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403 articles avec cinema gay

Gerontophilia un film de Bruce LaBruce

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Gerontophilia un film de  Bruce LaBruce

 

Gerontophilia, le film
 
Canada, 2013, 82 mn 
 
Réalisateur: Bruce La Bruce, Scénario : Bruce LaBruce et Daniel Allen Cox, d'après une histoire de Bruce LaBruce, Photographie : Nicolas Canniccioni, Montage : Glenn BermanMusique : Ramachandra Borcar
avec: Pier-Gabriel Lajoie : Lake, Walter Borden : M. Peabody, Katie Boland : Desiree, Marie-Hélène Thibault : Marie, Brian D. Wright : M. Guerrero
 
 
Gerontophilia, 5
 
Tout d'abord un peu de vocabulaire: Rappelons nous que le mot Gerontophilia se compose de  géronto (vieux) +philia (amour): soit l' amour pour les personnes âgées.
 
Gerontophilia, 5
 
Le film parle d'un jeune homme à peine sorti de l'adolescence qui est intéressé à avoir des relations avec des hommes âgés et même très âgés. Lake a  dix-huit ans. Il sort avec une fille de son âge, mais se découvre une préférence sexuelle pour les hommes âgés : il tombe sous le charme d'un vieil homme de quatre-vingt-deux ans, M Peabody, un résidant dans la maison de retraite où Lake a été embauché comme aide soignant pour l'été.
 
Gerontophilia 1
 
Pourtant si Lake a pris cet emploi c'est parce qu'il pense que la fixation sur des hommes âgés peut être quelque chose de malsain et contre nature, qu'il a donc décidé d'accepter un poste d'aide soignant dans une maison de retraite pour se le prouver. Lake s'aperçoit que le personnel bourre les pensionnaires de médicaments pour les rendre plus dociles. Révolté par cette méthode, il incite monsieur Peabody, un vieil homme de 82 ans, à refuser son traitement. Mais la complicité qui les unit va bientôt se transformer en un sentiment qui les dépasse.
 
Gerontophilia, 4
 
Pourtant très vite Lake commence à ressentir une attirance très forte pour les hommes âgés de l'asile, ce qu'il cachent à sa petite amie , Desiree.
 
Gerontophilia, 2
 
En particulier, Lake tombe amoureuse d'un vieil homme nommé Peabody, un homme de plus de 80 ans. Ils vont dormir dans le même lit. Lake prodigue à Peabody les soins avec toute la délicatesse dont il est capable. Il va même offrir son beau corps au vieil homme...
Dire que je n'attendais rien de Bruce Labruce est encore en dessous de la vérité. Il était jusqu'à ce film, le type même du cinéaste encensé par une petite coterie d'ignares agissants. Le genre de personnage qui se persuade et persuade les autres qu'il fait de l"Art", alors qu'il n'est qu'un amateur libidineux et puis voilà le miracle, comme quoi il ne faut jamais désespérer de l'humanité: Gérontophilia, certe un film comme à l'habitude du réalisateur qui traite d'un thème scabreux mais réalisé avec une délicatesse et une justesse extrêmement rare au cinéma. C'est bien cadré, bien éclairé et très bien joué par des acteur à peu près inconnu. 
 
 
Gerontophilia, 6
 
Le film Gerontophilia montre que l' amour et la passion ne disparaît pas avec l' âge et que les personnes âgées peuvent encore profiter des beaux garçons!
 
Gerontophilia, 3
 
Bande annonce
 
 
Voir et télécharger le film: ICI
 

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Shabbat Dinner, un court-métrage de Michael Morgenstern

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Shabbat Dinner, un court-métrage de Michael Morgenstern

 

Shabbat Dinner, le film
 
États-Unis. Réalisateur: Michael Morgenstern. 2012.

 

Shabbat Dinner (2012) est un court-métrage gay qui raconte l'histoire d'un garçon qui ne sait pas qu'il est gay, jusqu'à ce qu'il rencontre un autre jeune homme qui lui avoue son homosexualité.
 
Shabbat Dinner, 2
 
William est un garçon timide qui ne sait pas qu'il est gay, tout en acceptant les homosexuels.
 
Un jour, à un dîner de famille lors d'un repas du shabbat, William rencontre Virgin, le fils d'un couple ami de gars de ses parents. Les deux jeunes gens laisse les adultes entre eux et vont dans la chambre de William où ils commencent à discuter de différents sujets.
 
Shabbat Dinner 1
 
Les deux adolescents tentent de se connaître l'un l'autre et d'apprendre qui ils sont vraiment. Ils commencent à parler de questions frivoles comme la crème glacée sans lait, jusqu'à ce que arrivent les questions sur les filles. Après un silence, Virgin  avoue à William son secret: il est homosexuel.
 
Shabbat Dinner, 3
 
William est très intrigué cette révélation. Il semble très intéressé d'avoir rencontré un garçon gay, qui est maintenant à ses côtés et pour qui commence à sentir une attirance.

 

Pendant que leurs enfants entament une ébauche une relation homosexuelle, leurs parents célèbrent shabbat, pensant que leurs enfants sont sages... 
 
Shabbat Dinner, 4
 
Très réussi court métrage, filmé sans effets superflus et parfaitement joué.
 
le court-métrage
 
 
Vous pouvez télécharger le court-métrage: ICI
 

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Lilies, un film de John Greyson

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Lilies, un film de John Greyson
 

 

Fiche technique :

 
Avec : Ian D Clark, Marcel Sabourin, Aubert Pallascio, Jason Cadieux, Danny Gilmore, Matthew Ferguson, Brent Carver, Rémy Girard, Robert Lalonde, Gary Farmer, Alexander Chapman, John Dunn-hill, Paul-patrice Charbonneau, Michel Marc Bouchard, Khanh Hua, Benoît Lagrandeur, Pierre Leblanc, Jean Lévesque, Antoine Jobin, Alain Gendreau, Simon Simpson, Eddy Rios, Martin Stone. 

 

Réalisateur : John Greyson. Scénario : Michel-Marc Bouchard, d'après sa propre pièce. Montage : André Corriveau. Photo : Daniel John. Musique : Mychael Danna. Directeur artistique : Marie-Carole de Beaumont.

 
Canada, 1996, Durée : 95 mn. Disponible en V0 et VOST.

 

Résumé :
 
Québec, 1952, un évêque, monseigneur Bilodeau (Marcel Sabourin) est envoyé dans une prison afin de confesser un ancien camarade de collège, Simon Doucet (Aubert Pallascio), prisonnier et malade. Il a été condamné à perpétuité, il y a quarante ans pour un meurtre. Mais le prisonnier ne se confesse pas. Avec la complicité de ses codétenus, Simon Doucet parvient à séquestrer l'évêque dans la chapelle, où il l'oblige à regarder une pièce jouée par les prisonniers dans laquelle ils reproduisent des événements vieux de quarante ans.
Elle lui raconte l'éveil et les premières expériences homosexuelles de trois adolescents en 1912. Dès qu'il entend les noms des trois garçons: Vallier de Tilly (Danny Gilmore), Jean Bilodeau et Simon Doucet (Jason Cadieux), l'évêque reconnaît sa propre histoire et comprend que sa vie est en danger. À cette époque, au collège catholique de Roberval, Simon jouait une pièce évoquant le martyre de Saint-Sébastien dans une représentation scolaire avec son ami Vallier, dont il était éperdument amoureux. Vallier est le fils d'une excentrique comtesse française (Brent Carver) exilée dans ces lointaines contrées dans l’attente d’une hypothétique restauration de la monarchie dans son pays, seule condition pour qu’ elle puisse daigner y revenir... Bilodeau, qui essayait vainement de convaincre Simon d'aller au séminaire, était le spectateur jaloux des deux acteurs amoureux. Bilodeau, lui-même amoureux de Simon, brise leur union en provoquant un incendie qui cause la mort de Vallier. Même s'il se dit innocent, c'est Simon que la justice condamne...
Lilies noue un inextricable réseau d'intrigues, d'alliances, de trahisons et de jalousies, qui mettront à jour un secret vieux de 40 ans.
 
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L’avis critique
 
Peu de films nécessitent autant de patience. On met longtemps à se laisser envoûter par ses superbes images et pour entrer dans la complexité du dispositif narratif, mais raressont ceux qui offrent une si belle  récompense aux pugnaces et aux patients. Bientôt l’émotion finira par les submerger.
Baroque et bouleversant, romantique et rigoureux, Lilies joue sur plusieurs registres, et gagne en chacun d'eux. On y trouvera aussi bien une brûlante histoire d'amour qu’une remarquable métaphore sur la création. Ce qui aurait pu n'être qu'un Roméo et Juliette gay, devient, grâce à l'intelligence du scénario de Bouchard et à la mise en scène inspirée de John Greyson une histoire, universelle et intemporelle, sur l'amour fou, le prix du secret et l'art de la dissimulation.
 
