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404 articles avec cinema gay

No night is too long de un film de Tom Shankand

Publié le par lesdiagonalesdutemps

No night is too long de un film de Tom Shankand

 

Pas de Nuit est trop long, 4

 

  
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Fiche technique :


Avec Lee Williams, Marc Warren, Mikela J Mikael, Salvatore Antonio, Beverley Breuer, Rob Bruner, Liam Mc Guigan et Philip Granger.

 

 Réalisateur : Tom Shankland. Scénario : Kevin Elyot et Ruth Rendell, d’après le roman de Ruth Rendell signé de son pseudonyme Barbara Vine. Images : Paul Sarossy. Montage : Allan Lee. Musique : Christopher Dedrick. Direction artistique : Peter Andriga.


Canada-Grande-Bretagne, 2003, Durée : 120 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :


Tim (Lee Williams) est un brillant étudiant d’une petite université d’Angleterre non loin de son domicile familial, une station balnéaire du Suffolk. Il ne répugne pas à se faire faire une petite gâterie par sa copine, sur la plage, au clair de lune. Ce qui ne l’empêche pas, au détour d’un couloir de sa fac, de tomber en arrêt – tel le setter moyen face à un col vert égaré – devant Ivo (Marc Warren), un jeune professeur mâle de paléontologie dont bientôt le visage l’obsède. Bravant sa timidité toute relative, il le drague. Au début l’objet de ses désirs est froid comme ses chers fossiles, mais il n’est pas à long à tiédir. Il s’ensuit une torride passion sexuelle. Mais plus Ivo devient incandescent, plus notre inconséquent étudiant se refroidit. Et quand Ivo invite son jeune amant à l’accompagner en Alaska, où il anime des croisières scientifiques, Tim le suit à contrecœur. Arrivé dans un port de ce « bout du monde », suite à un imprévu (?), Ivo doit abandonner son amoureux dix jours dans ce lieu inhospitalier, avant leur embarquement. Le jeune homme nous avait déjà prévenu « que l’ambivalence ne l’effraie pas », même distrait, et c’est difficile devant ce film passionnant, dont je ne vous dévoile qu’une couche de l’intrigue, et encore partiellement. Or donc, ne supportant pas la solitude, il jette son dévolu sur une jeune femme, Isabel (Mikla J. Mikael). Je cite : « idéale pour passer le temps. » Ce qui ne devait être pour Tim qu’une alternative à ses nombreuses visites au bar de l’hôtel se transforme en une passion fusionnelle. Mais au bout de ces dix jours, Isabel prend la fuite et Ivo revient. La croisière qui promettait d’être idyllique se transforme en enfer. L’amour a fait place à la haine. Tim ne rêve que de rejoindre Isabel à Vancouver, mais comment se débarrasser d’Ivo ? En le tuant ?

 
L’avis critique

 
Quand on se met devant sa télévision, même devant un programme de PinkTv, on s’attend rarement à être mis en présence de ce qui devrait être un modèle pour les auteurs de films gays. Voilà, enfin, une production qui ne considère pas l’homosexualité comme une fin en soi et l’unique sujet possible du film, mais comme une chose tout à fait banale et qui, pourtant, la place au cœur de l’intrigue de ce thriller haletant ; en fait le moteur des événements qui précipiteront les amoureux vers l’inéluctable, sans que leur sexualité ne soit jamais culpabilisée. Ruth Rendell a créé le personnage du garçon fatal.
Comme dans toutes les histoires de ces dames anglo-saxonnes qui améliorent leur thé ou leur whisky, au choix, d’une dose de strychnine, les rebondissements sont un peu abracadabrantesques (sic), mais c’est la loi du genre pour que l’on reste, comme ici, scotché à l’écran durant deux heures. Dans No night is too long, nous sommes plus près de Patricia Highsmith que d’Agatha Christie.
L’intrigue, comme dans tous les livres de Ruth Rendell – experte en thriller psychologique depuis quarante ans – pose ces questions : « pourquoi devient-on meurtrier ? » ou «  comment devient-on victime ? » Parce qu’un jour, sans le savoir, on prend une route... ou un couloir au bout duquel se trouve la mort violente. Le cinéma devrait être bien reconnaissant à la romancière. Son roman, L’Homme à la tortue, est devenu devant la caméra de Pedro Almodovar En chair et en os(dvd TF1 vidéo) et L’Analphabète, devant celle de Claude Chabrol, La Cérémonie. Il a aussi adapté La Demoiselle d’honneur, cette fois sans en changer le titre. Claude Miller a fait de même avec Betty Fisher.Toute l’histoire est racontée en voix off par Tim. La plus grande partie du film est constituée d’un flash-back qui nous ramène quelques mois en arrière. Nous assistons à la rencontre de Tim et d’ Ivo, et aux événements qu’elle va générer. Cette narration est entrecoupée par des retours au présent, qui n’en sont pas moins angoissants que les péripéties du passé, mais aussi par des incursions à une époque plus lointaine, dans laquelle Tim vivait dans son collège une amitié particulière avec un aîné. On peut regretter que cette partie n’aie pas été plus explorée, ce qui aurait rajouté un peu d’épaisseur à cet aîné un peu trop falot. En revanche, le film aurait gagné à ce que la durée de certains plans soit raccourcie. Tom Shankland a tendance à les faire traîner un peu trop longtemps. Puisque cette production était d’emblée destinée à la télévision, on peut penser qu’un format de 2 fois 1h30, constituant une mini série, n’aurait pas été de trop au vu de la complexité de l’intrigue et de la richesse des personnages et aurait été mieux adaptée que les 120 minutes du film…
L’un des atouts du film est l’originalité des lieux de tournage. L’Alaska n’est pas l’État des USA le plus filmé et bien peu de réalisateurs ont planté leurs caméras sur les plages du Suffolk, malgré leur indéniable charme. La réalisation ne se dépare jamais d’une belle maîtrise du cadre qui bénéficie d’un éclairage froid et soigné. Elle utilise avec habileté le décor qui n’est pas seulement une toile de fond pittoresque pour l’intrigue mais un véritable acteur du drame. Elle aurait toutefois pu nous éviter des effets spéciaux numériques un peu trop présents, telle cette profusion d’éclairs pour rendre les ciels dramatiques et signifiants ou ce maquillage de l’île fatale en Île des morts de Bocklind. Le directeur de la photographie qui signe de si belles images est Paul Sarossy. Il est entre autre le collaborateur habituel d’Atom Egoyan. On lui doit la photographie des remarquables Voyage de Felicia et La Vérité nue.
Comme presque toujours dans un film anglais, la distribution est parfaite. En particulier Lee Williams qui compose un Tim complexe et changeant qui fait parfois penser au jeune Ripley et à qui on met longtemps à accorder notre sympathie. Il porte le film de bout en bout. Il tient le premier rôle dans un autre film gay, l’extravagant Les Loups de Kromer (dvd BQHL). Il participe à de nombreuses productions télévisées anglaises. On peut le voir en particulier dans le rôle de Jon Forsyte, dans la somptueuse nouvelle version de la saga des Forsyte. Il apparaît également dans Billy Elliot et Mauvaise passe. Marc Warren (Ivo) a une présence étonnante ; son inquiétant magnétisme rappelle celui de Malcom Mc Dowell à ses débuts.
Si les scènes de sexe, aussi bien hétérosexuelles que gays, ne sont pas particulièrement bien filmées, le réalisateur se rattrape en nous offrant de beaux plans tendres et sexy après l’amour.No night is too long est co-produit par la télévision britannique d’État, la BBC. Le film a été diffusé à une heure de grande écoute, la deuxième partie en soirée. Combien de chaînes françaises, hors celles du câble, diffuseraient et produiraient un film comme celui-ci qui met, et montre, l’attirance sexuelle de deux hommes au centre de son intrigue ?

