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220 articles avec bande-dessinee

Exposition Jacques Martin à la galerie Huberty & Breyne

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Exposition Jacques Martin à la galerie Huberty & Breyne

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Exposition Jacques Martin à la galerie Huberty & Breyne

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Zéro pour l'éternité de Naoki Hyakuta dessiné par Souichi Sumoto (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Zéro pour l'éternité de Naoki Hyakuta dessiné par Souichi Sumoto (réédition complétée)

 

Les japonais comme tous les peuples sont travaillés souterrainement par des démons, des questionnements, des fantasmes qui leurs sont propres. Le phénomène des kamikazes est l'un d'eux (je conseille vivement sur le sujet, au visiteur de Tokyo de visiter le sanctuaire Yasukumi, voir le billet que je lui ai consacré: Le sanctuaire de Yasukuni-jinja, Tokyo, Japon ). Les japonais ont un rapport très ambivalent avec la question des Kamikases s'ils sont révérés par l'extrême droite nationaliste nipponne, il ne faut pas oublier qu'en 1945, après la défaite les jeunes qui étaient entrainés dans des camps spéciaux dans le seul but de mourir pour la patrie ont été traités en quasi paria. Toutefois la grande majorité des japonais ont été ulcérée du glissement sémantique qui a fait qualifier les terroristes du 11 septembre 2001 de Kamikaze. Je pense que le point de départ du livre (dont je situe le présent il y a une dizaine d'années donc assez proche de l'attentat contre les tours) est cet amalgame opéré par les média étrangers entre kamikases et terroristes.

 

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Ce manga a été d'abord un roman. Pour l’écrire, Naoki Hyakuta, qui l'a adapté lui même pour en faire le scénario de ce manga, a rassemblé de nombreux témoignages d’anciens pilotes destinés à devenir kamikazes. Il s’est aussi inspiré de l’histoire de son oncle. Véritable best-seller au Japon, ce récit permet de vivre le quotidien des pilotes japonais de la Seconde Guerre mondiale. L’adaptation cinématographique sortira en salle en 2013 au japon. Ce fait illustre une spécificité du monde culturel japonais: la propension parfois extravagante à adapter une oeuvre en un autre médium, ainsi un manga peut devenir un animé (ce qui est assez logique), un roman, un film avec de vrais acteurs, une adaptation radiophonique, un C.D audio, une pièce de théâtre et même une comédie musicale ou un opéra! J'ai pris le manga comme point de départ mais cela peut être n'importe lequel des modes d'expression que j'ai cité décliné dans tous les autres ou certains d'entre eux. Contrairement à ce qui se passe souvent en occident, une des adaptations est fréquemment meilleures que son origine. Le problème est que l'on oublie souvent qu'elle est l'oeuvre originale devant toutes ces transmutations.

Le manga, « Zéro pour l'éternité » aborde le sujet des kamikaze par un angle original. (Il n'est pas le premier, il y a aussi le très beau Tsubasa d'Ayumi Tachibata, on peut voir à ce propos le billet Tsubasa et L'ile des téméraires  que j'ai écrit sur ce manga: , si des lecteurs connaissent d'autres manga, y compris en japonais qu'ils soient assez aimable pour me les signaler). L'éditeur nous informe que cette série comprendra 5 tome. Mon texte ne porte que sur les deux premiers tomes qui sont actuellement disponibles en français.

 

 

Kentaro est un étudiant prolongé qui poursuit ses études sans les rattraper. A la demande de sa soeur, journaliste et jeune écrivain, il va partir à la recherche des documents et témoignages sur son grand père qui est mort en Kamikaze quelques jours avant la fin de la seconde guerre mondiale.

 

 

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D'emblée j'étais très emballé par le sujet et par le fait qu'il soit transposé en manga ayant toujours aimé les représentations des combats aériens depuis mes lectures enfantines de Battler Britton et de Buck Danny jusqu'à ma récente découverte, lors d'un voyage à Tokyo des superbes illustrations de Shigeru Komatsuzaki . Mais j'ai d'abord été rapidement agacé par le choix d'un héros vraiment trop anti héros; cela semble être une tendance actuel dans le manga. C'est un peu la même chose dans « I am hero ». Désappointement augmenté par le fait que l’histoire débute sur des idées reçues, mais je m'en apercevrais vite que c'était pour mieux les circonvenir au fil du récit. J'ai été ensuite aussi rapidement conquis par la profondeur du propos et sa sensibilité. Notamment dés que Kentaro avec sa soeur rencontre monsieur Hasegawa, un ancien pilote de guerre, camarade de leur grand père. Séquence très émouvante. Les auteurs font des va et vient constants entre le présent et le passé. Il n'est pas difficile de supposer que chaque tome de la série s'organisera autour d'une rencontre par Kentaro d'un témoin ou d'un informateur capital sur la vie de son grand père. En tous cas le lecteur n'oubliera pas de sitôt monsieur Hasegawa.

