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401 articles avec cinema gay

La rivière, un film de Tsai Ming-Liang

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

'La Rivière' : l'eau pour symboliser une souffrance intenable

 

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Taiwan, 115mn 1996



Réalisation: Tsai Ming-Liang, scénario: Tsai Ming-Liang, Tsai Yi-chun et Yang Pi-ying,

avec: Lee Kang-Shen, Miao Tien, Lu Shiao-Ling, Ann Hui, Chen Chao-Jung, Chen Shiang-Chyi, Yang Kuei-Mei

 

Résumé

 

Hsiao-Kang, un jeune homme désoeuvré, accompagne une amie sur le tournage d'un film. La réalisatrice filme une scène où un cadavre flotte dans un fleuve pollué. Mécontente du mannequin utilisé, elle demande au jeune homme de le remplacer. Il accepte. Le lendemain Xiao-Kang ressent de violentes douleurs dans la nuque et aux épaules. Rien ne le soulage, la douleur s'amplifie et il est sur le point de devenir fou.

 

Avis critique

 

'La Rivière' : l'eau pour symboliser une souffrance intenable

Hsiao Kang, ce qui veut dire petit Kang, c’est donc le surnom amical (tendre?) de Lee Kang-Sheng, croise une ancienne copine (Chen Shiang-Chyi) au milieu d’un escalator: <<Tiens, salut qu’est ce que tu fais là? -début à la Rohmer. Petit Kang, désoeuvré, accompagne la dite copine sur un tournage de film auquel elle participe. Ce tournage à lieu au bord d’une rivière -le titre-. Là Ann Hui, un peu la marraine du cinéma taiwanais, dans son propre rôle (elle est la réalisatrice de ”Boat people”, ”Song of exile”...), a bien des problèmes avec son tournage. Le mannequin qui doit figurer un jeune noyé emporté au fil de la rivière est peu réaliste et ne fait pas illusion. Elle repère le beau Hsiao Kang, il est encore beau à ce moment du film, il n’a pas encore été martyrisé par Tsai Ming-Liang, et lui propose de remplacer le mannequin. Après quelques hésitation le garçon accepte, et le voilà en noyé au sortir d’un égout à la grande satisfaction de la cinéaste. Dès la fin de la prestation la copine l'emmène puant et trempé dans sa chambre d'hôtel pour qu’il se lave. Ce qui nous vaut une sensuelle scène de douche dont le réalisateur à le secret. Hsiao Kang pousse le souci d’hygiène jusqu’à se récurer à l’aide d’une brosse à dent. Tsai Ming-Liang est un réalisateur hygiéniste! Hsiao Kang et sa copine font l’amour, une première pour Lee Kang-Shen dans les films de Tsai Ming-Liang et une première hétérosexuelle. Dans ”Les rebelles” il n’en était qu’au voyeurisme chaste, dans ”Vive l’amour” il atteignait l’onanisme, il faut donc arriver à la rivière pour qu’il est une relation physique, qu’il y ai contact entre les corps. Tsai Ming-Liang fait suivre la scène érotique entre les deux jeunes gens par celle où l’on voit un homme (on apprendra plus tard que c’est le père de Hsiao Kang) caressant un garçon dans un sauna.

 

La Rivière image, 1/12


Bientôt un violent torticolis fait souffrir le garçon. Nous découvrons la famille de Hsiao Kang Où plutôt nous comprenons après presque une heure de projection que les trois personnages principaux du film forment une famille. Le spectateur qui aura déjà vu ”Les Rebelles” s’en sera douté puisque ”La rivière” reprend les acteurs qui jouaient les parents de Lee Kang-Shen dans le précédent film. ”La Rivière” est une sorte de suite aux ”Rebelles”. Visiblement quelques années ont passé depuis ”Rebelles”. Le père ne conduit plus son taxi; il est à la retraite. La mère travaille toujours dans une gargote. ”La rivière” met en abyme la vérité des relations familiales esquissées dans ”Rebelles”. Si ”La rivière” est une oeuvre qui résonne plus profondément, c’est qu’elle parvient à maintenir chez les spectateurs un équilibre magistral entre incompréhension et sympathie pour le personnage du père. Le cinéaste s'explique sur la récurrence des acteurs dans ses films: << J’aime utiliser le même groupe de gens, mais pour chaque acteur, il y a une raison différente et complexe. Je ressens une certaine responsabilité envers Chao-Jung et Kang-Shen, parce que c’est moi qui les ai amenés au métier d’acteur, et ce n’est pas une situation très enviable, en raison du marasme de l’industrie du cinéma à Taiwan. Si l’on prend Miao Tien, il a joué dans plus de cent films et son jeu est très stylisé. Mais j’ai découvert que dans la vie réelle, il a un sacré naturel, un grand sens de l’humour et même une certaine inquiétante étrangeté qui n’apparaissait pas jusqu’alors sur l’écran. Ca m’a vraiment emballé de découvrir ces traits de son caractère, et après avoir travaillé ensemble sur un téléfilm: ”La dot de Hsio Yueh” en 1991, je me suis juré d’écrire quelque chose pour lui. Pour ”La rivière j’ai changé la fin à cause de la fenêtre de l'hôtel où j’ai tourné la dernière scène. Originellement, Xiao-Kang se réveillait, et son père était parti acheter le petit déjeuner. Il regardait par la fenêtre et voyait son père disparaître dans la foule d’un marché traditionnel. Mais dans la chambre où nous tournions, la fenêtre s’ouvrait sur un balcon, donc j’ai changé la fin. Quelque fois , Dieu nous donne un petit coup de pouce.>> Pour bien comprendre les propos du réalisateur et même son film, il n’est pas inutile de savoir que le père est joué par Miao Tien, macho magique et super star du cinéma de Kung-Fu hongkongais dans les années 60, et que le metteur en scène a du obstinément le convaincre d’accepter cette dangereuse résurrection. A cette image, cette ”Rivière” imaginée par Tsai est parsemée de mines flottantes, de signaux dont on ne perçoit les prophéties qu’après un étrange décalage, d’ambiances indécidables où se distille un cinéma frais et pourtant morbide, la grande douceur du ton cachant des vertiges à chaque plan, ou presque, et laissant finalement le goût d’une tendresse carnassière...

C’est un précis de décomposition que cette famille. L’appartement familial, lui même est atteint, une fuite? venant de l’étage du dessus inonde les pièces. Le père (Miao Tien) retraité tue son ennui en draguant les gigolos dans les galeries marchandes et les saunas. La mère (Lu Shiao-Lin) travaille dans une immense cantine à la lumière blafarde et avant de rejoindre son ”foyer” fait un détour pour visiter son amant qui préfère regarder vautré sur son canapé des vidéos pornos dont il fait le commerce que d’honorer sa maîtresse. Bref, la chair est triste. Aux liens défait du récit répondent les liens non moins défaits de la famille. Quand a Hsiao Kang on dirait qu’il laisse la douleur l’envahir, meubler le néant de son existence. Cette douleur mystérieuse (on peut penser qu’il a contracté dans les eaux putrides de la rivière, à moins que ce ne soit le cinéma qu’il l’est contaminé) dont le film ne nous donnera pas la nature semble contaminer tout le corps de l’éphèbe. Sa tête ne se tient plus droite, ses membres ne lui obéissent plus, il devient une sorte de pantin désarticulé comme abandonné par son manipulateur. Mais elle réveille aussi l'intérêt de ses parents pour cet ectoplasme de garçon dans ses immaculés habits blancs. Le désir de cinéma de Tsai Ming-Liang se nourrit pour l’essentiel du démantèlement du corps de son personnage et donc de son acteur.”La rivière” n’a de cesse de faire regresser ce corps à l’état de pantin. Tsai Ming-Liang ne montre que des corps en souffrance. Celui du fils, mais aussi celui de la mère, qui se tord de désir au chevet d’un amant qui ne veut pas d’elle, ou celui du père qui cherche dans les bras de jeunes garçons dragués dans des saunas un lien filial qu’il n’a pas pu construire avec son fils. Autant dans toute la première partie du film les deux parents semblent complètement indifférent à l’existence de leur fils, autant ensuite ils font preuve d’un acharnement thérapeutique pour essayer de le guérir. La sollicitation tourne au trivial comique lorsque la mère prête à son fils son vibromasseur phallique pour que le garçon se masse...le cou! Le comique n’est pas absent de ”La rivière” particulièrement lors de la première rencontre sur l’écran entre le père et le fils. Hsiao Kang qui commence à ressentir une douleur au cou, dépasse son piéton de père, sans le voir, avec sa moto, presque aussitôt, il tombe de l’engin. Le père se précipite pour l’aider mais il se heurte au mutisme du garçon (on ne connait pas alors les relations entre les deux hommes, le père pourrait être un simple passant qui aide un inconnu). Suit une suite de postures presque clownesques, pour finir ils se retrouve tout les deux sur la moto, le père soutenant le cou de son fils d’une main tandis que de l’autre il cramponne une longue plaque de plastique ondulé qui devrait canalisé la fuite d’eau obsessionnelle. Ce moment de burlesque gestuel s’apparente au cinéma de Kitano, auquel ”Rebelles” faisait également penser mais cette fois par l’homo-érotisme des relations entre les deux voyous qui étaient proches de celles qu’entretenaient les deux héros de ”Kid return”. On peut y voir aussi un souvenir de Chaplin sur lequel Tsai Ming-Liang écrivit sa première critique de cinéma.

Il y a tout un pan du cinéma de Tsai Ming-Liang que le spectateur occidental appréhende mal. C’est son rapport avec les lieux que le cinéaste filme. Tsai Ming-Liang est un cinéaste strictement urbain, il n’explore pas avec amour la campagne Taiwanaise comme le font Hou Hsiao-Hsien, Wu Nien-Jen ou encore Lin Cheng-Sheng. Sa pratique de la ville de Taipei est une pratique de piéton, on peut penser que la remarquable scène du restaurant est une expérience vécue par Tsai Ming-Liang: Miao Tien, attablé seul dans un vaste restaurant, il capture le regard d’un jeune homme (Chen Cuao jung qui dans ”Rebelles” puis dans ”Vive l’amour” est l’objet de fascination du fils est dans ”La rivière” devenu un objet de séduction pour le père; Hsiao Kang croisera, frôlera même le garçon qu’il ne connait pas. Cette scène souligne que ”La rivière” n’est pas une suite stricto sensu aux ”Rebelles”) qui déambule le long de la vitrine. Miao Tien se lève pour rejoindre le garçon dans la galerie commerçante mais il a disparu, des pas résonnent mélangés à la musique qui émane du restaurant, (Tsai Ming-Liang n’utilise pas de musique de film, mais utilise la bande son, très soignée à l’instar d’un Godard); le jeune homme sort de l’encoignure où il s’était dissimulé, va nonchalamment à sa rencontre, puis le dépasse et marche vers la caméra; puis Miao se rapproche et l’on assiste à une sorte de parade de séduction entre mâles. Mais son regard n’est pas seulement sensuel, il est aussi politique sur une ville qui comme toutes les grandes métropoles asiatiques ne cesse de se bouleverser sous la pression de la spéculation immobilière qui détruit l’urbanisme traditionnel. On voit bien que le cinéaste est tombé amoureux des vieux quartiers de sa ville d’adoption avec leurs contre-allées et leurs rangées d’échoppes.

 


Le mal mystérieux aura ressoudé la famille. Ils le trainent de masseur en prêtre, de guérisseur en acuponcteur, ce qui permet au metteur en scène d’exercer son sadisme sur le jeune acteur (on pense à la relation d’Alfred Hitchcock avec Tippi Hedren sur le tournage des ”Oiseaux, est-ce nourri par le même désir physique inassouvi du réalisateur pour son interprète?), à la fin du film le beau Lee Kang-Shen n’est plus qu’un zombi au corps martyrisé, à la tête rasée. Le malheureux garçon ressemble alors au mannequin dont il a pris la place au début du film.

