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220 articles avec bande-dessinee

Le Bus - Paul Kirchner

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Brik de Marcel Navarro

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Brik de Marcel Navarro

Les éditions du Bleu et Noir ont finalement compilé, en un seul album disponible au Coffre à BD (http://coffre-a-bd.com), les fac-similés des six premiers numéros de « Brik » : un célèbre corsaire créé par Marcel Navarro alias J.K. Melwyn-Nash et Jean Cézard, en mars 1949.

Comme je l’ai déjà écrit, même si ces histoires, destinées à une jeunesse qui n’a plus rien à voir avec celle d’aujourd’hui, pourront vous sembler un peu vieillottes, il faut saluer comme il se doit la volonté et la passion des responsables de ce genre d’initiatives patrimoniales en les soutenant les yeux fermés. Et puis cet album sera pour beaucoup une délicieuse madeleine...

 

« Brik » par Jean Cézard et Navarro alias J.K. Melwyn-Nash.

 

Brik, après dix-huit numéros mythiques et un unique supplément (que les éditions du Bleu et noir espèrent bien tous rééditer, si elles arrivent à vendre au moins cinq cents exemplaires de leur premier et splendide fac-similé), il est relégué en bande complémentaire dans Brik Yak, avant de disparaître au n°28 de janvier 1951.

Cependant, avec le boum des petits formats à la fin des années 1950, les éditions Aventures et voyages vont rééditer le matériel existant (recouvrant pudiquement le torse et les jambes souvent dénudés du héros, tout en traficotant les cases pour les adapter au format) dans un mensuel également intitulé Brik, en avril 1958 (c'est cette forme que je connaissais). Devant le succès de cette nouvelle publication, le célèbre corsaire, toujours au service du roi, connaîtra de nouvelles aventures racontées par des écrivains populaires comme Paul Bérato (alias Yves Dermèze) et Maurice Limat (en 1959), par Jean Ollivier (à partir de 1960) ou par Bernadette Ratier elle-même. Ces épisodes inédits seront principalement dessinés par l’Espagnol Pedro Alférez (à partir de 1959), relayé quelques fois par Onofrio Bramante (1959), Jacques Arbeau ou Jean-Pierre Boivent (1960), Juan Giralt (1963), le studio Barbato (1965), Vincenzo Chiomenti (1967)… Ceci jusqu’en mars 1969 où, si le pocket continue de paraître (pour ne disparaître définitivement qu’en avril 1987), il ne propose plus que des reprises. Á noter que l’on peut aussi trouver quelques inédits dans les numéros spéciaux Pirates, entre 1960 et 1966.

Marcel Navarro est né le 29 mars 1922. Il débute au quotidien "Lyon Républicain" comme journaliste tout en travaillant pour la SAGE. En 1945, il lance la BD "Les aventures fantastiques" dans l'hebdomadaire SPRINT tout en signant les scénarios. En 1946, il crée Fantax avec Pierre Mouchot dans PARIS-MONDE ILLUSTRE puis en récits complets, mais ce personnage jugé trop violent par la commission de censure, sera interdit après 1949. Il participe aussi pour cet éditeur à "Big Bill le casseur" et "Robin des Bois". En 1948, il entre chez "Aventures & Voyages" pour qui il écrira les scénarios de quasiment toutes les bandes en récits complets : Marco Polo, Brik, Yak et Diavolo pour divers dessinateurs dont Cézard. A la même époque, il dirige le magazine féminin "Rien que pour toi" et dès 1950, fonde avec Auguste Vistel les éditions LUG. Il entame alors un immense travail d'éditeur tout en ne délaissant pas l'écriture de scénarios. On lui doit notamment l'import massif de bandes italiennes comme Tex Willer, Blek, Zagor, Miki le ranger, Ombrax, Martin Mystère etc., mais aussi la création de multiples personnages dont Zembla (avec Pedrazza puis Oneta), Wampus (avec Bernasconi), le Petit Duc (avec De Vita), Kiwi (avec Cézard), Mikros (avec Mitton) ou Photonik (avec Tota). On lui doit aussi la publication (avec réticence) des super-héros de Marvel au travers de revues devenues mythiques comme STRANGE ou FANTASK.
En 1989, il prend sa retraite en Provence et cède Lug à Semic. 
Marcel Navarro est mort en novembre 2004 emportant avec lui une des plus grandes carrières éditoriales françaises et un Grand Homme du petit format.