No night is too long peut se traduire par « Les Nuit ne sont jamais trop longues », phrase que dit Ivo à Tim au plus fort de leur amour. Jamais le film ne vous paraîtra trop long. Espérons qu’il fasse école, tant sur le fond, que dans la forme. 

 
 
Aucune Night Is Too Long 1
 
 
Aucune Night Is Too Long 5
 
 
Pas de Nuit est trop long, 2
 
Bande annonce
 
 
pour voir et télécharger le film ICI
 

 

 

 

 

 

 

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Un enfant dans la foule, un film de Gérard Blain

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Un enfant dans la foule, un film de Gérard Blain
Un enfant dans la foule, un film de Gérard Blain
Un niño en la multitud, film
 
France, 1976, 120 mn
 
Réalisation: Gérard Blain, scénario: Gérard Blain et Michel Perez, image: Emmanuel Machuel, musique: Jean Scharz, montage: Marie-Aimée Debril
 
avec: Jean-François Cimino, César Chauveau, Anne Novaks, Claude Cernay, Jurgens Doeres
 
Un niño en la multitud, 1
 
Résumé
 
En 1937 les parent de Paul, le confient à une institution religieuse. C'est un déchirement pour l'enfant...
En 1944 Paul, 13 ans, est le mal aimé de sa famille. En quête de chaleur humaine, il découvre, sur fond de guerre, les amitiés particulières et s'aperçoit qu'il peut capter l'attention de certains hommes qui lui apportent une affection sensuelle mais toujours fugitive...
 
Un enfant dans la foule, 2
 
Je vais avoir un peu de mal à parler de ce film qui est un de mes préférés et puis j'ai connu Gérard Blain durant une trentaine d'années. C'était un ami, indulgent et pourtant exigent. C'était aussi parfois un bavard intarissable, surtout au téléphone. Il m'a beaucoup parlé de ses films et aujourd'hui je regrette bien de n'avoir pas enregistré les coups de téléphone de Gérard Blain qui était surtout des monologues. Pour donner le ton de ses appels, j'exhume une de ses réparties faite au micro de RTL lors de la sortie des "Amis": << il vaut mieux qu'un garçon tombe sur quelqu'un comme Philippe qui l'éduque, lui apporte une certaine affection que sur une vieille pétasse!>>.
J'ai eu l'honneur d'éditer "Un enfant dans la foule" d'abord en VHS puis en DVD malheureusement Gérard n'était plus là. J'ai eu, en hommage à Gérard Blain, le souci d'ajouter au film de beaux bonus d'abord la leçon de cinéma de Gérard Blain qu'il avait donnée dans le cadre de l'université  de Strasbourg, puis les premières images tournées par Blain sur le tournage de Hatari d'Howard Hawks. Sur ce montage un texte de Michel Marmin est lu par François Devienne. Ce dvd est le beau souvenir de mon éphémère carrière d'éditeur. Avec un peu de chance vous pouvez trouver ce DVD sur la toile... 
 

Un enfant Dans la foule (1976) 3

Un enfant Dans la foule (1976) 2

Gérard Blain trace dans "Un enfant dans la foule" le portrait d’un jeune adolescent dans la tourmente de la seconde guerre mondiale et du Paris de l’Occupation qui n'est pas très éloigné de celui de Modiano. Paul est rejeté par une mère qu’il adore et recherche dans la compagnie d’hommes plus âgés une affection que lui a toujours refusée un père absent…
 
 
Un niño en la multitud, 2
 
Avec un enfant dans la foule, son chef d'oeuvre nous sommes au coeur du cinématographe tel que le vivait Gérard Blain. Ce troisième film après "Les amis" et "Le pélican" est l'acmé de l'autobiographie transposée du cinéaste. Néanmoins il est bon de rappeler les propos de Gérard Blain à ce sujet: << "Un enfant dans la foule" n'est pas plus autobiographique que "Les amis" ou "Le pélican", si l'on entend par autobiographie l'inventaire d'anecdotes tirées de sa propre expérience. Au contraire mon travail consiste toujours à transposer des bribes, des fragments de souvenir, à les charger sur le plan émotionnel et thématique et à les organiser dans un récit cohérent. Je serais bien incapable de faire un film qui ne me concerne pas intimement mais aucun de mes films raconte ma vie.>>. Il reste qu'il y a une continuité évidente dans les films de Blain, tout comme dans ceux de Truffaut nous suivons Antoine Doinel durant de longues années, trois films de Blain sont comme une biographie de Paul avec qui nous faisons connaissance dans cet "Enfant dans la foule" il a alors sept ans, nous le quitterons dans ce film à quatorze ans. Nous le retrouverons plus âgé que de quelques moi, et toujours joué par César Chauveau dans "Le second souffle" (1978) dans lequel il n'a qu'un second rôle. C'est ce même Paul qui a alors seize ans qui est le héros "des amis" (1971) où cette fois il est interprété par Yann Favre. Puis c'est adulte à la quarantaine qu'il réapparait dans "Le pélican". On peut donc considéré qu'il s'agit là de toujours le même personnage (dans une certaine mesure, le double du cinéaste) dont on suit d'un film à l'autre, la détresse, l'évolution.
Un enfant dans la foule est d'abord le portrait d'un enfant mal aimé. C'est ainsi que fut Gérard Blain de la part de ses parents, c'est du moins l'antienne qu'il ne cessait de répéter pour ne pas dire de ressasser. On voit au début d'"Un enfant dans la foule" que la mère (Annie Kovacs que Blain reprendra pour jouer la mère du même Chauveau dans "Un second souffle") préfère sa fille au petit Paul.
La haute bourgeoisie exerce une certaine fascination sur Paul (ce qui à ma connaissance n'était pas du tout le cas de Blain). Il y a surtout chez lui un désir de s'élever (comme pour le héros des "Amis" mais on a vu que c'était en fait le même personnage).
Le cinéma de Blain même s'il peut s'apparenter à la tragédie grecque est un cinéma sans dieu. Le seul déterminisme que l'on y trouve est un déterminisme social, culturel, politique et moral.
 