 

 

La fin du film est à la fois mystérieuse et ouverte. Nous suivons en parallèle la mère qui stoppe la fuite en pénétrant par escalade dans l’appartement vide d’au dessus (à ce sujet il est curieux de constater que c’est la seule qui semble savoir se déplacer de bas en haut, elle seule aura l’idée de monter chez le voisin absent pour fermer le robinet qui fuit.) , en fermant le robinet de l’évier, source de l’inondation et le père qui masturbe son fils dans un sauna, la coïncidence est un peu improbable d’autre part rien ne nous laissait deviner que le fils était attiré par les hommes, (le sexe masculin n’est il pas aussi un robinet? On pisse beaucoup dans les films de Tsai Ming-Liang) mais chacune des deux personnes ignorent (?) l’identité de l’autre. L'art du récit cinématographique de Tsai Ming-Liang doit très peu à la scénarisation. Il parvient à cueillir très vite le spectateur en ne lui donnant pourtant qu’un minimum d’informations sur ce qu’il est en train de voir. La scène fonctionne en miroir avec celle où le père est assis derrière son fils sur la moto, lui tenant la tête pour le soulager. Dans le sauna aussi l’ainé est derrière le garçon mais cette fois c’est son sexe qu’il tient et qu’il soulage. Un très beau plan éloigne cette scène du naturalisme; après que le père ai fait jouir le fils dans la cabine obscure du sauna, surgit du fond cadre un long morceau de papier hygiénique blanc, un surgissement presque fantastique, presque effrayant, presque clinique, chez Tsai Ming-Liang aussitôt le rapport sexuel consommé il doit être effacé d’où les multiples scènes de récurage dans son cinéma. Mais l’inceste (Le mot n’est jamais prononcé, il faut dire que Tsai n’est en rien un cinéaste du dialogue, les personnages sont quasi muet tout le long du film) père-fils est le grand sujet autant tabou qu’inédit du film. Il est aussi difficile de parler d’un film comme ”La rivière” sans se perdre dans les méandre de l’interprétation symbolique, car le film fonctionne comme une gigantesque allégorie, en forme de trompe l’oeil, de dédale de rue et de couloirs où se croisent une poignée de gens ”aveugles”. Son effet miroitant, tout en surface, en fait la métaphore d’un monde aquatique sourd et claustrophobique dont on peut cependant dépister les réseaux qui se ramifient autour de l’eau.


 

 

En tournant son film presque exclusivement en de très longs plans-séquences, auxquels il réussit à imprimer un mouvement interne, une pulsation qui est propre à chacun d'eux.Il parvient aussi a donner une expréssivité maximale à chacun de ses plans. Sans aucun effet de montage, sans musique, réunissant rarement plus de deux personnages dans le même champ, le cinéaste crée une atmosphère irrespirable qui nous renvoie à nos angoisses les plus sourdes. Ainsi « La rivière » parvient à sublimer la solitude et la misère sexuelle par un parti pris esthétique aussi puissant que retenu. Ce style méticuleux, calculé, irradie une intensité constante.

 

 

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(Mot de passe - www.AvaxHome.ru)

 


Pour retrouver Tsai Ming-Liang sur le blog: REBELS OF THE NEON GOD (LES REBELLES DU DIEU NÉON) , HEI YAN QUAN (I DON'T WANT TO SLEEP ALONE)  

 

Publié dans cinéma gay

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Tout contre Léo, un film de Christophe Honoré

Publié le par lesdiagonalesdutemps


 


 

France, 2002, 88min 


Réalisation: Christophe Honoré, scénario: Christophe Honoré & Diastème, musique: Alex Beaupain


avec: Yaniss Lespert, Pierre Mignard, Marie Bunel, Rodolphe Pauly, Jérémie Lippmann, Dominic Gould, Louis Gonzales, Joana Preiss, Alex Beaupain, Assaad Bouab, Sylvie Contant, Louis Gonzalez, Julien Honoré, Laurent Honoré, Anna Kerivel, Gwen Le Gac, Jean-Yves Le Maout, Jean-Pierre Limosin, Harmony Lucas, Abdellah Moundy, Julien Peny, Dominique Perrier, Fabrice Petit-Huguenin, Maud Pluquet, Gaetano Weysen-Volli

 

Résumé


Dans une famille, les quatre garçons font le bonheur de leurs parents. Pourtant, mais depuis l'annonce par Léo, 21 ans, de sa séropositivité, la vie n'est plus la même.


Léo s'applique à préserver son petit frère de douze ans, Marcel. Mais Marcel (Yaniss Lespert, qui est le frère de Jalil Lespert)  

est loin d'être bête et a bien compris qu'un événement grave menace la quiétude de sa famille. 


Enchaînant les bêtises, Marcel souffre. Léo, qui vient d'apprendre que son sida est déclaré, propose à Marcel de partir quelques jours avec lui à Paris...

L'avis critique

Lorsque Christophe Honoré débute le tournage de Tout contre

Léo, il ne se prend pas encore pour un auteur. Il est seulement un écrivain pour la jeunesse d'ailleurs le film est l'adaptation d'un de ses romans destinés aux adolescents. Il n'a pas encore ses tics auteuristes qui nuiront ensuite à tous ses film ni dans ses bagages le parfois encombrant Garrel. C'est paradoxalement avec légèreté qu'il filme un sujet grâve, l'impuissance face à la mort qu'il filmera ensuite moins frontalement mais qui hante tous ses films. Il faut faire l'effort de replacer le film dans le contexte historique de la maladie, avant la trithérapie, lorsque l'annonce d'un sida déclaré voulait dire une mort prochaine à brêve échéance. Le scénario traite également du silence qui entourait et en partie entoure toujours cette maladie et des  dommages collatéraux qu'entraine ce silence. Tout contre Léo explore aussi un thème assez rare dans le cinéma, les relation entre frères On y voit une fratrie, de garçons qui ne sont pas encore devenus des hommes, des garçons emmêlés dans la pudeur de leurs sentiments, incapables de se dire tout, incapable de se séparer les uns des autres et sachant pourtant que l’un d’entre eux est menacé de mort.


Il faut également se souvenir que ce film était au départ prévu pour la télévision d'où une profusion de plans moyens. Ce qui n'empêche pas le réalisateur de déjà montrer qu'il est un grand paysagiste (qualité que l'on retrouve dans tous ses films et qui sauve partiellement les moins convaincant) aussi bien lorsqu'il filme sa chère Bretagne, "Tout contre Léo" est certainement son film le plus autobiographique, que Paris. Lors d'une interview une confidence de Christophe Honoré atteste ce coté autobiographique: << « J’avais cette histoire, je voulais dire à quelqu’un qui était en train de mourir de cette maladie-là que je n’arrivais pas à l’aider, et cette personne-là je voulais lui dire ça, que j’étais là. » Une vision, un peu trop idéale et lisse de la société est certainement due au cahier des charges "téléfilm" (une famille idéale, dans une campagne idéale, sans problème d'argents, ce qui devrait permette au spectateur moyen de s'identifier).

  

Le film connut bien des problèmes de diffusion. Lors du débat après la projection au Festival du Film Gay et Lesbien de Paris, le réalisateur expliquait qu'M6 a censuré ce film uniquement pour une scène de sexe masculine assez explicite, bien que seules soient vues deux belles paires de fesses. Alors que la chaîne avait accepté le scénario, à l'intérieur duquel la scène était clairement décrite, c'est à la vision du film monté qu'on a demandé au réalisateur de couper cette scène. Impossible a-t-il rétorqué, elle est essentielle au film. Le film devait passer au printemps 2002 sur la chaîne qui ne l'a en fait jamais diffusé... On le verra finalement sur Pink TV en septembre 2006. Au sujet de cette censure Christophe Honoré déclarait: « C’est très énervant de voir que l’homosexualité à la télévision passe s’il n’y a pas d’homosexualité. Dès qu’on veut parler du désir, du corps, et de cette sensualité un peu différente, les gens se crispent et pensent – comme M6 – que c’est susceptible de choquer les gens. »

Tout contre Léo est une tragédie familiale pleine de tact et de pudeur.

 

   

Nota:  En 2010 est présentée une adaptation théâtrale par Marie Blondel, avec Thomas Gornet. Vous pouvez la voir dans son intégralité en cliquant sur la flèche de l'écran ci-dessous. En ce qui me concerne je n'adhère pas à l'idée même d'adaptation d'un texte pas fait d'emblée pour le théâtre sur scène et ce n'est pas cette adaptation qui me fera changer d'avis. Vous pouvez juger par vous même...

 

http://www.imdb.com/title/tt0346039/

 







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576x320 681MB 88min
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Unir / Join:
http://www.jaist.ac.jp/~hoangle/filesj/

Leitor Completo / All in one directshow player:
http://www.baixaki.com.br/download/the-kmplayer.htm

Pour retrouver Christophe Honoré sur le blog:  La belle personne, un film de Christophe Honoré, Tout contre Léo, un film de Christophe HonoréLes Bien-Aimés, un film de Christophe Honoré, LES CHANSONS D'AMOUR, un film de Christophe Honoré  

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LE TRAITE DU HASARD, un film de Patrick Mimouni

Publié le par lesdiagonalesdutemps

      1998 affiche du film de Patrick Mimounile: Le traité du hasard

 

 

France, 95 mn, 1998

 

Réalisation: Patrick Mimouni,, scénario: Patrick Mimouni, image:  Florent Montcouquiol, 


avec: Patrick Mimouni, Eliane Pine-Carringhton, Laurent Chemda, Nini Crépon, Bruno Anthony de Trigance

 

Résumé


À Paris, entre 1995 et 1997, la chronique d’une petite bande d’homosexuels, genre « folles », confrontés à la séropositivité, chacun à sa manière. L’un d’eux va développer la maladie, mais sans y succomber, grâce à l’arrivée des trithérapies. l’apparition foudroyante du sida et les déréglementations sexuelles, sociales et politiques qui en découlèrent vu par le journal intime cinématographique de Patrick Mimouni.

 


L'avis critique


Il y a deux Patrick Mimouni celui de ”Bertrand Disparu” et de ”La villa Mauresque” à la mise en scène rigoureuse et elliptique et le Patrick Mimouni témoin cinématographe de sa propre vie où la caméra espionne l’intime. Sans oublier le documentariste, le traité du hasard est aussi une captation quasi documentaire du vécu d'un certain type de pédés, hyper parisien et pas vraiment dans la misère à la fin des années 90 qui est peut être, surtout rétrospectivement la grande force du film.  C’est à cette deuxième veine qu’appartient ”Le Traité du Hasard”. Il y a adopté résolument deux parti pris: il ne quitte pas le territoire du quartier gay de Paris: Le Marais, dont pourtant on ne verra presque rien, et il exclut de son film toute présence féminine, ce qui donne un certain surréalisme et aussi une distanciation inattendue.

Patrick Mimouni revendique le fait qu'il ait réalisé un film de folles: <<Le Traité du hasard” est une histoire de folles, mais pas du tout dans un sens péjoratif. Ce qui m’intéresse, c’est le moment où les gens craquent. C’est ce qui révèle les personnages. Bien sur il ne faut pas en abuser sinon cela devient une technique et tout finit dans la crise de nerfs. Les personnages les plus importants du film, Eliane, Nini et Laurent, craquent tous. Mon personnage est plus en retrait, plus du coté du coeur, du commentaire. Je regrette qu’il n’y ai pas une plus grande amplitude des générations. C’est un aspect qui me touche beaucoup: voir une époque se détacher de soi parce que le corps change vieillit et qu’on finit par s’identifier aux corps des jeunes garçons de 20 ans...Moi je suis un pédé historique, d’une époque où devenir pédé c’était une révolution permanente. Retrouver dans Laurent des résurgences de ce que j’ai été, cela crée une proximité.>>. Le réalisateur se pose aussi en héritier d’un certain cinéma militant. 