 
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Le nœud du drame, la représentation du Martyre de saint Sébastien nous ramène à l’âge d’or des collèges classiques, où l’on montait régulièrement des pièces du répertoire et où les rôles de femmes étaient tenus par des garçons. Parabole du film, le Martyre de saint Sébastien métaphorise l’amour. Le scénario, qui passe du récit de prison au drame historique, offre une structure de mise en abîme : l’évêque est spectateur de sa vie qui est transformée en une pièce de théâtre alors que le déclenchement du drame qui bouleversa son existence était justement la représentation d’une pièce ; le tout est filmé et vu in finepar nous, les spectateurs d’aujourd’hui. Cette construction en strates, l'histoire à l'intérieur d'histoires, du scénario de Michel-Marc Bouchard, dramaturge célèbre au Québec qui a adapté sa propre pièce Les feluettes , convient parfaitement à la propre démarche du réalisateur, grand amateur de dispositifs gigognes et d’aller et retour entre le passé et le présent.

Ecran Rose, le cin�-zine gay de vos nuits blanches
Petit aparté linguistique qui me parait indispensable. Le sous-titre du film, Feluette, vient d’une déformation de l’adjectif fluet, aujourd’hui en joual (langue majoritairement parlée au Québec), il a acquis une connotation péjorative pour désigner les homosexuels.
Le film évoque une situation historique peu perceptible pour un non québécois : la continuité entre le Québec du début du XXe siècle et celui des années 50, toujours étouffé par l’obscurantisme catholique, alors que le règne de Maurice Duplessis ne soulevait pas encore suffisamment de contestation pour être renversé.
 
Pour la première fois avec Lilies, John Greyson ne filmait pas un de ses scénarios. Il a réussi à adapter pour l'écran une pièce qui reposait davantage sur l'évocation que sur l'illustration, sans pour autant la trahir ou diluer sa charge romantique. Il a décloisonné le huis clos d'origine en le transposant dans un lieu géographique imaginaire dans lequel des hommes, codétenus du héros, tiennent tous les rôles. Un artifice qui se fait vite oublier pour orienter les spectateurs vers l'essentiel du récit axé sur les jeux de miroirs et les faux-semblants. Greyson a privilégié les images au symbolisme appuyé, en harmonie avec la photographie aux tons chauds.
 
Jouant sur le réalisme, le symbolisme et l'onirisme, ce film superbe, qui allie la magie du cinéma à celle du théâtre, montre à quel point la vérité se cache derrière des masques.
Si l’on veut trouver une filiation cinématographique à Lilies, c’est dans les œuvres les plus baroques de Fellini comme E la nave va, Amarcord ou Casanova qu’on la trouvera.
La réalisation très soignée a visiblement bénéficié de gros moyens. Daniel John, chef opérateur d’un autre très beau film gay, Handing garden, virtuose du clair-obscur, a du regarder longuement les œuvres du Caravage avant d’empoigner sa caméra. Il a bien fait,il en reste quelque chose dans ses magnifiques images où néanmoins parfois, il lui arrive de perdre le point ! D’autres séquences comme celle de la mort de la mère en forêt ou encore celle de la torride scène d’amour entre les deux garçons dans la baignoire sont directement inspirées de la peinture pré-raphaélite. La photographie possède une beauté visuelle qui donne une profondeur au sentiment de perte, d'espoir et de colère qui anime toute l'œuvre de Greyson.
 
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Nous sommes continuellement surpris par ces scènes où la toile peinte d’une représentation de patronage se transforme soudain en un cossu décor victorien tout droit sorti d’un film de James Ivory ou bien en une rue d’un village canadien du début du XXe siècle. L’inventivité du montage fait constamment douter le spectateur de l’époque qu’il découvre sur l’écran. Le lieu, même, est remis en question par le fait que les acteurs s’expriment en anglais alors que l’action est clairement située chez les canadiens français, licence habituelle au cinéma maisd’autant plus perturbante cette fois que certains comédiens parlent l’anglais avec un fort accent français
 
La direction d'acteurs est irréprochable. Brent Carver campe une aristocrate déchue avec beaucoup de finesse. Quant aux deux acteurs jouant les adolescents amoureux, non seulement ils sont bons, comme toute la distribution, mais ils sont aussi sublimes. Pour une fois, de manière pas trop subliminale, on peut admirer les fesses de Danny Gilmore qui nous offre leur succulent pommé, mis en valeur par la délicate cambrure des reins. L’un des plus beaux fessiers qu’il m’ait été donné de pouvoir admirer au cinéma !
Greyson convoque également la littérature. On peut voir dans le film une réminiscence de Genet dans son homo-érotisme élégiaque de la prison. Film culte dans les pays anglo-saxons Lilies n’a bizarrement jamais été distribué en France. Il a été récompensé par le prix "Génie du meilleur film", "Meilleur film 1997" au Festival du film international gay et lesbien de San Francisco, et le prix du "meilleur film canadien" au Festival des Films du Monde de Montréal.

L'image “http://www.medienbuero-oldenburg.de/lilies.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
Cette flamboyante adaptation de la pièce Les Feluettes, de Michel-Marc Bouchard, Lilies de John Greyson prouve avec éclat que le théâtre d'auteur a sa place au cinéma.
Les éditions Home screen ont édité un dvd en Belgique avec des sous-titres français mais sans le moindre supplément.
 
Lilies, un film
 
 
 
Lilies 1
 
Lilies 5
 
Lilies, 4
 
Lilies, 3
 
 
Lilies, 2
 
Bande annonce
 
 
pour voir et télécharger le film: ICI
 

 

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El deputado de Eloy de La Iglesia

Publié le par lesdiagonalesdutemps

eldeputado19508_1

Espagne, 1978, 108 mn

Réalisation: Eloy de la Iglesia, scénario: Eloy de la Iglesia et Gonzalo Goicoechea, Directeur de la photographie: Antonio Cuevas, Montage : Julio Peña

Avec: Jose Sacristan, María Luisa San José — Carmen Maria Luisa San José , Ángel Pardo, José Luis Alonso, Agustín González, Enrique Vivó , Queta Claver, Ángel Pardo, Juan Antonio Bardem, Antonio Gonzalo, Fernando Marín, Aldo Grilo, Ramón Reparaz, Fabián Conde, Alejo Loren, Ramón Centenero

Résumé:

En Espagne dans les derniers temps du franquisme, Roberto Orbéa est un membre actif d'un parti de gauche. Il est mis en prison où il fait la connaissance de Nes, et cède à ses penchants homosexuel. La mort du dictateur le fait sortir de prison. Son parti accède au pouvoir, et il devient un homme politique très reconnu. L'homosexualité étant très taboue à l'époque, il tente de reprendre une vie « normale » avec sa femme. Mais Nes lui présente un jeune homme dont il tombe éperdument amoureux. Sa femme finit par le découvrir, et lui propose de vivre leur histoire à trois. Roberto connaît une courte période de bonheur, mais l'extrême droite, qui a appris son homosexualité, intrigue pour le faire chuter. Il prend conscience, en tombant amoureux d’un jeune prostitué issu du lumpenprolétariat, qu’il doit absolument faire son coming out s’il veut être en accord avec ses principes politiques...

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L’avis de B. A.:

Inspiré par des événements vrais, l'EL Diputado est le premier film ouvertement gay espagnol. Tourné dans la période de l’immédiat post-franquisme. Alors que la plupart des français qui ne sont pas férus de films d’horreur, il est l’auteur de Cannibal man, n’ont jamais entendu parler d'Eloy de la Iglesia il a pourtant gagné quelque chose comme une réputation de cinéaste culte dans le monde entier pour être l’un des premiers cinéastes à traiter d’une manière explicite l'homosexualité. De la Iglesia a par le passé appartenu au parti communiste espagnol. El Diputado rassemble ses prédilections politiques et sexuelles dans un mélange passionné et passionnant. Curieusement le film a connu un certain succès commercial aux États-Unis et en Amérique du sud. C’est aussi le film techniquement le plus ambitieux de sa filmographie. Le film est constitué par de nombreux retours en arrière. Roberto Orbea (Jose Sacristan) , le héros, se souvient de ses dernières années. En dépit de nombreuses d'années à dissimuler ses convictions politique, il est socialiste. Pour cela Roberto Orbea est emprisonné. Dans la promiscuité de la prison il réalise qu’il est homosexuel en dépit des efforts qu’il fait pour réprimer ses pulsion. En tant qu’ avocat et ancien militant clandestin il émerge, dès la fin de l'ère Franquiste, en tant qu’un des principaux dirigeant du parti socialiste espagnol. Il cache son homosexualité à son parti, et à sa femme (Maria Luisa San Jose) qui partage son engagement politique. Mais Roberto ne résistent pas à un beau jeunes garçons, un joli adolescent appelé Juanito (Jose L. Alonso). Ce dernier est manipulé par des membres d’un parti de droite qui s’oppose au socialiste et pensent déconsidérer leur adversaire en faisant éclater un scandale de moeurs impliquant une personnalité socialiste de premier plan. De Iglesia fait le parallèle entre la clandestinité politique de Roberto à l’époque du franquisme avec celle qu’il vit sur le plan sexuel alors qu’il est un des leaders politiques du nouveau régime démocratique espagnol. L'appartement qui a servi jadis passé pour héberger des camarades recherchés par la police franquiste devient un endroit pour les rendez-vous amoureux de Roberto et de Juanito. Sur des affiches, Marx et Lénine regardent sévèrement les ébats sexuels des deux hommes... A ce propos, El deputado est une bonne occasion d'observer les contradictions entre l'esprit libertaire du film et le "dogmatisme" avec une touche d'hypocrisie du parti communiste sur le sujet de l’homosexualité...