Un enfant dans la foule, 1
 
Il y a quelques années je tombais dans les cahier du cinéma sur un papier de 8 pages qui rendait hommage à Gérard Blain, malheureusement après son décès. Elles étaient signées Azalbert. J'en extrais cette phrase qui résume et explique une des thématiques principales de l'oeuvre du cinéaste: <<Le film aborde aussi frontalement un thème qui ne cessera de revenir dans la majorité des films de Blain: les relations homosexuelles entre un adulte d'âge mûr et un adolescent. Il y a une conception grecque de ce type de relations chez Blain. La sexualité se double toujours d'un rapport familial (père/fils), d'un rapport de classes (riche/pauvre) et d'un rapport de transmission (maître/élève). La fascination qu'exerce chez Blain l'homosexualité provient de la complexité et de l'ambiguité qui se nouent entre les amants et qui explique plus généralement les positions du cinéastes face à la société. Ce qui est recherché (l'amour, le père, la connaissance) se heurte à ce qui est détesté (l'hypocrisie, le pouvoir, l'argent). D'où le tragique des films de Blain.>> 
 
A Child in the Crowd, 2
 
Lorsque le film est sorti, on l'a rapproché pour son style, avec raison, de "Pleure pas la bouche pleine" de Pascal Thomas (1973) et de Nous ne vieillirons pas ensemble de Pialat (1972). Pialat et Blain ont eu un moment un projet commun... Ces film s'inscrivaient dans ce que rétrospectivement on pourrait appeler le nouveau réalisme.
Ce qui caractérise le cinématographe de Blain c'est son sens de l'ellipse qu'il expliquait ainsi: Par exemple dans les scènes d'amour, ce qui est intéressant c'est ce qu'il y a avant de faire l'amour et ce qu'il y a après. Je ne filme jamais la relation sexuelle elle-même qui ne présente aucun intérêt sinon pour les voyeurs.>>. Dans un plan, ce qui retient le plus l'attention du cinéaste, donc du spectateur, ce sont les visage d'où un filmage frontal en plans souvent serrés. Il s'en expliquait ainsi:<< Mes plans sont souvent de face. J'évite les perspectives. Les chose sont plus criantes de face. On limite l'espace, le regard y plonge directement (...) j'essaye de réduire de simplifier et d'accroitre le potentiel de force qui réside dans chaque personne (...) par exemple pour Laurent dans "Un enfant dans le foule" (un des suborneurs de Paul) je montre le personnage dans ses actes, je le regarde en face de Paul sans chercher à le confondre comme coupable, je l'observe avec le regard le plus droit possible. C'est au spectateur de faire le reste.>>. On peut penser que cette frontalité vient du cinéma d'Ozu que Gérard Blain admirait beaucoup. Cette esthétique n' s'est pas tout à fait perdue au Japon puiqu'on la retrouve dans certains films de Kitano. 
 
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Blain construit son film en bouchant la profondeur de champ et en montrant son jeune héros prisonnier d’un monde trop étriqué pour lui. Seul le plan final le montre s’éloigner dans la profondeur du cadre. Il faut noter d’ailleurs qu’à l’occasion, Paul qui se dirige vers les studios de cinéma de Joinville où il va faire ses débuts d'acteur, croise un homme à qui il offre du feu. Ce passant est incarné par Blain qui semble lui-même revenir des studios de Joinville, avant de disparaître : passage de relais symbolique entre une enfance qui s’évanouit et l’homme qu’est devenu le cinéaste… Pour finir laissons la parole à Paul Vecchiali, critique, autre irrégulier du cinéma français, qui, dans la saison cinématographique 1976, écrit à propos de ce film : « Un enfant dans la foule, c’est le vrai regard de l’enfance qui, au-delà des conjonctures, se porte sur l’essentiel, laissant en coulisses, c'est-à-dire aux adultes, tout ce qui est spectaculaire ou événementiel. »
 
A Child in the Crowd, 1
 
bande annonce en version originale
 
 
Le film
 
 
Pour voir le film en plus grand et le télécharger: ICÍ
 

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single man un film de Tom Ford (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

single man un film de Tom Ford (réédition complétée)

 

Tom ford a single man

USA, 2009, 1h 30 mn
 
Réalisation: Tom Ford, scénario: Tom Ford d'après le roman de Christopher Isherwood,image: Eduard Grau, montage: Joan Sobel, décor: Dan Bishop, costume: Arianne Phillips, musique:Abel Korzeniowski & Shigeru Umebayashi
 
avec: Colin Firth, Julianne Moore, Nicholas Hoult, Matthew Goode, Jon Kortajarena
 
Résumé:
 
Nous suivons, sur une journée, George Falconer ( Colin Firth ), un anglais d'une cinquantaine d'années, professeur à l'université de Los Angeles et homosexuel. L'homme est brisé par la mort accidentelle de son ami Jim ( Matthew Goode ), avec lequel il vivait depuis seize ans. George a décidé que cette journée sera la dernière et qu'à son terme, il se tirerait une balle dans la tête. Des retours en arrière, réminiscences du bonheur passé, nous font revivre la passion amoureuse entre Jim et George. Dans son ultime jour, il souhaite faire ses derniers adieux, que ce soit à sa femme de ménage, à sa secrétaire, à ses élèves… Il passe à la banque pour vider son coffre, il écrit des lettres d'adieu pour les uns et les autres, il choisit méticuleusement ce qui sera sa dernière tenue. Cet homme élégant veut partir avec élégance, sans gêner personne.Mais George, découvre la beauté du monde. Tout l'enjeu du film réside dans le suspense suivant: est-ce que cette redécouverte de plaisirs simples, le fait que Charley, sa meilleure amie ( Julianne Moore) lui dise qu'il lui est indispensable et surtout que son bel étudiant préféré, Kenny (Nicholas Hoult) soit amoureux de lui, suffiront pour que George revienne sur la décision de se tuer?
 