 

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”Elle” se réveille, pas fraîche à midi, son homme (Patrick Mimouni, jouant Patrick Mimouni ) est déjà debout, mais ne peut pas faire du café, parce que c’est trop compliqué! Elle vient de se casser un ongle ...<< T’a pas de la superglue?>> Cette situation et la question donnent le ton du film: un film de folles speedées parisiennes. L’adepte de la superglue pour la réparation des ongles est ”Lou Rockfeller”, mi- drag-queen mi-pétasse et entièrement pompante, jouée par Eliane Pine Carringhton, le modéle travesti de l’artiste Fabrice Hybert, est en plein rush: elle passe à la télé dans quelques heures... Vertiges de la vie d’un gay menée avec une énergie souvent proche du désespoir, énergie dopée à la coke et aux ectasies. Dans ”Le traité du hasard” on vit vite, sans grandes activités professionnelles, on s’aime entre hommes et surtout on parle, tantôt dialogues vachards, réjouissants souvent, où le cynisme se dispute à la férocité, mais tantôt considérations métaphysiques fumeuses d’un niveau navrant. Patrick Mimouni a réalisé un film où il fait jouer ses amis. Et il mélange jusqu’à la confusion histoires sur le sida et propos intimes. D’ou le naturel étonnant des personnages. Malheureusement le réalisateur n’a pas su choisir entre la fiction et le journal intime. Le film nous présente cote à cote des personnages ”réels” et des personnages de fiction. Ainsi malgré son talent on ne peut pas croire que Nini Crépon soit chroniqueur dans le ”Libération” de 1998, qui n’est plus celui des modèle de son rôle, un mélange d' Alain Pacadis et de Michel Cressole. Il est dommage que Patrick Mimouni ne s’en soit pas tenu à la forme de l'autobiographie cinématographique, cinéma-vérité dans lequel il excelle comme le prouve ses deux opus: ”Les Amis” et ”La Maison”, malheureusement deux moyen métrages qui ne sont jamais sortis en salle. ”Le Traité du hasard” est avant tout un film d’acteur, si Patrick Mimouni n’est pas toujours convaincant comme comédien, son casting est formidable, quel plaisir de retrouver son ami de toujours: Bruno Anthony de Trigance, déjà délicieusement insupportable dans ”Les Amis” et ”La Maison” et surtout de découvrir Laurent Chemda dont on peut apprécier la nudité intégrale, mais qui est beaucoup mieux qu’un bel éphèbe culturiste, il est le seul à vraiment donner de l’émotion au film grace entre autre à son merveilleux sourire incertain. On reconnaitra bord-cadre des figurants de prestige, comme Pierre et Gilles. Il reste que ce film est un formidable portrait de groupe dans un ton doux-amer d’une rare honnêteté dans lequel l'émotion n'est pourtant pas absente, la dernière réplique sont les derniers mots de ”La Vie en Rose”, que chantait par Edith Piaf:<< Alors, je sens en moi, mon coeur qui bat...>>.

 

autre image de Laurent Chemda réalisé par Pierre et Gille qui sont les auteurs de l'affiche du film.


P.S. N'ayant pas pu revoir ce film depuis sa sortie en salle, je serais très heureux si un de mes lecteurs pouvait me le procurer.    

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Notre paradis, un film de Gael Morel

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

 

France, 100 mn, 2011

 

Réalisation: Gael Morel, scénario: Gael Morel, Photographie: Nicolas Dixmier, Musique: Camille Rocailleux, Montage : Catherine Schwartz

 

Avec: Stéphane Rideau, Béatrice Dalle, Dimitri Durdaine, Didier Flamand, Jean-Christophe Bouvet, Raymonde Bronstein, Malik Issolah, Mathis Morisset  

 

Résumé

Vassili (Stéphane Rideau), 33 ans est un prostitué aux pulsions criminelles qui voit son commerce décliner en raison de son âge avancé pour son activité. Une nuit il trouve un jeune homme inanimé, (Dimitri Durdaine) dans le Bois de Boulogne. Il vient de se faire tabasser. Vassili le recueille chez lui. Amnésique à son réveil, le jeune homme est rebaptisé Angelo par son protecteur. Les deux hommes, devenus complices et amants, se prostituent ensemble et volent leurs clients. Mais peu à peu, l’étau se resserre suite aux menaces de représailles; le couple doit fuir Paris précipitamment. La cavale commence…

 

Stéphane Rideau et Dimitri Durdaine dans Notre paradis

 

L'avis critique

 

Gael Morel dans tous ses films montre des qualités rares dans le cinéma et en particulier dans le cinéma français, celle de la sincérité un don pour esthétiser les corps masculins et surtout celle de filmer avec réalisme et conviction les classes populaires. On peut penser que ce dernier don lui vient de ses origines. Ce qui fait que d'emblée on croit à l'existence des deux paumés qu'il met au centre de son récit. Mais la médaille a son revers, aussitôt qu'il s'éloigne de son milieu, le cinéaste empile les clichés.

 

Stéphane Rideau et Dimitri Durdaine dans Notre paradis

 

Pour tous les cinéphiles, le nom de Gael Morel est associé à celui de Téchiné qui l'a fait découvrir en tant qu'acteur dans un de ses films les plus connus, "Les roseaux sauvage" et aussitôt que l'on ajoute au nom de Téchiné, le mot de prostitution, c'est le titre d'un autre film du réalisateur qui remonte du fond de notre mémoire, celui de "J'embrasse pas". L'atmosphère glauque de "notre paradis" qui n'est pas sans rappeler celle de "L'homme blessé" nous ramène aux années 80 où le seul horizon cinématographique possible de l'homosexualité semblait être la prostitution. Même les membres les plus revendicatifs de la mouvance gay devraient convenir que cela ne reflète guère la réalité d'aujourd'hui, surtout à Paris. Sur ce point le cinéaste dans une interview réfute cette critique, que je maintiens néanmoins: << Au cinéma et dans les séries (Plus belle la vie,Avocats & Associés), elle est vécue par des hommes qui travaillent, rentrent chez eux le soir, etc. Alors que, même si c’est le cas, leur réalité sexuelle, là où la télé ne peut jamais aller, est très différente : boîtes innombrables, lieux de drague. j'ai intention de proposer à un public homo de se reconnaître dans un personnage mauvais>>. On pense également au film de Claire Denis "J'ai pas sommeil", aussi peu psychologique que celui-ci.

 

Dimitri Durdaine et Béatrice Dalle dans Notre paradis

 

La première scène, un numéro de cabotinage grandiose et pitoyable de Jean-Christophe Bouvet met d'emblée mal à l'aise. L'inconfort ne quittera plus le spectateur.

 

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Ne voulant, ou plutôt ne pouvant pas, donner d'épaisseur psychologique à ses personnages, Le passé et les motivations de Vassili ne sont jamais explicités, on peine à croire à l'amour fusionnel de Vassili et d'Angelo et encore plus que le premier puisse pousser le second vers le crime.

Le film est à la fois un film de serial killer (vous remarquerez qu'heureusement, on dénombre beaucoup plus de films sur les serial Killer que de serial killer), la peinture d'un amour fou entre deux garçons et la chronique sur la prostitution masculine qui est malheureusement filmé d'une façon naturaliste en regard de l'image peu crédible, car univoque, qu'il donne de la communauté homosexuelle.

Les meilleurs scènes du films sont celles sur l'intimité du couple. Je regrette que le cinéaste ne se soit pas contenté d'un quotidien épuré d'un romanesque bon marché. Il faudrait que les cinéastes comprennent, surtout lorsqu'ils savent bien filmer comme gael Morel, qu'il n'est pas nécessaire pour intéresser le spectateur de truffer leurs films de crimes ou de pyrotechnie, un Mike Leigh par exemple l'a compris... Sur le vieillissement d'un homosexuel, Jacques Nolot sans romanesque extravagant avec  AVANT QUE J’OUBLIE a réalisé un film beaucoup plus convaincant que celui de Morel.

 

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Stéphane Rideau et Dimitri Durdaine dans Notre paradis

 

Stéphane Rideau et Dimitri Durdaine dans Notre paradis

 

Notre paradis

 

Dimitri Durdaine et Béatrice Dalle dans Notre paradis

 

Stéphane Rideau dans Notre paradis

 

Le véritable problème de Gael Morel est qu'il a voulu tourner un scénario qu'il a écrit ce qu'il ne sait pas faire. Outre les multiples invraisemblances de cette histoire de nombreuse séquences semblent n'avoir pas grand chose à voir avec l'histoire principale comme cette visite à chez une ex-petite amie de Vassili, mère célibataire d'un enfant à problèmes qu'ils vont embarquer dans leur cavale, qui vient comme un cheveu sur la soupe.

En revanche une autre séquence est bien amené, celle de la visite chez le docteur, joué par Roland Copé , lorsque ce dernier ouvre son réfrigérateur, je me suis demandé si l'on allait pas bifurquer vers une histoire à la Poppy Z. Brite... 

 On retrouve dans "Notre paradis" un thème qui obsède le réalisateur, la perte de la jeunesse. Il est le centre caché du film. D'une manière plus ou moins ténu on peut le retrouver dans presque tous ses films comme dans "Après lui" par exemple. 

 

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Si comme le disait fort justement Paul Valery à propos de Degas pour un peintre dessiner c'est caresser, pour Gael Morel filmer le corps d'un garçon, c'est aussi le caresser.

Techniquement le film est soigné, montage nerveux, cadre soigné, souvent inventif avec quelques beaux contrejours, bien sûr sur le corps de Dimitri Durdaine, mais aussi lorsque le cinéaste filme la nature ou Paris (la leçon de Christophe Honoré?) , éclairage de même, avec des alternances réussies de séquences sombres suivie de lumineuse, bonne utilisation des décors.

 

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Il y a un autre don que possède Gael Morel et que j'ai ommis de mentionner dans le chapeau de ma critique, c'est l'excellence de sa direction d'acteur, si les qualités de comédien de Stéphane Rideau ne sont plus à démontrer, je conseille à ceux qui pensent que l'acteur n'est convaincant que dans les rôles de jeunes prolos, de voir le téléfilm dans lequel il incarne Georges Brassens; il est sensationnel! En revanche ce que le cinéaste parvient à faire faire au débutant Dimitri Durdaine est époustouflant. Le jeune acteur est la révélation du film, espérons que le cinéma français, si frileux envers les acteurs atypiques saura l'utiliser. Le choix de Dimitri Durdaine ne doit pas être étranger à la présence sur le film de Jacques Grant, grand directeur de casting, pour Téchiné notamment, que j'ai reconnu en client suceur et pingre.

 

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Si ce film est en grande partie raté, uniquement à cause de son scénario et ce ne sont pas les dialogues qui l'améliorent, il n'en reste pas moins qu'il est heureux qu'existe encore, pour combien de temps (?) de tels films dans le paysage formaté (principalement par les télévisions, aucune télévision a accompagné son film) du cinéma français. Le film a été interdit au moins de seize ans.

Il est dommage qu'à une histoire de pacotille, à laquelle on ne croit pas, Gael Morel n'est pas préférer filmer le quotidien d'un prostitué vieillissant. Il y a la matière de faire un film autrement plus vrai et touchant que ce paradis frelaté, surtout lorsque l'on a sous la main un acteur de la trempe de Stéphane Rideau.

 

Nota: Je voudrais remercier, Alain, un de mes rares commentateurs qui m'a remis en mémoire ce film que j'avais raté en salle en raison de son passage éclair sur les écrans.

 




















 

Pour télécharger le film

http://rapidshare.com/files/ 704123221/EngSubQaFoNENotreparadis.avi 

 

Lien Streaming

http://uploadhero.com/v/8HQnH9AD

 

Pour retrouver les films de Gael Morel sur le blog:  Notre paradis, un film de Gael MorelNEW WAVE de Gaël Morel



 

 

 

Publié dans cinéma gay

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Christopher et Heinz, une histoire d'amour berlinoise (Christopher and his kind) un film de Geoffrey Sax (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Grande Bretagne, 2010, 89 mn


Réalisation: Geoffrey Sax, scénario: Kevin Elyot, musique: Dominik Scherrer, Photographie : Kieran McGuiganMontage : Paul KnightDécors : Suzie Davies


Avec: Imogen Poots (Jean Ross), Matt Smith (Christopher Isherwood), Toby Jones (Gerald Hamilton), Lindsay Duncan (Kathleen Isherwood), Will Kemp (Bobby Gilbert), Douglas Booth (Heinz Neddermayer), Iddo Goldberg (Wilfred Landauer), Alexander Doetsch (Caspar), Tom Wlaschiha (Gerhardt Neddermayer), Pip Carter (Auden) 






Résumé

Christopher Isherwood (Matt Smith) arrive à Berlin en 1929. Il fréquente les nombreuses boîtes de nuit où dansent, chantent et se séduisent des hédonistes des deux sexes. Il est souvent accompagné de son ami (et parfois amant) le poète W. H. Auden qui bientôt rentre en Angleterre. L'écrivain après s'être amouraché d'un musculeux Caspar (Alexander Doetsch) qui ne tarde pas à disparaitre, tombe follement amoureux d'un très joli jeune cantonnier allemand, Heinz Neddermayer (Douglas Booth). Mais l'ombre des nazis commence à planer. Dans l'entourage d'Isherwood, certains s'inquiètent, comme son copain juif Wilfrid Landauer ou la chanteuse Jean Ross. Christopher et Heinz partent en Angleterre. Mais les autorités ne veulent pas de cet immigrant homosexuel..




L'avis critique

Avec Christopher et Heinz, voilà le deuxième film après,  Chris & Don, a love story mais qui se situe chronologiquement vingt ans avant, que je visionne en quelques mois d'après la vie de Christopher Isherwood. Je ne compte pas " single man de Tom Ford"  qui, s'il contient probablement des éléments autobiographiques, est lui tiré d' un roman de Christopher Isherwood. Dans Christopher et Heinz, il s'agit bien de la vie réelle de l'écrivain et non d'un de ses fantasmes.




