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368 articles avec grandes expositions et musees

Le musée d'art moderne de Barcelone

Publié le par lesdiagonalesdutemps

L'architecture barcelonaise n'est pas que courbes et volutes , il y a aussi des angles avec lesquels j'ai aimé jouer. Si vous passez par là ne manquez pas ce musée remarquable par son arcitecture. Les expositions temporaires très avangardistes sont souvent intéressantes. La collection permanente modeste par sa quantité est très originale, très ingénieuses installations et surtout à ne pas rater un petit film sur le Willy Ronis catalan, Joan Colom qui photographiait avec malice et sensualité les galapiats locaux dans les années 60.

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Barcelone, mai, 2008.
Installation de Velda Lleisa au musée d'art moderne de Barcelone
 

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Barcelone, mai 2008

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Pour se souvenir de l'exposition Sacha Guitry à la cinémathèque

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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L’émotion n’est pas toujours présente dans les grandes exposition, ici elle est permanente et d’une teneur particulière, tant on a le sentiment d’entrer dans l’album de photos de quelqu’un par effraction. J’ai eu d’autant cette impression pour ma deuxième visite aux salles d’exposition de la cinémathèque, la précédente était pour la belle évocation d’Almodovar, que j’étais presque seul à me pencher sur les précieuses vitrines. Mais tout l’intérèt de cette exposition qui aborde toutes les facettes de la vie de Sacha Guitry,  tient à ce qu’il à constamment mis en scène son intimité pour la nourrir de son travail et vice versa. L’essentielle des pièces exposées sont des photos, il est donc conseillé d’éviter les heures d’affluence. Sur ses photo nous voyons le maître avec tout ce que le premier quart du vingtième siècle à compté  comme personnalités artistiques. On a l’impression que sacha Guitry était l’intime avec toutes les personnes qui comptaient alors et cela dés son plus jeune âge grâce à la notoriété de Lucien Guitry , l’un des acteurs les plus célèbre de son temps auquel est consacré une large part de l’exposition. On voit par exemple sacha enfant en compagnie de Tristan Bernard  En écrivant ce dernier nom je réalise combien l’enthousiasme devant cette manifestation risque de ce briser sur l’ écueil de l’ignorance.

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J’ai pu vérifier que nos jeunes générations ne savent un peu près rien de Sacha Guitry et de son monde. Comme disait mon grand père, déjà, qu’est ce qu’ils apprennent à l’école? A peu près rien nous le savons bien, mais le sujet est tabou. Ce qui est certain c’est que dans les écoles, collèges, lycées et autres lieux où l’on remise la jeunesse faute de ne savoir qu’en faire les noms de Guitry, Bernstein , Porto-Riche , Rostant, Mirbeau , Anatole France, André Messager , Reynaldo Hahn ... ne sont quasiment jamais cités. Ils ne l’étaient pas plus du temps où je croupissais devant les tableaux noirs; mais à l’époque de mon enfance, dans les années soixante, existait l’ ORTF, il est bon de s’en souvenir à l’aune de la récente déclaration présidentielle sur la télévision publique... Grâce à ce machin, entre disons huit et dix huit ans, j’ai vu à peu près tous les films de Sacha Guitry. Ils ne passent plus sur les chaînes hertziennes car étant en noir et blanc ils n’intéresseraient plus le grand public! A-t-on jamais vérifié cette assertion péremptoire? Pour la plupart je ne les ai jamais revu ces film et pourtant pour certains j’en ai un souvenir vif. Le plat de champignons des “Mémoires d’un tricheur”, le défilé des guillotinés de “Si Versailles m’était compté”, le génial avocat bafouillant, interprété par Darry Cowl dans “assassin et voleur”, la scène du crime dans “La poison”... sont encore très présent dans ma mémoire plus de quarante ans après avoir vu ces films. A-t-on besoin de souligner leur qualité quand ces souvenirs en sont la meilleure preuve...

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La lecture d'un articulet, signé Jean-Baptiste Baronian, dans leMagazine littéraire  de ce mois montre combien certains plumitifs se berce d'illusions s'entourant de mensonges qui sont autant de coussins moelleux à leur aveuglement. Ce monsieur écrit: << A la mort de Sacha Guitry beaucoup avaient prédit que ses pièce de théâtre et ses films ne tarderaient pas à tomber dans l'oubli et qu'en quelques années il ne resterait plus rien de sa personnalité à la fois encombrante et flamboyante. C'est tout le contraire qui se passe et cet homme dont la prétention suprême consistait "à ne pas plaire à tout le monde" n'est pas loin de faire l'unanimité et d'être perçu comme un des plus grands dramaturges et l'un des plus grand cinéastes de la première moitié du XX ème siècle...>>. Mais ce n'est qu'un mirage, que Baronian constate la moyenne d'age des visiteurs de l'exposition et celle des spectateurs de "Mon père avait raison" , donné actuellement au théâtre Edouard VII   , et il arrivera aux alentours de 80 ans. Je le répète faute d'éducation, d'instruction et de transmission la culture française est morte, le New-York Times a parfaitement raison (voir article précédent). Est il possible d'inverser la tendance? Enfin si vous n'êtes pas entièrement déculturé vous prendrez un grand plaisir à cette visite - fin de l'incise -

 

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Et puis il y avait mon grand père, toujours lui, qui me parlait des frasques du maître (cette transmission familiale existe-elle toujours?), et des revues que Guitry signait et que mon aïeul, d’abord au promenoir puis à l’orchestre, l’ embourgeoisement aidant, ne ratait jamais. Et c’est une des grandes réussite de la cinémathèque   que de faire revivre ces spectacle par les photographies mais surtout par le son et l’image. On se régale ainsi de voir Pauline Carton  entonner “Sous les palétuviers” ou une jeune Annie Cordy tournoyer sur scène en poussant la chansonnette. J’ai été fort surpris de voir et entendre Gérard Philippe en costume napoléonien s’essayer au chant. On comprend d’ailleurs pourquoi il n’a pas persévéré. 

 

Autre révélation en tout cas en ce qui me concerne celle du Sacha Guitry dessinateur, cet homme avait vraiment tous les talents, dont les œuvre font un peu penser à celles de Caran Dache ... J’ai aussi découvert le Sacha Guitry grand collectionneur de sculptures et tableaux prestigieux dont certains seront présentés dans l'exposition (Coco écrivant de Renoir, Les Célébrités du Juste milieu de Daumier...).
Curieusement pour une exposition organisée par la cinémathèque les films de Sacha Guitry ne sont pas mis en avant, il y a bien quelques photos de plateaux et même un petit film sur un tournage mais peu d’affiche et peu de choses sur la réception critique de l’oeuvre sinon un bel hommage de Truffaut sur la mise en scène de l’auteur de “Désiré”.