L'avis critique
 
Il y a des acteurs qui font un sort à chaque réplique et plus rare des cinéastes qui en font un à chaque image. C'est le cas de Tom Ford qui a fait de « Single man » une suite de tableaux où tout est signifiant et a été minutieusement étudié. Les cadrages sont réglés au millimètre. Les couleurs sont minutieusement choisies pour toujours être en harmonie entre elles. Leurs tonalités indiquent l'humeur du héros-narrateur; quand il échappe à son mal de vivre, elles se réchauffent et de ternes deviennent étincelantes. Du moindre plan même d'une non action aussi triviale que son personnage sur les cuvette des W.C. Lisant un livre, le réalisateur le transforme en une image esthétique qui en plus nous informe sur la psychologie de George.
Comme vous le savez un de mes vices, est de découvrir dans les films d'époque, et en particulier ceux se déroulant dans le XXème siècle, que nous avons quitté il y a dix ans déjà, l'anachronisme ayant échappé tant au réalisateur, qu'au monteur et à la script, je n'en ai pas vu le moindre durant tout le film. Si je n'ai qu'un léger doute c'est sur le slip de Kenny que bien évidemment je ne quittait pas des yeux, espérant qu'il disparaisse, ce qu'il fit; c'est que j'en trouve l'étoffe bien légère pour un modèle de 1962. J'en appelle aux spécialistes pour me donner leur avis sur le sujet et puis en ce temps là les jeunes américains n'étaient ils pas plus porté sur le caleçon blanc?
 
A Single Man
 
On peut regretter que le film ne nous offre que de belles vues arrières de la nudité de Nicholas Hoult (voir les images en fin du billet), mais je suppose qu'une vue frontale aurait par les temps qui courent condamné le film à une quasi clandestinité...
 

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Tout dans le film n' est qu'une suite d'images superbes. Le moindre objet est une merveille y compris le pistolet avec lequel George doit se donner la mort. La caméra s'attarde sur ces ustensiles souvent lourds de sens, en les isolant dans des plans marquées par une faible profondeur de champ et un piqué sans reproche. « Single man » est un film raffiné qui sous la simplicité de son intrigue offre une lecture à plusieurs niveaux. Le spectateur connaissant un peu l'Amérique de ce début des années 60 n'en retirera que plus de plaisir. Il demande d'être attentif au décor, ce qui n'est guère difficile car trop parfait, il a tendance à monopoliser l'attention. Ainsi aperçoit, on dans le bureau de la somptueuse maison d'architecte que George habite, un petit dessin de DonBachardy. Il est là pour nous rappeler que « Single man » est adapté du roman éponyme de Christopher Isherwood. Don Bachardy et l'écrivain ont vécu ensemble de longues années dans une maison dans les canon de Los Angeles. Single man est en parti autobiographique. C'est en1953, que Don Bachardy, il avait dix-huit ans, a rencontré Christopher Isherwood qui était alors âgé de quarante-huit ans. Ils ont vécu ensemble jusqu'à la mort d'Isherwood en 1986. Un certain nombre de romans d'Isherwood présente en couverture un des portraits au crayon que Bachardy a réalisé de l'auteur. Un film sur leur relation Chris & Don: A Love Story est sorti en 2008. Bachardy figure au générique de « Single man » en tant que consultant...
 
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La superbe maison dans laquelle a été tourné la majeure partie de "A single man" de Tom Ford a été à vendre 1,5 million $, peu après le tournage du film. C'est The Schaffer residence qui a été construite en 1949 par l'architecte John Lautner. Elle est située à Glendale soit à 15 mn de downtown L.A. Me souvenant de mes pérégrinations californiennes, j'ai été surpris qu'une telle maison dans les collines soit aussi près de la plage... J'avais raison, mais c'est la magie du cinéma, dans la réalité The Schaffer residence est assez loin de la mer...
 
