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212 articles avec bande-dessinee

Case en exergue, Victor Hubinon

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Case en exergue, Victor Hubinon

Publié dans Bande-dessinée

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L'or de Saturne, une aventure d'Alix par Venanzi & Valmour

Publié le par lesdiagonalesdutemps

L'or de Saturne, une aventure d'Alix par Venanzi & Valmour

Le scénario de "L'or de Saturne", du à Valmour, est assez touffu. On y voit des gens de César - manipulés par ceux de Pompée, qui tentent de s'emparer du Trésor Public, lesquels en anticipent le forfait tout ce qu'il y a de plus historique par César lui-même… quelques semaines plus tard. L'histoire principale, en fait un casse à l'antique, n'est pas rapidement perceptible car l'histoire propose beaucoup de personnages et de péripéties, mais malheureusement avec un net manque de fluidité; c'est le principal défaut de son scénario. Il faut parfois revenir en arrière pour tout saisir. L'autre problème est que contrairement à ce qu'à montré jusqu'ici la série "Alix sénator", "L'or de Saturne" bouscule sérieusement l'Histoire. En particulier la captation du trésor du temple de Saturne par César. Dans la réalité, le Rubicon franchi, ce n’est qu’après avoir pris Rome, désertée par Pompée et les optimates, que César s'est emparé du Trésor de Saturne. Tel un vulgaire gangster, il aurait mis la pointe de son glaive sur la gorge du tribun de la plèbe L. Metellus, gardien du magot, en lui disant de lui donner le trésor ou sinon il l'égorgeait (Appien, Guerre civile, repris par Carcopino dans sa biographie de César).        
La première page présente Alix et César en route vers l'Italie avec une légion. Ils ont passé les Alpes et César hésite encore à franchir le Rubicon. Nous sommes donc quelques semaines avant janvier -49.

Les hésitations de César le conduisent à confier une mission à Alix. Ce dernier doit se rendre à Rome pour rencontrer Cicéron qui a l'oreille du sénat et pourrait le faire basculer dans le camp de César, mais le traître Labénius va tendre un piège à Alix.

Historiquement le fait que César puisse penser pouvoir s'allier avec Cicéron me parait très improbable car l'avocat romain s'est opposé très tôt aux projets politiques de César et il est resté constamment son adversaire. La probabilité qu'une alliance puisse se faire entre eux en -50 (juste avant le passage du Rubicon) me semble quasiment nulle.

Un autre fait est assez peu probable en regard de l'Histoire celui de voir les Pompéiens vouloir livrer l'or de Rome aux Parthes. Pompée qui les avait affrontés pendant la guerre contre Mithridate n'aurait probablement fait cela. Pourtant - les alliances changent - après la défaite du parti sénatorial, son fils Sextus chercha refuge chez les parthes; lui, et d'autres républicains en déroute. Mais de là à livrer l'or de l'aerarium ! 

On a l'impression à lire cet album que c'est Pompée qui courtisait le Sénat pour s'opposer à son rival César. Alors que c'était plutôt l'inverse : les optimates du Sénat poussaient Pompée à combattre César. A ce propos Il faut se souvenir que la saga alixienne a choisi son camp; elle est pour César et contre Pompée, et ceci dès le premier album; Jacques Martin étant impressionné par la stature historique du grand Jules César ? Il a présenté à ses lecteurs Pompée comme un jeune loup avide de neutraliser César. Alors qu'en réalité ce fut exactement le contraire. Il suffit pour en être persuadé de comparer la chronologie de leur actions respectives!

Pompée est une personnalité et a un cursus assez atypique dans l'Histoire romaine. Au contraire de César, Pompée n'a jamais suivi le cursus honorum. Pompée appartenait à l'ordre équestre. Pas à la nobilitas (ordre sénatorial). Mais il a été en quelque sorte le "bras séculier" de l'ordre sénatorial qui le craignait et le méprisait en même temps. C'était un chef de guerre qui avait pris la relève de son père Cn. Pompeius Strabo, lequel s'était - avec ses clients - rangé du côté de Sylla, à son retour de la guerre contre Mithridate. La plupart de ses magistratures, il les a assumées avec la nuance "faisant fonction". Il était, tout simplement the right man in the right place. Ce qui devait bien faire enrager les pontifes-pontifiants du Sénat qui pourtant avaient bien besoin de lui ! (voir la biographie de Pompée d'Eric Teyssier, chez Perrin)

Ce qui est dérangeant à la longue c'est cette vision manichéenne de l'univers romain de Jacques Martin pour qui les "Populares" de César représente le camp du bien alors que les optimates de Pompée  apparaissent toujours comme le camp du mal et des complotistes (Saylor dans sa série des aventures du limier Gordien prend le même parti avec juste un peu plus de nuances). En cela, on reste avec cet "Or e Saturne dans le continuum des "Légions perdues" et la thématique complotiste des Pompéiens. 
C'était Pompée l'impérator, le Magnus. Pompée de par sa gloire acquise sur les champs de batailles  en Orient et Ibérie n'avait pas besoin d'imiter Jules César, c'était plutôt l'inverse.Au sujet de la représentation de Pompée, celui dessiné par Marco Venanzi ressemble à celui de la série pour la télévision "Rome" qui lui-même avait la bonne idée d'être assez près des portraits sculptés que l'on connait du grand homme. Le grand Jules a été moins gâté. Il a encore une tête différente par rapport aux autres albums. Il serait bon que le comité Martin se réunisse pour fixer une fois pour toute la physionomie de César!

Venons en au dessin, une bande-dessinée n'est pas qu'un scénario, c'est aussi, surtout dirais-je une suite de dessins et si on peut que ce réjouir des progrès fait par Marco Venanzi on peut que constater qu'il ne parvient toujours pas à représenter tout au long d'un album Alix d'une manière cohérente. Parfois le pauvre Alix ne se ressemble pas tout à fait! Il est vrai que les trois précédents albums de Marc Jailloux, très rigoureux en la matière, ont rendu les "alixophiles" de plus en plus exigeants.