 

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Dans le deuxième tome, le personnage que rencontre Kentaro est en tout point différent de monsieur Hasegawa; alors que ce dernier était un perdant de l'existence, vivant presque misérablement, le nouveau témoin de la courte vie du grand père de Kentaro, monsieur Ito est un chef d'entreprise à la retraite. Il vit en province dans une belle maison à l'ancienne. On comprend que par le biais des différentes personnes que Kentaro va rencontrer l'auteur va nous faire faire à la fois une visite dans la sociologie japonaise et dans la géographie de l'archipel.

Ito fait un portrait différent du grand père de Kentaro de celui de monsieur Hasegawa a tracé. "Zéro pour l'éternité " est aussi une réflexion sur la perception de l'autre. Le manga s'interroge sur les différentes manières d'appréhender un évènement selon son âges, son histoire et le contexte historique dans lequel il s'inscrit. Le manga se penche aussi sur l'incommunicabilité entre les générations. Sur l'absurdité de l'Histoire qui fait que monsieur Ito a fêté ses cinquante ans de mariage à Hawai alors que sont plus cher désir soixante ans auparavant était de bombardé cette même ile.

Zéro pour l'éternité explore également à travers les anciens combattants que rencontre le héros les différentes attitudes face à la mort, face à la guerre.

On apprend beaucoup de chose sur les conditions très brutales et parfois absurdes de la vie des militaires japonais avant 1945, déjà bien décrites dans « Opération mort » de Shigeru Mizuki. Le scénario, incidemment révèle aussi bien particularité de la vie quotidienne japonaise d'hier maisaussi d'aujourd'hui. On s'aperçoit que les auteur s'appuie sur une grande documentation (elle est parfaitement digérée). Le manga est bien édité car à sa suite, on trouve en bonus, des articles très instructifs sur ce que l'on vient de lire. On sait ainsi tout sur l'origine du nom Zéro pour le célèbre avion de chasse.

 

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Historiquement, "Zéro pour l'éternité" couvre une période beaucoup plus large que celle de l'utilisation des kamikazes. C'est un survol de toutes les batailles de la guerre du pacifique dans lesquelles l'aviation japonaise a participé.

Le dessin est soigné avec comme dans presque tous les mangas ce léger hiatus qui existe entre le dessin des personnages qui est plus caricatural que celui des décors dans lesquels ils évoluent, lui très réaliste et presque toujours réalisé d'après des photographies.

Lorsque le dessin d'un manga est aussi précis que celui-ci, il existe un plaisir supplémentaire à lire une histoire ainsi illustré, plaisir surtout réservé à ceux qui connaissent les lieux, celui de reconnaitre, de retrouver des ambiances que l'on a connues, que l'on a aimées...

Le découpage des page est sage, comme c'est presque toujours la règle dans les seinens. Le dessin est majoritairement à dominante claire. Pour différencier les épisodes qui de déroulent dans le passé par rapport à ceux qui se passent dans le présent, Naoki Hyakuta a choisi de disposer les cases ayant trait au passé sur un fond noir alors que les autres sont classiquement sur un fond blanc. L'utilisation des trames est élégante. Les avions et autres matériels guerriers sont très bien reproduits ce qui n'empêche pas le dessinateur de bien faire passer les émotions et les sentiments sur le visage de ses personnages.

