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403 articles avec cinema gay

THIRD MAN OUT

Publié le par lesdiagonalesdutemps

   

 

Fiche technique :


Avec Chad Allen, Sean Carey, Moneca Delain, Woody Jeffreys, Jack Wetherall, Kirsten Williamson et Matthew Rush. 

 Réalisation : Ron Oliver. Scénario : Mark Saltzman, d’après le livre éponyme de Donald Stevenson. Directeur de la photographie : C. Kim Miles. Montage : Tony Dean Smith. Musique : Bill Buckingham et Ronnie Way.


USA, 2005, Durée : 98 mn. Disponible en VO et VOST.

Résumé :


Don Strachey (Chad Allen), un détective privé gay, est contacté pour enquêter sur la tentative de meurtre commise à l’encontre de John Rutka (Jack Wetherall), un journaliste du Web gay, qui s’est fait une foule d’ennemis en « outant » des personnalités qui auraient bien aimé que leur homosexualité restât secrète. Rutka a été blessé par balle dans son propre salon, puis visé par un cocktail Molotov, mais Strachey, qui n’a jamais approuvé ses méthodes, le soupçonne d’avoir mis en scène lui-même ces agressions avec l’aide de son petit ami. Il commence par refuser l’enquête que voudrait lui confier John Rutka. Toutefois, lorsque Rutka est enlevé, assassiné et brûlé dans une grange de la région, le limier s’en veut d’avoir refusé d’enquêter sur ces menaces. Un peu tard, au prix de sa sécurité et de celle de son compagnon, le détective cherchera le coupable parmi les gens sur lesquels le journaliste quinquagénaire accumulait des dossiers agrémentés de photos compromettantes (notables locaux, prêtres soupçonnés de pédophilie, politiciens de droite...)


L’avis critique

 
Donald Strachey, détective privé homosexuel, est le héros des sept romans écrits entre 1981 et 1996 par Richard Stevenson. L’enquêteur vit en couple avec l’attaché politique d’une sénatrice, à Albany, État de New York. Albany a été le décor des romans d’un écrivain plus célèbre, William Kennedy.
Le roman adapté ici était le quatrième de la série. La critique évoque le sens de l’humour de cette série policière mais cela se retrouve fort peu à l’écran. Humour très au premier degré, comme le sont les emprunts visuels et musicaux au cinéma noir des années cinquante. La musique est omniprésente et toujours lourdement signifiante.
Toute l’équipe, à commencer par le réalisateur Ron Oliver, est issue du monde de la télévision. À l’exception d’une vraie vedette porno, Matthew Rush, dans une fugitive apparition nous gratifiant de sa nudité pile et face aussi appétissante qu’inutile pour la progression du scénario, tous les autres acteurs sont de vieux routiers des séries. On reconnaîtra dans le rôle de l’ambigu Rutka, Jack Wetherall, qui incarnait l’oncle Vic dans la série culte Queer as Folk – dont Ron Oliver a réalisé un épisode, où il était beaucoup plus convaincant que dans ce film. Chad Allen, ex-interprète de Matthew Cooper, dans Docteur Quinn, femme médecin, est l’un des rares acteurs américains ouvertement gays, l’amusant est qu’il a été victime lui-même, il y a quelques années, d’un outing. En 1995, en plein tournage de la série Docteur Quinn, femme médecin, un tabloïd américain diffuse une photo de l'acteur embrassant un garçon dans une piscine. Il est alors forcé de révéler son homosexualité. Depuis, tout en poursuivant sa carrière d'acteur et de producteur de pièces de théâtre, il est devenu un activiste gay important, récoltant de l'argent pour de nombreuses causes gays. Malheureusement il n’a pas les épaules, au sens propre comme au sens figuré, pour incarner le détective vedette d’une série. Il a au moins le mérite de ne pas surjouer comme la quasi totalité de la distribution…
Une suite, Shock to the System, a déjà été tournée par la même équipe et un troisième épisode est en préparation !
L’intrigue est plutôt convenue mais elle est scénarisée de manière assez efficace, ce qui maintient l’intérêt jusqu’au dernier quart d’heure, où l’histoire s’avère moins superficielle qu’on pouvait le croire.

Third Man Out  est produit par Here!, la première chaîne gay américaine. Elle a déjà produitDante's Cove et Hellbent ! Il ne dépare pas, malheureusement, le reste du catalogue de cette chaîne qui brille par sa médiocrité. La réalisation est plate et si les images sont propres et lumineuses, on n’y décèle pas une seule idée de mise en scène. Le principal défaut du film réside dans la mollesse du montage qui étire chaque scène, ce qui est un comble pour un film policier.
Peu original est ce volontarisme très marqué d’inscrire l’intrigue dans un groupe emblématique d’une époque et de la faire coller avec un fait de société à la mode, ici l’outing. Dans notre bonne vieille télévision hexagonale, il y a près de cinquante ans, Les Cinq dernières minutes ne faisait pas autre chose.
Je déplorais, dès sa naissance, que PinkTv ne s’engage pas dans la production, se contentant de diffuser des œuvres produites par d’autres, et n’achetant même pas des fictions étrangères si elles n’avaient pas été déjà traduites par ailleurs, en somme faisant presque toujours son marché seulement en France et payant que chichement les producteurs. En voyant les programmes produits par son homologue américaine, on est presque satisfait que la chaîne française se soit montrée, pour l’instant, aussi frileuse en terme de production. 
On se demande ce qui domine chez l’éditeur dvd français, Optimale, lorsqu’il appose sur le facing de la jaquette : « PREMIER POLAR GAY » : la malhonnêteté ou l’ignorance ? Par charité chrétienne, choisissons l’ignorance. Rappelons-lui que les estimables River made to drown in(dvd Studio Canal), In the flesh (dvd BQHL), Endgame (dvd Antiprod), Like it is (dvd BQHL)... et que l’exceptionnel No night is too long sont aussi des polars gays, tous antérieurs au film qu’il édite, par ailleurs de manière professionnelle, avec un bon making of….
Si vous aimez les détectives gays, lisez et relisez les romans de Joseph Hansen (édités chez Rivage), plutôt que de voir Third Man Out.

 




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Le baiser

Publié le par lesdiagonalesdutemps

France, 2007, 12 mn

 

Réalisation: Julien Eger, image: Fred Vallet

 

Avec: Florent Arnoult, Matila Malliarakis, Héloïse Adam, Didier Tournan

 

Résumé

Thomas (Florent Arnoult), à peine vingt ans et très mignon a pour petite amie Françoise, mal non plus, passionnée de théâtre. Elle répète Roméo et Juliette. Thomas décide d'assister à cette répétition. Le Roméo, alias Jérémy (Matila Malliarakis) a une joliesse androgyne troublante; ce qui ne plait pas du tout à Thomas, jalous comme un tigre. Françoise doit quitter précipitamment la répétition. Le metteur en scène demande à Thomas de donner la réplique à Jérémy... Cette expérience va bouleverser Thomas...

 

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L'avis critique

 

L'argument de ce court métrage est aussi crédible que les scénarios minimalistes des films porno avec lequel il a d'ailleurs quelques rapports. Heureusement la réalisation est assez maline. Elle mélange habilement des scènes réelles à d'autres fantasmées. A tel point que l'on ne sait plus ce qui est vrai de ce qui est espéré. Le passage de la couleur au noir et blanc pour les images qui ne serait que le fruit de l'imagination de Thomas se fait astucieusement par le truchement d'un écran d'ordinateur. Cette habileté à laquelle s'ajoute un soin particulier des cadrages, belle utilisation par exemple des miroirs n'empêche pas le scénario de tomber dans les pires poncifs. "Le baiser" évite de sombrer dans le ridicule grâce au talent et à la beauté de ses acteurs.

