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404 articles avec cinema gay

Torzok un film d'Arpad Sopsits

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Torzok un film d'Arpad Sopsits

Hongrie, 2001, 1h 40mn

 

Réalisation: Arpad Sopsits, scénario:, musique: After Crying 

 

avec:Tamas Mészàros, Szabolcs Csizmadia, Attila Zsllak 

Torzok un film d'Arpad Sopsits
Torzok un film d'Arpad Sopsits

Résumé:

Dans les années 60, Aron est abandonné dans un orphelinat par son père récemment divorcé. Le garçon endure dans ce lieu, qui a tout d'une prison, une vie pleine de cruauté et de désespoir, ponctuée par les coups du personnel de l'orphelinat et les vexations des autres garçons. Son seul ami est son camarade de classe Attila, qui l'aide à découvrir l'amour et lui donne la force de se battre.

Torzok un film d'Arpad Sopsits
Torzok un film d'Arpad Sopsits

L'avis critique

 

Ce film très dur et quelques fois un peu complaisant va néanmoins au delà de son anecdote. On comprend qu'à travers l'orphelinat dépeint dans le film c'est toute la société hongroise des années 60, après l'écrasement de la révolte de 56, que le film met en accusation. La fin est tragique et laisse une impression de pessimisme absolu. Le réalisateur s'est basé sur sa propre expérience, ayant vécu son enfance dans un orphelinat.

L'ambiance générale est sombre et le film peut être considéré comme difficile à regarder par certains. Les quelques moments d'espoir que l'on peut observer sont directement liés à l'amitié entre Aron et Attila ainsi que le rapport qu'Aron entretient avec un de ses professeurs, le mélancolique Gálffi, qui semble être le seul enseignant de l'école qui se soucie de ses élèves et s'oppose même au directeur despotique de l'institution.

Certaines scènes sont vraiment cruelles. Par exemple dans l'une d'elles un des enseignants fait battre un garçon par ses camarades parce qu'il priait Dieu, ce qui était interdit dans un établissement tel que celui-ci dans un régime communiste. La réalisation n'est pas sans défaut, l'image est souvent sombre, beaucoup de scènes sont systématiquement sous exposées. Mais les acteurs, enfants comme adultes sont tous remarquables.

ci-dessous le film

Torzok un film d'Arpad Sopsits
Torzok un film d'Arpad Sopsits
Torzok un film d'Arpad Sopsits
Torzok un film d'Arpad Sopsits
Torzok un film d'Arpad Sopsits
Torzok un film d'Arpad Sopsits
Torzok un film d'Arpad Sopsits
Torzok un film d'Arpad Sopsits
Torzok un film d'Arpad Sopsits
Torzok un film d'Arpad Sopsits

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ANG PAGDADALAGA NI MAXIMO OLIVEROS (L'ÉVEIL DE MAXIMO OLIVEROS) réédition complétée

Publié le par lesdiagonalesdutemps

ANG PAGDADALAGA NI MAXIMO OLIVEROS (L'ÉVEIL DE MAXIMO OLIVEROS) réédition complétée

 

Fiche technique :
Avec Nathan Lopez, Soliman Cruz, JR Valentin, Ping Medina, Bodgie Pascua et Neil Ryan Sese.
Réalisation : Auraeus Solito. Scénario : Auraeus Solito & Michiko Yamamoto. Directeur de la photographie : Nap Jamir. Musique : Pepe Smith. Montage : Kanakan Balintagos, Clang Sison & JD Domingo.
 
Philippine, 2005, Durée : 100 mn. Actuellement en salles en VO et VOST.
 

 

Résumé :
Dans un quartier pauvre de Manille, Philippines, Maximo 12 ans (Nathan Lopez), très féminin, est le garçon à tout faire de sa famille de petits voleurs. Il fait le ménage, la cuisine, la lessive, recoud leurs vêtements, et parfois même leur sert d'alibi. En retour, son père et ses deux frères aînés qui l'aiment le protègent. Ce bel équilibre va se briser lorsque Maximo rencontre Victor, un jeune policier intègre et séduisant. Ils deviennent amis. Victor (Soliman Cruz) encourage Maximo à changer de vie, ce qui provoque la colère de sa famille...

L’avis critique


L’éveil dont nous parle le titre c’est l’éveil sexuel d’un pré-adolescent dont l’objet de son premier amour est un homme.
Ce qui est le plus troublant pour nous, spectateurs français, c’est l’acceptation de la singularité de Maximo, charmante petite folle, par sa famille de petits malfrats hyper virils qui semblent trouver naturel que le garçon endosse le rôle féminin dans leur foyer en remplacement, en quelque sorte, de la mère trop tôt disparue.
Le film est en partie autobiographique, nourri par les souvenirs du réalisateur de sa découverte, lorsqu’il avait 13 ans, de son homosexualité.
Le tournage de L'Éveil de Maximo Oliveros a duré seulement treize jours, en numérique, avec pour tout budget les 10 000 dollars octroyés par la Fondation Cinemalaya. Auraeus Solito démontre qu’avec le système débrouille, on peut tourner un film lorsque l’on est animé de la passion du cinéma... et que l’on a du talent. Par exemple la maison du policier est ainsi sa propre maison et les figurants sont ses voisins et ses amis...

 

   

 

Auraeus Solito fait preuve d’un vrai sens du cinéma, même si certains plans sont mal éclairés, mais il y en a de magnifiques ; si le montage est parfois trop brutal et si le rythme aurait été meilleur en resserrant, surtout au début, les scènes. Il inscrit son film dans la grande tradition du cinéma philippin de Lino Brocka, sachant comme lui nous proposer un cocktail équilibré de cinéma social, proche du documentaire, et de mélodrame. Solito pose un vrai regard sur ses personnages et dirige ses comédiens avec talent. Sans mièvrerie, sans tomber dans le glauque, avec une pointe de kitch bien venu et inévitable aux Philippines, il délivre un message d’espoir et de courage.
Le film est riche d’informations sur la vie quotidienne d’un pays que l’on connaît assez peu en occident. On peut être surpris par la façon dont les personnages considèrent l’homosexualité. Dans le dossier de presse, le réalisateur s’explique sur la place de l’homosexualité dans la société et dans le cinéma de son pays : « La société philippine accepte mieux les gays à présent. Je préfère le mot "accepter" que "tolérer" qui implique trop négativement la différence. Dans tout le pays, vous pouvez voir beaucoup de jeunes gays, habillés en femme sans que cela pose de problèmes, même avec leur famille. Peut-être est-ce dû au fait que les anciennes générations philippines croyaient que les meilleurs médiums pour communiquer avec les Dieux étaient les gays : ils possèdent une double sensibilité spirituelle, celle de l'homme et de la femme... Dans les années 70, les personnages étaient des homosexuels oppressés qui ne pouvaient pas s'accepter eux-mêmes. Dans les années 80, les gays au cinéma faisaient pression sur les beaux garçons défavorisés pour qu'ils deviennent des "macho dancers" ou des strip-teaseurs. Enfin, dans les années 90, les homosexuels n'étaient plus que des faire-valoir comiques et hystériques. Dans mon film, je voulais mettre en scène un personnage libéré, aimé pour ce qu'il est. Le fait qu'il soit gay est juste un détail de l'histoire. »
Dans ce genre de film à très petits moyens, qui en plus repose sur les épaules d’un adolescent, le casting pour le rôle principal est essentiel. Le réalisateur avait déjà auditionné plus de cent garçons pour le rôle de Maximo sans être satisfait, lorsqu’il a aperçu deux frères jumeaux, danseurs de hip hop qui se présentaient pour un autre film. L’un deux, Nathan Lopez, avait à la fois le dynamisme et le côté féminin qu’il recherchait. Il est né en 1991 et confesse en interview être un excellent danseur. Les thaïlandais ont pu le voir dans la série télévisée Anghel na walang langit, Mga en 2005 et plus récemment dans Sana maulit muli.
Après un succès inattendu au box-office dans son pays, où il a devancé les grosses productions américaines et hongkongaises, le film a raflé un nombre de prix impressionnant dans les festivals gays, en particulier celui de Berlin où il a reçu le Grand Prix du meilleur premier film, le Prix du public jeune et le Teddy Bear d'Or récompensant le meilleur film du festival. Auraeus Solito a tourné en 2006 son second film, Tuli, au sujet d'un circonciseur et de sa fille, amoureuse de sa meilleure amie. Il a été sélectionné au Festival de Sundance et de Berlin.