Dans une interview, Marco Venanzi expliquait que pour cet album, il avait réalisé le crayonné numériquement, puis imprimé la planche qu'il encrait à la main de façon à mieux travailler la perspective ainsi.


Si on ne peut qu'être satisfait pour la ressemblance de Pompée d'avec ses représentations historiques, on l'est beaucoup moins en ce qui concerne les uniformes. Par exemple les casques que l'on voit dans l'album sont d'époque impériale! Certes, il y a eu des progrès avec les cotes de mailles apparentes, dans "Le testament de César" épisode dans lequel Marco Venanzi représentait encore les légionnaires dans une cuirasse en lamelles, mais des erreurs subsiste encore dans ce nouvel album les panoplies des légionnaires romains sont ici d'époque impériale, et non de la fin de la République. Pourtant à partir de l'album "Vercingetorix" Jacques Martin, qui pour dessiner ses légionnaires s'était inspiré de la représentation de ceux-ci sur la colonne Trajane, s'apercevant de son anachronisme avait modifié la représentation de ses soldats romains.
Malheureusement Venanzi n'a pas suivi son exemple. Ce qu'il a fait, c'est un peu comme imaginer les protagonistes de la Bataille des Ardennes en décembre 1944)coiffés du casque Adrian des poilus de 14/18.

Il est dommage que Marco Venanzi ne respecte pas une règle établie par Jacques Martin qui n'est pourtant pas contraignante et néanmoins donne une unité à la série, celle de commencer toujours un album avec une grande case d'introduction et placer le mot fin dans une case similaire.

L'or de Saturne, une aventure d'Alix par Venanzi & Valmour
étude de Venanzi pour Enak

étude de Venanzi pour Enak


 

Couverture
Dans un bon péplum, il faut quelques personnages historiques pour donner l'illusion de la réalité. Cette histoire respecte la règle et nous propose non seulement Jules César, Pompée et son fils Sextus Pompée, ainsi que Labénius, mais aussi le célèbre Cicéron, son secrétaire Tirion et sa fille Tullia. Celle-ci entame bien sûr une relation amoureuse avec Alix, concession à l'hétérosexualisation forcené de la série.

Les successeurs de Jacques Martin placent plus les aventures d'Alix dans l'Histoire que le créateur de la série. C'est souvent fait avec beaucoup d'habileté comme dans Alix senator. Cette historicisation de la saga n'est pas pour me déplaire à condition qu'elle ne prenne pas le contre pied de l'Histoire comme ici. 

Les scénaristes prennent souvent quelques libertés sur la réalité historique de ces personnages ou tout du moins, ils prennent une option idéologique à propos de ces figures, ce qui est parfaitement leur droit. Prenons Labienus, il a pris fait et cause contre César seulement le 2 mars 49. Mais rien n’interdit de penser que dès décembre 50 il songeait à lâcher César. Originaire du Picenum tout comme Pompée, Labienus était un client de ce dernier ! Il a suivi César en Gaule parce que son patron Pompée était à ce moment allié à César. Tout change lorsque les deux triumvirs s’opposent. Labienus ne pouvait choisir que son camp. Dans l’antiquité romaine on ne fait pas n’importe quoi. Les allégeances et le clientélisme priment sur le reste… L'amiral Bibulus, autre personnage que l'on aperçoit dans "L'or de Saturne, Marcus Calpurnius Bibulus dont il est question pp.29-30 fut co-consul de César en -59. En parfait désaccord avec celui-ci, il préféra s’enfermer chez lui plutôt que l’exercer son mandat. Si bien que les Romains goguenards parlaient de 59 comme du consulat de Jules & César, au lieu de César & Bibulus comme le veut la règle.

Et puis il y a Cicéron que l'on voit rarement en BD: Ce grand talent littéraire, il a laissé une somme d'informations incroyable sur les évènement de son temps, certes d'une lecture très subjective. C’était aussi un opportuniste et un versatile balançant au grès des vents et surtout de ses intérêt des populares aux optimates et vice versa. Tout comme Pompée, Cicéron était un « homme nouveau », et le Sénat – qui se méfiait d’eux – chercha à les instrumentaliser. Il semble aussi avoir été très infatué de lui-même, et la manière dont il a jugulé le « coup d’Etat » de Catilina en -63 pose bien des questions; notamment du fait de l’exécution sommaire et sans jugement de témoins gênants sur ce sujet il faut lire le passionnant roman de Saylor "L'énigme de Catilina" (on peut aller voir le billet que j'ai consacré à ce roman: L'enigme de Catilina de Steven Saylor (édition révisée).

Petit rappel historique à propos de "pois chiche":

Après avoir injustement fait mettre à mort une dizaine de présumés partisans de Catilina (dont le beau-père de Marc Antoine, qui ne le lui pardonnera jamais), le consul de 63 Cicéron sera exilé de Rome. Le rôle de César, ici, n’est pas clairement défini : était-il secrètement partisan de Catilina, ou seulement choqué par l’illégalité des méthodes de Cicéron ? On rasa la maison du « Romulus d’Arpinium » (le vaniteux avocat se considérait comme le second fondateur de Rome, le Père de la Patrie) et on y édifiera un Temple de la Liberté. Revenu à Rome quelques années plus tard, il "bricole au barreau". En 56, Cicéron tente de revenir en politique mais s’abstient d'assister à la réunion des triumvirs à Lucques, qui voulaient lui proposer leur alliance. Il traîne en justice Publius Vatinius, un partisan de César, puis s'oppose à sa loi agraire. Le triumvirat le rappelle à l'ordre, Pompée lui fait rappeler la protection qu'il lui doit. Cicéron, geignard comme d’habitude, doit plaider au Sénat le de Provinciis Consularibus en vue d’obtenir la prolongation du proconsulat de César en Gaule.  Cette « palinodie embarrassante », selon ses propres termes, est suivie d'une autre lorsqu'il doit plaider pour la défense de Vatinius. En 53, Cicéron soutient – mais en vain – l’élection d’Antoine au collège des augures (César avait enjoint à son légat de se réconcilier avec l’avocat, en dépit de la haine que celui-ci lui vouait depuis l’affaire de Catilina).
C’est le paradoxe de l’opportuniste allié à César en dépit de son opposition avec Clodius, autre suppôt de César. N’est pas Caton qui veut !

