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226 articles avec bande-dessinee

Le hurlement de Cybèle, le prochain Alix senator

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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L’Odeur des garçons affamés » par Frederik Peeters et Loo Hui Phang

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 L’Odeur des garçons affamés » par Frederik Peeters et Loo Hui Phang
 L’Odeur des garçons affamés » par Frederik Peeters et Loo Hui Phang

En cette année 1872, nous sommes juste après la fin de la guerre de sécession. en plein Texas, l’Ouest américain est encore un territoire sauvage, un continent à civiliser pour l’homme blanc. Et le lieu d’un génocide en cours, celui des indiens. Une petite expédition s’y aventure pour cartographier, recenser, photographier, rassembler tous les éléments pour préparer la colonisation des immenses territoires comanches, désormais envahis par l’homme blanc. L’expédition est financée par une riche organisation privée. Elle à sa tête, un ingénieur géologue douteux et néanmoins d’origine irlandaise qui se promène souvent les fesses à l’air tout en prônant une utopie civilisationnelle extrémiste. Il a engagé un un photographe homosexuel et escroc, spécialiste des clichés spirites, fuyant son trouble passé. Elle est complétée par la présence d’un séduisant jeune boy qui ne laisse guère le daguerréotypeur indifférent. Le jeune garçon de ferme s'avérera bien moins naïf qu’il n’y paraissait de prime abord. Leurs secrets respectifs vont éclater sous le soleil texan, en même temps qu’un flot de magie ancestrale.

Ce western atypique a été écrit sur mesure par Loo Hui Phang pour le dessinateur Frederik Peeters, l'auteur des « Pilules bleues », de « Lupus » ou d’« Aâma ». Ici le western n’est qu’un genre prétexte pour explorer le thème du secret propre à chacun et à aborder en profondeur la psychologie des personnages. Loo Hui Phang est une scénariste aux multiples facettes (elle travaille pour le théâtre, la littérature, le cinéma, les performances artistiques et la bande dessinée où elle a notamment collaboré avec des illustrateurs comme Philippe Dupuy, Michaël Sterckeman, Cédric Manche, Hugues Micol…). La scénariste tord les règles du genre pour sonder l’âme humaine et les relations entre hommes, femmes et nature. La question de la sexualité et du genre y est abordée avec subtilité, tout comme la description plus historique de l’éradication des derniers Comanches, le tout mêlé à une spectaculaire ouverture vers le fantastique. Loo Hui Phang a concocté ce récit aux dialogues remplis de délicieux sous-entendus qui détournent habilement les codes habituels de ce genre de fictions pour nous conter, en fin de compte, une imprévisible et belle histoire d’amour.

Le dessin est presque toujours somptueux et la mise en couleurs fait parfois penser aux grands tableaux fauves.

 

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 L’Odeur des garçons affamés » par Frederik Peeters et Loo Hui Phang
 L’Odeur des garçons affamés » par Frederik Peeters et Loo Hui Phang

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Christophe Simon peint Corentin

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Christophe Simon: huile sur toile 100/72 cm

Christophe Simon: huile sur toile 100/72 cm

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Paris Match raconte « La Saga du journal Tintin »

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Paris Match raconte « La Saga du journal Tintin »

 

Je m'aperçois en commençant ce billet que je consacre bien peu de billets au sujet des revues et autres publications qui constituent, bien que beaucoup moins qu'auparavant, pourtant un grand pan de mes lectures. Elles me semblent encore essentielles à la culture de l'honnète homme (au sens dixhuitièmiste de cette expression). Je vais donc vous entretenir d'une récente parution qui m'a autant surpris que ravi.

Curieusement c'est Paris Match qui fête les 70 ans de l'apparition du journal Tintin dont je fus un fidèle lecteur de 1958 jusqu'à sa disparition, disparition dont je ne me suis jamais consolé. En fait ce magazine préfigure la publication, le 26 août prochain, de « La Grande Aventure du journal Tintin » aux éditions du Lombard, superbe et très volumineux volume que je me propose d'acquérir si mes lecteurs sont généreux. Or donc Paris Match, en coédition avec La Libre Belgique, consacre un numéro spécial aux 70 ans de l’hebdomadaire belge, lancé en 1946 par Raymond Leblanc. Ce qui est très intéressant est que cette heureuse initiative n'émane pas des éditions du Lombard et est donc beaucoup moins hagiographique pour Raymond Leblanc (et Hergé) que par exemple "Le lombard l'aventure sans fin" qui est néanmoins fort intéressant. Ce numéro spécial de Match a été Confiés à une solide équipe de rédacteurs, journalistes et historiens de la BD, les articles de ce copieux hors-série sont passionnants, riches en informations, et nostalgiques à souhait pour les vieux lecteurs duJournal des jeunes de 7 à 77 ans.