Brik de Marcel Navarro

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une case en exergue: JANO

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une case en exergue: YSLAIRE

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une case en exergue: YSLAIRE

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une case en exergue: MITACQ

Publié le par lesdiagonalesdutemps

une case en exergue: MITACQ

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case en exergue: PHILIPPE DELABY

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case en exergue: PHILIPPE DELABY

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Une vente Alix à Drouot

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Alors que la première planche d'"Alix l'Intrépide" vient de partir à 32500 € chez Sotheby's samedi dernier, voici , en excusivité pour Alix Mag', les dessins et planches d'Alix  qui seront mis en vente le 11 avril prochain à Drouot

Les pièces présentées sont d'une qualité exceptionnelle.

MartinLegion

"Il revient", illustration annonçant le retour d'Alix pour "Les légions perdues", en novembre 1962

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Sublime planche de "L'empereur de Chine", 1982

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Le spectre de Carthage, 1976

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Tomoji de Jiro Taniguchi

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Tomoji de Jiro Taniguchi

Cette exellente critique vient du remarquable site d'argoul que je vous encourage à visiter

 

Un jeune homme de Tokyo vient photographier une grand-mère à la campagne ; il est le petit-fils de sa sœur. Une jeune fille vit avec la grand-mère dans cette campagne. Lui, Fumiaki, à 19 ans ; elle, Tomoji, 13. Nous sommes en 1925, dans cette période d’entre-deux qui sépare l’ère Meiji qui a ouvert le Japon sur le monde et l’ère militariste qui va le renfermer. Un moment de grâce où le Japon rural subsiste tandis que le Japon industriel prend son essor.

Avec minutie, le dessinateur recrée le bucolique, ces champs tracés au cordeau sous la protection paisible des monts Yatsugatake et Fuji, tels des grands frères qui veillent. Maisons de bois surélevées, pièces à tout faire garnies de nattes en paille de riz (les tatamis), boutique où s’entassent les marchandises. Dans un dessin sensible mais assez corseté, Taniguchi décrit la paisible vie de famille. Jusqu’aux drames : le père meurt d’appendicite aiguë et la mère doit partir travailler à l’usine, laissant ses deux petites filles et son beau-fils à la charge de la grand-mère.

Tomoji grandit dans la nature, entourée de ce reste de famille qui l’encourage. Elle va à l’école, aide à la boutique, aux champs ; est travailleuse, serviable, contemplative. Fumiaki, de son côté, devient ingénieur en aéronautique ; lors du grand tremblement de terre de Tokyo en 1923, il prend conscience de la précarité de l’existence et du terrible de la nature. Cette convergence des vues va rapprocher la fille et le garçon, par l’entremise des marieuses de la famille.

Fumiaki et Tomoji vont s’épouser et, à leur tour, reproduire une famille pour perpétuer le Japon de tradition. Le scénario est tiré d’une histoire vraie, celle de la fondatrice d’un temple bouddhiste qui s’appelait Tomoji.

Mais l’auteur s’attache à montrer comment une enfant de la campagne devient une adulte équilibrée, de l’ère rurale à l’ère industrielle, sans déroger. Une vie archétypale, dessinée et racontée avec le réalisme doux-amer propre aux littérateurs japonais. Peu de sensualité, un brin de nostalgie mais surtout le goût d’être précis et d’accepter ce qui vient – toujours.

Cette attitude devant la vie est proprement religieuse ; elle est la marque du bouddhisme japonais, à la fois ascétique et bienveillant, sensible à tous les êtres et aux grandeurs de la nature.