 

On peut voir sur le lien ci-dessous les 40 premières pages du manga

Zero pour l'éternité T.1 - AKATA 

 

Zéro pour l'éternité [1]

 

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Parallèlement, tiré du roman et du manga un long-métrage a été tourné. Il fut projeté dans les salles obscures nippones courant 2013, en voici le bande-annonce (après une pub parasite!) :

 

 
Zéro pour l'éternité de Naoki Hyakuta dessiné par Souichi Sumoto (réédition complétée)

Le film dirigé par Takashi Yamasaki avec Ozada Junichi, Miura Haruma, Inoue Mao et Aral Hirofumi, est remarquable surtout pour la partie se déroulant lors de la guerre du Pacifique. Les effets spécaux sont extraordinaire en particulier ceux des combats aérien. On est véritablement dans le cokpit du zéro. Le jeu des acteur pour les épisode contemporain est un peu outré selon les standard occidentaux mais tout à fait correct selon les critères japonais.

Sumoto Souichi alias Souichi Moto est Né le 16 aout 1963, dans la préfecture de Kanagawa.

Il débute sa carrière de mangaka en 1980, en recevant le prix d’honneur du concours jeune talent de la revue «  Weekly Sunday  » de l’éditeur Shogakukan. Pourtant, après quelques années d'activités, il interrompra sa carrière de mangaka pour devenir acteur. Il obtiendra quelques rôles,mais n'y trouvera pas autant de plaisir qu'avec le dessin. Il décidera alors de revenir à ses premiers amours. Il crée alors de nombreuses séries se déroulant dans l’univers du Mah-Jong, une de ses passions.
Depuis quelques années, son thème de prédilection pour ses mangas est «  La Guerre  », et il publie notamment de nombreuses œuvres mettant en avant l’aviation. Il n’hésite pas non plus à s’investir dans des projets plus originaux consacrés aux laissés-pour-compte. En 2004, il a participé à la création d'une série de livres/manga-documentaires, en partenariat avec le gouvernement japonais, qui évoque les problèmes relationnels entre le Japon et la Corée du Nord à cause des enlèvement de jeunes adolescentes japonaises. Une des histoire, «  Megumi  » a d'ailleurs été adaptée en anime diffusé gratuitement en plusieurs langues (y compris le français):
http://www.youtube.com/user/takapi2008

Et ce n'est pas tout  : en 2009, il s'est investi bénévolement dans le projet caritatif «  Be Smile  » consacré aux enfants maltraités  :
http://www.besmile.org/

A n'en pas douter, Souichi Moto est donc un auteur s'investissant particulièrement dans  les problèmes de société et soucieux d'exprimer à travers ses œuvres de profonds messages.

Dans le but de surprendre son public, mais aussi pour insister sur l’aspect unique de ce manga, Souichi Sumoto a signé Zero, les ailes de l’éternité sous son véritable nom  : Souichi Moto. C’est la première fois qu’il le fait, depuis le début de sa longue carrière. Une preuve indéniable du statut très exceptionnel de ce seinen.

 

Commentaires lors de la première publication de l'article

Cher Bernard,

Je crois avoir déjà eu l'occasion de vous l'écrire, j'ai vécu une dizaine d'années au Japon pour des raisons professionnelles. j'ai beaucoup aimé ce pays et continue de le faire. Ce qui m'amène à vous féliciter pour vos chroniques régulières sur l'archipel nippon.
Ceci dit, sur la question des kamikazes (de "kami kazé" ou littéralement "vent des dieux"), je voudrais attirer votre attention sur l'incroyable mystification de ce phénomène. J'ai eu un jour la chance de rencontrer au Japon un très vieux monsieur qui était un ancien instructeur de kamikazes. Ce qu'il m'a raconté m'a fait froid dans le dos. La plupart des jeunes gens qui rejoignaient ce corps d'élite des forces impériales le faisaient pour l'honneur de leur famille. Il n'y a presque plus qu'au Japon que l'on comprend ce genre de concept. Même aujourd'hui et chaque année, des jeunes étudiants se suicident par dizaines pour éviter le déshonneur à leur famille alors qu'ils ont échoué à l'examen d'entrée d'une grande et prestigieuse université. C'était un peu le même principe du temps des kamikazes. L'enrôlement d'un jeune homme pouvait non seulement sauver sa famille d'une honte ou l'autre mais encore la hisser à un niveau supérieur d'honorabilité. La plupart n'étaient nullement des fanatiques, comme on se complaît trop souvent à décrire. Au moment où ils prenaient la juste mesure de leur engagement, c'était trop tard au moment où il fallait embarquer pour la mission suicide. Beaucoup d'entre eux étaient morts soûls pour se donner du courage et il fallait les porter jusqu'à leurs avions. De nombreux autres poussaient des crises de nerfs, s'effondraient en larmes, appelaient leur mère et refusaient d'embarquer. Il fallait là aussi les forcer par toutes sortes de moyens et c'était dans un état d'halluciné qu'ils prenaient leur envol. Finalement, comble du cynisme, l'armée ne mettait dans les réservoirs que le strict minimum de carburant pour atteindre la flottille US qui était leur cible. Histoire de décourager tout changement d'avis en cours de route !
J'aime beaucoup les Japonais (surtout les jeunes gens qui sont souvent infiniment plus sexys qu'on ne l'imagine en Europe)mais il faut se méfier d'eux lorsqu'ils vous balancent la version officielle de leur histoire entre 1930 et 1945. Même les jeunes générations exercent très peu d'esprit critique à ce propos. Ils ont été défaits par une puissance qui leur était militairement supérieure. Point à la ligne !

