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233 articles avec citations

FELLAGHA par Pierre-Jean VAILLARD

Publié le par lesdiagonalesdutemps

FELLAGHA par Pierre-Jean VAILLARD

FELLAGHA
(par Pierre-Jean VAILLARD)

Quand ma pensée s’en va vers l’Afrique du Nord,
Je me sens tout à coup, bourrelé de remords.
Que l’Algérie soit une province française,
C’est évident, bien sûr, bien qu’à tout ça ne plaise
Que des hommes aient fait d’un bled qui n’était rien,
Ce beau pays algérien
Nul ne peut dire le contraire.
Et savez-vous de qui ce furent lesgrands-pères ?
Oui, VAILLARD est sétois, René Paul est breton,
Mais moi, pur parisien, je suis de Kabylie.
Je suis natif d’El ksour, à deux pas de Bougie.
Et notre Roméo, oui Roméo CARLéS,
Il est natif d’Oran ou de Sidi Bel Abbès.
Tenez : Colette MARS. Encore une algéroise.
Et le Maréchal JUIN (de l’Académie française)
Est aussi de là-bas, comme Pierre BLANCHARD
Et le clown ZAVATTA et l’auteur Pierre ACHARD.
Des acteurs honorent la Comédie Française :
André CLARIOND, BARTHEU sont de souche oranaise.
L’écrivain Paul VIALAR, Yves VINCENT aussi,
Marie-José, Françoise ARNOULD et ROSSITI …
Vous ne vous doutiez pas d’une telle série
D’artistes parisiens fournis par l’Algérie.
Oui … Vous le connaissez si mal, en général,
Mais Alger, c’est Bordeaux, ou Marseille ou Laval,
Oran, mais c’est Strasbourg, à moins que ce soit
Lille,Tours et Chateaudun, disons Philippeville ….

… Seulement, ces temps-ci, il faut compter là-bas,
avec un mécontent, un certain Fellagha.
Et, petit Fellagha, c’est à toi que je pense
En voyant ta rancune à l’égard de la France.
J’ai beaucoup réfléchi et ma méditation
Me décide à venir te demander pardon….
Oui, pardon, Fellagha, pardon pour mon grand père
Qui vint tracer des routes et labourer la terre.
Il est tombé chez toi, il a tout chamboulé.
Où poussaient des cailloux, il a foutu du blé.
Et mettant après cela, le comble de l’ignoble, 
Où poussaient des cailloux, il a fait un vignoble.
Pardon, cher petit Fellagha,
Oh, pardon de tous ces dégâts.
Et mon affreux grand-père (il faut qu’on leconfesse)
N’était pas seul de son espèce.
Ces autres scélérats ont bâti des cités,
Ils ont installé l’eau et l’électricité.
Et tu n’en voulais pas, c’est la claire évidence
Puisque avant qu’arrive la France
Tu n’avais en dehors de la Casbah d’Alger
Que la tente ou bien le gourbi pour te loger.
Et tu t’éclairais à l’huile.
Nos maisons, bien sûr, c’était la tuile.
De l’électricité, là encore soyons francs, 
Tu ne demandais pas qu’on te mette au courant …
Tu t’es habitué à ces choses infâmes,
Mais à regret et la mort dans l’âme …
Stoïquement d’ailleurs, supportant ces malheurs,
Avec courage et belle humeur.
Mais tu engraissais, mais de mauvaise graisse.
Car tu prenais le car (une invention traîtresse)
Ce même car que, pris d’un délire divin, 
Tu devais, un beau jour, pousser dans le ravin.
Je comprends ta rancœur, je comprends ta colère,
Tu n’es pas au niveau des arabes du Caire.
Tu gâches et tu vis mieux qu’un fellagha égyptien.
A quoi Nasser … Nasser à rien.
Nous avons massacré tes lions et les panthères.
Nous avons asséché tes marais millénaires.
Les moustiques sont morts … Les poux … De Profundis.
Nous avons tout tué, jusqu’à la syphillis.
Ah pardon Fellagha pour tous ces carnages.
Nous avons fait tout cela, c’est bougrement dommage.
Car, si d’autres idiots l’avaient fait, inspirés,
C’est nous qui, maintenant, viendrions vous libérer.
Et bouffer les marrons cuits pour ces imbéciles,
C’aurait été moins long et beaucoup plus facile …
Bien pardon Fellagha, de t’avoir mieux nourri,
De t’avoir vacciné pour béri-béri
Et d’avoir à tes pieds nus mis (oh maladresse)
Des souliers ….

Dont tu voudrais nous botter les fesses.

 

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c’est ici, oui, ici, que le Génie de l’Empire est

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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 « Souvent, lorsque je suis à Paris et que l’air est doux, je vais m’asseoir sur un banc du square de Cluny qui, entre les ruines du palais et l’asphalte du boulevard Saint-Germain, forme un timide asile de verdure, et, fermant les yeux, je me dis : « Rentre en toi-même, Gabriel, et comprends que c’est ici, oui, ici, que le Génie de l’Empire est, en cette nuit mémorable, apparu à Julien. »

 

Gabriel Matzneff, Boulevard Saint-Germain

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Parce que j'ai trop attendu

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Parce que j'ai trop attendu

Parce que j'ai trop attendu, toi ou un autre quelqu'un…
Parce que je nous vois trop tel que nous sommes,
Et que je me vois trop tel que je suis,
Parce que la parade ne m'amuse plus,
Parce que j'avais dix huit ans quand tu es né…
Parce que…

Yves Navarre.