La qualité de certains pans de cette production s'explique par le professionnalisme des protagoniste. Julien Eger a déjà tourné en dix ans neuf courts-métrages et Malliarakis est issu du conservatoire nationale où il a eu comme professeur Alain Françon et a une bonne expérience aussi bien de la caméra que de la scène. Il a par exemple l'année dernière joué un des deux rôles principaux de "Beautiful thing" au vingtième théâtre  (voir la photos ci-dessous). Malliarakis me fait un peu penser à Vincent Branchet, espérons pour Malliarakis que sa carrière soit moins éphémère que celle de Branchet.


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Un cas extrême où le savoir faire du réalisateur, la beauté des images, la modestie du projet en regard du budget et le talent des comédiens parvient à faire oublié un improbable scénario.  

 

 

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NO NIGHT IS TOO LONG

Publié le par lesdiagonalesdutemps

  
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Fiche technique :


Avec Lee Williams, Marc Warren, Mikela J Mikael, Salvatore Antonio, Beverley Breuer, Rob Bruner, Liam Mc Guigan et Philip Granger.

 

 Réalisateur : Tom Shankland. Scénario : Kevin Elyot et Ruth Rendell, d’après le roman de Ruth Rendell signé de son pseudonyme Barbara Vine. Images : Paul Sarossy. Montage : Allan Lee. Musique : Christopher Dedrick. Direction artistique : Peter Andriga.


Canada-Grande-Bretagne, 2003, Durée : 120 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :


Tim (Lee Williams) est un brillant étudiant d’une petite université d’Angleterre non loin de son domicile familial, une station balnéaire du Suffolk. Il ne répugne pas à se faire faire une petite gâterie par sa copine, sur la plage, au clair de lune. Ce qui ne l’empêche pas, au détour d’un couloir de sa fac, de tomber en arrêt – tel le setter moyen face à un col vert égaré – devant Ivo (Marc Warren), un jeune professeur mâle de paléontologie dont bientôt le visage l’obsède. Bravant sa timidité toute relative, il le drague. Au début l’objet de ses désirs est froid comme ses chers fossiles, mais il n’est pas à long à tiédir. Il s’ensuit une torride passion sexuelle. Mais plus Ivo devient incandescent, plus notre inconséquent étudiant se refroidit. Et quand Ivo invite son jeune amant à l’accompagner en Alaska, où il anime des croisières scientifiques, Tim le suit à contrecœur. Arrivé dans un port de ce « bout du monde », suite à un imprévu (?), Ivo doit abandonner son amoureux dix jours dans ce lieu inhospitalier, avant leur embarquement. Le jeune homme nous avait déjà prévenu « que l’ambivalence ne l’effraie pas », même distrait, et c’est difficile devant ce film passionnant, dont je ne vous dévoile qu’une couche de l’intrigue, et encore partiellement. Or donc, ne supportant pas la solitude, il jette son dévolu sur une jeune femme, Isabel (Mikla J. Mikael). Je cite : « idéale pour passer le temps. » Ce qui ne devait être pour Tim qu’une alternative à ses nombreuses visites au bar de l’hôtel se transforme en une passion fusionnelle. Mais au bout de ces dix jours, Isabel prend la fuite et Ivo revient. La croisière qui promettait d’être idyllique se transforme en enfer. L’amour a fait place à la haine. Tim ne rêve que de rejoindre Isabel à Vancouver, mais comment se débarrasser d’Ivo ? En le tuant ?

 
L’avis critique

 
Quand on se met devant sa télévision, même devant un programme de PinkTv, on s’attend rarement à être mis en présence de ce qui devrait être un modèle pour les auteurs de films gays. Voilà, enfin, une production qui ne considère pas l’homosexualité comme une fin en soi et l’unique sujet possible du film, mais comme une chose tout à fait banale et qui, pourtant, la place au cœur de l’intrigue de ce thriller haletant ; en fait le moteur des événements qui précipiteront les amoureux vers l’inéluctable, sans que leur sexualité ne soit jamais culpabilisée. Ruth Rendell a créé le personnage du garçon fatal.
Comme dans toutes les histoires de ces dames anglo-saxonnes qui améliorent leur thé ou leur whisky, au choix, d’une dose de strychnine, les rebondissements sont un peu abracadabrantesques (sic), mais c’est la loi du genre pour que l’on reste, comme ici, scotché à l’écran durant deux heures. Dans No night is too long, nous sommes plus près de Patricia Highsmith que d’Agatha Christie.
L’intrigue, comme dans tous les livres de Ruth Rendell – experte en thriller psychologique depuis quarante ans – pose ces questions : « pourquoi devient-on meurtrier ? » ou «  comment devient-on victime ? » Parce qu’un jour, sans le savoir, on prend une route... ou un couloir au bout duquel se trouve la mort violente. Le cinéma devrait être bien reconnaissant à la romancière. Son roman, L’Homme à la tortue, est devenu devant la caméra de Pedro Almodovar En chair et en os(dvd TF1 vidéo) et L’Analphabète, devant celle de Claude Chabrol, La Cérémonie. Il a aussi adapté La Demoiselle d’honneur, cette fois sans en changer le titre. Claude Miller a fait de même avec Betty Fisher.Toute l’histoire est racontée en voix off par Tim. La plus grande partie du film est constituée d’un flash-back qui nous ramène quelques mois en arrière. Nous assistons à la rencontre de Tim et d’ Ivo, et aux événements qu’elle va générer. Cette narration est entrecoupée par des retours au présent, qui n’en sont pas moins angoissants que les péripéties du passé, mais aussi par des incursions à une époque plus lointaine, dans laquelle Tim vivait dans son collège une amitié particulière avec un aîné. On peut regretter que cette partie n’aie pas été plus explorée, ce qui aurait rajouté un peu d’épaisseur à cet aîné un peu trop falot. En revanche, le film aurait gagné à ce que la durée de certains plans soit raccourcie. Tom Shankland a tendance à les faire traîner un peu trop longtemps. Puisque cette production était d’emblée destinée à la télévision, on peut penser qu’un format de 2 fois 1h30, constituant une mini série, n’aurait pas été de trop au vu de la complexité de l’intrigue et de la richesse des personnages et aurait été mieux adaptée que les 120 minutes du film…
L’un des atouts du film est l’originalité des lieux de tournage. L’Alaska n’est pas l’État des USA le plus filmé et bien peu de réalisateurs ont planté leurs caméras sur les plages du Suffolk, malgré leur indéniable charme. La réalisation ne se dépare jamais d’une belle maîtrise du cadre qui bénéficie d’un éclairage froid et soigné. Elle utilise avec habileté le décor qui n’est pas seulement une toile de fond pittoresque pour l’intrigue mais un véritable acteur du drame. Elle aurait toutefois pu nous éviter des effets spéciaux numériques un peu trop présents, telle cette profusion d’éclairs pour rendre les ciels dramatiques et signifiants ou ce maquillage de l’île fatale en Île des morts de Bocklind. Le directeur de la photographie qui signe de si belles images est Paul Sarossy. Il est entre autre le collaborateur habituel d’Atom Egoyan. On lui doit la photographie des remarquables Voyage de Felicia et La Vérité nue.
Comme presque toujours dans un film anglais, la distribution est parfaite. En particulier Lee Williams qui compose un Tim complexe et changeant qui fait parfois penser au jeune Ripley et à qui on met longtemps à accorder notre sympathie. Il porte le film de bout en bout. Il tient le premier rôle dans un autre film gay, l’extravagant Les Loups de Kromer (dvd BQHL). Il participe à de nombreuses productions télévisées anglaises. On peut le voir en particulier dans le rôle de Jon Forsyte, dans la somptueuse nouvelle version de la saga des Forsyte. Il apparaît également dans Billy Elliot et Mauvaise passe. Marc Warren (Ivo) a une présence étonnante ; son inquiétant magnétisme rappelle celui de Malcom Mc Dowell à ses débuts.
Si les scènes de sexe, aussi bien hétérosexuelles que gays, ne sont pas particulièrement bien filmées, le réalisateur se rattrape en nous offrant de beaux plans tendres et sexy après l’amour.No night is too long est co-produit par la télévision britannique d’État, la BBC. Le film a été diffusé à une heure de grande écoute, la deuxième partie en soirée. Combien de chaînes françaises, hors celles du câble, diffuseraient et produiraient un film comme celui-ci qui met, et montre, l’attirance sexuelle de deux hommes au centre de son intrigue ?