L’Éveil de Maximo est la pureté du premier amour d’un garçon de douze ans pour un homme ; confronté à l'horreur et à la corruption des quartiers pauvres, un drame social poignant habillé en un beau mélodrame.

 
L'épanouissement de Maximo Oliveros 1

 

 

 

L'épanouissement de Maximo Oliveros, 3

 

 

 

L'épanouissement de Maximo Oliveros 5
 

 

Bande annonce

 

 

 

 

Voir et télécharger le film ICI

 

ANG PAGDADALAGA NI MAXIMO OLIVEROS (L'ÉVEIL DE MAXIMO OLIVEROS) réédition complétée
ANG PAGDADALAGA NI MAXIMO OLIVEROS (L'ÉVEIL DE MAXIMO OLIVEROS) réédition complétée
ANG PAGDADALAGA NI MAXIMO OLIVEROS (L'ÉVEIL DE MAXIMO OLIVEROS) réédition complétée
ANG PAGDADALAGA NI MAXIMO OLIVEROS (L'ÉVEIL DE MAXIMO OLIVEROS) réédition complétée
ANG PAGDADALAGA NI MAXIMO OLIVEROS (L'ÉVEIL DE MAXIMO OLIVEROS) réédition complétée
ANG PAGDADALAGA NI MAXIMO OLIVEROS (L'ÉVEIL DE MAXIMO OLIVEROS) réédition complétée
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Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée

 

 
 
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Italie, 86 mn, 1992. 

Réalisé par Aurelio Grimaldi. Scénario : Aurelio Grimaldi. image: Maurizio Calvesi, montage: Raimondo Crociani, musique: Dario Lucantoni 

Avec: Francesco Cusimano, Tony Sperandeo, Luigi Maria Burruano, Lucia Sardo, Giovanni Alamia, Benedetto Raneli, Giuseppe Cusimano, Rita Barbanera, Salvatore Scianna, Ignazio Donato, Luciano Venturino

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Résumé
La vie extrêmement dure des mineurs italiens dans les années vingt et en particulier celle d’ un garçon blond de 11 ans dans une mine de soufre de Sicile est le sujet de ce drame affreux et implacable. Le bel Acla (Francesco Cusimano) arrive à l’âge d’accompagner son père et ses deux frères aînés à la mine souterraine de soufre où ils travaillent six jours par semaine pour un salaire de misère. En raison de la chaleur intense ils travaillent presque nus, à la lumière brun-jaunâtre de lanternes qui les transforment en luisants pénitents de l'Enfer de Dante. Le père d'Acla le vend à un de ses collègues mineur. Aux termes de l'accord, Acla est "détenu" par Caramazza (Tony Sperandeo), pendant huit ans, jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge 19 ans. Son travail consiste à charger le soufre extrait par son patron dans des paniers et de les emporter. Parfois, il doit veiller la nuit pour s'assurer que le soufre extrait n'a pas été volé. Alors Acla rêve de mer et d’évasion pour lutter contre l’inhumanité de sa condition... La seule relation tendre de tout le film est entre le frère aîné d’Acla et un autre mineur; on les voit amoureux, les yeux dans les yeux, dansant sous les regards ravis de leurs compagnons... Le travail achevé, les hommes dorment tous ensembles. Dans la mine même, loin de leur femme leur frustration sexuelle les amène à faire l’amour entre eux et souvent ils attirent les garçons avec quelques olives... Comme la transpiration, la sodomie est endémique... Un des mineurs dit d’ailleurs : « On baise les garçons la semaine et nos femmes le dimanche. » Acla ne se laisse toucher par personne malgré les sollicitations incessantes de beaucoup.
Pour échapper à l'étouffement, à la suffocation dans les galeries de la mine, aux violences physiques et sexuelles auxquelles tout le monde se livre par accord tacite, Acla décide de fuir vers la mer qu'il n'a jamais vu...
 



 
L'avis critique
 
  L'habileté du scénario réside dans le fait que plutôt que d'essayer de nous décrire le quotidien de ce microcosme infernal d'une manière frontale, le film se penche sur ces vies à travers les yeux innocents d' Acla dont les seules informations sur le monde extérieur à sa communauté sont glanées à partir des lettres qu'envoie une tante qui a émigré Australie. Ces lettres sont lues à haute voix par Acla à sa famille car il est le seul à ne pas être analphabète. Ces lectures instillent dans l'esprit d' Acla par exemple une vision fantasmée de la mer comme celui d' un lieu de rédemption et d'évasion alors qu'il n'a pas encore vu des images de la mer. Et quand il s'enfuit de la mine et arrive au bord d'un lac, il demande à un pêcheur s'il a atteint l'océan... L'apreté du film fait penser à celle de "1900" qui nous montrait la brutalité dans les campagnes italiennes au début du XX ème siècle.
 
 


 Ce film nous fait entrevoir un monde dont on a peine à mesurer l'obscurantisme; dans une des scènes les plus poignantes du film, on voit plusieurs enfants du village rassemblés. Ils sont effrayés et sanglotent, car il vont être envoyé au loin, dans un pensionnat. La notion de l'enseignement obligatoire semble presque aussi terrifiant pour les mères que pour leurs enfants. Les aspects brutaux de cette vie villageoise sont bien mis en exergue, ainsi les punitions corporelles sévères infligées aux enfants qui seraient aujourd'hui considérées comme de la grave maltraitance. 

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Bien que le sexe soit omniprésent, il est filmé avec discrétion, le réalisateur se contentant de chairs plutôt que d’actions. Extraordinaire cette scène dans laquelle le prêtre du village admoneste sévèrement les mineurs, les traitant de bêtes à propos de l'homosexualité endémique dans la mine, ce qui les fait rigoler...
 


Le réalisateur montre tous les mineurs peu vêtus dans une sensuelle lumière caravagesque. Mais malheureusement certaines scènes sont si peu éclairées que l'on devine plus l'action qu'on la voit vraiment. En outre le point a souvent du vague à l'âme et l'image n'est pas toujours nette.
 
La musique de Dario Lucantoni est emphatique et ne fait que souligner lourdement la noirceur des scènes dans la mine.
Les acteurs bien dirigés sont très convaincants en premier lieu Francesco Cusimano dans le rôle d'Acla.

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Aurelio Grimaldi, scénariste et réalisateur du film, a tourné et écrit une vingtaine d'autres longs métrages, le dernier en 2009, et en particulier un autre film gay, Mery per sempre.
Acla a été édité en dvd en Italie et aux USA.
 