De 51 à 50, Cicéron est proconsul en Cilicie. À son retour en Italie fin 50, il atterrit dans l’aiguë crise politique qui oppose César à Pompée - désormais veuf de Julia, fille de Jules -, que courtisent activement les conservateurs du Sénat (les Optimates). Cicéron – qui a modestement stoppé les Parthes sur l’Amanus le 13 octobre  – stationne hors de Rome, attendant que le Sénat l'autorise à y pénétrer en triomphateur (comme il l’a [im]modestement revendiqué) et rencontre Pompée le 25 décembre. Il n'assiste donc pas aux séances du Sénat qui déclenchent le conflit avec César (encore moins aux fiançailles d'une éventuelle Tullia, comme on le voit dans l'album). 
Cicéron suit Pompée et son armée en Grèce (seulement en juin). Après Pharsale (48), Cicéron abandonne le parti pompéien et obtient le pardon de César. Ayant trouvé grâce aux yeux de ce dernier, il se consacre de nouveau aux études et à des traités philosophiques et, bon gré mal gré, s'accommode du pouvoir de César, avant de s’allier à Octave contre Antoine. Sa franche opposition à Antoine (ses fameuses Philippiques) lui coûtera la vie en 43, lorsque Fulvia – femme d’Antoine – le fera égorger par deux officiers. Sa tête et sa main droite tranchées seront exposés sur le Forum.

Toujours au sujet de Cicéron il y a un clin d'oeil dans la dernière case de la page 34 a tous les latinistes qui ont traduit Cicéron (les catilinaires) et même aux autres  qui connaissent sa célèbre phrase : Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra (jusqu'à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience). Lorsque Alix, dans cette case, s'adresse à Cicéron: Jusque quand, Cicéron, abuseras-tu de sa patience ? 

Dans l'album, on voit donc la fille du dit Cicéron, Tullia, se fiancer avec M. Petreius pendant les Saturnales de -50 (16-18 décembre). À cette époque, le dit Petreius normalement aurait du être en Lusitanie, où il était légat du proconsul Pompée qui, lui, préférait rester à Rome. Plus embêtant, c’est qu’à ce moment-là la main de Tullia n’était plus à prendre ! Celle-ci avait épousé P. Cornelius Dolabella cinq mois auparavant (juillet -50), dont elle accouchera d’un fils prématuré le 17 mai -49. Le couple divorcera en 46.
Rappelons que le gendre de Cicéron, Dolabella, était un partisan de César aux côtés de qui il combattra les Pompéiens à Pharsale (48), à Thapsus (46) (Par delà le Styx) et à Munda (45) (L'ibère). Même si ces BD ne l’y mentionnent pas.  


Valmour a déclaré (voir l'encadré ci-dessous) que "L'or de Saturne" se plaçait à la suite "Des légions perdues" ce qui me parait inexacte, même si cela permet le retour de Garofula. Les "Légions perdues" font référence au siège d'Avaricum qui eut lieu en avril -52. Il avait été précédé par l'épisode de César et ses renforts traversant les Cévennes enneigées durant l'hiver -52,-53 qui inspira à Martin la traversée des Alpes par l'armée du général Horatius. 

 

L'or de Saturne, une aventure d'Alix par Venanzi & Valmour



 

Couverture

Les décors sont soignés. Par exemple on découvre sous de multiples angles les remparts, le forum ou le temple de Saturne. Les rue romaines sont vivantes et populeuses, et Venanzi se montre plutôt à l'aise avec les scènes de foule. Il reste que Venanzi n'arrive pas au degré de saturation de la case par moult détails qui faisait tout le sel des cases de maitre Martin.

 



Le clou de l'album est la représentation d'une naumachie. Si les cases sont belles on aurait pu en espérer de plus nombreuses pour cet épisode.

Les Jeux du Cirque sont indissociables de la vie romaine, et cet album n'y fait pas défaut. Les auteurs nous proposent une originale séquence de naumachie. Ce combat, rarement reconstitué dans les péplums, va permettre à Alix de se faire de précieux alliés, les pirates de Calypsos. D'autre part sa représentation pose problème Marco Venanzi reconstitue la naumachie dans un ensemble monumental s'inspirant de celle qui inaugura le Colisée sous Titus, soit environ 150 ans plus tard. La naumachie inaugurale du Colisée fut probablement la seule et unique qui y fut donnée.

 

la naumachie vue par Chaillet

la naumachie vue par Chaillet

La naumachie a déjà été présente dans la saga alixienne dans Les voyages d'Alix-Rome/1 (page 40-41, voir immédiatement ci-dessus). La reconstitution de Chaillet laisse deviner le problème des dimensions de la cavea inondable puisqu'elle devait accueillir la manoeuvre de navires de 40 mètres. 

C'est pour cela que les naumachies se déroulent sur des plans d’eau disponibles, comme celle de Claude sur le lac Fucin (que l’on assécha ensuite). C’est à cette occasion qu'aurait été prononcé un certain "ave imperator, morituri te salutant" déclaration qui connut la bonne fortune que l’on sait !

En regard des moyens qu'elle requérait les naumachies ne devait pas se dérouler tous les quatre matins. La seule dans cette période que la postérité ait retenu est celle de Jules César, laquelle semble s'être déroulée au champ de mars en -46, pendant son quadruple triomphe. Elle était dédiée à la mémoire de sa fille Julia, épouse de Pompée, décédée quelques années plus tôt. Un bassin avait été creusé pour la circonstance, qui fut ensuite détruit. (C’était l’usage à l’époque, idem pour les amphithéâtres de bois au Forum Boarium, où s’affrontaient les gladiateurs. L’emplacement exact est sujet à controverses.