La revue commence avec un entretien avec Raymond Leblanc réalisé par Patrick Gaumer (qui, par ailleurs, évoque la reprise du journal en France par Georges Dargaud). Interview très éclairante bien que Leblanc ne manque pas de tirer la couverture à lui, sur la personnalité d'Hergé qui apparait comme un despote égoiste et hésitant, un assez sale type en définitive, heureusement que les gens de talent ne sont pas aussi des parangons de vertues... Tout le contraire du meneur d'homme qu'était Leblanc. Je conseille de croiser cette interview avec celle de Greg par Benoit Mouchart dans Kaboom de ce trimestre (Kaboom revue indispensable pour tous les amateurs de bandes dessinées.  

Dominique Petitfaux raconte le parcours mouvementé du journal. Philippe Goddin revient sur le partenariat houleux mais productif entre Leblanc et Hergé. Philippe Mellot évoque la presse BD en Belgique après-guerre. Michel Pierre et Jacques Langlois se souviennent de « Blake et Mortimer »… Dominique Petifaux parle d’« Alix » avec Claude Aziza, de « Dan Cooper » avec Philippe Guedj, de « Chlorophylle » avec Yves Frémion, de « Michel Vaillant » avec Francis Monsenergue.

De son côté, Patrick Gaumer revient sur « Ric Hochet » avec Adrien Guilleminot, « Comanche » puis « Thorgal » avec Philippe Guedj.

Enfin, le trio Gaumer/Langlois/Petifaux planche sur la vie du journal avec le concours de Dominique Maricq. Suffisamment courts pour ne pas être ennuyeux, ces articles richement illustrés bénéficient d’une mise en page aérée qui en rend leur lecture agréable.

Signalons enfin le prix modeste (116 pages en couleurs pour seulement 6,90 €) de cet excellent voyage dans les méandres de la grande aventure éditoriale que fut celle de l’hebdomadaire disparu en 1988, mais dont de nombreux héros survivent pour notre plus grand plaisir. À ne pas manquer !

Henri FILIPPINI

Paris Match raconte « La Saga du journal Tintin »

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case en exergue, Mitacq

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La Patrouile des Castors, Le Ker-disparu de l'Aven (1957)

La Patrouile des Castors, Le Ker-disparu de l'Aven (1957)

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Tintin à Londres

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Tintin à Londres

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Corentin, Les trois perles de Sa-Skya de Simon et Van Hamme

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Corentin, Les trois perles de Sa-Skya de Simon et Van Hamme


 

Le Corentin de Simon et Van Hamme était, cette année la bande dessinée que j'attendais le plus non que je sois féru des anniversaires, le personnage a été créé par Cuvelier, il y a juste 70 ans, ni que je pense que le prolifique Van Hamme soit le plus grand scénariste actuel de la bande dessinée franco-belge mais parce que je pense que Christophe est un des plus grands dessinateurs de cette même bande-dessinée, voir pat exemple sa reprise d'Alix dans "Le Démon du Pharos" où il montre toute la variété de ses talents. En outre, il est peut être le seul à l'instar jadis d'un David ou d'un Girodet sache dessiner l'anatomie humaine.

C'était aussi avec quelques inquiétude, comme à chaque reprise sur l'utilité de ressuciter un personnage, en l'occurrence, le petit Corentin Feldoé qui parcourt le monde au milieu du XVIII ème siècle accompagné de son ami Kim, d'un gorille, Belzebuth, et d'un tigre, Moloch. Vous conviendrez que tout cela n'est pas facile à caser dans une histoire. Quelle est-elle cette fameuse histoire (je rappellerais que l'on attend la suite des aventures du garçon depuis 1974!):

Accusé à tort du vol de trois perles d’une valeur inestimable, Corentin est menacé de bannissement par le Maharadjah de Sompur. Il ne pourra compter que sur l’aide de ses derniers amis – Kim, Moloch et Belzebuth – pour sauver son honneur et démasquer le vrai coupable.