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J'ai lu dans une interview du cinéaste, il avait rencontré tout jeune ce couple célèbre lorsqu'il fréquentait leur ami David Hockney. Il nous reste plus qu'à espérer que le surdoué Tom Ford écrive rapidement les souvenirs de ce temps là...
Parfois l'image est si belle que l'on ne peut s'empêcher de la trouver un peu trop parfaite comme celles de la belle scène entre George et Carlos, le jeune prostitué espagnol ( Jon Kortajarena ) qui échangent des propos désabusés et presque tendres devant une immense affiche de « Psychose » où le regard horrifié de Janet Leigh. Pendant leur conversation le ciel de Los Angeles tourne à l'orangé et toute la scène baigne dans une lumière qui se réchauffe progressivement. Ce sont sans doute le souvenir de son ancien métier qui fait que Tom Ford joue constamment sur les couleurs. Par exemple, le réalisateur évoque la monotonie du quotidien de George par le procédé, certes classique, de la désaturation des images qui fait tendre la couleur vers le noir et blanc. Au contraire les couleurs sont saturées dans les scènes où Kenny « ressuscite » son professeur transi. C'est aussi par un artifice de la couleur que Tom Ford parvient a nous faire sentir le déchirement de George, son impossible deuil. Hier il lisait en écoutant de la musique avec Jim, leurs chiens à leurs pieds dans la lumière mordoré de leur salon et le lendemain, il n'est plus là. La couleur a presque disparu. On éprouve la douleur physique de celui qui reste, échoué en un monde qui a perdu tout sens pour ce naufragé. Parfois aussi la colorimétrie varie au sein d'un même plan...
Toute cette magnificence, toute cette science et ce léché de l'image, à un moment de la projection j'ai pensé à Visconti, (et aussi à James Ivory et Wong Kar Wai) sans doute à cause de la morbidité qui sous tend le film comme elle sous tendait « Mort à Venise » et « Violence et passion », fait paradoxalement en partie obstacle à l'empathie que l'on devrait avoir avec Georges cet homme bien sous tout rapport, brisé par un absurde et cruel destin. 
L'artificialité assumée de l'image est en complète contradiction avec le jeu naturaliste, et parfait, des acteurs et avec le genre mélodramatique du récit. Cette collision peut surprendre, décontenancer et même agacer, mais après tout comme ce parti pris est tenu, et avec quelle maestria de bout en bout, il devient un style, une signature, ce qui n'est pas rien pour un premier film, il ne reste plus qu'a attendre la prochaine collection... Tom Ford avant de se mettre au cinéma était styliste; à moins de trente ans il a sauvé la maison Gucci et à moins de quarante on lui doit les derniers feux d'Yves Saint-Laurent. Et voilà que juste avant la cinquantaine, il réalise un film qui ne ressemble à aucun autre, sur un sujet bien peu consensuelle, l'impossibilité d'affronter la vie après la mort de l'être cher. D'autant que cet amour brisé est un amour homosexuel. Il y ajoute quelques thèmes annexes aussi que dérangeant que les relations amoureuses entre un élève et son professeur de même sexe, l'alcoolisme mondain, le fantasme de la peur dans la société américaine... J'ajouterais un regard non dénué de chaleur et de compréhension pour la prostitution masculine. C'est beaucoup, c'est courageux et c'est un véritable tour de force d'aborder tout cela, en invitant à la réflexion en 1heure trente tout juste. Le montage aurait pu être même encore plus sec en s'attardant un peu moins dans certaines scènes de liaison comme celles dans le joli coupé Mercédes 220 S et en écourtant celle avec la petite fille dans la banque.
A propos de cette dernière séquence, que l'on pourrait croire issue d'un film fantastique, il est remarquable que le réalisateur, dans un film aussi dense, maistoujours fluide, se permette des sortes d'apartés dont celle très réussie et à la limite du burlesque, de George cherchant la meilleure position pour s'occire. On croirait du Tati grinçant. Devant d'autre séquences ont peine à déceler si elles sont réelles ou oniriques...
A ceux qui pourrait reprocher le manque de réalisme de son film, Tom Ford a répondu par avance: A ses détracteurs, le cinéaste novice répond : « L’époque du film s’y prête : on est en plein dans l’American Dream, les gens aimaient le chic et l’élégance. Et puis je veux faire rêver les gens : si vous cherchez du réalisme, il y a la télé et les documentaires ! Je crois que même si je faisais un film sur les bidonvilles, il y aurait du glamour ! » .
On ne s'étonnera pas que Tom Ford est situé son premier film à l'homme des années 60. Il a depuis ses débuts de styliste puisé son inspiration dans les modèles de ces années là. La relecture des codes vestimentaires plus que simple recours à une nostalgie factice, est la pratique forgea son style. On peut constater qu’il en va de même pour son entrée en cinéma... Et Colin Firth devint le nouveau Cary Grant...
Tom Ford dans « Single man » ne renie pas son amour de la mode en témoigne la forte présence des lunettes, l'accessoire fétiche du créateur; à ce sujet, on retrouve Nicholas Hoult dans la campagne publicitaire de la collection de lunettes printemps-été 2010 de Tom Ford... On peut aussi considérer que l'impeccable vestiaire des personnages, est un clin d'œil de l'artiste à l'autre facette de sa vie.
Très intelligente est la façon qu'à le scénario, par petites touches, de situer l'histoire privée de George dans l'Histoire, la crise des missiles cubains en 1962... De même c'est avec beaucoup d'habileté qu'il traite la condition des gays américains à cette époque, condamné à la clandestinité même dans un milieu privilégié économiquement et intellectuellement. La discussion que George a avec Charley est très révélatrice à ce sujet. Cette ancienne beauté, griffée par l'abus de gin, ne peut concevoir la relation entre deux homme que comme une un pis aller, une substitution, un ersatz par rapport au seul amour véritable à ses yeux, celui d'un homme et d'une femme dont le but et le devoir est la procréation.
 
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Chaque acteur est magnifié par la caméra d'Eduard Grau. Ce qui n'est pas un exploit lorsque l'on a sous l'objectif d'aussi beaux spécimens humains que Colin Firth qui tient tout le film et qui n'a pas volé son prix d'interprétation à Venise, Julianne Moore, Nicholas Hoult qui a su bien rebondir après « Skins » et Jon Kortajarena mannequin vedette et dont c'est le premier rôle au cinéma, ce qui ne l'empêche pas d'être exemplaire dans la seule scène qu'il a à défendre.
Le fait que cette histoire d'amour soit une histoire entre deux hommes n'est pas primordiale au fond. Tom Ford avec raison veut élargir le propos: << Le thème de l'homosexualité n'a pas été décisif: c'est une histoire universelle sur l'isolement et la perte d'un être cher. Le livre a beaucoup fait parler à sa sortie, en 1964, parce que c'était la première fois qu'un auteur traitait de l'homosexualité d'une façon très normale (...). Pour ma part, je suis très à l'aise avec ma sexualité et, si je devais lister dix choses qui me définissent, être gay n'en ferait pas partie (...) L’une des choses que j’ai toujours aimées de Christopher Isherwood, c’est la manière dont il traite de l’homosexualité, affirme Ford. Le personnage gai de l’histoire est tout simplement dépeint comme un être humain qui vit sa vie (…) Je ne voulais pas que le film soit l’histoire d’un gai ou une histoire vraie, mais qu’il soit une histoire humaine. Plus nous réaliserons que l’amour entre deux personnes, c’est l’amour en tre deux personnes, mieux nous nous porterons tous.»
A noter que dans la bande son on entend entre autres une belle chanson d'époque de Serge Gainsbourg.
J'aurais préféré que le film se termine par un happy end que les protagonistes me semblaient avoir mérité (pour cela partez cinq minutes avant la fin sur le plan de George refermant la chambre sur kenny dormant... L'ami avec qui j'ai vu le film me faisait remarquer qu'il y avait bien un happy end... pour la femme de ménage. Et puis il reste une question qui reste béante qu'est devenu le deuxième chien?
A Single Man, le film
 
 
A Single Man 1
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A Single Man, 5
 
 
Un garçon, 3
 
 
A Single Man, 2
 
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Bande annonce
 
pour voir et télécharger le film: ICI
 
 
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Il existe en France un très beau blue ray de ce film indispensable pour pleinement en profiter...

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13 ans - Rudi Rosenberg - EICAR

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13 ans - Rudi Rosenberg - EICAR

Tout d'abord merci à Bruno de m'avoir fait connaitre ce remarquable court-métrage qui, outre une chute totalement inattendue bénéficie pour un film d'école (EICAR) d'un filmage de grande qualité. Parmi les nombreux tours de force qu'a réalisés le réalisateur, Rudi Rosenberg, est celui de faire jouer des gamins de 12-13 ans d'une manière presque professionnelle, en particulier les deux personnages principaux, le très joli Charles et le déluré Jonathan. Il n'y a quasiment pas d'adulte dans ce casting, casting copieux pour un film aussi court. Autre qualité, très rare pour un court, le grand nombre des décors, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Autre qualité, sa construction, le film est introduit par une voix off; on comprend que ce que l'on va voir se déroule dans le passé; un passé difficile à situer, un temps d'avant les téléphones portables et les ordinateurs mais après la grande diffusion des calculettes de poche, disons 25 ans et toute l'ambiance du film fait que ce voyage dans le temps est très crédible. Bravo monsieur Rudi Rosenberg; surtout continuez à faire des films.

