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374 articles avec grandes expositions et musees

Pour se souvenir quand Xavier Veilhan a investi le château de Versailles

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Que sous l'égide de monsieur Aillagon, un artiste contemporain investisse le Palais de Versailles et son parc est une excellente idée, faut il encore trouver un artiste dont l'oeuvre a une cohérence pour occuper une pareille vastitude tel était le cas, quoi que l'on pense de son oeuvre, l'an passé avec Jeff Koons et il devrait en être de même en 2010 avec Murakami. Cette année il me semble que Xavier Veilhan ne remplit pas cette condition tant ce qui est montré, sept sculptures-installationssculptures-installations inédites, dans cet auguste lieu est hétéroclite.

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Je ne vois pas la pertinence, malgrè la "prière d'insérer" placée aux grilles du palais et qui nous éclaire bien peu, entre le bel et inquiétant attelage dans la cour d'honneur et le gisant ( Gagarine couché ) ou les différentes installations dans les jardins et encore moins avec la kyrielle de sculptures représentant des architectes (Lord Norman Foster, Richard Rogers, Claude Parent, Renzo Piano, Kazuyo Sejma, Philippe Bona, Elisabeth Lemercier, Tadao Ando) plus ou moins célèbres comme juchés sur des échasses. Quelle est la relation de tout cela avec le jet d'eau qui d'après l'artiste dans "Beaux arts" de septembre est un hommage à Brancusi et la manière d'injecter du vent dans l'art et la sculpture... ou avec cette lune noire qui se découpe élégamment sur le vert du gazon.

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Aucun de ces élément ne sont désagréables en tant que tel, ni par eux mêmes, ni placés dans les prestigieux lieux avec lesquels ils dialoguent mais on ne voit pas ce qu'ils ont faire entre eux.
L'oeuvre la plus spectaculaire et la seule qui me semble en parfait accord avec les lieux, est le carrosse fantomatique violet stoppé dans sa course échevelé que l'on aperçoit avant même d'avoir pénétré dans l'enceinte du palais. Il semble être un assemblage d'origamis géants qui inquiète par sa couleur de demi deuil semblant être la matérialisation d'une de ces légendes d'attelage fantôme qui jadis faisait trembler les campagnes.

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L'ensemble le plus spectaculaire est celui des statues des architectes. Xavier Veilhan expliquait, il y a quelques jours sa démarche au "Figaro" <<>>.

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certes, certes mais on aimerait bien connaître cette liste idéale et savoir quel critère à présidé à ce que certaines effigies soient stylisées à l'extrême alors que d'autre comme celle de Claude parent sont traitées, du moins en partie, avec un hyperréalisme assez étrange.

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Les statues sont plus grandes que nature, environ deux mètres vingt pour les personnages debout, qui noires se détachent sur la pierre blonde du château. Elles offrent en outre un saisissant contraste avec les statues classiques qui ornent le parc.

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Comme Jeff Koons ou Murakami, Xavier Veilhan, qui déclare concevoir ses oeuvres à une mystérieuse intersection entre passé et futur, travaille avec de nombreux assistant. Il y a peu il apportait dans "Le Monde" des précisions sur le sujet:<<>>. On voit avec quelle modestie Veilhan sait prendre place dans une prestigieuse lignée...

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J'ai réalisé toutes les images de ce billet le 11 septembre 2009 .

Tout cela agrémentera vos conversations (jusqu'au 13 décembre) lors de votre promenade dans l'un des plus beaux parcs du monde.

 

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Pour se souvenir de GILBERT & GEORGE, Jack freak pictures chez Thaddaeus Ropac, Paris

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Gilbert et George ne nous avaient plus donner de nouvelles depuis leur magistrale rétrospective à la Tate Modern de Londres en 2007. C'est avec plaisir que je les ai retrouvé hier à la belle galerie parisienne Thaddaeus Ropac où ils exposent leur production de 2008 jusqu'au 1 aout, l'exposition vient de Berlin.

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C'est toute (?) la production de 2008 de nos fameux duétistes qui nous est présenté... dans le catalogue. En effet ce n'est environ qu'un cinquième des oeuvres de la série qui sont mises en majesté sur les belles cimaises de la galerie parisienne. Ce qui est néanmoins suffisant à notre bonheur. Si vous n'êtres pas parisiens aux dates françaises vous pourrez en voir d'autres oeuvres (les dates de certaines expositions se chevauchant) ou les mêmes en partie, dans les lieux suivants:
à Londres à la White cube du 10 juillet au 22 aout
à Bruxelles à la Baronian-Francey du 10 septembre au 31 octobre
à Salsbourg à la galerie Thaddaeus Ropac du 3 octobre au 21 novembre
à Athène à la galerie Bernier/Eliades du 19 novembre 2009 au 9 janvier 2010
à Naples à la galerie Alfonso Artiaco du 18 décembre 2009 au 6 février 2010
Il est en outre possible que cette exposition traverse l'Atlantique et/ou se dépayse encore ailleurs, si vous avez des informations à ce sujet n'oubliez pas de me les indiquer.

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Cette fois c'est la banière de l'Union Jack qui est le fil rouge de cette dernière série. Les habitués de nos deux compères ne seront pas dépaysés par cette exposition. On y retrouve comme toujours le échos des préoccupations qui hantent les deux artistes depuis leurs débuts, le désir de liberté sous toutes ses formes, à commencer par sexuelle, une dénonciation de toutes les oppressions et des obscurantismes religieux. Les allusions directes à l'actualité, comme la guerre en Irak, sont nombreuses dans les images qui nous sont proposées. Les imaginatifs trublions brocardent toujours autant les pouvoirs en place en se mettant en scène dans des poses et des formes toujours plus incongrues créant une sorte de panthéon d'icones de leur propre image toujours recommencée.

