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235 articles avec citations

EXPLICATION de Claude Michel Cluny

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 EXPLICATION

Lorsque l’Hermès Express

entra lentement en gare d’Éphèse,

les voyageurs arrivés de Sidon de Tyr

ou de Palmyre apprirent la nouvelle

– bruissante dès la criée du soir,

une fragile fragrance de mai

en hiver eût été moins surprenante –

plus incongrue que celle d’un astre !

de la chute de Rome entre les mains

des Barbares. Un vieil érudit l’aurait lue

– oh ! sur d’antiques tablettes ! –

dans les ruines de Leptis – en Libye.

Voilà pourquoi personne non personne

n’est venu de là-bas depuis des siècles.

Naoussa, Paros, 5 mai 2005

Claude Michel Cluny

Œuvre poétique, vol. II (éd. de La Différence, 2010)

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Ailleurs ne m'est pas un décor, mais le territoire d'un retour

Publié le par lesdiagonalesdutemps

À Rome, à Delphes, à Ceylan je rejoins, me semble-t-il, une part de moi-même, ou de mon passé. C'est l'avenir qui n'est qu'un rêve. Ailleurs ne m'est pas un décor, mais le territoire d'un retour.

Claude Michel Cluny

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polythéisme et art

Publié le par lesdiagonalesdutemps

... précisément de cette inavouée concession au polythéisme qu'à pu naitre toute l'efflorescence de l'art - refusé au monothéisme absolu des arabes (et des juifs et des protestants) (...) ce n'est que dans la mesure où le catholicisme se paganise (si j'ose dire) où il consent et cède à la diversité humaine, qu'il favorise l'art - et la civilisation.

André Gide, Journal

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madame Bérenge

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

concierge-au-chat-blanc1

Extrait :

«  Hier à huit heures Mme Bérenge, la concierge, est morte. Une grande tempête s’élève de la nuit. Tout en haut, où nous sommes, la maison tremble. C’était une douce et gentille et fidèle amie. Demain on l’enterre rue des Saules(1).elle était vraiment vieille, tout au bout de la vieeilese.je lui ai dit dés le premier jour quand elle a toussé : » Ne vous allongez surtout pas !... Restez assise dans votre lit ! » Je me méfiais. Et puis voilà.. et puis tant pis.. Je vais leur écrire qu’elle est mort Mme Bérenge à ceux qui l’ont connu, qui l’ont connue.. Où sont-ils ?..

Je voudrais bien que la tempête fasse encore plus de boucan, que les toits s’écroulent, que le printemps ne revienne plus, que notre maison disparaisse.
Elle savait Mme Bérenge que tous les chagrins viennent dans les lettres. Je ne sais plus à qui écrire. Tous ces gens sont loin.. Ils ont changé d’âme pour mieux trahir, mieux oublier, parler toujours d’autre chose..

Vielle Mme Bérenge, son chien qui louche on le prendra, on l’emmènera...

Tout le chagrin des lettres, depuis vingt ans bientôt s’est arrêté chez elle.  Il est là dans l’odeur de la mort récente, l’incroyable aigre gout…Il vient d’éclore..Il est là..il rôde..Il nous connait, nous le connaissons à présent.il s’en ira pus jamais.il faut éteindre le feu dans la loge.

A qui vais-je écrire ? je n’ai plus personne. plus un être pour recueillir doucement l’esprit gentil des morts..pour parler après ça plus doucement aux choses..courage pour soi tout seul !

Sur la fin ma vieille bignolle, elle ne pouvait plus rien dire. Elle étouffait elle me retenait par la main...Le facteur est entré.Il l’a vue mourir. Un petit hoquet. C’est tout. Bien des gens sont venus chez elle autrefois pour me demander.Ils sont repartis loin, très loin dans l’oubli, se chercher une âme. Le facteur a ôté son képi ».

Céline, mort à crédit (Pléiade page 512)

 

Une des pages les plus émouvantes de la littérature française, un méchant homme Céline, allons donc...

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l'ennemi c'est le sperme!

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Une banderole, en passant dans une ville suisse: << La faim c'est l'ennemi>> avec collecte pour les pays sous développés! Non l'ennemi c'est le sperme! Combattre, d'abord la faim, c'est prendre le problème par le petit bout. Il faut stériliser, Malthus l'avait bien vu, assécher ce Niagara de sperme qui va nous submerger.

