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234 articles avec citations

Une collection

Publié le par lesdiagonalesdutemps

... C'est surtout dans sa chambre qu'il exposait ses dernières trouvailles, certaines sous des cloches de verre: une vertèbre peinte représentant un personnage, des silex, un godemiché ayant appartenu au poète Robert Brasillach, une photographie de l'actrice Michèle Morgan, exhibant fièrement son entrejambes, le passeport de Bakounine et des clefs, de nombreuses dont certaines remontaient au Moyen Age. Aucun de ces objets me laissait indifférent.

 

Pierre Le-Tan, Quelques collectionneurs

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la Bombe indispensable

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Les progrès, qui ravagent l'univers, en supprimant les microbes, vont multiplier les hommes jusqu'à rendre la Bombe indispensable.

 

Paul Morand, lettre à Jacques Chardonne, le 3 avril 1959

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Le paradoxe du miroir

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

"Le paradoxe du miroir — c'est une chose à laquelle le garçon réfléchit pas mal, tandis qu'il passe de dix à onze ans, de onze à douze, de douze à l'adolescence paniquée —, le paradoxe du miroir est que, tout en vous reproduisant parfaitement, l'image qu'il vous renvoie est toujours à l'envers: c'est la même, mais aussi exactement l'inverse. Si le garçon devait regarder une photo de lui, il verrait le grain de beauté qui marque sa pommmette gauche sur le côté droit de la photo; c'est ce que les gens voient lorsqu'ils le regardent. Mais ce grain de beauté appartient au côté gauche du miroir, comme si le garçon dans le miroir avait un grain de beauté sur la joue droite. Tout le reste est précisément identique: comme certains autres membres de la famille de sa mère, son oeil droit est légèrement plus grand, plus ouvert, que le gauche, même si c'est l'inverse pour le garçon dans le miroir; ce garçon a une cicatrice sur le front qui zigzague vers la gauche et non vers la droite. Et ainsi de suite.

Le miroir procure donc un plaisir mitigé. D'un côté, il crée des multiples inépuisables, des couloirs à l'intérieur de couloirs remplis d'une infinité d'images qui se répètent; et pourtant les images qu'il offre sont vouées à rater (avec une sorte d'exactitude étonnnate) ce qu'elles sont censées faire: vous montrer tel que vous êtes.

Le même qui est aussi différence, l'énigme présentée par le miroir, l'intéresse. Elle crée chez luui une appréciation toute particulière des surfaces et de ce qu'elles peuvent dissimuler."

Daniel Mendelsohn, L'étreinte furtive, Paris, Flammarion, 2009, p. 85-86.

 

 

cette citation et ses illustrations sont issues du blog blog www.erosinarcadia.blogspot.fr pour y aller, ce que je vous conseille cliquez sur la flèche qui suit site  

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Le grand art

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le grand art atteint à l'éternité et à l'incomunicable, non grâce à des confessions personnelles passionnées, mais grâce à des allusions et des échos impersonnels.

Frederic Prokosch, Voix dans la nuit

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La mondanité tue tout, même les vices.

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Il avait été pédéraste jusqu'à quarante-cinq ans, mais, à présent, il n'avait plus la force après une journée de travail et un dîner en ville de retrouver un beau jeune homme à minuit. Il se contentait de les suivre d'un oeil mélancolique dans les salons. La mondanité tue tout, même les vices.

 

Françoise Sagan, La chamade

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Un mobile, c'est comme un employé de la fourrière. C'est un employé de la fourrière pour le vent.

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Calder_jpg
The star (1960)

"L'important, c'est que le mobile attrape le vent. Un mobile, c'est comme un employé de la fourrière.
          C'est un employé de la fourrière pour le vent.
          Comme un employé de la fourrière attrape n'importe quel chien, le mobile attrape n'importe quel vent qu'il soit bon ou mauvais. Moi-même je suis comme mes mobiles, quand je suis dans la rue j'attrape aussi des choses."
Alexander Calder

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les "premières fois"

Publié le par lesdiagonalesdutemps

On dit que les "premières fois" et les amours de passage ne comptent pas, mais plus tard je crois que les seuls relations qui comptent sont les premières. Plus tard nous savons reconnaitre leur ombre éphémère qui vient traverser notre existence, comme les brefs echos d'un thème original qui envahit toute l'oeuvre, ou comme l'élaboration mécanique d'une fugue trop complexe.

 

Edmund White, Un jeune américain

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l'adolescence ne s'épuise pas puisqu'elle se renouvelle

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Pour moi, l'adolescence ne s'épuise pas puisqu'elle se renouvelle. Ce qui me semble impossible à vivre est la fidélité physique sur le long terme puisque le désir se voit émoussé, voire repoussé par l'âge adulte. Et que ce désir continue d'être aimanté par la jeunesse offerte. Par l'attrait d'un charme nouveau et différent, par un mystère, par un don des dieux qu'il ne faut pas refuser... Sagesse de l'instant, puisque rien ne dure. On ne peut vivre par projection dans le champ du peut-être ou du plus tard, ces leurres: plus tard, il sera trop tard."
Claude Michel Cluny, La Déraison, Journal Littéraire, 1974-1977, L'invention du Temps, tome IV, Paris, Editions de la Différence, 2005, p. 74

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on ne vend jamais une bibliothèque

Publié le par lesdiagonalesdutemps

On annonce à Drouot la vente de la bibliothèque Lucien Scheler.

Mais l’on ne vend jamais une bibliothèque ; tout au plus les livres qui la composaient, perdant ainsi l’essentiel : leur voisinage, leur jointure, tant dans l’espace que dans l’esprit. S’évanouit pour toujours, lors de ces bien nommées dispersions, le liquide interstitiel, la lymphe de toute bibliothèque ou collection : ce qui a présidé au choix de telle ou telle édition, au rejet de tel auteur, à l’assortiment d’une reliure, à l’indescriptible exaltation éprouvée face à un volume trouvé après des années de recherche et de déception, à la ténacité d’une quête entamée, sans qu’on sache très bien pourquoi, depuis l’adolescence, à l’illusion d’avoir (presque) complété le dessin de la tapisserie, d’avoir achevé une solide architecture, qui ne tarde pas à se révéler château de sable… Sur la couverture du catalogue, fantomatique cadastre de ce monument disparu, un damier d’éditions uniques, mais inertes sous une lumière étale, prive les précieux spécimens de tout ce qui avait fait leur aura.

Patrick Mauriès, Fragments d’une forêt.
Grasset, 2013.

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insoumission de l'enfant

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

Il est absolument impossible d’obtenir d’un enfant qui entre dans ce désir de poésie, d’art, qu’il se soumette déjà. C’est une activité qui apprend l’insoumission, vraiment.


Pierre Guyotat – Explications

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