Dans une des premières scènes très pédagogique, la BBC dont le film est une production n'oublie jamais le volet pédagogique de ses fictions, ce qui rend les scènes d'exposition un peu convenues, nous est présenté la situation d'Isherwood en 1931 qui part à Berlin pour échapper à l'atmosphère familiale étouffante et pour les garçons. Berlin était alors la Mecque de l'homosexualité comme le montre sans tergiverser "Christopher et Heinz. Le film est en écho ou plutôt en assonance avec Cabaret. Mais il donne une vision plus juste de l'expérience du groupe d'"oxbridge" qui se trouvait en Allemagne, Berlin pour Isherwood et Hambourg en ce qui concerne Spender, au début des années trente, essentiellement pour des raisons sexuelles.



Le film étant anglais les acteurs sont impeccables, bien qu'ayant vu le film en version française cela ait un peu gâché mon plaisir et les reconstitutions d'époque sont soignées, les gares sont enfumées à souhait, cela allait presque de soit sans le dire lorsque l'on a à faire à une oeuvre télévisuelle britannique.


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Ce téléfilm est directement inspiré des mémoires de Christopher Isherwood, "Christopher and His Kind", publiés en 1976 en Angleterre, mais sauf erreur de ma part toujours pas traduite en français. L’écrivain britannique y raconte entre autre son séjour à Berlin de 1929 à 1939, date à laquelle il alla s'installer aux Etats-Unis où il est mort en 1986 à l'âge de 81 ans.
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Le réalisateur abuse un peu trop des ambiances nocturnes. Les profondeurs de champ sont toujours maximum, ce qui permet d'admirer les décors et parfois autre chose... Je m'en voudrais de ne pas insister sur la reconstitution de l'Allemagne de ces années là qui est impressionnante. Les anglais sont imbattable dans les reconstitutions historiques, non seulement ils restituent des décors mais ils savent en ressusciter l'âme.
Le film me fait m'interroger sur la curieuse attitude que je trouve assez lâche d'Isherwood. Si on nous le montre tardivement critique envers les nazis, il se proclame presque jusqu'à l'avènement d'Hitler, jusqu'au moment où il voit les nazi faire un bucher des livres interdits, politiquement neutre. Vivant en spectateur des troubles puis des drames que vit le pays où il habite depuis plusieurs années, sans semble-t-il prendre conscience que le glas a sonné pour les plaisir qu'il y est venu chercher. Je crois que Auden lorsqu'il dit à son ami que la seule cause qu'il lui importe c'est lui même, en quelques mots définit bien le Christopher Isherwood des années trente... Mais avec le temps le nomade Isherwood s'est fixé en Californie et y a perdu son égoïsme... 
 Si "Christopher et Heinz" dans notre époque où la plupart des hommes ne semblent pas avoir plus de mémoire qu'un poisson rouge en apprendra beaucoup sur les moeurs de l'Allemagne de Weimar à la plupart par son didactisme, je crains que celui-ci rebute les plus informés. Certains personnages sont là que pour fournir une information sur l'air du temps au spectateur mais ne sont pas utile à l'intrigue proprement dite. Ils sont là au même titre qu'un élément de décor, pas plus, pas moins.

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Si les rapports sexuels entre homme sont montrés d'une façon très explicite,  à mon avis inimaginable à la télévision française, pour cela j'aimerais bien voir, pour comparer une biopic d'André Gide, c'est tout de même assez pudique.
Comme toujours, lorsqu'un film met en scène des personnages ayant existés, dont l'apparence est connue, de moi tout du moins, je suis gêné lorsque l'acteur l'incarnant ne ressemble en rien à son modèle. Si Matt Smith qui campe aussi actuellement le célèbre Doctor Who dans une série du même nom, fait un jeune Isherwood tout à fait possible, il n'en est pas de même pour Pip Carter qui est beaucoup plus beau que le véritable Auden qui était fort laid. Heinz est incarné par Douglas Booth, qui a joué récemment Boy George dans un téléfilm toujours inédit en France.


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Christopher et Heinz est une plaisante illustration, bien qu'un peu appliquée, du volet berlinois de l'indispensable essais de Florence Tamagne, "L'histoire de l'homosexualité en Europe, Berlin, Londres, Paris 1919-1939 paru en 2000 aux éditions du Seuil. Il ne faut pas oublier que la suite de l'histoire, non pour Christopher Isherwood, mais pour la plupart des silhouettes aperçues dans ce film, ce fut " BENT "...

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On peut voir le film directement sur son ordinateur en se rendant à l'adresse ci-dessous:
http://videos.arte.tv/fr/videos/christopher_et_heinz-
3711464.html

Capture-d-ecran-2011-08-27-a-16.37.28.jpg
Petite annexe à ce billet; Quatorze ans après  les 1.100 pages du premier tome du journal intime d' Isherwood qui recoupait entre autres les années que couvre "Christopher et Heinz, voici la suite qui va de 1960 à 1969. Isherwood a besoin de 800 pages pour raconter ces dix années d'inquiétude et d'introspection. La grande crainte d'Isherwood est alors de voir Don Bachardy le quitter pour un de ses nombreux amants. A ce propos ce journal donne un aperçu un peu moins idyllique de la relation entre les deux hommes que le film Chris et Don. On voit Isherwood souvent bouder. On a le sentiment que Bachardy fait planer constamment sur son amant et mentor la menace de leur séparation. Il y a aussi les voyages, entrepris seul ou avec Don. En particulier celui en Inde où Isherwood est invité à déjeuner par Nehru en compagnie d'un aréopage improbable comprenant Irving Stone, Marlon Brando et Danny Kaye! On trouve aussi dans ces pages des portraits assez caustiques de ses vieux amis comme Auden, Spender, E.M. Forster. Est-il envisageable d'espérer une traduction française de ce massif aussi intéressant par son analyse psychologique d'une relation amoureuse entre deux hommes sur une longue période que sur l'histoire littéraire du XX ème siècle. L'ouvrage, bien relié, à l'américaine est très facilement trouvable sur Amazone, environ trente euros ou si vous êtes à Londres dans toutes les librairies. Le livre ne passe pas inaperçu.


Autres présences de Christopher Isherwood sur le blog:  Chris & Don, a love storysingle man de Tom FordDon Bachardy


On peut lire directement le film sur son ordinateur en cliquant sur la flèche de l'écran ci-dessous

 

 

 

 

 


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Absent (Ausente) un film de Marco Berger (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Argentine, 2011, 95 mn

Réalisation: Marco Berger, scénario et montage Marco Berger, image: Tomas Perez Silva, musique:Pedro Irusta,

Avec: Javier de Pietro, Carlos Echevarria, Alejandro Barbero, Rocio Pavo,

 

 

Résumé

Martin se blesse l'oeil durant le cours de natation. Sébastien, son professeur, le conduit à l'hôpital. A la sortie, il lui propose de le raccompagner chez lui mais le jeune homme veut retourner à la piscine pour rejoindre un copain chez qui il doit dormir. L'ami n'est pas au club, Martin n'a nulle part où aller. Martin ment et Sébastien décide de l'emmener avec lui, sans se douter des véritables intentions de son élève ou autrement dit un garçonment à son professeur de sport, pour s'incruster chez lui une nuit, espérant que quelque chose se passe...


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L'avis critique

Les argentins sont volontiers anglophiles. Est-ce pour cela que leur cinéma, tout comme le britannique, brille surtout par l'excellence de ses acteurs? « Absent » ne déroge pas à la règle même si le scénario, surtout à son début, multiplie les ambiguïtés si bien que le spectateur ne sait pas très bien dans les premières minutes s'il va assister à un film gay, un thriller, un film d'angoisse dont le cinéaste connait parfaitementles codes, musique omniprésente et dissonante, jeux d’ombres, scènes étirées jusqu’au malaise ou un film social. La première impression est que nous allons avoir à faire à un film gay. Une des première séquence nous montre complaisamment l'anatomie du jeune héros, Martin Blanco (Javier de Pietro) alors qu'il passe un examen médical pour savoir s'il est apte à la natation, ce qui me paraît évident tout en étant pas membre du corps médical. Ce qui ne plait guère au jeune Martin qui ne semble pas aimer l'eau et aussitôt se plaint d'une douleur à l'oeil auprès de son prof de gym, Sebastian (Carlos Echevarria). Ce dernier, O combien serviable l'accompagne chez le médecin qui trouve notre tire au flanc en parfaite santé. Là Martin fait un numéro assez invraisemblable à mes yeux, mais pas au prof de gym, comme quoi il ne peut pas rentrer chez sa grand-mère chez qui il habite, puisque ses clés sont restées dans le sac d'un de ses amis. Sebastian lui propose de l'accueillir jusqu'à ce que sa grand-mère rentre chez elle. Cette dernière ne réapparaissant pas Sebastian propose à Martin de passer la nuit chez lui... Il me semble que les jeunes de ce film ne sont pas assez adolescent pour que l'on croit par exemple au mensonge cousu de fils blancs de Martin qui est sensé avoir seize ans ( les années de nourrice ont du être oublié à moins qu'à l'instar des jeunes américains, les jeunes argentins aient dèjà quelque chose du bouc alors qu'ils devraient être presque encore chevreau.) . De même il me semble un peu grandet pour être aussi indécis sexuellement. En outre, on peut comprendre que Sebastian ne comprenne pas d'emblée le désir qu'il provoque n'étant pas l' archétype du professeur de gymnastique. Si les deux acteurs principaux sont très bons, il ne sont pas complètement physiquement appropriés à leurs rôles, ce qui relève d'autant leurs prestations. Je ne vous en dirais pas beaucoup plus. On se dit à ce stade du film que, ou Sebastian dont on ne peut que remarquer le regard concupiscent sur Martin à une chance qui ne survient pas tous les jours et que les spectateurs libidineux de mon espèce vont alors prier pour qu'il … saute le pas, ou plus probablement que le prof, bien naïf, se fait manipuler par le garçon qui ne doit pas avoir des idées très pures à son encontre, j'ai imaginé un éventuel chantage. J'ai alors beaucoup pensé à  PRIVATE LESSONS (ÉLÈVE LIBRE)  car je pressentais chez le brun Martin, la même duplicité que chez le joli blond belge du film pré cité. A moins qu' « Absent » tourne plus au film d'horreur qu'au film de cul ou de romance et que sous le gentil Sebastian se cache un méchant serial killer!


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Au risque de tuer un peu le suspense que j'ai tenté d'instiller dans mon article, je dirais qu' « Absent » est surtout le portrait d'un homme auquel sa véritable nature est révélé par un de ces hasards de la vie qui, s'ils sont plus présent au cinéma que dans la réalité n'en sont pas pour autant absents. Le cinéaste filme magistralement la complexité des sens et le drame d’un amour inassouvi… Très beau ces derniers plans, lorsque le seul personnage restant revient sur les lieux même de la naissance de son désir, alors qu’il n’en avait pas encore conscience.

 


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Si en préambule je louais les acteurs, il ne faudrait pas omettre de citer l'excellence des cadrages et du montage, vif et précis. Je ne connais rien de la sexualité de Marco Berger, mais s'il déclarait qu'il n'aime pas les garçons, à sa manière sensuelle et suggestive de les filmer presque toujours en très gros plans et avec une profondeur de champ très faible, je ne le croirais pas. Le film est soigneusement éclairé, en particulier dans la séquence finale dans laquelle le changement de lumière indique subtilement si nous sommes dans la réalité ou dans le songe de ce qui aurait pu être. Le cinéaste a un point de vue original quant au choix de l'homosexualité comme sujet de ses films puisqu'il affirme que travailler l'homosexualité au cinéma est de l'ordre du geste politique. Il préfère d'ailleurs parler de sexualité différente plutôt que mise en cause de la sexualité. Le cinéaste explique que ce sujet lui permet de se forger une identité cinématographique, de façon à être reconnaissable entre mille. Le cinéaste souhaitait "renverser le thème classique d’un adulte abusant d’un mineur : voir ce qui se passe si le jeune comprend ce que la situation a de dangereuse pour l’adulte, voir s'il peut utiliser ce danger comme un instrument à la fois de séduction et de pression." A lire cette profession de fois je ne comprend pas bien quel message veut délivrer Marco Berger quand il nous montre ostensiblement Sebastian lisant les « Ridicules amours » de Kundera... mais un peu mieux celui que délivre le titre du film que Martin et sa copine vont voir: « Rencontre fatale »...


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Absent est le deuxième film de Marco Berger, après « Plan B » que je n'ai pas encore vu, je vais essayer de combler cette lacune sans tarder. « Absent » a obtenu le prix du meilleur film gay au Festival de Berlin, une référence en la matière.