Paul Morand, lettre à Jacques Chardonne le 28 avril 1963

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Histoire et littérature

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Rien n'est agaçant comme les critiques qui disent: que les littérateurs ne touchent pas à l'Histoire; c'est de la vulgarisation! L'Histoire ce 'est pas seulement les sources, le palimpseste. Tenir les écrivains au large de l'Histoire, c'est se priver de voltaire de Shakespeare, de Hugo. Même le médiocre Anatole France a eu, sur Jeanne d'Arc, son petit point de vue. Et Robert Bresson et Bernard Shaw!

Paul Morand, lettre à Jacques Chardonne, 8 septembre 1963

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La méconnaissance des visages de notre Histoire

Publié le par lesdiagonalesdutemps

J’ai toujours regretté que la France, contrairement à l’Angleterre et à l’Écosse, ne dispose pas d’une National Portrait Gallery. Et je remarque qu’une des formes de la Grande Déculturation, c’est la croissante méconnaissance, même de la part de personnes “cultivées” (ou, en tout cas, très diplômées) des visages de notre histoire. Les gens ne savent plus reconnaître Henri II, Colbert, Voltaire, Musset, Clemenceau. Le visage de Clemenceau m’est plus familier que celui de… que celui de… je ne sais pas, moi, de Nadine Morano !).

 

Renaud Camus, journal 2013

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Vivre c'est apprendre à lire

Publié le par lesdiagonalesdutemps

A la fin de sa vie, tout à un nouveau relief, une ombre portée par le couchant, une autre couleur, celle de l'expérience. On comprend, là où l'on n'avait fait que lire. Vivre c'est apprendre à lire. Il faudrait aller en classe à la fin de sa vie.

Paul Morand, Paul Morand / Jacques Chardonne, Correspondance, tome II

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En 1924, le 'Corydon' de Gide contre le baron Charlus de Proust

Publié le par lesdiagonalesdutemps


« J’ai dîné, un soir de 1924, chez les H***, protestants alliés à toutes les bonnes familles du Havre.

Dans ce milieu gai des Havrais de Paris, où l’on attache quand même plus de prix aux sports d’hiver qu’aux ballets russes et à un canapé neuf qu’à un livre, la parution de Corydon a causé une sensation profonde, plus profonde encore qu’ils ne le savent. Et premier symptôme, on a parlé à table de l’homosexualité, calmement, froidement, comme d’un cas clinique assez répandu. Cela semblera peut-être tout naturel dans dix ans. C’est incroyable aujourd’hui et d’autant plus que les enfants étaient à table (des enfants majeurs, mais la chose en est à peine moins curieuse).

C’est un sujet qu’on n’aurait peut-être jamais abordé dans une salle à manger bourgeoise et protestante si André Gide n’avait été lui-même un bourgeois protestant à l’aise, un homme par conséquent qu’on ne soupçonne d’aucune vilenie. La publication des ouvrages de Proust n’avait pas du tout fait le même effet. Les bourgeois les plus osés, pour ce livre-là, se contentaient de chuchoter d’un air entendu (et était-ce assez odieux) : « Proust… ma chère », en se donnant sur le menton un coup de doigt léger. Gide l’emporte. Ce n’est du reste pas certains parents seulement que ce livre libère. On m’a dit que beaucoup de jeunes gens qui osaient à peine (ou pas du tout) s’avouer la singularité de leurs inclinations se sont tout à coup reconnus, et qu’ils ont pris le parti d’un goût dont la pratique est peut-être nécessaire à leur équilibre. »

Maurice Sachs, Au temps du Boeuf sur le toit, Paris : Les Cahiers rouges, Grasset, 1987 (1ère édition, 1939).

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j'ai croisé un vieillard boiteux

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Cet après midi, rue de Verneuil, j'ai croisé un vieillard boiteux, presque chauve, l'oeil éteint sous une lourde paupière, las, miné: Montherlant. En cet homme, une sorte de crime que j'ignore, un remord dont je sais rien a tué l'orgueil. C'est une loque. Et pourtant, quel homme.

Jacques Chardonne, lettre à Paul Morand le 26 janvier 1961

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