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Ci dessous le film
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée

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L.I.E (Long Island Expressway ) de Michael Cuesta (réédition complétée)

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L.I.E (Long Island Expressway ) de Michael Cuesta (réédition complétée)

 

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USA, 2001, 108 minutes  
Réalisation: Michael Cuesta , production: Michael Cuesta, Linda Moran, Bastian Rene, scénario: Ryder M Stephen, Michael Cuesta, Gerald Cuesta, image: Romeo Tirone, son: Pierre Foldes    

avec: Brian Cox (John Harrigan Big), Paul Franklin Dano (Blitzer Howie), Billy Kay (Terrio Gary), Bruce Altman (Blitzer Marty), Walter Masterson (Scott), James Costa (Kevin Cole), LeFevre Adam (Elliot), Tony Donnelly (Brian), B Constance Barry (Anne Harrigan), Gladys Dano (Voice of Sylvia Blitzer), Brad Silnutzer (Henry), Bob Gerardi (Clifford), Marcia Debonis (Ecole conseiller), Emilio Cuesta (Howie Blitzer à 5 ans) Garvey Ray (le père de Brian), Angela Pietropinto (Mme Cole) 

 
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Résumé
 
Howie Blitzer a seize ans. Il vient de perdre sa mère, qui est morte sur la Long Island Expressway. L'adolescent est incapable de surmonter cette perte. D'autre part son père a rapidement trouvé une remplaçante à sa feu femme. Cette nouvelle maitresse ne prête aucune attention au garçon. Howie fait partie d'une bande qui vole dans les maisons du voisinage dans cette banlieue typique de la classe moyenne américaine. Howie est attiré par l'un des habitants du quartier. Une forte personnalité, Jon Harrigan dit Big John. Une nuit le garçon dévalise la maison de Big John mais ce dernier le surprend. Mais curieusement le laisse partir. Une curieuse relation se développe entre Big John et Howie.
Howie est ami avec Gary qui est un prostitué à la Long Island Expressway. Gary connait John Harrigan, et sait que ce membre respecté du quartier, est aussi un homme attiré par les adolescents. Lorsque le père de Howie est mis en prison  pour avoir mal géré certaines transactions commerciales, Jon Harrigan est le seul à prendre soin de Howie...

L'avis critique
 
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Le titre original "LIE" fait référence à la Long Island Expressway qui est une autoroute et en même temps il est synonyme de mort, celle de la mère de Howie Blitzer, Sylvia, qui y est morte.
LIE  pourrait facilement être confondu avec un film de Larry Clark. Mais ce qui met LIE un cran au dessus des films de Clark c'est la peinture subtile de la relation entre les adolescents et les adultes, relation qui est chez Clark soit absente soit caricaturale.
Le film est avant tout une extraordinaire performance du grand acteur qu'est Brian Cox.  
En raison de la nature sensible du sujet, la pédophilie, de nombreux membre de l'entourage de Brian Cox lui ont conseillé de refuser le rôle du Major John Corrigan. Mais heureusement pour nous et pour lui, il a persisté dans son choix. Paul Franklin Dano est remarquable dans le rôle délicat de Howie Blitzer On a revu ce garçon dans "Little Miss Sunshine" . C'est sa mère, Gladys Dano, dans la vie qui interprète dans le film le rôle de Sylvia Blitzer, la mère décédée Howie que l'on voit dans des flashbacks et dans des séquences de rêve. 
Le réalisateur, qui a fait ses classes en filmant des épisodes de séries fameuses, en particulier de Six Feet Under  dont il a réalisé plusieurs épisodes sans oublier ceux de Dexter et de true blood,a déclaré que le grand thème de son film est la quête de l'identité sexuelle, et l'ambiguïté de l'orientation sexuelle de Howie et que sa relation avec Big John et Gary
 
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forme le noyau autour duquel l'intrigue se développe. 
Pour sa part, Brian Cox lors d'une interview a émis l'avis que son personnage se rendant finalement compte que le potentiel de Howie est tel que cette découverte provoque envers le garçon un sentiment  qui va au delà de son attirance sexuelle pour lui. Une grande partie de l'intérêt du film vient de cette ambiguité et de la modification petit à petit du regard de big John sur Howie. Big John de prédateur éventuel se mue en une figure d'un père alternatif. 

Ce film controversé fait passer son spectateur par des sentiments envers ses personnages et en particulier envers big John qui

 

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ressemble à des montagnes russes. Est il un parfait salaud, un manipulateur qui s'est construit un personnage pour mieux duper son monde et peut être pour commencer par lui même ou est il un homme en pleine rédemption provoqué par l'intrusion dans sa vie de Howie sorte d'ange sauveur?  Big John est un peu comme un charmeur de serpent, capable de manipuler les émotions du spectateur. N'est il pas surtout déchiré entre ses désirs sexuels et le désir sincère d'aider Howie. Big John peut aussi symboliser l'abîme dans lequel il est facile de tomber. Celui-ci peut paraître noble, mais Big John n'hésite pas à expulser son jeune amant Scott. 

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Il est dommage que la toute fin du film entre en contradiction avec tout ce qui l'a précédé, mais cette concession au politiquement correct devait être indispensable pour obtenir le financement pour le tournage.
Certaines parties de ce film ont été tournées sur le site de l'École Harborfields, situé à Greenlawn, dans l'état de New York, près de la Long Island Expressway. 

A sa sortie aux USA, le film a été initialement interdit au moins de dix-sept ans, mais ensuite cette restriction  a été enlevée.

En 2006 Cuesta réalise  son second long-métrage, 12 and Holding. Toujours sur l'adolescence, ce film évoque la relation d'un jeune garçon à la mort.
LIE, 2001, le film

 

LIE, 2001, 1

 

LIE 2001, 3

 

 

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LIE, 2001 6

 

Bande-annonce

 

 

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Sugar, un film de John Palmer

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Sugar, un film de John Palmer
Le sucre, le film

 

 

Sucre, 1

 

 
Sucre, 3
 
Sucre, 2
 

 

Sucre, 4

 

 

 

 

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Sucre, 6

 

Canada, 1h 18, 2004

Réalisation John Palmer, scénario: Bruce Labruce

avec: André Noble, Marnie McPhail, Haylee Wanstall

 

Résumé:

 

Un adolescent Cliff instable qui vit dans une banlieue pauvre et qui s'est toujours senti attiré par les hommes tombe en amitié, comme on dit au Canada d'ou ce film provient, avec Buch un tapineur des trottoirs de Toronto qui l'initie au métier et à la drogue.

 

L'avis critique:

 

Rien nouveau sur les trottoirs, le scénario est convenu et fort mal construit. La réalisation est correcte. Heureusement les deux garçons sont agréable à regarder et jouent avec conviction. Il est à noter que pour un film nord américain, Sugar fait preuve d'une certaine audace.