(c) Le Lombard - Christophe Simon/Van Hamme/Carpentier
(c) Christophe Simon

(c) Christophe Simon

Les lecteurs cacochymes comme moi gardent des souvenirs émus des aventure (et de la plastique du jeune breton pour vous rafraichir la mémoire sachez que Corentin un personnage emblématique du journal Tintin créé par ce formidable conteur de Paul Cuvelier avant de bénéficier un peu plus tard de l’expertise de Jacques Van Melkebeke (que le Lombard n'a jamais crédité au scénario pour des raisons très extra-artistiques). Il reste que Corentin est né du seul fait de Paul Cuvelier car Corentin a fait ses premiers pas dans un livre de contes illustrés par Paul Cuvelier réservé à l'usage familial et en particulier à ses frères.
(c) Le Lombard - Christophe Simon/Van Hamme/Carpentier(c) Le Lombard – Christophe Simon/Van Hamme/Carpentier
Le plus troublant lorsqu'on ouvre ce magnifique album que l'on pourrait attribué à Cuvelier, tant Simon est au niveau de ce maitre du dessin qu'était Cuvelier c'est que cet album aurait pu paraitre dans les années 50. Aussi bien pour le scénario (j'y reviendrait) que pour le dessin, car l'érotisme des personnages était déjà présent dans la première aventure de Corentin dessinée par Cuvelier et l'érotisme est présent à chaque album de Christophe Simon qui pour correspondre aux canons de cette reprise c'est tout de même assagi sur ce sujet par rapport à sa série Sparte, que pour le scénario.
Cette reprise est différente de toutes les autres dans la mesure où Van Hamme a été scénariste de Paul Cuvelier, mais que Christophe Simon a longuement étudié le dessin de Cuvelier dont il possède des originaux.
 
Les lecteurs les plus assidus connaissent l’histoire des Trois Perles de Sa-Skya, puisqu’elle fut déjà éditée en juillet 1973 comme nouvelle dans le trimestriel Tintin Sélection (ce petit format m'avait échappé à l'époque je ne connaissait pas cette histoire). Christophe Simon a eu la bénédiction de Van Hamme pour l’adapter à sa guise.
Certes le scénario dans lequel Simon a pris également une grande part, dans un presque huis-clos au cœur du palais du Maharadjah, Christophe Simon réussit à tenir le lecteur en haleine, de rebondissement en rebondissement, et offre un dénouement imprévu. Il reste qu'autant de grands sentiments, de personnages tout d'une pièce paraissent aujourd'hui quelque peu anachroniques. Par exemple les repreneurs d'Alix, personnage auquel on ne peut ne pas penser lorsqu'on lit un Corentin, ont su complexifier la psychologie du jeune gaulois, mais il est vrai que Jacques Martin l'avait fait lui même. Je suis partagé devant la grandeur d'âme cornélienne des personnages des "Trois perles de Sa-Skya. En même temps elle est rafraichissante mais je me demande quel est le public visé. Les nostalgiques de Corentin seront comblés mais quand sera-t-il du jeune public (et moins jeune puisque le dernier album de Cuvelier est paru en 1974) qui va découvrir aujourd'hui le jeune breton?
Si le dessin est très fidèle à celui de Cuvelier, au sujet de la  fidélité, du respect d'un créateur, il y a tout de même quelque chose de gênant dans cet album. Il faut se souvenir que si c'est sous la forme d'une nouvelle qu'est parue l'histoire des Trois perles de Sa-Skia c'est parce que Cuvelier avait refusé de la dessiner parce qu'il trouvait que ce scénario était incompatible avec des éléments fixés de longue date.
En effet en 1949, en guise d'introduction aux aventures de Corentin chez les Peaux-Rouges avait entrevu et déterminé le detin de son héros: << Revenu à Minpore où l'attendait le sultan et la princesse Sa-Skyia, Corentin a connu, dans cette cour charmante où il n'était entouré que d'amis de longues années de bonheur (...) C'est en 1785 que furent solennellement célébrées les épousailles du jeune français avec la jeune princesse héritière....>>. Voilà qui est bien différent de ce qu'on peut lire dans le dernier album. Cuvelier voyait Corentin devenir ministre du frère du Rajah de Sompur après la mort de ce dernier, avoir un fils, lui aussi prénommé aussi Corentin (est-ce l'influence de la série des Timour?). Mais malheureusement peu après la naissance de Corentin junior  Sa-Skyia meurt d'un mal mystérieux. Accompagné de son jeune fils Corentin s'embarquait pour sa Bretagne natale...
Cuvelier avait même imaginé le destin de Corentin junior qui fait comme lieutenant les campagnes napoléoniennes (un dessin de 1949 le représente en cavalier chargeant à la bataille de Wagram) avant de trouver une mort glorieuse dans le désert algérien sous les balles des guerriers d'Abd el Kader. 
Mais comme le savent les lecteurs attentifs de la série, il y a un troisième du nom, petit fils du premier celui qui vivra de mémorables aventures chez les indiens d'où le préambule de Cuvelier cité plus haut.
 