Absent est une réussite même si comme de nombreux films il est victime du formatage qui veut qu'une oeuvre cinématographique sortant en salle soit d'une durée comprise entre 90 mn et 2h 15, avec le même parti pris mais d'une durée d'une heure nous aurions eu presque un chef d'oeuvre.

 

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http://img407.imageshack.us/img407/3169/vlcsnap2012030812h24m26.png

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Donnons nous un genre

Publié le par lesdiagonalesdutemps

ENUMERATIONS ET OPINIONS Je ne sais quel cinéaste disait qu’un bon critique devait être un gourmand de la vie et ne pas être un rat de cinémathèque ignorant le monde extérieur et les autres arts. Je ne sais pas si je suis un bon critique mais j’ essaye de convoquer le plus possible les autres disciplines artistiques pour éclairer ma cinéphilie. De toutes les manières j’ai toujours été plus fasciné par les énumérations que par les opinions. Longtemps les listes de titres à la fin des livres de poche m’ont fait rêver. Bien des romans n’existent dans ma mémoire que pour avoir fait parti, dans mon adolescence, à cette litanie de titres. J’aimerais qu’au minimum mes critiques procurent au lecteur le même plaisir.

QUESTIONS DE GENRE Le genre doit assumer sa situation par rapport à son époque et par rapport à son public. Pour qu’une oeuvre soit opérante il faut que la sensibilité, l’émotion de l’époque infuse dans le genre. Tout genre est un genre en travail. Le cinéma gay comme un autre. Mais faut-il parler d’un genre ou d’une situation à la fois comme Sartre employait ce mot, un peu comme socle permettant de s’y jucher pour observer le cinéma d’un angle particulier et contraint. Si le cinéma gay est un lieu ouvert aux possibles, il fonctionne aussi comme un espace de revendication. Quand on dit: ce film est un film gay, involontairement on programme un type de réception. Le cinéaste fait un peu figure d’ambassadeur des gays, aujourd’hui dans la société. Hier ce rôle était dévolu aux écrivains tel que Gide, Cocteau, Genet... La qualification de cinéaste gay est souvent perçu malheureusement par ses pairs comme une disqualification du savoir et du savoir faire. L’étiquette cinéaste gay est vécu comme encombrante par nombre de cinéastes, gays eux-mêmes. Il n’y a qu’à ce reporter à leurs déclarations. Celle de Lifshitz, qui suit, à propos d’un de ses films, en est représentative: << LES TERRES FROIDES  ne sont pas un film sur l’homosexualité. Je déteste les films qui sont « sur », je préfère ceux qui font « avec ». Les films à thèse destinés à un public précis, m'insupportent. Ici, l’homosexualité arrive presque comme une incidence dans le récit... >> Le cinéaste gay part souvent d’un cas particulier, la plupart du temps, le sien, pour tenter d’arriver à la fois au concept et à l’oeuvre d’art. Si le militantisme est par essence univoque l’art lui a droit à la polysémie. On comprend bien alors ce qu’est la situation de l’artiste et du critique face au cinéma gay. Je me situerai toujours du coté de l’art et non de la militance. Il est bien entendu qu’il arrive, très rarement que les deux postures coïncident; mais cela existe au cinéma, Eisenstein en est la preuve. Il faut bien être conscient que sous le drapeau de film gay on range des films bien disparates qui pour bon nombre pourraient se trouver sous d’autres bannières. Faut il circonscrire un genre? Disons tout d’abord qu’il n’y a pas de bons genres et de mauvais genres, mais des films que l’on enrôle sous un drapeau par facilité intellectuelle, souvent, et militantisme, parfois. Mais cette sectorisation du cinéma me parait la manière la plus judicieuse d’appréhender cet art, tant il est impossible après seulement un peu plus d’un siècle d’histoire de l’embrasser dans sa totalité sous peine de superficialité ou d’abstraction absconse. C’est aussi pour cela que l’on ne peut pas se passer de la notion de genre; ce qui va définir le genre c’est son utilité c’est sa valeur sociale. Il est un mode de classification plus émotif que raisonnable qui consisterait à faire rentrer dans un genre ou un autre un film d’après le souvenir que l’on en a quand le film aura infusé dans la mémoire. Il ne faut pas considérer le genre comme un grand sac extensible à l’infini, mais comme une dynamique. On ne peut pas s’affranchir des genres qui font parti du cinéma depuis sa création. Il ne faut pas oublier non plus qu’aujourd’hui la création ou la reconnaissance d’un genre est du aussi à une stratégie éditoriale du distributeur en salle et de l’éditeur de dvd pour se situer clairement dans une niche et pour profiter ainsi de la visibilité de son produit dans le groupe pour ne pas écrire la communauté visée. Mais c’est aussi le risque de rester enfermé à jamais dans dans cette case par un trop grand marquage. C’est la crainte qu’eut le distributeur de Brodeback montain par exemple qui axa sa communication sur le grand public et non le public gay, le résultat lui a amplement donné raison.

LISIBILITE ET AFFICHAGE La principale difficulté lorsque l’on aborde le cinéma gay réside tout d’abord dans la définition de celui-ci. Apparaît immédiatement le concept de LISIBILITÉ. Encore dans de nombreux pays, dans le cinéma comme ailleurs, l’homosexualité est lisible mais pas affichée. Il faut que les spectateurs fassent un effort de déchiffrage. A l’inverse, aux États-Unis, on ne comprend pas par exemple, que dans les autres pays, il n’y ait pas de rayon spécialisé pour le cinéma gay dans les boutiques de dvd. Bien que le modèle anglo-saxon ait une grande force de prescription, la situation de l’identité gay est très différente selon les pays. Le cinéma fut l’un des grands espaces de construction de la visibilité gay, particulièrement le cinéma underground américain des années 70. La visibilité, qui demande que tout soit nommé, catégorisé, s’exprime à présent dans le champ de la cité, tout du moins en France, il n’y a qu’à voir la couverture médiatique des Gay Pride et l’affirmation économique de l’homosexualité... Les gays connaissent aujourd’hui un mouvement d’affirmation sociale très fort, mais ils connaissent aussi un retour important de l’homophobie. On en a eu une démonstration, malheureusement convaincante dans notre pays lors des débats parlementaires sur les projets hier, de loi sur le PACS et aujourd’hui de sur celles du mariage homosexuel et de l’éventuel adoption par ces couples. Parallèlement on constate une augmentation des agressions dont sont victime les gays. Même si cette affirmation homosexuelle déborde largement le champ culturel, où elle était cantonnée autrefois, c’est néanmoins dans ce champ que la bataille pour l’existence devrait se gagner. La prise de pouvoir commence toujours par la prise de pouvoir culturel. Je ferais mienne cette affirmation de Gramsci. Cette évolution devrait permettre au cinéma de se libérer de la problématique de la visibilité, d’opérer un découplage entre ce qui ressort du domaine politique, militant et du domaine de la création. La création tend forcément vers l’ambiguïté, ce qui va à l’encontre de tout militantisme et en l’occurrence du militantisme gay. Cette visibilité est mise en cause par certains créateurs gays eux même. Dans le cadre des Gais Savoir au centre Beaubourg, Bruce LaBruce déclarait le 26 juillet 1997: << Ne peut-on pas prétendre que les plus grandes oeuvres homosexuelles en art et littérature sont le fait de ceux qui étaient au mieux, ambivalents à l’égard de leur homosexualité et de sa signification dans un contexte culturel plus large, au pire hantés et torturés par cette homosexualité? La plupart des artistes et penseurs homosexuels les plus importants et influents de ce siècle: Genet, Pasolini, Bacon, Burroughs...ont refusé voire dédaigné la notion de communauté homosexuelle ainsi que toute tentative de politisation d’une simple inclination sexuelle...La plupart des films gays, film réalisés par, pour et sur les gays sont proprement mauvais, c’est à dire désespérément idéologiques, maladroitement propagandistes. La raison de l’appauvrissement et de l’échec d’un cinéma gay peut s’expliquer tout simplement: le développement de la politique identitaire. Cette tendance contemporaine visant à établir un style de vie commun et des expériences qui englobent l’histoire personnelle de chacun, rétrécit le champ d’expériences plutôt qu’il n’encourage ou intensifie celles ci. Ces histoires apparemment sempiternelles de coming out, de sida, d’homophobie visent à poser l’homosexuel comme un être singulier à l’histoire prédéterminée et au futur implacable. Pourtant ce cinéma est nécessaire et ce n’est pas là, le moindre des paradoxes.>>. Si je suis loin d’approuver les propos de Bruce LaBruce d’autant que ce dernier n’a fait preuve que d’un talent très relatif jusqu’ à maintenant, il faut bien voir que considérer que les films gays, c’est un peu comme si un critique d’art se préoccupait plus du sujet représenté que de la facture du tableau. Pour faire une comparaison en souvenir de nos plus ou moins lointaines études, une étude sur le cinéma gay est plus du coté de la rédaction que du coté de la dissertation, du subjectif que de l’objectif, de l’émotionnel que de l’intellectuel. La limite mais aussi la force affective du cinéma gay c’est qu’il est pour une large part autobiographique et par la même guetté par une hypertrophie du Moi. Je préconise une vue de gay du cinéma comme l’on dit en dessin industriel, une vue de droite ou une vue de gauche d’un objet. Il serait absurde de considérer le cinéma gay comme un genre étanche (mais est-il un genre? ) au reste de la production cinématographique... et culturelle. C’est pourquoi, lorsque je critique un film estampillé gay vous trouverez de nombreuses références à des films qui ne sont absolument pas gay, même si je privilégie les passerelles entre les films gays pour rendre plus facile et plus immédiate la circulation dans la mémoire du lecteur. LES FRONTIERES La frontière est parfois difficile à tracer entre un film gay et un autre que l’on ne considérera pas comme tel. Cette frontière ne peut être que subjective. Je considère comme films gays ceux qui sont construits sur l’homosexualité et non ceux où l’homosexualité est un décor fugitif ou bien encore ceux dans lesquels intervient un personnage dont l’homosexualité n’est pas prépondérante dans le déroulement du film. Prenons comme exemple un réalisateur prestigieux, Luchino Visconti. On peut considérer, à l’aune de ce que je viens d’énoncer préalablement, que Mort à Venise, dont le désir homosexuel est le sujet-même, comme un film gay et non Les Damnés où l’homosexualité n’est qu’un avatar de l’histoire. Je fais aussi rentrer dans la catégorie des films gays ceux où la caméra est visiblement amoureuse du corps masculin. BASKETBALL DIARIES  est le type-même de ce genre de film. On ressent la caméra amoureuse du corps de Leonardo DiCaprio, comme l’est la caméra de Tsai Ming-Liang, dans toute son oeuvre, pour le corps de Lee Kang Shen. Paradoxe ou évidence, un tel film peut être réalisé par une femme, BEAU TRAVAIL  de Claire Denis en est un bon exemple. Il existe une autre frontière, celle qui sépare le cinéma gay du cinéma pornographique gay que j’ai écarté de ma réflexion. Cette frontière fut toujours fluctuante durant la jeune histoire du cinéma. Un des curseurs essentiel pour l’appréhension de la pornographie se trouve dans son contraire le plus visible, la censure. De 1935 aux années 60, le code Hayes interdisait dans le cinéma américain les baisers, la nudité du corps, et pas seulement celle des parties génitales, les relations amoureuses inter sexuelles. Si bien sûr on peut considérer que les choses se sont améliorées, cela ne veut pas dire pour autant que le cinéma soit libre. Il ne faut pas oublier que certains pays européens viennent de signer un code interdisant la nudité enfantine créant une nouvelle frontière de l’interdit: celle de l’enfance. Ce n’est plus la représentation de la sexualité qui est interdite, considérée comme pornographique, c’est tout juste celle de la sexualité homosexuelle ou du moins ses marges. Si Hustler White de Bruce LaBruce a attiré les foudres de la censure, c’est parce qu’il montrait non pas tant le sexe gay, que ses ”déviances”, les extrémisme de ce sexe gay: scarification, fist fucking, bondage...

LE PORNOGRAPHE EST LIBERATEUR Si j’ai exclu le cinéma pornographique de mon étude, ce n’est pas par autocensure mais surtout par incompétence, c’est un domaine que j’ignore. Il ne faut pas minimiser le rôle libérateur de la pornographie dans les années 70. Ce fut le sexuel qui fut mis en avant, ce fut un engagement libérateur formidable. La pornographie brisa les tabous de l’image des gays vis à vis d’eux mêmes, vis à vis aussi du reste de la société. Le sida a longtemps mis ce combat sous le boisseau remettant en cause une partie des acquis des année 70. C’est de cette nouvelle base que repartent les créateurs pour aborder les bastions où campe la censure encore bien vivace contre la nudité enfantine, les sexualités ”extrêmes”, du corps avili et de ses sécrétions...

