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215 articles avec bande-dessinee

case en exergue, 2 Jacques Martin

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Jacques Martin "L'Odyssée d'Alix", éditions Casterman (1987).

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Case en exergue, 1 François Craenhals

Publié le par lesdiagonalesdutemps

F. Craenhals "Zone Interdite", 1958 (Les aventures de Pom et Teddy). Sourcing image : "Zone Interdite", éditions Paul Rijperman - Lombard et Magic Strip (1982).

 

Il y a quelques moi un album est paru qui était un florilège de cases de bandes- dessinés, une par page. Cette présentation inhabituelle mettait en évidence la force du dessin et parfois donnait un sens insoupçonné à celui-ci alors qu'il était détaché du contexte de l'album dans lequel il était enserré. J'ai l'intention de faire de même en choisissant une case par dessinateur, ce qui devrait, au fil des jours une sorte de galerie de tableaux pour la bande-dessinée. 

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Alix nu

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Publié dans Bande-dessinée

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En Italie, il n'y a que des vrais hommes

Publié le par lesdiagonalesdutemps


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Je ne dirai jamais assez de bien de l'errance sur la Toile, en particulier sur les sites amis. C'est ainsi que lors d'un de mes passages quasi quotidiens sur Culture & questions qui font débat, le site hautement culturel de Jean-Yves, j'ai découvert une bande dessinée, En Italie, il n'y a que des vrais hommes (Ed. Dargaud Benelux), sur la condition des homosexuels dans l'Italie fasciste et plus particulièrement sur le confinement de certains, dans une île, pendant la période de l'immédiate avant-guerre. Épisode politique que j'ignorais totalement, ayant eu échos du sort des gays sous le régime mussolinien que par deux films : Les Lunettes d'or et Une Journée particulière.

Il est remarquable de voir combien aujourd'hui la bande dessinée embrasse des sujets très peu exploités ailleurs.

 

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Revenons à notre album, scénarisé par Luca De Santis et dessiné par Sara Colaone et sous-titré Un roman graphique sur le confinement des homosexuels à l'époque du fascisme. Pour nous raconter cette histoire, le scénariste a choisi le biais de l'enquête journalistique ‒ procédé identique à celui utilisé par les documentaristes Epstein et Friedman dans Paragraphe 175 sur la déportation des homosexuels, les triangles roses, par les nazis. Calaone et de Santis procède par flash-back. Ils partent de l'époque actuelle, en fait de février 1987, en mettant en scène un reporter et son caméraman, Rocco et Nico, qui souhaitent tourner un film sur le sort réservé aux homosexuels durant les années 30 dans leur pays, l'Italie. On peut penser qu'ils sont concernés personnellement par le sujet. Ils n'ont qu'un seul témoin, Antonio, dit Ninella, un désormais vieil homme de 75 ans, couturier à Salerne, aussi rétif que pittoresque. Ce dernier était tailleur le jour et dragueur la nuit. Un soir, il s'est fait prendre par la police. Sans jugement, on le condamne pour un délit d'homosexualité qui n'existait pas dans la loi, à être déporté sur une île. Le livre sera fait essentiellement des souvenirs comiques et tragiques de Ninella dans l’île de San Domino dans l’archipel des Tremiti, lieu de l'exil pour les homosexuels sous le régime fasciste. Le récit n'ira pas sans va-et-vient du petit monde des iliens à aujourd'hui. Si d'un côté le procédé met en perspective le récit de Ninella, de l'autre il l'alourdit parfois, l'alchimie entre les deux époques ne se faisant pas parfaitement. Au delà de l'histoire de Ninella, le récit veut aussi mettre le doigt sur le fait que souvent les historiens considèrent les témoins plus comme du matériel que comme des êtres humains. Il n'en demeure pas moins que l'histoire est émouvante et fort instructive.


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Le livre nourrit de nombreuses interrogations, aussi bien sur le métier de journaliste que d'historien. Il nous aide aussi à mettre en perspective le fait d'être gay et attire l'attention sur les possibles interprétations anachroniques. Par exemple on peut penser que les homosexuels des années trente, vivant dans un contexte plus homophobe qu'aujourd'hui, avait un sens plus aigu de leur identité… d'où aussi, quand ils le pouvaient, un désir de se différencier du commun.

