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359 articles avec grandes expositions et musees

Chaissac - Dubuffet entre plume et pinceau au Musée de la Poste

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Le Musée de la Poste est un de mes musées parisiens préférés et ceci pour de multiples raisons. Tout d'abord il est d'une surface humaine, si l'on en sort ravis par ce que l'on vient de voir, le visiteur à la fin de la visite n'est pas épuisé d'avoir parcouru couloirs et escaliers puisque les expositions temporaires se développent sur un seul niveau. Mais surtout je suis toujours surpris qu'un établissement modeste par rapport à d'autres lieux organise avec autant de sérieux et d'inventivité des manifestations que l'on ne saurait imaginer ailleurs tant leur démarche est originale, je pense par exemple à celle sur les carnets de voyage ( Carnets de voyage au Musée de la poste) ou encore plus inattendue celle autour d'Aragon.

 

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L'exposition de cet été 2013 (elle se termine fin septembre) est plus classique en ces lieux puisqu'elle a comme prétexte à l'accrochage la correspondance qu'échangèrent Dubuffet (1901-1964) et Chaissac (1910-1964) durant une vingtaine d'années.

Les cimaises sont partagées entre les oeuvres de ces deux peintres. En ouverture on peut lire en parallèle la biographie des deux artistes et l'on comprend d'emblée combien leurs destinés ont été dissemblables, confortable pour Dubuffet et précaire pour Chaissac, mort prématurément à 54 ans en 1964.

 

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Contrairement à ce qu'a laissé entendre Dubuffet, grand propagateur de l'art brut, la correspondance dont le visiteur peut lire quelques lettres, toutes d'ailleurs d'une écriture très lisible que ce soit celles écrites par Dubuffet ou celle de son correspondant, il n'a été ni le "découvreur" ni le mentor de Chaissac. Quant à ranger ce dernier dans l'art brut c'est des plus discutable. Enfant le garçon a reçu des cours de dessin, à la sortie de l'adolescence il a rencontré Otto Freundlich puis assez vite Gleizes. Le tout jeune homme lorsqu'il habite Paris, deux fois une année, visite régulièrement le Louvre et découvre, avant guerre Matisse et Picasso (il cite ce dernier dans l'oeuvre ci-dessous).


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Outre avec Dubuffet, il entretiendra toute sa vie une nombreuse correspondance avec nombre d'artistes et d'intellectuels, Lhote, Pierre Boujut, Jean Paulhan... Il ne se définira jamais comme appartenant à l'art brut. Il se désignait comme un peintre rustique moderne. La correspondance croisée Chaissac- Dubuffet paraitra aux éditions Gallimard en juillet 2013.

Comme vous l'avez sans doute compris mon coeur balance plus du coté de Chaissac que de celui de Dubuffet. Le Musée de la Poste réserve plus de place aux oeuvres de Chaissac qu'à celles de Dubuffet. Et c'est tant mieux, Dubuffet ne sort pas grandi de la confrontation alors que les tableaux de Chaissac nous paraissent d'une grande fraicheur et d'une grande spontanéité (ce qui n'empèche pas la profondeur pour certaines), ils révèlent le coté un peu fabriqué (avec maitrise et intelligence) de ceux de Dubuffet (il me semble que Dubuffet est un formidable client pour une biographie).

 

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L'exposition est présentée par ordre chronologique, comme plus ou moins les photos des oeuvres qui illustrent cet article (autre avantage de ce musée les gardiens vous laissent photographier tranquillement, enfin ce samedi midi, ils brillaient en fait par leur absence!). Elle couvre une période allant de 1946 à 1964, date de la mort de Chaissac mais les deux artistes ont peint bien avant cette date (il y a eu une rétrospective Chaissac à Paris en 2000 à la galerie du jeu de paume.).