 

 

 

 

 

Bande-annonce VO

 

 

 

 

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Beefcake, un film de Thom Fitzgerald (réédition complétée)

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Beefcake, un film de Thom Fitzgerald (réédition complétée)

 

 

1998, Canada, 97mn 

réalisation et scénario: Thom Fitzgerald, image: Tom Harting, son: John Wesley Chisholm, Michael Diabo, John Roby, décors et costumes: James A Worthen    
 
 
avec: Daniel MacIvor (Bob Mizer), Joshua Peace (E Neil O'Hara), Jack Griffin Mazeika (rouge), Carroll Godsman (Delia Mizer), Jonathan Torrens (David), Thomas Cawood (Mizer procureur), Dick Sircom (juge) Thom Fitzgerald (Procureur LaFleur), James Robertson (procureur), Glen Deveau (Soldier), Marla McLean (chanteuse de cabaret), Bernard Robichaud (Jukie), Steve Mac Laughlin (LaFleur), Andy Smith (Arhur Bob), James Mac Swain (M. Summers), Timothy Phillips (Bob Mizer à 12 ans), Daniel McLaren, Marc St-Onge, Michael Weir, Marc LeBlanc, Joe Dacey, Mark Burt, Brian Breau, Wayne Bedwell, Aulos Reuben Lee, Larry Dunn, Bobby Lawarance, Brad Allen (eux-mêmes) 


 
 

Résumé

Le film raconte l'histoire de Bob Mizer (1922-1992) depuis ses débuts dans le monde de la photographie érotique masculine, à l'époque camouflée en image de sportifs allibi qui lui servait à éviter la censure. Ces photographies ont été publiées dans des magazines tels qui sont devenus ensuite célèbre comme "Beefcake". Ils  montraient des jeunes hommes attrayants musclés en  des poses athlétiques. Ces revues étaient déguisées en magazines sportifs pour éviter l'homophobieà une époque où la pensée conservatrice régnait en maitre.  
Le film raconte comment Bob Mizer a fini par produire le magazine connu sous le nom de "Physique Pictorial", qui a lancé nus masculins en photographie. Tout au long du film sont mélangé des évènements fictifs avec de autres faits historiques. Les reconstitutions des évènement de la vie du photographe entretiens alternent avec des séquences qui montrent les mêmes protagonistes qui racontent leurs expériences de travail pour ces magazines. Le premier est Joe Dalessandro qui a commencé sa carrière en posant dans les publications de Mizer avant qu'Andy Warhol le remarque. 

L'avis de la critique
  
Le principal problème du film est sa nature hybride ni véritable documentaire sur le monde de ces magazines vendus en théorie en tant que revue de santé et de remise en forme, alors qu'en fait ils étaient lus exclusivement par la communauté homosexuelle qui existait en disimulant dans les années 1950, ni classique biopique de Bob Mizer. Cette partie du film met surtout en scène les événements qui ont conduit à ce que Bob Mizer soit jugé, interviews de stars qui a été perdu. Cela se traduit par le mélange de style très curieux, pas toujours très convaincant mais sans conteste original. On passe de morceaux que l'on pourrait qualifier de sociologique qui traite cette histoire sociale avec sérieux en y incluant tout de même une touche de fantaisie, à d'autres passages qui reproduisent le style voyeur homo érotisme que l'on trouvait dans le magazine "Physique Pictorial".

Il demeure que le film est riche d'enseignement pour l'Histoire des gay. Il dévoile des aspects intéressants sur le monde de la photographie érotique même si l'image présentée de ce milieu est beaucoup plus rose à ce qu'il était en réalité. On a un aperçu de la scène gay américaine des années 50 et de son invention dans la dissimulation. Le montage entre le récit de la vie de  Mizer, etles interviews de personnes qui ont eu des relations directes ou indirectes avec lui, une fois passé la surprise de ce curieux mélange est assez efficace. La reconstitution de l'époque est soignée. Il n'y a pas d'anachronismes flagrand en particulier les costumes sont très réussi mais le plus étonnant est que l'on pourrait croire que les acteurs qui jouent les modèles de Mizer ont fait un voyage dans le temps tant leur physionomie est celle des années 50.

On aurait aimé que Fitzgerald s'attarde un peu plus sur la personnalité de Mizer qui apparait ici bien fallot. Le film est un tantinet hagiographique. Il semblerait que Bob Mizer ne soit pas tout à fait le gentil fils à maman que nous présente Beefcake qui le campe presque en bon samaritain des gentils garçons égarés dans la ville de toutes les perditions que serait Los-Angeles. En fait Mizer était un homme très soigneux. Il notait ses recrues d'une façon aussi explicite que méticuleuse à l'aide d'un code. Entre 1945 et 1992, Bob Mizer a photographié près de 15 000 modèles et réalisé près d'un million de clichés en noir et blanc et en couleurs. Les clichés et les films de Bob Mizer décrivent un univers où la virilité est presque caricaturale et où les modèles aux corps musclés et huilés jouent souvent des situations de domination (esclave/maitre) qui sont prétexte à la bagarre et aux attouchements dans des scène souvent kitsch, ce que reproduit très fidèlement le film.
On peut repérer sur certaines de ses photographies des symboles étranges qui en fait renseignaient les initiés sur le caractère et ce que pouvait proposer le garçon qui exposait ses charmes dans Physique Pictorial. Ces symboles ne sont pas présents dans les premiers numéros. Au fil des publications, à côté des textes accompagnant les photos et faisant une brève présentation de l'état civil des modèles, les mystérieux (pas pour tout le monde) symboles faits à la main apparaissent. voici des exemples ci-dessous de C.V. cryptés de modèles.
 
 
DAVID O'BOYLE
.
Les "grigris" dans le coin bas gauche de la photo explique que le dénommé David O'Boyle est: un prostitué peu cher, que l'on peut sucer, accepte de se faire sodomiser, aime les filles mais ne sait pas très bien ce qu'il veut, croyant, caractère très gentil. (Information récupéré sur le site http://homodesiribus2012.blogspot.fr)
.
Subjective character analysis
Les codes de Bob Mizer
 
Steve Spurgeon and Willie Montalban
 
Selon le code de Bob Mizer, ce sont deux prostitués peu chers, dociles, passifs et qui pratiquent la fellation. Des "lovers"


En haut: Ralph Pfundstein, hétérosexuel, prostitué, peut-être sucé, ne sait pas trop ce qu'il veut. En bas: Jerry Richard, hétérosexuel, prostitué un peu cher, peut être sucé et sodomisé.
 
Dennis Lavia, hétérosexuel, prostitué, peut être sucé, accepte la sodomie.
.
 
On peut penser que Mizer pour être aussi bien renseigné sur les talents sexuels de ses protégés les "essayait"; ce que ni ne montre ni même ne suggère le film qui nous montre un Bob Mizer presque asexué! 
Il aurait été également souhaitable que le montage donne un peu plus d'importance aux confidences des anciens modèles en les interviewant un peu moins gentiment. Enfin il aurait été bon dans une synthèse finale qu'on nous explique l'influence qu'ont eu ce genre de publication dans l'Histoire des gays.
Beefcake est néanmoins un film grâce auquel on apprend beaucoup d'une manière bien agréable.
.
ci dessus le véritable Bob Mizer et ci-dessous quelques pages de Physique Pictorial






 




 
 
Ci-dessous des photos préparatoire prises par Bob Mizer
 
 
 
  
Beefcake, 2
 
 
Beefcake, 6
 
 
Beefcake 1
 
 
Beefcake 5
 
 
Beefcake, 4
 
 
Beefcake, 3

 

Bande-annonce VO

 

 

pour voir le film et le télécharger: ICI

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Defying gravity un film de John Keitel (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Defying gravity un film de John Keitel (réédition complétée)

  

 

 

Fiche technique :


Avec Daniel Chilson, Niklaus Lange, Don Handfield, Linna Carter, Seabass Diamond, Lesley Tesh et Ryan Tucker. 

 

Réalisation : John Keitel. Scénario : John Keitel. Images : Thomas M Harting. Montage : Matthew Yagle. Musique originale : Tim Westergen. Chanson originale : Jon T. Howard.


USA, 1997, Durée : 91 mn. Disponible en VO et VOST.

 


Résumé :

Griff est juste un bon garçon sportif, très populaire sur son campus. Mais il a un grand secret : il aime un autre garçon, Pete ! Pete est le contraire de Griff et il désire avoir une vraie relation au grand jour avec lui. Seulement Griff semble avoir un avenir tout tracé de bon hétéro. Quand Pete est victime d'une agression homophobe, son ami en est le seul témoin. Il doit alors choisir entre abandonner celui qu'il aime ou révéler l'identité des agresseurs de son amant et faire face aux conséquences de son choix. À cette occasion, Griff va être amené à prendre conscience de ses désirs et les avouer à tous...
 