L’IMAGE DES VAINQUEURS La représentation de la sexualité au cinéma était l’image des vainqueurs, ou pour être plus modéré celle de la majorité qui déniait ses minorités, une lecture hétérosexuelle totalitaire du monde. On peut faire le parallèle avec ce que dit Jean Louis Schefer à propos des films burlesques: << Les films burlesques représentent les chômeurs, des immigrants, des petits voleurs... Les vainqueurs mettaient en scène des vaincus.>> C’est le sort qu’a subit l’homosexuel, au mieux instrumentalisé par le cinéma hétérosexuel, au pire dénié. Aujourd'hui il semble que l’homosexuel commence à atteindre une visibilité juste dans le cinéma. Un cinéma gay existe, fait d’images gays créées par des gays d’abord pour des gays. Aux reproches de ghetto que l’on entend sans cesse, je répondrais que c’est une phase incontournable en réponse au déficit d’images identificatrices que les gays ont supporté durant des décennies.

L’IDENTIFICATION Se pose la notion d’oeuvre et de créateur gay. Beaucoup de ceux ci s’oppose à cette notion, non par refoulement, mais par crainte de réductionnisme. Pour certains films la notion de cinéma gay, disons pour les films antérieurs à 1980 est une catégorie créée à posteriori, par le spectateur. Le cinéma gay n’est pas encore un genre traditionnel comme le western ou le film noir, même si aux USA, il semble, toutes proportions gardées, le devenir. Il s’agit plus encore d’une somme d’individualités qui se surajoutent les unes aux autres que d’un corpus homogène. En même temps, comme le besoin d’ identification et de modèle est très fort, il est difficile de renoncer à cette catégorisation. Bien au contraire j’aimerais la mettre en exergue. Être un guide, et répondre à la demande d’identification, surtout pour les jeunes gays. UN PEU D’HISTOIRE Il ne faudrait pas que ces jeunes gays s’imaginent que le cinéma gay soit une émergence de ces dernières années, donc un peu d’histoire. Si le cinéma est né le 28 décembre 1895 avec la projection au Café de Paris de L’arrivée du train en gare de La Ciotat, l’homosexualité mettra quelques temps à poindre dans cet art balbutiant. Ce sera tout d’abord quelques travestis que l’on apercevra dans les premiers courts-métrages comiques. Peu de temps après ce sera les premières héroisation et érotisation du corps masculin dans les premiers péplums italiens. On peut considérer que le premier film gay est The gay brother, court film anonyme de 1897, destiné, déjà!, à des essais de sonorisation où l’on voit deux hommes valsant ensemble. En 1915 l’énorme et populaire comique Fatty Arbuckle revêt une robe dans Miss Fatty’s seaside lovers et interprète une petite fille riche. Il récidivera en 1917 dans Miss Fatty in Coney Island. Il faut attendre 1916 pour qu’apparaisse un long métrage à thème réellement homosexuel. Il s’agit de Vingarna, film du suédois Mauritz Stiller, adaptation du roman de Herman Bang, une histoire d’amour dramatique entre un peintre et son modèle. On peut penser que le cinéaste s’est inspiré de la vie de son compatriote le peintre Eugène Jansson, ouvertement homosexuel qui n’hésitait pas à se représenter au milieu de jeunes gens nus. Ce film connaît huit ans plus tard un remake: Mikael du au grand Dreyer qui le considérait comme son meilleur film muet. Mais le premier film homosexuel militant est Anders als die Anderen de Richard Oswald avec le grand acteur Conrad Veidt, film produit par Magnus Hirscheld. Il ne reste que trente minutes du film. La plupart des copies furent détruites par les nazis.

LES PREMIERES STARS MASCULINES ETAIENT GAYS La première star masculine du cinéma fut un homosexuel et qui plus est, un homosexuel efféminé: Rudolf Valentino dont l’immense gloire ne dura que cinq ans et pourtant marqua à jamais l’histoire du cinéma. Acteur charismatique et d’instinct, il inventa l’image de latin lover, son corps sanglé dans des atours chatoyants mettant ses formes en valeur, son visage aux traits fins, maquillé, lointain ancêtre de Ziggy stardust, le personnage popularisé dans les années 70 par David Bowie. La gloire de Valentino fut immense, lorsqu’il vient à Paris pour présenter l’un de ces films 400 000 personnes l’attendent à la gare. Il est amusant à propos de Valentino de pointer l’hypocrisie de l’histoire du cinéma qui fait de Valentino, avant sa carrière cinématographique, un danseur mondain pour ne pas dire gigolo peu regardant au sexe de ses clients. Si sa carrière doit tout aux femme, en particulier à Alla Nazimova, lesbienne notoire qui lui trouva ses deux épouses parmi ses propres amantes, Rudolf Valentino passa son temps, en privé, à passer des bras des hommes à ceux des femmes. Sur l’écran à l’époque son principal rival est Ramon Novarro, inoubliable dans le rôle de Ben-hur. On apprendra qu’il était aussi homosexuel quand en 1968 à l’age de 69 ans il sera assassiné dan sa piscine par deux gigolos! Mais dans ces années vingt il faut être bien attentif pour déceler des traces d’homosexualité masculine et même de nudité mâle dans le cinéma. Dans la première version de Ben-Hur, celle de Fred Niblo, on aperçoit un esclave nu et des scènes d’orgie. Dans La chair et le diable de Clarence Brown, Garbo et John Gilbert vivent une grande passion pourtant Gilbert parait être plus attiré par le personnage joué par Lars Hanson. Ils s’embrassent lors de la scène finale. En 1928 Dieterle aborde sans tabous le problème de l’homosexualité en prison dans Chaînes (Geschlecht in Fesseln), film tourné en Allemagne avant le départ définitif en 1929 du cinéaste pour les USA. Toujours en Allemagne, la même année dans Der Furst von Pappenheim on pouvait voir Curt Bois en artiste de music-hall, dont les des numéros sont en travesti, finir la soirée avec un homme riche... C’est maigre, on peut considérer que la représentation la plus visibles de l’homosexualité dans ces années est celle donnée par le fameux couple comique Laurel et Hardy et cela jusqu’à la fin des années quarante. On peut dire qu’ils sont le couple gay le plus célèbre de l’écran même si ils ne le furent pas à la ville. Leur association professionnelle joue constamment sur cette ambiguïté non dite qui fait qu’on les retrouve régulièrement dans le même lit. Au minimum peut on constater qu’une homosexualité latente semble être le ciment du duo. Dans That’s my wife Laurel travesti, se fait passer pour l’épouse d’Hardy... Dans Bonne d’enfant, 1932, ils déplorent que la seule chose qu’il leur manque pour être heureux c’est d’avoir un bébé! Dans Les montagnards sont là, on retrouve les deux compères vêtus en paysannes du Tyrol... 1930 marque la première incursion d’Alfred Hitchcock dans l’homosexualité avec ”Meurtre » dans lequel le destin d’un personnage s’achève travesti sur une piste de cirque après avoir tué pour cacher sa ”tare”. Dans ”Zéro de conduite”, en 1931, Jean Vigo met en scène un microcosme de garçons. Au sein de ce petit monde, un garçon efféminé dont ses camarade se demandent s’il est une fille et s’interrogent sur ses rapports troubles avec certains membres de la hiérarchie du collège. Ce même garçon à une relation d’amitié privilégiée avec un autre élève, ce qui déchaîne la colère des adultes. Vigo a malheureusement considérablement édulcoré au montage cet aspect du film, supprimant notamment une scène explicite où les deux garçons mâchent le même chewing-gum jusqu’à ce que leurs bouches se rejoignent... Dans ce cinéma d’avant-guerre le rôle le plus souvent imparti à l’homosexuel est celui de la folle perdue qui se tortille, pousse des petits cris bat des paupières ce qui déclenche les rires des spectateurs du samedi soir (certains rires devaient être jaune à cette époque de placard obligé). Ni l’originalité, ni la finesse pas plus que la délicatesse étaient l’apanage de ces films de série. L’archétype de l’homosexuel du cinéma des année trente est bien sûr le garçon coiffeur tel que l’on peut le voir dans ”Coiffeur pour dames” de René Guissart en 1931 dans lequel Fernand Gravey, pourtant habituellement séducteur de dames, en compose un de particulièrement caricatural. Des comédiens de grand talent firent leur fond de commerce de ces rôles: Aux USA Edward Everett Horton et en France l’immense Jean Tissier qui par sa seule présence sauve bien des navets du néant absolu. Ce grand méchant mou réuni en une seule personne les deux seuls rôles qui étaient dévolus à l’homosexuel: le bouffon et le méchant. Au milieu des années 30 conjointement avec la montée des nationalismes on assiste un recul des audaces. Hollywood qui se prétend le bastion du monde libre, connaît le même type de récession. Les ligues de vertu obtiennent l’établissement d’un code, le fameux code Hays, qui réglemente avec sévérité le maintien des bonnes mœurs. Les parties érogène du corps sont dissimulés. En France, c’est en 1994 que Les roseaux sauvages eu l’incomparable mérite de débloquer la situation de l’homosexuel au cinéma. Depuis un grand nombre de réalisateurs, pour la plupart homosexuels, comme François Ozon, Gaël Morel, Jacques Maillot, Sébastien Lifshitz ( PLEIN SUD), Olivier Ducastel et Jacques Martineau ( NÉS EN 68L'arbre et la forêt ), Gabriel Aghion, Stéphane Guisti, Jacques Nolot ( AVANT QUE J’OUBLIE ), Patrick Mimouni... ont donné une visibilité, une évidence à l’homosexualité. Il faut se rappeler qu’elle était l’image de l’homosexualité que donnait « L’homme blessé » car malheureusement celle généreuse du film LES AMIS de Gérard Blain avait été par trop occultée. Paradoxalement le sida aura changé l’image de l’homosexuel, et pas seulement au cinéma, le montrant solidaire, responsable, amoureux jusqu’à la mort de l’être aimé. L’arrivée des tri thérapie et le soulagement qu’elles ont engendré, a contribué à dédramatiser l’image de l’homosexualité que le sida avait noirci. Puis les débats sur le PACS ont fait prendre conscience que d’une part l’homophobie est malheureusement toujours vivante et d’autre part que les pédés ne pensaient pas qu’au cul! Dans le magazine «Têtu » d’avril 1998, on pouvait lire les résultats d’un sondage que bien peu de gays s’identifiait à une personnalité gay connue. Ne serait-ce pas au cinéma gay de proposer à la communauté gay, des figures dans lesquelles ses membres pourraient se projeter, particulièrement pour les plus jeunes. Nous savons les conséquences tragiques, quelques fois positives, pour les plus aguerri, de l’impossibilité pour un très jeune homosexuel de s’IDENTIFIER à son père et ce n’est pas la littérature, telle qu’elle lui est enseignée, qui peut aujourd’hui combler ce vide. La seule image qu’on lui propose, pour illustrer la passion entre deux hommes, est celle du coup de revolver éthylique que Verlaine tira sur Rimbaud. Il ne faut jamais oublier que le gay a grandi sans perspective de la sécurité d’un mode de vie programmé par les géniteurs, ni par les gays plus âgés, tout du moins en France, car aux USA l’image de certains quartiers gays peuvent laisser entrevoir l’esquisse d’un modèle. Les cinéastes gays ont en quelque sorte un devoir de représentation positive et constructive, terrible contrainte difficilement compatible avec l’art. Bien peu réponde à cette charte, c’est pour cela que des films dans leur atypisme, comme GET REAL (COMME UN GARCON) , ”Beautifull Thing” et ”Sebastian” de Svend Wam, sont si précieux. Le principal vivier pour les films gays reste les nombreux festivals de films gays qui prospèrent dans le monde entier, même si heureusement de plus en plus de films s’en échappent et sont distribués dans les circuits commerciaux classiques. Un des dangers qui guettent le cinéma gay serait que les réalisateurs fassent des films formatés pour les festivals gays. Les festivals reprennent les tendances de la communauté, ils sont donc par essence communautaristes. On peut dire que deux tendances se dessinent. La première est issue de courant assimilatoire. Des films qui permettent aux gays une identification avec des images positives telles que Love! Valour! Compassion!  . Une autre tendance est ce que l’on pourrait appeler un CINÉMA NEW-QUEER fait par des cinéastes qui, tout en rejetant la recherche structuraliste du cinéma expérimental des années 70, celle de Keneth Anger par exemple, en sont les héritiers. Des cinéastes qui se posent des questions de culture tout en ayant en tête des questions de déconstruction narrative. Ils font des films dans lesquels les gays ne sont pas de simples porte-drapeaux du droit à l’indifférence mais des personnages complexes qui ont un rôle culturel fort à jouer dans la société parce que leur statut de gay, toujours menacé, leur donne un regard critique décapant. La nouvelle posture du créateur gay dans la société pourrait être celle du sage. Question de vocabulaire, que signifie ce mot QUEER qui apparaît de plus en plus outre atlantique au sujet de la culture gay? On peut dater l’apparition du mot queer au XIXe siècle quand on a commencé à avoir des définitions de l'homosexualité, de ce qui était normal et de ce qui ne l’était pas. Queer c’est: pas clair, bizarre, déviant... En anglais c’est une insulte qui a été très utilisée dans les années 50. C’est justement cette injure proférée à leur égard que les homosexuels anglophones ont superbement décidé de retourner en leur faveur et proclamer: oui nous sommes dérangé, oui nous sommes bizarre, oui nous sommes déviant. Aujourd’hui cette insulte est reprise comme un outil de lutte ironique, utilisant l’action directe pour retrouver un certain plaisir dans le militantisme. C’est une attitude anti-assimilationniste. Mais le mot Queer en français perd de sa radicalité, étant a-historique, on ne ressent pas la puissance de l’insulte, l’acte de réappropriation est perdu. Queer c’est aussi une volonté de ne pas être politiquement correct. C’est un moment donné quelque chose qu’on rend visible et qui a été impossible soit juridiquement, soit psychologiquement au paravent de rendre visible. Les films de Bruce LaBruce, Gregg Araki, Tom Kalin, Derek Jarman, François Ozon ( LES AMANTS CRIMINELS , Gouttes d'eau sur pierres brûlantes ) sont queer. Être queer c’est une posture de combat ancré dans le politique et l’historique. Ce n’est pas seulement donner à voir ou à réfléchir. C’est aussi homosexualiser. C’est revisiter l’histoire, comme les femmes l’on fait. C’est révéler l’histoire homosexuelle qui a été hétérosexualisée. Mais c’est aussi mettre en avant les contradictions, la fascination pour ce qui est incorrect, parler de la complexité du désir, par exemple lorsque Kenneth Anger montre des gays érotisant des hommes en tenue néo-nazie, personne n’avait osé avant lui, c’est une attitude queer...C’est aussi une bataille contre les identités homosexuelles constituées. Ce n’est pas une définition, c’est une position. Alors que le CAMP, autre terme en vogue, est une posture a-historique, c’est une manière de lire la culture, c’est une réappropriation par exemple pour un gay américain des années 60, ce sera un film de Judy Garland,pour un français des années 80 ce pourrait être une chanson de Dalida. C’est faire la dissociation entre la pratique sexuelle et le mode de représentation culturelle Le cinéma gay est il un GENRE en devenir et qu’elle est notre perception en tant que français de ce cinéma? Mais avant de répondre à cette question il faut d’abord voir quel cinéma gay, et même quel cinéma tout court parvient jusqu’à nous. Nous subissons outre l’impérialiste hétérosexuelle celui du cinéma hollywoodien, que trop d’européen confonde avec le cinéma américain car seulement une infime partie de la cinématographie américaine indépendante aborde les cotes européennes et particulièrement françaises. Il suffit pour cela de comparer la liste des films sélectionnés au Sundance Festival, la référence pour le cinéma indépendant américain, et celle des films américains qui sortent sur les écrans français. Et la encore il faudrait bien faire un distinguo entre la situation de Paris et le reste du pays. Le constat de ce qui nous est donné à voir est très bien posé dans un article de Volker Schlondorff, en mars 1999, paru dans ”Der Spiegel” puis repris dans ”Le Courrier International” sous le titre très évocateur: ”L’hégémonie américaine, c’est la mort de l’amour. <<L’attraction de cette ”production mondiale” qui fait miroiter un monde fabuleux, est si forte que nous en oublions presque notre identité. Or les individus ont toujours besoin de retrouver ce qui leur est familier. C’est pourquoi chaque pays européen produit encore ses propres comédies, teintées de son humour spécifique, et de petites tragédies de son cru. La plupart de ces films sont diffusés à la télévision, quelques passent même en salle. Ainsi, ce qui vient de très loin, la ”production globale”, est complétée par la ”production régionale”, et la sensibilité de chacun y trouve son compte. Mais ces productions cinématographiques régionales ne parviennent plus à franchir les frontières. Non seulement elles n’arrivent plus jusqu’aux Etats-Unis, mais elles n’arrivent même pas jusqu’aux pays voisins. Actuellement un européen ne voit pratiquement pas uneseule création des pays qui l’entourent. C’est la que l’évolution actuelle pose problème. Car nous avons le souvenir d’une époque où tout cinéphile européen connaissait le dernier film de Luis Bunuel, Ingmar Bergman, Michelangelo Antonioni, Federico Fellini, François Truffaut, Andrzej Wajda ou Jean-Luc Godard. Entre 1960 et 1980, nous suivions, nous européen, un régime équilibré qui se composait d’environ un tiers de films américains, un tiers de productions nationales et un tiers de films des pays voisins. Nous avions la douce certitude que l’Europe culturelle allait continuer à se développer harmonieusement, pour aboutir à un marché unique, riche de toute notre diversité.>>