 

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Malgré quelques oublis et impasses, presque rien sur la période 39-45, ce sont surtout les années de jeunesses qui sont privilégiée, voilà une exposition où l’on ne s’ennuit jamais, à condition, comme je le mentionnais plus haut , d’avoir quelques lumières sur les acteurs de l’époque, et où vous irez de découvertes en surprises si vous avez la chance de pénétrer dans le beau bâtiment de la cinémathèque qui à lui seul vaut le détour. Si la muséographie est moins flamboyante que pour la rétrospective Almodovar, mais le sujet s’y prêtait plus, elle est très efficace et agréable. Le parcours mêle thèmes et chronologie d’astucieuse manière. 
L’ exposition est trop petite, Il faudrait le double de surface pour faire le tour de l’ œuvre  gigantesque de ce dandy qui était surtout un forçat de travail.

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Pour se souvenir de Traces du sacré au Centre Pompidou

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Etant athée, je ne suis peut être pas le visiteur idéal de l'exposition "Trace du sacré" au Centre Pompidou car sacré n'a pas grand sens pour moi. Mais après avoir passé trois heures dans l'exposition, je n'ai pas découvert le sens que pouvait avoir ce mot pour les commissaires de cette manifestation. D'autant que le moulin à prière géant du hall est en contradiction avec ce que cet objet symbolique est censé introduire.
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Bruce Nauman.
Le menu est copieux dans un labyrinthe à la paradoxale circulation évidente et fluide qui occupe tout le dernier étage du centre sont disposé avec élégance, ce qui est rarement le cas en ce lieu. Une sentance de Bruce Nauman est la première oeuvre d' environ 350 pièces, réalisée par 200 artistes presque exclusivement européens et américains, surtout des peintures mais aussi des sculptures et des installations qui composent cette imposante exposition. Ces oeuvres recouvrent une large période allant du milieu du XIX ème siècle avec, deux beaux tableaux de ruines romantique de Caspar Friedrich, jusqu' à aujourd'hui avec un grand dessin magistral de Svajone & Paulus Stanikas , terminé il y a seulement quelques semaines.
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Ce dessin de Stanikas n'est pas la "chute" de ces artistes qui est exposé
Nous rencontrerons au fil de notre déhambulation d'autres remarquables dessins en particulier les figures antimilitaristes réalisées par Otto Dix pendant et après la première guerre mondiale.
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Cet ensemble est divisé en  24 thèmes, Homo novus, L'ombre de dieu, Résonances de l'archaïque, sacrifice, The door of perception, Apocalypse!, Eden...  Chaque groupe ayant sa salle et chaque oeuvre un roboratif cartouche explicatif en français et en anglais où l'on nous explique l'historique de l'oeuvre et le pourquoi de sa place dans l'exposition, texte que l'on peut retrouver dans le beau catalogue, 50 € tout de même, l'entrée étant elle même assez coûteuse, 12€. Dés la lecture du premier cartouche on est interloqué par l'explication qui parfois frise le n'importe quoi comme dans celui près du magnifique Kandinsky.
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Le moins que l'on puisse dire c'est que pour nombre d'oeuvres les traces du sacré sont des plus ténues car si elles sont évidentes pour certaines pièces comme pour le surprenant petit christ vert de Maurice Denis, la magnifique couronne d'épines de Mannessier, la tapisserie de Lurçat ou l'extraordinaire sculpture de Cattelan, pour moi le clou de l'exposition, pour d'autres elle relève au mieux de l'intention que ne corrobore que l'histoire du peintre comme pour la toile de Rothko ou le poétique travail de Pierre Huyghe avec son "One million kingdom" et au pire que de l'élucubration des commissaires comme pour les activismes viennois ou l'art cinétique.
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Un bel exemple d'art cinétique.
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Bacon                                                  Lurçat.
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Him de Maurizio Cattelan.
Je ne vois rien de sacré dans les très belles toiles de Bacon, Chirico, Jawlensky, Barnett  Newman , Chirico, pas plus que dans  les dessins de Victor Hugo, de Michaux, de Ninjinsky  (j'ai ainsi appris que Ninjinsky non content d'être  un génial danseur fut aussi un intéressant dessinateur et toujours pas dans la poignante installation de Paul Chan qui évoque les morts du  11 septembre 2001 à New York.
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Chirico.
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Paul Chan.
La litanie, très partielle, des noms des artistes présentés, donne une idée de la qualité de l'exposition et du plaisir que l'on y prend si l'on oublie le fallacieux prétexte qui les as réuni ici. J'ai eu parfois l'impression de visiter les salles d'exposition de Sotheby's avant une grande vente de prestige pour laquelle on a rassemblé fortuitement de belles pièces des plus grands noms de l'art. IL ne faut pas dissimuler non plus que parmi de nombreux chef d'oeuvre, dont plusieurs jamais montré en France, se sont glissées quelques croûtes assez réjouissantes comme cette mer sur laquelle pousse des champignons! L'"artiste" avait incontestablement fumé la moquette. La section se réclamant de l'art sous l'influence des drogues dont je m'interroge sur la pertinence de sa présence, est la plus médiocre et porte un titre ridicule, The Doors of perception (pourquoi l'anglais?).
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Brauner.
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Nolde
Outre la propension de l'exposition à embrigader sous l'étendard du sacré, des oeuvres, certes superbes, mais qui n'ont rien à y faire, on peut s'etonner de la surévaluation de deux courants. D'abord le "nietzchéisme", ce qui nous vaut un magnifique portrait du philosophe par Munch et ensuite l'ésotérisme vaporeux du début de XX ème siècle. La salle illustrant cette tendance, appelée les grands initiés, est assez croquignolesquecroquignolesque. Elle est mise sous le patronage du portrait du sar Péladan du à Deville que l'on croirait sorti d'un album d'Adèle Blanc-sec du grand Tardi (pas de bandes-dessinéebandes-dessinée dans cette "Traces du sacré alors que sont un peu présent l'architecture et le cinéma).
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portrait du sar Péladan par Deville
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portrait de Nietzche par Munch.
Cette tendance a valoriser les grands malades mystiques ou pseudo-mystiquespseudo-mystiques irrigue toute l'exposition. Cette philosophie nous ramène aux années soixante et soixante dix. J'ai eu parfois le sentiment de parcourir une manifestation parrainée par feu "Planète".
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Mondrian.
Nous sommes donc devant une manifestation volontariste qui défend des thèses peu conventionnelles et douteuses mais qui nous offre la possibilités de voir des oeuvres de belles qualités difficilement visible habituellement.
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Manessier
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Cameron
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Jusqu'au 11 aout, tous les jours, sauf le mardi de 11h à 21h, le jeudi jusqu'à 23h.

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Des jouets et des hommes au Grand Palais

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

Des jouets et des hommes


 

C'est une très bonne idée que de proposer cette visite dans le monde des jouets de l'antiquité à aujourd'hui. C'est une histoire du jouet occidental qui nous est présenté. Elle met en lumière son importance dans l’éducation de l’homme depuis sa naissance.

Les mille jouets de l'exposition sont classés par thème, ceux pour les garçons, ceux pour les filles, ceux inspirés des héros de la télévision, ceux se rapportant à la guerre... Ils sont disposés dans des vitrines où peuvent se cotoyer un jouet de l'antiquité à coté d'un autre d'aujourd'hui.