Frank

Je ne crois avoir écrit quoi que ce soit dans mon billet qui puisse contredire ce que vous écrivez. Votre commentaire n'est d'ailleurs absolument pas en contradiction avec le manga Zéro puisqu'un des personnages de pilotes (il n'est pas kamikaze) ne pense qu"à revenir vivant de chaque mission. La pression sociale était (et est toujours relativement) très forte au Japon. Les kamikazes craignaient aussi en cas de "lacheté" des représailles sur leur famille. Mais il n'en était pas si différent dans l'armée française (mon père était officier) lorsque l'on demandait un volontaire pour une mission dangereuse, mon père me racontait que tous les hommes étaient volontaires pour ne pas paraitre dégonflé devant leurs camarades. Quant au rôle de l'alcool c'était la même chose avec les troupes qui devaient sortir en première ligne des tranchées en 1914. On augmentait la distribution de gnole pour ces hommes, ordre du haut commandement. Moins une société est individualiste plus la pression sociale est importante, avec ses bons cotés et ses beaucoup moins bons. Ceci dit comme disent très justement les japonais ce sont les vainqueurs qui ont écrit l'histoire. Encore plus que le manga Zéro je vous conseille sur le sujet le one shot dont je parle dans l'article qui ne sera pas non plus en contradiction avec ce que vous écrivez. Merci pour ce nouveau commentaire. 

Bernard,

Vous tombez exactement dans le travers des Japonais lorsqu'ils disent (pour vous avec raison) que ce sont les vainqueurs qui ont écrit l'histoire. Derrière ce quasi-slogan sibyllin se cache toute une politique de déni de que fut l'Empire nippon durant les années '30 et la guerre. C'est au nom de cette phrase qu'aujourd'hui encore au Japon, à l'école, on enseigne à peine le militarisme et l'impérialisme sur l'Asie. La plupart des professeurs se contentent d'arrêter le cours d'histoire vers les années '20 et disent à leurs élèves que, par manque de temps,il leur est conseillé de lire le reste mais que ce ne sera pas matière d'examen. On imagine la réaction des potaches ! Vous évoquez le sanctuaire Yasukuni, parfaite illustration de cette idéologie aveugle des Japonais à propos de leur passé. Sont enterrés ou du moins honorés dans ce sanctuaires quelques unes des plus belles crapules du fascisme nippon. Il est d'ailleurs de notoriété publique au Japon que, pour faire tomber un ministre un peu trop débutant, il suffit de l'entraîner sur cette histoire de Yasukuni. Prenez garde lorsque vous conseillez d'aller visiter cet endroit à bien éveiller l'esprit critique de vos lecteurs. C'est exactement comme si vous leur suggériez d'aller visiter un mémorial qui honorerait Hitler, Himler, Goebels et quelques autres grandes pointures du nazisme. Oh non, ce ne sont pas les vainqueurs qui ont écrit l'histoire !