(c) Christophe Simon

(c) Christophe Simon

Corentin renaît comme il a été, dans un classicisme de toutes beauté et splendeur. Il faut y regarder de plus près pour voir que c’est bien Simon qui dessine et non Cuvelier. Mais alors que l'on aurait pu penser que Christophe Simon s'inspirerait du dernier Corentin dessiné par Cuvelier, celui du royaume des eaux noirs et de L'ogre rouge (L'ogre rouge, scénario de Jacques Martin est l'album que Cuvelier n'a jamais terminé. On peut en voir les première page en appendice du bel essai que Philippe Goddin a consacré à Cuvelier, "Corentin et les chemin du merveilleux", éditions du Lombard (1984). Corentin apparait dans ces deux dernières histoire plus longiligne, un garçon à la fin de son adolescence), Christophe Simon a choisi de faire grandir un peu le Corentin du "Royaume des sables", déjà un scénario de van Hamme. Il est vrai que ce Corentin là, plus fessu, est plus proche des garçons de Simon que l'on voit dans sa trilogie spartiate.
(c) Le Lombard - Christophe Simon/Van Hamme/Carpentier

(c) Le Lombard – Christophe Simon/Van Hamme/Carpentier

 
(c) Christophe Simon

(c) Christophe Simon

 
Le compagnon de Christophe Simon, Alexandre Carpentier signe des couleurs remarquables. Carpentier crée des couleurs subtiles légèrement éteintes, sourdes et denses. La couleur est pensée pour chaque case, pour chaque séquence tout en ayant soin de donner une dominante à chaque double page. Elles nous renvoient aux fantastiques ambiances qui envoûtaient certaines des bandes dessinées des années 50. Pour l'épisode nocturne de Corentin s'introduisant dans la chambre du Rajah on pense beaucoup à celui d'Olrik pénétrant dans la chambre de Mortimer dans la "Marque jaune". 






Le principal attrait de ce livre est bien le dessin somptueux de Christophe Simon. Que ce soient la représentation des personnages, les détails du décor, ou les scènes d'action, chaque case est illustrée avec minutie, à la manière d'un petit tableau. Le monde hindou est en fait dessiné avec un mélange de réalisme et de poésie, et les scènes de foule sont particulièrement réussies.

Une des particularités de cet album est que les récitatifs, dans des phylactères rectangulaires, sont plus nombreux que les dialogues qui sont, eux dans des phylactères ovoides. Le texte comporte souvent des notations typiques du style de narration et de dialogues qui ont donné leur ton jadis à cet univers lui apportant ainsi une saveur si particulière et unique dans l'histoire de la bande dessinée.

Le gaufrier est classique beaucoup plus que dans la trilogie spartiate. La page est découpée en trois bandes horizontales qui comportent au maximum trois cases chacune. Le rythme de ce sage découpage est perturbé par quelques pleines pages, là encore un clin d'oeil à l'esthétique des albums du début des années 50.





L'album contient par ailleurs un cahier consacré au "making-of", avec crayonnés et dessins de recherche, en regard de ces merveilles on l'aurait aimé plus fourni; peut-être pour une prochaine édition? On rêve d'une exposition Cuvelier-Simon autour de cet album. Ce cahier nous apprend que Christophe Simon a voyagé aux Indes pour en ramener des images à la fois précises et esthétiques. Cela nous permet de comprendre le caractère véridique et enchanteur des décors.

Au dela de son contenu qui suffirait à lui seul, bien sûr, son achat, je voudrais aussi mettre l'accent sur le contenant. Voilà un album d'une parfaite élégance, remarquablement présenté et imprimé. Le dessin du quatrième de couverture est splendide, je ne l'ai pas reproduit pour vous laisser le plaisir de la découverte. 