No night is too long peut se traduire par « Les Nuit ne sont jamais trop longues », phrase que dit Ivo à Tim au plus fort de leur amour. Jamais le film ne vous paraîtra trop long. Espérons qu’il fasse école, tant sur le fond, que dans la forme. 

 

http://www.imdb.com/title/tt0313410/



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ove and a soul-destroying guilt that offers little chance for redemption.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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FORMULA 17 (L'ÉTÉ DE MES 17 ANS)

Publié le par lesdiagonalesdutemps


  

 

Fiche technique :


Avec Tony Yang, Duncan, King Chin, Dada Jl et Jimmy Yang. 

 

Réalisation : Dj Chen. Scénario : Rady Fu. Images : Chen Huei-Sheng. Son : Augustus Chen. Montage : Chen Hsiao-Dong. Musique : George Chen & Hung Tze-Li. Production : Alleen Li & Michelle Yeh.


Taiwan, 2004, Durée : 92 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :


Tien (Tony Yang), 17 ans, lycéen sage et encore vierge, vient passer ses vacances d’été à Taipé, bien décidé à y trouver l’homme de sa vie. Il commence par rencontrer les garçons dont il a fait connaissance sur Internet. Ils lui font découvrir la vie gay de la capitale taïwanaise. Ils essayent aussi de lui éviter qu’un homme lui brise le cœur. Malheureusement, le naïf Tien tombe amoureux de Bai (Duncan), le pire bourreau des cœurs du pays... 


L’avis critique

 
À la place de ce beau titre, qui invite à la rêverie et aux coupables nostalgies, ce film aurait du s’appeler : « Candide chez les tassepés de Taipé ». Si un jour de grippe, cloué au lit, vous avez la nostalgie des conversations intellectuelles que l’on peut entendre dans les bars du marais, ce DVD est pour vous. Ce qui malheureusement pour l’éditeur, qui pourtant a réalisé un bel habillage et une superbe sérigraphie sur la galette, devrait réduire quelque peu le potentiel de ventes. Car je ne vois pas bien ce qui pousserait quelqu’un d’autre à s’infliger cette niaiserie sucrée, jouée à la truelle. Une mention particulière pour le jeu de l’horripilante crevette, la folle de service, qui me fait penser quant à la finesse de son jeu à celui de Jacques Balutin si ce dernier était gay et asiatique ; heureusement pour ces communautés, ce n’est pas le cas, elles sont ainsi épargnées par cette honte.
Curieusement ce presque rien est bien filmé, beaux travellings (je recommande un long travelling parallèle à un canapé – où comment dynamiser une conversation statique –, un modèle !), longues focales isolant les visages dans le décor, souci de la composition du cadre... Mais même bien cadré, le pas grand-chose demeure une petite bricole.
Même pas question de se rincer l’œil, car si les garçons (mis à part l’insupportable crevette déjà citée) ne sont pas mal, le film est d’une pudibonderie toute vaticane ; d’ailleurs les protagonistes arborent presque tous une croix en pendentif.

L’Été de mes 17 ans ne met en scène que des hommes, tous homosexuels. À aucun moment, on ne parle de femme (on n’en voit pas une même en figuration) ni d'hétérosexualité, comme si cela n'existait pas ! Ce qui est assez surprenant, le film étant réalisé par une femme. Depuis, elle a tourné avec le même acteur principal Catch, un film policier.
Au dos de la jaquette, cette insignifiance est qualifiée de « fantaisie fellinienne » ! Là je lance un appel, pour éclairer ma cinéphilie : il faut que le rédacteur de ce texte improbable m’explique où il a bien pu dégotter Fellini là-dedans… On y apprend également que L’Été de mes 17 ans a connu un succès enthousiaste à Taiwan, en Inde, au Japon, à Toronto, Stockholm, Pusan et Palm Spring. On sait maintenant que l’internationale des pétasses existe.
La vision du film est pourtant riche d’enseignements, tellement il est représentatif dans sa forme des productions cinématographiques populaires (dans tous les sens du terme) actuelles, tant à Taiwan qu’au Japon. Il en a toutes les caractéristiques : un scénario étique, mêlant fleur bleue et humour lourdingue, joué par de jeunes acteurs mignons, issus de soap télévisés ou de la chanson, mis en images par des réalisateurs et leurs équipes ayant une parfaite maîtrise de leurs techniques. Ce sont de tels films qui font les entrées à Taiwan et non les opus de Tsai Ming-Liang ou ceux de Hou Hsiao-Hsien. On peut le regretter mais c’est ainsi. 
Si vous aimez les garçons taïwanais, oubliez L’Été de mes 17 ans et jetez-vous sur les films de Tsai Ming-Liang et lisez ce merveilleux livre qu’est Garçon de cristal, dont il existe une adaptation télévisée dans laquelle joue… Tony Yang.

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BOY CULTURE de Quenton Allan Brocka

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 


       

 

Fiche technique :


Avec Derek Magyar, Darryl Stephens, Jonathon Trent, Patrick Bauchau, Emily Brooke Hands, Molly Manago, Matt Riedy, Joël René, Jesse Archer et Chris Bethards. 

 

Réalisation : Quenton Allan Brocka. Scénario : Q. Allan Brocka & Philip Pierce, d’après le livre de Mathieu Rettenmund. Directeur de la photographie : Joshua Hess. Musique originale : Ryan Beveridge. Montage : Philip J. Bartell.


USA, 2007,Durée : 91 mn. Disponible en VO et VOST. Actuellement à l'affiche en salle.


Résumé :


Dans une colocation, située à Seattle, habite un trio hétéroclite mais homo. Il y a Andrew (Darryl Stephens), black et romantique qui découvre le milieu gay ; Joey (Jonathon Trent), une sympathique salope à peine sortie de l’adolescence, à la recherche d’amour et de sexe, et surtout X (Derek Magyar), un prostitué de luxe, vivant grassement de ses passes. Il assume pleinement son activité mais n’a aucune relation sexuelle en dehors de son travail. C’est à travers son regard que l’on aborde cette tranche de vie gay. Il est troublé, après plusieurs années de carrière, par un de ses clients, Gregory (Patrick Bauchau), un septuagénaire énigmatique qui vit comme un ermite. Le vieil homme refuse de coucher avec X, tant que celui-ci ne le désirera pas. Cependant, il le paye pour écouter l'histoire de sa vie en attendant que monte le désir. Se raconter n'est pas vraiment l’activité préférée de X. Il est doté d’un caractère plutôt introverti où perce le cynisme, la froideur et le désenchantement mais, paradoxalement, il espère toujours trouver le grand amour ! Très vite, X a l’impression que ses entretiens avec Gregory l’aident à redécouvrir différents aspects de lui-même qu’il avait enfoui aux tréfonds de lui-même : le jeune homme empli d’espoir ; le gay qui commence à s’affirmer ; l’homme qu’il pourrait devenir, heureux d’avoir aimé... L’attirance secrète de X pour Andrew est bientôt remplacée par une chose plus tendre et vulnérable et, bien sûr, plus effrayante, réveillant des émotions que X n'avait pas ressenties depuis des années…