Frank

Tout d'abord je veux toujours dire d'où je parle. Le moins que l'on puisse dire est que mes idées ne sont pas dans l'air du temps. Je ne pense pas que l'impérialisme soit toujours à condamner. Je considère par exemple que le colonialisme n'a pas eu que des points négatifs et je soutiens qu'il aurait mieux valu pour la France et l'Algérie que cette dernière reste française. Bien ceci dit par exemple qu'il y eu des crimes coloniaux est indéniable que le Japon ait commis des crimes de guerre l'est tout autant (quel peuple en guerre, en quel temps n'en a pas commis? Certes pas tous dans les mêmes proportions, parfois les victimes d'hier n'ont pas tardé à se transformer en bourreau, l'histoire et l'actualité ne manque pas d'exemples). A propos des crimes de guerre on parle toujours, à juste titre de Nankin mais par exemple on ne dit jamais que le fait d'attaquer Pearl arbour sans avoir déclaré la guerre aux Etats-Unis est en droit international est un crime de guerre. Je connais bien l'argumentaire des japonais sur le sujet mais ils avance toujours et avec raison outre les bombes atomiques sur l'Achipel mais aussi l'anéantissement de Dresde, ville qui n'avait aucune importance stratégique, le seule but était de terroriser la population allemande pour qu'il s'oppose au nazisme, aussi idiot qu'improductif. Je continue à conseiller (avec toujours un esprit critique  d'aller visiter Yasukumi d'abord parceque c'est une source de connaissance extraordinaire, sans parler de certaines d'oeuvres d'art, je parle de certaines estampes et tableaux, en particulier celles concernant les guerre contre la Chine et la Russie à la fin du XIX ème siècle. D'autre part j'aimerais beaucoup qu'il y ait un tel sanctuaire en France pour les hommes qui ont donné leur vie pour leur pays (parfois sans doute pour des causes que l'on peut trouver douteuses). Je suis très respectueux et admiratif du sacrifice des soldats japonais pour l'indépendance de leur pays. Je crois que vous admettrez que la mojorité des ames qu'abritent le sanctuaire de Yasukumi n'étaient pas celles de crapules. Il y en a bien sûr d'ailleurs ce sont peut être pas les pires qui ont été pendues par exemple ce fut le cas du général qui commandait en titre l'armée japonaise lors des massacres de Nankin mais en fait malade il était au Japon à l'hopital. Il n'aura plus aucun commandement et prendra position contre les jusqu'au boutiste de la guerre et bien il sera pendu alors que l'homme qui commandait en fait l'armée japonaise au moment des massacres de Nankin était l'oncle de l'empereur. Il ne passera même pas en jugement... J'arrête là car on débouche sur la question impériale au Japon, ce qui n'est pas simple.

Je ne crois pas que l'on puisse faire le parallèle entre le régime militariste japonais et le nazisme pas plus qu'il faille confondre nazisme et fascisme. A propos de Goebels j'ai trouvé dans le grand magasin de jouets en bas de Ginza, la poupée de Goebels et la reproduction en miniature de son bureau! hallucinant...

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Okaihabara, Tokyo, Japon, octobre 2011

 P.S

Si vous n'avez pas vu le documentaire sur Ishiwara, l'homme qui déclancha la guerre (en attaquant la Chine) puis s'opposa à une généralisation du conflit en 1937, il apparait dans l'extraordinaire manga uchronique qu'est Zipang). il faut lire le livre "Ishiwara, l'homme qui déclancha la guerre" de Bruno Birolli paru aux édition Armand Coln.

 

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Bientôt un nouveau Corentin

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Bientôt un nouveau Corentin

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case en exergue: René Follet

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case en exergue: René Follet

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Raoul Hausman

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Raoul Hausman

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Mattéo de Gibrat (réédition augmentée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Mattéo de Gibrat (réédition augmentée)
Mattéo de Gibrat (réédition augmentée)

 

 
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Je ne sais pas vraiment, comme je le suggérais un jour, si les bons peintres se sont aujourd'hui réfugiés dans la bande-dessinée. Mais il est indéniable que Jean-Pierre Gibrat est un grand aquarelliste. Paradoxalement, j'ai même trouvé que l'excellence de son métier dans le cas de la représentation de la boucherie de la Guerre de 14, pouvait être gênant. Quand Gibrat "éclaire" une case par une touche de rouge, qui est en l'occurrence du sang, une scène de tranchée, il arrive que l'on peut ressentir un malaise. Il connait bien son métier ce bougre de Gibrat. Ce truc était déjà utilisé par les peintres hollandais du XVII ème siècle qui parsemaient leurs compositions de petits bonnets rouges, taches qui les structuraient. Pour clore cette remarque, disons que Gibrat se permet des joliesses que Tardi ne se permet pas. Lorsque l'on parle bande dessinée et guerre de 14, nouveau sujet récurrent de la bande dessinée franco-belge, il est impossible de ne pas faire référence à Tardi. Evacuons la d'emblée en disant que si Tardi est plutôt du coté du documentaire, Gibrat lui se place dans la lignée feuilletoniste du beau livre de Sébastien Japrisot, "un long dimanche de fiançailles" qui est supérieur à son adaptation cinématographique, dans le premier tome et de la série des aventures de Boro de Dan Franck et Vautrin dans le deuxième.
 
