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222 articles avec bande-dessinee

case en exergue 5, Theo

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Case extraite du Pape terrible dessiné par Theo sur un scénario de Jodorowsky.

d'autres cases mises en exergue

Case en exergue, 1 François Craenhals

case en exergue, 2 Jacques Martin

case en exergue, 3 Benjamin Rabier

case en exergue, 4 Burne Hogarth 

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Voyage aux iles de la Désolation d'Emmanuel Lepage

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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J'ai embarqué toute une après midi, grâce à Emmanuel Lepage sur le Marion Dufresne pour les Iles de la désolation dont les plus connues sont celles de Kerguelen. Un voyage au fil des pages durant lequel le lecteur-regardeur en prend plein les yeux. Il y a du Brenet, du Marin-Marie, du Nicolas de Stael, du Pierre Joubert et même de l'Alechinsky dans les dessins de Lepage, le tout sous le patronage conjugué d'Hergé et de Stevenson. Mais dans « Voyage aux iles de la désolation », il y a surtout de l'Emmanuel Lepage et c'est très bien comme cela. Un peu par hasard Lepage embarque sur le Marion Dufresne, le bateau ravitailleur de ces iles perdus entre l'ile de la Réunion et le bas du monde où il fait très très froid. Ces terres australes sont le terrain de jeu de nombreux scientifiques français.

 

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Lepage décide de faire une bande dessinée et pas seulement un carnet de voyage de cette expérience. Et là est peut être le plus grand tour de force du « Voyage aux iles de la Désolation » qui n'est pas qu'une suite de superbes images mais une véritable narration fluide de cette extraordinaire aventure. La dextérité graphique extraordinaire de Lepage est au service de beaucoup d'humanité qui de temps en temps est pimenté d'humour. Parfois la réflexion se fait profonde et puis une anecdote vient alléger le propos. Pendant 160 pages Lepage nous raconte à la première personne son périple, mais sans jamais se pousser du col, bien au contraire, il n'a de cesse que de pousser au premier plan ses compagnons de voyage, d'une grande diversité, il y a des scientifiques de diverses obédiences, des marins bien sûr, des ouvriers, des cinéastes, un peintre, des dockers, des hauts fonctionnaires et même un sénateur, avec beaucoup de tendresse. Cette équipée n'est pas toujours rose. Si je ne suis pas certain que Lepage ait réussi à dessiner l'odeur des otaries, critère de qualité d'un dessinateur pour le météorologue de l'expédition en revanche il a réussi, sans se représenter à peindre en neuf cases son mal de mer.

 

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Quand il pose son sac à terre sur ces ilots inhospitaliers pour l'humain, Lepage se transforme en un grand peintre animalier. La double page sur laquelle il a représenté une colonie de manchots est somptueuse. Elle donne envie de voir les originaux quelle belle exposition cela ferait.

 

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Lepage utilise de multiples techniques pour transcrire ses émotions. C'est avec un égal bonheur qu'il se sert tantôt de l'aquarelle, tantôt de crayons de couleur ou encore de craie grasses ou de fusains.

 

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« Voyage aux iles de la désolation » est un livre d'art qui se transforme constamment en un documentaire sur les terres australes et leurs habitants tant animal qu'humain. C'est aussi entre autres un livre sur la recherche et ses vicissitudes, sur la difficulté du métier d'artiste et surtout une délicate exploration de la nature humaine. Au détour d'une page on découvre également des morceaux méconnus de l'Histoire des explorations. Il y a tout cela dans cet album qu'il ne faut pas hésiter à qualifier de chef d'oeuvre. Espérons que le prochain festival d'Angoulême ne l'oubliera pas.

 

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Indépendamment de son immense qualité, j'ai lu ce livre avec une émotion particulière, car, lorsque j'avais un peu plus de vingt ans, j'ai failli partir pour les iles Kerguelen dans le cadre du C.N.R.S., et plus particulièrement pour le Groupe de Recherche Ionosphérique. A l'époque où le séjour était encore plus rude qu'aujourd'hui, pour être envoyé la-bas, il fallait passer de nombreux examens de santé et surtout de très nombreux tests et entretiens psychologiques où l'on étudiait si le prétendant pouvait supporter les lourdes contraintes d'un séjour coupé du reste monde durant de long mois, dans une communauté réduite, dans une iles au climat inhospitalier. Lepage évoque d'ailleurs sans ambages les tensions qu'il découvre au sein des différents groupes qu'il rencontre. Après tous ces contrôles, j'ai été jugé « bon pour le service ». Au moment de signer mon engagement, je me suis dégonflé, adieu donc le C.N.R.S, car le séjour aux Kerguelen était le passeport pour y être engagé.


