vient des Cigares du pharaon. La scène de lecture du journal appartient à la période pré Moulinsard en contradiction avec la casquette oubliée d’ Haddock. On voit par cet exemple combien les images de Lichtenstein sont propices à la pérégrination intellectuelle. Mais ne soyons pas non plus naïf, le lucre n’était jamais absent de la démarche du peintre. Ne confiait-il pas, avec beaucoup de candeur, à son confrère anglais Richard Hamilton qu’il reproduisait aussi ce qui lui paraissait commercial...

 

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Il faut rendre hommage à la scénographie de l’exposition et encore plus au catalogue de celle-ci pour le talent avec lequel ils expliquent la longue élaboration d’une oeuvre, n’hésitant pas à nous le montrer au travail, son chevalet bien particulier est même exposé. Chaque tableau est accompagné par non seulement un ou plusieurs des dessins préparatoires mais aussi par la case de bande dessinée ou la photographie de l’oeuvre qui en a été le point de départ. L’exposition a un intitulé trompeur, Lichtenstein évolution tout d’abord le peintre américain n’est pas un de ceux dont les œuvres du début de sa carrière, dés l’instant qu’il eut trouvé sa manière, sont les plus différentes de celles de la fin, mais surtout parce que la plupart des tableaux exposés ont été peints dans la dernière décennie de sa vie, ce qui ne permet pas d’avoir une juste idée de son évolution, n’étant pas représentative de toute son activité artistique. Nommer cette manifestation, Lichtenstein l’ apogée, aurait été plus près de la réalité.

 

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Je me permet de faire un aparté dans cette modeste chronique pour dénoncer l’interdiction systématique de photographier dans les expositions et les musées. Il est insupportable d’être, lorsque l’on se rend coupable de ce crime, au mieux d’être admonesté comme un petit garçon par un gardien vétilleux, au pire d’être menacé d’expulsion par un malabar dont on peut raisonnablement penser que la conservation du patrimoine artistique n’est pas sa principale préoccupation. Cette interdiction n’est dictée que par un un vil souci de mercantilisme mal compris. Pour ma part photographier n’exclut pas l’achat du catalogue dans lequel les reproductions des œuvres seront toujours d’une bien meilleure qualité que les images que je pourrais produire avec mon appareil photographique; mais cette interdiction me prive de garder un souvenir des mise en scène des expositions, celles -ci étant de plus en plus remarquables, pour des raisons de fabrication évidentes, il n’y en a jamais trace dans les catalogues, au mieux on trouvera, et c’est très bien, comme dans ceux des rétrospectives de Pierre et Gilles ou de Gilbert et George, par exemple, des vues de leurs expositions précédentes.   

Si l’on ne peut que se réjouir de voir un nouveau site d’exposition pour l’art moderne à Paris, on peut regretter que l’exposition Lichtenstein ait ouverte alors que visiblement le lieu n’était pas terminé, les plafonds et les piliers des salles ne sont pas enduits! Est-ce parce que nous sommes dans une fondation “privée”, c’est amusant de constater, que le seul espace pimpant soit la boutique de la pinacothèque!

A presque toute exposition son catalogue et il faut s’en féliciter car ceux-ci offrent souvent le meilleur rapport qualité (tant esthétique qu’intelectuelle) prix, pour un ouvrage d’art sur un artiste ou un courant. Celui édité par la pinacothèque est remarquable d’abord par sa mise en page très aérée dans laquelle les tableaux reproduits respirent en regard de belle plages de blanc. Mais son intérêt principal, en cela fidèle à l’ exposition est son aspect pédagogique. On y trouve expliqué très clairement les techniques de Lichtenstein, fort complexes pour un résultat qui parait évident et c’est là tout son prodige. 

 

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Autre billet consacré à une exposition à la pinacothèque de Paris

Le voyage imaginaire d'Hugo Pratt à la Pinacothèque de Paris

 

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Pour se souvenir du monumenta de Richard Serra

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Conjointement à l'exposition dans la nef du Grand Palais, il y avait aussi une présentation des sculptures de Richard Serra dans le jardin des Tuileries.