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Venons en à ce que nous raconte ces deux albums, dont le héros est Mattéo, qui sont dus tant au scénario qu'au dessin au seul Gibrat qui fait également la mise en couleur. Un auteur unique donc, une situation actuellement assez rare dans la production dans la bande dessinée.

 
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Au début du premier album, nous sommes en 1914 à Collioure. Mattéo est un jeune ouvrier agricole qui vit seul avec sa mère depuis la mort accidentelle en mer de son pécheur de père. Ce dernier a fuit avec sa famille l'Espagne où, étant anarchiste, il se sentait menacé. Mattéo s'est amouraché d'une belle jeune fille, Juliette qui a été plus ou moins été adoptée par le hobereau local pour lequel Mattéo travaille. La guerre éclate. L'enthousiasme du début fait vite place à la litanie des morts. Etant espagnol Mattéo n'est pas mobilisé. Il continue à travailler dans les vignes,mais la pression sociale est telle qu'il se sent obligé de s'engager, contre l'avis de sa mère et de son meilleur ami qui est revenu du front aveugle alors qu'il se destinait aux beaux arts. Mattéo est très vite confronté aux horreurs de la guerre. Il est difficile d'en dire plus sans tuer le plaisir de lecture. Un des grands intérêts de ces deux albums réside dans le choix malin du héros qui est un peu en marge, dans les deux univers, la guerre de 14 puis la révolution russe dans lesquels il est plongé, ce qui permet à Gibrat de donner regard un peu décalé sur ceux-ci. 

 
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Sachez que le deuxième volume verra Mattéo plongé en pleine révolution russe à Pétograd et de passage à Paris. Ces "dépaysements" nous valent des planches encore plus somptueuses que celles du tome 1.
Mes lecteurs habituels ne seront pas surpris d'apprendre que je me suis livré à la chasse aux anachronismes. Par exemple, mais sans certitude, je me suis étonné que les dessins du front que reçoit Mattéo de son ami soient faits sur des feuilles venant d'un carnet à spirale. Les cahiers à spirale existaient-ils en 1914? Il y a en revanche un anachronisme flagrant et qui est récurrent dans toutes les représentations depuis cinquante ans de la guerre de 14, dans Mattéo moins que dans beaucoup, le déficit de moustaches! Il faut savoir qu'en France avant 1914, il n'y avait guère comme non moustachu que les acteurs et les curés. Les rares non moustachus étaient en but à la grande injure, qui était alors: face de cul! A la décharge de Gibrat il est bien difficile aujourd'hui de faire un héros de B.D. moustachu. Astérix occupe tout l'espace qui leur est dévolu...

 
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Dans une interview, Gibrat explique très bien son rapport avec le réel: " Je suis plus un dessinateur évocateur que réaliste. Il faut que le réalisme soit tordu pour qu’on puisse faire croire que c’est cela le vrai réalisme ! Par exemple les années 40 que j’ai dessinées ne sont pas les vraies années 40. Je dessine toutes les rues pavées alors qu’il y avait beaucoup de rues goudronnées. De même, dans la mémoire collective, 1944 c’était les tractions. En fait il y en avait très peu : les gens roulaient dans des voitures d’avant-guerre et les tractions étaient des bagnoles très modernes réservées à la Gestapo. J’ai donc dessiné des tractions. Et tout est un peu comme cela. Comme le béret rouge de Jeanne, à l’époque le rouge n’était jamais comme cela, mais pour une raison de mise en scène, je me suis appuyé sur ce truc-là. J’ai volontairement triché avec la vérité. Je me prends ce droit là parce que c’est plus important pour le récit. Ce n’était pas absurde, je n’ai pas non plus fait le béret branché du bobo d’aujourd’hui ! C’est le temps de la vérité où on laisse croire aux gens que c’est cela la vérité ou en tout cas que c’est crédible. Et c’est cela qui plait, je crois."
Cette position me fait problème, car elle renforce, surtout lorsqu'elle est traduite avec autant de talent qu'en possède Gibrat, les idées reçues sur une question, un lieu, une époque...

