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373 articles avec grandes expositions et musees

Musée d'art de la préfecture de Shimane

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Kano Elun

Kano Elun

Musée d'art de la préfecture de Shimane
Musée d'art de la préfecture de Shimane

Dans son bâtiment futuriste et lumineux, le musée de la préfecture de Shimane présente des collections d'art japonaises et occidentales. Il a été inauguré en 1999, il a été construit de 1996 à 1998 sous la conduite de l'architecte Kiyonori Kikutake. Le soir l'endroit et ses alentours sont idéals pour contempler le couché de soleil sur le lac Shinji.

Musée d'art de la préfecture de Shimane
Musée d'art de la préfecture de Shimane
Musée d'art de la préfecture de Shimane
Courbet

Courbet

Musée d'art de la préfecture de Shimane
Musée d'art de la préfecture de Shimane
Musée d'art de la préfecture de Shimane
Musée d'art de la préfecture de Shimane
Musée d'art de la préfecture de Shimane
Musée d'art de la préfecture de Shimane
Musée d'art de la préfecture de Shimane
le Victor Hugo de Rodin

le Victor Hugo de Rodin

Maillol

Maillol

Musée d'art de la préfecture de Shimane
Musée d'art de la préfecture de Shimane
Musée d'art de la préfecture de Shimane
Musée d'art de la préfecture de Shimane
Musée d'art de la préfecture de Shimane

L'oeuvre du musée que je préfère est celle de l’artiste Satoshi YABUUCHI (籔内佐斗司). Appelée « Shinji-ko Rabbits » (宍道湖うさぎ, Shinjiko Usagi), il s’agit de 12 lapins en bronze placés à la queue-leu-leu et donnant l’illusion d’un seul et unique lapin sautillant vers le lac. Satoshi YABUUCHI, qui a créé ces lapins, est un artiste assez connu au Japon. Comme vous pouvez le constater sur ce site, ses bronzes se vendent assez chers. Il est notamment célèbre pour avoir créer la mascotte de la ville de Nara, Sento-kun, qui est l’une des plus médiatiques parmi la constellation des « Yuru-kyara » (ゆるキャラ), c’est-à-dire des mascottes dont sont si friands les Japonais.

Le lapin est associé à diverses légendes japonaises, la plus connue étant celle voulant que la lune soit habitée par des lapins. le lapin est aussi le messager des dieux et possède des dons de prédiction.

Musée d'art de la préfecture de Shimane
Les douze lapins de bronze (enfin certains) du lac Shinji, en face du musée.

Les douze lapins de bronze (enfin certains) du lac Shinji, en face du musée.

Musée d'art de la préfecture de Shimane
Musée d'art de la préfecture de Shimane
Musée d'art de la préfecture de Shimane

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Rancillac chez les cocos (2)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Rancillac chez les cocos (2)
Rancillac chez les cocos (2)
Rancillac chez les cocos (2)
Rancillac chez les cocos (2)
Rancillac chez les cocos (2)
Rancillac chez les cocos (2)
Rancillac chez les cocos (2)
Rancillac chez les cocos (2)
Rancillac chez les cocos (2)
Rancillac chez les cocos (2)
Rancillac chez les cocos (2)
Rancillac chez les cocos (2)
Rancillac chez les cocos (2)
Rancillac chez les cocos (2)
Rancillac chez les cocos (2)
Paris, mars 2017

Paris, mars 2017

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Rancillac chez les cocos (1)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Rancillac chez les cocos (1)
Rancillac chez les cocos (1)

Le Parti Communiste étant en déshérence, encombré de son somptueux siège qu'il ne peut pas vendre pour des questions juridiques et le musée de la Poste, où j'ai vu souvent de belles expositions, étant en réfection, le premier a eu la bonne idée de louer au second le très vaste espace de son hall pour une rétrospective Rancillac, compagnon de route, comme on disait jadis, du dit P.C.

La manifestation s'inscrit dans la suite d'un heureux revival de la Figuration narrative*. On a eu en particulier ces dernières années, principalement, Erro à Lyon, Monory à Vitry, Fromanger au Centre Pompidou et surtout la grande rétrospective au Grand Palais dans laquelle Rancillac figurait au coté, entre autres, d'Aillaud, Fomanger, Cueco, Erro, Télémaque... Voici maintenant Rancillac dans ce lieu insolite pour une exposition de peinture qu'est le siège du Parti Communiste Français, place du colonel Fabien dans le XIX ème arrondissement de Paris. Le lieu s'avère à la réflexion judicieux, autant par les beaux espaces qu'il offre que par son adéquation avec le style des oeuvres qui flirtent avec un réalisme socialiste à la française regardant les évènements du monde. Mais comme Erro, Rancillac est influencé formellement par les images.