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Quant à la forme Gilbert et Georges sont toujours fidèle à leur formule, de grands formats presque toujours horizontaux découpés en carrés égaux. Dans Jack freak pictures les trois couleurs du drapeau du Royaume uni dominent. Ce que j'aime chez Gilbert & George c'est que leur technique ultra sophistiquée qui mélange photo, peinture, collage et depuis peu art numérique est au service d'oeuvres immédiatement lisibles pour le plus grand nombre dans le monde entier tout en étant typiquement anglais.
Lors de votre visite n'oubliez pas d'acheter le magnifique catalogue qui reproduit toute la série de Jack freak sur 150 pages en couleur grand format à l'italienne pour le prix ridicule de 10€! C'est la manière qu'on Gilbert & George de rendre accessible à tous leur travail, un grand bravo aussi pour ce geste bien peu courant dans le monde de l'art contemporain...

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pour se souvenir de Rétromobile 2009

Publié le par lesdiagonalesdutemps

J'ai quelques rendez-vous qui me sont incontournables et qui rythment l'année, Roland-Garros, Art-Paris, la FIAC, le salon du livre et Rétromobile. Février c'est donc chaque année le moment d'admirer les engins de rêve d'antan.

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Ces belles machines embarquaient de véritables oeuvres d'art comme ce bouchon de radiateur.

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Chaque année un thème donne une couleur particulière au salon, cette année, crise oblige ce sont les tentatives d'hier pour remplacer l'essence, voitures électriques et gazogènes de la dernière guerre. On peut les découvrir en vraie grandeur ou sous la forme de voitures miniatures.

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Les voitures de course d'hier me font toujours rêver, alors que je trouve que celles d'aujourd'hui ne ressemble plus à rien.

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Chaque année il y a se stand entre chic et kitch l'incongruité de rétromobile.

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Quelques fois le rafinement va se nicher dans un détail comme cet enjoliveur en forme de chapeau chinois.

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Vous n'avez plus que jusqu'à demain soir pour vous rendre Porte de Versailles pour admirer ces merveilles.

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pour se souvenir du salon d’automne de Sanary 2008

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Alemany
On se gausse trop souvent, et généralement malheureusement à juste titre des salons de peinture municipaux pour ne pas saluer la qualité de celui de Sanary. Déjà en 2007, sur le thème de la plage, j’avais été surpris de la qualité des œuvres exposées. A l’époque je ne vous avais pas malheureusement parlé de cette exposition. J’avoue que je suis loin de chroniquer tout ce que je vois aussi bien au cinéma que dans les diverses expositions dans lesquelles j’use mes semelles, en raison de ma nonchalance et aussi pour que ce blog ne devienne pas trop chronophage.
Cette année le salon d’automne de Sanary rassemble des œuvres autour de la thématique de la ville sous le mot valise très lacanien “l’Artchitecture”, un peu à l’instar de ce que faisait le feu, et pour ma part bien regretté salon “Les peintres témoins de leur temps”. Les organisateurs cependant sont assez libre et peu prisonnier de leur thème pour exposer également des toiles et des sculptures abstraites. On peut donc admirer sur trois niveau surtout de la peinture et de la photographie mais aussi de la sculpture des installations et une vidéo.
La municipalité de Sanary a eu l’intelligence de passer par l’intermédiaire de galeries, mais pas seulement, comme la galerie Boulet et Frank Le Feuvre. Ce qui donne une teinte, tout en étant pas exclusive, de merveilleux fantastique à la manifestation. Cette alliance des salons avec les galeries est ce que je préconisais, voilà déjà près de vingt ans, lorsque j’étais président de la section photographie du Salon d’automne, qui alors se déroulait dans la nef du Grand Palais, immédiatement après la FIAC dont nous rachetions les cimaises, sous la prestigieuse et bienveillante férule d’Edouard Mac Avoy. Malheureusement je n’ai pas été entendu et le Salon d’Automne est aujourd’hui en déshérence...
Dés mon arrivée dans la ville, l’affiche du salon m’avait immédiatement attiré l’oeil. En effet j’y avais reconnu “la patte” d’Alemany, ce qui ne m’était guère difficile puisque un tableau de se peintre décore ma salle à manger.

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Alemany.

Mais contrairement aux toiles de cet artiste qui, dans les années 80  , représentaient surtout des coins de rue, où l’on pouvait reconnaître Barcelone, qui semblaient abandonnés par le genre humain depuis plusieurs années, celles proposées à Sanary, si elles possèdent toujours une discrète touche fantastique,   ne sont plus désertées par la population et les cités représentées sont maintenant un mélange de Paris, Barcelone et Londres.

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Alemany.

L'intérèt principal de l’exposition réside dans la chance exceptionnelle de pouvoir admirer les toiles d’ un grand peintre français, Verlinde  . Sa notoriété en France n’est pas à la hauteur de son talent (ni de sa cote) pour deux raisons, d’abord parce qu’il produit peu, ce qui est compréhensible lorsque l’on voit la complexité de ses peintures, et ensuite parce qu’il privilégie les marchés américains et japonais. Maître d’un art visionnaire, ses peintures sont un foisonnement d’images truculentes, inquiétantes et symboliques qui le place dans l’héritage directe de Bosch.

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détail du triptyque
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oeuvre de Verlinde.
Plus que ses toiles entières j’ai surtout photographié des détails des peintures de Verlinde. Autre peintre de la galerie Boulet   Jean-Pierre Alaux qui jadis fut un de mes collègues au comité du Salon d’Automne de Paris, présente ses compositions un peu trop démonstrative comme sa vision de Berlin. Ce n’est pas sans émotion que sur les tableaux de Jean-Pierre Alaux, j’ai reconnu son épouse dont je n’ai que de bons souvenirs, qui fut son égérie et, qui malheureusement aujourd’hui est décédée.