 

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Avec cet album, on s'aperçoit que si la situation des homosexuels sous le fascisme n'était guère enviable, d'autant qu'avant l'alliance du Duce avec Hitler, il jouissait d'une situation plus privilégiée que dans le reste de l'Europe ; leur vie n'était pas comparable avec l'enfer que subissaient leurs homologues allemands. Lorsque Mussolini arrive au pouvoir, aucune peine vise l'homosexualité après les dépénalisations ayant successivement atteint toutes les régions italiennes jusqu'à la création du Royaume d'Italie en 1870. À ces dépénalisations s'ajoute un climat social peu répressif lui aussi. Florence Tamagne, dans le Dictionnaire de l'homophobie(PUF éditions) explique très bien la situation : « En Italie, l'arrivée au pouvoir des fascistes, en 1922, ne détermina pas de changements immédiats quant au sort des homosexuels. En 1930, à l'occasion d'une discussion sur le nouveau Code pénal, Mussolini s'opposa ainsi à l'introduction d'une législation homophobe, sous prétexte que les Italiens étaient trop virils pour être homosexuels. Il semble en outre que l'intérêt économique ait prévalu sur les interprétations morales : le tourisme homosexuel, source de devises, ne devait pas être obéré. Enfin, on ne trouvait pas en Italie de mouvements militants comparables à ceux qu'avait connus l'Allemagne, et le danger constitué par une communauté homosexuelle organisée semblait inexistant. Les homosexuels n'en furent pas moins l'objet de discriminations nouvelles : des bars furent l'objet de rafles, certaines personnalités jugées trop « voyantes » furent exilées. À partir de 1938 cependant, et vraisemblablement en écho au régime nazi, de nouveaux décrets furent votés, visant cette fois-ci directement les homosexuels. Comme le montre le film d'Ettore Scola, Une Journée particulière (1977), les homosexuels, désormais considérés comme des criminels « politiques », risquaient la prison et l'exil dans des îles lointaines. Les membres du parti fasciste étaient contraints à la démission, alors qu'en Allemagne, les membres de la SS reconnus comme homosexuels étaient condamnés à mort. » On voit bien le gouffre qui sépare, sur ce point comme sur d'autres, le régime nazi et l'état fasciste.

 

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Une bande dessinée, c'est bien sûr un scénario mais aussi et surtout des dessins ; ceux de Sara Colaone, par leur stylisation rigoureuse, leur bicolorisme, et leur petit coté bois gravé me rappellent les illustrations de mes premiers livres de lecture dans les années cinquante. S'ils sont efficaces et clairs, ils manquent un peu de sensualité pour le sujet.

 

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L'album se présente comme un élégant moyen format relié, au dos carré de 175 pages. En plus de la bande dessinée, il contient une préface de Tommasso Giartosio et Gianfranco Goretti qui ont publié, en Italie, un essai sur le sujet La città e l'isola omosessuli al confino nell italia fascista ‒ je serais italianisant, je me précipiterais dessus ‒ et une interview réalisée par Dall'Orto en 1987 d'un homme de 74 ans qui avait été confiné dans l'île de San Domino.

 

Un livre indispensable pour ceux qui s'intéressent à l'Histoire, et en particulier à celle de l'Italie fasciste, et à celle de l'homosexualité.

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Exposition Dodier

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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C'est Jérôme K. Jérôme Bloche qui accueil lui-même le visiteur de cette petite mais très sympathique exposition Dodier à la galerie Napoléon au 23 rue Charles V dans le quatrième arrondissement de Paris, non loin du métro Saint-Paul. Le lieu est une nouvelle galerie vouée à la bande dessinée. Elle n'est ouverte seulement depuis quelques semaines. Elle annonce prochainement une exposition Derib.

 

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La présente exposition expose dans un beau sous-sol de l'endroit aux voutes séculaires  les planches de la nouvelle aventure de Jérôme K. Jérôme Bloche, "Mathias" édité par Dupuis. Il est toujours passionnant de découvrir les originaux d'une bande dessinée que l'on aime (il faut de 600 à 700 € pour repartir avec l'une des planches exposées). On s'aperçoit que les planches de dimensions au double de celles des albums de la série sont très propres. Il y a peu de repentir, seulement quelques modifications dans le positionnement des bulles dans lequel Dodier fait lui-même le lettrage. Parfois aussi le dessinateur a ajouté un personnage dont il a soigneusement découpé le contour en le collant sur le décor auquel Dodier apporte de plus en plus de soin au fil des albums. Mais la plupart du temps c'est sans aucun repentir que la planche fait admirer la virtuosité de son auteur.

On peut avoir une bonne idée de l'exposition et des originaux à vendre en allant à l'adresse ci-dessous.

http://galerienapoleon.com/planches-originales-de-jerome-k-jerome-bloche-original-comic-art_fr_159.html

Jusqu'au 19 mars de 12h 30 à 20h les jeudi, vendredi, samedi

23 rue Charles V

75004 Paris

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