Tomoji de Jiro Taniguchi

Sur le site argoul Sur lequel la critique est initialement parue, j'ai fait cette remarque.

 

Je ferais tout de même deux rectificatifs. C’est en 1923 que c’est fait le tournant du Japon vers un régime militariste et cela à l’occasion du grand tremblement de terre qui a dévasté Tokyo et toute la région du Kanto. Plus que le tremblement de terre c’est un gigantesque incendie qui a détruit Tokyo. Les militaristes en ont profité pour faire courir la rumeur que les responsables de ce gigantesque brasier étaient les coréens mais aussi les "rouges". Ce subterfuge a permis de décapiter la gauche nippone, nombreux sont ses activistes qui ont été tués par la police ou lynchés par la foule. Cet affaiblissement important de leurs ennemi a permis aux militaristes de prendre progressivement les rênes du pouvoir.
Autre point de désaccord avec votre texte, cette progressive militarisation du pouvoir n’a été en rien une fermeture du pays, tout du moins pour l’industrie et l’économie. Bien au contraire c’est au milieu des années 20 qu’a augmenté « la curiosité » des japonais pour les techniques de l’occident et même sa culture. Ce que montre bien par exemple deux films, le début de Lettre d’Iwo Jima de Clint Eastwood et Le vent se lève de Miyasaki. Il faut se souvenir qu’entre les deux guerres, le made in Japan était symbole de pacotille. Cette réputation a perduré bien après que ce soit devenu obsolète d’où la relative absence de méfiance des américains d’alors envers le Japon qui au début de la guerre du Pacifique possédait des bateaux et des avions plus élaborés techniquement que les américains (le chasseur zéro, le Yamato…).

 

Argoul y a répondu

 

argoul

Merci d’apporter ces précisions. La note n’avait pas pour objectif l’histoire du Japon, d’où les raccourcis inévitables. Quant à la « fermeture » nationaliste, elle n’exclut en rien d’apprendre des autres pour assurer le progrès technique ni la puissance industrielle ! Le cas de la Chine contemporaine (qui accepte les joint-venture (…à condition que les Chinois gardent 51%) et pillent les technologies avancées (au mépris du « droit » d’auteur et des brevets) en est un exemple. Elle applique la maxime de Staline : « ce qui est à moi est à moi, ce qui est à vous est négociable ». Le Japon comme l’Allemagne dans les années 30 ont durement ressenti la crise mondiale de 29 mais, ayant peu de traditions libérales et démocratiques d’ouverture à l’autre et au libre commerce, ont eu une « réaction » identique : user de leur puissance militaire pour assurer leur « territoire » vital en matières premières et pour les voies de communication maritimes. Ce n’est pas vraiment ce que j’appelle une attitude ouverte, mais bien plutôt un égoïsme de prédation. Tomoji – fondatrice d’un monastère bouddhiste – échappe à ce tropisme social et politique. Elle incarne ce Japon traditionnel qui évolue avec l’histoire mais sans peser, tout de force intérieure.

 

pour retrouver des mangas sur le blog: Une vie dans les marges de TatsumiBakuman,  Tatsumi,  NomNomBâ de Shigeru Mizuki,  Tezuka à Japan expo 2011Ayako de Tezuka,  Color,  Mandarake à Tokyo,  Thermae Romae de Mari Yamazaki,  Tsubasa et L'ile des téméraires,  Makoto Kobayashi : Michaël, Le Chat qui Danse (Glénat; 1998),  Billy Bat de Naoki Urasawa et Takashi Nagasaki,  Les Années Douces de Jiro Taniguchi & Hiromi Kawakami,  Les villes d'Adachi Mitsuru par Xavier Guilbert,  à propos de Bakuman n° 11,  Jin de Murakami Motoka,  Le chat Karupin dans prince of tennis ,  Zéro pour l'éternité de Naoki Hyakuta dessiné par Souichi Sumoto ,  L'ile des téméraires, tome 2 de Syuho Sato,  Silver spoon d'Hiromu Arakawa,  Les 11 questions de la chaîne infernale des amoureux du manga