Encore une fois on voit que le scénariste inverse ce que l'on doit à César pour en faire bénéficier Pompée et vice versa; mais il n'est pas impossible que trois auparavant Pompée et son fils aient organisé également une naumachie. D'ailleurs Pompée en -40 Sextus Pompée en a d’offert une, mais pas à Rome ! Elle eut lieu dans le détroit de Sicile pour célébrer sa victoire sur Q. Salvidienus Rufus, l’amiral d’Octave, et les protagonistes s’affrontèrent sur… des radeaux de bois ou de peau (DION CASSIUS, XLVIII, 19). Plus tard, en -2, Auguste construisit aussi une naumachie au pied du Janicule, de l’autre côté du Tibre.

On trouve aussi une naumachie dans un album de Chaillet (Roma Aeterna/3: Tuer César).

Les naumachies sont rares dans les péplums cinématographiques. On en voit une dans Les derniers jours d'Herculanum (1962) de Gianfranco Parolini qui fait embraquer sur deux radeaux deux dizaines de gladiateurs. Un cercle de naphte enflammée et quelques crocodiles rehaussent de leur présence cette modeste empoignade. Sous le pseudonyme de Lawrence Weber il en reprendra quelques images pour Les orgies de Caligula (1983). Un peu moins minimaliste, Irving Rapper et Giampaolo Callegari montreront dans leur "Ponce Pilate" en 1961 Ponce Pilate (Jean Marais !) célébrant à Césarée l’anniversaire de son beau-père, l’empereur Tibère, en faisant s’affronter trois mini-galères de 20 rameurs, une jaune, une verte et une rouge, s’éperonnant mutuellement. Le jeu consistant pour les naufragés à ensuite échapper aux crocodiles toujours eux! Dans son "Spartacus" de 1953, Riccardo Freda inonde les arènes de Vérone autour du décor d’une unique galère avec ses voiles et rameur des lions sont lâchés qui bouffent les rameurs, jusqu’à ce que Spartacus et ses amis réussissent à arrêter le massacre. Je préfère les crocodile. Si vous connaissez d'autres naumachies sur écran n'omettez pas de me les signaler. 




Il ne manque donc pas grand chose à cet album pour satisfaire les amateurs de BD historique. L'album ne se lit pas trop rapidement ce qui est préférable il redonne vie à de vieux personnages martiniens , et qui raconte avec beaucoup de mouvement une chasse au trésor à travers l'Italie antique. Mais encore une fois en dépit de leurs qualité les repreneurs de la série ne parviennent pas à retrouver le charme qu'avaient les aventures d'Alix imaginées et dessinées par le maitre. En outre on peut se demander s'il est bien utile (sauf pour le profit de l'éditeur...) d'avoir une deuxième lorsque l'on a sous la main celle composée de Jailloux et Breda?  

Un débat passionnant sur la bd historique , et c'est en podcast sur France Culture.

L'or de Saturne, une aventure d'Alix par Venanzi & Valmour
L'or de Saturne, une aventure d'Alix par Venanzi & Valmour

* La chronologie des aventures d'Alix

Un érudit en martinologie, Jacky-Charles

 

auquel je n'arrive pas à la cheville en matière de saga alixienne a établi une chronologie des aventure du jeune gaulois qui vaut son pesant de savoir. Ceci dit cet exercice à ses limites car le problème avec les nouveaux auteurs, c'est qu'ils veulent absolument raccrocher leur scénario à un événement précis. Pour lui donner un cachet d'authenticité ? Je crois que l'exercice va trouver ses limites, par exemple avec L'or de Saturne, c'est la troisième aventure qui se déroule à peu près au même moment et qui recouvre donc partiellement les précédentes. Il faut bien avoir à l'esprit lorsqu'on les lit que les aventures d'Alix n'ont pas été planifiées comme les enquêtes de Gordien par Steven Saylor, mais conçues dans le désordre (et même improvisées dans l'urgence dans le cas d'Alix l'intrépide, en fonction de la documentation et des coups de coeur de Jacques Martin. Le résultat est parfois cocasse, comme dans Iorix le grand avec ces fortifications hellénistiques - empruntées à L'architecture militaire grecque de J.-P. Adam - en Gaule !!! Alix vit dans une "Antiquité rêvée" à mi-chemin entre la peinture du XIXe s. et les fouilles de Claude Traunecker (historien et archéologue alsacien ami de Jacques Martin), il ne faut pas voir plus loin. Même si aller voir plus loin est aussi un jeu amusant et instructif. 

Je vous livre donc cette chronologie "dans son jus", je n'ai fait qu'y ajouter "Par-delà le styx" et "L'or de Saturne" ainsi que les dates d'apparition des aventures, d'abord dans le journal Tintin, quand elles y ont paru, puis en album. J'ai fait suivre cette date par le noms des auteurs en commençant par le ou les scénaristes (Le je dans cette chronologie est celui de Jacky-Charles et non le mien) :

Par-delà le Styx, un album d'Alix dessiné par Marc Jailloux et scénarisé par Mathieu Breda
 

1°) PERIODE « POMPEIENNE »


Repère historique : Pompée est au pouvoir, soit jusqu'au passage du Rubicon par César, en janvier -49.

Alix l'intrépide 
1948-1949 Jacques Martin : entre la bataille de Carrhes ( 28 mai -53 ) et l'été -52. ( 15 )

Le sphinx d'or 
1949-1950 Jacques Martin : commence avec la chute d'Alésia ( 27 septembre -52 ), l'histoire se poursuivant en Égypte dans les semaines ou les mois qui suivent, peut-être jusqu'en -51. ( 6 )

L'île maudite 
1951-1952 Jacques Martin : suite du « Sphinx d'or » en -51, d'après les personnages d'Enak et d'Arbacès ; mais, page 4, Alix parle de l'offense faite à Rome et à César, donc celui-ci gouverne ; qu'aurait-il eu à faire avec Carthage en tant que proconsul de Gaule ? Nous sommes donc soit dès -49, soit après la fin de la guerre contre les pompéiens en Afrique du nord ( juillet -46 ), c'est à dire au second semestre de -46 ou bien en -45. On reparlera de Lydas dans « Le spectre de Carthage ». Je privilégie pour cette fois le romanesque sur l'exactitude historique. ( 12 ) 

La tiare d'Oribal 
1955-1956 Jacques Martin : pas de repère historique apparent, mais Arbacès revient dans « La chute d'Icare » et Oribal meurt dans « La tour de Babel ». ( 12 )