 

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Paris, mai 2008

 

Voir aussi:

Monumenta 2011, le Leviathan d'Anish Kapoor

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La chasse au trésor de Jean Le Gac

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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En raison d'une censure aussi inique qu'inopinée mon précédant blog a subitement disparu de la toile, victime du politiquement correct et de l'hypocrisie bigote, sans me prévenir. Pour cette raison certains billets dans leur forme initiale ont disparu à tout jamais en particulier ceux liés à des évènements ponctuels. Trouvant dommage qu'il n'y est plus de trace des expositions que j'ai visitées naguère, je me propose de réintroduire dans ce blog les photos que j'ai prises de ces évènements  ou des articles que j'ai écris ces derniers sont republiés dans leur état initial.

 

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Le Gac au travail

Les artistes contemporains qui nous font sourire et même rire (un rire admiratif s’entend), ne sont pas légion. La quasi totalité faisant même plutôt dans le sinistre et le déprimant et intime le spectateur: regardez mon installation: elle dénonce l’incurie des grands et notre fin prochaine; je suis la nouvelle Cassandre. En plus si l’on considère les tenants de l’art conceptuel qui savent dessiner et qui ne pensent pas que seul le moche, le presque rien et même le rien (je vous renvoie à la réjouissante théorie du presque rien et du pas grand chose de l’irremplaçable Cueco, http://perso.orange.fr/hotelbeury/hotelbeury_html/hotel_beury_cueco.html) nous arriverons à peine à organiser un bridge et si enfin en plus de ces qualités rarissimes on cherche que notre oiseau rare soit un pédagogue franc du collier, il n’y en a plus qu’un, c’est Jean Le Gac qui se présente lui même comme à la périphérie de l’art contemporain http://pedagogie.ac-toulouse.fr/culture/epargne/legacartiste.htm. Cela tombe bien car l’impétrant  a eu la bonne idée de m’inviter au vernissage de sa Chasse au trésor, installation sise dans la chapelle du musée d’Archéologie nationale du château de Saint-Germain-en-Laye (http://www.musee-antiquitesnationales.fr/). De quoi il retourne et à quoi cela ressemble, le mieux est de laisser la parole à l’artiste: << Pour le musée nationale d’archéologie de Saint-Germain je propose une œuvre au sol. Sur la base de couvertures militaires soudées ensemble orthogonalement, avec des variantes, aux fortes coutures apparentes formant dessin selon des périmètres inspirés des chantiers de fouille, seraient aménagées des “ouvertures”, aux formes irrégulières, où apparaîtraient des peintures sur toile fragmentaires, des textes et des photographies..;>>. C’est la description clinique de ce que l’on voit, mais ce qu’il ne dit pas c’est que surtout il nous offre un passeport pour bien des voyages imaginaires. Ce programme est en outre enrichi par la spécificité du lieu, qui fait que le soleil jouant dans les rosaces gothiques de la chapelle projette (il en était ainsi tout du mo¬ins le jour du vernissage) un feston d’ombre sur l’oeuvre.

 

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L’installation est centrée sur la figure de l’archéologue, parente, tout du moins dans l’imaginaire du peintre, mais aussi dans l’imaginaire populaire qu’il traduit si bien, d’autres archétypes rencontrées dans son oeuvre. L’archéologue ne peut il pas apparaître aux yeux de certains comme un voleur? Et il y a foule de monte en l’air chez Le Gac. Le fouilleur fut un peu espion parfois, aventurier souvent... Cet archéologue fantasmé (Indiana Jones), très années 30, possède bien sûr les attributs chers au peintre, casque colonial, bas de molletière, vareuse... Les tableaux peint par Le gac rappelle ceux de Iacovleff (www.russie.net/article.php3?id_article=1052)  le peintre qui suivit la croisière noire puis la croisière jaune en 1932, ce n’est bien sûr pas un hasard...