L'engagement politique de Rancillac se montre dans presque chaque toile, si l'on excepte celles érotiques et celles prenant pour thème le jazz, et encore... Le message est direct et présenté d'une façon beaucoup moins subtil que chez Fromanger ou Aillaud. Il n'est pas non plus transcendé par l'humour comme chez Erro (à part la série des Mickey et qui est assimilable au pop art). L'ensemble est aussi beaucoup plus hétérogène que chez ses camarades cités de la figuration narrative. Ces peintres ne serait-ils pas les peintres d'Histoire du XX ème siècle?


rancillac300258901

L'exposition est présentée globalement de façon chronologique. On commence par quelques toiles abstraites qui ne dépareraient chez Twombly pour poursuivre avec des oeuvres qui font la transition entre cette première manière, vite abandonnée, et le réalisme photographique qui sera son expression jusqu'à aujourd'hui. Ces quelques toiles qui sont du coté de Guston me semble les plus intéressantes.

Rancillac outre ces peintures et ses sérigraphies qui peuvent être sur tôle, plexiglass ou bâche a réalisé aussi des valises que je situerais entre Duchamp et Rauschenberg.

Tout cela un peu trop donneur de leçon à mon goût est très intelligemment présenté dans un lieu qui ne doit pas être facile à apprivoiser pour un accrochage. Les oeuvres sont bien éclairées et c'est gratuit! Ce qui est une grosse surprise pour une exposition aussi vaste et aussi sérieusement organisée. En plus, à l'entrée, on vous distribue un joli fascicule fort instructif sur Rancillac. Autre chose bien agréable les photos sont autorisées. Encore une exposition de cet acabit place du colonel Fabien et aux prochaines élections je vote communiste... Peut être pas quand même.

Où es-tu, Que fais-tu? (1965)

Où es-tu, Que fais-tu? (1965)

Rancillac chez les cocos (1)
Rancillac chez les cocos (1)
Rancillac chez les cocos (1)
Rancillac chez les cocos (1)
Rancillac chez les cocos (1)

L'art de Rancillac se place donc au confluent de l'histoire de l'art et de l'histoire, et il lui sera toujours reconnu le mérite d'avoir, avec opiniâtreté sans compromis, dans le refus du conformisme pictural, voulu dire la vie par l'art et réintroduire l'art dans la vie par les médias les plus accessible à ceux qui sont les plus démunis devant l'art.

Bernard Ceysson, Rancillac, 1971

Rancillac chez les cocos (1)
portrait de Giacometti

portrait de Giacometti

Rancillac chez les cocos (1)
Rancillac chez les cocos (1)
Rancillac chez les cocos (1)

Rancillac a consacré, à la fin des années 70, une série de peintures à Ulrike Meinhof. Cette dernière était journaliste avant de devenir, en 1970, une des combattantes les plus actives de la bande à Baader, groupe qui commettra de nombreux attentats. Elle fut condamnée à huit ans de prison en 1974. En 1978 on la retrouvera pendue dans sa cellule. L'enquête conclut au suicide, ce qui n'entrainera pas la conviction de certains...

L'accrochage fait alterner des toiles représentant des couloirs de prison, symbolisant le statisme, avec des représentations de voitures de course, image du mouvement par excellence; mais les pilotes ne sont-ils pas aussi prisonniers de l'habitacle de leur automobile.

Dans cette série, une fois n'est pas coutume chez le peintre le message n'est pas direct mais est suggéré ce qui en fait un des ensembles le plus intéressant de l'exposition.

Rancillac chez les cocos (1)
image illustrant le conflit nord-irlandais (1977)

image illustrant le conflit nord-irlandais (1977)

Rancillac chez les cocos (1)
évocation de la guerre civile espagnole

évocation de la guerre civile espagnole

J'ai été sensibilisé à la guerre d'Espagne par la lecture du livre d'Orwell: "hommage à la Catalogne". Je salue tous les combattants sans faire le procès de personne. J'ai cherché de la documentation à la bibliothèque d'histoire contemporaine de la ville de Paris. Je suis tombé sur un fond de photos déposé il y a près de quinze ans mais rarement consulté. Je me suis inspiré d'une image bouleversante. Il s'agit d'une affiche de l'armée républicaine qui montre les enfants morts pendant le siège de Madrid bombardé par l'aviation de Mussolini. La guerre d'Espagne, c'est énorme...