Certains enfants de la Grèce antique connaissaient quelque chose qui ressemblaient à nos patinettes.

 

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Le monde cirque à très tôt inspiré les fabricants de jouet, celui ci-dessous date de la fin du XIX ème siècle.


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Une production française "Quiralu" datant de 1949 dont j'aime beaucoup les trois marins.

 

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Les animaux sont un grand thème pour les jouets. On commence par un défilé vers l'arche de Noé.

 

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Des jouets à faire rouler, le petit hérisson remonte à 400 avant J.C.

 

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Ceux là n'ont pas été admis dans l'arche, déjà l'arbitraire.

 

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Les créatures de Benjamin Rabier

 

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Plus loin plusieurs vitrines de robots japonais m'ont transporté à Mandarake à Tokyo que je ne devrais pas tarder à revoir si tout va bien.

 

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Un automate de fabrication française de la fin du XIX siècle, haut d'une cinquantaine de centimètres.

 

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Les jolis jouets 1900 en tôle peinte

 

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Une panoplie de prêtre pour donner la vocation? à moins que cette scène vaticane avec des petits personnages de plomb, une fabrication française du début des années 50, soit plus appropriée...

 

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La conquête des pôles fascinait les enfants du début du XX ème siècle comme l'illustrent ces beaux panoramas peuplés de figurines de plomb.

 

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Si dans mon petit reportage photographique j'ai bien évidemment privilégié les jouets destinés aux garçons beaucoup d'autres vitrines présentent des jouets qui ont fait rêver bien des petites filles, comme cette extraordinaire nurserie.

 

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Au moyen âge, il y avait déjà des dinettes...

 

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et plus près de nous des jeunes filles 

 

Quand je serai grand, je serai aviateur.

 

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Le célèbre omnibus parisien 

 

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Une des rares critiques que je ferais à cette exposition est la quasi absence des trains électriques, c'est vrai que ce sont surtout les papa qui font joujou avec. Il y a tout de même quelques rails au Grand Palais.

 

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Quand je serai grand, je serai marin.

 

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Le mousse dessinateur peint par Hélène Feillet

 

Ceux qui me suivent ne seront pas étonné que j'ai privilégié les belles voitures. Il y a des voitures dans lesquelles on peut monter dedans comme cet incroyable Aston Martin offerte au prince Andrew.

 

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Mais les plus nombreuses belles caisses peuvent se prendre dans les bras ou dans la main.

 

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Les voitures ont besoin de garage, d'abord un spécimen français de la fin des années 30 pour soigner de belles viva sport Renault, puis un anglais de 1955.

 

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Les petits nazis aussi avaient leurs joujoux pour les filles ces baigneurs sportif datant des jeux olympiques de Berlin en 1936.

 

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Pour les garçons Adolf en miniature et en plomb dans un de ces exercices préférés le tonitruant discours en présence de Benito et de quelques uns de ses sbires préférés, Goring, Hess, Goebbels et devant ses troupes défilant.

 

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La guerre attire toujours les jeunes garçons, un jouet allemand puis une évocation par des soldats de plomb de la guerre russo-finnoise.

 

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Ce qu'oublient certains adultes: les jouets sont destinés aux enfants...

 

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Paris, septembre 2011  

 

 Des jouets et des hommes" au Grand Palais jusqu'au 23 janvier 


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pour se souvenir d'une après midi ensoleillée dans Art Paris 2009

Publié le par lesdiagonalesdutemps


Comme la FIAC, Art Paris m'est devenu un des rendez-vous incontournables de l'année. Sur les marches menant à la grande nef du Grand Palais, le visiteur est accueilli par l'immense sculpture "Nosotros" de Jaume Plensa, présenté par la galerie Lelong. Et en route pour l'exploration des stands des 115 galeries présentes cette année sous la nef du Grand Palais...
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A parcourir pendant un peu plud de trois heures la nef du Grand Palais le plaisir est bien sur au rendez vous pour tout amateur d'art et en particulier pour les amoureux de la peinture et ... de la bande-dessinée. Mais l'impression la plus forte que l'on retir de cet arpentage est l'invasion de l'art asiatique et en particulier chinois souvent représenté par des galeries françaises. On y retrouve ce qui fait pour moi l'intérèt des artistes chinois est leur propension à investir toutes les formes de l'expression des arts plastiques et leurs talents pour les méler. Malheureusement c'est souvent mis au service d'ne contestation du régime maoiste, ce qui n'est tout de même pas bien risqué aujourd'hui même à Pékin.

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Dans le même registre mais un peu plus percutant sont les artistes moscovites, Nikolai Polissky, Oleg Kulik, et Alexander Ponomarev présentés par CM Art. La série de photographies présentant une tuerie d'apartchiks par un groupe de rock est très forte. Elle est présentée à coté d'une tapisserie représentant une carte American Express détricotée tout à fait d'actualité.

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Plus lèger est l'installation  présentée par la galerie Schirman & de Beaucé due à deux jeunes artistes, Cléa Coudsi et Eric Herbin. C'est une sorte de circuit 24 (vous souvenez vous?) dont la piste est composée de disques trente trois tours brisés en secteur et mis cote à cote pour constituer le chemin de roulement sur lequel cahote un modèle réduit de combi wolkswagen. ah voilà un concentré de la nostalgie pour les années 70.

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Art Paris a eu la bonne idée de faire un partenariat avec Serge Malik, spécialisé dans la production d'actions et évènements artistique. On peut voir ainsi, grâce à cette association des artistes et pas des moindre, Jonone, Hervé Di Rosa réaliser une fresque sur un mur de trente mètres de long et de 3 mètres de haut.

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Il est toujours courageux pour une galerie de consacrer son stand à un seul artiste. A la galerie Hélène Trintignan une exposition de Segui, principalement des petits formats, ce qui est rare pour cet artiste.

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Malheureusement certaines expositions dédiées un seul artiste comme celle de l'accrochage de la galerie Trigano était en dessous du médiocre et l'exposition de Ronan Barrot chez Claude Bernard ne m'a pas entièrement convaincu. Si c'est incontestablement de la peinture je n'ai pas retrouvé chez Ronan Barrot la sincérité de Rebeyrolles, peintre dont il me semble s'inspirer.

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Chez Gimpem & Muller de belles toiles abstraites récentes d'Albert Irvin un artiste né en 1922 dont on pourra voir une exposition de ses dernières oeuvres  à la galerie, 12 rue Guenégaud dans le VI ème du 25 avril au 2 juin...

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Pas non plus complètement convaincante l'exposition d'Hucleux à la galerie guillaume. Mais on ne peut là que saluer la sincérité et le courage d'un artiste qui a complètement changé de manière alors que les oeuvres dans son style précédent, d'immenses portraits hyperréalistes de plusieurs mètres de haut, éxécutés à la mine de plomb, étaient demandés par les musées du monde entier.

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Un Hucleux d'aujourd'hui
Aujourd'hui c'est un peu Philippe Pasqua qui prend la suite de l'ancien Hucleux.