 

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Le Gac (http://www.postershop.fr/Le-Gac-Jean-k.html) est un des rares artistes, à l’instar d’un Bernard Faucon (http://www.bernardfaucon.net/), d’un Etienne Martin (http://www.insecula.com/contact/A009089.html) ou au cinéma d’un Podalydes, à tirer des réminiscences de son enfance, des œuvres qui ne soient pas niaiseuses mais au contraire stimulantes.

 

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Ce qu’il y a de merveilleux chez ce créateur c’est qu’il n’oublie jamais la probité de l’artisan qu’il me semble tout artiste devrait être aussi, ni le souci pédagogique, probablement hérité de son ancien métier de professeur de dessin.

 

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La mise en scène d’une activité, ici, l’archéologie, veut dire pour LeGac une profonde, observation et réflexion sur celle-ci: << Il y a en archéologie des “instants d’apparition” magiques pour un peintre quand sous la brosse délicate ou le pinceau du fouilleur se révèle par fragments un vestige du passé...>>. Comme il le raconte avec beaucoup d’élégance dans le passionnant et précieux petit catalogue de l’exposition (édition de la réunion des musées nationaux 25€, en faisant un judicieux parallèle entre le métier d’archéologue et celui d’artiste peintre.

 

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On peut voir La chasse au trésor aussi comme un hommage aux archéologues en particulier à Victor Segalen (victor.segalen.free.fr/biosegalen.htm) et à Dominique Roussel.

 

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La légèreté du plasticien n’implique pas l’inculture, mine de rien, en passant, Le Gac invite, comme il le ferait au délicieux buffet de son vernissage, ses inspirateurs, compagnons de voyage et autres mentors. En se promenant sur les planches, chemin initiatique, et aussi passerelle qui permet de découvrir cette œuvre horizontale dans cette architecture verticale, nous recevons les saluts, plus ou moins discrets, de Stevenson, Edgar Poe, Victor Segalen, Michel Butor,  H. Rider Haggard, Borges, Hergé, Pierre Edgar Jacob... Dans d’autres de ses installations nous avions eu le plaisir d’y croiser Maurice Leblanc, ou plutôt Arsène Lupin, Souvestre et Allain, je veux dire Fantomas...

 

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Il ne faudrait surtout pas penser, après cette kyrielle de noms intimidants que cette chasse au trésor soit un pensum, que l’artiste ait réussi à “alourdir” son œuvre, but qu’il s’était proposé avec cette nouvelle performance, j’ose ce terme car comme presque toujours Le Gac se met en scène par photos et dessins interposés. Voilà une œuvre qui est à la fois post moderne et subtilement autofictionnelle. L’humour est la caractéristique de cette pensée. Avec ses facéties Le Gac  nous donne le vertige, c’est un maître de la mise en abîme, et nous fait nous interroger sur la nature de l’art nous conduisant à une délectation toute proustienne.

 

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S’il revendique sa post-modernité, il n’est pas dupe de certains mirages de l’art contemporain: <<Je ne parviens plus à croire comme certains que l’art moderne fait encore question. Pour moi l’histoire de l’art moderne a été très vite plébiscité. C’est aujourd’hui une vieille dame assez conformiste qui ressasse ses souvenirs.>>. Cette lucidité est le fruit d’une longue et fructueuse réflexion: << J’ai souvent fait l’assimilation du peintre avec le détective et l’archéologue, ceux qui mènent l’enquête et dans mon cas l’enquête sur l’art - c’est à dire comment on “arrive” à l’oeuvre, l’enquête sur la “vocation” comment alors que rien ne vous destine, prédestine à cela, on devient artiste. Ce faisant, je ne suis pas là dans la déconstruction de la peinture, de ses moyens spécifiques mais dans le démontage du personnage du peintre lequel est passé de l’homme-médecine à l’artiste, puis à l’artiste plasticien d’aujourd’hui... Mon travail se situe entre image et peinture, lesquelles sont aujourd’hui inconciliables...>>