Bernard Rancillac

Le coup d'état au Chili du général Pinochet. (1977)  La toile dénonce l'instrumentalisation des militaires chiliens par les américains

Le coup d'état au Chili du général Pinochet. (1977) La toile dénonce l'instrumentalisation des militaires chiliens par les américains

représentation du conflit cambodgien

représentation du conflit cambodgien

portraits de Burrough

portraits de Burrough

portrait de Ginsberg, 1968

portrait de Ginsberg, 1968

Paris, mars 2017

Paris, mars 2017

*Lfiguration narrative a regroupé un certains nombre de peintres qui s’opposaient au diktat de l’abstraction de l’école de Paris. Il s’agissait entre autres de Monory, Fromanger, Rancillac, Klasen , Arroyo , Erro... Comme le nom de leur groupe l’indique trouvé, par leur rassembleur, le critique Gérald Gassiot-Talabot , ils se voulaient et se veulent toujours pour les survivants de cette équipée, figuratifs mais au delà de la forme (et pourtant!) qui est nourri de la BD, de la photographie, du cinéma ou des images d'actualité. Ils avaient aussi en commun un grand sens de la couleur qu’ils utilisaient souvent pure en et aplat.

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Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Une visite au musée Gustave Moreau (4 et fin)
Paris, février 2017

Paris, février 2017

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Une visite au musée Gustave Moreau (3)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Une visite au musée Gustave Moreau (3)
Une visite au musée Gustave Moreau (3)

Ce que je regretterai... Le travail, la recherche incessante, le développement de mon être par l'effort, cette poursuite du mieux, du rare, de l'invisible (...) Le louvre, les vieux maitres, leurs causeries silencieuse dans ces toiles sublimes, les voyages de l'esprit aux époques disparues, les restitutions imaginaires aux âges fabuleux, les courses aux pays ignorés, inexplorés, inaccessibles...

Gustave Moreau, Ecrits sur l'art

Une visite au musée Gustave Moreau (3)
Une visite au musée Gustave Moreau (3)
Une visite au musée Gustave Moreau (3)
Une visite au musée Gustave Moreau (3)
Une visite au musée Gustave Moreau (3)
Une visite au musée Gustave Moreau (3)
Une visite au musée Gustave Moreau (3)
Une visite au musée Gustave Moreau (3)
Une visite au musée Gustave Moreau (3)
Une visite au musée Gustave Moreau (3)
Une visite au musée Gustave Moreau (3)
Une visite au musée Gustave Moreau (3)
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Une visite au musée Gustave Moreau (3)
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Une visite au musée Gustave Moreau (2)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Une visite au musée Gustave Moreau (2)
Une visite au musée Gustave Moreau (2)
Une visite au musée Gustave Moreau (2)
Une visite au musée Gustave Moreau (2)
Une visite au musée Gustave Moreau (2)
Une visite au musée Gustave Moreau (2)
Une visite au musée Gustave Moreau (2)
Une visite au musée Gustave Moreau (2)
Une visite au musée Gustave Moreau (2)
Une visite au musée Gustave Moreau (2)
Une visite au musée Gustave Moreau (2)
Une visite au musée Gustave Moreau (2)
Une visite au musée Gustave Moreau (2)
Une visite au musée Gustave Moreau (2)
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Une visite au musée Gustave Moreau (2)

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Une visite au musée Gustave Moreau (1)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)

La visite au musée Gustave Moreau, qui fut la maison du peintre, et avant lui celle de ses parents permet une véritable découverte, même si l'on connait bien la peinture du maitre du symbolisme. Car le grand intérêt de cette maison-musée c'est qu'elle renferme des centaines de dessins de Gustave Moreau. Je suppose que bien peu de personne n'ayant pas visité ce musée mesure à quel point Gustave Moreau est un immense dessinateur. Ces dessins sont facilement visibles. Ils sont mis sous verre dans dans des volets ingénieusement disposés le long des mur des deux grands ateliers du musée. Il faut bien 3 heures pour les compulser. Malheureusement le fait qu'ils soient sous verre occasionne de nombreux reflets parasites rendant leur photographie, qui est autorisée, très problématique d'ou la mauvaise qualité des images que je vous propose. Ces dessins sont pour beaucoup des études préparatoires pour les grands tableaux du peintre, mais on y trouve également des copies de toiles de maitre ou d'autres réalisés pour eux même ou pour s'entrainer comme un pianiste ferait ses gammes.  

Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
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Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Une visite au musée Gustave Moreau (1)
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Une visite au musée Gustave Moreau (1)
Paris, février 2017

Paris, février 2017

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Rétrospective Twombly au Centre Pompidou

Publié le par lesdiagonalesdutemps

vue générale de la fin de l'exposition

vue générale de la fin de l'exposition

Tableaux du début des années 50

Tableaux du début des années 50

Le Centre Pompidou présente, jusqu'au 24 avril 2017, une vaste rétrospective de Twombly (1928-2011), environ 140 pièces. L'accrochage est aéré. Il met bien en valeur les oeuvres. S'il y a quelques travaux sur papier et quelques sculptures, groupées en un seul lieu, la grande majorité de ce qui est montré sont des peintures sur toile. La présentation est grosso-modo chronologique. Elle s'articule autour de trois cycle monumentaux: Nine Discourses on Commodus (1963), Fifty Days at lliam (1978) et Coronation of Sesostris (2000).

Les photographies sont autorisées mais la plupart des oeuvres étant sous verre, il est difficile d'éviter les reflets parasites.

Si l'on excepte les toiles de la première salle datant du début des années 50 dans lesquelles Twombly est encore visiblement sous l'influence de ses maitres, Kline et Motherwell et celles de la dernière décennie de sa carrière où le peintre retrouve la prédominance du geste, on pense parfois à Mitchell, l'ensemble de l'oeuvre montre surtout des graffitis ténus tracés sur de vastes surface.   

Je n'ai jamais adhéré à l'oeuvre de Twombly et ma studieuse visite de sa rétrospective au Centre Pompidou ne m'a pas fait changer d'avis. Si je suis d'accord avec les fines et justes descriptions de son travail par Barthes dans le lumineux essais qu'il a consacré à l'artiste (voir les quelques citations qui parsèment mon modeste reportage), je ne partage en presque rien son ressenti devant l'oeuvre, sinon pour la sensation de lumière que l'on a devant certaines toiles.

Je comprend bien Barthes quand il explique qu'un tableau intitulé Achille pleurant la mort de Patrocle n'est pas une illustration du fait, mais que la toile a été réalisée par l'artiste lorsqu'il était imprégné de cette légende. Je veux bien en être persuadé et je veux bien sans barguigner donner quitus à Twomly pour sa grande culture, mais dédier un tableau à une gloire réelle ou imaginaire du passé ou écrire son nom sur la toile, n'est pas suffisant en ce qui me concerne pour corréler le personnage avec le rectangle qui me fait face. Ainsi lors de l'exposition nous croisons, en vrac, les fantômes, qui pour moi sont restés muets, de Paul Valéry, Vénus, Apollon, Patrocle, Achille, Mallarmé, Sappho, Raphael, Commode, Ulysse, Muybridge, Monet, Bacho, Virgile, Byron... J'arrête là l'énumération de cette cohorte hétéroclite car il y en a bien d'autres. Mais à mon grand regret je n'ai ressenti aucune présence de ces entités face aux oeuvres. Ce qui ne veux pas dire que je sois toujours resté de marbre devant les cimaises; en particulier devant celle ou est accrochée la série "Nine discourses on Commodus. Cette suite de tableaux a été peinte peu de temps après l'assassinat de Kennedy si elle fait bien passer la violence sanguinaire au point d'être mal à l'aise entouré de ces peintures je m'interroge sur le pourquoi à la référence antique. Je comprend bien le dilemme du peintre tiraillé entre s'échapper de l'illustratif tout en ne reniant pas sa culture classique. Mais les références à celle-ci ou à l'Histoire, comme le faisait par exemple Mathieu, privent la peinture abstraite (mais dans quelle mesure l'oeuvre de Twombly se rattache à cette dernière?) de l'universalisme et du pur émotionnel que les titres des tableaux viennent parasiter.