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Il est heureux de voir l'immense talent de "l'affichiste" François Dufrêne enfin reconnu; il l'est moins que ce soit bien après sa disparition et qu'alors que sa vie fut difficile, aujourd'hui  ses oeuvres atteignent une cote soudain si élevée. Sa nouvelle notoriété est en partie due à la juste reconnaissance du travail de Villeglé qu'a couronné la récente exposition de l'artiste au centre Pompidou. Contrairement à son ami Villeglé c'est l'envers des affiches que Dufrêne collectait qu'il marouflait sur la toile laissant voir le travail de la colle sur la couleur de l'affiche formant un jeu de subtiles transparences. L'exposition du travail de Dufrêne se poursuit à la galerie thessa herold, 7 rue de Thorigny ,75003, Paris, du 27 mars jusqu'au 2 mai.



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Art Paris comme la FIAC est aussi de l'occasion de voir des oeuvres de mes artistes préférés comme justement Villeglé...

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Jacques Doucet

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Morellet dont la diagonale horizontale est pour moi peut être la plus belle pièce rencontrée ici...

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Un tout nouveau Alechinsky

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Un magnifique Herbin

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Van Velde

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Oscar Gauthier

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Il y avait aussi dans les allées du Grand Palais ce joli garçon...

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La galerie dont l'exposition m'a le plus enthousiasmé est celle d'une galerie de Shanghai, ifagallery dont l'accrochage était empreint d'un indéniable homoérotisme, donc tout à fait originale dans le paysage artistique chinois et en même temps très symptomatique de l'art chinois puisque y était mélangé peintures, photographies et oeuvres difficiles à définir comme cette curieuse peinture peinte recto verso sur une épaisse plaque de verre tanslucide où l'on voit deux tourtereaux pas vraiment gracieux dans le plus simple appareil.

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Dans ce même stand on pouvait voir également deux photographies, qui m'ont rappelé celles de Will McBride, signées Gao Brother dont j'avais vu une oeuvre bien différente dans l'exposition chinoise à la fondation Miro à Barcelone.

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Mais le travail, toujours chez Ifagallery qui a le plus retenu mon attention est celle d'un peintre vietnamien Nguyen Minh Thanh autoproclamé gay, ce qui ne doit pas être simple dans son pays (?) et qui réalise des portraits et des autoportraits de grandes dimensions a l'aquarelle et à l'encre de chine sur de précieux papiers

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Dans l'allée principale les bestioles étaient très présentes notamment dans une galerie japonaise qui déclinait le chat en chat samourai, en chat sumo... Plus loin c'était un requin de cristal... plus loin dans un coin plusieurs gentils "raymond" conversaient alors qu'un de leurs cousins gardait les toilettes du lieu...

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Les foires d'art sont toujours propice à des recontres improbable en particulier lorsque les oeuvres sont dans les parages du kitsch comme le sont parfois celles de Mitoraj.

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Les pin up de Pavlos, en deux ou trois dimensions, mais toujours du plus parfait mauvais goût, ont curieusement envahi le Grand Palais. Une de celles-ci ne semble pas laisser indifférent une effigie d'Obama.

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Actualité oblige David LaChapelle était présent...

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Mais dans le kitsch il était largement battu par ce "marin et le diable" dont j'ai oublié l'auteur (peut être qu'un de mes lecteurs va pouvoir me rafraîchir la mémoire, ce serait fort aimable, de même pour cette chambre au garçon, également ci-dessous). Ce diable m'a fait penser à Jean-Christophe Bouvet et l'inspiration du tableau à Alfred Courme...

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Le kitsch n'est pas toujours plaisant comme c'est épouvantable autoportrait de Schnabel qui faisait un curieux fond à une sculpture de Keith Haring...

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Parfois c'est aussi un peu n'importe quoi...

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Chez Zannettacci la figuration narrative était bien présente surtout par Erro
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Pour la première fois dans une foire d'art contemporain est exposée la bande dessinée. C'est du moins ce qu'affirme l'ancien directeur du festival d'Angoulême Jean-Marc Thévenet (et aussi ancien rédacteur en chef du magazine Spirou), remercié par le dit festival sous prétexte de trop grande proximité avec l'art contemporain, a qui on a confié cette mise en lumière de la bande dessinée et qui aujourd'hui posséde la galerie dont le stand exposait entre autres deux superbes dessins de P. E. Jacob. Il y avait bien de bel chose à la galerie 9 e art  ainsi qu'à la galerie Slomka  cise rue Dante dans le 5 ème, la rue de la bande dessinée à Paris.

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A ce sujet j'ai entendu des propos particulièrement oiseux dans la pourtante indispensable émission "Mauvais genre" sur France-Culture dans laquelle un des intervenants contestait le bien fondé de la présence de la bande dessinée à Art Paris. Il posait la question la bande dessinée est elle de l'art contemporain. La réponse est oui. Un dessinateur de bande dessinée est artiste, OUI, s'il est vivant, sa production est de l'art contemporain, s'il est décédé, c'est de l'art moderne. Fermez le ban!
On pouvait aussi admirer cette belle planche d'Hergé reproduisant la page de garde des album tintin des années 50 et qui en l'occurence est ici une page dessinée pour un album à colorier.

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Il fallait 8000€ pour emporter ce charmant petit dessin de Schulz

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Et beaucoup plus pour emporter cette très récente toile de Moebius...


                        
 
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Je suis sorti avec dans les yeux l'image de ce superbe Matta...

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pour se souvenir d'une promenade à la FIAC 2008

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Ne comptez pas sur moi pour une nomenclature exhaustive et objective des oeuvres vues lors de ma traditionnelle visite annuelle à la FIAC. Je pense que peu parmi  les visiteurs, très nombreux, de cette année pouvaient se targuer d'avoir parcouru les allées de la première édition cise alors dans l'ancienne gare de la Bastille... Ci-dessous vous ne trouverez qu'une promenade selon mes goûts et mon humeur du jour.
Il ne faut pas penser, lorsque l'on va à la FIAC, découvrir de nouveaux artistes, pas plus que d'avoir une photographie exacte des goûts du moment ou des tendances du marché de l'art. On peut remarquer néanmoins qu'il y a un retour à la peinture au Grand Palais et la continuelle diminution depuis quelques années des vidéos et des installations se confirme. Il y a plus d'oeuvres conceptuelle à la cour carrée du Louvre, comme ce terril de deux tonnes de confétis noirs...   Il faut juste être disponible pour admirer des oeuvres de première grandeur,  qui sont tout de même toujours en grand nombre et qui ne doivent pas être occultées par l'esbrouffe à la dernière mode comme pour ce millésime, les épates bourgeois des frères Chapman à la galerie londonienne "White cube" dont vous ne verrez rien ici. Mon seul but est de vous faire partager le plaisir que j'ai eu pendant cette visite.
La campagne présidentielle américaine fait une intrusion sur le marché de l'art...

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Quelques pas plus loins je croise des clones de Marcel...

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Puis des paraboles qui ne captent rien sinon l'image déformée de la nef tels des miroirs de sorcière...

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Mitchell était mise à l'honneur cette année...