 

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Si Le Gac n’a pas tout à fait à mon sens la place qu’il mérite dans le concert de l’art contemporain, c’est peut-être qu’il est difficile d’organiser une rétrospective de son oeuvre. Comment faire se jouxter ses farces érudite? Et quel lieu pour cela, les cimaises neutres des grands  espaces habituellement dévolus aux expositions institutionnelles ne lui conviennent guère. Ne sachant jamais quel pérégrin de la blogosphère peut s’égarer sur mon site, j’ose une suggestion, bien des villes se plaignent de l’inutilité de leurs églises, heureusement aujourd’hui désertée grâce au recul de la crédulité, cela serait une riche idée d’en offrir une à Le Gac, pour qu’il expose, de façon permanente, une de ses merveilles, recyclage en accord avec ce grand “transmutateur” de l’imagerie 

 

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Saint-Germain en Laye, octobre 2007

 

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mon Le Gac, au dessus de mon lit...

 


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Le voyage imaginaire d'Hugo Pratt à la Pinacothèque de Paris

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Les heureux visiteurs de l'exposition, Le voyage imaginaire d'Hugo Pratt à la Pinacothèque de Paris feront la découverte d'un grand aquarelliste alors qu'ils ne connaissaient Hugo Pratt que comme un classique de la bande dessinée.

 

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Superman est circoncis ou pour se souvenir de l'exposition de superman au chat du rabbin

Publié le par lesdiagonalesdutemps

En raison d'une censure aussi inique qu'inopinée mon précédant blog a subitement disparu de la toile, victime du politiquement correct et de l'hypocrisie bigote, sans me prévenir. Pour cette raison certains billets dans leur forme initiale ont disparu à tout jamais en particulier ceux liés à des évènements ponctuels. Trouvant dommage qu'il n'y est plus de trace des expositions que j'ai visitées naguère, je me propose de réintroduire dans ce blog les photos que j'ai prises de ces évènements  ou des articles que j'ai écris ces derniers sont republiés dans leur état initial.

 

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L’exposition De superman au chat du rabbin, présentée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (http://www.mahj.org/) pour laquelle on ne peut que féliciter les  commissaires Anne-Hélène Hoog et Hetty Berg, met au centre de l’histoire de la bande dessinée l’influence du judaïsme. La démonstration est étayée par plus de 200 œuvres, planches originales, journaux, document d’archive. Elle est divisée en 5 chapitres, New york dans les années 1900-1930, les super héros, zoom sur Will Eisner http://fr.wikipedia.org/wiki/Will_Eisner, les artistes américains de l’après guerre et les dessinateurs européens. D’ emblée le visiteur est conquis par la beauté et l’intelligence pédagogique de la manière dont les pièces sont mises en valeur.


 

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Will Eisner


Le premiers chapitre, aidé de photos d’archive, brosse le tableau de la vie des premiers dessinateurs juifs new-yorkais. Il sont issus de familles émigrées du Lower East Side, de Brooklyn et du Bronx. Par leurs strips ils témoignent de la difficulté de leur quotidien. Au début ils s’expriment en yiddish, puis à mesure de leur intégration en anglais où demeure encore de fortes traces de yiddish. La combinaison des deux langues est souvent source de gags. Nous constaterons à la fois que les dessinateurs juifs américains  (on devrait plutôt dire juif new yorkais tant New-York est le centre de cette activité) sont alors enfermés dans leur communauté mais aussi qu’ils ne sont guère différent quant à l’esthétique de leurs confrères goys américains ou Européen 

Ensuite on arrive à la partie, qui sans doute, passionnera le plus la plupart des visiteurs, la genèse des super héros.