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Le chef de Nobunaga de Takurô Kajikawa & Mitsuru Nishimura

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le chef de Nobunaga de  Takurô Kajikawa & Mitsuru Nishimura
Le chef de Nobunaga de  Takurô Kajikawa & Mitsuru Nishimura

Le voyage dans le temps est un ressort scénaristique qu'il n'est pas rare de rencontrer dans les mangas. Il a même donné quelques chef-d'oeuvre comme "Zipang", "Jin" ou encore le très célèbre "Quartier lointain" de Taniguchi.  Cette fois c'est un cuisinier qui se trouve propulsé, comment et pourquoi on ne le sait pas, à la période Sengoku (XVIe siècle de notre ère) période dite du pays en guerre. Elle porte bien son nom. Le Japon n’est pas encore unifié et le terrible Nobunaga va jouer un rôle capital pour la création de l'état japonais. Sa rencontre avec un cuisinier venant du futur va changer le cours de l’histoire.

 

La recherche des aliments est cruciale.

La recherche des aliments est cruciale.

 

 

le chef de nobunaga bataille

 

 

L’histoire débute alors que deux hommes en costume de cuisiniers, semblant sortir d’un grand hôtel contemporain, sont poursuivis par des soldats du moyen-âge japonais. L’un y perdra la vie alors que l’autre, plus jeune, réussira à se sauver en plongeant dans l’eau d’une rivière. L'infortuné est recueilli par un jeune forgeron. Il se rend compte rapidement qu’il a perdu la mémoire. Les seuls souvenirs qui lui reviennent en tête sont liés à la cuisine. Ayant instinctivement attrapé une anguille lors de son bain forcé, il se met à la cuisiner. Il réussit à rendre ce met succulent en le travaillant selon une recette contemporaine, et donc novatrice pour l’époque. Ce don pour les techniques culinaires finit par s’ébruiter et Oda Nobunaga, seigneur de la région, décide de l’employer comme chef cuisinier en remplacement de sa propre équipe.

Bien que la trame de départ soit basée sur le voyage dans le temps de cet homme ordinaire, ce fait est rapidement occulté. Aucune explication n’est donnée. En effet, quoi de plus naturel que de se retrouver 500 ans en arrière. Ce préambule farfelu passé, l’histoire se concentre sur la cuisine et son évolution à travers les âges. Mais on ne reste pas non plus toujours derrière les fourneaux, les représentations des bataille sont impressionnantes de réalisme. Un peu comme comme le Lucius de « Thermae Romae » qui amène les bienfaits des bains modernes dans la Rome antique, Ken amène le savoir-faire de notre époque en matière de raffinement gastronomique à ces peuplades barbares qui sont ses ancêtres. En plus de parfaitement connaître de nombreuses techniques de cuisine, il a, semble-t-il, un attrait tout particulier pour l’Histoire. Il peut même anticiper ce qu’il va se passer, puisque l’unification du Japon par Nobunaga est une période extrêmement importante pour ce pays. A mesure que ce déroule l'histoire, il se pose la question récurrente dans ce genre de récit: va-t-il changer l'Histoire. Toutefois il semble moins angoissé par cette question que le médecin de "Jin", il faut bien admettre qu'il est plus difficile pour un cuisinier d'influer sur le cours de l'Histoire que pour un médecin. Le seul défaut important de ce manga passionnant est instructif est qu'il fait tout de même beaucoup penser à Jin et que ce dernier lui est supérieur. Outre le fait que chacun des héros de ces deux mangas sont projeté dans le passé, il le sont tous deux à des périodes troublées pour le pays du soleil levant. Jin à la fin du shoguna et notre cuisinier au moment de l'unification du Japon.