 

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Voyage aux îles de la Désolation, Emmanuel Lepage, éditions Futuropolis, 2011

 

 

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Un nouvel Alix en septembre, La conjuration de Baal

Publié le par lesdiagonalesdutemps


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La conjuration de Baal sur un scénario de Michel Lafon est dessiné par Christophe Simon qui est de loin le meilleur "repreneur" d'Alix, c'est une très bonne nouvelle. Ci-dessus en avant première quelques cases de l'album.


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Une vie dans les marges de Tatsumi

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Inventeur du terme gekiga qui désignera les premiers mangas dont le public visé n'était pas que les enfants et les adolescents, comme auparavant, Yoshiro Tatsumi nous raconte en deux fois 400 pages, seul pour le moment le premier tome est paru, son apprentissage à la fois à la vie et à son métier de mangaka à une époque, le livre commence le 10 aout 1945 lorsque Tatsumi a dix ans, période à laquelle le manga moderne en est à ses balbutiements, et se termine en avril 1956, date de sortie du premier numéro de la revue Kage. On voit comment Tatsumi qui déclara: << Nos aînés, écrit-il, nous avaient enseigné que la bd était comique. Il s agissait de faire rire les lecteurs. Nous ne voulions plus de cela >>sera amené à s’opposer à l’approche divertissante et merveilleuse du manga de son père spirituel Tezuka, en développant un style plus réaliste et plus noir, et bien ancré dans la réalité sociale de son temps. Ce «manga qui n’est pas un manga», sera appelé plus exactement gekiga, fera la gloire de Tatsumi. Il marquera aussi une étape décisive dans la BD nippone d’après-guerre, dont il nous conte les débuts échevelés avec minutie et nostalgie. Peut être que ce désir d'être plus près du quotidien que Tesuka vient de ce que Tatsumi vient d'un milieu modeste alors que Tezuka est issu de la bourgeoisie?

 

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Le premier tour de force de l'auteur est de rendre passionnante et émouvante son histoire typiquement japonaise grâce à une évocation de l'actualité politique, sportive et culturelle de l'époque que traverse l'enfant, un peu à la manière du « Je me souviens » de Perec. Ses évocations de cette actualité d'hier arrive dans le récit sous la forme de cases un peu plus grandes que les autres où le dessinateur reproduit méticuleusement des documents d'archive, pages de journaux, couvertures de magazines, affiches; par ces biais on plonge dans le Japon pauvre et industrieux de l'après guerre. Par la profusion d'informations, on apprend beaucoup de choses sur le Japon de cette époque surtout si l'on est très attentif, car Tatsumi ne souligne jamais, la lecture reste très fluide. Ces cases, graphiquement, sont en complet décalage avec celle qui nous font voir le quotidien du garçon qui sont elles d'un trait à la fois assez caricatural et parfaitement efficace. Le seul reproche que je pourrais fait à « Une vie dans les marges » est que Yoshiro Tatsumi ait éprouvé le besoin de se cacher derrière un double, Hiroshi Katsumi, alors qu'une vie dans les marges est assumé comme étant autobiographique. Cette coquetterie dont je ne m'explique pas la raison trouble un peu la lecture. Peut être a-t-il voulu prendre une distance qui lui était sans doute indispensable pour se raconter en toute liberté, nous avons affaire à une autofiction. Ce procédé de remplacer le je par le il, est aussi celui qu'a utilisé par Shigeru Mizuki dans NonNonBâ autre merveilleux récit de la jeunesse d'un mangaka, également édité aux éditions Cornélius. Si l'on ajoute à ces lecture celle plus ludique de la série Bakuman qui nous parle des affres de la création de deux jeunes mangakas d'aujourd'hui le lecteur français féru de ce médium aura un panorama presque complet de son histoire et des arcanes de l'édition de mangas au Japon.