La gestuelle est importante dans de nombreux tableaux où pour certains elle fut une oeuvre à part entière, certaines toiles évoque Hartung. On comprend que cette particularité ait séduit l'auteur de "L'empire des signes". L'oeuvre de Twombly ne se voudrait-elle pas que signes?           

Robert Rauschenberg et Cy Twombly , Venise (1952)

Robert Rauschenberg et Cy Twombly , Venise (1952)

Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
1958

1958

Les toiles de Twombly sont comme de grandes chambres méditerranéennes chaudes et lumineuses aux éléments perdus que l'esprit veut peupler.

Roland Barthes Cy Twombly

1958

1958

tableaux du début des années 60

tableaux du début des années 60

C'est Rome, il faut bien le dire, qui ouvre l'expansion du style de Twombly à la volupté, à la saveur, à une sorte de gaieté sonore mais toujours un peu grinçante, à la matière, à toute les matières , à commencer par le foutre, le sang et la merde. Beaucoup plus près de nous, sa préciosité dégénère parfois en une espèce de joliesse qui se souviendrait à l'excès des Nymphéas (...) Mais il suffit de "Wilder Shore of Love" pour déployer de nouveau sous nos yeux les nuées tempétueuses de la passion, de ses affolantes jonchées, de ses sexes brandis et de ses mots, que secoue en rafale le vent du large.

Renaud Camus, journal 1988

dessins sur papier datant de 1957

dessins sur papier datant de 1957

Empire of flora, 1961

Empire of flora, 1961

1961

1961

Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
les 5 toiles ci-dessus appartiennent à la série Nine Discourses on Commodus (1963)

les 5 toiles ci-dessus appartiennent à la série Nine Discourses on Commodus (1963)

C'est parce que Twombly est un artiste du corps, de la sensation, du désir, de la matière, du toucher, de la peau, de la chair, de l'Italie, dans ses saveurs et ses beautés les plus physiques, qu'il peut être en même temps, sans mièvrerie ni ridicule, un peintre de l'idée, de l'idée comme pulsion.

Renaud Camus, journal 1988

série peinte à la fin des années 60

série peinte à la fin des années 60

Achilles mourning the death of Patroclus, 1962

Achilles mourning the death of Patroclus, 1962

Twombly a le génie de rendre le griffonnage majestueux et le majestueux lyrique, intime, frissonnant de fleurs écrasées, de poètes au-dessus d'une mer mythologique, et d'ombrage propices à l'amour.

Renaud Camus, journal 2004

The vengeance of Achilles, 1962

The vengeance of Achilles, 1962

Twombly a beaucoup photographié, ce qui est peu montré dans l'exposition, ci-dessus son fils Alessandro 1965

Twombly a beaucoup photographié, ce qui est peu montré dans l'exposition, ci-dessus son fils Alessandro 1965

Cy Twombly à Rome photographié par  Robert Rauschenberg

Cy Twombly à Rome photographié par Robert Rauschenberg

Rétrospective Twombly au Centre Pompidou

Dans l'évènement, Twombly introduit une surprise. Cette surprise prend l'apparence d'une incongruité, d'une dérision, d'une déflation comme si l'enflure humaniste était brusquement dégonflé.

Roland Barthes, Cy Twombly

Venus, 1975 et Apollo, 1975

Venus, 1975 et Apollo, 1975

La lettre chez Twombly - le contraire même d'une lettrine -, est faite sans application. Elle n'est pourtant pas enfantine, car l'enfant s'applique, appuie, arrondit, tire la langue; il travaille dur pour rejoindre le code des adultes. Twombly s'en éloigne, il desserre, il traîne; sa main semble entrer en lévitation; on dirait que le mot a été écrit du bout des doigts, non par dégoût ou par ennui, mais par une sorte de fantaisie ouverte au souvenir d'une culture défunte, qui n'aurait laissé que la trace de quelques mots.

Roland Barthes, Cy Twombly

Bacchanalia, 1977

Bacchanalia, 1977

Dans la peinture classique " ce qui se passe" est le sujet de la toile; ce sujet est souvent anecdotique (Judith égorgeant Holopherne); mais dans les toiles de Twombly, le sujet est un concept: c'est le texte classique "en soi" concept, il est vrai, étrange, puisqu'il est désirable, objet d'amour, peut-être de nostalgie.