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Berlin
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version de Jean-Pierre Alaux de l'ile des morts.

Ces peintres reconnus de la peinture figurative sont accompagnés d’artistes plus jeunes et moins célèbres mais qui sont, pour ma part, de belles découvertes (j’ai fait mon choix parmi les intervenants) comme celle d’ Eric Tanguy avec ses vues de boulevards mouillés de grandes métropoles ou encore celle de Marc Golstain qui sait remarquablement rendre la réalité de la banlieue pavillonnaire. Décidément j’avais rendez vous avec mon passé dans ce salon car j’ai reconnu dans les tableaux de Golstain des rues que j’ai parcourues dans ma jeunesse.

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Eric Tanguy
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Marc Goldstain.
J’avais déjà vu les peintures américaines hyperréalistes d’Eric Peyret dans sa galerie parisienne, je les ai retrouvées avec plaisir ici notamment sa version du Brooklyn bridge que j’espère refouler sans trop tarder.

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Eric Peyret.
L’installation astucieuse de Sophie Caminade figurant une ville à l’aide de vieilles enveloppe m’a fait penser à la représentation de New-York dans le film Shortbus.

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Enfin je m’en voudrais de ne pas mentionner le photographe Jean-Paul Bouck qui démontre qu’un artiste peut ancrer sa création dans le local et en faire quelque chose de tout à fait extraordinaire dans tous les sens de ce mot.

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J’espère cher lecteur que vous nêtes pas trop loin de cette belle exposition, qui même si contrairement à moi elle ne ravive pas en vous des souvenirs personnels, saura, j’en suis sûr, vous émerveiller.

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Je ne peux même pas te voir en peinture, musée Berardo à Lisbonne

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Je vais vous proposer une promenade dans la collection Berardo de Lisbonne, promenade que j'ai faite moi-même il y a quelques semaines et que je vais essayer de me rémémorer. Que les spectateurs qui ont eu la bonne idée de visiter l'exposition Berardo, nom qui était un peu abusif, qui était présentée il y a quelques mois, en novembre 2008, à Paris au musée du Luxembourg et dont malheureusement je n'ai pas eu le temps de vous parler malgré son excellence, ne se croient pas dispensés de cette visite car ce qui était au Luxembourg, n'était qu'un petit échantillon de ce qu'il pourront voir à Lisbonne. L'affiche de l'exposition parisienne était 
Great American Nude de Tom Wesselmann qui aurait eu tout à fait sa place dans la thématique actuelle présentée par le musée mais que je n'y ai pas vu (ce qui est on ne peut plus normal puisque cette sélection de la collection se promène encore de par le monde, elle était à Strasbourg encore la semaine dernière...).
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Great American Nude de Tom Wesselmann, 1963.  
Cette collection a été constituée par un richissime industriel portugais, Joe Berardo. Il est né en 1944 sur l'île de Madère, 
José Berardo est l'un des plus importants entrepreneurs portugais. Emigré en Afrique du Sud à 19 ans, il y fait fortune en exerçant ses activités dans plusieurs domaines (vin, banque, télécommunication, or). Collectionneur invétéré, il se lance, à son retour au Portugal en 1986, dans l'art moderne et contemporain. Grâce à un partenariat avec l'État portugais signé en 2005 ( à l'image de ce qui a été fait pour la collection Thyssen à Madrid), pour la constitution d'une fondation portant son nom, une partie de la collection Berardo, soit 862 oeuvres, est désormais présentée au Centre culturel de Belém.
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José Berardo
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José Berardo, en regard des pièces qu'il a amassées peut être considéré comme le parangon du bon goût du XX ème siècle (c'est ce que l'on peut espérer bien que dans cette volonté d'être exhaustif on ne sente guère de goût personnel). D'ailleurs une anecdote, probablement légendaire, en dit beaucoup sur le personnage: En 1969 à Johannesburg, Joe Berardo achète un tableau qu'il aime énormément. Il découvre cependant quelques jours plus tard qu'il s'agit d'une simple copie. Sa femme lui apprend alors que s'il souhaite acquérir l'original, il lui faudra le subtiliser au Louvre. Il s'agissait en fait d'une reproduction de la Joconde. Depuis cet époque, le petit amateur d'art est devenu un collectionneur érudit. En vingt ans, ce collectionneur avisé s’est constitué un trésor, qui couvre toutes les grandes écoles artistiques du XXe siècle. soit près de 4 000 œuvres, signées par des maîtres comme Andy Warhol, Pablo Picasso, Salvador Dalí, Marcel Duchamp, René Magritte, Joan Miró, Francis Bacon, Jackson Pollock, Yves Klein, Jeff Koons et bien d’autres encore.
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Nectar 2006 de Joana Vasconcelos.
Le concept du musée se « veut dynamique, didactique et flexible », rappelle un peu le fonctionnement des musées Guggenheim. Comme ceux-ci le musée Berardo a le souci de présenter son fond par alternance thématique ; celle du moment est la peinture figurative dans la deuxième moitié du XX ème siècle. Le musée Berardo est un des musées de peinture moderne les plus intéressant au monde. Il peut être comparé au Moma, à la Tate modern ou au centre Pompidou. Il est situé sur les rives du Tage, au coeur du quartier historique de Belèm. situé en face du monastère des Jerónimos.
On est accueilli par une sculpture de Moore (voir la photo que j'ai placée en entrée de ce billet). Puis juste avant l'entrée par 
Nectar 2006 de Joana Vasconcelos. J'ai hésité a écrire beau pour le musée Berardo, à cause de son aspect extérieur, le bâtiment est du aux architectes Vittorio Gregotti etManuel Salgado , son coté bunker sur le Tage m'a un peu interloqué. Mais son intérieur est un écrin parfait pour cette collection exceptionnelle et cette architecture peut séduire par sa rigueur.
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Les trois photos ci-dessus sont de Timothé Rolin.
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Sous un titre provocateur, " Je ne peux même pas te voir en peinture", le nouvel accrochage temporaire de la collection, nous propose une déhambulation dans la peinture figurative de la deuxième moitié du XX ème siècle. Les abstraits ont donc été momentanément bannis des cimaises, néanmoins quelques uns semblent avoir été oubliés! La présentation qui n'est ni complètement chronologique et encore moins géographique ne semble que se soucier que de la fluidité du regard du visiteur ce dont je ne me plaindrais pas mais il faut tout de même savoir que cette installation est en rien didactique.
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Chevy, 1965, Robert Bechtle ( 1932 - )
On commence la visite par une salle où se trouve, ce que j'appellerais, faute de mieux, la peinture illustrative américaine, il ne faut pas voir dans ce terme une quelconque connotation péjorative. C'est un peu du Norman Rockwell de chevalet. Tableaux qui semblent, comme les planches du célèbre illustrateur vouloir donner une idée heureuse et aseptisée de l'Amérique d'Eisenhower. Robert Bechtle semble par exemple vouloir avec constance peindre le bonheur d'être américain. On peut remarquer que souvent les tableaux de Bechtle sont légèrement en plongée, comme vus de sa fenêtre. Bechtle qui est le peintre hyperréaliste que je préfère, moins froid qu'Estes par exemple, peint des images de gens ordinaires et de leurs ordinaires voitures dans des rues californiennes inondées de soleil. Mais le véritable sujet de Bechtle n'est pas une pontiac ou une chevy son souci est d'abord d'arréter le temps.
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Ida Tursic & Wilfried Miele