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Tout comme Picabia et Dubuffet avec des pièces exceptionnelles

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Il en est de même pour Basquiat
Une salle entière était pour mon plus grand plaisir dévolue à Le Gac où il nous racontait une de ses vies parallèles dont il a le succès. Elle était visitée par un bien joli garçon...


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Il y avait cette autre joli créature sur une cimaise...

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La FIAC est toujours riche de rencontres incongrues, comme celle de cette fausse momie égyptienne qui tient entre ses mains une crucifiction et Gilbert et George... en petite tenue chez Thaddaeus Ropac

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Ce qui laissait un acorte visiteur dubitatif...

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Avec sa prestigieuse exposition Atlan, comme chaque année la Galerie Applicat-Prazan fait honneur à la profession de galeriste.

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Juste à coté, une autre somptueuse exposition, celle d'Etienne Martin

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Deux magnifiques Magnelli dans deux galeries différentes...
Ce superbe dessin de David Hockney m'évoqua les superbes toiles de Sutherland si peu vues de ce coté ci de la Manche...

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Avec Bublex l'art peut être gay friendly.

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Un bel Alechinsky de l'année à peine sec.

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Iy avait aussi des Soulage tout frais. Il est réconfortant de voir des artistes comme ceux-ci qui à plus de quatre vingts ans donnent encore des toiles d'une telle qualité.

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Comme l'année dernière mise à part pour les affamés de jeunisme les galeries les plus intéressantes se trouvaient dans la nef du Grand Palais et non sous le barnum de la cour carrée du Louvre. Dans ce dernier où l'on circulait très mal, La galerie Eva Hober cependant exposait des oeuvres horrifiques très fortes de Nicolas Darrot dont "la grande essoreuse" est un sommet du dessin actuel.

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En sortant sur les Champs Elysées, j'ai croisé deux lapins et un crocodile...

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Images insolites à la FIAC

Une visiteuse à jamais immobile dans un stand
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Dans la gueule du monstre
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pour se souvenir de Bacon à la Tate Britain en 2008

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Avant toutes considérations sur l’exposition, il faut dire que pour ceux qui s’intéressent à l’ art contemporain et moderne la rétrospective Bacon est avec celle de Balthus à Martigny qu’il faut absolument voir.
D’abord tout simplement parce qu’elle donne à voir un très grand nombre de tableaux de celui que je considère (et heureusement beaucoup avec moi ) comme étant le plus grand peintre de la deuxième moitié du XX ème siècle.
Mais il faut bien constater que pour les amateurs de Bacon l’exposition à la Tate Brittain ne leur apprendra pas grand chose. Et c’est le moment de pousser un immense cocorico. Celle de 1996 au centre Pompidou était très supérieure. D’abord en ce qui concerne la muséographie (accrochage et éclairage...) comme la plupart des critiques que l’on peut lire, je ne comprend pas le choix de la Tate Britain, même si ses cimaises ne sont pas honteuses, elles n’ont pas l’ampleur de celles de la Tate Modern. Le choix de ramener Bacon dans le giron de l’art britannique, s’ il est judicieux, n’avait peut être pas besoin de ce surlignage nationaliste.

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Mais surtout par le nombre d’oeuvres exposées à Paris était près du double par rapport avec celle présentées à Londres où les grands triptyques de la deuxième partie de la carrière du peintre, après la mort de son ami John Dyer, sont bien rares. Même si je pense que Bacon a atteint le sommet de son art dans les années 60. Je tempérerais néanmoins mon jugement par le choc que j’eus, âgé de 20 ans, lorsque j’ai découvert Bacon lors de la grand exposition du peintre au Grand Palais à Paris en 1971. Mais ne tergiversons pas pas la plupart des grandes toiles de Bacon sont au bord de la Tamise.

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La partie la plus inédite et la plus passionnante est la présentation de “dessins” que l’on peut interpréter comme préparatoires à certains grands tableaux. Plusieurs de ses “dessins”, tous fait directement à la peinture, sont tracés en superposition sur des photos. Ils seront une révélation pour beaucoup. Ceux-ci ont été trouvé après la mort du peintre dans son atelier. Toutes ces pièces sont habituellement exposées à Dublin. Elles démentent en partie les déclarations de Bacon qui a toujours soutenu qu’il ne faisait jamais de dessins préparatoires avant de se colleter à la toile. Dans cette même partie, on découvre d’émouvantes notes manuscrites, que Bacon jetait sur des carnets. Elles aussi en vue de l’élaboration d’oeuvres.

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Pour la première fois depuis qu’il fut exposé à la galerie Claude Bernard en 1977, on peut voir un triptyque, sans titre, daté de 1976 qui, jusqu’à sa vente en mai 2008 à New-York pour 70 millions de dollars, n’a connu qu’un seul propriétaire, Jean-Pierre Mouex dont la biographie est presque aussi flamboyante que celle de Bacon bien que le personnage ait cultivé la discrétion à l’inverse de beaucoup d’hommes d’affaires amateur d’art. Le tableau de Bacon est son portrait, tout du moins un portrait à la Bacon. Mouex est né en 1913 en Corrèze mais sa famille très modeste, déménage bientôt à Libourne où elle achète un petit domaine vinicole, château Taillefer dont le vin s’écoule mal. Ce qui conduit Jean-Pierre Mouex à fonder en 1937 une entreprise de négoce. Le succès de cette dernière est tel que Mouex peut s’offrir bientôt un château, puis deux puis vingt... Ils s’appelle Magdelaine, Trotanoy, La Grave, Canon Fonsac, Certan-Mazelle, Certan-Giraud et surtout Pétrus que l’on retrouvera aussi bien à la table de la reine d’Angleterre qu’à celle de Kennedy... Il a été le premier à s’intéresser aux vins de la rive droite de la Garonne et à les exporter massivement. Il fut aussi le premier français à s’intéresser aux vin de Californie. Dès le début de son activité professionnelle, en parallèle avec celle-ci Mouex dans la plus grande discrétion se met à collectionner les tableaux, lui qui n’a aucune formation artistique ni même culturelle, il faut dire qu’il n’en avait pas plus dans le commerce ou en oenologie, ce qui ne l’a pas empêché de réussir. D’abord il achète un Utrillo puis des toiles cubiste de Derain et surtout du bordelais André Lhote puis il se dirige vers des artistes à la peinture plus radicale comme Rothko ou Richter. Il fréquente aussi, toujours aussi discrètement le monde de l’art et se lie d’amitié avec Bissière et avec la veuve de Raoul Dufy. Un de ses proches confie: << Il aimait se confronter avec ce qu’il ne connaissait pas... Il n’avait aucune éducation mais un sens inné de la peinture et ne s’est jamais fait conseiller.>>. C’est au début des années 70 qu’il fait connaissance avec Bacon sans que l’on sache quels étaient les liens qui unissaient les deux hommes mais l’on sait que le peintre ne faisait le portrait que de gens qu’il connaissait bien car ce triptyque est aussi un portrait. Le panneau central est inspiré du mythe de Prométhée qui ayant apporté le feu aux hommes est condamné à avoir le foie perpétuellement dévoré par un vautour (allusion à l’alcoolisme de Bacon (?) et n’oublions pas que Moex était marchand de vin!). Les panneaux latéraux sont peut être le portrait du négociant mais sont aussi inspirés par une photo de sir Chamberlain d’où le monocle. Certain critiques ont vu également une allusion au Big Brother d’Orwell... Jean-Pierre Mouex qui dit-on aurait acheté à Bacon le tableau contre des bouteilles de Pétrus... Il est mort en 2003.