Roland Barthes, Cy Twombly

Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
les sculptures ont été réalisées au milieu des années 2000

les sculptures ont été réalisées au milieu des années 2000

Rétrospective Twombly au Centre Pompidou

Ce qui me semble intervenir dans le trait de Twombly et le conduire au bord de cette mystérieuse "dysgraphie" qui fait tout son art, c'est une certaine paresse (qui est des signes les plus purs du corps). La paresse c'est précisément ce que permet "le dessin", mais non "la peinture" (toute couleur lâchée, laissée, et violente), ni l'écriture (chaque mot naît entier volontaire, armé par la culture). La "paresse" de Twombly (je parle ici d'un effet non d'une disposition) est cependant tactique: elle lui permet d'éviter la platitude des codes graphiques, sans se prêter au conformisme des destructions: elle est dans tous les sens du mot, un tact.

Roland Barthes, Cy Twombly

Summer madness, 1990

Summer madness, 1990

Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
Quattro stagioni, 1993-1995

Quattro stagioni, 1993-1995

Il y a des peintures excitées, possessives, dogmatiques; elles imposent le produit, lui donnent la tyrannie d'un concept ou la violence d'une convoitise. L'art de Twombly - c'est sa moralité - et aussi son extrême singularité historique - ne veut rien saisir; il se tient, il flotte, il dérive entre le désir - qui lui donne congé: s'il fallait à cet art quelques références, on ne pourrait aller la chercher que très loin, hors de la peinture, hors de l'occident, hors des siècles historiques, à la limite même du sens, et dire avec To King: Il produit sans s'approprier. Il agit sans rien attendre, son oeuvre accomplie, il ne s'attache pas, et puisqu'il ne s'y attache pas, son oeuvre restera.

Roland Barthes, Cy Twombly

la série Fifty Days at lliam, 1978

la série Fifty Days at lliam, 1978

Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
Coronation of Sesostris (2000)

Coronation of Sesostris (2000)

Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
Bacchus, 2005

Bacchus, 2005

Camino Real, 2010

Camino Real, 2010

Paris, février 2017

Paris, février 2017

plafond au Louvre réalisé par Twombly

plafond au Louvre réalisé par Twombly

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une visite au Alte Nationalgalerie Berlin

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Reinhold Begas, Amour et Psyché

Reinhold Begas, Amour et Psyché

une visite au Alte Nationalgalerie Berlin
une visite au Alte Nationalgalerie Berlin
une visite au Alte Nationalgalerie Berlin
Louis Ferdinand von Rayski, portrait du comte Haubold von Einsiedel, 1855

Louis Ferdinand von Rayski, portrait du comte Haubold von Einsiedel, 1855

Louis Ferdinand von Rayski, portrait du comte Haubold von Einsiedel, 1855 (détail)

Louis Ferdinand von Rayski, portrait du comte Haubold von Einsiedel, 1855 (détail)

Franz Kruger

Franz Kruger

une visite au Alte Nationalgalerie Berlin
Gustav Eberlein (1847-1926) l'épine au pied

Gustav Eberlein (1847-1926) l'épine au pied

Gustav Eberlein (1847-1926) l'épine au pied

Gustav Eberlein (1847-1926) l'épine au pied

Gustav Eberlein (1847-1926) l'épine au pied (détail)

Gustav Eberlein (1847-1926) l'épine au pied (détail)

Arnold Bocklin, L'ile des morts

Arnold Bocklin, L'ile des morts

Anselm Feuerbach (1829-1880) Ricordo di Tivoli

Anselm Feuerbach (1829-1880) Ricordo di Tivoli

Adolf von Hildebrand (1847-1921), jeune homme 1884

Adolf von Hildebrand (1847-1921), jeune homme 1884

Wilhelm Leibl

Wilhelm Leibl

Arnold Bocklin

Arnold Bocklin

Adolf von Hildebrand

Adolf von Hildebrand

une visite au Alte Nationalgalerie Berlin
Hans Thoma

Hans Thoma

Franz von Lenbach, temple des vestales à Rome

Franz von Lenbach, temple des vestales à Rome

Wilhelm Busch

Wilhelm Busch

Carl Spitzweg

Carl Spitzweg

une visite au Alte Nationalgalerie Berlin
Max Liebermann

Max Liebermann

Franz von Defregger

Franz von Defregger

Franz von Defregger

Franz von Defregger

Berlin, avril 2015

Berlin, avril 2015

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Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (3)
Nancy, janvier 2017

Nancy, janvier 2017

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