L’avis critique

 
Boy Culture dose habilement sexe et romantisme. Le spectateur peut à la fois satisfaire son désir de voyeur (trop peu) et s’émouvoir. Sous les couleurs de la comédie, Brocka aborde avec légèreté des thèmes graves dont celui si peu traité, au cinéma du désir, d’un « vieux » pour un jeune homme, mais aussi le couple, la relation du désir avec l’argent, le désir d’avoir un fils... Le cinéaste définit bien son film grâce à cette déclaration : « On peut dire que c’est un ménage à trois impossible, avec tout le jeu des tentations qui gravitent autour et que l’amour vient compliquer. »
Le film est adapté d'un recueil de nouvelles de Matthew Rettenmund, datant d’une dizaine d’années, ayant pour thème l'homosexualité. Une série de 23 histoires qui se terminent généralement par une relation sexuelle. La difficulté de l'adaptation était de réunir l'ensemble de ces récits pour en faire un film cohérent, tout en gardant les questions posées par le recueil sur la vie gay. « Le film est donc très différent du livre, même si les thèmes et les sujets sont les mêmes et finissent par se rejoindre. Il était surtout essentiel de rendre ces histoires plus dynamiques à l'écran » explique le réalisateur.
Mais Boy Culture sollicite beaucoup plus nos références au théâtre que celles se rapportant au cinéma ou à la littérature, tant pour la forme que le fond. La majeure partie de l’intrigue se déroule dans deux appartements, décorés d’ailleurs avec beaucoup de goût. Quant à la voix off, elle est beaucoup plus proche d’un aparté sur une scène que de l’utilisation que l’on en fait habituellement au cinéma. L’intrigue se circonscrit entre quatre comédiens seulement, là encore nous sommes plus en présence d’une troupe que d’un casting de long métrage. Les personnages annexes, mis à part la famille d’Andrew à qui l’on doit la scène la plus savoureuse du film, n’apportent pas grand-chose. Avec ce marivaudage, Brocka et son scénariste réactualisent « version gay » un théâtre à la Bernstein ou à la Guitry comme le fait un peu en France Jean-Marie Besset, mais avec plus de grâce que ce dernier. Nous sommes dans le bon théâtre de boulevard américain, dans la lignée d’un Edward Albee.
Le producteur et scénariste Philip Pierce, au vu du succès de Eating Out, a ressorti le projet deBoy Culture des cartons où il croupissait depuis dix ans. Il supputa que Brocka serait l'homme idéal pour mener à bien son script. Le réalisateur a été séduit par le personnage de X, qu'il considère un peu comme son alter ego : très doué pour la distanciation sur son milieu et ses règles mais dès qu'il s'agit de lui, bloqué par un renfermement émotionnel, doublé d'un cynisme encombrant. Le tournage a eu lieu en novembre 2004 à Seattle. Il dura dix-neuf jours, dont trois de pluie intense... ce qui explique peut-être le peu d’extérieurs.
Filmé caméra à l'épaule, en numérique d’une facture standard mais pas indifférente à la géométrie du cadre, Boy Culture se veut aussi, plus ou moins, un docu-fiction, impression renforcée par la voix off du héros qui nous commente ses choix de vie. Ainsi apprend-on que X n'a couché qu'une seule fois dans sa vie par amour, qu'il a une douzaine de clients qui le payent royalement, et qu'il ne parvient pas à avoir confiance dans les autres. Le film suit les confessions de X sur une sorte de divan virtuel. Le réalisateur en fait le porte-parole du malaise que traversent, selon le film, les jeunes gays en général, malaise dont la cause principale serait la recherche du plaisir dans le sexe par peur de s’engager dans une histoire d’amour. Constat qui ne me parait pas erroné même s’il me semble moins vrai qu’il ne le fut à une époque.
La voix off est trop souvent une béquille pour des réalisateurs incapables de transcrire en images les sentiments de leurs personnages pour ne pas remarquer cette fois la pertinence de son utilisation et la qualité de son écriture, bien servie par la belle voix chaude de Derek Magyar. Elle nous fait part des réflexions de X qui sont souvent en complet décalage avec l’image, ce qui est un des ressorts humoristiques du film. Il n’en reste pas moins que cette figure de style fait deBoy Culture un film très bavard et lui donne un coté théâtre filmé, impression renforcée par le peu d’extérieurs. Le décor de Seattle est sous-exploité : on ne verra de la ville qu'un banc public dans un parc, une terrasse de café et... quelques plans de rue sous une pluie battante, mais tout de même sa célèbre tour émettrice. Même Queer as Folk montre plus Pittsburgh, c'est dire ! 
Les acteurs sont parfaits et en plus, ils sont aussi très agréables à regarder chacun dans leur genre. J’attends avec impatience de retrouver Jonathon Trent dans le rôle de l’assassin de Versace dans Fashon victim ; quant à Darryl Stephens, c’est un habitué des films gays. On peut le voir dans la série Noah’s Arc, dans Circuit et dans Another gay movie. Il me semble toutefois que Derek Magyar n’a pas tout à fait le physique pour être une escorte irrésistible. Je paierais bien pour avoir les deux autres dans mon lit mais justement pas pour lui, mais cela ne regarde que moi, aussi cher lecteur, excusez cette considération déplacée... Brocka confesse qu’il a eu bien du mal à trouver son interprète : « Je n’aurais pas cru que cela aurait été si difficile, mais c’était une question d’équilibre, de dosage, comment trouver quelqu’un qui soit craquant, mais pas trop, avec juste une dose d’arrogance et de suffisance, mais encore là pas trop, pour que le public puisse l’aimer, et nous l’avons trouvé, finalement, en Derek Magyar, qui a la voix profonde et le look incroyable qu’il nous fallait. » Mais c’est Patrick Bauchau qui domine la distribution, un acteur dont la vie ferait un très bon scénario et qui est tout aussi cultivé et raffiné que son personnage de Gregory. On l’a découvert il y a bien longtemps, en 1966, dans un des premiers Rohmer dans lequel il incarnait Adrien, le jeune dandy qui se refuse sans cesse à l'héroïne du film : La Collectionneuse. Les habitués de la série Le Caméléon l’auront reconnu : il est le protecteur de Jarod. On l’a remarqué également dans La Caravane de l’étrange et dans bien d’autres séries.
Le prostitué est l’une des figures majeures du cinéma gay et pour ma part je le regrette. Il ne me semble pas que cette pratique soit aussi présente dans la communauté gay qu’elle l’est sur les écrans, comme le suggère la pléthore de films qui aborde ce sujet. La prostitution y est présentée généralement sous son jour le plus noir, voir John, F. est un salaud, Twist, Mysterious skin, River made to drown... Ici, au contraire, X semble heureux de son sort, presque fier de son activité. Il me parait douteux que beaucoup de gigolos puissent vivre confortablement de leur activité et surtout en étant aussi équilibré que notre héros. Cette vision me parait relever du même fantasme que l’histoire du clochard qui est riche ou qui a une bonne pension mais qui préfère vivre dans la rue. On se fabrique la bonne conscience que l’on peut.
Quenton Allan Brocka est le petit neveu du cinéaste philippin Lino Brocka, mort en 1991 dans un accident de voiture qui pourrait bien être un assassinat maquillé, dont l’œuvre était marquée par l’homosexualité. Il tourne beaucoup : déjà une dizaine de courts métrages et deux longs à son actif alors qu’il n’a guère plus de trente ans. Il travaille actuellement sur une série de dessins animés gays pour la télévision, Rich & Steve, the happiest gay couple in all the world. Il s’en explique : « Ado, je ne me suis jamais reconnu dans la production cinématographique ou télévisuelle, donc je tourne beaucoup pour offrir aux autres une vision plus gay du monde. » Un beau programme.

Boy Culture a gagné de nombreux prix dans plusieurs festivals, notamment un Prix du Jury du meilleur film au Festival du film international Gay et Lesbien de Philadelphie et un Grand Prix du Jury du meilleur scénario au L.A. Outfest. Toutes les réalisations du cinéaste se passent dans le milieu homosexuel. Avec son premier opus, Eating Out, il a fait un tabac dans les festivals gays.Eating Out 2 est déjà tourné mais Brocka n’en a cette fois écrit que le scénario, la réalisation étant assurée par Bartell, l’habile monteur de Boy Culture.
Boy Culture est une comédie intelligente, bien écrite et bien jouée par des acteurs canons, un film qui dit des choses graves sur la vie gay avec légèreté et qui sait à la fois nous émouvoir et nous faire rire.