FORMATAGE Le formatage américain n’est pourtant pas le plus mortifère pour notre cinéma. Il en est de bien plus dangereux et de bien plus insidieux. Tout d’abord celui exercé par les télévisions qui aujourd’hui finance à hauteur de 80% notre cinéma. Ce que les chaine veulent c’est un retour sur investissement aussi rapide que juteux en terme d’audience donc de publicité.

 

P.S J'ai écrit ce texte, il y a quelques années, je ne sais plus dans quel but, peut être comme souvent pour mettre mes idées au claire...

Publié dans cinéma gay

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GRANDE ECOLE de Robert Salis

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

France, 110mn, 2003

 

Réalisation: Robert Salis, scénario: Robert Salis d'après la pièce de Jean-Marie Besset


Avec: Gregori Bacquet, Jocelyn Quivrin, Salim Kechiouche, Arthur Jugnot, Elodie Navarre, Alice Taglioni, Eva Darlan, Yasmine Belmadi, Jacques Collard, Jamal Hadir, Arnaud Binard, Adam Jodorowsky, Hanifa Mizi-Alloua, Eric Seigne, Nicolas Laugero

 

Résumé

Paul (Gregori Baquet) emménage dans l'appartement qu'il partage avec Louis-Arnault (Jocelyn Quivrin) et Chouquet (Arthur Jugnot). Ils sont dans une ecole de Commerce, là où on produit les dirigeants de demain. Paul est avec Agnès (Alice taglioni), Louis-Arnault avec Emeline (Elodie Navarre). Mais Paul développe une curieuse fixation sur un Louis-Arnault qui est très provocant. Il ne tarde pas à tomber sous le charme de Mecir (Salim Kechiouche) avec lequel il partage une relation enfin sexuelle. Mais les sentiments feront-ils le poids face aux choix à prendre?

 

Grande Ecole

 

 

 

L'avis critique

 

Malgré les apparences, l'intrigue ressemble curieusement à celle deMaurice (James Ivory-1987), où un aristocrate britannique tombait sous le charme -sans conclure- d'un de ses copains étudiants de Cambridge . Puis, bravant les barrières sociales, tombait dans les bras d'un ouvrier et se découvrait tel qu'il était. La ressemblance s'arrête là.

 

Grande école

 

Prenant le décor d'une quelconque école supérieure de commerce déshumanisée, Grande Ecole entend parler de la Grande Ecole de la Vie, donc du travail et de l'amour. Partant d'un sujet pourtant intéressant et peu traité dans le cinéma français (hormis à travers des gaudrioles effroyables à la Sexy Boys) le film trahit très rapidement ses origines théâtrales et se plante tout droit dans le décor.

 

Grande école

 

 

Les personnages sont réduits à des caricatures. Il ne représente que le trait saillant de leur caractère, ce ne sont que des archétypes. Il y a l'ambitieux, la manipulatrice, le travailleur coincé...sans jamais essayer de voir au-delà des apparences. Seul Paul (Gregori Bacquet convaincant), torturé dans l'âme entre ses idéaux en train de se craqueler et sa sexualité ambigue, donne lieu à une véritable étude de caractère. Mécir (Salim Kechiouche, encore une fois épatant et émouvant dans un rôle impossible) reste lui fidèle à ses idées et à sa classe. C'est le seul personnage digne de cette histoire. Vous remarquerez que c'est bien sur le seul fils du peuple et bien sûr un "arabe", grand fantasme des homosexuel bourgeois et décatis du début du XXI ème siècle. Peu dupe de sa qualité d'objet de désir, il se laisse prendre au piège de ses émotions. Mais reste un tantinet prisonnier du cliché du bel arabe fantasmé les mains dans le platre : le film se prend un peu les pieds dans le tapis des clichés qu'il souhaite décrire.

 

Grande école

 

Le rythme languissant n'arrange en rien cette impression de lourdeur

démonstrative qui plombe tout le film. Chaque effet est appuyé d'un dialogue explicatif (genre explication de texte au cas où personne n'aurait compris), le ton engoncé dans un montage mou. Ca traine, ça se pose des questions, ça n'y répond jamais : on tourne en rond, acteurs, histoire comme spectateur. Mais le plus catastrophique, ce sont les dialogues :ampoulés, déclamés comme au théâtre, ils tombent régulièrment à plat, oubliant que le passage au cinéma s'accompagne de l'oubli de la scène et que les acteurs n'ont pas à articuler comme des bêtes pour se faire entendre. Le passage de la pièce de Besset, dans laquelle le personnage du jeune arabe n'existe pas, est catastrophique. Résultat : des scènes supposées emplies d'émotions (la scène d'explication finale) provoque l'hilarité de par le peu d'emprise sur la vie réelle.

 

 

Grande école


Et l'amour dans tout ça? Le film ne lésine en scènes de cul à tous les étages. Certaines sont de curieux tourbillon d'images. En fait la seule chose qui semble intéresser le réalisateur est de filmer la nudité masculine, on est gratifié de deux scènes de douches après un match de water-polo. Dont l'une supposée représenter le trouble du héros. Trop longue pour être honnête, elle apparait totalement gratuite. En fait elle traduit le voyeurisme du cinéaste (j'ai eu l'occasion de rencontrer ce monsieur que j'aurais casté en le voyant immédiatement pour un rôle de pervers sexuel). La sexualité apparait survoltée dans les scènes hétérosexuelles mais sensuelle, un peu hors du temps et onirique dans celles homosexuelles. Vision hédoniste d'un moment supendu dans le temps, aboutissement du désir, cet impossible objet.

 

 

Comme dans tout film français parlant de sexualité compliquée par le

 désir, d'ordre et de désordre (amoureux ou professionnel), les héros ne savent pas choisir. Comme le dit le héros à la fin "je veux choisir de ne pas avoir le choix". Mouais, un peu facile. la conclusion est au diapason du film : incapable de choisir entre théâtre et cinéma, le cul entre deux chaises d'une sexualité non épanouie. Cette description d'un monde industrialisé à outrance dans ses choix de société où les rapports sont prévus à l'avance, demeure statique, démonstrative, d'une lourdeur emphatique qui mène à un ennui grandissant. C'est très dommage car il y avait matière à moins tomber dans le verbiage et à agir plus. Robert Salis a réussi un nanar en oubliant pas l'indécrottable prétention auteurisante à la française.

 

Le héros du livre et du film Maurice, prenait une décision radicale : celle de s'assumer. Celui de Grande Ecole ne sait pas (ne veut pas?)prendre  cette décision, tout comme le film qui ne sait pas (ne veut pas?) s'assumer comme tel. Le spectateur lui aussi doit prendre une ferme décision: fuir ce film.