L’avis critique
 
Les vingt premières minutes sont consacrées à un panorama de la « beaufferie » estudiantine américaine, digne du plus calamiteux des teen movie. C’est mollement réalisé et grassement interprété, à l’exception des deux acteurs principaux qui font preuve d’une louable sobriété, bien que paraissant un peu trop âgés pour leur rôle. Puis on nous dévoile, mais nous l’avions supputé dès le début, que le plus mignon de la fraternité, Griff, en pince pour Pete, un étudiant qui semble moins rustique que la moyenne. En pré-générique, on a découvert au petit matin, Griff quitter avec discrétion un lit dont on n’a pas aperçu l’autre locataire, mais il ne fallait pas être bien malin pour se douter que ce n’était pas une jeune fille... 
On reconnaîtra sans mal le thème de Get real (1999), le garçon populaire et sportif amoureux en cachette du bon élève sensible du lycée, avec la bonne idée de voir, cette fois, cet amour du côté du sportif. Hélas, la comparaison avec Get real est catastrophique pour le film américain ; autant le film britannique parvenait à nous émouvoir et nous faire entrer dans la psychologie de ses protagonistes, autant nous restons totalement extérieurs à Griff et Pete que le cinéaste ne réussit jamais à faire vivre à l’écran avant l’annonce de l’agression de Pete. Il a la bonne idée de ne pas nous la montrer ; nous l’apprenons en même temps que le héros par un flash d’informations télévisées.
Les choses s’améliorent (cinématographiquement parlant) après l’agression de Pete. La narration se recentre sur les états d’âme de Griff alors qu’elle s’était trop dispersée dans la première partie. Si l’on ne peut être que touché par cette histoire, c’est bien malgré la langueur extrême du filmage qui étire chaque scène, ce qui est un comble puisque l’activité habituelle de Keitel est le montage ! Defying gravity est sa seule réalisation à ce jour. 
Pourtant le film ne manque pas de bonnes idées scénaristiques, comme celle de traiter le processus d'acceptation de son homosexualité par Griff en touches successives à travers les yeux de Todd, son meilleur ami hétérosexuel. Comme également celle de montrer par les regards envieux que Griff porte au couple formé par Todd et sa copine combien il aimerait être à leur place, être hétéro ou vivre son amour au grand jour… L’ambiguïté n’est levée qu’à la toute fin.Defying gravity n’est pas lourdement militant comme certains films qui suggèrent fortement qu’il n’y aurait pas de salut hors la relation homosexuelle. On lui reconnaîtra aussi une vertu documentaire pour les spectateurs de chez nous, celle de nous faire pénétrer dans ces fraternités étudiantes – concept totalement étranger à l’esprit français.
La plupart des acteurs étaient de complets débutants lors du tournage, qui n’a duré que treize jours, sauf Don Handfield qui était déjà apparu dans le court métrage gay de Mosvold, Forsaken.Si Daniel Chilson (Griff) n’a pas récidivé, Niklaus Lange qui joue efficacement son meilleur ami hétéro fait depuis une petite carrière.  
Les bonnes intentions ne font pas forcément de bons films. Il reste que Defying gravity finit par emporter l’adhésion à force de sincérité.
 
 

 

Defying Gravity 1
 
 
Défiant la gravité, 2
 
 
Défiant la gravité 7

 

 
Défiant la gravité, 3
 
 
Défiant la gravité 5
 
 
 
Défiant la gravité, 6
 

 

Bande annonce

 

 

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Notre paradis, un film de Gael Morel (réédition complétée)

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Notre paradis, un film de Gael Morel (réédition complétée)

 

 

France, 100 mn, 2011

Réalisation: Gael Morel, scénario: Gael Morel, Photographie: Nicolas Dixmier, Musique: Camille Rocailleux, Montage : Catherine Schwartz

Avec: Stéphane Rideau, Béatrice Dalle, Dimitri Durdaine, Didier Flamand, Jean-Christophe Bouvet, Raymonde Bronstein, Malik Issolah, Mathis Morisset  

Résumé

Vassili (Stéphane Rideau), 33 ans est un prostitué aux pulsions criminelles qui voit son commerce décliner en raison de son âge avancé pour son activité. Une nuit il trouve un jeune homme inanimé, (Dimitri Durdaine) dans le Bois de Boulogne. Il vient de se faire tabasser. Vassili le recueille chez lui. Amnésique à son réveil, le jeune homme est rebaptisé Angelo par son protecteur. Les deux hommes, devenus complices et amants, se prostituent ensemble et volent leurs clients. Mais peu à peu, l’étau se resserre suite aux menaces de représailles; le couple doit fuir Paris précipitamment. La cavale commence…

L'avis critique

Gael Morel dans tous ses films montre des qualités rares dans le cinéma et en particulier dans le cinéma français, celle de la sincérité un don pour esthétiser les corps masculins et surtout celle de filmer avec réalisme et conviction les classes populaires. On peut penser que ce dernier don lui vient de ses origines. Ce qui fait que d'emblée on croit à l'existence des deux paumés qu'il met au centre de son récit. Mais la médaille a son revers, aussitôt qu'il s'éloigne de son milieu, le cinéaste empile les clichés. Pour tous les cinéphiles, le nom de Gael Morel est associé à celui de Téchiné qui l'a fait découvrir en tant qu'acteur dans un de ses films les plus connus, "Les roseaux sauvage" et aussitôt que l'on ajoute au nom de Téchiné, le mot de prostitution, c'est le titre d'un autre film du réalisateur qui remonte du fond de notre mémoire, celui de "J'embrasse pas". L'atmosphère glauque de "notre paradis" qui n'est pas sans rappeler celle de "L'homme blessé" nous ramène aux années 80 où le seul horizon cinématographique possible de l'homosexualité semblait être la prostitution. Même les membres les plus revendicatifs de la mouvance gay devraient convenir que cela ne reflète guère la réalité d'aujourd'hui, surtout à Paris. Sur ce point le cinéaste dans une interview réfute cette critique, que je maintiens néanmoins: << Au cinéma et dans les séries (Plus belle la vie,Avocats & Associés), elle est vécue par des hommes qui travaillent, rentrent chez eux le soir, etc. Alors que, même si c’est le cas, leur réalité sexuelle, là où la télé ne peut jamais aller, est très différente : boîtes innombrables, lieux de drague. j'ai intention de proposer à un public homo de se reconnaître dans un personnage mauvais>>. On pense également au film de Claire Denis "J'ai pas sommeil", aussi peu psychologique que celui-ci.

La première scène, un numéro de cabotinage grandiose et pitoyable de Jean-Christophe Bouvet met d'emblée mal à l'aise. L'inconfort ne quittera plus le spectateur.

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Ne voulant, ou plutôt ne pouvant pas, donner d'épaisseur psychologique à ses personnages, Le passé et les motivations de Vassili ne sont jamais explicités, on peine à croire à l'amour fusionnel de Vassili et d'Angelo et encore plus que le premier puisse pousser le second vers le crime.

Le film est à la fois un film de serial killer (vous remarquerez qu'heureusement, on dénombre beaucoup plus de films sur les serial Killer que de serial killer), la peinture d'un amour fou entre deux garçons et la chronique sur la prostitution masculine qui est malheureusement filmé d'une façon naturaliste en regard de l'image peu crédible, car univoque, qu'il donne de la communauté homosexuelle.