Eloy de la Iglesia est tout à fait brillant à nous faire ressentir l'appel de la chair que ressent Roberto, homme entre deux âge, pour ce jeunes garçons. De même qu’est finement évoqué, en quelques scènes, le rapport entre Roberto et sa belle épouse Carmen. Leur rapport est ancré dans l'amour véritable l'un pour l'autre. Carmen est déterminé pour explorer n'importe quelle voie qui permettra à leur mariage de survivre. Sous la tutelle de Roberto et de Carmen, Juanito se transforme de gigolo en un garçon assidu des librairies, un admirateur d'art moderne et un mélomane averti... Tout cela est fortement improbable et relève plus du fantasme de micheton que de la réalité et c’est la seule vraie faiblesse du scénario quant à sa crédibilité. En même temps sa conscience politique augmente. pour initialiser. Il se rend compte qu'il a été manipulé et que son amour pour Roberto est devenu sincère. Il rejette ses anciennes opinions. La scène paroxystique du film voit Roberto, Juanito et Carmen dans un baiser à trois symbolisant leur libération et leur réconciliation.
Le film a soulevé un tollé de protestation lors de sa sortie en salle en raison surtout de sa description explicite des actes homosexuels et aussi pour opinions politiques pro-Marxiste. Le film a également gagné en notoriété parce qu'il semble raconter l'histoire de plusieurs figures bien connues dans la société politique espagnole. Nombre de spectateurs l’on alors vu comme un film à clés et se sont perdus en moult supputations.

Eloy de la Iglesia était un membre du parti communiste espagnol ; ses films de cette période reflétaient ses opinions politique et ont souvent porté sur les formes violentes de protestation sociale.
Dans El deputado on le voit s’éloigner du PCE pour rallier le socialisme. Le film est un formidable tableau de l’ effervescence politique qu’il régnait alors dans un pays où la démocratie pouvait encore paraître fragile. El deputado a également pris note de l'introduction des nouvelles théories soutenues par les socialistes sur le rôle du terrorisme dans le nouveau contexte européen. Ce n'est pas pour rien qu’ Orbea est présenté comme un avocat qui a défendu l'ETA durant le fameux procès de Burgos. Toutefois, après l'avènement de la démocratie, les motivations de l'ETA ont été disqualifiés. L’organisation devient ”suspects gauchistes" et leurs actes de violence sont dénoncés comme "crimes contre la vie" en conformité avec le rejet de l’Europe entière de ces pratiques après l'assassinat d'Aldo Moro en Italie.
Eloy de la Iglesia est un cinéaste , en marge des principaux courants et des tendances esthétiques dominantes, il a pu mener à bien une œuvre personnelle et prolifique, à cheval entre cinéma d’auteur et cinéma populaire, intégrée dans l’industrie cinématographique mais traitant toujours de sujets tabous ou polémiques. Il est titulaire d’un Master of Arts de l'Université Complutense de Madrid, et il a également étudié à l'Institut des Hautes Etudes Cinématographiques de Paris. Il a fait ses premiers pas comme scénariste pour des émissions pour enfants pour la télévision. C’est cet environnement qui lui a permis de faire son premier film à 22 ans, en 1966 avec Fantasía 3, adaptation d’ un roman de L. Frank Baum. Mais le réalisateur connaît une plus grande liberté d'expression lors de la transition démocratique espagnole qui va de 1975, l’année de la mort de Franco, à 1982, date de la victoire du PSOE aux élections législatives. Cette période faisait évidemment grand cas de la sexualité, ouvrant les écrans, en passant, à une représentation de corps , quoiqu’essentiellement féminins, inédite dans ce pays. Bien des films mettant en scène soit des homosexuels, soit des bisexuels, soit des transsexuels, soit des travestis, eurent du succès dans l’Espagne de la Transition, même si tous n’étaient pas des parangons de modernité. Alors que “El diputado”, qui eut un succès considérable, propose, lui, un regard politique sur le corps masculin, mais un regard non exempt de désir. On peut considérer Eloy de la Iglesia comme le cinéaste emblématique de cette période pendant laquelle il réalise pas moins de dix films dont plusieurs traitent principalement de l'homosexualité, comme “Los placeres occultos” (1976) ou “El diputado” (1978). Les sujets préférées du cinéaste ont été ceux touchant les relations de classe et l'oppression sociale par l'état. Mais il semble que petit à petit une sorte d’obsession sexuelle à éclipsé les opinions politiques du cinéaste A partir du milieu des années 70 les films de la Iglesia se sont de plus en plus concentrés sur l'homosexualité et les problèmes sociaux tels que la délinquance juvénile et la toxicomanie.
La marginalité sous toutes ses formes est une thématique au cœur de sa réflexion sur les rapports entre l’individu et une société répressive. Cette interrogation sur l’identité de l’homme au sein de la société le conduit également à réfléchir sur la place de l’individu au sein de groupes sociaux plus restreints, comme le couple et la famille. Dans tous les films d’Eloy de la Iglesia, on trouve des personnages qui transgressent les règles sociales ou morales imposées ou communément admises par la majorité. S’écarter de la norme, la remettre en cause, est une façon de proclamer sa liberté individuelle.
Il obtient un succès en 1983 avec, El Pico qui traite de la drogue. À 57 ans Eloy de la Iglesia adapte Caligula d’Albert Camus qu'il compare à son personnage majeur de son film Navajeros (1980). On lui doit aussi De la Iglesia a fait face à la toxicomanie lui-même dans les années 80 et a même cessé de faire des films pendant un certain temps. Mais son accoutumance au cinéma devait être plus forte que celle pour les drogues, puisque par la suite il s’est sevré des drogues et a repris sa carrière. En 2003, après 16 ans d'absence, au cinéma il revient avec “L'Amant bulgare”, adapté de l'oeuvre romanesque d'Eduardo Mendicutti. Ce sera le dernier film d'Eloy de la Iglesia qui meut en 2006. Sa filmographie est riche de 22 longs métrages. Le Festival du Film de San Sebastian lui a consacré un hommage et une rétrospective en 1996 ce qui a été très important pour sa reconnaissance. En 2003, à Paris, le festival de l’étrange a consacré, en sa présence, également une rétrospective à ce cinéaste qui ne peut être comparé qu’à Fassbinder....

 

Le député, le film
 
 
Le député, 2
 
 
Rep 5
 
 
Rep 1
 
 
Le député, 3
 
 
Le député, 6
 
 
Le député, 4
 
 
 
Le film en V.O.
 
 
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Johns, un film de Scott Silver

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Johns, un film de Scott Silver

 

Johns 1996 films
 
  


Fiche technique :

 
Avec Lukas Haas, David Arquette, Keith David, Elliott Gould, Arliss Howard, John C. McGinley, Wilson Cruz, Terence Dashon et Richard Kind.

 

 Réalisation : Scott Silver. Scénario : Scott Silver. Directeur de la photographie : Tom Richmond. Ingénieur du son : Mike Moser. Musique : Charles Brown et Danny Caron. Directeur artistique : William P. Paine. Monteur : Dorian Harris

 
USA, 1996, Durée : 96 mn. Disponible en VO et VOST.

 


Résumé :

 
John (David Arquette), tout comme son ami Donner (Lukas Haas), est SDF et vit de prostitution sur Santa Monica Boulevard à Los Angeles. Et aujourd’hui, il compte gagner un maximum d’argent car demain c’est Noël et son anniversaire. Une double fête qu’il projette de célébrer en passant une nuit dans l’hôtel le plus luxueux de la ville. En attendant, il décide de piquer un petit somme sur la pelouse d’un parc public par ce matin ensoleillé.
Au réveil, il s’aperçoit que ses tennis porte-bonheur et son argent ont disparu. Avec ces chaussures à ses pieds, rien de mauvais ne pouvait lui arriver, mais à présent, il doit faire face à une nouvelle journée d’errance. Ce n’est pas le « pied » de tapiner les pieds nus. Ces chaussures seront le fil rouge ténu du film.

 



L’avis critique

 
Johns est le premier long métrage de Scott Silver, après plusieurs courts et de nombreux documentaires pour les télévisions américaines. Il a réalisé depuis un autre film, Modsquad. Il a rédigé son scénario après moult interviews de prostitués de Santa Monica Boulevard. On apprend ainsi que tous les tapins du célèbre boulevard se font appeler « John » d’où le pluriel insolite du titre. Ce parti pris documentaire est très présent dans le film, beaucoup plus que dans My Own Private Idaho ou que dans Hustler White auxquels on ne peut s’empêcher de penser. Johns est plus proche de Macadam Cow-boy dont il plagie la fin avec talent. On peut repérer d’autres influences comme celles de Flesh et deL’Épouvantail et une citation de Murs Murs d’Agnès Varda.
Laissons Scott Silver raconter la genèse de son œuvre : « J’ai écrit le scénario de Johnslors de mon premier Noël à Hollywood. Un matin en roulant sur Santa Monica boulevard, j’ai vu des jeunes mecs qui tapinaient. Ces gamins incarnaient pour moi la solitude et la marginalité. Je décidais d’en faire une histoire, une histoire d’amitié et d’amour dans un univers dépourvu d’humanité... Je voulais que les deux personnages principaux vivent une amitié dans un contexte dur où l’amitié n’existe quasiment jamais... Je suis allé dans les quartiers chauds où les garçons se prostituent, équipé d’un magnétophone et lesté d’argent liquide. La plupart de ces jeunes sont armés et défoncés. Je les payais pour qu’ils me parlent... »