Mais c'est parfois tout un roman que l'on peut imaginer à partir de telle toile. C'est ce qui fait le charme de la peinture narrative, lorsque l'histoire proposée reste ouverte et n'est pas fermée sur elle même comme c'est trop souvent l l' hyperréalisme n'est représenté que par un Tom Blackwell de 1972, "Gary's Hustler" et par 
Robert Cottingham ( 1935 - ). On voit combien l'automobile et plus généralement la mécanique sont présentes dans la peinture figurative américaine de cette période. Ces deux artistes cadrent des détails du paysage urbain américain pour les mettre en majesté sur la toile.
Blackwell dont les sujets de prédilection sont les motos et les reflets dans les vitrines appartient à la première génération des hyperréalistesaméricains des années 60 et 70, Blackwell transpose ses photographies enpeinture créant une ambiguïté entre ces deux modes de représentation du réel.
Un peu dans le même genre on m'avait promis des Malcolm Morley mais je ne les ai pas trouvé. Ils devaient être en promenade.
Il est amusant de repérer une toile signée du couple serbo-français, Ida Tursic & Wilfried Mille que l'on pourrait croire issue de cette école américaine photoréaliste à coté de laquelle elle est accrochée, et peinte dans les années 50 ou 60 alors qu'elle date des années 2000 et qu'elle a été peinte à... Dijon!
A ce propos quel plaisir de voir des peintres figuratifs contemporains français exposé dans un musée. Ce qui est extrêmement rare en... France! Il faut donc aller jusqu'à Lisbonne pour pouvoir admirer un des plus grands peintres français de la deuxième moitié du XX ème siècle. Je veux parler d'Eugène Leroy.
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Eugène Leroy.

D'ailleurs un des plus grands chocs de ma visite m'aura été donné par un peintre français, Damien 
Deroubaix , un artiste né en 1972 qui semble vouloir ressusciter l'expressionisme. Il n'hésite pas à associer des scènes de bondage à des slogans musicaux. On y trouve aussi bien Lenine que la svastika! Damien Deroubaixexploitent une esthétique trash en clair-obscur, où le dessin raffiné va de paire avec une extrême violence .
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Damien Deroubaix
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Damien Deroubaix

Autre grande découverte, cette fois portugaise, 
Paula Rego.Les oeuvres de cette artiste m'ont immédiatement fait penser à celles de Garouste (assez étrangement absent alors que la peinture française, une fois n'est pas coutume dans une exposition internationale, est sur représentée). Comme le français Paula Rego puisse son inspiration dans sa vie, revisite les grands mythes et les grandes oeuvres littéraire, mais avec o combien plus de resource dans sa palette et probablement dans son coeur que Garouste et surtout sans la vulgarité de cette peinture grasse aux empâtements encombrants que j'appelle de la peinture au beurre et qui m'empêche chez garouste de voir plus loin que la matière sur la toile. Paula Rego continue la grande tradition de la peinture de légendes ou de contes mais elle ne les illustre pas.  
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IMG_4779. Paula Rego, "The Barn", 1994
Paula Rego fait une peinture narrative qui relève du réalisme magique que je suppute à la fois en partie autobiographique et très influencée par la psychanalyse. Elle me semble pour le moment le seul artiste qui peut se revendiquer d'une partie de l'héritage de Balthus (dans "celestina's house par exemple, qui n'est pas à Barcelone, il y a une citation facilement repérable de Balthus). 
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Ci-dessus, voilà deux beau garçons que l'on a envie de rejoindre sur le mur. Rien de plus facile puisqu'ils sont peint sur un miroir...
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Plus loin un Warhol à la bouche carmin bien sensuelle.
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Une curieuse installation d'Alexandre Perigot, ci-dessus, un peu déplacée dans ce contexte très peinture-peinture, dans laquelle une stucture tubulaire effectue une danse du ventre (mousmé d'acier?) alors que sur un écran une grasse "beautée" orientale se trémousse au son d'une musique idoine sur fond de photographies de derricks. J'y ai vu une incitation a récupérer les puits de pétrole sahariens, mais peut être que ma raison s'est égarée un instant.
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Ci-dessus deux Baselitz dans la grande tradition du peintre allemand.
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Après le coup de poing des toiles de Damien Deroubaix, on arrive sur un autre tenant de la peinture à l'estomac en la personne de l'allemand JorgImmendorff , membre de ce que l'on a appelé les nouveaux fauves. On peut aussi considérer qu'il est dans la ligne de l'expressionisme allemand du début du XX ème siècle...
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L'objectivité photographique est représenté par des oeuvres de Gerhard Richter, Noronha Da Costa, Luc Thuymans, Damien Cadio, Bruno Perramant ou Robin Lowe. A l'autre bout du spectre pictural on croisera des oeuvres dans lesquelles sont célébrées plus la trace que la forme. Elles sont signée par Lourdes Castro, Sigmar Polke, Gérard Laing.
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Gary and Paul, 1988, de Jason Brooks.