Ce chapitre nous fait d’abord pénétrer dans le temps des ateliers (workshops) de dessin des années 30, l'âge d'or du comic-strip (bandes quotidiennes dans les journaux). On découvre des artistes juifs new-yorkais qui en sont issus, notamment Rube Goldberg, Harry Hershfield ou Al Capp... Le système des workshops était assez proche du fonctionnement aujourd’hui des équipes qui travaillent autour des mangakas japonais. Ce milieu et la naissance des super héros  sont décrits dans le roman de Michael Chabon http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Chabon, Les extraordinaires aventure de Kavalier et Clay. (éditions Robert Laffont et 10-18). Un livre passionnant mais très touffu et assez mal fichu que je conseille de lire après avoir visité l’exposition. Il raconte la création d’un super héros par Kavalier un dessinateur tchèque ré´cemment émigré au Etat-unis. Lui et son cousin Sam Clay montent un petit studio. Nous suivons en détail leurs difficultés pour se faire un nom. On peut reconnaître derrière Kavalier et Clay http://www.sugarbombs.com/kavalier/index.html, Jerry Siegel et Joseph Shuster, les inventeurs de Superman, mais c'est aussi une histoire du demi-siècle à la Don DeLillo que Chabon écrit avec ces aventures qui embrassent aussi les thèmes de la création, de la géopolitique, de l’ amitié, de la judéité, de l’ homosexualité...

C’est en 1933 que Jerry Siegel (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jerry_Siegel) (1914-1996), fanatique de Science-Fiction, pour le scénario et Joe Shuster (1914-1992) pour le scénario, les deux hommes se sont rencontrés adolescents au lycée de Cleveland, accouchent de Superman. Ils mettront 5 ans à lui trouver une place dans un comic book. Ce sera en 1938, dans le premier numéro d’Action comics dans lequel Superman parait sur treize pages (Archives Superman, DC comics/Panini comics 2005). Les réminiscences de la culture juive dans Superman sont nombreuses par exemple l’enfance de Superman est l’adaptation moderne du mythe de Moïse. Superman vient de la planète Krypton. Ce nom résonne comme "Tikkum olam" , un mot Hébreux voulant dire celui qui restaure la justice... Jerry Siegel est inscrit sur la liste, dans le livre Jewish 100, comme une des 100 juifs les plus influents de tous les temps aux cotés de Moïse, Henry Kissinger et Steven Spielberg...

Superman est transcription du fantasme du héros idéal, non-aryen, parfaitement assimilé et incarnant les valeurs américaines patriotiques. Par exemple il incitera la population à soutenir les boys, y compris financièrement. Dans une aventure de Superman, publiée avant l’entrée en guerre des Etats Unis, on voit Hitler en compagnie... de Staline devant un tribunal international pour répondre de leurs crimes. On aurait aimé qu’il en fut ainsi...

Le père de Siegel était un peintre d'enseignes qui avait ouvert son atelier. Il encouragea les inclinaisons artistiques de son fils. Tragiquement, il fut abattu dans son magasin par un voleur lorsque Jerome Siegel était au lycée. Ce sombre épisode est sans doute pour quelque chose dans le personnage de superman châtiant les méchants. L’histoire de la famille Siegel n’est pas sans rappeler la tragédie fondatrice du personnage de Batman (edit. Batman 1943-1944, Futuropolis 1982) qui lui est né en mai 1939 sous la plume de Bob Kane (1915-1998) (de son vrai nom Robert Kahn).