 





 











 



Corentin, Les trois perles de Sa-Skya de Simon et Van Hamme
Corentin, Les trois perles de Sa-Skya de Simon et Van Hamme

Ci dessous une petite bio de Christophe Simon et une interview trouvées sur la toile

 

Né à Namur en Belgique dans la ville de Félicien Rops, le 16 août 1974,Christophe Simon n’est pas issus d’une famille d’artistes : ses parents sont comptables. Mais son grand-père, fils d’un menuisier-ébéniste, a un bon coup de crayon, même si, lui aussi, travaille comme comptable au ministère des affaires économiques à Bruxelles. "Quand je suis enfant, je le vois dessiner plein de choses de façon réaliste. Si je voulais un soldat pour ma chambre, il me le dessinait. Mes grands-parents habitaient à cinquante mètres de la maison familiale, c’étaient des gens assez bohêmes adorant les animaux, au milieu de la nature. Je les voyais plusieurs fois par jour. Je cherchais à l’imiter, je me suis mis à dessiner."

Son grand-père décède alors que le jeune Christophe a onze ans, mais il a le temps de poser cet acte fondateur : il lui offre un album de Corentin de Paul Cuvelier, point de départ de sa vocation de dessinateur. Mais pour l’heure, ses parents, rationnels et bienveillants, n’imaginent pas qu’il puisse faire son métier de la bande dessinée : ils lui concèdent des cours du soir de dessin, "à la condition qu’il travaille bien à l’école".

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Corentin - Les Trois perles de Sa-Skya
© Lombard

Là, il apprend les rudiments du métier auprès de Vittorio Léonardo qui enseigne dans un atelier à Châtelet. Le coloriste carolorégien assure à ce moment la photogravure de Jacques Martin, le dessinateur d’Alix. Le contact est pris : Christophe Simon devient rapidement l’un des assistants de celui qui forgea le concept d’École de Bruxelles. Il travailla successivement sur les séries Orion, Alix, Lefranc, Loïs et assure également des Voyages d’Alix (Casterman) pour un vieux lion fatigué qui perd peu à peu la vue et qui le prend quelquefois comme son confident.

 

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La planche d’essai, que Christophe Simon a réalisée pour convaincre l’éditeur et les ayants droits.
Photo : Charles-Louis Detournay
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Christophe Simon est également peintre. 
Photo : Charles-Louis Detournay
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L’album comporte trois superbes hors-textes, dont cette scène qui profite directement du répérage photographique réalisé en Inde.
Photo : Charles-Louis Detournay

Jean Van Hamme ayant validé votre storyboard, vous vous êtes donc envolés, votre compagnon et vous, pour l’Inde ?

Christophe Simon : Cuvelier n’était jamais allé en Inde, mais nous nous sommes directement retrouvés dans les ambiances du Signe du Cobra. Alexandre a pris 7800 photographies. Une partie a été réutilisée pour Les Trois Perles de Sa-Skya. Je suis par exemple reparti de l’architecture mongole du XVIIe du Palais d’Orchhâ pour imaginer le Palais de Sompur. Je suis bien entendu reparti de quelques scènes que Cuvelier avait dessinées, entre autres dans Le Signe du Cobra, mais ce n’était pas suffisant pour reconstituer toutes les décors de ce récit qui se déroule principalement dans et autour du Palais. En revanche, la salle du trône est bien entendu restée à l’identique des dessins de Cuvelier.

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Superbe attitude de la princesse Sa-Skya
Photo : Charles-Louis Detou
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La dernière séquence de l’album culmine dans l’émotion. Une réussite graphique.
Photo : Charles-Louis Detournay
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Le scan des planches a été réalisée à l’ancienne, à l’aide d’un film noir et blanc sur un bleu (ou un gris) pour la trichromie. Mais contrairement aux bleus de l’époque, la planche est ici imprimée 1/1, ce qui permet de peaufiner une mise en couleurs assurée par Alexandre Carpentier.
Photo : Charles-Louis Detournay

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Au-delà de l’album, Christophe Simon continue de travailler les personnages pour mieux se les accaparer. Des recherches que l’on retrouve dans le cahier graphique en fin d’album.
Photo : Charles-Louis Detournay
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Christophe Simon et Alexandre Carpentier, dans leur demeure richement décorée de peintures et de sculptures.
Photo : Charles-Louis Detournay
Corentin, Les trois perles de Sa-Skya de Simon et Van Hamme
Corentin, Les trois perles de Sa-Skya de Simon et Van Hamme
Corentin, Les trois perles de Sa-Skya de Simon et Van Hamme
Corentin, Les trois perles de Sa-Skya de Simon et Van Hamme
Corentin, Les trois perles de Sa-Skya de Simon et Van Hamme
Corentin, Les trois perles de Sa-Skya de Simon et Van Hamme
Corentin, Les trois perles de Sa-Skya de Simon et Van Hamme
Corentin, Les trois perles de Sa-Skya de Simon et Van Hamme