Les meilleurs scènes du films sont celles sur l'intimité du couple. Je regrette que le cinéaste ne se soit pas contenté d'un quotidien épuré d'un romanesque bon marché. Il faudrait que les cinéastes comprennent, surtout lorsqu'ils savent bien filmer comme gael Morel, qu'il n'est pas nécessaire pour intéresser le spectateur de truffer leurs films de crimes ou de pyrotechnie, un Mike Leigh par exemple l'a compris... Sur le vieillissement d'un homosexuel, Jacques Nolot sans romanesque extravagant avec  AVANT QUE J’OUBLIE a réalisé un film beaucoup plus convaincant que celui de Morel.

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Le véritable problème de Gael Morel est qu'il a voulu tourner un scénario qu'il a écrit ce qu'il ne sait pas faire. Outre les multiples invraisemblances de cette histoire de nombreuse séquences semblent n'avoir pas grand chose à voir avec l'histoire principale comme cette visite à chez une ex-petite amie de Vassili, mère célibataire d'un enfant à problèmes qu'ils vont embarquer dans leur cavale, qui vient comme un cheveu sur la soupe.

En revanche une autre séquence est bien amené, celle de la visite chez le docteur, joué par Roland Copé , lorsque ce dernier ouvre son réfrigérateur, je me suis demandé si l'on allait pas bifurquer vers une histoire à la Poppy Z. Brite... 

 On retrouve dans "Notre paradis" un thème qui obsède le réalisateur, la perte de la jeunesse. Il est le centre caché du film. D'une manière plus ou moins ténu on peut le retrouver dans presque tous ses films comme dans "Après lui" par exemple. 

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Si comme le disait fort justement Paul Valery à propos de Degas pour un peintre dessiner c'est caresser, pour Gael Morel filmer le corps d'un garçon, c'est aussi le caresser.

Techniquement le film est soigné, montage nerveux, cadre soigné, souvent inventif avec quelques beaux contrejours, bien sûr sur le corps de Dimitri Durdaine, mais aussi lorsque le cinéaste filme la nature ou Paris (la leçon de Christophe Honoré?) , éclairage de même, avec des alternances réussies de séquences sombres suivie de lumineuse, bonne utilisation des décors.

 

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Il y a un autre don que possède Gael Morel et que j'ai ommis de mentionner dans le chapeau de ma critique, c'est l'excellence de sa direction d'acteur, si les qualités de comédien de Stéphane Rideau ne sont plus à démontrer, je conseille à ceux qui pensent que l'acteur n'est convaincant que dans les rôles de jeunes prolos, de voir le téléfilm dans lequel il incarne Georges Brassens; il est sensationnel! En revanche ce que le cinéaste parvient à faire faire au débutant Dimitri Durdaine est époustouflant. Le jeune acteur est la révélation du film, espérons que le cinéma français, si frileux envers les acteurs atypiques saura l'utiliser. Le choix de Dimitri Durdaine ne doit pas être étranger à la présence sur le film de Jacques Grant, grand directeur de casting, pour Téchiné notamment, que j'ai reconnu en client suceur et pingre.

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Si ce film est en grande partie raté, uniquement à cause de son scénario et ce ne sont pas les dialogues qui l'améliorent, il n'en reste pas moins qu'il est heureux qu'existe encore, pour combien de temps (?) de tels films dans le paysage formaté (principalement par les télévisions, aucune télévision a accompagné son film) du cinéma français. Le film a été interdit au moins de seize ans.

Il est dommage qu'à une histoire de pacotille, à laquelle on ne croit pas, Gael Morel n'est pas préférer filmer le quotidien d'un prostitué vieillissant. Il y a la matière de faire un film autrement plus vrai et touchant que ce paradis frelaté, surtout lorsque l'on a sous la main un acteur de la trempe de Stéphane Rideau.

 

Nota: Je voudrais remercier, Alain, un de mes rares commentateurs qui m'a remis en mémoire ce film que j'avais raté en salle en raison de son passage éclair sur les écrans.

 



















 

Notre paradis, 3
 
 
Notre paradis, 2
 
 
 
Notre paradis 1
 
 
 
Notre paradis, 4
 
 
 
Notre paradis, 6
 
 
 
Notre paradis 5
 
 
 
Bande-annonce VO
 
 
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Pour retrouver les films de Gael Morel sur le blog: Notre paradis, un film de Gael Morel (réédition complétée), 



 

 

 

 

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PRAYERS FOR BOBBY (BOBBY SEUL CONTRE TOUS) réédition complétée

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PRAYERS FOR BOBBY (BOBBY SEUL CONTRE TOUS) réédition complétée

 

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Fiche technique :

Avec Sigourney Weaver, Austin Nichols, Carly Schroeder, Ryan Kelley, Henry Czerny, Dan Butler, Scott Bailey, Linda Boston, Susan Ruttan, Melanie Wilson, Dan Wells, Lauren Mae Shafer, Sam Logan Khaleghi, Ele Bardha, Ber Fox, William C. Fox, Jeff Fryer, Kyle Clarington, Shannon Eagen, Brent Mata, Rebecca Louise Miller, Rusty Mewha, Billy Whitehouse, Marshall McClean, David G.B. Brown, Alyssa McMillan, Chris Hendricks, Tevis R. Marcum, Axel Harney, Patrick Michael Kenney, Madge Levinson, Steve Jasgur, Sean Scarlett, Jaime Moyer, Anna Badalamenti, Anthony Moscato, Hadas Corey, Amanda Ryskamp, Julia Mogerman, Rusty Daugherty et Janice O'Neill. Réalisation : Russell Mulcahy. Scénario :  Katie Ford, d’après le livre de Leroy Aarons. Images :  Thom Best. Musique :  Chris Ward. Montage:  Victor Du Bois.

USA, 2009, Durée : 90 mn. Bientôt disponible en DVD Zone 2, VO, VOST et VF (octobre 2010).

 

 

 

Résumé :

Au début des années 1980, à Walnut Creek, au nord de la Californie, Mary Griffith (Sigourney Weaver) est une chrétienne dévote qui élève ses enfants selon les enseignements conservateurs de l'église presbytérienne. Cependant, quand Bobby (Ryan Kelley), le plus jeune de ses fils, un garçon angélique de 17 ans, confie à son frère aîné Ed (Austin Nichols) qu’il est peut-être gay (car il rêve de garçons, pas de filles !), la vie change pour toute la famille. La mère enquête et a bientôt la conviction que son fils est gay. Tandis que le père de Bobby et le reste de la famille acceptent lentement le fait que Bobby soit homosexuel, Mary refuse cette évidence qui la désespère car d’après les écriture Bobby serait condamné aux flammes éternelles.

 

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Elle estime que si Bobby n'est pas « guéri » de son homosexualité, la famille ne sera pas ensemble dans l'au-delà. Elle commence une campagne visant à "guérir" son fils. Elle affiche des passages des Écritures sur le miroir de salle de bain. Elle le force à participer à des séances de thérapie. Elle est persuadée que Dieu peut guérir son fils de ce qu’elle considère comme une maladie.

 

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Elle persuade Bobby de prier plus fort et de rechercher une consolation dans des activités ayant trait à son église. Dans l’espoir de changer, et surtout devant le désespoir de sa mère, Bobby fait ce qu’elle lui demande. Mais son rejet par l’église en raison de son homosexualité fait que le garçon se renferme de plus en plus sur lui-même. Il culpabilise devant la peine qu’il inflige à sa mère. Bientôt, il s’abime dans une dépression qui le conduit au suicide.