 

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Autant en raison de sa pauvreté que de sa curiosité Chaissac a peint sur les objets les plus incongrus pour cette utilisation, marmite, corbeille à pain, cailloux, morceaux de bois ramassés dans la forêt, vieux pichet, os d'omoplate de boeuf... En voyant ces choses les plus communes magnifiées, on pense à ce que Benjamin Peret écrivait en 1958 sur Chaissac: << Pour cet homme isolé au milieu de paysans plus ou moins hostiles, en tout cas goguenards et rétrogrades, la chenille devient papillon sans avoir à subir l’épreuve de la chrysalide. Cette chenille peut, au demeurant, revêtir n’importe quelle forme, du balai hors d’usage à la cafetière percée en passant par la racine ou l’épluchure, le papillon n’en acquerra pas moins un éclat souvent inversement proportionnel à la misère de la chenille. >>. 


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Après le Musée de la Poste l'exposition se transportera au musée très intéressant des Sables d'Olonne qui d'ailleurs prète de nombreuse pièces au Musée de la Poste.

L'humour est constamment présent dans les oeuvres de ces deux artistes. Paradoxalement à la sortie, après avoir admirer les tableaux de ce grand dépressif qu'est Chaissac on se sent empli de joie et d'optimisme.

 

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Paris, juin 2013

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musée archéologique de Naples (5)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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      Thésée et le minotaure, peinture venant de Pompéi

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le sacrifice d'Iphigénie provenant de la maison du poète tragique à Pompéi    

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 Naples, avril 2013

 

D'autres images de Naples et de napolitains:  Beppo, un garçon de Naples,  Beppo, un garçon de Naples,  Le garçon de la baie de Naples,  jeunes baigneurs napolitains,  Jeunes baigneurs napolitains (2),  jeunes baigneurs napolitains (3),  jeunes baigneurs napolitains (4),  garçons à Naples,  plongeons à Naples,  Beppo, un garçon de Naples (3),  Les garçons de Naples,  street art à Naples,  Le musée archéologique de Naples,  musée archéologique de Naples (3) ,  musée archéologique de Naples (2),  Musée archéologique de Naples (4)musée archéologique de Naples (5)

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une visite au Musée de la Marine de Paris

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Le musée de la Marine est un musée injustement méconnu. Il a failli être démantelé il y a quelques années et fut sauvé en particulier grâce à l'énergie d'Eric Tabarly. Il me semble que c'est un musée idéal pour initier de jeunes enfant à la peinture car il présente une peinture "facile" ce qui ne veut pas dire qu'elle ne soit pas grande. D'abord dans ce musée, il n'y a pas que des tableaux mais aussi de très belles maquettes (que j'ai assez peu photographiées, ce sera pour ma prochaine visite.) de navires du XVII ème siècle à nos jours qui devraient intéresser les jeunes garçons. Elles évoquent immanquablement les histoires de pirates comme cette toile où l'on voit un abordage d'une rare férocité. Ce musée me passionna lorsque j'étais enfant. Il faut dire que j'étais un grand lecteur de Pepito et de Brik. s'il n' a pas de grands noms de la peinture, du moins pour le grand public, il y a néanmoins deux grands peintres d'abord Joseph Vernet avec sa série des ports de France et le grand Marin-Marie (1901-1987) inexplicaplement assez peu célèbre mais dont les tableaux atteignent de grosses cotes.

Le musée de la marine soigne très bien ceux qui comme moi à Paris se languissent de l'océan.

 

 

 

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Théodore Gudin (1802-1880) combat d'Ouessant 23 juillet 1778

 

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Auguste Mayer (1805-1890) Le soir de la bataille de Navarin, 20 octobre 1827

 

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Louis-Philippe Crepin (1772-1851), Le Redoutable à Trafalgar

 

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un abordage sauvage

 

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Joseph Vernet, pêche au thon dans le golfe de Bandol

 

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Joseph Vernet, sète

 

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Joseph Vernet, Alger

 

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Antoine-Léon Morel-Fatio, vue panoramique d'Etretat

 

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Brenet

 

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Cluzeau-Lanauve

 

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Paris, juin 2013

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Marin-Marie

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Mathurin Méheut (1882-1958) au Musée de la Marine

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Ma découverte de Mathurin Méheut ne date que de quelques mois lorsque, parcourant le rayon livre de la FNAC des Halles, je suis tombé sur un livre sur le voyage au Japon de cet artiste dans lequel j'ai été ému de voir des lieux, Nara par exemple peint en 1914 par Mathurin Méheut et que j'ai photographiés presque à l'identique près d'un siècle plus tard ( Mathurin Méheut, voyage d'un peintre breton au Japon ).