 

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On suit sur dix ans Hiroshi fan de manga, qui participe alors qu'il est encore collégien, dès treize ans à des concours de B.D avec son frère ainé. Hiroshi est très vite publié et gagne un peu d'argent très jeune avec ses dessins. De passion le manga devient pour le jeune homme un gagne pain. Mais il reste la clé de la liberté pour Hiroshi, lorsqu'il est enfant pour échapper à la grisaille de son quotidien familiale avec un père qui n'est pas bon à grand chose, une mère aimante mais effacée et un frère maladif et jaloux de ses premiers succés et quand il devient un jeune pour l'argent que la vente de ses dessins lui procure. Mais si le jeune Hiroshi a tôt du succès, rien n'est facile et l'on partage les affres de sa création, ses doutes et ses pannes d'inspiration. Lorsque celles-ci arrive pour conjurer l'angoisse de la page blanche il va au cinéma. On a donc aussi, au fil des page un petit journal du cinéma de l'immédiate après guerre au Japon. J'ai été surpris en voyant combien le cinéma français y était alors présent. Autre étonnement devant cette autobiographie d'un garçon de l'age de dix ans à vingt deux ans l'absence totale de sexualité qui ne semble pas être, comme parfois, due à une autocensure mais bien que cela ne semble pas préoccuper Hiroshi, tout absorbé qu'il est par la confection de ses mangas.

 

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Il est intéressant de comparer cet ouvrage avec No no ba de Mizuki, qui est aussi le roman d'apprentissage d'un autre mangaka. Mais chez Mizuki le quotidien est illuminé par le fantastique des croyances populaires celles ci nourrirons ensuite son oeuvre, rien de tel chez Tatsumi, treize ans plus jeune que son confrère et qui échappera ainsi à la guerre, où rien éclaire la tristesse de sa condition grise qui est aussi la couleur du temps dans un Japon traumatisé par la défaite. Autres livres qu'il est utile de lire en parallèle avec « Une vie dans les marges » est la série hagiographique parue aux éditions Casterman, consacrée à la vie de Tezuka. on voit dans le livre de Tatzumi, Hiroshi encore enfant rencontrer Tezuka qui n'a que quelques années de plus que lui mais qui est déjà considéré comme un maitre. Tatsumideviendra par la suite l'un des pairs de Tesuka et, parfois même son rival en terme de style.

 

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A travers l'histoire de la bande dessinée au Japon c'est toute l'histoire du pays qui est convoqué par l'auteur. Le lecteur tirera un grand profit de la lecture de l'essais de Jean Marie Bouissou, « Manga, Histoire et univers de la bande dessinée japonaise », édité par Picquier, qui met les différents récits que j'ai cités en perspective.

 

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Un travail introspectif qui a nécessité douze années d’un labeur initié en 1994 par Furukawa Masuzo, directeur de la chaîne de librairie Mandarake.

 

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Il faut louer, et moult fois, l'éditeur, Cornelius d'offrir aux lecteur un objet aussi somptueux que ce livre, élégamment et solidement relié, sous une belle jaquette illustrée dont les judicieux retours évitent, comme c'est généralement malheureusement le cas qu'elle se déchire. Si le contenant est somptueux le contenu est remarquablement mis en valeur, bien imprimé sur un papier épais et surtout annoté sans que cela soit écrasant et surtout ayant à la fin du livre les rapides biographies des mangakas que l'on croise dans les pages d' »Une vie dans les marges ».Deuxmarques page en tissu permettent de retrouver rapidement l’endroit où reprendre sa lecture et d'accéder aux notes rapidement comme dans une Pléiade!

 

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On peu déjà s'avancer en pariant qu' Une vie dans les marges sera un des grands favoris pour le prix du meilleur album au festival d’Angoulême 2012.

A noter que le réalisateur singapourien Eric Khoo(Be with menotamment) est en pleine réalisation de son adaptation animée !!!

 

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Tatsumi héros du manga est devenu dans ce chef d'oeuvre un héros de manga.