La griffe noire 
1957-1959 Jacques Martin : pas de repère historique apparent, mais on reparle de Rafa dans « Le spectre de Carthage », et Galva et Horatius reparaissent dès l'album suivant, Servio revient dans « Roma, Roma... ». ( 12 )

Les légions perdues 
1962-1963 Jacques Martin : Pompée est présent, César est en Gaule, Galva et Horatius reviennent. ( 3 )

Le dernier spartiate 
1966-1967 Jacques Martin : pas de repère historique apparent, mais Héraklion doit entrer en scène puisqu'on le retrouve dans des épisodes suivants, Galva et Horatius sont présents. ( 3 )

Le tombeau étrusque 
1967-1968 Jacques Martin  : pourrait également faire partie de la période suivante, la guerre civile n'ayant vraiment eu lieu qu'entre janvier et mars -49, mais il semble plutôt s'agir ici d'escarmouches entre partisans, qui peuvent donc avoir eu lieu avant janvier -49, seule période à retenir en raison de la présence de Brutus qui reparaîtra dans « Le spectre de Carthage ». ( 1 )

Le prince du Nil 1973 Jacques Martin : Enak retrouve son nom de Menkharâ et son titre de prince qui sera réutilisé dès « L'enfant grec », en contradiction avec l'indication qui laisse supposer que César est au pouvoir, donc en -49 ou après. ( 6 ) 

Le fils de Spartacus 

1974 Jacques Martin : il est plusieurs fois question de Pompée au pouvoir, César est en Gaule, Héraklion et Galva sont présents, Fulgor arrive. ( 2 )

Le spectre de Carthage 
Jacques Martin 1976 : pas de repère historique apparent, mais Rafa et Lydas sont cités, Brutus revient et meurt, Corus Maler arrive et réapparaîtra dans « Roma,Roma... » ( 3 )

L'enfant grec 
1979 Jacques Martin : Pompée apparaît page 9, Enak fait état de son titre de prince d'Egypte. ( 2 )

Vercingétorix 
1985 Jacques Martin : Pompée apparaît page 4, César est en Gaule. ( 4 )

Les barbares 
1998 Jacques Martin / Rafael MoralèsMarc Henniquiau : Pompée est cité par César page 9 ; mais César est « consul » ( page 10 ), alors qu'il ne retrouvera cette fonction qu'en -47 ! ( 12 )

La chute d'Icare 
2001 Jacques Martin / Rafael MoralèsMarc Henniquiau : Pompée est cité par Numa page 27. Arbacès, Archéloa et Quintus Arenus reviennent, Julia arrive. ( 3 )

Roma, Roma... 
2005  Jacques Martin / Rafael MoralèsMarc Henniquiau : César est en Gaule ( page 12 ), et Pompée apparaît page 16 ( « suite » du « Tombeau étrusque » avec les mêmes personnages : Octave, Lidia, Héraklion, les Molochistes, plus Julia, Quintus Arenus, Servio, Fulgor, Corus Maler ). ( 1 )

C'était à Khorsabad 
2006 Jacques Martin,François Maingoval / Cédric Hervan Christophe Simon : César « doit terminer sa campagne en Gaule » ( page 48 ), Arbacès réapparaît. Nous sommes sans doute en -50. ( 12 )

La cité engloutie 
2009 Patrick WeberJacques Martin / Ferry  : se déroule en Armorique pendant la campagne de Gaule, Labienus est encore adjoint de César. Nous sommes également en -50. ( 6 )

Britannia 
2014 Mathieu Breda / Marc Jailloux paraît se situer en -54 au moment de la seconde expédition de César en Bretagne dont elle emprunte le déroulement, mais certains détails dont les noms des personnages montrent que cette expédition est une fiction qui se situe dans la continuité des aventures, toujours à la date de -50. ( 3 ) 

Le dieu sauvage 
1969 Jacques Martin : pas de repère historique apparent. Héraklion est présent, Adréa meurt, Horatius 
est encore vivant. On apprend que le voyage en Cyrénaïque se situe juste avant « La conjuration de Baal » ( 1° trimestre -49 ), donc à la fin de -50. ( 6 )

N'oublions pas les romans :

Le sortilège de Khorsabad : Pompée et Arbacès sont présents ( et toujours complices ). ( 6 )

La conjuration de Baal 2011 Michel Lafon / Christophe Simon: se situe au 1° trimestre -49, entre le passage du Rubicon par César ( 12 janvier -49 ) et le départ de Pompée pour la Grèce, au moment où Alix revient de Cyrénaïque ( 2 ).

n3

L'or de Saturne 2016 Valmour /Venanzi /  César hésite encore à franchir le Rubicon. Nous sommes donc quelques semaines avant janvier -49.**

La denière conquête Géraldine Ranouil / Marc JaillouxCorinne Billon 2013 : commence au moment où César passe le Rubicon, l'action de cet album recouvre donc complètement celle du précédent, tout en durant nettement plus longtemps ( 24 ). 

L'île maudite 
1951-1952 Jacques Martin : devrait se situer historiquement à partir de -49 ou de -46, César étant au pouvoir.

Le prince du Nil 
1973 Jacques Martin : Djefer dit à Alix, page 16, « César projette d'envahir l'Égypte après son retour de Gaule. » Nous serions donc entre mars -49 et septembre -48, arrivée de César à Alexandrie.