13 ans - Rudi Rosenberg - EICAR
13 ans - Rudi Rosenberg - EICAR
13 ans - Rudi Rosenberg - EICAR

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FAQS (PRENDS-MOI), un film d'Everett Lewis (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

FAQS (PRENDS-MOI), un film d'Everett Lewis (réédition complétée)

 

  

 

Fiche technique :


Avec Joe Lia, Tera Greene, Lance Davis et Allan Louis.

Réalisation : Everett Lewis. Scénario : Everett Lewis. Producteur : Christian Martin. Images : Gavin Kelly.


USA, 2005, Durée : 86 mn. Disponible en Vo et VOST.

 


Résumé :
India (Joe Lia), un jeune et mignon SDF fraîchement débarqué à Hollywood et arrivant de son Colorado natal d’où il a été chassé par son père parce qu’il est gay, tourne des pornos minables pour subsister. Un soir, il est agressé par deux casseurs de pédés qui veulent lui faire la peau. Il est sauvé in extremis par une drag queen (Allan Louis), aussi flamboyante que militante, qui l’héberge chez elle où elle a déjà recueilli une jeune lesbienne (Tera Greene). La petite communauté va bientôt s’ouvrir à d’autres paumés. Cette nouvelle famille redonne confiance en lui à India qui, au détour d’une rue, tombe amoureux d’un jeune révolté, Spencer (Lance Davis) qui tente d’entraîner India vers un militantisme gay radical...

 

 

 

L’avis critique


Après un début original, constitué par l’énoncé d’une profession de foi homophobe de républicains texans, le film se poursuit par la énième mouture de l’histoire du pauvre garçon chassé de son Amérique profonde, et néanmoins natale, par un père homophobe et qui se retrouve à vendre son corps sur les trottoirs d’Hollywood pour pouvoir manger ; un des grands poncifs du cinéma gay, qui est en passe de devenir un sous-genre à part entière, dont le meilleur exemple reste, à ce jour, The Journey of Jared Price de Dustin Lance Black.
Mais de réaliste, le film se transforme vite en une fable dont la morale pourrait être : « Pour un monde meilleur, soyons tous homos », avec pour corollaire : « Tout bon hétéro est un hétéro mort ». Les diatribes anti-hétéros rappellent, en leur temps, celles des blacks panthers contre l’homme blanc. Everett Lewis aurait-il inventé les gays panthers ?
Avec Prends-moi, le public français a l’occasion de découvrir un activisme gay qu’il ne pouvait même pas imaginer. Il ne s’agit plus de se défendre mais d’attaquer, ce n’est plus la revendication de soi, maisl’élimination de l’autre.
Au discours violent s’ajoute un message lourdement moralisateur : se droguer c’est mal, baiser sans capote c’est mal, mais apprendre le kung-fu pour bastonner les hétéros c’est bien. La vision du monde du cinéaste semble être parfaitement paranoïaque : tout hétéro est une menace mortelle pour un homo. Au détour d’une scène de sexe, assez bien filmée par ailleurs, on est surpris d’entendre prôner par un personnage, que l’on perçoit comme le porte-parole du réalisateur, un terrorisme gay dont les cibles seraient les hétéros que le prosélytisme ne parviendrait pas à convertir.
Le film paraît d’autant plus dérangeant du fait qu’il glisse petit-à-petit du naturalisme du début vers la peinture idyllique d’une communauté gay qui parvient à convertir aux joies de la sodomie les pires homophobes.


Sur la fin, le discours guerrier se transforme en message peace and love inattendu : « Un baiser entre deux mecs est un tremblement de terre pour le monde hétéro. » Où comment passer d’une utopie à une autre sans jamais être capable de nous parler d’aujourd’hui à travers des personnages auxquels on pourrait croire.
Un des préceptes édictés par Destiny est que l’on doit être fier de son corps. Elle demande donc à Indian d’être nu deux heures par jour en sa présence. Cette bonne idée nous vaut un film indépendant américain moins coincé qu’à l’habitude. On ne perd ainsi rien de l’anatomie d’Indian qualifié, à juste titre, de trognon par Destiny. L’acteur est en effet mignon, même si comme trop souvent, dans le cinéma américain, il semble un peu trop âgé pour le rôle. Mais il assure comme le reste de la distribution.
Le filmage n’est pas tout à fait à la hauteur des interprètes. Le bel effort de cadrage est souvent ruiné par une lumière calamiteuse ou plutôt par une absence d’éclairage. On ne compte plus les plans sous-exposés ou en contre-jour. Il faut le répéter ni la lumière du soleil, ni celles de la ville, ne sont suffisantes. On ne peut pas faire du cinéma sans éclairage d’appoint.
Si en versant dans le militantisme pur et dur Lewis n’a rien perdu de sa qualité de directeur d’acteurs, en revanche il ne reste rien de la légèreté iconoclaste qui faisait le charme de Luster,son précédent film.

Prends-moi est un mélange d’utopie militante et de romantisme qui ne prend pas.

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FAQ, 3

 

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FAQ, 2

 

 

FAQ 1

 

Bande annonce
 

 

pour voir le film et le télécharger: ICI

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Pourquoi mon fils?, un court métrage de Lucas Morales

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Pourquoi mon fils?  un court-métrage français sur un coming out un peu rude... Deux copains gays décident de faire leur coming out auprès de leurs parents et obtiennent des résultats complètement différents. Ce qui fait prendre un virage assez sombre et inattendu à ce court-métrage

Pourquoi, mon fils?
Réalisateur: Lucas Morales
Moulage: Yann Babilée, Lucas Morales, Josef Mlekuz, Jean-Michel Ricart, Agnès Rivière 
France | 2015 | 21 min

 

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Julian, junge liebe anders, une web-série de Christian Schäfer, Maik Scholz, Dominik Weiss

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Julian,  junge liebe anders, une web-série de Christian Schäfer, Maik Scholz, Dominik Weiss

Cette web-série raconte l'histoire de Julian 16 ans et de son coming-out. Depuis quelque temps, Julian a le sentiment que sa relation avec Sarah, une jeune fille de son lycée, ne peut plus le rendre vraiment heureux. De manière assez inattendue Julian apprend qu'un de ses camarade, Phillip, est gay et qu'il vit ouvertement cette situation. Petit à petit Julian s'aperçoit qu'il est attiré par Phillip...