Le temps voulu.

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Si l'on reconsidérait Déat?

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Si l'on reconsidérait Déat?

C'est par l'européisation des mentalité et des choses que les déatistes imaginent que pourra s'opérer le dépassement symétrique de l'universalisme libéral ou communiste et du nationalisme réactionnaire.

Bernard Bruneteau

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son « après » n’avait rien d’attrayant

Publié le par lesdiagonalesdutemps

son « après » n’avait rien d’attrayant

j’ai été étreint, à ma grande surprise, par ce que Simone Weil appelle dans L’Enracinement le « patriotisme de compassion », non pas donc l’amour de la grandeur ou la fierté du pacte séculaire que la France aurait noué avec la liberté du monde, mais la tendresse pour une chose belle, précieuse, fragile et périssable. J’ai découvert que j’aimais la France le jour où j’ai pris conscience qu’elle aussi était mortelle, et que son « après » n’avait rien d’attrayant.

Alain Finkielkraut, Discours de réception à l'Académie Française

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la vie ne ressemble pas au discours généralement tenu sur elle

Publié le par lesdiagonalesdutemps

la vie ne ressemble pas au discours généralement tenu sur elle

... la vie ne ressemble pas au discours généralement tenu sur elle. Entre les mots proférés et les choses vécues, il y a un abîme dont personne ne paraît s’apercevoir. Car les hommes prennent pour l’être vrai le système formé par la rumeur, les préjugés, les lieux communs, les expressions toutes faites qui composent l’esprit du temps. Cartésiens et fiers de l’être, ils ont le cogito pour credo. « Je pense, donc je suis » disent-ils alors que, le plus souvent, au lieu de penser, ils suivent. Ils se veulent indépendants de la société. Mais cet individualisme est une chimère. La société ne leur est pas extérieure, elle leur colle à la peau. Dès qu’ils ouvrent la bouche, c’est elle qui parle (...) Les démocrates, les modernes que nous sommes, prétendent n’obéir qu’au commandement de leur propre raison, mais ils se soumettent en réalité aux décrets de l’opinion commune. Le bon sens apparaissant comme la chose du monde la mieux partagée, on se défie des supériorités individuelles, on refuse de se laisser intimider par les personnalités éminentes, mais du On lui-même, chacun est la victime consentante. Comme l’a montré Tocqueville, nous sommes, en tant que citoyens libres et égaux, les sujets dociles du pouvoir social.

Alain Finkielkraut, Discours de réception à l'Académie Française

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Le retard de l’islam

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Le retard de l’islam, en termes de sciences, de techniques, de développement économique, serait dû à l’ "oppression" dont il aurait été victime de la part des puissances colonisatrices, qui auraient délibérément "bloqué »" son développement […]. Cette façon de présenter les choses n’est pas raisonnable. Si l’islam avait eu dans sa culture tous les éléments permettant un développement endogène, il se serait développé et n’aurait probablement pas, de ce fait, été colonisé. S’il n’y avait eu qu’un retard, la colonisation même lui aurait permis de le combler rapidement, selon le scénario qui s’est produit au Japon. Il faut donc croire qu’il y a, en matière de développement scientifique et économique, un problème de fond avec l’islam lui-même, je veux dire avec le rapport au monde que cette religion implique, avec le type de société qu’elle engendre. »

Philippe Nemo, Qu'est-ce que l'Occident ?, Paris : PUF, 2004

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Les chats puissants et doux, orgueil de la maison

Publié le par lesdiagonalesdutemps

janvier 2016

janvier 2016

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires

Charles Baudelaire, Les chats, Les fleurs du mal

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Nous sommes contaminés par l'intolérance islamique.

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J'ai dit dans "Tristes Tropiques" [1955] ce que je pensais de l'islam. Bien que dans une langue plus châtiée, ce n'était pas tellement éloigné de ce pourquoi on fait aujourd'hui un procès à [Michel] Houellebecq. Un tel procès aurait été inconcevable il y a un demi-siècle ; ça ne serait venu à l'idée de personne. On a le droit de critiquer la religion. On a le droit de dire ce qu'on pense. [...] Nous sommes contaminés par l'intolérance islamique. Il en va de même avec l'idée actuelle qu'il faudrait introduire l'enseignement de l'histoire des religions à l'école. J'ai lu que l'on avait chargé Régis Debray d'une mission sur cette question. Là encore, cela me semble être une concession faite à l'islam : à l'idée que la religion doit pénétrer en dehors de son domaine. Il me semble au contraire que la laïcité pure et dure avait très bien marché jusqu'ici. »

Claude Lévi-Strauss, Visite à Lévi-Strauss, Le Nouvel Observateur, 10 octobre 2002.

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Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très savants.

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Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très savants.

Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu'on ne se raconte pas d'histoire! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français. Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très savants.

Charles de Gaulle, Rapporté par Alain Peyrefitte dans C'était De Gaulle, Paris : Fallois/Fayard, 1994 ; daté du 5 mars 1959

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