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Christophe Simon

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Christophe Simon
Christophe Simon
Christophe Simon
Christophe Simon

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Illustration de Corentin effectuée sur carton par Cuvelier

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Illustration de Corentin effectuée sur carton par Cuvelier

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Dent d’ours T4 : Amerika Bomber par Alain Henriet et Yann

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 Dent d’ours T4 : Amerika Bomber par Alain Henriet et Yann
 Dent d’ours T4 : Amerika Bomber par Alain Henriet et Yann

Avant de parler de ce quatrième tome qui est en fait le premier tome d'une nouvelle trilogie qui prend une direction assez différente de la première, faisons le points sur cette série (on peut aller voir les billets que j'ai consacré aux premiers albums: Dent d'ours, Max de Yann & Henriet, Dent d'ours, Hanna de Yann & Henriet ). L'histoire débute en Haute silésie dans les années 30. Trois enfant deux garçons, Werner et Max et une fille Hanna rêvent de devenir aviateur. Ils sont inséparables. Bientôt Hanna et Werner intègre une école de pilotage dirigée par des nazi. Max qui est juif ne peut s'y inscrire... C'est la fin de l'innocence.

La saga Dents d'ours a débuté en 2013. Elle est éditée par Dupuis. Alors que les trois premiers volumes s'éloignaient assez peu de l'Histoire, le quatrième fait la part belle au fantasme nazi de l'arme secrète. il donne corps et crédit à la fantasmagorie de "L'amerika Bomber" un bombardier à très longue portée menaçant New-York d'une bombe atomique. Il est tout de même bon de rappeler que d'une part les nazis n'ont jamais possédé l'arme nucléaire et que le fameux bombardier à très longue portée n'a jamais quitté... les table à dessins... Parfois en regard du nombre impressionnant d'albums de bandes dessinées qui mettent en scène la victoire des nazi en 1945, je me demande si la profession de dessinateur de bandes-dessinées n'est pas celle qui compte le plus de révisionnistes...  

 

 

 

 

Annonce de la prépublication du tome 1 en Une de Spirou n°3903 (30 janvier 2013)

L'envol d'une amitié (extrait de Dents d'ours t.1, p.12 - Dupuis 2013)

Yann est un scénariste prolifique. La Seconde Guerre mondiale l'inspire particulièrement. Sur cette période, outre Dent d'ours, on lui doit déjà: « Pin Up » avec Philippe Berthet ; « Le Groom vert-de-gris » avec Olivier Schwartz. L’aviation est un autre de ses tropisme. Sur ce thème il a déjà scénarisé: « Le Grand Duc » et « Angel Wings » avec Romain Hugault ; « Mezek » avec André Juillard. Dans une saga d’aventure il mèle ses deux passion. La première trilogie a été brillamment menée. Il a su ne pas retomber dans l’académisme de séries plus anciennes; le titre fait par exemple songer au totem de « La Patrouille des Castors. En dépassant désormais – avec l’accord de l’éditeur, avec beaucoup d'audace, le carcan moraliste jadis imposé par la prépublication dans Spirou, Yann et Henriet peuvent ainsi montrer sans détours la violence nazie (mais aussi celle des résistant polonais), les conflits psychologiques ou la sexualité de leurs protagonistes… Max et Werner sont tous les deux amoureux d'Anna. Mais c'est avec beaucoup de tact que le scénario traite de ces sujet. Ce parfait dosage, en accord avec le trait réaliste magnifique d’Henriet (« Golden Cup »), explique du reste la très bonne réception de la série, saluée successivement en 2013 et 2014 par le Prix Saint Michel du meilleur scénario et le Prix des Collégiens d’Angoulême.

 

Couvertures des trois premiers tomes (Dupuis 2013 - 2015)