Johns nous plonge crûment dans le monde de la prostitution masculine. On découvre que les personnes les plus dangereuses ne sont pas forcément les prostitués aux abois mais leurs michetons aux appétits sexuels souvent incontrôlables et qui, une fois qu’ils ont payé, se lâchent gravement. Johns décrit ce quotidien voué aux agressions continuelles, dominés par la méfiance et la peur. Il dénonce le pouvoir destructeur de l’argent et met en lumière les chimères dérisoires qui se consument à petit feu au fil du récit. Les clients paient souvent pour s’extirper du carcan de la honte et de la haine de soi, mais aussi pour s’autoriser, dans la parenthèse de la passe, toutes les cruautés, giflant, poignardant ou tuant ce partenaire qui n’est séduisant que parce qu’il est offert. On peut néanmoins regretter la dimension catholique du film peu convaincante mêlant sans trop y croire ange gardien black, péché, rédemption et autres bondieuseries.
La caractéristique principale du film est la litote cinématographique ; nous ne verrons aucun acte sexuel pas plus que de nudité, la violence omniprésente ne sera pas exposée mais pèse sur tout le film. Pourtant on comprend tout du sordide de la vie des deux garçons. L’argent, l’amour, la solitude constituent trois thèmes qui hantent le film qui respecte la règle des trois unités du théâtre classique, 1) le temps : Quasiment trois jours (La veille de Noël, le jour de Noël et le lendemain) ; cette contrainte un peu gratuite nuit à la vraisemblance du scénario, 2) le lieu : le triste Santa Monica boulevard, en fait le film a été tourné à West Hollywood et dans les environs à South Central, plus sûr que Santa Monica boulevard et 3) l’action : pour John trouver de l’argent pour ne pas se faire tuer. Mais survivre n’est pas vivre. John l’apprendra à ses dépens alors que Donner plus assuré dans son amour pour lui, survivra justement parce qu’il ne cherchait que l’amour de John dont il conservera les chaussures volées comme un talisman. La caméra de Johns est un témoin : elle suit nos deux personnages, leurs passes, leurs attentes, leurs engueulades, leurs fuites. Ce qui en fait un film très fluide, loin des clichés et de la joie de vivre des prostitués fantasmés par certains réalisateurs...

 



Cette retenue est l’une des deux grandes forces de Johns, l’autre est l’excellent casting. Avec une mention toute particulière pour le craquant et à croquer Lukas Haas. Souvenez-vous : c’était l’épatant petit garçon de Witness pour lequel, comme dans Johns, nous tremblions déjà en 1984 et depuis, nous l’avons aperçu dans 24 heures chrono et surtout dans le trop célèbre Last days de Gus Van Sant. Dans Johns, Lukas Haas possède une gracieuse et légère féminité qui apporte beaucoup d’émotion à son rôle même si celle-ci est canalisée par la réalisation. Son look, quelque peu années 70, ajoute une note de nostalgie qui touchera bien des spectateurs. Il donne aussi une intemporalité au film, renforcé par l’absence de références au sida. Cette apparence lui confère aussi une sorte de désuétude et de naïveté qui convient à son personnage de gay largué et amoureux, prêt à tout pour aider son ami, et qui rêve, comme dans Macadam Cow-boy, d’un Eden où il sera seul à se rendre avec celui qu’il aime. Donner est un vrai romantique. S’il se prostitue, c’est qu’il n’avait nulle part où aller, rien à faire, après avoir été rejeté par sa famille, sa petite ville, en raison de son homosexualité. On apprend tout cela avec légèreté au détour d’une conversation avec John. Là sur le trottoir, il a gagné son indépendance, une identité, une famille presque ! Si David Arquette est lui aussi remarquable, on peut tout de même constater qu’il parait à la fois, peut-être un peu trop âgé ,surtout qu’il claironne ses 21 ans, et que son physique est lui aussi peut-être un peu juste pour vivre de ses charmes sur Santa Monica Boulevard.
Le casting de Johns en outre nous offre une délicieuse surprise : dans le rôle de Paul, réceptionniste du Plazza Hôtel où John rêve de passer son anniversaire, nous découvrons Richard Kind, le Paul Lassiter de Spin City, avec sa bouille de grenouille et sa voix pleine de componction. Ce n’est sans doute pas un hasard si nous le retrouvons avec le même prénom que dans la série, Paul. Il lui suffit de 5 minutes pour créer un personnage inoubliable.
Un autre acteur du film, Wilson Cruz a connu une situation proche de celle qu’il joue dansJohns. Il a annoncé son homosexualité à son père qui l’a jeté dehors un 24 décembre et il a côtoyé le milieu des prostitués. Aujourd’hui, c’est un des rares acteurs américains ouvertement gays. On l’a vu dans plusieurs séries télévisées notamment récemment dans la série gay Noah’s arc mais aussi dans Party Monster où il est le bel assassiné Angel et dans le Nixon d’Oliver Stone dans lequel il joue « le valet » de J. Edgar Hoover...
Alors entre le réalisme social et le conte de Noël noir à la façon d’un Dickens, Johns c'est surtout une histoire (racontée en voix off par Donner), avec des vieux dégueulasses, des sapins de Noël et la fatalité... bref une histoire d'aujourd'hui.
WinStar Home Entertainment a édité le dvd aux USA.

 

 
 
Johns, 1996, 1
 
 
Johns, 1996, 5
 
Johns, 1996, 4 Johns, 1996, 7 Johns, 1996, 6
 
Johns, 1996, 2
 
 
Johns, 1996, 8
 
My Own Private Idaho, le film
 Lukas Haas  a joué  enfant, avec Harrison Ford!
 
Witness avec Lukas Haas
 
D'autre part, David Arquette est célèbre pour son implication dans la saga  Scream.
 
David Arquette Cri
 
 
Bande annonce
 
 
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Last summer, un film de Mark Thiedeman

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Last summer, un film de Mark Thiedeman
L'été dernier, le film

U.S.A, 2013

Un film de Mark Thiedeman

avec: Samuel Pettit (Luke) et  Sean Rose (Johan)  

 
Last summer (2013), est une histoire d'amour entre deux l'adolescents. Le couple fera face à une prochaine séparation, à cause de le poursuite de leurs études par les deux garçons.
 
L'été dernier, 5

Lucas et Johan sont amoureux depuis leur entrée au lycée. Ils passent leurs derniers mois ensemble durant l'été dans une maison située à la campagne. Ils réfléchissent sur l'incertitude de leur avenir (s). Cet avenir sera-t-il commun?

 

L'été dernier 1

Johan et Sean ont été des amis proches depuis le début de leur adolescence. Puis ils sont tombé amoureux. Leurs familles et toutes les personnes qui les connaissent soutiennent leur relation.

L'été dernier, 2
Jonas est un élève doué, artiste et musicien, tandis que Lucas est bon en sport. Ils se complètent et s'aident l'un l'autre. 

 

L'été dernier, 4

 

Les deux adolescents savent qu'ils devront se séparer après l'été. Jonas doit d'aller au nord des États-Unis pour entrer à l'université, laissant Lucas seul dans le village.

 

L'été dernier, 3
 
Le film nous montre une belle idylle pleine d'amour et d' incertitudes, parce que les deux garçons s'aiment follement et ont peur de ce qui se passera après la séparation. Nous ne sommes pas confrontés à un film classique avec un début, un milieu et une fin, mais plutôt une histoire simple, sans hâte qui tente de décrire les sentiments des deux garçons et de leurs émotions.
 

last summer film

last summer mark thiedeman

 
 

 

L'été dernier, 6
Bande annonce en version originale

 

Consulter et télécharger le film: ICI
Last summer, un film de Mark Thiedeman

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Lakki, un film de Sven Wam

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Lakki, un film de Sven Wam

 

Lakki, le film

 

Norvège, 1992, 97mn

 

Réalisation: Svend Wam, scénario: Sven Wam d'après le roman de Per Knutsen, image: Harald Gunnar Paalgard, montage: Inge-Lise Langfeldt, musique: Svein Gudersen

 

Avec: Anders Borchgrevink (Lakki), Nina Gunke (Moren), Bjørn Skagestad (Faren), Jorunn Kjellsby, Gabriel Paaske (Tim), Øyvin Bang Berven, Jan Grønli, Stian Bonnevie Arntzen, Henrik Mestad, Ivar Tindberg (Eddie), Anders Jacobsen, Anne Marie Dale, Runa Granlund, Bjarte Hjelmeland, Anders Hoaas, Bjørn Jenseg, Eli Anne Linnestad, Mia Norum Robsahm, Calvin Ray Stiggers, Trine Svensen

Lakki 5

 

Résumé

 

Lakki (Anders Borchgrevink), le garçon à qui des ailes ont poussé (traduction littérale du titre en anglais), nous raconte les aventures lyriques d’un garçon solitaire, sensible et rêveur de 14 ans, au coeur brisé et à l'âme tourmentée. Abandonné par son père et ignoré par une mère en pleine déchéance, Lakki, au visage d’ange, erre dans un paysage urbain de cauchemar. Ses parents sont divorcés et sa mère multiplie les aventures. Son dernier amant est le professeur de gym de Lakki, qui l’avait physiquement agressé dans les vestiaires de l’école. Son père a une petite amie enceinte qui ne s’entend pas avec Lakki. Elle ne veut même pas le voir. En fait, aucun des parents de Lakki ne s’intéressent à lui. Le garçon se sent responsable de cette situation. Il a de fréquents flashback sur son enfance et les jours heureux de cette époque où il vivait en famille. Il se pose aussi des questions sur son identité sexuelle, ayant horreur qu’on le touche. Sa seule expérience sexuelle se déroule avec un homme âgé qui le brutalisa. Lakki le frappe avec une chaîne de bicyclette. C’est à ce moment que des ailes poussent sur son corps. Voler devient un véritable salut, un don du ciel pour lutter contre ce monde sans pitié. Prèt à déployer ses ailes pour le grand saut, Lakki doit lutter pour sa liberté alors que sa mère est confrontée à la mort.