 

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Nara

 

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Miyajima

 

Aujourd'hui c'est le Musée de la marine qui lui consacre une vaste rétrospective et il faut l'en remercier. Mathurin Méheut est un de ces artistes talentueux à l'instar d'un Géo Ham, d'un Sébille, d'un Brenet et de beaucoup d'autres qui enchantaient par leurs reportages peint les lecteurs de l'Illustration de l'entre deux guerres, période qui a constitué l'âge d'or des peintres-illustrateur. Cette belle tradition française a été détruite par le snobisme et la vacuité d'une ploutocratie inculte qui n'a fait qu'étendre son pouvoir. Il est amusant de constater qu'il n'y a guère qu'aux Etats-Unis que la tradition des peintres-illustrateurs demeure vivace.

 

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Quelques magazines et revues tel que XXI par exemple essayent en France de faire revivre cette tradition mais ils se heurtent à l'incompétence de bien des candidats dessinateurs qui n'ont jamais appris à dessiner dans les pseudo écoles d'art d'où ils sortent. Où retrouver la dextérité, la patience et l'amour du travail bien fait que révèlent les supebe planches animalières que Méheut a réalisé au laboratoire de biologie marine de Roscoff alors qu'il n'a que 25 ans. De ces études minutieuse sur le vif l'artiste explorera les possibilités qu'offrent les sujets animaliers, en particulier marins, en tant que figures décoratives dans un esprit qui se rapproche de celui des britanniques d'Art and craft.

 

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Après une exposition au musée des Arts décoratifs en 1913, Mathurin Méheut obtient en 1914 une bourse de la fondation Kahn pour faire un voyage au Japon. L'art de Maheut était déjà avant son périple influencé par le japonisme comme nombre d'artistes de son époque. Du japon il envoie de belles lettres illustrées à ses proches (si dessus un exemple avec les fameux corbeaux du Japon). Il continuera cette pratique toute sa vie. Il doit malheureusement écourter son voyage au Japon. Il est mobilisé et fait les deux premières années de guerre sur la ligne de front. Ses lettres constitue un véritable journal de guerre illustré. Ce serait une bonne idée de le publier.

 

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Il ne cessera durant toute la guerre de dessiner et peindre toujours en urgence, avec de pauvres moyens, dans les moment d'acalmie que lui laisse la guerre. Il es sort quelques chef d'oeuvre comme cette etonnante vue d'un guetteur dans le bois de Gruerie en Argonne en septembre 1915 où la nature semble plus forte que la guerre.

 

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Mathurin Méheut montre la guerre dans toute son horreur mais toujours avec pudeur comme ces croquis de la mort d'un ami ou le terrible tableau de l'exécution d'un déserteur devant tout le régiment, scène qui le bouleverse.

 

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La guerre terminée dont Méheut sort vivant et entier, la mer et ses travaux, particulièrement dans sa chère Bretagne, seront ses grands thèmes jusqu'à ses derniers jours.

 

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Les paludiers de Guérande

 

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la récolte du goémon

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séchage des filets

 

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les grands filets

 

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les sardinières

 

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chantier naval, construction des sardinières

 

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Il serait réducteur de limiter Mathurin Méheut à sa seule Bretagne. Le sud de la France l'a aussi inspiré comme en témoignent les oeuvres ci-dessous.