 

 
























 

 

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DER EINSTEIN DES SEX (L'EINSTEIN DU SEXE) de Rosa von Praunheims

Publié le par lesdiagonalesdutemps

  

Fiche technique :
Avec Kai Schuhmann, Friedel von Wangenheim, Ben Becker, Wolfgang Völz, Otto Sander, Meret Becker, Gerd Lukas Storzer, Olaf Drauschke, Monika Hansen et Tima die Göttliche. 

 

Réalisation : Rosa von Praunheims. Scénario : Chris Kraus & Valentin Passoni. Images : Elfi Mikesch. Musique : Karl-Ernst Sasse. Montage : Michael E. Shephard.


Allemagne, 1999, Durée : 100 mn. Disponible en VF et VO.


Résumé :
Fils d’un médecin juif, Magnus Hirschfeld (1868-1935) (Friedel von Wangenheim) entreprend des études de médecine en 1888. Il est révolté que la science tienne l’homosexualité pour une maladie et une perversité. Son diplôme obtenu, il ouvre son cabinet. Une expérience traumatisante, le suicide de l’un de ses patients, incapable de révéler son homosexualité à ses parents, le pousse à agir.
Hirschfeld écrit Sapho et Socrate et fonde en 1897 un comité scientifique militant pour la dépénalisation de l’homosexualité, l’abrogation du fameux paragraphe 175. La pétition en faveur de la révision du Code pénal est signée par de nombreuses personnalités, mais le projet de loi présenté au Parlement est rejeté.
Il fonde un institut de recherche sur la sexualité. C'était alors un champ de recherche encore inexploré. Des personnes de toute l'Europe le consulte au sujet de leurs propres problèmes sexuels, dont un jeune aristocrate autrichien, le baron Hermann von Teschenberg (Gerd Lukas Storzer), qui devient son ami et son principal soutien financier. De son côté, le préfet de police de Berlin (Wolfgang Völz) s’intéresse aux travaux de Hirschfeld. En sa compagnie, il découvre incognito les milieux homosexuels de la capitale. Cette évolution inquiète von Teschenberg : craignant de devenir l’objet d’un chantage, il fuit à l’étranger…


 

 

L’avis critique

 
Sous ce titre imbécile, même si « Einstein du sexe » est le surnom que donnèrent à Magnus Hirscheld des journalistes américains durant son séjour à Los Angeles, se cache une biopic d’un des pères de la sexologie et le grand-père de tous les activistes gays de par le monde. Mais ce film est un bien mauvais coup porté au grand homme et à tout le mouvement gay, tant il n’échappe que rarement au grotesque.
La vie d’Hirscheld, plus sa vie privée que son combat pour la reconnaissance des amours homosexuels, est débitée en une série de vignettes sensées être « kolossalement » signifiantes, jouées façon patronage ou cabaret teuton. On y découvre ainsi son amour non consommé avec le Baron von Teschenberg, les longues et heureuses années passées en compagnie de Karl Giese (Olaf Drauschke), la controverse qu’il entretient avec cet autre figure de la défense des homosexuels qu’est Adolf Brand (Ben Becker) chantre de la beauté physique de la jeunesse allemande ou encore la présence de son ami et ange gardien, le travesti Dorchen. 
Les acteurs surjouent chaque scène et font des mimiques que l’on aurait déjà trouvées outrées au temps du cinéma muet. Seul Olaf Drauschke, qui interprète l’ami d’Hirsheld, apporte à la fin du film émotion et vérité qui empêchent un naufrage artistique complet. Cela est d’autant plus regrettable que le film se base sur une recherche historique sérieuse et complète, bien illustrée par les inserts judicieux d’images d’archives qui ponctuent le film et nous restituent cinquante ans d’histoire allemande qui servent de décor à cette tragédie. Car la vie d’Hirscheld, comme l’histoire de son pays, est une tragédie. Ainsi, on ne comprend pas du tout le parti pris choisi par Rosa von Prauheim de faire jouer les acteurs sur un ton primesautier et égrillard en complète contradiction avec ce qu’ils nous racontent. Il est curieux de voir combien une certaine Allemagne, terrifiée par un retour possible du nationalisme, éprouve une sorte d’extase à cracher sur son pays car l’Einstein du sexe nous montre un pays qui, de 1880 à 1935, n’est peuplé que de veules abrutis toutes sexualités confondues. Même le kitsch ne peut pas cautionner une scène franchement antisémite, bien sûr involontaire, lorsque l’oncle et la tante du jeune Magnus rechignent à lui payer ses études, une séquence qui n’aurait pas déparé dans les pires films de propagande nazie. Le spectateur attentif pourra se distraire la rétine grâce à de très fugitifs beaux garçons nus dans des galipettes champêtres assez croquignolesques. 
Rosa von Praunheim, de son vrai nom Holger Mischwitzky (c’est au milieu des années 60 qu’il a adopté le nom d'artiste Rosa von Praunheim), est né à Riga (Lettonie) en 1942. Il a commencé à tourner au début des années 70 des courts métrages expérimentaux. Il a réalisé en trente ans plus de cinquante films et téléfilms, surtout des documentaires, dont presque tous ont un rapport plus ou moins lointain avec l’homosexualité, dont les récents Rosa, tu crains ! (2002), Fassbinder et les femmes (2000). Toute son œuvre reste marquée par l’underground et l’esthétique des années 70, ce qui la rend difficilement regardable aujourd’hui.

Der Einstein des sex est tout de même instructif mais artistiquement bien triste.
Pour plus d’informations :
Site du réalisateur


 

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DEFYING GRAVITY

Publié le par lesdiagonalesdutemps

  

 

Fiche technique :


Avec Daniel Chilson, Niklaus Lange, Don Handfield, Linna Carter, Seabass Diamond, Lesley Tesh et Ryan Tucker. 

 

Réalisation : John Keitel. Scénario : John Keitel. Images : Thomas M Harting. Montage : Matthew Yagle. Musique originale : Tim Westergen. Chanson originale : Jon T. Howard.


USA, 1997, Durée : 91 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :

Griff est juste un bon garçon sportif, très populaire sur son campus. Mais il a un grand secret : il aime un autre garçon, Pete ! Pete est le contraire de Griff et il désire avoir une vraie relation au grand jour avec lui. Seulement Griff semble avoir un avenir tout tracé de bon hétéro. Quand Pete est victime d'une agression homophobe, son ami en est le seul témoin. Il doit alors choisir entre abandonner celui qu'il aime ou révéler l'identité des agresseurs de son amant et faire face aux conséquences de son choix. À cette occasion, Griff va être amené à prendre conscience de ses désirs et les avouer à tous...