Berlin en 1945

Comme le suggèrent les visuels de couvertures des trois premiers titres de la série, « Dents d’ours » se fonde sur le destin de trois enfants émerveillés par les prouesses de l’aviation. Jouant avec des maquettes en bois, ils idéalisent le simple fait de pouvoir voler. Mais les nouvelles directives du parti nazi imposent aux pilotes d’adhérer aux thèses du national-socialisme. Pour Hanna Reitsch et Werner Zweiköpfiger, l’affaire n’est qu’un détail : il en va tout autrement pour Max, qui est issu d’une famille juive polonaise, et dont le destin tragique est irrémédiablement scellé. Comme on le comprend avec la couverture de « Dents d’ours T1 : Max » (prépublié dans Spirou n°3903 à partir du 30 janvier 2013 ; l'album est paru en mai 2013), le récit fait un lien temporel entre deux époques : les années 1930, où l’émerveillement est encore possible au sein d’un paysage idyllique, et la chute du Reich en 1944-1945, dans la mesure où le ciel semble ici déjà contrôlé par les Corsairs américains. Ces avions, ayant principalement servis durant les campagnes du Pacifique pour y affronter l’armée impériale japonaise, font aussi un lien avec la séquence d’ouverture du tome 1, où surgissent les pilotes kamikazes. En couverture du tome 2, « Hanna » (prépublication dès le 2 avril 2014 dans Spirou n°3964 ; album paru en mai 2014), la vision est symétriquement inversée : une fille remplace le garçon, le regard et la silhouette tournés vers la gauche suggèrent le blocage et les difficultés sous-jacentes, tandis que le paysage ruiné souligne l’agonie du troisième Reich. L’ultime parade contre les Alliés semble être le recours aux « Wunderwaffen » (armes miracles) de tous modèles, dont les Triebflügels (avions à rotor tripale et à décollage vertical, conçus par la société Focke-Wulf), mais qui ne furent en réalité jamais achevés.

 

Des armes nouvelles ! (Spirou n°3964, 2 avril 2014)

Un trio amoureux (extrait de Dents d'ours t.3, p.43 - Dupuis 2015)

Poster offert dans Spirou n°4021 (6 mai 2015)

Pour le tome 3, « Werner » (prépublié à partir de Spirou n°4014 le 18 mars 2015, album paru en mai 2015), la vision est amplement plus désenchantée : de dos, perdu dans les ruines berlinoises à proximité de la Porte de Brandebourg, le principal protagoniste ne lève plus les yeux vers le ciel. On imaginera sans peine son rêve brisé – voir le symbole de la maquette d’avion en bois, partiellement cassée – et l’échappatoire suggérée par l’envol d’un unique appareil (un Fieselier Fi 156 Storch, avion de reconnaissance allemand). Pour les connaisseurs de la période, ces éléments font référence à un évènement authentique de la fin de la guerre, repris en ouverture de ce troisième tome : le Generaloberst Robert Ritter von Greim, blessé aux commandes d’un Storch le 26 avril 1945 par la DCA soviétique, dut son salut à sa passagère, le pilote d’essai Hanna Reitsch (c'est Hanna Reitch qui sert de modèle pour la Hanna de "Dent d'ours" qui pour le récit est plus jeune de quelques années que la véritable aviatrice). Celle-ci prit les commandes par dessus les épaules du blessé et posa l’appareil près de la porte de Brandebourg à Berlin. Isolé dans son bunker, Hitler nommera Greim commandant en chef d’une Luftwaffe quasi-inexistante ! La véritable Hanna Reitsch, qui avait testé une version pilotée de la fusée V1 et tenté vainement d’évacuer Hitler en 1945 (comme dans le tome 3 de la saga), prendra conscience in fine de la terrible réalité des chambres à gaz et se liera d’amitié en 1948 avec une résistante et déportée française (Yvonne Pagniez) tout en reniant pas complètement son passé de nazi convaincu. Hanna volera jusqu’à la fin de sa vie… en 1979.

 

Démarrage de la prépublication du tome 3 dans Spirou n°4014 (18 mars 2015)

Des enjeux explicites (extrait de Dents d'ours t.2, p.44 - Dupuis 2014)

La série prend un assez malin plaisir à se jouer des clichés et des conventions du genre : des héros-enfants innocents liés par un serment scellé dans une grotte par une nuit d’orage (chacun adoptant dès lors comme porte-bonheur une authentique dent d’ours) ; deux adolescents pouvant changer d’identité (Max et Werner) ; le fanatisme froid d’une belle jeune femme insaisissable, qui aimera ses deux amis l’un autant que l’autre ; les missions-suicides confiées par les services secrets US (l’OSS, Office of Strategic Service alors dirigé par le major-général Donovan); les rebondissements à répétition causés par l’amour-haine que se portent les personnages. Yann réussit à doser ce périlleux cocktail. Il est dommage qu'au dessin Henriet se laisse aller parfois à la caricature, ainsi les méchant nazis ont des gueules ideuses qui tranchent avec le réalisme des physionomies des héros ou des personnages dans le bon camp. On se croirait revenu au temps de Batler Britton!