 

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Confrontée à cette tragédie, Mary commence à remettre en cause sa foi quand elle ne reçoit pas de réponses de son pasteur au sujet de son deuil dévastateur. Par un long et douloureux cheminement, Mary intègre lentement la communauté gay où elle découvre un réconfort inattendu. Finalement, de façon posthume, Mary acceptera l’homosexualité de son fils et deviendra alors une militante des droits des gays aux USA.

 

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L’avis critique

Peu de choses m'agace autant que de voir apparaître au début d'un film une phrase telle que « d'après une histoire vraie » ou quelque autre texte approchant. Je vois dans cette augmentation indéniable des films tirés de faits et de personnages ayant existés, un signe évident de notre décadence. Car ce manque de confiance dans la fiction sape les fondements d'une civilisation bâtie sur des mythes qui n'est qu'un autre nom de la fiction...

 

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Or donc Bobby seul contre tous (Prayers for Bobby) est basé sur le livre américain éponyme de Leroy Aarons ; les noms propres n'ont même pas été changés. Les producteurs expliquent leurs motivations : « Le livre Leroy Aarons a changé l’état d’esprit d’innombrables personnes et a ainsi sauvé des centaines de vies depuis qu'il a été édité. Nous espérons que le film, puissant, continuera à faire changer les mentalités et à rendre justice à la mémoire de Bobby Griffith. »

 

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Dire que le film n’est pas révolutionnaire dans sa mise en scène est un euphémisme, mais la réalisation est efficace. Même s’il est dommage que parfois Mulcahy gâte cette efficacité par un petit nombre de fioritures inutiles. Même si l’on comprend bien qu’il utilise ces astuces pour accentuer avec sa caméra notre empathie pour la détresse émotionnelle de Bobby. Stratagème qui lui évite un long discours explicatif en voix off. Le scénario n’évite pas les clichés (le frère, joueur de football américain, par exeple), néanmoins tout sonne juste en particulier les dialogues dont l'intervention de la mère devant le conseil municipal qui est très forte.

 

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Il faut resituer historiquement le drame. Le scénario couvre trois années. Le film commence en 1979, époque où l’homosexualité était au cœur d’un débat aux USA qui posait la question de l’acquis et de l’inné des préférences sexuelles. On peut penser d’autre part qu’en 1979, l’homosexualité était moins bien perçue aux USA qu’aujourd’hui, même si la récente controverse sur la proposition 8 en Californie pourrait nous faire penser le contraire...

 

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Le talent de Sigourney Weaver, qui a rencontré la vraie Mary Griffith, et celui des autres acteurs (en particulier de Ryan Kelley qui défend son personnage avec beaucoup de sensibilité) parviennent à nous faire oublier le didactisme du film. On comprend bien que le film a d’abord été fait à l’usage des parents de jeunes gays. Interrogée sur l’opportunité d’une prestation dans un téléfilm (ce sont ses débuts à la télévision), Sigourney Weaver a déclaré que plus de gens sont susceptibles de voir ce téléfilm que n’importe lequel des films de cinéma qu’elle a tournés auparavant. Il est amusant en regard de leur navrante programmation habituelle de remarquer que M6 ait passé ce film à 13h 30 un lundi, sans doute pour éduquer la ménagère de moins de cinquante ans oisive ! On peut toutefois penser que le diffuser à 20h30 aurait été bien plus courageux...

 

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S’il est normal qu’en raison de sa notoriété on se focalise sur Sigourney Weaver, il ne faudrait pas oublier les autres acteurs presque tous chevronnés, même les plus jeunes, et en particulier Ryan Kelley qui est loin d’être un inconnu… que l’on se souvienne de l’excellent Mean Creek de Jacob Aaron Estes et plus récemment Lettres d’Iwo Jima de Clint Eastwood. Il retrouve Carly Schroeder qui incarne la sœur de Bobby et qui jouait également dans Mean Creek.

 

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Qu’un tel film ait eu beaucoup de mal à se monter dénote d’une homophobie certaine du milieu cinématographique américain. Sigourney Weaver avait déjà essayé de monter l’affaire dans les années 1990. Elle est aujourd'hui productrice associée sur le film. Le producteur principal, Daniel Sladek, depuis sa découverte du livre en 1997, a du batailler ferme pour y parvenir. Il y a eu un autre projet qui a avorté avec NBC avec Susan Sarandon dans le rôle de Mary Griffith. En 2000, une autre tentative a également échoué. Le film a été pensé dès sa mise en œuvre pour essayer de rafler des Emmy Awards.

 

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Le réalisateur, Russell Mulcahy, est l’auteur du premier Highlander. On lui doit aussi des épisodes de Skins et Queer as Folk.

 

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La diffusion du film, le 24 janvier 2009, a fait grand bruit aux USA. Il a été vu par beaucoup d'associations LGBGT comme un modèle pour la lutte contre l'homophobie. L’équipe du film a participé à un gala du Trevor Project (une association fondée par James Lecesne qui vient en aide aux jeunes LGBT).

 

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Un film militant qui réussit à être émouvant et qui dénonce l’obscurantisme religieux et la bigoterie. Il devrait être montré obligatoirement à tous les parents qui envisageraient de renier leur enfant s’il était gay.

 

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Un film dans la lignée de Milk.

 
Prières pour Bobby, 2

 

 

 

Prières pour Bobby, 3

 

 

 

Prières pour Bobby, 4

 

 

Bande annonce

 

 
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Sin Destino de Leopoldo Laborde (réédition augmentée)

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Sin Destino de Leopoldo Laborde (réédition augmentée)

 

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Mexique, 1999/2002, 1H37.

réalisation: Leopoldo Laborde, scénario: Leopoldo Laborde, montage: Leopoldo Laborde, image: Bruno Cazarin

avec: Fransisco Rey (Fran), David Valdez (David), Roberto Cobo (Sebastian) Sylvia Vilchis (Perla) Mariana Gaja (Angelica) Roberto Trujillo (le Client) Malenski Ruiz (Fran, Enfant)
 
Résumé

Sin Destino est avant tout le portrait de Francisco/ Frank ( Fransisco Rey ) dont on suit la destinée. Francisco est un garçon très mignon de 15 ans qui vend son corps à des hommes dans les rues de Mexico depuis qu’il a eu sa première relation sexuelle lorsqu’il était âgé de neuf ans avec un pornographe âgé, Sebastian ( Roberto Cobo ). Celui-ci a attiré chez lui le garçon alors qu’il lavait les pare brise des automobiles stoppées à un feu rouge. Francisco se prostitue pour manger mais surtout pour s’acheter sa coke. Son dealer, David ( David Valdez ), qui tapine également, est aussi son meilleur ami. David voyant que Francisco est de plus en plus paumé et confus sexuellement, Francisco est hanté par les images de sa relation sexuelle avec Sebastian, l’incite à faire l’amour avec une femme. Il lui propose de lui “prêter” sa copine, Perla ( Sylvia Vilchis ), elle aussi prostituée. Mais pour la première fois Francisco ressent une attirance sexuelle pour une femme, une belle jeune fille blonde ( Mariana Gaja ) qu’il a aperçu lorsqu’elle étendait sur une terrasse voisine du squat qu’il habite. Concomitamment, Sebastian après six ans d’absence réapparaît dans la vie de Francisco...

L’avis critique
 
“Sin destino” appartient, ce qui est presque un sous genre du film gay, les films sur la prostitution masculine. Le film est avant tout le portrait d’un de de ces garçons, un peu comme l’est “John” mais d’une facture toute différence. Avec une grande différence par rapport aux films américains, c’est filmé heureusement sans aucune pudibonderie et l’on se régale de la plastique du jolie Fransisco Rey qui interprète avec beaucoup de naturel le rôle principal même si le réalisateur privilégie outrageusement les relations hétérosexuelles par rapport à celles homosexuelles.