Cette exposition traduit bien la persistance obstinée à reproduire des figures humaines au moyen de la main humaine. Parfois le corps est figé dans ses émois sexuels comme chez Fischl (ci-dessous) ou Juliao Sarmento ou bien le peintre s'essaye à renouveler l'art du portrait comme chez Jason Brooks, James Rielly ou encore Richard Phillips.
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Un beau Rosenquist à coté du DR Gibson de Cottingham (ci-dessus). Puis c'est le pop art anglais représenté par deux de ses figures historiques David Hockney et Pauline Boty. Cette dernière est représentée par une toile plus caractéristique de toute son oeuvre par le sujet que par la manière, la plupat de ses toiles sont moins "léchées". En effet les toiles de Pauline Boty sont un véritable miroir de la Grande Bretagne des cinquante dernières années. Ainsi dans le tableau présenté Pauline Boty saisit la figure de Celia Birtwell, célèbre styliste anglaise qui fut aussi le modèle de David Hockney, cernée de ses références culturelles.
 
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Et pour terminer cette péregrination un David Hockney d'une de ces périodes les plus intéressantes, même si je n'ai pas toujours pensé ainsi. Dans Hockney par Hockney (éditions du chène) le peintre s'exprime longuement sur ce tableau: <<>>.
J'aurais encore pu vous parler et vous montrer encore des oeuvres d'Ann Veronica Janssen, d'Angel Vergara, de Marie José Burki, de Martin Kippenberg, de Martial Raysse de Bacon, de Guston, mais soit que leurs oeuvres ne m'aient guère inspiré ou pour les deux derniers cités que l'on puisse en voir de plus belles ailleurs.
Cette ballade dans la peinture figurative de ces dernières décennies aide à faire le point sur l'état de la peinture aujourd'hui. Toutefois il faut insister pour dire que cette rétrospective des figuratif n'est pas exhaustive, ce qui aurait eté très difficile pour ne pas dire impossible. Néanmoins on peut surtout s'étonner de la sur évaluation de la "jeune" peinture française au détriment de leurs homologues anglaise, allemande et américaine beaucoup plus présente et coté sur le marché. Et surtout de l'absence totale de l'école de la figuration narrative pas de Cueco, Erro, Fromanger, Aillaud, Monory... L'exposition est également uniquement occidentale dans l'ancienne acception du terme (avant 1989) puisqu'il n'y a aucun artiste venant de l'ancien bloc de l'est ni surtout de chine alors que les chinois sont depuis dix ans très présents sur la scène artistique internationale. Ses réserve faite cette exposition est une oeuvre de salut public dont le centre Pompidou devrait bien s'inspirer.
Il est probable que si vous ne vous rendez pas assez vite au bord du Tage, vous ne verrez pas ce passionnant accrochage et que ce sera un autre qui vous sera présenté. Mais une chose est certaine c'est que vous verrez des chez d'oeuvre au musée Berardo qui possède par exemple un des plus beaux Matisse que je connaisse. C'est une adresse qui a elle seule mérite le voyage à Lisbonne qui a pourtant bien d'autres attraits.
 

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Robert Combas, Deux langues, 1980.
Musée de la collection Berardo (Museu colleção Berardo)
Centro cultural de Belém
Praça do Império, 1449-003 Lisboa. Tél. : 213-612-913. Fax : 213-612-570.
www.museuberardo.com
Ouvert tous les jours de 10 h à 19 h, le vendredi (et les samedi et dimanche en été) nocturne jusqu’à 22 h.
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La fondation Miro à Barcelone

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

Je suis le premier à m'énerver devant les files d'attente lors des grandes rétrospectives de peintre, alors qu' il n'y a personne devant les tableaux de ces mêmes peintres dans les collections permanentes des musées. Et pourtant je fait de même ne vous parlant guère que des expositions temporaires. J'ai décidé de rompre cette mauvaise habitude en vous proposant quelques images que j'ai prises lors de ma visite à la fondation Miro de Barcelone qui est un des plus beaux musées que je connaisse dédié à un seul artiste. Bien entendu les photos y sont interdites et celles-ci furent prises à l'insu des cerbères femelles qui surveillaient les lieux. Le jour de ma visite, il tombait une pluie diluvienne qui m'empécha de photographier les statues dans le beau jardin escarpé qui entoure le musée.