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La naissance du super héros est né de la frustration des dessinateurs qui était exploités par les éditeurs. Il ne faut pas oublier que Superman a été créé en 1933 dans le contexte de la grande dépression. Il constitue une réponse rassurante et fantasmagorique aux angoisses engendrées par la grande dépression. Cette réalité est quelque peu gauchi par l’exposition qui semble vouloir valider l’idée que les super-héros naissent d’une révolte contre Hitler. En fait ce n’est le cas que du capitaine America inventé par Jack Kirby (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Kirby) (1917-1994) et Simon (http://www.leconcombre.com/biblio/abc/comics-20.html) qui sera l’emblème du pays entrant en guerre. Voilà d’ ailleurs comment Joe Simon, en 1984, racontait la création de Capitaine America: << nous étions en guerre. Et une des bandes qui marchait le mieux[ était Batman, avec sa galerie de super-vilains très colorés et amusants comme le Joker, le Penguin. Et nous pensions qu'une bonne façon de les surpasser, c'était de créer un meilleur méchant ! Et le pire méchant qui m'est venu à l'idée, c'était Adolf Hitler ! Alors nous l'avons mis sur la première couverture et nous l'avons gardé comme vilain dans la plupart des numéros du début. Nous le ridiculisions tout le temps. Et Captain America, qui n'était pas Si brillant que ça à sa naissance, pas Si différent des autres héros, s'est retrouvé un énorme succès en grande partie grâce à l'emploi d'un personnage réel, Hitler, comme méchant, plutôt que d'une menace fictive.>>.

 

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C’est ce même Kirby, grand inventeur de forme qui avec le scénariste Stan Lee, de la fin des années 50 au début des années 70 (période pour la B.D. américaine appelée silver âge) va iansuffler un renouveau aux comics américains en imaginant de nouveaux super-héros tels que Fantastic four, Hulk, X-men, Thor.

 

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Si superman s’est bien opposé à Hitler ce n’est qu’en 1939, soit 6 ans après sa création, mais il est vrai que c’est aussi la date du début de son immense succès. A ce propos il ne me semble pas que les super-héros aient repris les armes contre l’obscurantisme islamiste. Il n’y en a aucune trace dans l’exposition!  Heureusement que pour cela qu’il y a le très sioniste Shaloman et le super-héros 100% israélien Sabraman mais ils n’ont pas été invité au raout de leurs confrères.

 

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Les infatigables justiciers arboreront, quand ils le feront, des signes de leur judéité que très tardivement. Toutefois au mur on découvre un étonnant dessin original de Kirby  (http://www.universbd.com/spip.php?article2830) (1917-1994) dans lequel Ben Grimm, la chose des 4 fantastique, qui par son aspect extérieur évoque le Golem qu’il affrontera pourtant dans une de ses aventures, porte la kippa! Toutefois c’est l’expérience des camps qu’a vécu Erik Magnus Lensher comme déporté juif, qui déterminera le combat de protection des mutants qu’il mènera sous le nom de Magneto. Au sujet de cette série, il me parait pertinent d’y voir un parallélisme entre la notion de peuple élu et les super pouvoirs que possèdent les X men (ed. X men l’intégrale, Panini comics 2003_2006), même, si en raison du réalisateur des films, on a plutôt tendance a assimiler la différence des X men à l’homosexualité plutôt qu’à la judéité...

 

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Un espace est réservé à la révolte des années 50-60 qui marquent une radicalisation des auteurs. Ils se lancent dans la contestation politique et sociale, souvent par le biais de la satire : l’exemple le plus marquant est la création du mensuel Mad par Harvey Kurtzman. A ce propos l’ami avec lequel je visitais l’exposition a trouvé une nette ressemblance entre Alfred E. Neumann le symbole de la revue avec Bush junior. Je vous laisse juge; mais il est vrai qu’ils possèdent en commun la même intelligence pétillante du regard...

 

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La grande qualité de l’exposition est surtout de mettre en perspective l’histoire de la bande dessinée. Elle montre d’une manière évidente ce que doit Maus, le chef d’oeuvre d’Art Spiegelman à La bête est morte (ed. Gallimard 2007) de Calvo (1892 - 1958) (http://lambiek.net/fr/calvo_edmond-francois.html) mais aussi à la nouvelle graphique Master race de Bernard Krigstein (http://www.bpib.com/illustrat/krigstei.htm) (1919-1990) et Al Feldstein, parue en 1955. Elle met en scène  un ancien déporté qui retrouve par hasard un des tortionnaires nazis de son camp de concentration. Rien que pour la découverte de ces huit planches magistrales la visite au Musée d’art et d’histoire du judaïsme s’impose. On pressent bien aussi que sans Maus, il n’y aurait pas eu entre autres, Persépolis de Satrapi ni de Seule contre tous de Miriam Katin.