Ô Alexandrie 
1996 Jacques Martin / Jacques MartinRafael MoralèsMarc Henniquiau : César est « consul » ( page 48 ), mais n'est pas encore arrivé en Égypte, donc même période que ci-dessus. En -48, il est nommé en fait dictateur pour un an et ne redeviendra consul qu'en -47. ( 6 )

Le fleuve de Jade 
2003 Jacques Martin / Rafael Moralès Marc Henniquiau : idem ci-dessus, nous sommes toujours entre mars -49 et septembre -48. ( 12 )

Le démon du Pharos 
2008 Patrick WeberJacques Martin / Christophe Simon : idem. ( 3 

 

L'empereur de Chine 1982 Jacques Martin : selon Mardokios ( page 9 ) César est consul, donc en -47. ( 48 )

 

Par-delà le Styx 2015 Mathieu Breda / Marc Jailloux : On peut penser que l'album démarre fin 47 quand Antoine est le magister equitum de Jules César; fonction qu'il exerça en 48 et 47. Il se termine quelques jours après la bataille de Thapsus qui se déroula le 6 avril 46 av. J.C 


L'ombre de Sarapis 2012 François Corteggiani /  Marco VenanziMathieu BarthélemiVéronique Robin : page 47, Cléopâtre dit à Alix qu'elle se rendra à Rome pour le prochain triomphe de César, celui-ci ( en fait, il y en eut 4 ) ayant eu lieu en août/septembre -46, après son retour d'Afrique du nord le 28 juillet -46, nous sommes en juin/juillet -46. ( 2 ) 

Le testament de César 
2010 Marco Venanzi : se situe au moment du départ de César pour l'Espagne et le début de la guerre contre les pompéiens racontée dans « L'Ibère », soit à la fin de l'année -46. ( 1 )

L'Ibère, 
2007 François MaingovalPatrick WeberJacques Martin / Christophe Simon : une des rares histoires datées, de -46/-45 ( guerre contre les pompéiens en Espagne, bataille de Munda le 17 mars -45 ). ( 6 )

Les proies du volcan 
1977 Jacques Martin : en -45, César veut reprendre la guerre contre les Parthes pour venger la défaite de Carrhes, et envoie Alix et Enak en mission en Inde. Nous sommes en -45/-44. ( 24 )

-oOo-


3°) PERIODE « OCTAVIENNE »

Après l'assassinat de César en mars -44, Octave cherche à prendre le pouvoir. Le nom donné à cette période ne veut pas dire qu'Octave est présent dans ces histoires, au contraire. Elles n'entrent pas historiquement dans une des deux périodes précédentes et peuvent donc se situer après, ce que j'ai imaginé pour respecter un peu le temps qui passe !

Iorix le grand 
1971-1972 Jacques Martin : pas de repère historique apparent. ( 12 ) 

La tour de Babel 
1981 Jacques Martin: pas de repère historique apparent. Oribal meurt, Adroclès apparaît et reviendra dans « Le cheval de Troie ». ( 3 ) 

Le zane noir (roman) : se situe pendant une année olympique, en -52, -48 ou -44 ( mais au moins 4 ans avant « Le cheval de Troie », cf. ce commentaire ). ( 2 )

Le cheval de Troie 
Jacques Martin 1988 : se déroule au cours d'une année olympique, après les Jeux, aux mois de Juillet et Août, donc, par rapport aux aventures d'Alix, soit en -52 ( impossible, on sait qu'il était en Gaule et en Égypte ), ou plutôt en -48 ( année très chargée : lutte contre Pompée et ses partisans, débarquement à Alexandrie ), ou encore en -44 ( année de la mort de César : Alix aurait-il été disponible ? ). Héraklion et Adroclès sont présents, Horatius meurt. ( 6 )

L'hydre bleue (roman) : cette aimable fantaisie est indatable. ( 1 )

-oOo-

4°) PERIODE « AUGUSTEENNE »

Avec l'arrivée de la série dérivée « Alix Sénator », nous entrons de plein pied dans cette période en franchissant d'un coup au moins 32 ans ! Octave est devenu Auguste et donne une seconde fois son nom à cette période.

Alix Senator 
2012  Valérie Mangin Thierry Démarez : 1) Les aigles de sang : cette histoire est datée de -12. ( 2 )

Alix Senator 
2013 Valérie Mangin Thierry Démarez : 2) Le dernier pharaon : suite du précédent. ( 2 )

Alix Senator 
2014 Valérie Mangin Thierry Démarez : 3) La conjuration des rapaces : suite des précédents ( 1 )

** Une fois de plus il y a un petit problème de chronologie qui contredit les déclarations du scénariste.

On sait que chaque fin de saison guerrière, César positionnait ses légions en quartiers d'hiver dans les zones sensibles de la Gaule, en surveillance et partait tenir en Italie ses assises, avec une légion en appui, et hivernait donc en Gaule Cisalpine, pour ne jamais être trop loin de la cité, et donc du centre de décision.

 

Couverture

Là où il y a un flou spatio-temporel, c'est dans la continuité des faits entre les légions perdues et L'or de Saturne.
On avait laissé le camp de César à Avaricum "Légions perdues" p52 en mars -52 avJC,


 

Couverture

et on le retrouve au début de "L'or de Saturne" en Gaule Cisalpine septentrionale avec Garofula en otage, puis de nouveau dans la vallée d'Aoste plus au sud p25

 



Sur le point de franchir le Rubicon en décembre -50av JC.      
Nous nous retrouvons de facto de nouveau devant un problème spatio-temporel, donc il y a un vide chronologique de deux ans.
IL faut donc envisager "L'or de Saturne" non comme le continuum des "Légions perdues" même si l'on y retrouve le sinistre Garofula, mais A contrario, comme un album se situant juste en amont  du franchissement du Rubicon, et de la guerre civile.. On peut en déduire que Garofula est resté pendant 2 ans prisonnier de Jules César. Ceci lui a fait perdre un peu de sa superbe.