 

Lakki, 3

L'avis critique

 

Ce beau film, à la claire image, est typique des productions scandinaves: un filmage efficace au service d’un propos où se mèlent poésie, mélodrame, revendications presque libertaires, récit initiatique, critiques sociales, réalisme fantastique et érotisme. Ce film dense est beaucoup plus complexe que pourrait le faire croire un visionnage distrait. Il est facile de comprendre que la pousse des ailes dans le dos du garçon, phénomène qui n’est visible que par lui, est la métaphore d’une autre différence qui est son homosexualité. Cette même métaphore curieusement a été filé dans un roman français: ”Un garçon en l’air” paru en 1977 aux éditions Gallimard, de Didier Martin, écrivain trop méconnu aujourd'hui mais qui connu une certaine renommée  lors de la parution au début des année 70 d’un très beau roman, lui clairement Gay: ”Le prince dénaturé”, édité par Folio. François Ozon a repris l'idée des ailes comme marque de différence dans un film qu'il vaut mieux oublier.

Sven Wam est aussi, entre autres le réalisateur de "Sebastian". De son vrai nom Svend Olaf Wamnes Akstuft. Il est né le 5 Mai 1946 et est connu pour sa coopération avec Petter Vennerød. Ils ont créé quatorze films sous le nom deWam og Vennerød. Leur dernière réalisation date de 1998.Lorsque le film sort en salles dans son pays en 1992, il a été si mal reçu que seulement cinq jours plus tard il est retiré de l'affiche et est quelque temps après redistribué sous un nom différent, Lakki: Gutten kunne som mouche (Le petit garçon qui pouvait voler). Il est bien dommage qu' Anders Borchgrevink, qui interprète remarquablement Lakki, n'ait pas réapparu sur un écran.

Lakki 1

La version uncut de Lakki est maintenant disponible pour la première fois le DVD! (aux USA). Remplacez votre version VHS analogique avec le DVD et vous ne serez pas déçu.

A la fois portrait psychologique sombre et réaliste et suite d’aventures trépidantes, ”Lakki” tend un miroir à la jeunesse aliénée d’aujourd’hui. Il délivre aussi une curieuse morale: La clé de la vie réside dans le rêve..

 
 
Lakki, 4
 
 
Lakki, 6
 
Bande annonce
 

 

Le film

 

 

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Gouttes d'eau sur pierres brûlantes un film de François Ozon

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Gouttes d'eau sur pierres brûlantes un film de François Ozon

Gotas de agua, film

France, 90 mn, 2000

 

Réalisation: François Ozon, scénario: François Ozon d'après Fassbinder, image: Jeanne Lapoirie, montage: Laurence Bawedin et Claudine Bouché

 

avec: Bernard Giraudeau, Anna Thomson, Malik Zidi, Ludivine Sagnier

 

 

 

 

Résumé

En Allemagne, dans les années 70, (bien que ni le lieu ni la date soient précisés, mais le moindre détail exhibe sa germanité et sa mocheté seventies...), Léopold un représentant de commerce de cinquante ans, genre tata vicieuse -old school-, ramène chez lui, on ne quittera jamais cet appartement, l’angélique Frantz, dix neuf ans. On assiste à l’étonnant ballet qu’exécute Léopold pour séduire Frantz qui lui expose ouvertement son fantasme. Un rêve récurrent le hante toutes les nuits: un homme, vêtu d’un manteau, pénètre dans sa chambre, s’approche du lit où il est endormi, prend possession de son corps comme s’il était une fille. Après une telle invite Léopold expédie Frantz dans la chambre en lui demandant de s’allonger nu sur le lit (très beau plan fugitif) et de l’attendre... Ils baisent. Nous les retrouvons quelques mois après en couple. Frantz attend son seigneur et maitre, en parfaite -femme aimante au foyer-, il se fait belle pour le recevoir (aaaah la petite culotte de peau). Très vite on comprend qu’ils reproduisent un quotidien conjugal fait d’agacements, de ressentiments et de mesquineries. Le bel enthousiasme innocent de Frantz se délite vite face à l’étroitesse d’esprit et au cynisme manipulateur de Léopold.

Bientôt Anna, l’ex petite amie du garçon, une gourde à la belle et opulente poitrine, (Ludivine Sagnier que je n'avais vue précédemment et admirée que dans Rembrandt ) revient pour récupérer son amoureux en l’absence de Léopold. Anna et Frantz s’apprêtent à fuir ensemble, après avoir fait l’amour lorsque Léopold rentre à l’improviste. Anna tombe également sous le charme de Léopold. Arrive bientôt Véra (Anna Thomson, le personnage a été ajouté par Ozon, il n’existait pas dans la pièce de Fassbinder.). Elle est l' ancien/ne fiancé/e (il/elle a changé de sexe depuis leur séparation!) de Léopold. Ce dernier a fini par la mettre sur le trottoir! Le film se poursuit par un ballet kitchisime et une partie carrée et se termine sur une fenêtre qui ne veut pas s’ouvrir; il est impossible de sortir de ce lieu clos comme de soi même...

 

L'avis critique

 

Ozon a adapté la pièce éponyme (Toppen aut heisse steine) que Fassbinder a écrite alors qu’il n’avait que 19 ans, soit en1964, trois ans avant qu’il ne rejoigne le collectif d’avant-garde de l’Action-Theater à Munich. La jugeant inaboutie, il ne la monta jamais. Elle ne fut mise en scène qu’à titre posthume par Klaus Weise au Theaterfestival de Munich en 1985 et enfin traduite en français et présentée à Aubervillier en 1995. On retrouvera les thèmes habituels de Fassbinder, déjà présents dans cette pièce de jeunesse, que sont de la dénonciation de la violence des rapports sociaux la domination dans le couple dans Les larmes amères de Petra von Kant(1972), Martha(1973), et bien sur dans Le droit du plus fort (1975). Le réalisateur se montre très fidèle au texte et à son esprit. La puissance du matériau d’origine, fable cruelle sur l’usure conjugale et la soumission d’autrui par le sexe et la séduction demeure quasiment intacte, finement servie par la mise en scène.

On ne s'étonnera pas qu'Ozon rencontre Fassbinder tant dans la cinématographie de l'allemand les thèmes de la domination et de la manipulation sont récurrents. Dans « Le droit du plus fort », seul film résolument gay de Fassbinder, ils en sont même le centre. Dés ses premiers courts-métrages, François Ozon tente de cerner au plus près les rapports de domination qui régissent les relations humaines, explorant les différentes formes qu’ils peuvent revêtir. Des stratagèmes meurtriers de Regarde la meret des Amants criminelsaux manoeuvres de séduction d’Une robe d’été, du drame oedipien de La petite mortà la bouffonnerie de Sitcom, ses personnages et la mise en scène elle même, dans la manière qu’elle a d’inclure le spectateur dans son dispositif en affirmant ouvertement sa volonté de choquer, transgresser, terrifier ou séduire, ne cessent d’expérimenter les différentes manières de manipuler et de s’approprier l’autre...

Ozon paradoxalement n’a jamais autant parlé de lui qu’en adaptant cette pièce dans laquelle il a introduit une bonne dose d’humour camp foldingue. Le glissement de la pièce des années 60 aux années 70 la rend plus efficace. En outre l’alacrité propre au réalisateur et la -débrechtianisation- du texte la rendent pétillante. On peut considérer le rêve récurrent de Léopold comme un raccourci du film: la perte de soi par la pénétration physique et morale. Elle sera mise en scène à maintes reprises de façon ritualisée et comique, chaque scène de sexe est annoncée par une musiquette enjouée de boîte à musique. La drôlerie de la bande son aère la pièce et parfois sert d’introduction, de passage, d’une scène à une autre, comme l’hilarant ballet qui amène la partouze. La chansons française des années yéyés est une fois de plus mis à (Françoise Hardy qui chante, en allemand, Traume, une chanson triste qui parle de rêves, a remplacé Sheila qui cloturait Une robe d’été), comme le poême, La Lorelei, qu’annone Malik sont en langue allemande. Ozon ne cherche jamais à faire oublier l’origine théatrale du film, bien au contraire. Le film est divisé en quatre actes bien distincts: Premier acte: la séduction de Frantz par Léopold, le plus savoureux; deuxième acte: le masque de Léopold tombe, il se révèle un beauf acariâtre qui n’a qu’une idée, tenir sous un joug cruel l’objet de son désir (Giraudeau interprète un personnage très semblable dans Une affaire de goût de Bernard Rapp); troisième et quatrième acte: le ton change, il passe d’un presque naturaliste à un burlesque-tragique avec l’entrée des deux personnages féminins. Le film connait une légère baisse de tension lors de la retrouvaille des deux jeunes gens.