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C’était une une des histoires que l’on peut lire en filigrane de cette magnifique réunion de tableaux d’un grand peintre. Il y en a bien d’autres comme celle de son amour pour John Dyer bien plus tragique qui a même donné un beau film “Love is devil”...
Malheureusement selon l’habitude britannique la plupart des tableaux sont présentés sous verre, ce qui est redoutable pour l’éclairage car il est impossible d’éviter les reflets. Je me demande si cette fâcheuse habitude n’est pas en partie responsable de la désaffection des français pour la peinture anglaise... Du moins dans le cas présent elle m’a coupé l’envie de faire des photos. Malgré cela on peut voir le travail de la pâte sur la toiles dans la première partie de son oeuvre, ce que l'on oublie si l'on ne connait que les tableaux de la fin.



Si l’accrochage pseudo thématique brouille un peu l’idée directrice de la rétrospective, l’accrochage strictement chronologique en 1996 au centre Pompidou était beaucoup plus éclairant, le catalogue lui dessine clairement les intentions des conservateurs de l’exposition: replacer Bacon dans une certaine filiation dans l’histoire de l’art en général et surtout dans celle de l’histoire de la peinture anglaise ce qui est beaucoup plus nouveau et plus intéressant. Car si Bacon n’a jamais fait mystère de la place qu’ont tenu dans son imaginaire des peintres comme Velasquez, Van gogh, Picasso... (le catalogue  confronte également des œuvres de Bacon avec celles d’autres artistes comme Daumier, Gauguin...) . Il était beaucoup plus réticent à avouer sa dette envers ses confrère contemporains et anglais. Pourtant dans ce précieux catalogue les mises en présence des tableaux de Bacon avec ceux notamment de Sutherland et de Vaughan   sont très instructives. Sont cité également David Hockney, pour lequel Bacon avait une solide inimitié, Hamilton et Minton.
On peut regretter fortement que l'accrochage ne mette pas en regard des toiles de Bacon celles dont il est question dans le catalogue, pour certaines rien n'était plus facile puisqu'elles sont dans la collection permanente de la Tate britain comme celles de Sutherland, Hamilton ou de Vaughan...

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Par ailleurs les rapports qu’entretenait Bacon avec les photographies sont bien mis en évidence. On voit que nombreuses sont les images photographiques qui ont inspiré le peintre, des plus nobles, comme celle des décompositions du mouvement de Muybridge ou des clichés de Lartigue ou Capa aux plus triviales, celles issues des revues porno-soft gay des années 50, 60.

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A ce propos les conservateurs ne font pas l’impasse sur l’homosexualité de Bacon, bien au contraire et la mette en perspective avec son oeuvre et plus généralement avec la peinture anglaise moderne et contemporaine (Il y a toute une étude à faire sur le sujet car nombre de peintres anglais importants au XXéme siècle sont notoirement gay: Bacon, Hockney, Vaughan, Minton... la liste est loin d’être exhaustive ).

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Ils avancent que l’obligation de tenir sa sexualité secrète, pendant presque toute la vie du peintre l’homosexualité était passible des tribunaux en Angleterre, est une des explications de la noirceur de la peinture de Bacon. Ils vont même plus loin en comparant les goûts sexuels de Bacon et Vaughan, tous deux sadomasochistes et l’on apprend que si Bacon préférait Soho pour draguer, Vaughan lui arpentait les parcs londoniens (moi aussi mais c’est pour photographier les écureuils et les différents volatiles qui les peuplent).
Enfin une visite à la Tate britain est une leçon d’athéisme magnifiquement illustrée. Bacon nous montre, avec, o combien de talent, que l’homme n’est qu’une carcasse en devenir, un animal comme un autre. Dans certains de ses tableaux les plus forts, on ne sait si l’on admire l’anatomie d’un humain ou celle d’un grand singe...

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L’exposition se termine le 4 janvier 2009 à la Tate Britain. Elle migre ensuite au Prado à Madrid du 3 février au 19 avril 2009, puis au Metropolitain de New-York du 18 mai au 16 août 2009.
Nota: En cliquant sur le lien suivant: http://goo.gl/P8UCH, vous pouvez écouter une émission de France-Culture dans laquelle Pierre Descargue s'entretient avec Francis Bacon, le 12 juillet 1976.

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Installation de Velda Lleisa au musée d'art moderne de Barcelone

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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pour se souvenir de l'exposition Zoran Music à Barcelone

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Si vous êtes dans les parages de Barcelone ces prochains jours, il ne vous reste plus que jusqu’au 25 mai, pour vivre une expérience artistique, certes inconfortable, que vous n’oublierez pas de sitôt. Je veux parler de la rétrospective Zoran Music  sise dans l’espace dévolu à l’art dans La Pedrera (casa Mila) l’extraordinaire immeuble construit par Gaudi au début du XX ème siècle à l'angle du Passeig de Gracia et de la rue Provença. Comme vous vous en êtes peut être déjà aperçu je ne considère pas que la peinture est faite pour faire joli au dessus du canapé ni qu’elle doit être uniquement l’objet de spéculations financières. Il est incontestable que celle de Zoran Music n’entre pas dans ces deux catégories.

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Zaran Music est né le 12 février 1909 à Bukovica, hameau de Gorica (Gorizia), ville aujourd'hui traversée par la frontière italo-slovène et qui fait alors partie de l'Empire austro-hongrois.  Zoran Music était un jeune peintre italien qui peignait des paysages vénitiens lorsqu’en 1944 la Gestapo vint l’arréter pour le déporter au camp de concentration de Dachau. Il sera libéré en 1945. Durant son enfermement il réalise quelques dessins de << Ce qui intéressait un peintre >> déclarait-il. On peut en découvrir quelques uns dans l’exposition. Ils provoquent pour ma part ma première interrogation comment un déporté pouvait dessiner, avoir du papier, des crayons... L’exposition est muette sur le sujet, comme sur beaucoup d’autres et nous laisse dans l’expectative. Ensuite je suis également surpris, mais sans doute naïvement, que Zoran Music choisisse de représenter des vues de son enfer et n’essaye pas de s’en évader en fouillant sa mémoire pour refaire vivre sur une feuille des images de son bonheur perdu. Ce qui me fait penser que Dachau était un lieu que l’on ne pouvait pas quitter même par le songe.

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Après sa libération Music reprend ses pinceaux là où il les avait quittés et peint de nouveau des vues de Venise qui font penser aux tableaux de l’italo français Toppi. Mais après quelques temps il se sent mal à l’aise et sous la pression du temps, se tourne vers l’abstraction alors dominante. C’est un échec, le peintre le reconnaît lui même.