L’avis critique
 
Les vingt premières minutes sont consacrées à un panorama de la « beaufferie » estudiantine américaine, digne du plus calamiteux des teen movie. C’est mollement réalisé et grassement interprété, à l’exception des deux acteurs principaux qui font preuve d’une louable sobriété, bien que paraissant un peu trop âgés pour leur rôle. Puis on nous dévoile, mais nous l’avions supputé dès le début, que le plus mignon de la fraternité, Griff, en pince pour Pete, un étudiant qui semble moins rustique que la moyenne. En pré-générique, on a découvert au petit matin, Griff quitter avec discrétion un lit dont on n’a pas aperçu l’autre locataire, mais il ne fallait pas être bien malin pour se douter que ce n’était pas une jeune fille... 
On reconnaîtra sans mal le thème de Get real (1999), le garçon populaire et sportif amoureux en cachette du bon élève sensible du lycée, avec la bonne idée de voir, cette fois, cet amour du côté du sportif. Hélas, la comparaison avec Get real est catastrophique pour le film américain ; autant le film britannique parvenait à nous émouvoir et nous faire entrer dans la psychologie de ses protagonistes, autant nous restons totalement extérieurs à Griff et Pete que le cinéaste ne réussit jamais à faire vivre à l’écran avant l’annonce de l’agression de Pete. Il a la bonne idée de ne pas nous la montrer ; nous l’apprenons en même temps que le héros par un flash d’informations télévisées.
Les choses s’améliorent (cinématographiquement parlant) après l’agression de Pete. La narration se recentre sur les états d’âme de Griff alors qu’elle s’était trop dispersée dans la première partie. Si l’on ne peut être que touché par cette histoire, c’est bien malgré la langueur extrême du filmage qui étire chaque scène, ce qui est un comble puisque l’activité habituelle de Keitel est le montage ! Defying gravity est sa seule réalisation à ce jour. 
Pourtant le film ne manque pas de bonnes idées scénaristiques, comme celle de traiter le processus d'acceptation de son homosexualité par Griff en touches successives à travers les yeux de Todd, son meilleur ami hétérosexuel. Comme également celle de montrer par les regards envieux que Griff porte au couple formé par Todd et sa copine combien il aimerait être à leur place, être hétéro ou vivre son amour au grand jour… L’ambiguïté n’est levée qu’à la toute fin.Defying gravity n’est pas lourdement militant comme certains films qui suggèrent fortement qu’il n’y aurait pas de salut hors la relation homosexuelle. On lui reconnaîtra aussi une vertu documentaire pour les spectateurs de chez nous, celle de nous faire pénétrer dans ces fraternités étudiantes – concept totalement étranger à l’esprit français.
La plupart des acteurs étaient de complets débutants lors du tournage, qui n’a duré que treize jours, sauf Don Handfield qui était déjà apparu dans le court métrage gay de Mosvold, Forsaken.Si Daniel Chilson (Griff) n’a pas récidivé, Niklaus Lange qui joue efficacement son meilleur ami hétéro fait depuis une petite carrière.  
Les bonnes intentions ne font pas forcément de bons films. Il reste que Defying gravity finit par emporter l’adhésion à force de sincérité.


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TRAS EL CRISTAL

Publié le par lesdiagonalesdutemps

  

 

 

Fiche technique :

 
Avec Gunter Meisner, David Sust, Marisa Paredes, Gisela Echevarria. 

 

Réalisation : Agustí Villaronga. Scénario : Agustí Villaronga. Images : Jaume Peracaula. Musique originale : Javier Navarrete. Son : Ricard Casals. Production : Teresa Enrich.

 
Espagne, 1987, Durée : 100 mn. Disponible en VO et VOST.

 

 

 


 



Résumé :


À la fin des années 50, Klaus, un ancien médecin Nazi (Gunter Meisner) est confiné dans un poumon d’acier suite à l’échec d’une tentative de suicide. Il vit avec sa femme Griselda (Marisa Paredes) et sa fille Rena (Gisela Echevarria) dans une grande maison isolée située quelque part en Catalogne. Il y habite incognito, car il est toujours recherché par les autorités, mais sa retraite est relativement sûre dans l'Espagne de Franco. Klaus est l’un de ces médecins qui on fait des expérimentations sur les déportés, fonction qui lui a permis en outre de commettre les crimes sexuels les plus effroyables sur de jeunes garçons. La fin de la guerre n’a pas tari sa perversité sexuelle. Poussé par ses pulsions sadiques, dans son refuge, il torture à mort un adolescent. Le désespoir et la honte de son acte le poussent à sauter dans le vide du toit de sa villa. Après son saut, il est paralysé des épaules aux pieds et ne peut être maintenu en vie que grâce à  un poumon d’acier dont il ne peut sortir.
Il reçoit la visite d’Angelo, un jeune homme mystérieux (David Sust), qui offre ses services en tant que garde-malade. Contre l’avis de Griselda, Klaus insiste pour qu’on engage le visiteur. Bientôt un rapport pervers se développe entre Angelo et Klaus, devenant toujours plus morbide quand Angelo lui révèle qu’il a trouvé des journaux intimes détaillant ses activités durant la guerre et qui dévoilent tout de ses agissements dans les camps de concentration avec les adolescents et notamment sur les abus sexuels sadiques qu’il leur faisait subir...

 


L’avis critique

 
Avant toute chose, je tiens à prévenir que si ce film est vivement recommandé aux spectateurs dotés d’un estomac solide et qui ne sont pas facilement offusqués, tous les autres sont invités à l'éviter à tout prix. Dernier avertissement : le résumé ci-dessus n’est que très partiel pour éviter les spoilers.
Le formatage de plus en plus effréné des films interdit quasiment aujourd’hui aux grands malades du cinéma, comme Agustí Villaronga, de s’exprimer. Ce n’est pas un hasard si ce film date de 1987, il serait impossible à réaliser aujourd’hui. Il existe bien chez nous Gaspard Noé et Philippe Barassat mais qui connaît ce dernier auteur avec Mon copain Rachid, (inclus dans Courts mais gay tome 1) une ode à la jeune bite maghrébine et avec Le Nécrophile, un plaidoyer pour la nécrophilie, film diffusé en catimini à la télévision en pleine nuit. De tels cinéastes sont pourtant indispensables. Ce qui n’interdit pas de se poser des questions sur la finalité de leurs œuvres. Villaronga, qui est né à Majorque en 1953, n’a réalisé qu’une demie douzaine de longs-métrages en 20 ans, ce qui ne surprendra guère à la lecture des pitchs de ceux-ci. On peut même se demander par quel miracle ils ont pu être produits.


 

 


Villaronga, pour ce premier opus, contrôle la tension et le suspense d'une façon particulièrement efficace. La violence est relativement peu montrée à l'écran en regard du scénario, mais cet hors champ rend le film d’autant plus dérangeant. Surtout lorsque l’on découvre qu’Angelo a été contaminé par le mal absolu. Ce qui se concrétise au fil du film par un mimétisme de plus en plus grand entre le garçon et l’officier SS. L’angoisse se développe, plus intense chaque minute. Le traitement de la relation sadomasochiste, que l’on retrouvera dans une autre œuvre du cinéaste,El mar, évoque celui de Portier de nuit de Cavani, avec lequel Tras el cristal entretient de nombreux liens.

 

 

 


L’insertion de nombreuses photographies d’enfants, prises dans les camps de concentration à la fin de la Deuxième guerre mondiale, rappelle constamment aux spectateurs la vérité historique qui sous-tend la fiction. Le mal et sa transmission, les rapports ambigus entre victimes et bourreaux, voilà les vrais sujets de Tras el cristal. Toutefois, en privilégiant dans la deuxième partie le versant film d’horreur classique et en ne développant pas vraiment la thématique nazie, elle ne reste qu’une toile de fond ; le réalisateur fragilise plus qu’il ne renforce son propos. L’inspiration biblique du film est indéniable. Satan n’est-il pas un ange déchu ? Comme l’est Angelo qui de vengeur devient bourreau. Tras el cristal est au sens propre un film satanique dont la dernière image montre le cycle éternel du mal incarné par un succube.

 

 


Le sujet terrifiant du film est encore exacerbé par un filmage froid et distancié au cadre extrêmement travaillé, jouant continuellement sur les reflets et les jeux d’ombre. Agustí Villaronga plonge progressivement la maison de Klaus dans une ambiance gothique à l’aide d’éclairages irréalistes et intenses qui découpent des ombres sinistres, privilégiant les symboles phalliques. Le film fonctionne selon les codes du thriller psychologique et joue la carte du lieu clos coupé du monde. Il s’inscrit dans toute une tradition du cinéma horrifique espagnol qui perdure jusqu’à nos jours avec Amenabar par exemple. Le malaise est entretenu par une image esthétisante traitée dans des tons froids avec une dominante de camaïeux de bleus. Le film déploie une mise en scène très inspirée, ambitieuse et précise. Seule l’utilisation trop fréquente des effets de zoom a un peu vieilli. De fréquents très gros plans comme celui, très insistant, sur le téton d’un jeune supplicié traduisent les désirs explicites du réalisateur. La rareté des dialogues met en évidence la confiance qu’a le cinéaste dans la puissance évocatrice des images pour exprimer les idées et les émotions. Ce qui ne l’empêche pas de porter une grande attentionà la bande son qui n’est pas pour rien dans la montée de la terreur, avec le bruit récurrent – presque obscène – de la respiration du poumon artificiel. 