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Les chats dans Alix

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

Glané chez argoul dont la visite régulière du blog est de plus en plus indispensable

alix-sphinx-dor-enak-pleure-alix.1275987709.jpgDans la bande dessinée du jeune Romain Alix et de son compagnon Enak, dessinée par Jacques Martin pour les lecteurs du ‘Journal de Tintin’, apparaît tout un bestiaire où les chats sont peu présents.

L’époque étant encore proche de la nature et les bêtes, si elles ne parlaient pas, était cependant familières. Domestiquées, elles servaient de monture comme les chevaux, au trait comme les bœufs ou d’auxiliaires aux chasseurs comme les chiens, y compris pour chasser les hommes. Sauvages, elles étaient parfois les messagers des dieux comme l’aigle de Zeus ou la chouette d’Athéna, ou encore cette louve qu’Alix sauve du trou et qui va mener sa horde pour le protéger.

alix-fils-de-spartacus-maia-reine-chats-de-luxe.1275987753.jpgLes autres animaux, moins marqués, symbolisent les forces obscures, tel le marsupial qui étrangle Enak (sauvé par Alix) dans des ‘Proies du volcan’, puis le serpent qu’un peu plus tard Enak transperce d’une flèche bien ajustée alors qu’il ouvre sa gueule pour avaler un Alix à qui la jeune Malua vient de prendre la main… Enak contre résolument la Tentation d’Eve ; il est en cela exclusif et fidèle – comme un chat. Nous sommes en 1977 et la censure sur l’élément féminin dans les BD destinées aux jeunes a sauté après mai 68. Jacques Martin introduit donc des filles, puisque près d’un lecteur sur deux des aventures d’Alix est une fille. Malua finit par apparaître seins nus, après plusieurs planches de contorsions où une branche, un bras, un objet cache ses attributs, à moins qu’on ne la voie de dos. Enak, jeune adolescent sensuel, n’est en rien ému de cette nudité mais Alix se laisse allez à quelque poésie, proposant de regarder à deux les étoiles. D’où la jalousie du gamin, doux mais sauvage comme un chat, qui veut son protecteur pour lui tout seul. Il a avec bonheur goûté les habitudes de la vie de Robinson dès les premières pages. Bâtir une cabane, allumer un feu, chasser à l’arc, projeter un radeau, voilà des tâches exaltantes pour l’énergie charnelle qui sommeille en tout jeune garçon de 7 à 17 ans et dont Enak est rempli.

Les chats, animaux mi-domestiques mi-sauvages, sont rares dans Alix, mais ils existent. Dès le ‘Sphinx d’or’, c’est un matou noir du Caire qui vient se frotter à la peau nue d’Enak pour consoler l’orphelin qui pleure, assis sur les marches chaudes d’un palais. Tout un symbole ! Le chat est commun en Egypte et vénéré sous les traits de la déesse Bastet, fille de Râ le soleil. Enak s’identifie au félin totem dans toute son attitude : séducteur, sensuel, il s’étire et ronronne comme un chat, tout en restant secret mais d’une fidélité à toute épreuve à son protecteur choisi. Enak apporte sa profondeur nocturne, son intuition et son adresse à l’arc à un Alix positif et solaire qui lui donne protection, attention et affection.

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Dans ‘La griffe noire’, des hommes déguisés en félins griffent leurs ennemis d’un poison. Dans ‘Le prince du Nil’, c’est un guépard apprivoisé (le félin est décidément totem du garçon) qui rattrape Enak paniqué et le fait tomber pour que ses amis le récupèrent. Il faut dire qu’il vient de trahir Alix son bienfaiteur et ami de la plus vilaine façon, en le laissant injustement accuser de meurtre puis torturer sur une croix.

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Dans ‘Le fils de Spartacus’, les chats sont des accessoires de luxe de la putain cupide Maia, servie comme une reine dans sa tente. Dans ‘Le dernier Spartiate’, un cauchemar à gueule d’Athéna saisit Alix, qui a pour cause le feulement d’un chat sauvage dans un arbre au-dessus de lui alors qu’il cherche Enak, réduit en esclavage dans les mines spartiates. Athéna la civilisée mandate le totem du petit compagnon pour faire un signe au Romain.