"Julian" a été tourné (mieux que bien des films gay) à l'initiative du Centre Gay et Lesbien de Cologne (beaux extérieurs sur la ville) et joué par les jeunes membres du centre. Le directeur du projet Jürgen Piger affirme: "Avec cette série Web, nous voulons attirer et informer à travers une fiction les jeunes dans l'ensemble des pays de langue allemande qui sont encore devant leur coming-out et de leur montrer la possibilité d'affirmer leur identité gay." Curieusement le spectateur n'a pas du tout l'impression d'être devant un film militant et c'est la force de ce film dans lequel les personnages existent fortement. 

Julian,  junge liebe anders, une web-série de Christian Schäfer, Maik Scholz, Dominik Weiss
Julian,  junge liebe anders, une web-série de Christian Schäfer, Maik Scholz, Dominik Weiss

 

Julian - anders junge liebe (jeune amour autrement)
série Web 
Réalisation: Christian Schäfer, Maik Scholz, Dominik Weiss
Acteurs: Anton v B., Justus B., Klaus Nierhoff, Nina Vorbrodt, Bettina Böttinger, Florian Müller, Janina Engelhardt, Ronja. Kleiner, Maik Scholz 
Allemagne,  2012

facebook  
site web  
Tous les épisodes :


Folge 1 - 1: Augenblicke
Folge 1 - 2: Tagträume
Folge 1 - 3: Neugierde
Folge 1 - 4: Freunde
Folge 2 - 1: Partytime
Folge 2 - 2: Wer weiß was?
Folge 2 - 3: Trennungen
Folge 2 - 4: Lange Nacht
Folge 2 - 5: Freiheit

Peut-être il ya encore une fois une réunion avec Anton?

Peut-être il ya encore une fois une réunion avec Anton? Photo: Quoi qu'il en soit de Cologne

 
Julian,  junge liebe anders, une web-série de Christian Schäfer, Maik Scholz, Dominik Weiss
Julian,  junge liebe anders, une web-série de Christian Schäfer, Maik Scholz, Dominik Weiss

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ANG LIHIM NI ANTONIO (ANTONIO’S SECRET) un film de Joselito Altejeros

Publié le par lesdiagonalesdutemps

ANG LIHIM NI ANTONIO (ANTONIO’S SECRET) un film de Joselito Altejeros

 

Fiche technique :

Avec Kenjie Garcia, Josh Ivan Morales, Jiro Manio, Nino Fernandez, Honey Garce Capili, Shamaine Buencamino, Ricky Ibe, Kurt Martinez, Jay Perillo, Ajit Handasani, Lui Manansala et Ernier Zarate. Réalisation : Joselito Altejeros. Scénario : Lex Bonife. Images : Arvin Viola. Musique : Ajit Hardazani.

Philippine, 2008, Durée : 100 mn. Uniquement disponible en VO ou VOST anglais.

Résumé :

Antonio (Kenjie Garcia) est un jeune philippin de 15 ans qui vit à Manille, seul avec sa mère Teresa (Buencamino Sharmaine) qui tient un dispensaire. Le père est absent du foyer depuis huit ans. Il travaille à Dubaï et diffère d’année en année son retour au pays. Il se fait un peu tirer l’oreille pour envoyer de l’argent à sa famille. Antonio est un fils modèle. Il ne semble pas différent de ses copains Mike (Jiro Manio) et Nathan, avec qui il partage la passion des jeux sur ordinateur. Le groupe se retrouve toujours dans un cybercafé pour jouer.

 

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Pourtant Antonio a un secret. Ce garçon, qui réfléchit beaucoup sur lui-même, s’est aperçu qu’il est attiré par les garçons. Antonio fait des avances à Nathan qui se laisse faire mais cela détruit leur amitié. Il avoue ses tendances à son autre ami, Mike, qui prend bien la chose et lui dit qu’ils resteront frères.

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Mais la vie d’Antonio, somme toute ordinaire, bascule lorsque son jeune oncle, Jonbert (Josh Ivan Morales), âgé de 25 ans, vient habiter avec sa mère et lui sous prétexte de trouver du travail. Tout d’abord Antonio est attiré par le corps de Jo, qui s’en aperçoit et fait du garçon son jouet sexuel...

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L’avis critique

Antonio’s Secret est le troisième opus de son réalisateur. Depuis, il a tourné entre autres deux films gays:  Little Boy Big Boy (2009) et Unfriend (2014) Le film surprend par ses ruptures et l’hétérogénéité de son filmage parfois virtuose et parfois maladroit. Aucun spectateur ne peut se douter en voyant le premier quart d’heure du film (qui est une chronique familiale classique assez bien filmée) que Antonio’s Secret, dans sa dernière demi-heure, basculera dans le glauque et le drame sordide.

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La très bonne idée du réalisateur a été de choisir un garçon qui, au début, parait parfaitement ordinaire (ce qui facilite l’empathie avec le spectateur, malgré, pour nous occidentaux, le relatif exotisme du décor) et qui se révélera au fil du film loin d’être le garçon sage que l’on croyait qu’il était. Dans cette première partie, il est fort dommage que le metteur en scène n’ait pas eu assez confiance en son talent de cinéaste, qui est loin d’être négligeable, et ait alourdi son film d’une voix off superfétatoire sensée nous confesser les états d’âme de son jeune héros alors que l’image aurait suffit pour tout nous dire des tourments du garçon (surtout quand il est joué, comme ici, par un comédien, dans son premier rôle, remarquable… comme toute la distribution). Tout ce chapitre est filmé dans des couleurs pimpantes, souvent en extérieur. D’ailleurs, le cinéaste a la bonne idée de varier les décors.

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Judicieusement, Joselito Altejeros campe les conversations entre ses personnages dans des lieux pittoresques et animés. Ainsi, ces toiles de fond tiennent le spectateur toujours en alerte. La caméra est malheureusement quelques fois tremblotante, ruinant parfois l’image au cadre pourtant toujours soigné et souvent inventif. Le vrai sens du cadre du cinéaste réussit à produire de belles images dans les scènes les plus utilitaires. L’opérateur utilise des focales courtes, ce qui a pour effet de donner une grande profondeur de champ à l’image.

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Le film est peu découpé, privilégiant (parfois un peu à l’excès) les plans séquences, ce qui montre la confiance du réalisateur envers ses comédiens qui sont tous étonnants de vérité. Le scénario pêche par un défaut de construction qui est le révélateur de l’incohérence, où plutôt que l’on perçoit comme tel, des agissements des personnages… en particulier celui de Jonbert.