Le décor, jamais ouvert sur l’extérieur est véritablement le cinquième personnage du film. Il est du à Arnaud de Moléron. C' est quelque chose qui serait le monde de l’inspecteur Derrick, style au chic munichois, revu par Pierre et Gilles plus une touche de Modeste et pompon. En choisissant délibérément de situer le récit dans les années 70, Ozon parvient à poser, de façon inédite, dans ses partis pris de décors, de costumes, de direction d’acteurs, des questions sur le statut des images, sur le réalisme et sur la reconstitution, sur le passage de l’authentique au kitch. Il continuera sa réflexion sur le sujet dans 8 femmes.

La réalisation doit aussi beaucoup à la photo, souvent d’un bel orangé d’époque. On peut aussi déceler quelques réminiscences de la peinture d' Hopper. Le cadrage est impeccable, oeuvre de Jeanne Lapoirie, très supérieure à celui de bien des opus fassbinderiens.

Frantz est certainement le double rêvé du cinéaste allemand. La pièce, pour la première partie est très probablement autobiographique. On peut aussi penser que Léopold représente la manière dont ne s’espérait pas à 50 ans (ou plutôt à 35 ans car Ozon a vieilli le personnage de Léopold de 15 ans par rapport à la pièce.) le jeune Fassbinder de 19 ans qui écrivait ce texte. Comme le rat dans Sitcomou l’ogre dans Les amants criminels , Léopold est un révélateur sexuelle. Il fait irrésistiblement penser au loup stupide et lubrique de Tex Avery, avec une pointe de Paul Meurisse, en beaucoup plus frelaté. Léopold est indifférent à l’amour que les autres ont pour lui, il ne fait que les rendre dépendant de la jouissance sexuelle. Giraudeau avec ses rictus de hyène est tantôt autoritaire, tantôt dépressif, il fait un numéro énorme, il hurle de désespoir, il couine, il aboie, il jappe de plaisir... Lépopold est intéressant parce qu’il n’est pas que ce tortionnaire domestique quasi maquereau c’est aussi un être souffrant, angoissé par la mort et désireux de rester en perverse enfance, qui répète: <<Je prend tellement peu de plaisir aux choses.>>. La performance de Bernard Giraudeau est exceptionnelle. Il a déjà interprété des rôles d’homo, au cinéma dans Le fils préféré de Nicole Garcia et dans...Le grand pardond’Arcady, mais il a refusé celui qu’interprètera Michel Blanc dans Tenue de soiréede Bertrand Blier et aussi au théâtre dansPauvre France de Jean Cau, monté par Fabbri. Bernard Giraudeau est un acteur qui a des opinions sur les films dans lesquels il tourne: << <<L’homosexualité, qui est l’un des derniers tabous du monde, pour moi n’en est pas un... A la limite le film s’arrête un peu dès que Léopold va mettre les autres sur le trottoir. Là, on aurait pu aller plus loin. De plus seuls certains aspects sont traité. Le coté sado-maso, permanent chez Fassbinder, est évidemment abordé, mais pas poussé au-delà.. Certes, cela n’est pas utile dans ce film. Ce sont des personnages pervers qui démontrent ostensiblement la perversité de chacun de nous. Le plus souvent, soit elle est cachée, soit elle est frustrée; mais elle est omniprésente, sous-jacente, cette volonté de nuire... et puis la bêtise, surtout. On devient tous bêtes à un moment donné... Comme dans Le droit du plus fort , le dominateur joue facilement son rôle dès qu’il entre dans le quotidien. Au début de la relation, chacun est actif. Même quand on veut être séduit, c’est actif. Après, évidemment, dans le cadre du quotidien, si au sein du couple, l’un est plus faible, ça peut être l’horreur...>>.

François Ozon a toujours aussi bon goût en ce qui concerne... les garçons. Goute d'eau sur pierre brulante demeure avant tout pour moi la révélation de Malik Zidi que l'on avait seulement aperçu avant ce film dans dans Place Vendômeet dans Les corps ouverts.On est pas prêt d’oublier ni l’apparition du très mimi Malik Zidi, le bas à peine vêtu d’une petite culotte de peau tyrolienne, salopette à jambes très courtes, typiquement bavaroise, le haut moulé dans un pull shetland criard ou une chemisette étriquée, ni ses longues déambulation en slip ultra moulant et très, très prometteur. Avec ces plans Ozon dame le pion au virtuose du filmage du sous-vêtement masculin qu’est Tsai Ming-Liang. Malgré le soin que prend le cinéaste a se dissimuler derrière ses provocations, on a au moins une certitude sur l’artiste, après les amants criminels dans lequel il avait rouquiniser Jérémie Rénier, c’est qu’il aime les rouquins, et c’est très bien! Pour un si jeune acteur, à l'époque du tournage Malik Zidi analysait son personnage avec beaucoup de pertinence:<<Frantz, mon personnage est un jeune paumé et coincé. Il a 19 ans. Il a des parents divorcés, donc quelques circonstances atténuantes. Si Léopold tombe sur lui, ce n’est pas hasard. Léopold a dû très bien sentir sa proie au coin de la rue. C’est intéressant qu’on ne sache pas les circonstances. Moi, je l’imagine simplement dans la rue, parce que Léopold a un coté assez rentre dedans. A mon avis, il a dû voir sa proie d’assez loin. Il a dû s’en approcher en lui approchant une cigarette ou d’aller boire un verre. Et puis il y a également les rapport père-fils. C’est ce que je pensais pour le rôle de Franz, car il y a une différence d’âge assez énorme: l’un a 19 ans, l’autre 50. Inconscemment, Franz a dû penser à son père, dont il doit avoir une bonne image. Mais désarçonné à cause du divorce, il récupère l’image du père chez n’importe qui, chez Léopold par exemple. Franz est traversé par plein de traumatismes. Ce qui m’a plu dans ce personnage, c’est son oubli volontaire ou inconscient de souffrir. Au départ, c’est un type qui souffre sans tomber dans le pathos ni être un petit martyr. Il est complètement bouleversé par ce qu’il a dans la tête. Ce qui m’a touché, c’est son coté enfentin. Il dépasse sa souffrance avec son coeur. Il a des idéaux autant en amour physique que sur le plan moral. C’est un plaisir de jouer un personnage qui subit tant d’humiliation. Un comédien est masochiste. On s’exhibe sans jamais vraiment savoir ce que cela va donner. C’était un plaisir de jouer sur cette corde tendue... Et puis les costumes... et tout cet univers. Egalement la jubilation de François Ozon derrière la caméra... Il donne beaucoup de liberté au comédien, mais en même temps, il sait ce qu’il veut.>>

A la sortie du film en salle, François Ozon expliquait notamment les difficultés qu'il avait eu pour trouver l'acteur qui devait jouer Léopold: <<Je parle d’homosexualité comme d’autres cinéastes hétéros, parlent d’hétérosexualité. Je parle de relations humaines, amoureu ses, et dans le cadre d’homosexualité car c’est une expérience que j’ai envie de faire partager aux spectateurs. Je n’ai pas de discours sur l’homosexualité même si pour moi, elle est forcément liée à la transgression dans une société judéo-chrétienne. Malgré cela, les homosexuels ont des droits égaux à ceux des hétéros. Ce qui m’intéresse, c’est le cinéma et la sexualité est un formidable enjeu de mise en scène. Filmer la sexualité, c’est le cinéma. Filmer le désir, on est dans une salle noire, face à un écran et on regarde les fantasmes d’un cinéaste à travers les corps des acteurs...

J’avais envie de faire un film sur un couple, et j’avais commencé à écrire un texte autobiographique, mais le manque de distance m’empêchait de bien en parler. Je me suis alors souvenu de cette pièce que j’avais vue cinq ans plus tôt à Aubervilliers, et je l’ai relue en allemand. Fassbinder avait exprimé exactement ce que je voulais dire. J’ai aussi aimé retrouver l’univers de la période des films de Fassbinder que je préfère, celle des années 70 avec Le droit du plus fort,Maman Kusters s’en va au cielou Le marchand de quatre saison. J’ai forcément pensé à une transposition actuelle, mais l’aspect désuet des rapports entre les personnages ne s’y prêtait guère. Et puis traiter de l’homosexualité aujourd’hui m’aurait obligé à évoquer les préservatifs, le Pacs, le sida, ce qui aurait dénaturé le projet. J’aime dans la pièce que l’homosexualité ne soit pas posée comme un problème... Ce que j’ai trouvé extraordinaire, c’est que Fassbinder, à 19 ans, à la fin des années 50 est capable de raconter une histoire d’un couple homosexuel sans jamais le poser en tant que problème. C’est un couple c’est tout! N’importe qui peut s’identifier. C’est un film qui montre que la vie à deux est difficile. Ca se construit toujours sur un rapport un peu SM où l’un cède à l’autre. Moi j’adore la vie de couple: cela demande beaucoup d’efforts mais ça peut donner beaucoup de plaisir. Le film c’est ma vision du couple quand j’avais 18-19 ans (l’age de Fassbinder quand il a écrit la pièce) : une vision idéalisée du couple confrontée tout d’un coup au réel. Quand on est jeune, on n’est pas prêt à vivre ces accommodements du quotidien. Plus âgé ça peut être source de plaisir.