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Enfin dans ‘L’enfant grec’, c’est un chat noir venant de la gauche qui avertit le lecteur qu’Enak va chuter comme d’habitude. Et c’est ce qu’il fait, sous le bâton traître d’un bon citoyen qui entend crier « arrêtez-les ». Les chats sont donc divers, amicaux ou menaçants, de toutes façons indépendants. Doux et sauvages, ils personnifient Enak.

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A ce titre, Alix ne peut leur être indifférent. Un chat l’aide dans ‘Le tombeau étrusque’, alors que son tempérament positif et ingénieur le pousserait plutôt vers les chiens et les chevaux. On verrait plutôt les chats proches d’Enak, mais le premier album où le gosse apparaît reste le seul de cette catégorie. C’est même avec un chien qu’il joue dans ‘L’île maudite’ lorsqu’une fois de plus orphelin, il est envoyé rejoindre Alix avec pour tout bagage un pagne. Cela parce qu’Enak est chat lui-même et qu’il y aurait redondance symbolique. Ce n’est que lorsque le jeune garçon a disparu et que son aîné le cherche que l’animal fait son apparition pour le guider.

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Les Etrusques avaient-ils quelque affinité avec le chat ? Gris-brun rayé, véritable Felis sylvestris catus ou chat européen, l’animal lèche Alix évanoui dans le tombeau où il a chu pour le réveiller, puis le guide vers les profondeurs secrètes du trésor où est détenue Lidia. Plus tard, alors qu’Alix ne sait comment sortir de sous terre, il demande au chat réapparu. Celui-ci se laisse caresser et saisir, il comprend fort bien et mène le garçon vers la lumière. Enak n’est pas avec lui, trop jeune pour cette aventure dangereuse, peut-être est-ce donc le bon génie du gamin qui se manifeste sous la forme du chat ?

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Ou le chat symbolise-t-il plus généralement dans les aventures d’Alix les forces obscures, souterraines, non révélées, qui peuvent ou bien entraîner aux enfers s’ils sont du côté du mal, ou bien aider à en sortir lorsqu’ils sont du côté du bien ? ‘Le tombeau étrusque’ met justement en scène un xénophobe qui veut restaurer les valeurs de l’ancienne race et chasser les usurpateurs romains… à son profit exclusif, bien entendu. Le chat animal ou le chaton égyptien Enak sont des passeurs entre l’en-bas et l’ici-bas, entre l’Egypte mystérieuse millénaire et la Rome civilisatrice tournée vers l’avenir. Génies solitaires, il faut leur être attentif et affectueux pour qu’ils vous guident. Alix l’a bien compris qui adopte le chat de hasard comme il a adopté l’un des petits de Bastet, l’orphelin Enak.

Tous les albums d’Alix sont publiés chez Casterman.

Pour retrouver Alix et Jacques Martin sur le blog

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case en exergue, 4 Burne Hogarth

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Burne Hogarth « Tarzan of the apes », dessin (années 30-40). Nouvelle édition couleurs édité par The Hamlyn Publishing Group, 1973 (Bibliothèque Vert et Plume)

Burne Hogarth « Tarzan of the apes », dessin (années 30-40). Nouvelle édition couleurs édité par The Hamlyn Publishing Group, 1973 

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case en exergue, 3 Benjamin Rabier

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Benjamin Rabier "Gédéon en Afrique", librairie Garnier Frères (1930). Bibliothèque Vert et Plume

Benjamin Rabier "Gédéon en Afrique", librairie Garnier Frères (1925).

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case en exergue, 2 Jacques Martin

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Jacques Martin "L'Odyssée d'Alix", éditions Casterman (1987).

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Case en exergue, 1 François Craenhals

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F. Craenhals "Zone Interdite", 1958 (Les aventures de Pom et Teddy). Sourcing image : "Zone Interdite", éditions Paul Rijperman - Lombard et Magic Strip (1982).

 

Il y a quelques moi un album est paru qui était un florilège de cases de bandes- dessinés, une par page. Cette présentation inhabituelle mettait en évidence la force du dessin et parfois donnait un sens insoupçonné à celui-ci alors qu'il était détaché du contexte de l'album dans lequel il était enserré. J'ai l'intention de faire de même en choisissant une case par dessinateur, ce qui devrait, au fil des jours une sorte de galerie de tableaux pour la bande-dessinée. 

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Alix nu

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