 

 

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LE GARCON D’ORAGE de Jérôme Foulon

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France, 1997

 

Réalisation: Jérôme Foulon

Avec: Daniel Russo (Marcellin), Vincent Lecœur (Willie), Véronique Silver (Germaine), Roger Ibanez (Pedro), François Berléand 

 

Résumé

À la suite d'un vol de raisin, Willie (Vincent Lecoeur), un garçon de 18 ans, devient l'apprenti de Marcellin (Daniel Russo), riche viticulteur du Languedoc-Roussillon. Marcellin qui aborde la quarantaine vit dans la nostalgie de la femme qu'il aimait, morte dans un accident de voiture. Fasciné par la beauté, l'énergie et la désinvolture de Willie, il en tombe amoureux. Cet amour réciproque, tendre et complice ne passe pas inaperçu au village, où les têtes s'échauffent. Pour le "bonheur" de Willie et la paix familiale, la mère de Marcellin propose à son fils de l'adopter. Marcellin se plie bientôt à sa volonté. Mais comment les deux hommes pourront-ils s'aimer ?

 

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L'avis critique

Si aborder un tel sujet pour la télévision n'est pas chose commune ce téléfilm, d’après un roman de Roger Vrigny (qui nous a enchanté durant des années avec ses émissions littéraires sur France-Culture), est malheureusement abimé par quelques choix maladroit de la réalisation. Comme celui de situer plus ou moins l'intrigue de nos jours (avec des voitures contemporaines !) alors que toute la trame sociale la placerait dans les années 30. Ensuite le récit souffre d’une dramatisation excessive, ce qui donne un rythme mal maîtrisé au film. Enfin les personnages ne semblent pas évoluer au fil du temps. Mais grâce à l'interprétation extraordinaire de Daniel Russo, qui prouve, là encore le grand comédien qu'il est, on est ému par la tendresse de certaines scènes entre ces deux hommes que rien (âge, situation sociale) ne prédisposait à s’aimer. L’étreinte des amants à la belle étoile et l’érotique scène de danse auprès du feux font oublier les maladresses de la réalisation. Vincent Lecoeur est également très convaincant dans le rôle trouble de Willie. Malheureusement on ne l'a pas beaucoup revu, sinon dans un bon téléfilm sur la vie de Dalida où il jouait un des amoureux de passage de la chanteuse.


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Water colors de David Oliveras

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USA, 2009, 1h 54 mn

Réalisation: David Oliveras, scénario: David Olivera, image: Melissa Holt, montage: Martinos Aristidou, musique: Marcelo Cesena and Dorian Rimsin

Avec: Tye Olson, Kyle Clare, Karen Black, Greg Louganis, Ellie Araiza, Casey Kramer, Ian Rhodes, Jeffrey Lee Woods, William Charles Mitchell, Brandon Lybrand, Finlay Edward, David Schroeder,

Résumé

On n'oublie jamais son premier amour... C'est ce que Danny (Tye Olson) ressent lors du vernissage de sa première exposition à New York qui est pleine d'images d'Adonis nageant. Lors de notre première rencontre avec Danny Wheeler, il est au milieu de son discours d'ouverture de sa première exposition personnelle dans une galerie. Son petit ami Allan est naturellement très heureux que le vernissage se déroule bien et que les peintures de son amant se vendent, mais Danny semble réticent à les voir partir. Comme il les contemple, perdu dans le passé, arrive un flash back sur ses années de lycée, et les événements qui ont inspiré son art. Le jeune artiste peintre se rappelle ses premiers émois amoureux, quinze ans plus tôt, alors qu'il était un lycéen à la fois brillant et paria dans son école, quand sa rencontre avec Carter (Kyle Clare qui ressemble à Sean Penn dans "Fast Times dans Ridgemont High"), un jeune champion de natation rebelle et solitaire, éveilla son homosexualité et sa passion pour l'art et qui visiblement est encore sa principale source d'inspiration... Danny ne peut sauver sa relation avec Allan son amant actuel que s'il peut tenir sa promesse faite à Allan de ne plus jamais peindre le garçon qui fut son premier amour, mais parfois le seul moyen pour Danny pour surmonter ses émotions est de prendre un pinceau et laisser son art s'exprimer naturellement... Allanfait valoir qu'une personne vivante ne peut rivaliser avec un souvenir glorieux, montrant que le souvenir impérissable d'un premier amour est potentiellement toxique. La suite du film sera un retour en arrière sur cette idylle entre Danny qui est en proie aux persécutions de ses camarades en raison de sa sensibilité artistique avec Carter le beau sportif que tout oppose au jeune esthète. Carterrencontre Danny lorsque son père demande à la mère de Danny (ils se sont rencontrés aux réunions des alcooliques anonymes, d'accueillir son fils chez elle, alors qu'il doit partir pour le week-end. Une amitié naissante s'esquisse entre les deux adolescents. Elle ne tarde pas à s'épanouir dans quelque chose de plus fort. Bientôt, Carter passe de plus en plus de temps chez Danny, posant pour son ami pour des dessins de plus en plus érotiques. Carter tente de garder leur amitié secrete car il est affublé d'un père à l'homophobie endémique. Carter souffre en raison des attentes trop élevées de son père. Comme échapatoire il se tourne vers la drogue...

 

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L'avis critique

Le cinéaste affiche le programme de son film et son ambition dès la première image. On n'oublie jamais son premier amour comme nous le rappelle les mots qui apparaissent à l'écran dés le début du film : «L'amour est si court et l'oubli est si long» citation d'un poème de Pablo Nerudaet comme le texte sur l'affiche du film nous le rappelle: << Seul l'art peut transformer la douleur en beauté>>.

La réalisation de David Oliveras est un peu en deçà de ce programme ambitieux et imprudent pour un premier long métrage. Tout d'abord le scénario est trop standard et ne ménage pas assez de surprises mais surtout la réalisation est inégale. Ce qui élève Water colors, aquarelles en français, au dessus de la production habituelle du cinéma gay américain est d'abord l'excellence de son interprétation (mais pas toute), en particulier de la part de Tye Olson qui en toute logique devrait faire reparler de lui; et ensuite la justesse avec laquelle, le film dépeint l'angoisse de ces deux adolescents lorsqu'ils s'aperçoivent qu'ils sont amoureux l'un de l'autre tout en ne sachant pas mettre les mots sur le sentiment qu'ils découvrent. Carter est encore plus troublé que Danny qui lui se vivait déjà comme gay.

Oliveras traite son sujet avec beaucoup de tendresse, et il est difficile de ne pas se laisser prendre à cette histoire.Malheureusement David Oliveiras, scénariste et réalisateur de Water colors ne s'épargne aucune des scènes obligées de ce type de film, premier baiser, baignade nu, scène d'amour en vêtements mouillés, tabassage de Danny quand ses camarades se rendent compte qu'il est gay... On aurait aimé, pour être un peu surpris que le réalisateur saute quelques unes de ces stations attendues. Mais l'indéniable talent du cinéaste pour les dialogues lui sauvent souvent la mise. Mais ce brio a un revers, Oliveras fait beaucoup plus progresser sa narration par le verbe que par l'image. Trop scolairement le flm n'est composé que de confrontations entre deux personnages; ce qui rend le film très bavard; il n'y a presque pas de scènes de groupe. Je regrette qu'il n'est pas supprimer au montage de la scène d'ouverture, le film aurait été alors débarrassé de son prétexte encombrant, car si Aquarellesse déroule principalement dans le passé, on a, avant d'être heureusement capter par l'histoire d'amour entre les deux adolescents une séquence assez maladroite se déroulant de nos jours, qui ne sert qu' à expliquer pourquoi un artiste à succès, Danny (Ian Rhodes, jouant Danny adulte) a des problèmes avec son compagnon actuel et ne peut oublier son premier amant, un nageur nommé Carter qui hante ses toiles. Les quelques retours dans le présent paraissent totalement étrangers à l'histoire d'amour entre les deux garçons et ne font qu'affaiblir la puissance du scénario.

Les personnages sont bien campés et parviennent à exister dès leur apparition à l'écran; si l'on excepte lepère de Carter auquel le scénario ne donne pas assez d'épaisseur pour que son attitude, d'abord trop négative envers son fils puis franchement indifférente soit crédible. Water colorsréussit intelligemment a créer un univers complet et complexe pour ses personnages principaux, évoquant un parent mort, une mère en prison, le travail scolaire, les autres amis de Carter de l'équipe de natation... Cet aspect est assez réussi. Mais parfois on se demande quel est l'enjeu de cette démarche? Pour y répondre je pense que le film est tout simplement trop court pour étoffer l'ensemble des lignes narrative qui le traversent; encore une fois on ne peut que constater avec « Water colors » que le format du cinéma n'est peut être pas le bon pour raconter une histoire complexe ou pour faire vivre de nombreux protagonistes. A la décharge du scénariste j'ajouterais que le spectateur est victime de ses conventions, car si on accepte mal au cinéma qu'un personnage ne fasse que passer, il faudrait se souvenir que dans la vraie vie, nous ne sommes pas entourés toujours par les mêmes personnes tous les jours; donc on peut admettre que faire entrer des caractères dans un film juste pour les introduire plus tôt serait intellectuellement malhonnête... Le divorce entre le temps réel et le temps du cinéma est flagrant dans la rapidité sur l'écran avec laquelle l'idylle entre deux garçons qu'apparemment tout oppose, se développe.

Water colors ne sera pas sans évoquer de nombreux autres films aux spectateur férus de cinéma gay.  Get real  (Comme un garçon) pour l'histoire d'amour entre les deux garçons, Pour un soldat perdu quant à la construction du scénario, To play or to day pour la noirceur de l'atmosphère, Beautifull think pour l'intensité des sentiments... À certains moments, water colorssemble vouloir être une version homosexuelle de "Roméo & Juliette"!

 

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La principale caractéristique cinématographique de Water colors est l' inégalité de la qualité de ses images; si souvent les images de Melissa Holt aux couleurs saturées sont très belles, en particulier dans les scènes de piscine. D'autres séquences sont assez maladroites. Les nombreuses scènes de dialogue s'évadent rarement du sempiternel champ contre-champ. Elles sont d'ailleurs plus convaincantes lorsqu'elles se déroulent entre jeunes que lorsqu'un adulte est de la partie. Chose malheureusement assez rare pour un premier film l'éclairage des plans est presque toujours parfait même si malheureusement Oliveras, comme presque tous les cinéastes (pourquoi?) use et abuse des atmosphères sombres.


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Il ne serait pas honnête de ne pas avouer qu'un des intérêts du film est aussi la beauté du corps de Kyle Clare et de la franchise avec laquelle cette beauté est mise en scène dans l'obligée scène de sexe du film.

Pour son premier film, Oliveras a confié qu'il avait fait beaucoup participé ses acteurs à l'élaboration du scénario.

 

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Watercolorsa reçu de nombreux prix lors de festivals, dont celui du meilleur acteur pour Tye Olson à l'OutFestde Los Angeles.Karen Black, qui joue son professeur d'art a elle obtenu pour ce rôle un Golden Globe. On retrouve dans le rôle du coach sportif et moustachu, Greg Louganis, l'ancien plongeur américain, quadruple médaillé d'or aux Jeux Olympiques de 1984 et 1988, qui annonça publiquement son homosexualité et sa séropositivité dans les années 90. Louganis a écrit sa biographie "Breaking the surface" dans laquelle Il revient avec sincérité sur sa vie et donc sur son homosexualité et ses difficultés qu'elle a occasionnée dans le milieu sportif qui était le sien. Casey Kramer, déjà vue entre autres dans Easy Rider et Five Easy Pieces,fait une impression indélébile en tant que mère de Danny, surtout dans la scène où elle exprime son amour inconditionnel pour son fils. C'est d'ailleurs seulement dans cette scène que le cinéaste ose des petits plans-séquences. Le jeu de Kyle Clare interprétant Carter n'est pas tout à fait à la hauteur de celui de ses partenaires, qui à sa décharge sont particulièrement brillants et chevronnés. Il fait passer plus ses sentiments par ses mimiques faciale ce qui est assez vulgaire que par ses yeux. En outre avec son visage un peu marqué pas tout à fait à l'unisson de son corps admirable on a un peu de peine à le considérer comme l'exact contemporain de Danny qui dans son genre n'est pas non plus désagréable à regarder. Le fait que Kyle Clare fasse un peu trop vieux pour le rôle de Carter rend encore plus improbable les rapports qu'a le personnage avec son père. A une interview le jeune acteur a déclaré: «Je voulais tout savoir sur Carter pour être crédible et pour que le public puisse se connecter avec l'âme tourmentée du garçon, typique de celle d'un adolescent qui essaie de se définir lui-même et de découvrir son identité sexuelle.>>.

 

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Water color qui ne manque ni de qualités, ni de défauts est typiquement un film qui a manqué d'un producteur fort et probablement d'un co-scénariste pour être un film plus accompli.

Water colors est une histoire romantique servit par un film ambitieux où l'homosexualité n'est qu'une facette des personnages et non pas ce qui les définit uniquement.

 



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