 

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la plage de Cassis

 

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legionaires sous les platanes à Toulon

 

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La Ciotat

 

Une des grandes activités de l'artiste a été la confection de décors tant privés que pour des paquebots et des restaurants comme Prunier à Paris par exemple. Ci dessous quelques exemples de ces panneaux décoratifs. Bien évidemment beaucoup de ces décors ont aujourd'hui disparu.

 

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Si Mathurin Méheut avait une prédilection pour la gouache et la casséite, il a aussi travaillé à l'huile, réalisé des linotypes, fait beaucoup de céramiques (vous pouvez aujourd'hui manger dans des assiettes crées par Mathurin Meheut en allant diner chez Prunier) et un peu de sculpture. L'exposition s'ouvre sur une majestueuse tapisserie. Mathurin Méheut était un artiste complet qui mérite bien cette redécouverte élégamment mise en scène au Musée de la Marine jusqu'au 30 juin 2013.

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Musée archéologique de Naples (4)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Pour habiller une salle où sont exposées des statues, le musée a disposé sur les murs des toiles du XIX ème siècle ayant des sujet mythologique ou homériques

 


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statue de lutteur venant d'Herculanum, villa des Pisons    

 

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satyre dormant venant d'Herculanum, villa des Pisons

 

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Statue d'Hermes au repos venant d'Herculanum, villa des Pisons

 

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Naples, avril 2013

 

D'autres images de Naples et de napolitains:  Beppo, un garçon de Naples,  Beppo, un garçon de Naples,  Le garçon de la baie de Naples,  jeunes baigneurs napolitains,  Jeunes baigneurs napolitains (2),  jeunes baigneurs napolitains (3),  jeunes baigneurs napolitains (4),  garçons à Naples,  plongeons à Naples,  Beppo, un garçon de Naples (3),  Les garçons de Naples,  street art à Naples,  Le musée archéologique de Naples,  musée archéologique de Naples (3) ,  musée archéologique de Naples (2)Musée archéologique de Naples (4)

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De l'Allemagne 1800-1939, de Friedrich à Beckmann au Louvre

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

Il y a des expositions qui gagneraient grandement à avoir un titre plus modeste que celui qu'elles arborent. Cela leur éviterait, au choix de passer pour une arnaque ou de faire penser au visiteur que son commissaire, Sébastien Allard, en l'espèce, est un ignorant qui ne connait pas le sujet dont il parle. C'est le cas de l'exposition qui se déroule au musée du Louvre jusqu'au 24 juin et qui s'intitule sans aucune pudeur : De l'Allemagne 1800-1939, sous titrée de Friedrich à Beckman. Bien que j'ai assez peu le tropisme teuton, ce qui en autres temps m'aurait sans doute évité de coupables égarements, et que je sois particulièrement ignorant de la peinture venant d'Allemagne, tout béotien que je sois j'ai tout de même remarqué quelques aberrations dans cet accrochage. Que sont passé à la trappe tout « l'art nazi » et plus largement toute l'école néo classique allemande de la première moitié du XX ème siècle (certes école plus présent dans le domaine de la sculpture que dans celui de la peinture, à ce propos le titre peut faire croire qu'il n'y aura pas que de la peinture dans l'exposition, alors que c'est presque le cas. Il n'y a qu'un peu de dessins et un seul photographe, l'immense Sander). On peut admettre à la rigueur que c'est par frilosité. Pour éviter de passer pour très politiquement correct il aurait suffit de titrer la manifestation: De l'Allemagne 1800-1933. Cela aurait été plus juste car cette absence peut s'expliquer pour éviter de fâcher les préteurs allemands et le gouvernement allemand. L'art sous le troisième Reich est donc absent à l'exception de la projection d'un court extrait de l'Olympia de Leni Riefenstahl. Toujours par prudence sans doute n'est évoqué que très fugitivement l'exposition du bon docteur Goebbels sur l'art dégénéré et pas du tout les buchers de tableaux qui en résulta. Admettons que pour éviter toutes polémiques l'ombre de la croix gammée soit très ténue mais comment expliquer l'absence totale du Bauhaus! Peut être parce que la peinture n'était pas le mode d'expression principale de cette école? Soit. Mais cette fois je ne trouve aucune explication à l'absence d'un peintre de l'importance de Nolde! Sans compter celle de tous ses camarades de Die Brucke sans oublier d'autres oubliés comme le groupe des expressionnistes du Blaue Reiter. Quand à ce que j'appellerais les singuliers comme Kubin ils sont inconnus au bataillon. Encore plus étrange est la présence massive de deux suisses certes germanophones mais que je sache l'Allemagne n'a pas jamais annexé la Suisse, Bocklin, le peintre de « L'ile des morts » et Klee, unique abstrait de la présentation.