 
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Les planches de Gibrat sont divisées en relativement peu de cases, souvent réparties en trois bandes horizontales où le talent d'aquarelliste de l'auteur peu se développer au large et parfois il prend toute la page comme pour cette superbe vue parisienne de la gare du nord et de ses environs. Le fait qu'il travaille sur un format assez grand ses planches originales ont 47 cm de haut, n'est sans doute pas étranger à cette qualité. 

 
 
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On ne peu pas reprocher grand chose au dessin de Gibrat dont la somptuosité surprend le lecteur à chaque page sinon de représenter les jeunes femmes qui séduisent Mattéo toujours avec la même physionomie, très belle au demeurant; à sa décharge on peut toujours penser que Mattéo n'aime que ce type de femme...

 
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Le tome 2 est publié avec un cahier graphique grâce auquel on peut admirer la dextérité de dessinateur de Gibrat. Il est précédé d'une postface de Claude Gendrot qui nous apprend que le dessinateur "encre" au bic et où il parle bien du style de l'artiste: " Il n'aime rien tant que les portrait, les visages qui s'expriment, les corps qui se meuvent tout en souplesse ou se raidissent tout en noeuds, il jubile à faire éclore l'attitude gracieuse une Amélie dont la main saisit une chaise pour s'y asseoir ou l'expression d'un Mattéo dont la lassitude pèse sur la table de bistrot, il se réjouit de l'air goguenard qu'il réussit à donner à un vieux, de la pétillante malice qu'il offre à un jeune..."
 
 
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Le texte dans une B.D. se divise en deux espèces. Celui qui se trouve dans les bulles et qui sort de la bouche des personnages et celui qui est placé dans des rectangles, le plus souvent soit en haut ou en bas de la case et qui est un peu l'équivalent de ce qu'est la voix off au cinéma. Ces deux formes demandent, la première à l'auteur d'avoir un talent de dialoguiste, la deuxième qu'il possède avec les mots une force descriptive et évocatrice. Il faut que cette partie du texte d'une part ne fasse pas doublon avec le dessin et que d'autre part qu' il n'entre pas en conflit scénaristique et stylistique avec celui-ci. Dans le cas de Gibrat comme il se charge de tout, il faut donc qu'il soit un athlète complet de la B.D. Son écriture est si remarquable que chose exceptionnelle dans la bande dessinée, cette "voix off" pourrait se lire indépendamment des dessins quant aux dialogues souvent narquois et gouailleurs ils contribuent grandement à l'intérêt du récit.
 
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La construction du récit, nettement scindée en deux, est elle aussi remarquable. Le premier volet peut se lire seul, étant autonome du second et possédant sa propre fin. Le deuxième volets se passant principalement à Petrograd est plus intéressant scénaristiquement que le premier qui tournait assez classiquement autour des horreurs de la Grande guerre. Il nous montre une révolution russe bien différente de celle de la légende dorée que les partis communistes du monde entier ont propagée durant des décennies, la vision de Gibrat est dénuée d'angélisme et elle est plus pertinente que celle que l'on trouve dans "septembre rouge, octobre noir" (bande-dessinée que j'ai déjà chroniquée). Gibrat qui vient d'une famille communiste fait preuve d'une belle lucidité qui n'a pas été sans déchirement comme il dit:  " mes parents ont cru naïvement au communisme et ils ont été les cocus de l'histoire".
 
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Il est amusant, pour un vieux réactionnaire comme moi, de voir que les troupes des "parfaits" idéologiques ne font que fondre au fil des années les deux bandes dessinées que j'ai lues récemment, ayant pour cadre la révolution russe, est emblématique de ce phénomène. Lorsque j'étais adolescents, par exemple lorsqu'on traitait de la guerre civile espagnole, les bons étaient les républicains que l'on mettait tous dans le même sac, et cela va sans dire les méchants étaient bien évidemment les franquistes. Aujourd'hui le camp des saints se réduit aux seuls anarchistes. Le drapeau noir ne flotte toujours pas sur la marmite mais il est en voie de canonisation... 