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Le musée d'art moderne de Barcelone

Publié le par lesdiagonalesdutemps

L'architecture barcelonaise n'est pas que courbes et volutes , il y a aussi des angles avec lesquels j'ai aimé jouer. Si vous passez par là ne manquez pas ce musée remarquable par son arcitecture. Les expositions temporaires très avangardistes sont souvent intéressantes. La collection permanente modeste par sa quantité est très originale, très ingénieuses installations et surtout à ne pas rater un petit film sur le Willy Ronis catalan, Joan Colom qui photographiait avec malice et sensualité les galapiats locaux dans les années 60.

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Barcelone, mai, 2008.
Installation de Velda Lleisa au musée d'art moderne de Barcelone
 

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Barcelone, mai 2008

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Pour se souvenir de l'exposition Sacha Guitry à la cinémathèque

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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L’émotion n’est pas toujours présente dans les grandes exposition, ici elle est permanente et d’une teneur particulière, tant on a le sentiment d’entrer dans l’album de photos de quelqu’un par effraction. J’ai eu d’autant cette impression pour ma deuxième visite aux salles d’exposition de la cinémathèque, la précédente était pour la belle évocation d’Almodovar, que j’étais presque seul à me pencher sur les précieuses vitrines. Mais tout l’intérèt de cette exposition qui aborde toutes les facettes de la vie de Sacha Guitry,  tient à ce qu’il à constamment mis en scène son intimité pour la nourrir de son travail et vice versa. L’essentielle des pièces exposées sont des photos, il est donc conseillé d’éviter les heures d’affluence. Sur ses photo nous voyons le maître avec tout ce que le premier quart du vingtième siècle à compté  comme personnalités artistiques. On a l’impression que sacha Guitry était l’intime avec toutes les personnes qui comptaient alors et cela dés son plus jeune âge grâce à la notoriété de Lucien Guitry , l’un des acteurs les plus célèbre de son temps auquel est consacré une large part de l’exposition. On voit par exemple sacha enfant en compagnie de Tristan Bernard  En écrivant ce dernier nom je réalise combien l’enthousiasme devant cette manifestation risque de ce briser sur l’ écueil de l’ignorance.

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J’ai pu vérifier que nos jeunes générations ne savent un peu près rien de Sacha Guitry et de son monde. Comme disait mon grand père, déjà, qu’est ce qu’ils apprennent à l’école? A peu près rien nous le savons bien, mais le sujet est tabou. Ce qui est certain c’est que dans les écoles, collèges, lycées et autres lieux où l’on remise la jeunesse faute de ne savoir qu’en faire les noms de Guitry, Bernstein , Porto-Riche , Rostant, Mirbeau , Anatole France, André Messager , Reynaldo Hahn ... ne sont quasiment jamais cités. Ils ne l’étaient pas plus du temps où je croupissais devant les tableaux noirs; mais à l’époque de mon enfance, dans les années soixante, existait l’ ORTF, il est bon de s’en souvenir à l’aune de la récente déclaration présidentielle sur la télévision publique... Grâce à ce machin, entre disons huit et dix huit ans, j’ai vu à peu près tous les films de Sacha Guitry. Ils ne passent plus sur les chaînes hertziennes car étant en noir et blanc ils n’intéresseraient plus le grand public! A-t-on jamais vérifié cette assertion péremptoire? Pour la plupart je ne les ai jamais revu ces film et pourtant pour certains j’en ai un souvenir vif. Le plat de champignons des “Mémoires d’un tricheur”, le défilé des guillotinés de “Si Versailles m’était compté”, le génial avocat bafouillant, interprété par Darry Cowl dans “assassin et voleur”, la scène du crime dans “La poison”... sont encore très présent dans ma mémoire plus de quarante ans après avoir vu ces films. A-t-on besoin de souligner leur qualité quand ces souvenirs en sont la meilleure preuve...

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La lecture d'un articulet, signé Jean-Baptiste Baronian, dans leMagazine littéraire  de ce mois montre combien certains plumitifs se berce d'illusions s'entourant de mensonges qui sont autant de coussins moelleux à leur aveuglement. Ce monsieur écrit: << A la mort de Sacha Guitry beaucoup avaient prédit que ses pièce de théâtre et ses films ne tarderaient pas à tomber dans l'oubli et qu'en quelques années il ne resterait plus rien de sa personnalité à la fois encombrante et flamboyante. C'est tout le contraire qui se passe et cet homme dont la prétention suprême consistait "à ne pas plaire à tout le monde" n'est pas loin de faire l'unanimité et d'être perçu comme un des plus grands dramaturges et l'un des plus grand cinéastes de la première moitié du XX ème siècle...>>. Mais ce n'est qu'un mirage, que Baronian constate la moyenne d'age des visiteurs de l'exposition et celle des spectateurs de "Mon père avait raison" , donné actuellement au théâtre Edouard VII   , et il arrivera aux alentours de 80 ans. Je le répète faute d'éducation, d'instruction et de transmission la culture française est morte, le New-York Times a parfaitement raison (voir article précédent). Est il possible d'inverser la tendance? Enfin si vous n'êtes pas entièrement déculturé vous prendrez un grand plaisir à cette visite - fin de l'incise -

 

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Et puis il y avait mon grand père, toujours lui, qui me parlait des frasques du maître (cette transmission familiale existe-elle toujours?), et des revues que Guitry signait et que mon aïeul, d’abord au promenoir puis à l’orchestre, l’ embourgeoisement aidant, ne ratait jamais. Et c’est une des grandes réussite de la cinémathèque   que de faire revivre ces spectacle par les photographies mais surtout par le son et l’image. On se régale ainsi de voir Pauline Carton  entonner “Sous les palétuviers” ou une jeune Annie Cordy tournoyer sur scène en poussant la chansonnette. J’ai été fort surpris de voir et entendre Gérard Philippe en costume napoléonien s’essayer au chant. On comprend d’ailleurs pourquoi il n’a pas persévéré. 