 

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C’est en 1972 que Spigelman entame Maus, le récit de la vie de son père, ancien déporté. Il paraîtra en feuilleton dans Raw. A sa suite des auteurs comme Mirian Katin, Bernice Eisenstein (http://www.evene.fr/livres/livre/bernice-eisenstein-j-etais-un-enfant-de-survivants-de-l-holocaus-27335.php), Martin Lemehman reconstitueront leur expérience de la shoa ou imagineront, comme Joe Kubert (www.bedetheque.com/auteur-2260-BD-Kubert-Joe.html) avec Yossel, 19 avril 1943, ce qu’elle aurait pu être...

 

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Joe Kubert est a lui seul une sorte de synthèse de l’exposition et est emblématique de l’évolution des dessinateurs par rapport à leur mode d’expression. Il a commencé à dessiner des super-héros et des comics de guerre, le sergent Rock (ed. Sole˙il 2004) pour ensuite se tourner vers le roman graphique avec Yossel 1943 (ed. Delcourt 2005) sur le soulèvement du ghetto de Varsovie  et aborder l’autobiographie. Il est particulièrement lucide sur sa pratique: <<Inconsciemment les croyances religieuses jouent un rôle quand on dessine des super-héros.>>.

Tout un pan de l’exposition est consacré à Will Eisner, le père du roman graphique. Mais ce n’est qu’en 1978 qu’il publiera le premier, soit 38 ans après la création de son célèbre Spirit. Vient de Oparaître aux éditions Grasset Le complot: Histoire secrète des Protocoles des Sages de Sion. Une lecture indispensable pour comprendre les manipulations historiques et démasquer les moult théories du complot qui surgissent ça et là, souvent distrayantes pour qui les prend pour ce qu’elles sont, des billevesées.

 

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L’ excellence de l’exposition ne doit pas nous faire laisser notre esprit critique à l’entrée (où le visiteur est reçu fort aimablement ce qui n’est pas si fréquent dans les lieux où l’on montre l’art, tant privés que publics). Je n’avais pas visiter une exposition avec un point de vue aussi affirmé depuis celle organisée autour de la mélancolie par Jean Clair... Et pour cela aussi il faut féliciter le musée pour ce courage, en un temps de consensus artistiques mous, de nous présenter une vraie thèse, celle de mettre au centre de l’histoire de la bande dessinée la culture juive et l’histoire du judaïsme. Mais ce n’est qu’une lecture, certes pertinentes, de cette saga. Lecture qu’il n’est pas interdit de trouver quelque peu ethno centrée, car, jusqu’à preuve du contraire, des œuvres aussi capitales qu’ Influentes sur la bande dessinée telles que celles d’Hergé, Jacobs, Martin, Billal, Franquin, Schulz, Alex Raymond..., sans parler de la constellation du Manga (sauf peut-être certains livres de Tezuka) ne doivent rien au judaïsme. D’autre part l’exposition nous présente les artistes juifs américains comme parlant d’une seule voix. Il suffit de lire les déclarations de Ben Katchor (www.universbd.com/spip.php?article1763)  sur Will Eisner pour voir qu’il n’en est rien: << Ses images de New-York sont superficielles et fausses. Je les rejette complètement. Le New York d’Eisner est ancré dans les mélodrames factices du Hollywood des années 40. Il était incapable d’échapper à cette vision du monde... Certaines personnes de la génération d’Eisner étaient obsédées par le fait d’être assimilées dans la culture américaine. Du coup dans les B.D. de Superman au Spirit, il n’y a aucune notion d’ethnicité...>>.