 

L’exposition emprunte son titre à un ouvrage de Mme de Staël . MAXPPP


Il me semble également que la présence d'une toile de Felix Nussbaum, figure emblématique de l'artiste persécuté puis assassiné n'aurait pas été superflu...

Après ces importantes réserves sur cette exposition, je vous recommande néanmoins sa visite, car comme toujours dans ce genre de manifestations malgré l'incurie des commissaires elles permettent d'admirer à Paris des tableaux que pour certains on y avait jamais vu.

 

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Il y a bien sûr les toiles de Friedrich dont c'est la plus importante concentration depuis la grande rétrospective qui lui a été consacré au Grand Palais, si ma mémoire ne me joue pas des tours, que j'ai du voir au début des années 70... Le visiteur peu informé sur l'art allemand, comme moi, découvrira que Friedrich n'était pas le seul peintre romantique allemand fasciné par la nature (il s'en doutait tout de même un peu) qu'il y avait notamment aussi Carl Gustav Carus dont je voudrais maintenant voir plus de toiles. Carus me rappelle ces peintres américains, ses contemporains, qui fantasmaient sur les grands espaces de leur continent. Pour Carus ce n'est pas la grande plaine, c'est le chaos de la montagne à haute altitude.

 

Carus


L'exposition est mise sous le patronage de Goethe, c'est le tableau peint par Johann Heinrich Wilhem Tischbein représentant le grand homme méditant dans la campagne romaine qui nous accueille (et qui est en ouverture de ce billet). Puis elle débute par quelques toiles néo classiques dans le goût d'un David, ce qui tombe bien c'est aussi le mien tel Apollon parmi les pasteurs de Schick.

 

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Puis sous l'influence de Winckelmann 1717-1768 (je suis très surpris qu'à ma connaissance aucun romancier se soit penché sur ce personnage extraordinaire, Le grand théoricien du néo classicisme et à ses heures perdues antiquaire, collectionneur, archéologue, espion et qui fut retrouvé assassiné dans sa chambre d'hôtel de Trieste par peut être un amant de passage à moins que ce soit par un archéologue concurrent...) on nous présente quelques belles rêveries sur les beautés de l'architecture grecque dont une très minutieuse reconstitution de l'Acropole d'Athènes et une magnifique vue du temple de Junon à Agrigente par Friedrich.

 

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Leo von Klenze, Le Walhalla

 

Très étonnante est une vierge à l'enfant peinte par Julius Schnorr von Carolsfeld en 1820 que l'on pourrait presque croire sortie du pincea de Raphael trois siècle avant. On passe ensuite à quelques curiosités pas très convaincantes du groupe des nazaréens qui sont un peu le pendant allemand des préraphaélites anglais mais en beaucoup moins drôles et adroits. J'ai bien aimé tout de même ce saut des amants désespérés.

 

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Aprés arrive le morceau de résistance de l'exposition et la principale raison de s'y rendre, une vingtaine de toiles de Friedrich dont quelques une superbes et inconnues dans nos parages. Elles sont bien accompagnées par celle de Carus.