 

 Pour retrouver Alix et Jacques Martin sur le blog

Alix nuAlix Enak, amitié érotiqueLa conjuration de Baal de Christophe Simon et Michel Lafon, Un épisode de la vie d'Alexandre le grand, vu par Jacques Martin,  Jacques Martin, auteur classique,  Le Fleuve de Jade, une aventure d'Alix par J. Martin et R. Morales,  Les filles dans AlixLes chats dans Alix,  Jacques Martin, un auteur paradoxalement méconnu,  case en exergue, 2 Jacques Martin,  Alix vu par ses dessinateurs,  Alix senator, Les aigles de sang, dessin Thiérry Démarez, scénario Valérie Mangin Alix et la pêche aux coraux Alix nu Pour se souvenir de l'exposition Jacques Martin à la Maison de la bande dessinée à Bruxelles la cote des dessins de Jacques MartinAlix à Drouot, Alix vu par Pierre JoubertAlix réinterprété par Jean-François CharlesLe hurlement de Cybèle, le prochain Alix senatorsur les pas d'Alix au Machu Pichu, Alix à DrouotUne vente Alix à Drouot, Karnak, Alix senator, Martin, L'Histoire en héritage, La dernière conquête, une aventure d'Alix, Par-delà le Styx, un album d'Alix dessiné par Marc Jailloux et scénarisé par Mathieu Breda (réédition complétée), Alix l'intrépide de Jacques MartinAlix senator, Les démons de Sparte de Thierry Demarez et Valérie Mangin (réédition complétée)Le Démon du Pharos, une aventure d'Alix, dessinée par Christophe Simon, scénarisée par Patrick WeberLe prince du Nil de Jacques Martin
 

Deux vidéos de Jacques Martin interviewé sur Youtube en 1 et en 2

Tous les Alix chroniqués sur le blog d'argoul 

Pour ne rien manquer de l'actualité "martinienne" il faut aller sur l'indispensable site alix mag

L'or de Saturne, une aventure d'Alix par Venanzi & Valmour
L'or de Saturne, une aventure d'Alix par Venanzi & Valmour

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Alix à Drouot

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8000 à 10000€ estimation pour la vente à Drouot du 15/10/2016

8000 à 10000€ estimation pour la vente à Drouot du 15/10/2016

Alix à Drouot

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Une relecture de « L’0nde Septimus »

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Une relecture de « L’0nde Septimus »

Je reprend cet article de l'excellent site http://bdzoom.com/, que je conseille à tous les amateurs de bandes dessinées de visiter régulièrement, tant cette lecture me parait judicieuse. Félicitation à   Jean-Pierre Abels

Une relecture de « L’0nde Septimus »

 

L’album « L’Onde Septimus » est, certainement, le plus Jacobsien de tous ceux qui sont parus après le décès du maître. On y retrouve non seulement tous les principaux héros qui ont construit le mythe, mais aussi les décors et le thème de prédilection de l’auteur d’origine. Ajoutons-y le fait que Jean Dufaux, Antoine Aubin et Étienne Schreder osent inscrire leur histoire dans le sillage de l’album-culte « La Marque jaune », et nous pourrions quasi croire au retour de Jacobs lui-même…

Et pourtant, les nouveaux auteurs se sont amusés à y glisser quelques détails incongrus qui devraient nous interpeller. D’abord, cette multiplication de Septimus, brandissant chacun un parapluie, sorti tout droit du tableau de Magritte « Golconde », peint en 1953, soit très peu de temps avant l’époque où se déroule notre histoire, nous fait penser au tableau le plus célèbre de Magritte, qui s’appelle « La Trahison des images ». Il nous rappelle aussi que Magritte n’a pas hésité à peindre plusieurs fois la même toile, pour répondre à la demande du marché !

N’est-ce d’ailleurs pas ce que fait l’éditeur qui fait revivre des héros sous d’autres plumes et pinceaux ? Mais dans le cas de cet album, les auteurs nous envoient un message très particulier.

Suivant la vieille tradition de la parution hebdomadaire, où le plus souvent la planche dessinée se terminait par une case où un héros se posait une question ou montrait sa surprise pour garder le suspense jusqu’à la semaine suivante, les auteurs de « L’Onde Septimus » terminent la planche 18 sur un personnage posant un grand point d’interrogation. Curieusement, ce personnage n’apparaîtra que dans cette seule case, et la question reste sans réponse. Nous ignorerons, d’ailleurs, la nature de son questionnement !

Et pourtant, à mieux y regarder, ce personnage nous dit beaucoup. Ce figurant n’est pas anonyme : il s’agit de Sir Francis Albany, héros de Floc’h et Rivière, grands continuateurs de la ligne claire, ayant poussé à la perfection la narration de vraies fausses biographies.

Le livre que tient Francis Albany à la main n’est autre que « Portrait in smoke » d’Olivia Sturgess, dont on retrouve la couverture intégrale page 18 de l’album « Olivia Sturgess 1914-2004 », paru chez Dargaud en 2008.

Ce jeu de faux-semblant est moins innocent qu’il n’y paraît. La lecture de l’image de la case centrale de la même page révèle bien des surprises.

L’enseigne de la boutique au centre gauche de l’image « …MPUS  Counterfeiters Ltd Suppliers to HM the Queen » nous apprend qu’il s’agit d’un magasin de contrefaçons ! Et qui plus est, ayant pignon sur rue, puisque fournisseurs de la Reine d’Angleterre.

Si cela ne suffisait pas, le livreur à droite de l’image conduit un tricycle à l’enseigne de « Forgery », soit« Faussaire ».

Les auteurs nous disent donc clairement que nous sommes dans un monde d’illusions et avouent que leur œuvre n’est pas celle de Edgar P. Jacobs, mais bien celle de très habiles contrefacteurs.

Et la question que se pose Sir Francis Albany n’a probablement rien à voir avec l’intrigue, mais doit probablement être « Que fais-je ici ? ». Jamais un scénariste (Dufaux) n’aura aussi bien porté son nom !

Jean-Pierre ABELS

 
 

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images de Blake et Mortimer

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images de Blake et Mortimer
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images de Blake et Mortimer
images de Blake et Mortimer

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case en exergue: Antonio Sarchione

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case en exergue: Antonio Sarchione

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Le hurlement de Cybèle, le prochain Alix senator

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L’Odeur des garçons affamés » par Frederik Peeters et Loo Hui Phang

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 L’Odeur des garçons affamés » par Frederik Peeters et Loo Hui Phang
 L’Odeur des garçons affamés » par Frederik Peeters et Loo Hui Phang

En cette année 1872, nous sommes juste après la fin de la guerre de sécession. en plein Texas, l’Ouest américain est encore un territoire sauvage, un continent à civiliser pour l’homme blanc. Et le lieu d’un génocide en cours, celui des indiens. Une petite expédition s’y aventure pour cartographier, recenser, photographier, rassembler tous les éléments pour préparer la colonisation des immenses territoires comanches, désormais envahis par l’homme blanc. L’expédition est financée par une riche organisation privée. Elle à sa tête, un ingénieur géologue douteux et néanmoins d’origine irlandaise qui se promène souvent les fesses à l’air tout en prônant une utopie civilisationnelle extrémiste. Il a engagé un un photographe homosexuel et escroc, spécialiste des clichés spirites, fuyant son trouble passé. Elle est complétée par la présence d’un séduisant jeune boy qui ne laisse guère le daguerréotypeur indifférent. Le jeune garçon de ferme s'avérera bien moins naïf qu’il n’y paraissait de prime abord. Leurs secrets respectifs vont éclater sous le soleil texan, en même temps qu’un flot de magie ancestrale.