C’était aussi intéressant de le garder dans les années 70 parce que c’était après 68, la période de tous les idéaux, et avant le sida qui a transformé énormément les relations entre hommes.

J’avais envie d’assumer l’essence théâtrale du texte. J’ai horreur des films qui s’inspirent d’une pièce de théâtre et qui aèrent, avec un plan en extérieur qui ne sert à rien. C’est la leçon d’Hitchcock avecLe crime était presque parfait, qui est un huis-clos total. Il a vu que la pièce fonctionnait sur scène, pourquoi il va s’emmerder à faire des plans d’extérieur, ça ne sert à rien. Et puis, j’aime bien la théatrâlité au cinéma, les films de Resnais Mélo, Smoking, No smoking. Ca me semblait intéressant de garder ce côté huis-clos, des personnages enfermés dans un appartement, ça allait bien avec l’histoire du film. Le couple est un enfermement...

Les dialogues sont très littéraires. Et puis j’aime l’artifice... J’ai l’impression que mes films tranchent avec le reste du cinéma français, qui est très poli, bien tenu, sans un mot plus haut que l’autre. J’essaie d’emprunter des chemins de traverse. Il faut assumer la folie de son sujet, passer les limites, se lâcher et donc accepter de dépasser les convention du bon goût, du politiquement correct. Je trouve intéressant d’emmener le spectateur là où il n’a pas forcément envie d’aller, de le pousser dans ses retranchement, de le déstabiliser dans ses habitudes de pensée. Contrairement aux films où l’on sait à l’avance ce que l’on va voir, Gouttes d’eaun’est pas un objet identifiable dès le départ.

Pour le rôle de Léopold, j’ai pensé à plusieurs acteurs de la trempe de Giraudeau et de cette génération. J’ai eu beaucoup de refus d’acteurs qui avaient envie mais qui avaient très peur. Ils se disaient: <<Oh la la, il faut embrasser un garçon!>>, ce qui m’a bien fait rire, car c’était en pleine période du Pacs, et tous ces soi-disant comédiens progressistes qui sont à la page et prêt à défendre plein de causes sociales, on se rend compte que quand on leur demande d’interpréter un rôle d’homosexuel, ça leur fait peur pour leur image, pour leur carrière. Bernard a mis du temps à répondre, mais il a dit oui. Ce qui a été génial avec lui, c’est que jamais, ça n’a été un problème, c’était un rôle comme un autre. Ce qu’il aimait, c’est le coté beauf homosexuel ringard, il a pris beaucoup de plaisir à jouer ça. On sent une jubilation de l’acteur. Je pense que les acteurs américains se seraient battus pour avoir le rôle en se disant que c’est un rôle à Oscar! C’est la différence entre la mentalité américaine et la mentalité française.>>.

Le film a reçu au Festival de Berlin 2000 le Teddy du meilleur film gay.

Dans une interview Bernard Giraudeau a il me semble trouvé le mot de la fin: << Le film d’Ozon, on en pense ce qu’on veut,mais, au moins ça ne manque pas de couilles!>>.

 

Gotas de agua, 1
 
 
Gotas de agua, 4
 
 
Gotas de agua, 5
 
Gotas de agua, 2
 
Gotas de agua, 6
 
Gotas de agua, 3
 
La bande annonce

 

 

Le film

 

 

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Wrecked un film de Harry & Bernard Schumanski

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Wrecked un film de  Harry &amp; Bernard Schumanski

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Fiche technique :

Avec Theo Montgomery, Forth Richards (Ryan), Benji Crisnis (Daniel), Jake Casey, Womack Daryl, Peter Petersen, Beatrice Carina, Heidi Blissenbach et Garett Dragovitz. Réalisation : Harry & Bernard Schumanski. Scénario : Harry & Bernard Schumanski. Image : Stephan Jones. Montage: Bernard Schumanski.

USA, 2009, Durée : 73 mn. Disponible en VO (zone 1) et bientôt en VOST (zone 2).

 

Résumé :

Wrecked a pour sujet la descente aux enfers causée par la drogue et le sexe, le sexe considéré comme une drogue, de Ryan (Forth Richards), un adolescent gay de 18 ans qui essaye de devenir acteur et de mettre sa vie sur la bonne voie. Mais ce désir est rapidement supplanté par le retour soudain de son ex, Daniel (Benji Crisnis). Ce dernier demande à Ryan un endroit pour l’héberger, en lui promettant une vie normale et une relation amoureuse stable. Ryan sait que Daniel est incorrigible et que ce garçon est mauvais pour lui, pourtant il l'accueille, par faiblesse, par attirance physique incontrôlable. Mais la toxicomanie de Daniel et sa soif inextinguible de sexe sapent tout espoir de normalité pour Ryan. Daniel entraine le garçon dans sa spirale de sexe et de drogue.

 

L'avis critique:

 

La première chose qui me paraît important d’écrire est que Wrecked est l'un des films les plus économiques, un des plus faibles budgets que l'on peut voir. C'est aussi l'un des films les plus sexuellement explicites que le cinéma américain nous ait montré.

Le film multiplie les séquences très justes, comme celle où l'on voit Ryan tenté d'obtenir un rôle lors d'une audition digne de la pure ethnologie sur la tribu du cinéma indépendant, idem pour toutes les scènes de répétitions. J'adore le personnage de l'assistante du metteur en scène, quasi muet et qui pourtant parvient à exister très fort à l'écran.

 

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Une de mes premières surprises devant ce film a été de voir apparaître des dollars, alors que j'étais persuadé que ce que je voyais se passait en Europe, et plus particulièrement en Angleterre tant la forme de Wrecked est plus proche du cinéma indépendant européen que de son homologue américain.

Wrecked a été tourné avec une caméra de poche qui suit les personnages (souvent fort attrayants) dans leurs moindres gestes d'où aussi, malheureusement, la fréquente instabilité de l'image.

 

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Je suppute, après une petite enquête, que tous les acteurs du film (d'ailleurs tous excellents) ont utilisé des pseudonymes. Ceci, peut-être, pour ne pas gêner leurs futures carrières ou vis-à-vis de leurs familles, en raison des scènes de sexe on ne peut plus crues. Sont-elles simulées (se demande le voyeur libidineux et quasi professionnel que je suis) ? Nous voyons quatre des acteurs complètement nus. Chacun se donne beaucoup de mal pour que ses partenaires aient une érection (que nous voyons aussi). Mais il ne faudrait pas croire que Wrecked est un porno. Les scènes de sexe, ici, ne sont pas tournées pour exciter le chaland. Leur grand intérêt est que leur contenu sexuel explicite construit les personnages, fond leurs l'actions et ancre d'avantage l'histoire et les personnages dans la réalité. Wrecked a plus besoin de cela, étant une pure fiction, que par exemple le film Shortbus avec lequel il présente bien des similitudes car Shortbus a (en partie) des gens de la vie réelle comme acteurs.

 

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La force de Wrecked est que l'on entre immédiatement en empathie avec Ryan. Son très agréable physique n'est sans doute pas pour rien dans l'affaire. On a envie de crier à ce pauvre garçon de laisser tomber Daniel qui ruine sa vie. Pendant la journée, Ryan travaille en tant qu'acteur mais bientôt il commence à avoir des difficultés avec son rôle du fait de ses inquiétudes quant à la sincérité de son amant, qui, pendant ce temps-là, est continuellement à la recherche de nouvelles drogues ou d'argent pour en acheter ou… de sexe. Daniel est immergé toujours plus dans son monde de drogué mais lui fait croire que tout va bien. Quand les deux garçons sont ensemble, on a le sentiment que le sexe est l'arme qu'utilise le couple pour s'éviter d'aborder les véritables questions auxquelles ils devraient faire face. La meilleure partie du film est celle qui décrit le quotidien de la relation tumultueuse entre les deux garçons.

 

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La production a des faiblesses techniques multiples. Par exemple, on voit une fenêtre dans la maison de Ryan, recouverte d'un drap (pour le tournage). Certains dialogues semblent s'évanouir. La pellicule est assez granuleuse. Surtout la scripte ne devait pas être très vigilante car par exemple, dans une séquence, Ryan va au lit torse nu, se réveille tôt avec un t-shirt, puis sort du lit avec un autre totalement différent ! Les faux raccords lumière sont innombrables. Paradoxalement, le film est néanmoins assez bien éclairé. Les réalisateurs jouent sur la lumière et l'intensité des couleurs pour appuyer leur narration. Les scènes dans lesquelles Ryan est seul sont lumineuses et sont dominées par les couleurs vives, alors que lorsque Daniel est à l'écran, l'image est à la fois plus sombre et plus granuleuse (tournées avec une autre caméra ?). Et qu'on ne vienne pas me dire que ce genre de bourde a un rapport quelconque avec un petit budget ! Il suffit d'ouvrir les yeux au moment du tournage et encore plus à celui du montage. L'argument scénaristique est mince : un parasite, vivant aux crochets de son hôte, le manipule… mais après tout leTartuffe de Molière n'est pas autre chose...

 

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Wrecked est le premier film des frères Schumanski, cinéastes dont je ne sais rien.

La fin du film, quelque peu en divorce avec le reste, est aussi brusque que puissante. Sans être moralisatrice ou didactique, elle ne se laisse pas oublier même si elle est ratée. Probablement que tout simplement les cinéastes ne savaient pas comment terminer leur film.