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Pendant plusieurs années il abandonne la peinture pour se consacrer au seul dessin et là, petit à petit, resurgissent les images refoulées du camp qu’il va ensuite transcrire sur la toile. C’est la période la plus forte d’une oeuvre qui comme on le voit comporte des moments bien distincts dans et il faut bien le dire d’une qualité très inégale. Ces toiles sont terribles et inoubliables, semblables aux dessins réalisés “sur le motif” durant sa captivité; très peu colorées, d’une matière maigre, avec une prédominance du dessin elle donne au spectateur un sentiment de gène qui se transforme en grand malaise à être devant ses corps suppliciés dans la position d’un glauque voyeur. A tel point que j’ai eu beaucoup de difficulté à photographier  les œuvres, presque honteux de le faire. On sent que ces peintures ont été un véritable exorcisme pour l’artiste et que leur réalisation était vitale pour qu’il se débarrasse de ses fantôme. Seul un ancien déporté à le droit de faire de telles tableaux.

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Dans ses toutes dernières années Zoran Music a retrouvé la puissance de ses toiles inspirées de son expérience du camp de concentration avec la série de ses autoportraits où on le voit corps, cette fois ravagé par le temps... Il est mort le 25 mai 2005 à Venise.

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pour se souvenir de la collection Sigg d'art chinois contemporain à Barcelone

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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L’exposition que je vous conseille de visiter, jusqu’au mai 2008 à la fondation Miro à Barcelone, est dans la ligne de celle du “sot art”  russe que l’on a pu voir l’année dernière à la Maison rouge à Paris. Elle porte un titre savoureux que l’on peut traduire en français par “Rouge à part”... Elle comporte 80 travaux de 51 artistes chinois.
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Paysages chinois tatouage n°4 photographie de Huang Yan.
L’idée commune de toutes ces œuvres est la contestation des régimes autoritaires, à la Maison rouge, celui de Moscou, à Barcelone, de Pékin. On retrouve par exemple souvent la même confrontation, à Pékin comme à Moscou, dans une image entre un symbole du communisme ou de la civilisation chinoise et un archétype de la société de consommation, pour ces artistes Coca Cola en semble être le drapeau idéal. Mais cocorico Chanel est aussi  mis au pinacle de l’occident dans l'installation de Wang Guangyi pour lequel on peut parler de pop art chinois.

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On peut tout de même remarquer d’emblée une différence sensible. Le “sot art” n’hésite pas à mettre en situation, pour les ridiculise, les dirigeants russes actuels, en particulier Poutine, alors que les œuvres exposées à Barcelone semblent se limiter surtout à la critique de l’époque maoïste. On peut néanmoins remarquer un tableau représentant la place Tiananmen  dans lequel la foule qui s’ y est massée semble être composée que par les ectoplasmes des étudiants massacrés.

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Derrière la porcelaine de Xu Yihui "Le garçon lisant le livre de Mao, on aperçoit La place de Tiananmen de Yin Zhaoyang

Il serait néanmoins réducteur de ramener “Rouge à part” à une exposition uniquement politique ou méta politique. Par exemple  les photographies de Liu Zheng, de O Zhang, de Zhang Huan... ne relèvent pas de cette catégorie.

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photographie de Wang Ningde.

Il est pourtant difficile, pour un visiteur occidental, de ne pas se focaliser, surtout dans le contexte actuel, sur les œuvres les plus politiques, celle ci dessous résume une partie de l'exposition.

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Art and politics de Wang Guangyi.

La contestation chinoise est ici souvent joyeuse et parodique. L’humour est heureusement bien présent comme dans le tableau de Shi Xinning où Mao septique (?) scrute l’urinoir de Duchamp.

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Comme on le voit les références à l’art occidentale sont constantes, Mao dans la toile de Yu Youhan peint à la façon de la Marilyn Monroe de Warhol, les accumulations à la manière d’Arman, photographiées par Hong Hao.

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Si presque toutes les pièces exposées relèvent de l’art figuratif, on ne trouve aucune trace d’une peinture naturaliste chinoise dont est issu au moins un grand peintre, Dong (voir le film que lui a consacré Jia Zhang Ke, disponible en bonus du dvd de “Still life” chez MK2)...

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une toile de dong que vous ne verrez pas à Barcelone
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“Rouge à part” ne se veut pas un panorama exhaustif de l’art chinois contemporain. Il faut rappeler que toutes les pièces viennent d’une seule collection particulière, celle de Uli Sigg qui comporte aussi bien des œuvres que pour aller vite je vais qualifier de contestataires, c’est celle que l’on peut voir à la fondation Miro, que des installations des plus avant gardistes, sans oublier des peintures d’un pure style réalisme socialiste de la période maoïste, absentes à Barcelone.

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Tableau type du réalisme socialiste maoiste (reproduction photographié dans la boutique du musée).

80476.Uli Sigg, homme solitaire, est le plus influent collectionneur d'art contemporain chinois dans le monde. Sa collection est riche de 1200 pièces des toiles, des vidéos, des photos, des sculptures, des installations... qu’il rassemble depuis la fin des années 70. Uli Sigg est un grand nom dans le monde de l'art contemporain chinois. On peut même craindre, même s’il n’est pas un acheteur complètement hégémonique ( il y a aussi notamment le baron belge Guy Ullens de Schoten mais dont la collection est moins contestataire, elle a été exposée  dans la capitale chinoise), que ses choix influencent celui-ci. Ambassadeur de Suisse à Pékin de 1995 à 1998, Il est aujourd’hui le vice-président de Ringier Holding AG, la plus importante société de médias suisse.  Sa collection comprend des oeuvres créées par 160 artistes qui sont rares dans les musées nationaux chinois ou les galeries de Pékin ou de Shanghai, ce qui n’ étonnera guère.

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collage de Luo brothers

Il est évident que la collection ne pourrait pas être montrée en Chine. Pendant son séjour en Chine, Uli Sigg commença par acquérir (avec la discrétion de mise chez les entrepreneurs et les diplomates) les travaux d'artistes correspondant à ses centres d'intérêts, certes variés, mais toujours empreints de la culture occidentale. Il s’est surtout intéressé à la transition entre le réalisme socialiste et l’art international en vigueur dans les grands musées d’art contemporain. Par la suite il a recherché a établir un panorama exhaustif de l’art chinois contemporain. Ainsi aujourd’hui le plus grand musée d'art chinois contemporain ne se trouve pas en Chine, mais près de Lucerne, au château de Mauensee. Le public n'y a toutefois pas accès, cette propriété étant la résidence de Rita et Uli Sigg. L’exposition de Barcelone est donc une occasion unique de pouvoir la découvrir.

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collage de Luo brothers

Le collectionneur est bien conscient de la mutation de l’art en Chine: << il y a 25 ans lorsque j’ai commencé à collectionné  l'art contemporain chinois, il y avait là l’art “mondialisé” et à coté l’art chinois. Mais maintenant nous les voyons les rapprocher. Ils vont fusionner à l'avenir... La production est totalement libre. Mais pas l'exposition, puisqu'elle empiète sur l'espace public. Ce qui veut dire: pas de Mao, pas de sexe! Et étonnamment, c'est plus strict à Shanghai qu'à Pékin. Je ne sais pas vraiment pourquoi. J'en ai parlé avec beaucoup d'artistes, personne ne peut l'expliquer... >>.