 

 

 
Les comédiens sont remarquables. Gunter Meisner est un de ces acteurs allemands qui furent condamnés pendant toute leur carrière à endosser l’uniforme nazi. Il débuta dans cet emploi dans... Babette s’en va en guerre ! Il a lâché la Wehrmacht et le reste du monde en 1994. C’est avec surprise que l’on découvre l’héroïne d’Almodovar, Marisa Paredes, dans le rôle de l’épouse tentée par le crime. On n’a guère revu le beau visage de David Sust et son accorte plastique, dont on ne profite pas assez à mon goût lors de la relation sexuelle entre Angelo et Klaus, que dans L’Enfant de la lune, le deuxième long-métrage de Villaronga. Le réalisateur explique, dans le bonus du DVD, qu’il a dirigé les jeunes comédiens en leur proposant des jeux qui n’avaient rien à voir avec le scénario pour ne pas les traumatiser. On peut être néanmoins sceptique sur de telles déclarations, qui sont peut-être surtout destinées à se protéger.


 

 


Tras el cristal s’est fait remarquer au festival de Berlin. Il n’a jamais eu droit à une sortie en France. Toutefois, le film suivant de Villaronga, L’Enfant de la lune, lui aussi fantastique et surtout crypto-pédophile, sera sélectionné à Cannes et sortira sur les écrans français comme El mar en 2OOO. Tras el cristal n’a été édité en dvd qu’aux USA, chez l’éditeur Cult Epics ; en bonus, il contient une interview de dix minutes du réalisateur.


 

 


Ce film très dérangeant est une méditation partiellement réussie sur les profondeurs de la dépravation humaine. Il pose des questions profondes sur les monstres tapis à l'intérieur de chacun de nous, et illustre avec une évidence effrayante la nature cyclique de l'abus sexuel.

 

 



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


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DONG GONG, XI GONG (EAST PALACE, WEST PALACE)

Publié le par lesdiagonalesdutemps


  

 

 

Fiche technique :


Avec Avec Si Han, Hu Jun. 

 

Réalisation : Zhang Yuan. Scénario : Zhang Yuan et Wang Xiaobo. Photographie : Zhang Jian. Musique : Xiang Min. Montage : Vincent Levy.


Chine, 1997, Durée : 90 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :


Les vespasiennes d’un parc public sont devenues le lieu de rencontre privilégié des homosexuels de la capitale chinoise. La police tente de les surprendre afin de les rééduquer par des punitions enfantines. Un policier (Hu Jun) est troublé par un de ces jeunes hommes. A Lan (Si Han), jeune écrivain, aime y draguer. Lors d'une rafle, l'auteur du trouble est fait prisonnier par le policier ; ils vont passer la nuit tous les deux seuls au poste de police. La garde à vue bascule vite dans une évocation inattendue de la vie du jeune homme, son enfance et surtout sa quête incessante d’amour. Des tranches de vie d’un homosexuel masochiste qui plongent le policier dans des sentiments troubles à l’égard de son prisonnier... Une curieuse histoire d’amour est en train de se nouer.

 

 



L’avis critique

 
Tout d’abord, petit éclaircissement sur ce titre mystérieux : East Palace, West Palace est un terme utilisé par les homosexuels pékinois pour désigner les toilettes publiques bordant la Cité Interdite. Ce lieu est leur point de rencontre favori.
Dès les premières images, nous savons que nous sommes dans un film chinois. Le générique s’inscrit sur un lent pano sur une végétation étique dont les branches grises dessinent comme des caractères chinois sur un pan de mur gris-bleu. L’esthétique de tout le film est déjà dans ces images : lenteur des mouvements d’appareils, ton froid avec une dominante des bleus, ambiances nocturnes et grand soin du cadre.
Le film est divisé en deux parties très inégales. La première nous montre A Lan dans son activité de drague. D’abord dans une vespasienne, comme dans Le Protégé de madame Qin film à la fois plus joyeux et plus informatif que celui-ci, mais beaucoup moins soigné formellement, puis dans un parc et cette fois, on songe aux Garçons de cristal de Bai Xianyong, chef d’œuvre de la littérature gay. Les pissotières et les parcs semblent être les épicentres de la vie homosexuelle chinoise.  
Avec ces films, nous découvrions que l’homosexualité existait en Chine, ce qui n’est pas à proprement parlé une surprise, bien que les autorités de ce pays l’ont toujours nié (comme le sida). D’ailleurs le film insiste sur l’impasse d’une sexualité confrontée à un tel déni qu’elle n’a même pas de mot dans sa langue pour la nommer.

 

Film Still


Dans la deuxième partie qui commence après le premier quart du film, East Palace, West Palacene peut renier son origine théâtrale (la pièce a été jouée en France). La suite du film se déroule presque uniquement dans la pièce d’un commissariat vide qui ressemble bien peu à l’idée que l’on se fait d’un commissariat en Chine ou ailleurs, à l’exception de courtes séquences dont certaines très sensuelles illustreront la confession de A Lan à son geôlier. L’interrogatoire va dériver vers une sorte de drague, presque aussi surprenante que si Lino Ventura essayait de séduire Michel Serrault, et vice-versa, dans Garde à vue... Le film intéresse par la qualité des interprètes et l’enjeu qu’il représente dans la Chine d’aujourd’hui. Le fait de montrer des rapports maître-esclave, un policier fasciné par le passé trouble de celui qu’il a arrêté et enfin la séduction déclarée qu’entreprend le jeune écrivain envers le policier, est totalement inattendu par rapport à ce que l’on croit savoir de l’attitude des autorités qui balancent constamment entre permissivité et répression. 
Tout le film explique deux itinéraires : un qui sait ce qu'il est mais qui ne peut pas en parler. L'autre qui va vouloir écouter et qui doute de ce qu'il est venu chercher. Les deux hommes se reflètent (il y a plusieurs fois l’image d’un des deux hommes dans un miroir) et illustrent tant l'homosexualité innée que celle dite acquise. Le film montre toutes ses ombres, ses luttes intérieures, cette résistance d'hommes contre ce régime qui les considère anormaux. 

 

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Et l'attrait devient de plus en plus irrésistible, on glisse vers les jeux sado-masochistes avec menottes, travestissement… La torture devient amour supplicié. À la fin, ce n'est plus une histoire chinoise. C'est tout notre schéma de tabous qui explose, avec la remise en question totale du policier. 
Alors que la mise en scène de cette confrontation se réduit à une suite de champ/contre champ, les courtes scènes très picturales de la vie de A Lan sont filmées aussi bien en travelling qu’en caméra portée ou encore à la grue.
Les deux acteurs sont exceptionnels. Hu Jun, qui joue le policier, est certes un acteur populaire en Chine, du fait de ses nombreuses apparitions dans de nombreux téléfilms ou séries, mais il n’en est pas moins considéré comme l’un des plus grands acteurs de théâtre de sa génération. Il est membre de la compagnie "Beijing People’s Art Theatre", la compagnie de théâtre dramatique et moderne de renom national (RPC). Il excella dans la très célèbre pièce de Beckett En attendant Godot, qui fut présentée tant en Chine qu’en Allemagne. La pièce East Palace, West Palace lui permit également de jouer à l’étranger et de se faire remarquer comme cela fut le cas au festival d’Edinburgh. Hu Jun n’est pas seulement un « théatreux » et certaines productions cinématographiques lui offrent de grands rôles comme pour Liehuo Enyuan en 1990, de Xie Yuzhen, ou bien encore en reprenant la pièce qui le révéla, East Palace, West Palace de Zhang Yuan en 1996. Il obtiendra d’ailleurs, à juste titre, pour ce dernier le prix du meilleur acteur au Festival du Film de Taormina (Italie) en 1997. Le public gay français le connaît aussi pour son interprétation du promoteur amoureux dans Lan yu de Stanley Kwan. Quand à Si Han, c’est sa première apparition à l’écran. Auparavant, il était animateur radio et doubleur de films. À Cannes en 1997, il décrivait ainsi son travail : « La forme du film accorde une grande importance au récit, aux dialogues. Le rôle d’A Lan appelait un accent considérable sur la voix, le rythme, le souffle intérieur. Je lui ai appliqué la technique des “quatre s” : “sad, sensitive, soft, sexy” (“triste, sensible, tendre et sensuel”). J’ai essayé de composer un personnage qui a connu la souffrance, a été fortement ébranlé psychologiquement et cherche l’amour et la reconnaissance de l’autre. »
Zhang Yuan aime se pencher sur les marginaux de la société chinoise : qu'ils soient enfants inadaptés (Mama 1990), ados délinquants (Beijing Bastard 1992), ou donc de jeunes homos. Si l'on ajoute cette obstination à se passer des subventions de son pays, on peut considérer qu'il est l'un des leaders du cinéma indépendant chinois. 