 
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Les personnages de Mattéo, mis à part le rôle titre sur lequel je vais revenir, ont tous une véritable épaisseur psychologique et sont surtout en dehors de tout manichéisme. Si certains sont mus par leurs convictions, ceux là font souvent preuve de psychorigidité redoutables, quant aux autres c'est surtout leur égoïsme qui les font agir. Tous ces personnages sont bien éloignés des classiques personnages de bande dessinée lisses et à la morale bien définie. Mattéo, lui est le seul héros au sens propre du terme. Même s'il n'est pas sans tache, il est toujours tiraillé par le remord lorsqu'il agit contre sa conscience. Ce qui amène une fin (provisoire?) du deuxième tome pas complètement crédible, même si elle est logique par rapport au personnage qu'est Mattéo.

 
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La fin de cette histoire poignante est bien amère. Il est certain que le lecteur n'est pas prêt d'oublier Mattéo. Peut être que Gibrat nous donnera de ses nouvelles car il me semble que pour où il s'embarque à la dernière case, il y aura à raconter (il y aurait trois autres albums de prévus)...  
 
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case en exergue: Hermann

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Sept Frères par Hervé Boivin, Didier Convard et Jean-Christophe Camus

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 Sept Frères par Hervé Boivin, Didier Convard et Jean-Christophe Camus
 Sept Frères par Hervé Boivin, Didier Convard et Jean-Christophe Camus

Heureusement que nous allons avoir bientôt une autre guerre, elle est d'ailleurs déjà là, pour que les scénaristes puissent renouveler leur stock d'histoire. Nous revoilà donc dans ce passé qui ne passe pas. En janvier 1951 les sept survivants d'une loge maçonique, La rose silencieuse, qui a été décimé entre le 11 et le 13 février 1943 par la Gestapo reçoivent une lettre de leur vénérable maitre: Tous les frères survivants sont priés d’être présents à une réunion qui aura lieu le 26 du mois, à 19 heures à la Grande Loge de France…

Henri Demontheil, Elias Guttman, Jakob Ferret, Marcel Astier, André Lemourieux, Bernard Soulac et Jean Guérin ont tous ont perdu leur liberté et nombre de leurs proches le jour de la rafle qui a mis fin à l’existence de « La Rose silencieuse ». Il réponde tous à la convocation pourtant ils savent que leur vénérable a été abattu par les allemand lors de la raffle. Lorsqu'ils arrivent à la réunion il trouve un autre courrier qui leur demande de recréer leur loge mais auparavant il faut qu'ils démasque le traite qui a vendu leur résau de résistance. Le traite est l'un des sept frères. 

Il a fallu deux scénaristes pour ce démarquage de Marie-Octobre, le célèbre film de Julien Duvivier tout d'abord Didier Convard, lui-même franc-maçon et Jean-Christophe Camus (cofondateur de l’agence graphique Trait pour trait). Cette abondance de bien ne les a pas empéché de multiplier les invraisemblances. Très habilement la façon peu plausible dont chaque membre a été arrêté et a survêcu sert un temps le scénariste puisque l'on sait qu'au moins un des sept frères trois points ment. Hélas les six autres parcours ne sont pas plus convaincants que celui du coupable. Pourtant cela commence bien et après l'exposé des faits et la présentation des personnages ont a envie de connaitre le dénouement, la déception sera d'autant plus grande.

C'est vraiment dommage car le dessinateur fait un sans faute alors que le scénario multiplie les embuches; en premier lieu le nombre de personnages. Boivin parvient à leur donner une tête reconnaissable au premier coup d’œil. Autre performance remarquable l'impeccable reconstitution du Paris et de sa banlieue de 1951 dans le premier tiers de l'album. Dans la suite un autre tour de force attendait le malheureux dessinateur, rendre vivant une discution entre sept personnages sur près de 20 pages, et de ce point de vue là encore le pari gagné. Autre obstacle celui de rendre immédiatement lisible ce qui s'est passé en 1943, sept flashbacks retraçent le jour de l'arrestation de chacun des hommes et ce qui se déroule de nos jours. Boivin a utilisé un procédé simple, classique mais efficace, celui de représenter le passé en noir et blanc et le présent de l'action en couleur.

Vraiment dommage que les scénaristes n'aient pas été plus respectueux des réalités historiques.

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case en exergue: Grun

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case en exergue: Carlos Laffond

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