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Le grand souci sur ce film c’est le parti pris de mise en scène qui aboutit à une esthétique assez proche du “Mala noche” de Gus Van Sant. Je dois dire que la prétention auteuriste du cinéaste m’agace particulièrement et vouloir expliquer qu’il a tourné en noir et blanc pour rendre hommage à Luis Buñuel car “Sin destino” s’inspire de Los Olvidados est à la vision de son film ridicule. L’ alibi du très petit budget ne tient pas plus. Il faut rappeler qu’aujourd’hui tourner en couleur n’est pas plus cher qu’en noir et blanc, bien au contraire (du moins en France, mais je serais surpris qu’il n’en soit pas de même au Mexique). Le film est tourné à la fois en 16 mm et en super VHS pour les séquences en couleurs. Je dois dire que d’emblée le choix du noir et blanc surtout quand celui-ci, comme c’est le cas ici est passablement pourri est une coquetterie qui m’irrite. Son noir et blanc souvent trop contrasté quand il n’est pas brûlé est charbonneux. Car c’est à la fois être poseur et ce procédé cri attention regardez moi, je fais de l’art et c’est aussi un peu faux cul par rapport au sujet et aux images que l’on voit. L’inévitable distance qu’instaure le noir et blanc veut aussi implicitement signifier moi je film le sexe d’adolescents filles et garçons (tous très jolis) mais je ne suis pas un voyeur, que non, je suis un artiste... néanmoins de nombreux plans débordent de sensualité... On sent que Laborde tout comme Larry Clark éprouve un réel plaisir à filmer les jeunes corps nus des protagonistes de son film.

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Leopoldo Laborde aggrave son cas en faisant des inserts couleur pour visualiser les rêves et les trips de cocaïne de son héros, (il doit sûrement confondre cocaïne et L.S.D.!). Le très instructif making of, lui filmé en couleur nous montre ce qu’aurait pu être le film en couleur et en voyant ces images on ne peut qu’avoir des regrets quant au choix du cinéaste. A ce propos il faut noter l’excellence de l’édition du dvd chez l’éditeur américain TLA. Le making of est remarquable et les scènes coupées (souvent pour des considérations techniques) commentées par le réalisateur sont éclairante sur les conditions de tournage et de post production ainsi que sur la personnalité du cinéaste.

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On regrette encore plus ce mauvais noir et blanc que la caméra, presque toujours portée, est maniée avec beaucoup de dextérité et surtout de fluidité impression encore renforcée par un montage habile. L’image est souvent bien composée. Si le réalisateur est parfois inventif, il a aussi souvent la main lourde lorsqu’il veut traduire en image ce qui se passe dans la tête malade de Francisco. Mais dans ce domaine le pire est le son subjectif sensé rendre l’état du garçon lorsqu’il se drogue. Le résultat est aussi ridicule qu’insuportable pour les oreilles.

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L’ hétérogénéité du film est très déstabilisante pour le spectateur. On passe, sans guère de transition, de scènes presque documentaires, ce sont les meilleures en particulier celles entre Francisco et David aux dialogues très juste et qui paraissent spontanées, à des séquences de pur mélodrame. Le jeux des acteurs sont eux même très hétérogène, si les jeunes jouent avec un naturel étonnant, Roberto Cobo dans le rôle de Sebastian, le pervertisseur, il jouait déjà dans Los Olivados, roule des quinquets comme on le faisait à l’apogée du cinéma muet expressionniste. Ce hiatus entre le jeux des jeunes acteurs et celui être sensé représenter la figure du corrupteur ne semble pas être une maladresse de direction d’acteur mais voulu et assumé. Le résultat est pour le moins curieux. Quant aux séquences oniriques, elles ont un petit coté David Hamilton sous acide...

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Autre rupture, cette fois de point de vue, dans le regard du réalisateur sur Sebastian. Au début du film il nous est présenté comme la caricature du vieux vicelard, ce qui d’après le cinéaste dans l’interview du making of n’a pas été sans conséquence en ce qui concerne l’accueil du public gay de “Sin destino”, alors que plus tard lors de ses retrouvailles avec Francisco au hasard des trottoirs de Mexico, il nous apparaît comme réellement amoureux du garçon. Ce qui est d'autant plus troublant que dans leFlashbacks nous montrant la rencontre entre Francisco enfant et le pornographe on peut comprendre que Sebastian a fait pendant un certain temps de l'enfant une sorte d'esclave sexuel, avant que le garçon puisse s'enfuir. Rien est dit dans le film sur la famille de Francisco qui semble sorti du bitume des rues de Mexico! L’ambiguité des personnages principaux, David, Francisco, Sebastian est d'ailleurs une des richesses du film.

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Leopoldo Laborde (photo ci-dessous) est né en 1970 au Mexique. Cet autodidacte du cinéma est aussi un véritable athlète du 7 ème art à la fois metteur en scène, scénariste et monteur. Il a tourné son premier film amateur dés 11 ans. De 1988 à 1995, il a tourné 4 longs métrages avec une caméra vidéo non professionnel. En 1997 il réalise son premier film en 35 mm, Angeluz, une sorte de film fantastique de série Z qui est devenu par la suite un film culte au Mexique. Sin destino est tourné en 1999 mais sera véritablement terminé qu’en 2002. Depuis il a poursuivi sa carrière avec deux autres films, en 2005, “Enemigo” et en 2007 “Moradas”. Dans ces deux films on retrouve devant la caméra Roberto Cobo.
 




Je voudrais revenir sur les déclarations du cinéaste dans l’excellent making of du dvd, non moins, je le répète, excellent. Ce qui frappe d’abord c’est la naïveté de Leopoldo Laborde qui s’étonne de l’accueil parfois négatif qu’a reçu son film et cela d’horizons divers. Il n’est pourtant pas difficile d’imaginer qu’un film présentant la prostitution d’adolescents à Mexico comme à la fois endémique et la seule solution pour ces garçons pour survivre n’enchante pas les autorités mexicaine. Normal aussi qu’un film d’une facture aussi underground ne draine pas d’emblée un large public. Pas plus surprenant non plus qu’une partie de la communauté gay perçoive Sin destino comme un film anti homosexuel. Puisque on nous fait comprendre que si Francisco est devenu ce qu’il est devenu (et je ne peux pas en dire plus sans déflorer le scénario) c’est parce qu’il a été abusé sexuellement lorsqu’il était encore qu’un enfant par Sebastian. Autre idée sous jacente qui provoque le malaise, Sebastian, le pervers, même si c’est beaucoup plus ambiguë que cela dans le film et cette constante ambiguïté de tous les protagonistes n’est pas sans augmenter la gène que l’on ressent à la vision de Sin destino, est clairement identifié comme l’espagnol. On peut comprendre que seul un étranger et qui plus est un blanc peut corrompre le mexicain métisse, les deux charmants garçons que sont Francisco et David sont assez brun de peau...

Sin destino, très librement inspiré de “Los olivados de Luis Bunuel est un essai original et dérangeant à plus d’un titre, pour traiter des sujets aussi difficiles que la pédophilie et la prostitution masculine avec des parties pris cinématographiques radicaux. Cet aspect formel underground n’ annihile pas complètement heureusement ni la sensualité des corps ni l’émotion que l’on éprouve pour Francisco malgré une fin proche du ridicule.
Fateless, le film
 
 
Fateless 1
 

Fateless, 2
 
 
Fateless, 3
 

Fateless 5
 

Fateless, 6
 
Bande-annonce VO
 
 
Voir le film et le télécharger ICI
 

Publié dans cinéma gay

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