 

 

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quatre toiles de Friedrich de la vingtaine présentée


Malheureusement cela se gate sérieusement avec les tableaux de Boklin auteur de deux croutes grotesques l'une représente une famille de sirènes et l'autre un centaure (Boklin aime particulièrement les centaures!) qui a le mauvais goût de vouloir enlever une rombière tout à fait inconsommable au grand déplaisir de son mari à la tronche patibulaire tout cela a bien sur une référence mythologique que je me suis empressé d'oublier. Heureusement pour la notoriété du peintre sa villa au bord de la mer est plus regardable.

 

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On passe presque sans transition de ces fariboles archaïques au XX ème siècle peu représenté en définitive sinon par deux superbes toiles de Lovis Corinth déjà vues lors de la rétrospective que le musée d'Orsay a consacré en 2009 à ce grand peintre.

 

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Lovis Corinth


On arrive ensuite à la partie la plus difficilement supportable de l'exposition tant les gravures d'Otto Dix sur la Grande Guerre sont crues et fortes.

 

Otto Dix


L'art de la république de Weimar est symbolisé par deux tableaux de Christian Shad mais pas par le dessin ci-dessous que vous ne verrez pas au Louvre, dommage...

 

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Christian Shad

 

Le parcours se termine sur une belle suite de portraits réalisés par le photographe August Sander, un des inventeurs de la photographie sociale où comment quelques images en disent plus long que bien des traités de sociologie.

 






C'est une grande toile de Beckmann, L'enfer des oiseaux, peinte en 1938, lors de l'exil de l'artiste à Amsterdam,  allégorie transparente du nazisme  qui clôt la visite. 


 

 

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Hey! Part II, à la Halle Saint Pierre

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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La revue Hey! réitère l'expérience de son exposition de l'année dernière à la Halle Saint Pierre. Cette deuxième exposition ressemble à la première tout en étant un peu moins riche tout en restant tout aussi morbide.

 

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Hey II est comme Hey I une exposition d'art brut, c'est à dire un art issu d'artiste n'ayant pas été "contaminé" ni par les institution ni par le marché de l'art (dans le sens large du terme). Une fois que l'on a dit cela, on peut être surpris que la vedette de cette manifestation soit Giger (voir les trois photos immédiatement ci-dessus) qui ne correspond pas du tout à la définition de l'art brut. Comme lors de l'exposition Hey I, le rez de chaussée est une sorte de grand cabinet de curiosité macabre baigné dans une inquiétante obscurité alors que l'ambiance à l'étage est beaucoup plus claire, ce qui ne veut pas dire que les pièces exposées soient moins dérangeante.

 

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Ce joli tapis, idéal à glisser sous votre table basse du salon est l'oeuvre de Renato Garza Cervera. Il nous vient du Mexique et figure une peau écorché d'un détenu d'une prison mexicaine, peut être en référence à l'écorchage des prisonniers, pratiqué jadis par les aztèques. Dans le macabre on peut voir non loin de cette pièce des photo de Witkin que j'ai toujours trouvées, pour ma part, irregardables. 

 

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Ma grande découverte lors de cette promenade morbide furent les dessins de  Serajat, un dessinateur belgequi sévit dans les année 60, obsédé de délires sadiques, on y voit des starlettes aux formes voluptueuses subissant des perversions  avec un sourire et une radieuse lassitude de stars blasées de tout . Sa seule expo déclencha un véritable scandale et fut démontée au bout de 24 heures. Il mourut dans la misère dans son galetas.