 

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Le film a fait partie de la sélection « Un Certain Regard » 1997 à Cannes. Mais le cinéaste n’a pu se rendre en France. Les autorités chinoises ont purement et simplement confisqué son passeport, sans aucune justification, l'empêchant de fait de se rendre à Cannes, et ont fait pression sur le Bureau du Festival pour que son film soit retiré de la sélection officielle (il est arrivé en une seule copie, par valise diplomatique). Le film a pourtant été tourné à Pékin en toute légalité. Remarquons que le tournage proprement dit a été en majeure partie financé par Zhang Yuan lui-même, marquant ainsi clairement sa position d'indépendance vis-à-vis des Studios Officiels chinois. Une fois tourné, les rushes ont été envoyés en France et le montage du film s'est effectué à Paris. Il a bénéficié d'une aide du Ministère des affaires étrangères français. Zhang Yuan n'a d'autre part jamais revendiqué l'étiquette de « dissident ». Il a tourné depuis plusieurs films : Seventeen years (1999), I love you (2001)…
Le film existe en DVD en France. Il est édité par Optimale. Il comporte un making of malheureusement sous-titré qu’en anglais. En outre, la compression du film est médiocre, ce qui rend parfois l’image instable surtout dans la première moitié du film.

 



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2 BY 4

Publié le par lesdiagonalesdutemps



       

 

Fiche technique :


Avec Jimmy Smallhorne, Chris O'Neill, Bradley Fitts, Joe Holyok, Terry McGof, Michael Liebman, Ronan Carr, Leo Hamill, Seamus McDonagh, Kimberly Topper, Conor Foran et James Hanrahan.

 

Réalisation : Jimmy Smallhorne. Scénario : Terry McGoff & Jimmy Smallhorne. Directeur de la photo : Declan Quinn. Montage : Scott Balcerek & Laure Sullivan. Musique : Nigel Clark & Jerome Di Pietro.


USA, 1997, Durée : 90 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :
Dans le New York de la fin des années 90, Johnnie (Jimmy Smallhorne), un émigré irlandais à la trentaine virile, travaille comme contremaître pour son oncle (Chris O'Neill) entrepreneur marron qui construit des bureaux. Bien qu’il ait une petite amie (Kimberly Topper), Johnnie, les soirs – fréquents – de beuverie et de défonce ne répugne pas à s’offrir un gigolo. C’est ainsi qu’il rencontre Christian (Bradley Fitts), un jeune immigré australien, pour qui il est surpris d’éprouver quelque chose qu’il ne connaît pas. Ce garçon perdu en demande de tendresse sauvera-t-il Johnnie de sa dérive destructrice ?

L’avis critique
 
Il est tout compte fait rare que le cinéma mette en scène le monde ouvrier et c’est encore plus rare pour le cinéma gay. Pourtant, l’ouvrier musculeux est l’un des fantasmes gays, surtout américain (voir un des Village People avec son casque de chantier). C’est justement sur les chantiers de New York où nous emmène 2 by 4. Johnnie, le personnage principal, est un contremaître qui travaille à la construction de bureaux pour le compte de son entrepreneur d’oncle. Il dirige une équipe d’émigrés clandestins irlandais. Sans nous infliger un pensum sur le travail dans le bâtiment, Smallhome (si j’ose dire) plante le décor avec efficacité. Nous apercevons un New York inhabituel, ni celui des touristes ni celui des bas-fonds glauques mais celui des rues anonymes du Village, de l’East River ou du Bronx ; Johnnie habite Riverdale, subtilement mais modestement cadré dans la lumière grise de l’hiver lorsque les sommets des buildings se confondent avec le gris métallique du ciel. Si les personnages de cette histoire ne sont pas pour une fois de jeunes mecs aux pectoraux sculptés, le héros n’est cependant pas repoussant avec son corps sec mais massif et son visage façonné par la vie, qui avoue bien sa trentaine bien tassée et qui nous raconte déjà une histoire bien raccord avec celle que l’on voit sur l’écran, toute nourrie par la psychologie des protagonistes que nous découvrons petit à petit. On est néanmoins surpris par le physique de l’oncle que l’on verrait plus en tailleur bessarabien qu’en patron magouilleur irlandais. Cependant, ce choix se révèle judicieux ; le physique inhabituel de l’acteur rajoute du mystère à ce personnage dont on pressent dès le début la noirceur. Il faut dire que Chris O'Neill, qui devait décéder peu de temps après la fin du tournage, est remarquable dans ce rôle de salaud.
Il faut rendre hommage à Smallhorne dont on perçoit bien que la motivation est totale et pour qui2 by 4 reste malheureusement le seul film à ce jour. Il a tourné, écrit et joué le rôle principal et avec quelle maîtrise ! Il atteint une authenticité incroyable dans la peinture de ces travailleurs. On pense beaucoup au cinéma de Mike Leight. Le casting mélange acteurs et non professionnels ; tous s’expriment dans le vrai dialecte irlandais de New York au lieu de se contenter de l'habituel accent approximatif. Le réalisateur a été très soucieux de la bande son, un mixage de chansons traditionnelles irlandaises et de bruits de New York, comme le grincement typique de son métro.
Si la première heure d’exposition du cadre et des personnages est remarquable, toute la fin du film qui consiste à nous faire découvrir quelles images enfouies rongent Johnnie est moins convaincante. Le cinéaste ne parvient pas vraiment à nous faire entrer dans la psyché et les terrifiants cauchemars de son héros. Au fur et à mesure, on s’aperçoit que Johnnie est hanté par des fantômes qu’il refuse de regarder en face et que la drogue et l’alcool ne sont que des échappatoires à cette confrontation. On peut voir en Christian une possible figure rédemptrice qui sauvera Johnnie de son enfer. Le film se termine par une image domestique apaisée qui peut nous faire espérer un avenir pour Johnnie. 

2 by 4 bénéficie d’un directeur de la photo de grande classe, Declan Quinn, qui a travaillé sur de nombreux clips dont ceux des Smashing Pumpkins et de U2 et de non moins nombreux films dontBreakfast on Pluto. Il a choisi de délibérément refroidir les couleurs où dominent les bruns dans des images assez granuleuses. Les plans, souvent en plongée, réussissent bien à transcrire le vertige et la stupéfaction d’un émigré perdu entre les gratte-ciels de Manhattan.
2 by 4 est un essai fort convaincant auquel il n’a manqué qu’un peu de métier pour être un grand film. Son âpreté restera néanmoins longtemps dans la mémoire de son spectateur.
Pour voir le film sur votre ordinateur cliquer sur l'écran ci-dessous

Disponible sur Megavideo (ENG S/T FRA)

Cette vidéo est hébergée chez Megavideo. Pour la voir, Cliquer une première fois sur la touche Play du lecteur, une nouvelle page (pub) va s'ouvrir, fermer la pub et cliquer de nouveau sur Play...  Le film se lance ! 


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