C'est seulement en voyant cette fin malheureuse que je me suis aperçu que le jeune acteur qui interprète Ryan, que tous les amateurs de choupinets devraient adorer, ressemblait beaucoup à Vincent Branchet dans F est un salaud que Wrecked rappelle dans la dépendance (sexuelle) qu'a Ryan envers Daniel. Cela m'étonnerait beaucoup que les frères Schumanski ne connaissent pas F est un salaud.

 

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Le plus gros reproche que je ferais au film est d'être trop court, ce qui est plutôt bon signe. J'aurais aimé suivre un peu plus longtemps le parcours de Ryan. D'autant que quelques minutes de plus auraient permis d'approfondir la psychologie des deux principaux protagonistes, ce qui n'aurait pas été inutile.

Wrecked est un film provocateur et hypnotique qui, comme Shortbus, ose prendre des risques.

 

 

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Wrecked, 4
 
 
Wrecked 1
 
 
Wrecked 5
 
 
Wrecked, 6
 
Shumanski à réalisé en 2010 Blackmail boys
 
Wrecked, 3
 
 
Wrecked, 2
 
bande annonce

 

 

le film

 

 

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No night is too long de un film de Tom Shankand

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No night is too long de un film de Tom Shankand

 

Pas de Nuit est trop long, 4

 

  
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Fiche technique :


Avec Lee Williams, Marc Warren, Mikela J Mikael, Salvatore Antonio, Beverley Breuer, Rob Bruner, Liam Mc Guigan et Philip Granger.

 

 Réalisateur : Tom Shankland. Scénario : Kevin Elyot et Ruth Rendell, d’après le roman de Ruth Rendell signé de son pseudonyme Barbara Vine. Images : Paul Sarossy. Montage : Allan Lee. Musique : Christopher Dedrick. Direction artistique : Peter Andriga.


Canada-Grande-Bretagne, 2003, Durée : 120 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :


Tim (Lee Williams) est un brillant étudiant d’une petite université d’Angleterre non loin de son domicile familial, une station balnéaire du Suffolk. Il ne répugne pas à se faire faire une petite gâterie par sa copine, sur la plage, au clair de lune. Ce qui ne l’empêche pas, au détour d’un couloir de sa fac, de tomber en arrêt – tel le setter moyen face à un col vert égaré – devant Ivo (Marc Warren), un jeune professeur mâle de paléontologie dont bientôt le visage l’obsède. Bravant sa timidité toute relative, il le drague. Au début l’objet de ses désirs est froid comme ses chers fossiles, mais il n’est pas à long à tiédir. Il s’ensuit une torride passion sexuelle. Mais plus Ivo devient incandescent, plus notre inconséquent étudiant se refroidit. Et quand Ivo invite son jeune amant à l’accompagner en Alaska, où il anime des croisières scientifiques, Tim le suit à contrecœur. Arrivé dans un port de ce « bout du monde », suite à un imprévu (?), Ivo doit abandonner son amoureux dix jours dans ce lieu inhospitalier, avant leur embarquement. Le jeune homme nous avait déjà prévenu « que l’ambivalence ne l’effraie pas », même distrait, et c’est difficile devant ce film passionnant, dont je ne vous dévoile qu’une couche de l’intrigue, et encore partiellement. Or donc, ne supportant pas la solitude, il jette son dévolu sur une jeune femme, Isabel (Mikla J. Mikael). Je cite : « idéale pour passer le temps. » Ce qui ne devait être pour Tim qu’une alternative à ses nombreuses visites au bar de l’hôtel se transforme en une passion fusionnelle. Mais au bout de ces dix jours, Isabel prend la fuite et Ivo revient. La croisière qui promettait d’être idyllique se transforme en enfer. L’amour a fait place à la haine. Tim ne rêve que de rejoindre Isabel à Vancouver, mais comment se débarrasser d’Ivo ? En le tuant ?

 
L’avis critique

 
Quand on se met devant sa télévision, même devant un programme de PinkTv, on s’attend rarement à être mis en présence de ce qui devrait être un modèle pour les auteurs de films gays. Voilà, enfin, une production qui ne considère pas l’homosexualité comme une fin en soi et l’unique sujet possible du film, mais comme une chose tout à fait banale et qui, pourtant, la place au cœur de l’intrigue de ce thriller haletant ; en fait le moteur des événements qui précipiteront les amoureux vers l’inéluctable, sans que leur sexualité ne soit jamais culpabilisée. Ruth Rendell a créé le personnage du garçon fatal.
Comme dans toutes les histoires de ces dames anglo-saxonnes qui améliorent leur thé ou leur whisky, au choix, d’une dose de strychnine, les rebondissements sont un peu abracadabrantesques (sic), mais c’est la loi du genre pour que l’on reste, comme ici, scotché à l’écran durant deux heures. Dans No night is too long, nous sommes plus près de Patricia Highsmith que d’Agatha Christie.
L’intrigue, comme dans tous les livres de Ruth Rendell – experte en thriller psychologique depuis quarante ans – pose ces questions : « pourquoi devient-on meurtrier ? » ou «  comment devient-on victime ? » Parce qu’un jour, sans le savoir, on prend une route... ou un couloir au bout duquel se trouve la mort violente. Le cinéma devrait être bien reconnaissant à la romancière. Son roman, L’Homme à la tortue, est devenu devant la caméra de Pedro Almodovar En chair et en os(dvd TF1 vidéo) et L’Analphabète, devant celle de Claude Chabrol, La Cérémonie. Il a aussi adapté La Demoiselle d’honneur, cette fois sans en changer le titre. Claude Miller a fait de même avec Betty Fisher.Toute l’histoire est racontée en voix off par Tim. La plus grande partie du film est constituée d’un flash-back qui nous ramène quelques mois en arrière. Nous assistons à la rencontre de Tim et d’ Ivo, et aux événements qu’elle va générer. Cette narration est entrecoupée par des retours au présent, qui n’en sont pas moins angoissants que les péripéties du passé, mais aussi par des incursions à une époque plus lointaine, dans laquelle Tim vivait dans son collège une amitié particulière avec un aîné. On peut regretter que cette partie n’aie pas été plus explorée, ce qui aurait rajouté un peu d’épaisseur à cet aîné un peu trop falot. En revanche, le film aurait gagné à ce que la durée de certains plans soit raccourcie. Tom Shankland a tendance à les faire traîner un peu trop longtemps. Puisque cette production était d’emblée destinée à la télévision, on peut penser qu’un format de 2 fois 1h30, constituant une mini série, n’aurait pas été de trop au vu de la complexité de l’intrigue et de la richesse des personnages et aurait été mieux adaptée que les 120 minutes du film…
L’un des atouts du film est l’originalité des lieux de tournage. L’Alaska n’est pas l’État des USA le plus filmé et bien peu de réalisateurs ont planté leurs caméras sur les plages du Suffolk, malgré leur indéniable charme. La réalisation ne se dépare jamais d’une belle maîtrise du cadre qui bénéficie d’un éclairage froid et soigné. Elle utilise avec habileté le décor qui n’est pas seulement une toile de fond pittoresque pour l’intrigue mais un véritable acteur du drame. Elle aurait toutefois pu nous éviter des effets spéciaux numériques un peu trop présents, telle cette profusion d’éclairs pour rendre les ciels dramatiques et signifiants ou ce maquillage de l’île fatale en Île des morts de Bocklind. Le directeur de la photographie qui signe de si belles images est Paul Sarossy. Il est entre autre le collaborateur habituel d’Atom Egoyan. On lui doit la photographie des remarquables Voyage de Felicia et La Vérité nue.
Comme presque toujours dans un film anglais, la distribution est parfaite. En particulier Lee Williams qui compose un Tim complexe et changeant qui fait parfois penser au jeune Ripley et à qui on met longtemps à accorder notre sympathie. Il porte le film de bout en bout. Il tient le premier rôle dans un autre film gay, l’extravagant Les Loups de Kromer (dvd BQHL). Il participe à de nombreuses productions télévisées anglaises. On peut le voir en particulier dans le rôle de Jon Forsyte, dans la somptueuse nouvelle version de la saga des Forsyte. Il apparaît également dans Billy Elliot et Mauvaise passe. Marc Warren (Ivo) a une présence étonnante ; son inquiétant magnétisme rappelle celui de Malcom Mc Dowell à ses débuts.
Si les scènes de sexe, aussi bien hétérosexuelles que gays, ne sont pas particulièrement bien filmées, le réalisateur se rattrape en nous offrant de beaux plans tendres et sexy après l’amour.No night is too long est co-produit par la télévision britannique d’État, la BBC. Le film a été diffusé à une heure de grande écoute, la deuxième partie en soirée. Combien de chaînes françaises, hors celles du câble, diffuseraient et produiraient un film comme celui-ci qui met, et montre, l’attirance sexuelle de deux hommes au centre de son intrigue ?

No night is too long peut se traduire par « Les Nuit ne sont jamais trop longues », phrase que dit Ivo à Tim au plus fort de leur amour. Jamais le film ne vous paraîtra trop long. Espérons qu’il fasse école, tant sur le fond, que dans la forme. 

 
 
Aucune Night Is Too Long 1
 
 
Aucune Night Is Too Long 5
 
 
Pas de Nuit est trop long, 2
 
Bande annonce
 
 
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