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Zhang Xiaogang
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Avant Barcelone, un échantillonnage de la collection avait été montré en 2005 au Kunstmuseum de Berne et en 2006 à la Hamburger Kunsthalle de Hambourg. On peut toutefois espérer que cette manifestation voyagera et que d’autres institutions de par le monde, et en particulier à Paris, seront bientôt intéressées par cette formidable collection qui, en attendant, bénéficie à Barcelone d’une très belle présentation où chaque œuvre est bien mise en valeur, peut respirer et n’entre pas en confrontation avec sa voisine.

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Les commissaires de l’exposition ont sélectionné des œuvres lisibles (ils ont par exemple écarté les vidéos et les œuvres trop autobiographiques)  pour un public cultivé occidental un peu au fait de l’histoire récente de la Chine et de l’histoire de l’art. Car la plupart des peintures (ce n’est pas le cas pour la photographie) que l’on voit s’incrivent fortement dans un courant post modernisme revisitant les œuvres de l’art du passé. Le plus savoureux exemple est “La liberté guidant le peuple” interprété par Yue Min Jun. Le tableau fait partie d’une vaste installation, “An 2000” comprenant, outre le tableau pré cité, un autre où des personnages semblables, auto portrait de l’artiste, toujours s’esbaudissant, sont comme “connectés” entre eux formant une chaîne continue. L’oeuvre fait aussi un clin d’oeil à l’art chinois traditionnel. Les 25 clones hilares de l’ouvrier moderne, encore Yue Min Jun, sont le pendant moderne de l’armée de l’empereur enterré près de son tombeau pour le garder dans l’au delà.  Trois éléments qui dénoncent l’esprit moutonnier du peuple et son formatage par l’état.

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D’autres artistes préfère relirent l’art traditionnel chinois pour en donner une nouvelle vision. Ainsi c'est la calligraphie (on ne peut que constater combien dans de nombreuses oeuvres est présente une trace d’une écriture qu’elle soit chinoise ou occidentale) dans les photos de Zhang Huan qui est mise au service d’une critique de la surinformation.

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photographie de Zhang Huan.

Les artistes n'ont pas seulement échoué à abandonner leurs racines artistiques spécifiquement chinoises, de l’antiquité à la tradition du réalisme socialiste de la fin des années 1970 ,mais les revendiquent et ont en fait, relancé leurs pratiques tel les délicieuses et ironiques porcelaines de Geng Xue.

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Pour ce faire une idée de la cote des artistes chinois et de l’ engouement, le mot est faible, qu’ils provoquent, lors des enchères d'art contemporain qui se sont déroulées à Londres en octobre 2007, le tableau “Exécution (1995) de  Yue Min jun a été cédé par la sociétéSotheby's pour près de 7 millions $. Mais parfois les motivations artistiques semblent bien loin comme le dénonce l'artiste Yan Pei Ming, né à Shanghai en 1960, mais qui vit à Dijon depuis vingt-cinq ans, << ... Le marché de l'art chinois est exclusivement créé par les spéculateurs. Je ne veux pas vendre là-bas. Les acheteurs n'y sont intéressés que par l'argent. Il est très rare d'y rencontrer de vrais collectionneurs... >>.

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Zhang Xiaogang, bien représenté à la fondation Miro est exposé en France par Catherine Thieck de la Galerie de France . Cette année, lors d'une vente Sotheby's à New York, une de ses toiles de 1998 intitulée " Camarade no 120 ", qui semble reproduire la photo en noir et blanc d'un homme et dont le papier aurait été abîmé au niveau du visage, a été adjugée 979.000 $.

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Zhang Xiaogang

Toujours en faisant le parallèle avec le “sot art” on ne peut manquer de constater que la qualité “artisanale” des créateurs chinois est très supérieur à celui des russe. D’autre part du moins dans les pièces de la collection Sigg, le souci du beau semble être constant chez la quasi totalité des artistes représentés. Les chinois ont parfaitement intégré les techniques de l’art occidentale, des plus classiques aux plus novatrices. Ils ont bien compris aussi que la provocation était une arme médiatique efficace en témoigne ici cette colonne formée de cendres humaines ou à Berne ce fœtus dans le formol auquel on avait greffè une tête de mouette et qui avait fait scandale.

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Lors de ma visite les gardiennes, banalisées mais repérables, ce sont les seules qui semblent s’ennuyer, sillonnent l’exposition en poussant leurs babouches avec douleur, avec comme but principal d’interdire les photos. Comme vous pouvez le constater elles ne sont pas toujours efficaces, d’autant plus que l’une d’elle, ce matin là était très intéressé par le journal du jour que “lisait” le personnage de la sculpture hyper réaliste de Ai Wei Wei. Notre gardienne était plongé dans  les potins qu’elle déchiffrait par dessus l’épaule de l’avatar humain...

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Si vous êtes timorés coté photographies volées, achetez le splendide catalogue qui reproduit très bien presque toutes les œuvres. Le texte est en catalan mais à la fin de l’ouvrage on trouve une traduction en espagnole et en anglais. Et puis en ce qui me concerne il est indispensable pour retenir les noms des artistes que malgrè mon admiration je ne parviens pas à mémoriser. Enfin vous pourrez faire aussi comme moi s'amuser avec en ajoutant aux photos érotique des reconstitution des harems impériaux de  Liu Zheng des pims maoistes.

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Cette exposition témoigne du grand changement depuis l'ère Mao et de la très relative libéralisation du régime non si on le compare à l'occident mais à celui en vigueur à l'époque du "grand timonier". Si on peut être agacé par quelques provocations faciles, Il n’en reste pas moins que la Chine compte aujourd’hui des artistes de grande valeur il suffit pour s’en apercevoir de se rendre à la fondation Miro jusqu’au 25 mai 2008.

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photographie de Liu wei.   

Commentaires lors de la première édition du billet

J'ai vu cette expo également. Bravo ! tu as réussi à déjouer les rondes vigilantes des cerbères anti-photos ;-) j'en ai prises qqs unes aussi. Une expo inattendue !
Posté par Altarande, 22 mai 2008 à 13:08

réponse à Altarande

Merci pour ton commentaire. Cette interdiction de photographier m'énerve toujours au plus haut point surtout que presque toujours j'achète les catalogues des expositions que je visite. Mais dans ceux-ci il n'y a jamais des vues de l'accrochage qui nous est montré et ce qui m'intéresse de photographier, plus qu'une oeuvre en particulier, c'est la confrontation ou la coexistence des toiles mais c'est impossible à faire comprendre aux zélés cerbères même lorsque l'on est invité au vernissage et accompagné par un des peintres exposés comme ce fut le cas lors du vernissage de la Figuration narrative une exposition à ne pas manquer je le répète.

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