Pourtant quoi qu’il en dise Ben Katchor  (www.katchor.com/) est bien l’héritier de Will Eisner par la prégnance de l’autobiographie dans son travail sans parler de la présence centrale de New-York, voir le juif de New-York (ed. Rackham 2007). Mais affleure chez lui comme dans les B.D. et romans graphique de Jules Feiffer, Harvey Pekar http://www.filmdeculte.com/film/film.php?id=637 (avec son American splendor), Aline Kominsky, Crumb, Diane Noemin, l’ambiguité du processus d’intégration.

 

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Ben Katchor


Avec la section réservée à l’Europe et même au reste du monde on voit combien de New-York le roman graphique autobiographique s’est essaimé de par le monde même si les auteurs juifs européens mettent plus en avant dans leur travail, la grande histoire que les péripéties de leur vie quotidienne. Ainsi dans les années 90 Vittorio Giardino http://users.belgacom.net/vittorio_giardino_universe/ dans une belle ligne claire rend hommage à l’engagement politique des juifs européens; Jonas Fink (ed. Casterman) raconte le parcours difficile d'un jeune homme, dans une Tchécoslovaquie sous la botte Soviétique; Ruben Pellejero ressuscite le Golem$ dans le cadre de l’émigration juive en Argentine.

 

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L’exposition ne manquent pas de surprises comme la présence d’Hugo Pratt, que je ne m’attendais pas à trouver là, alors qu’après un peu de réflexion elle parait évidente comme celle de Marcel Gotlib. Soyez attentif à la vitrine qui regroupe l’intégralité des numéro de la revue Raw et vous découvrirez un inattendue hommage de celle-ci à Edgar P Jacob.

 

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Il est toujours instructif et touchant de pouvoir admirer les originaux, de pouvoir y discerner les tâtonnements de la création celles de Sfar dπu chat du rabbin (ed. Dargaud) vous ravirons à coup sûr. Comme son chat, Sfar est bavard et comme lui il s’exprime intelligemment: <<Tout mon travail par rapport au judaïsme c’est de le traiter avant tout comme un fait culturel. L’aspect religieux n’en est qu’une facette, et j’ai toujours considéré la culture juive comme un élément constitutif de l’identité européenne. Mais penser le judaïsme, c’est forcément aller dans des paradoxes, des doutes... Je suis sioniste dans la mesure où je vois l’existence d’Israel non seulement comme une nécessité, mais comme un fait inaliénable... Le sionisme c’est d’abord créer la possibilité pout les juifs oppressés d’imigrer là où il le peuvent... Mais il me semble que l’on est plus juif en diaspora qu’en Palestine... Si la voix juive a quelque chose d’intéressant à dire, c’est celle de gens qui ont appris à investir dans les livres plus que dans une terre...>>.

Dans cette assemblée la particularité de Sfar éclate aux yeux. En effet sauf erreur il est le seul artiste séfarade où plus exactement qui parle du monde séfarade avec le chat du rabbin (alors qu’une autre partie de son œuvre Klezmer se rattache au monde ashkénaze) dans cette assemblée ashkénaze. Mais rien ne vient le rappeler tant semble-t-il la volonté d’unanimisme des commissaires est grande.

 

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J’attend avec impatience la parution de La Diaspora des bulles » que Didier Pasamonik prépare avec Annie Baron-Carvais depuis plus de cinq ans. il devrait paraître aux éditions Denoël Graphic en 2008.

J’espère vous avoir convaincu d’aller visiter le bel Hôtel de Saint-Aignan pour un périple dans la bande dessinée particulièrement stimulant pour les yeux et les neurones.

 

 

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De Superman au Chat du Rabbin

Du 17 octobre 2007

au 27 janvier 2008

Musée d’art et d’histoire du Judaïsme

Hôtel de Saint-Aignan

71, rue du Temple, 75003 Paris

Tél :  (33) 1 53 01 86 60

 

 

En cliquant sur le rectangle ci-dessous vous pouvez télécharger l'émission Mauvais genre de France-Culture traitant de cette exposition.

 

 

mauvais genres 20071020 De Superman au Chat du rabbin (BD et mémoires juives).zip
(7.58 MB)

 

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