 

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Masami Teraoka, une sorte de Clovis Trouille japonais

 

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Autre Clou de l'exposition les grands tableaux romans de Joe Coleman dont le thème favori et quasi exclusif sont les serial-killer. Il a d'ailleurs prétendu en être un. Il en a incarné un dans un film underground. Il est devenu une icône de la jet set. A son dernier mariage il y a 4 ans à Baltimore, tous les damnés d’Hollywood étaient présents, comme Denis Hopper ou John Waters. Leonardo Di Caprio et Johnny Depp, autant de célébrités qui collectionnent ses oeuvres. Au sujet des raisons du choix de son thème de prédilection il a déclaré: << La raison pour laquelle j’ai contacté et peint des tueurs en série, c’est parce que je pense qu’ils essayent de communiquer. L’acte de poignarder quelqu’un est un acte de communication dans lequel on donne sa douleur directement à l’autre. Le problème c’est que l’on détruit l’autre personne en même temps qu’on se détruit soi-même. Par conséquent je ne crois pas que ce soit une méthode valable de communication. Mais comment articuler la souffrance ? Pas en chantant du folk, ni en lisant des poèmes. Il faut trouver un moyen d’expression digne de la souffrance.>>.

Si vos diners sont mornes accrocher une toile de Coleman dans sa salle à manger est l'assurance de redonner vie à vos soirées. Dans leur cadre travaillé ses tableaux procurent également de longs moments de lecture... d'autant que les sortes de bandes dessinées qui composent souvent ses peintures sont riches de références multiples et variées.

 

Je vous recommande le site Complete Paintings | Joe Coleman

 

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L'américaine Kate Clark réalise des pièces mi animales, mi humaines d'un naturalisme troublant.

 

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Ci-dessus c'est un peu du Ben, façon ouvrage de dame. Sur un mur de la halle Saint Pierre ce bel exemple de street art, ne serait ce pas aussi de l'art brut?


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Paris, avril 2013

 

Pour retrouver d'autres billet sur l'art brut sur le blog:  Joe Coleman,  Hey! Modern Art & Pop Culture à la Halle Saint PierreAlex GrossAlex Gross à New-York , Marcel Storr, bâtisseur visionnaireHey! Part II, à la Halle Saint Pierre

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musée archéologique de Naples (3)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Le musée archéologique de Naples

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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groupe d'Harmodios et Aristogiton

 

Le musée archéologique de Naples est le plus beau musée du monde pour l'antiquité romaine. Plus riche encore que les deux, le nouveau et l'ancien, qui se jouxtent, musées des antiquités romaine du Vatican. Il est le dépositaire des oeuvres qui ont été récupérées à Pompéi et à Herculanum et aussi de la plus grande partie de la somptueuse collection Farnèse. Je dois en être à ma sixième visite, je ne passe jamais dans les parages sans y aller. C'est une expérience toujours nouvelle et un brun frustrante car je crois qu'il ne faut pas espérer visiter le musée de Naples en y voyant toutes les salles ouvertes. Il reste que même partielle cette visite est inoubliable. Autre particularité, j'ai toujours trouvé ce musée en travaux, on a d'ailleurs l'impression, tant tout est propre et net, qu'il vient d'ouvrir. Les gardiens étant discrets, malgré l'interdiction, la prise de photo est aisée.

 

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Pan et Olympe    

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Dyonysos et Eros ailé

 

Naples, avril 2013

 

D'autres images de Naples et de napolitains:  Beppo, un garçon de Naples,  Beppo, un garçon de Naples,  Le garçon de la baie de Naples,  jeunes baigneurs napolitains,  Jeunes baigneurs napolitains (2),  jeunes baigneurs napolitains (3),  jeunes baigneurs napolitains (4),  garçons à Naples,  plongeons à Naples,  Beppo, un garçon de Naples (3),  Les garçons de Naples,  street art à NaplesLe musée archéologique de Naples