 

Autre révélation en tout cas en ce qui me concerne celle du Sacha Guitry dessinateur, cet homme avait vraiment tous les talents, dont les œuvre font un peu penser à celles de Caran Dache ... J’ai aussi découvert le Sacha Guitry grand collectionneur de sculptures et tableaux prestigieux dont certains seront présentés dans l'exposition (Coco écrivant de Renoir, Les Célébrités du Juste milieu de Daumier...).
Curieusement pour une exposition organisée par la cinémathèque les films de Sacha Guitry ne sont pas mis en avant, il y a bien quelques photos de plateaux et même un petit film sur un tournage mais peu d’affiche et peu de choses sur la réception critique de l’oeuvre sinon un bel hommage de Truffaut sur la mise en scène de l’auteur de “Désiré”.

 

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Malgré quelques oublis et impasses, presque rien sur la période 39-45, ce sont surtout les années de jeunesses qui sont privilégiée, voilà une exposition où l’on ne s’ennuit jamais, à condition, comme je le mentionnais plus haut , d’avoir quelques lumières sur les acteurs de l’époque, et où vous irez de découvertes en surprises si vous avez la chance de pénétrer dans le beau bâtiment de la cinémathèque qui à lui seul vaut le détour. Si la muséographie est moins flamboyante que pour la rétrospective Almodovar, mais le sujet s’y prêtait plus, elle est très efficace et agréable. Le parcours mêle thèmes et chronologie d’astucieuse manière. 
L’ exposition est trop petite, Il faudrait le double de surface pour faire le tour de l’ œuvre  gigantesque de ce dandy qui était surtout un forçat de travail.

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Pour se souvenir de Traces du sacré au Centre Pompidou

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Etant athée, je ne suis peut être pas le visiteur idéal de l'exposition "Trace du sacré" au Centre Pompidou car sacré n'a pas grand sens pour moi. Mais après avoir passé trois heures dans l'exposition, je n'ai pas découvert le sens que pouvait avoir ce mot pour les commissaires de cette manifestation. D'autant que le moulin à prière géant du hall est en contradiction avec ce que cet objet symbolique est censé introduire.
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Bruce Nauman.
Le menu est copieux dans un labyrinthe à la paradoxale circulation évidente et fluide qui occupe tout le dernier étage du centre sont disposé avec élégance, ce qui est rarement le cas en ce lieu. Une sentance de Bruce Nauman est la première oeuvre d' environ 350 pièces, réalisée par 200 artistes presque exclusivement européens et américains, surtout des peintures mais aussi des sculptures et des installations qui composent cette imposante exposition. Ces oeuvres recouvrent une large période allant du milieu du XIX ème siècle avec, deux beaux tableaux de ruines romantique de Caspar Friedrich, jusqu' à aujourd'hui avec un grand dessin magistral de Svajone & Paulus Stanikas , terminé il y a seulement quelques semaines.
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Ce dessin de Stanikas n'est pas la "chute" de ces artistes qui est exposé
Nous rencontrerons au fil de notre déhambulation d'autres remarquables dessins en particulier les figures antimilitaristes réalisées par Otto Dix pendant et après la première guerre mondiale.
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Cet ensemble est divisé en  24 thèmes, Homo novus, L'ombre de dieu, Résonances de l'archaïque, sacrifice, The door of perception, Apocalypse!, Eden...  Chaque groupe ayant sa salle et chaque oeuvre un roboratif cartouche explicatif en français et en anglais où l'on nous explique l'historique de l'oeuvre et le pourquoi de sa place dans l'exposition, texte que l'on peut retrouver dans le beau catalogue, 50 € tout de même, l'entrée étant elle même assez coûteuse, 12€. Dés la lecture du premier cartouche on est interloqué par l'explication qui parfois frise le n'importe quoi comme dans celui près du magnifique Kandinsky.
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Le moins que l'on puisse dire c'est que pour nombre d'oeuvres les traces du sacré sont des plus ténues car si elles sont évidentes pour certaines pièces comme pour le surprenant petit christ vert de Maurice Denis, la magnifique couronne d'épines de Mannessier, la tapisserie de Lurçat ou l'extraordinaire sculpture de Cattelan, pour moi le clou de l'exposition, pour d'autres elle relève au mieux de l'intention que ne corrobore que l'histoire du peintre comme pour la toile de Rothko ou le poétique travail de Pierre Huyghe avec son "One million kingdom" et au pire que de l'élucubration des commissaires comme pour les activismes viennois ou l'art cinétique.
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Un bel exemple d'art cinétique.
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Bacon                                                  Lurçat.
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Him de Maurizio Cattelan.
Je ne vois rien de sacré dans les très belles toiles de Bacon, Chirico, Jawlensky, Barnett  Newman , Chirico, pas plus que dans  les dessins de Victor Hugo, de Michaux, de Ninjinsky  (j'ai ainsi appris que Ninjinsky non content d'être  un génial danseur fut aussi un intéressant dessinateur et toujours pas dans la poignante installation de Paul Chan qui évoque les morts du  11 septembre 2001 à New York.
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Chirico.
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Paul Chan.
La litanie, très partielle, des noms des artistes présentés, donne une idée de la qualité de l'exposition et du plaisir que l'on y prend si l'on oublie le fallacieux prétexte qui les as réuni ici. J'ai eu parfois l'impression de visiter les salles d'exposition de Sotheby's avant une grande vente de prestige pour laquelle on a rassemblé fortuitement de belles pièces des plus grands noms de l'art. IL ne faut pas dissimuler non plus que parmi de nombreux chef d'oeuvre, dont plusieurs jamais montré en France, se sont glissées quelques croûtes assez réjouissantes comme cette mer sur laquelle pousse des champignons! L'"artiste" avait incontestablement fumé la moquette. La section se réclamant de l'art sous l'influence des drogues dont je m'interroge sur la pertinence de sa présence, est la plus médiocre et porte un titre ridicule, The Doors of perception (pourquoi l'anglais?).
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Brauner.
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Nolde
Outre la propension de l'exposition à embrigader sous l'étendard du sacré, des oeuvres, certes superbes, mais qui n'ont rien à y faire, on peut s'etonner de la surévaluation de deux courants. D'abord le "nietzchéisme", ce qui nous vaut un magnifique portrait du philosophe par Munch et ensuite l'ésotérisme vaporeux du début de XX ème siècle. La salle illustrant cette tendance, appelée les grands initiés, est assez croquignolesquecroquignolesque. Elle est mise sous le patronage du portrait du sar Péladan du à Deville que l'on croirait sorti d'un album d'Adèle Blanc-sec du grand Tardi (pas de bandes-dessinéebandes-dessinée dans cette "Traces du sacré alors que sont un peu présent l'architecture et le cinéma).
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portrait du sar Péladan par Deville
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portrait de Nietzche par Munch.
Cette tendance a valoriser les grands malades mystiques ou pseudo-mystiquespseudo-mystiques irrigue toute l'exposition. Cette philosophie nous ramène aux années soixante et soixante dix. J'ai eu parfois le sentiment de parcourir une manifestation parrainée par feu "Planète".
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Mondrian.
Nous sommes donc devant une manifestation volontariste qui défend des thèses peu conventionnelles et douteuses mais qui nous offre la possibilités de voir des oeuvres de belles qualités difficilement visible habituellement.
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Manessier
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Cameron
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Jusqu'au 11 aout, tous les jours, sauf le mardi de 11h à 21h, le jeudi jusqu'à 23h.