Ce western atypique a été écrit sur mesure par Loo Hui Phang pour le dessinateur Frederik Peeters, l'auteur des « Pilules bleues », de « Lupus » ou d’« Aâma ». Ici le western n’est qu’un genre prétexte pour explorer le thème du secret propre à chacun et à aborder en profondeur la psychologie des personnages. Loo Hui Phang est une scénariste aux multiples facettes (elle travaille pour le théâtre, la littérature, le cinéma, les performances artistiques et la bande dessinée où elle a notamment collaboré avec des illustrateurs comme Philippe Dupuy, Michaël Sterckeman, Cédric Manche, Hugues Micol…). La scénariste tord les règles du genre pour sonder l’âme humaine et les relations entre hommes, femmes et nature. La question de la sexualité et du genre y est abordée avec subtilité, tout comme la description plus historique de l’éradication des derniers Comanches, le tout mêlé à une spectaculaire ouverture vers le fantastique. Loo Hui Phang a concocté ce récit aux dialogues remplis de délicieux sous-entendus qui détournent habilement les codes habituels de ce genre de fictions pour nous conter, en fin de compte, une imprévisible et belle histoire d’amour.

Le dessin est presque toujours somptueux et la mise en couleurs fait parfois penser aux grands tableaux fauves.

 

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 L’Odeur des garçons affamés » par Frederik Peeters et Loo Hui Phang
 L’Odeur des garçons affamés » par Frederik Peeters et Loo Hui Phang

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Christophe Simon peint Corentin

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Christophe Simon: huile sur toile 100/72 cm

Christophe Simon: huile sur toile 100/72 cm

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Paris Match raconte « La Saga du journal Tintin »

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Paris Match raconte « La Saga du journal Tintin »

 

Je m'aperçois en commençant ce billet que je consacre bien peu de billets au sujet des revues et autres publications qui constituent, bien que beaucoup moins qu'auparavant, pourtant un grand pan de mes lectures. Elles me semblent encore essentielles à la culture de l'honnète homme (au sens dixhuitièmiste de cette expression). Je vais donc vous entretenir d'une récente parution qui m'a autant surpris que ravi.

Curieusement c'est Paris Match qui fête les 70 ans de l'apparition du journal Tintin dont je fus un fidèle lecteur de 1958 jusqu'à sa disparition, disparition dont je ne me suis jamais consolé. En fait ce magazine préfigure la publication, le 26 août prochain, de « La Grande Aventure du journal Tintin » aux éditions du Lombard, superbe et très volumineux volume que je me propose d'acquérir si mes lecteurs sont généreux. Or donc Paris Match, en coédition avec La Libre Belgique, consacre un numéro spécial aux 70 ans de l’hebdomadaire belge, lancé en 1946 par Raymond Leblanc. Ce qui est très intéressant est que cette heureuse initiative n'émane pas des éditions du Lombard et est donc beaucoup moins hagiographique pour Raymond Leblanc (et Hergé) que par exemple "Le lombard l'aventure sans fin" qui est néanmoins fort intéressant. Ce numéro spécial de Match a été Confiés à une solide équipe de rédacteurs, journalistes et historiens de la BD, les articles de ce copieux hors-série sont passionnants, riches en informations, et nostalgiques à souhait pour les vieux lecteurs duJournal des jeunes de 7 à 77 ans.

La revue commence avec un entretien avec Raymond Leblanc réalisé par Patrick Gaumer (qui, par ailleurs, évoque la reprise du journal en France par Georges Dargaud). Interview très éclairante bien que Leblanc ne manque pas de tirer la couverture à lui, sur la personnalité d'Hergé qui apparait comme un despote égoiste et hésitant, un assez sale type en définitive, heureusement que les gens de talent ne sont pas aussi des parangons de vertues... Tout le contraire du meneur d'homme qu'était Leblanc. Je conseille de croiser cette interview avec celle de Greg par Benoit Mouchart dans Kaboom de ce trimestre (Kaboom revue indispensable pour tous les amateurs de bandes dessinées.  

Dominique Petitfaux raconte le parcours mouvementé du journal. Philippe Goddin revient sur le partenariat houleux mais productif entre Leblanc et Hergé. Philippe Mellot évoque la presse BD en Belgique après-guerre. Michel Pierre et Jacques Langlois se souviennent de « Blake et Mortimer »… Dominique Petifaux parle d’« Alix » avec Claude Aziza, de « Dan Cooper » avec Philippe Guedj, de « Chlorophylle » avec Yves Frémion, de « Michel Vaillant » avec Francis Monsenergue.

De son côté, Patrick Gaumer revient sur « Ric Hochet » avec Adrien Guilleminot, « Comanche » puis « Thorgal » avec Philippe Guedj.

Enfin, le trio Gaumer/Langlois/Petifaux planche sur la vie du journal avec le concours de Dominique Maricq. Suffisamment courts pour ne pas être ennuyeux, ces articles richement illustrés bénéficient d’une mise en page aérée qui en rend leur lecture agréable.

Signalons enfin le prix modeste (116 pages en couleurs pour seulement 6,90 €) de cet excellent voyage dans les méandres de la grande aventure éditoriale que fut celle de l’hebdomadaire disparu en 1988, mais dont de nombreux héros survivent pour notre plus grand plaisir. À ne pas manquer !

Henri FILIPPINI

Paris Match raconte « La Saga du journal Tintin »

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