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En effet, lorsqu’il apparaît rien ne laisse supposer qu’il est homosexuel et attiré par son jeune neveu. Cette aventure incestueuse est d’autant plus surprenante que la psychologie des personnages est fouillée et que surtout, rien ne nous laisse penser qu’Antonio (qui fait les premières approches) est attiré par les hommes alors que jusqu’à l’apparition de Jonbert, il se focalisait uniquement sur les garçons de son âge.

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Par contre il est très intéressant, et rare, dans un film censé se passer sur une période courte (les vacances scolaires de Noël, ce qui est un peu une facilité car on ne nous présente pas Antonio dans son environnement scolaire), de voir le personnage principal évoluer autant. Ce qui fait que le sentiment du spectateur envers le garçon évolue constamment, passant d’une curiosité bienveillante à un malaise, lorsqu’il ne peut juguler son désir sexuel envers son oncle, puis à la pitié lorsqu’il devient la victime de ses sens...

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Il est particulièrement adroit de faire ressentir la montée du désir sexuel chez Antonio. Et là, il faut bien arriver à ce qui est totalement singulier pour un film non pornographique : la crudité des scènes de sexe qui sont montrées prosaïquement et sans véritable sensualité, comme si le sexe homosexuel (c’est le seul que l’on voit) était condamnable pour le cinéaste ; paradoxalement, il nous le montre complètement déculpabilisé chez les philippins.

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Les scènes sexuelles assez sordides et assez mal filmées entre l’oncle et son neveu sont d’autant plus choquantes qu’elles sont insérées entre des séquences domestiques des plus banales, rendant bien l’engrenage de cette relation incestueuse et la duplicité des deux protagonistes envers Teresa. La scène de viol du film est la plus réaliste, donc la plus insoutenable qu’il m’ait été donné de voir.

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Un film un peu hétérogène et ambigu, mais dont l’audace du sujet et ses partis pris cinématographiques, servis par une distribution époustouflante, font qu’il restera longtemps dans la mémoire du spectateur.

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Le secret d'Antonio, le film
 
Garcia Kenjie
 
 
Le secret d'Antonio, 2
 
Le secret d'Antonio, 4
 
Le secret d'Antonio, 3
 
Le secret d'Antonio 1
 
Acteur Kenjie Garcia
 
Bande annonce en version originale
 
 
Le film
 
 
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Méfiez-vous les garçons; Les homosexuels sont à l'affût

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Court métrage de la fin des années 50 destiné à mettre en garde les purs garçons américains contre les vilains messieurs.

 

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The nature of Nicholas un film de Jeff Erbach

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The nature of Nicholas un film de Jeff Erbach

La nature de Nicholas, le film

Canada, 2002, 100 mn

 
Réalisateur: Jeff Erbach, directeur de la photo: Brian Rougeau, montage: George Godwin, 
 
avec: Jeff Sutton, David Turnbull, Ardith Boxall, Tom McCamus, Robert Huculak, Katherine Lee Raymond Vicki, Samantha Colline 
 
La nature de Nicolas est un film gay sur le thème de l'homosexualité dans l'enfance, avec un récit comme une fable avec des touches surréalisme. Il est Situé à un fin des années 50, début des années 60, dans un milieu-de vaguement rurale.
 
La nature de Nicolas 1

 

Le film raconte l'histoire de Nicholas (Jeff Sutton), un garçon de 12 ans qui commence à découvrir qu'il aime son meilleur ami, appelé Bobby (David Turnbull).

 

La nature de Nicolas, 2

 

Nicolas est un garçon très imaginatif qui vit avec sa mère (Ardith Boxall). Elle est veuve. Le père est décédé, il y a quelques temps dans un accident.,Elle vit avec son petit ami (Robert Huculak). Parfois, l'enfant voit des apparitions de son père.

 

La nature de Nicholas 5
 
Nicholas est obsédé par Bobby. Il veut le voir en tout le temps. Il veut toujours être avec lui et lui donner des démonstrations de son affection.
 
La nature de Nicolas, 6

Mais le sportif Bobby n'éprouve pas les mêmes sentiments envers Nicholas, que ce dernier ressent pour lui, bien qu'il l'aime. Pour aggraver les choses, la figure du père qui apparaît à l'enfant lui suggère qu'il devrait aller avec les filles. Il a l'impression que son père veut l'éloigner de Bobby. Nicolas ne comprend pas encore ses pulsions, pas plus qu'il ne comprend les apparitions du fantômes de son père (Tom McCamus) dont personne d'autre à part lui ne voit. Un jour Nicholas embrasse impulsivement un Bobby déconfit. Ce dernier apparaît soudainement affaibli. Puis se transforme en un être à la peau verte, une sorte de zombie de série Z. Mais cette créature pathétique n'est pas le vrai Bobby le Bobby "normale" préférerait laisser mourir... Nicholas maintient caché la créature dans un hangar... Je dois dire que le basculement du film et sa lourde métaphore, néanmoins originale, m'a laissé un peu dubitatif.

 
La nature de Nicholas, 4

Les scènes d'intérieur de The nature of Nicholas pâtissent d'une image malheureusement souvent sous exposée. En revanche les paysages agricoles des alentours de Winnipeg sont remarquablement utilisés par le directeur de la photo, Brian Rougeau. La bande sonore presque entièrement vide de musique mais composée de sons "abstrait" due à Ken Gregory ajoute encore à l'atmosphère étrange du film entre rêverie et cauchemar. Les dialogue entre les deux garçons sont curieusement ceux que pourraient avoir deux adultes. Les deux jeunes acteurs sont très convaincant. Ils travaillent encore aujourd'hui comme comédiens dans le monde de la télévision et du cinéma. Le film peut en rappeler d'autres comme  Wild Tigers I Have Known ou vous n'êtes pas seul, mais surtout par son cadre et une certaine morbidité à "L'enfant miroir" de  Philip Ridley et aussi aux films d'un autre canadien David Cronenberg.

La nature de Nicolas, 3

Il est le seul film du réalisateur canadien Jeff Erbach. Néanmoins celui-ci possède une longue expérience de l’écriture et de la réalisation, notamment de courts métrages tels Monday With the Martins, Under Chad Valley, Soft Like Me, Gavin Frogboy et Mr. Twenty Five Cents, qui ont connu du succès dans les festivals partout dans le monde. Erbach est également bien connu comme réalisateur de vidéoclips. De plus, il fut membre de jurys pour l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision et pour le Manitoba Arts Council, et il donne fréquemment des conférences et des ateliers dans divers festivals et événements.

Bande annonce en version originale

Voir le film et le télécharger:  ICI

 

 

The nature of Nicholas un film de Jeff Erbach
The nature of Nicholas un film de Jeff Erbach

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