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Art Paris 2013

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Il ne faut pas rater chaque année Art Paris au Grand Palais même s'il faut bien constater que cette manifestation n'est pas tout à fait à la hauteur de la FIAC, il reste qu'elle reste chaque année une occasion d'admirer un choix d'oeuvres d'un eclectisme remarquable des peintures aborigènes (comme immédiatement ci-dessus) à Fromanger en passant par Sotto par exemple. La grande différence entre la FIAC et Art Paris c'est que cette dernière exclut théoriquement les galeries dites du deuxième marché; ce qui revient à présenter que des artistes vivants ou du moins disparu depuis peu de temps. L'édition 2013 n'est pas un grand cru, la responsabilité en est en parti due au pays mis en avant, la Russie. Ce n'est pas faire preuve d'orgueil occidental que de constater que l'art russe n'est pas, à quelques exceptions prêt n'est pas à la hauteur de celui de ce que l'on appelait jadis l'ouest. On peut diviser la peinture russe (c'est la peinture que je connais le moins mal) en trois groupes, le premier le moins visible en occident, se situe plus ou moins dans la ligne de ce qui fut la peinture soviétique entre réalisme socialisme et post impressionniste. Le deuxième s'inscrit dans la mouvance de ce que l'on appelle l'art international. C'est le groupe le moins intéressant car ces artistes pratiquent souvent un art qui parait pour un occidental obsolète, ayant vu des oeuvres semblables parfois un demi siècle plus tôt! Le troisième groupe est ce que l'on appelle le sot-art. C'est de loin celui qui est le plus visible. Beaucoup de critiques se sont ébaudis du courage de ces artistes qui ont l'audace de brocarder Lénine et Brejnev... mais pas Poutine!

Mon choix ne surprendra pas les habitués de ce blog. Il est certain qu'un autre visiteur en aurait fait un tout différent.

 

 

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Cette année de nombreuses galeries présentaient des photos. Cela est à la fois difficile et un peu ridicule de photographier des photos. Je n'ai tout de même pas résister au plaisir de vous montrer une image de la série poétique de Laurent Chehere.

 

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Ces deux peintures de l'artiste finlandais Stiina Saaristo de mémères alcooliques à chats (non ce ne sont pas des portraits du détenteur du blog que vous lisez) dans la ligne d'un Clovis Trouille m'ont beaucoup plu. 

 

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Anthony Goicolea

 

 

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Un beau Fromanger d'il y a une vingtaine d'années, cette fois ce n'est pas la place de la Bastille qui nous est montrée mais celle de Sienne, l'artiste possède un atelier dans cette ville. 

 

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Mitchell

 

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Je n'ai malheureusement pas retenu le nom de cet artiste qui s'inspire des dessins techniques, dont certains ceux surtout d'il y a quelques dizaines d'années, peuvent être sans intervention être considéré déjà comme des oeuvres d'art.

 

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Le groupe AES+F s'attaque aujourd'hui aux mignardises en biscuit façon dessus de cheminée tout en gardant son homo érotisme. On peut voir d'autres oeuvres de ce groupe en allant sur ce billet du blog: pour se souvenir du vert paradis d'AES+F, Passage de Retz 

    

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James Casebere

 

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Joerg Lozek

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christopher Winter

 

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Luc Doerflinger

 

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Raymond Hains

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Lorsque j'ai abordé cette  galerie russe j'ai cru qu'elle présentait des "à la manière de" en l'occurence celle du réalisme soviétique et bien ce n'est pas le cas, tout est bon d'époque.


 

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Erro

 

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Combas    

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Deux oeuvres magnifiques de Morellet avec au premier plan une sculpture d'Odile Decq.

 

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Une belle installation de Pascal Haudressy pour les amoureux des corbeaux dont je suis.

 

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      Cremonini

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Matta

 

Matta est un maître du grand format. À quelques exceptions près, plus ses toiles sont grandes, mieux elles sont réussies. Il est un des rares artistes contemporains à pouvoir maintenir une tension véritable, sans espace mort, sur toute l’étendue de très grands tableaux

 Renaud Camus, Journal romain

 

 

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Hockney    

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Rebeyrolles

 

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Lanskoy

 

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Bisky

 

Pour retrouver Norbert Bisky sur le blog:  Norbert Bisky, Decompression à la galerie Daniel Templon,  Norbert Bisky Norbert Bisky

 

D'autres visites à Art-Paris:  Art Paris 2012Art Paris 2013visite à Art Paris 2011

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