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Des jouets et des hommes au Grand Palais

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

Des jouets et des hommes


 

C'est une très bonne idée que de proposer cette visite dans le monde des jouets de l'antiquité à aujourd'hui. C'est une histoire du jouet occidental qui nous est présenté. Elle met en lumière son importance dans l’éducation de l’homme depuis sa naissance.

Les mille jouets de l'exposition sont classés par thème, ceux pour les garçons, ceux pour les filles, ceux inspirés des héros de la télévision, ceux se rapportant à la guerre... Ils sont disposés dans des vitrines où peuvent se cotoyer un jouet de l'antiquité à coté d'un autre d'aujourd'hui.

Certains enfants de la Grèce antique connaissaient quelque chose qui ressemblaient à nos patinettes.

 

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Le monde cirque à très tôt inspiré les fabricants de jouet, celui ci-dessous date de la fin du XIX ème siècle.


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Une production française "Quiralu" datant de 1949 dont j'aime beaucoup les trois marins.

 

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Les animaux sont un grand thème pour les jouets. On commence par un défilé vers l'arche de Noé.

 

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Des jouets à faire rouler, le petit hérisson remonte à 400 avant J.C.

 

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Ceux là n'ont pas été admis dans l'arche, déjà l'arbitraire.

 

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Les créatures de Benjamin Rabier

 

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Plus loin plusieurs vitrines de robots japonais m'ont transporté à Mandarake à Tokyo que je ne devrais pas tarder à revoir si tout va bien.

 

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Un automate de fabrication française de la fin du XIX siècle, haut d'une cinquantaine de centimètres.

 

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Les jolis jouets 1900 en tôle peinte

 

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Une panoplie de prêtre pour donner la vocation? à moins que cette scène vaticane avec des petits personnages de plomb, une fabrication française du début des années 50, soit plus appropriée...

 

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La conquête des pôles fascinait les enfants du début du XX ème siècle comme l'illustrent ces beaux panoramas peuplés de figurines de plomb.

 

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Si dans mon petit reportage photographique j'ai bien évidemment privilégié les jouets destinés aux garçons beaucoup d'autres vitrines présentent des jouets qui ont fait rêver bien des petites filles, comme cette extraordinaire nurserie.

 

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Au moyen âge, il y avait déjà des dinettes...

 

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et plus près de nous des jeunes filles 

 

Quand je serai grand, je serai aviateur.

 

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Le célèbre omnibus parisien 

 

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Une des rares critiques que je ferais à cette exposition est la quasi absence des trains électriques, c'est vrai que ce sont surtout les papa qui font joujou avec. Il y a tout de même quelques rails au Grand Palais.

 

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Quand je serai grand, je serai marin.

 

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Le mousse dessinateur peint par Hélène Feillet

 

Ceux qui me suivent ne seront pas étonné que j'ai privilégié les belles voitures. Il y a des voitures dans lesquelles on peut monter dedans comme cet incroyable Aston Martin offerte au prince Andrew.

 

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Mais les plus nombreuses belles caisses peuvent se prendre dans les bras ou dans la main.

 

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Les voitures ont besoin de garage, d'abord un spécimen français de la fin des années 30 pour soigner de belles viva sport Renault, puis un anglais de 1955.

 

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Les petits nazis aussi avaient leurs joujoux pour les filles ces baigneurs sportif datant des jeux olympiques de Berlin en 1936.

 

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Pour les garçons Adolf en miniature et en plomb dans un de ces exercices préférés le tonitruant discours en présence de Benito et de quelques uns de ses sbires préférés, Goring, Hess, Goebbels et devant ses troupes défilant.

 

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La guerre attire toujours les jeunes garçons, un jouet allemand puis une évocation par des soldats de plomb de la guerre russo-finnoise.

 

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Ce qu'oublient certains adultes: les jouets sont destinés aux enfants...

 

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Paris, septembre 2011  

 

 Des jouets et des hommes" au Grand Palais jusqu'au 23 janvier 


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