 

 

Spirou 4070 (13 Avril 2016)

Vivre et laisser mourir : amour et guerre froide ! Un trio amoureux (extrait de Dents d'ours t.4, p.13 - Dupuis 2016)

Dans ce premier tome de la deuxième trilogie de la saga la guerre est virtuellement terminée, puisque Adolf Hitler s'est donné la mort. Les alliés organisent méthodiquement des attaques sur les dernières poches de résistance, dont la base où Werner et Hanna sont réfugiés. Désormais convaincue que ce n'est pas Max qu'elle a en face d'elle, la pilote d'élite allemande lui explique que le projet « Amerika Bomber » n'est pas mort et qu'elle compte bien défendre jusqu'au bout la dignité de son pays et honorer son engagement. Lui-même avoue qu'il est là pour la tuer, sur ordre des forces alliées et notamment de l'Office of Strategic Services du général Donovan. Sans pouvoir pour autant cacher ses sentiments pour celle dont il est amoureux depuis l'enfance. Si bien que lorsqu'elle le convoque pour l'accompagner dans une mission dont elle ne dévoilera pas le but, Werner est tiraillé entre la volonté d'épargner peut-être le bombardement de New York, et la vie de la jeune femme. A bord d'un avion léger et vers une destination inconnue, il essaye de raisonner la pilote obnubilée par sa mission de mort. Mais lorsqu'un chasseur allié les prend en ligne de mire, il ne peut s'empêcher de tenter de la défendre. Il ignore encore que la détermination d'Hanna repose sur un secret militaire très bien gardé.

 

La première planche d'« Amerika Bomber » a été prépubliée dans Spirou n°4070 le 13 avril 2016. Dans ce deuxième cycle les Russes (et Staline) aurait aussi leur mot à dire? En couverture, le jeu entretenu entre réalité historique et fiction uchronique prend une nouvelle envergure, avec l’image d’une New-York totalement dévastée et dévorée par les flammes, survolée par une escadrille d’ailes volantes nazies sous les yeux d’une Hanna (adulte) arborant fièrement sa tenue de pilote militaire. Parmi celles-ci figure le Horten XVIII, un projet de bombardier transcontinental réellement développé dès 1942 dans l’optique d’aller détruire l’Amérique mais jamais finalisé. L’album évoque également le Silbervogel « Oiseau d’argent », projet de bombardier sub-orbital propulsé par un moteur-fusée, conçu par Eugen Sänger et Irene Sänger-Bredt dès les années 1930. Lui aussi resté dans les limbes de l'industrie aéronautique nazie. Il n'est pas bien difficile de s'apercevoir que P. E Jacob s'est inspiré de ce projet pour imaginer  L’Espadon des aventures de Blake et Mortimer. Ces appareils et avancées scientifiques, une fois récupérées grâce à l’opération Paperclip, donneront comme on le sait une sérieuse avance aux Américains dans la conquête de l’espace, lors des années 1950-1960. Russes anglais et Français hériteront aussi de certaines technologies: avions à réactions et essais sur le décollage vertical.

 

Vues conceptuelles du Silbervogel sur son rail de lancement

Crayonnés par Henriet

Visuel pour le coffret BDfugue des tomes 1 à 3 (2015)

Même si ce quatrième tome est très estimable et que l'on désire en connaitre la suite, d'autant qu'il se termine d'un manière abrupte inattendue sur un suspense intriguant.

Si la fin de l'album est surprenante, le début l'est encore plus. Alors que l'on avait laissé les protagonistes à la fin du troisième tome, on les retrouve dans les premières pages du quatrième à... New-York dans une séquence qui permet certes à Henriet de nous offrir un bien beau dessin mais qui est parfaitement inutile pour le développement de l'intrigue, séquence qui se termine par quelques cases ridicules... Dans une interview, Henriet donne la raison de ces cases malencontreuses: << Je suis fan de "The walking Dead". Pour me faire plaisir, Yann a ajouté ce prologue!>>. Voilà comment on abime une oeuvre. Un scénariste ne doit pas faire plaisir à son dessinateur mais on contraire lui rappeler qu'il est au service du scénario.

 Dent d’ours T4 : Amerika Bomber par Alain Henriet et Yann
 Dent d’ours T4 : Amerika Bomber par Alain Henriet et Yann

Il reste que je pense que cette suite n'était pas indispensable tant les trois premiers tomes constituent un chef d'oeuvre qui se suffisait à lui même. 

 

Couverture de l'intégrale (tomes 1 à 3) Khani éditions. Tirage limité de 200 exemplaires numérotés et signés par Henriet.

 
 Dent d’ours T4 : Amerika Bomber par Alain Henriet et Yann

Publié dans Bande-dessinée

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