Il est amusant de voir comment la cuisine peut avoir un rôle aussi primordial dans le moral des troupes et la diplomatie. Nobunaga, dans cette histoire, semble avoir compris que les hommes se manipulent également par le ventre. Il arrive ainsi à découvrir les intentions sincères de missionnaires portugais venus évangéliser le Japon. Il fera succomber le shogun grâce à ses mets délicats et, surtout, travaillés de manière novatrice avec le peu d’ingrédients disponibles à l’époque. Chaque combat, culinaire, auquel Ken participe est un moyen de mettre en avant une technique ou des ingrédients banals, transcendés par son savoir-faire. Ken est un véritable McGyver  de la cuisine. Il doit composer avec le fait que certains ingrédients (comme la pomme de terre) ou certaines techniques (la découpe d’anguille par exemple) ne sont pas encore connues à l’époque où il se trouve. Mais Lorsqu'il lui manque un ingrédient, il réussit toujours par le remplacer par des subterfuges sidérants.

En plus d’être un bon divertissement, ce manga regorge de faits historiques et de conseils culinaires. Chaque plat est détaillé dans ses ingrédients, sa technique, ses termes et surtout son évolution à travers le temps. On est cependant loin d’un livre de recettes, le propos n’est absolument pas de reproduire la cuisine de ce jeune chef. Très riche en informations, la traduction française apporte en plus de nombreux hors-textes permettant d’en savoir beaucoup plus sur les spécificités de la cuisine japonaise et sa culture culinaire atypique, pour nous occidentaux.

 

 

En plus de s’inspirer de faits historiques, Takurô Kajikawa a également apporté un soin tout particulier aux représentations de cette époque. Les protagonistes, souvent des figures historiques, sont fidèlement dessinées. Son dessin réaliste donne vie à ces héros du passé dont nous ne connaissons les traits que par le biais de gravures d’époque. Il en est de même pour les bâtiments, la campagne ou les vêtements. L’importante recherche historique des auteurs est à souligner.

Si on fait abstraction du côté surréaliste du déplacement temporel, ce manga se révèle être une histoire extrêmement prenante et riche. La construction dramatique du scénario sait tenir le lecteur en haleine avec, pourtant, un postulat de base assez commun : la préparation culinaire. Il faut préciser que le scenariste est aussi cuisinier. Il s'agit de Mitsuru Nishimura également scénariste de Hell’s Kitchen. Les dialogues sont aussi un des points forts du titre: percutants et chargés de sens, ils colorent le récit avec un rythme idéal entre les moments de tension et les respirations où l'on découvre un peu mieux les protagonistes, leur passé, leur volonté et leurs espoirs. 

 

L’art de faire un dessin qui donne faim !

L’art de faire un dessin qui donne faim !

 

Le Chef de Nobunaga est donc un habile mélange entre fiction et réalité. Suite à son succès retentissant (1,2 million d’exemplaires sont déjà vendus au Japon! Le premier tome y est sorti en 2011. A ce jour 11 volumes sont parus au Japon alors que la France n'en est qu'au tome 5), cette série a été adaptée en série à la télévision japonaise. Une seconde saison est d’ores et déjà prévue pour le mois de juillet 2014, fait rare pour un titre de ce genre. 

le chef de nobunaga live

 

Ce titre permet une immersion passionnante et instructive dans le Japon d’autrefois. On ne peut que souligner l’imagination de l’auteur et l’imprévisibilité du scénario : impossible de ne pas être passionné ou de s’ennuyer ! Son ton, son graphisme et sa mise en scène permettent à tout type de lecteur de pouvoir s’y plonger sans a priori. Une œuvre à conseiller à tout amateur de culture japonaise.

 

Le voyage dans le temps est un thème régulièrement employé en mangas. Une personne de notre époque revient généralement aux alentours de l’époque Edo afin d’utiliser son savoir-faire contemporain et enrichir le passé. Cette histoire se situe juste avant, à la période Sengoku (XVIe siècle de notre ère). Le Japon n’est pas encore unifié et le terrible Nobunaga va jouer un rôle capital pour la politique du pays. Sa rencontre avec un cuisinier venant du futur va changer le cours de l’histoire.

L’histoire débute alors que deux hommes en costume de cuisiniers, semblant sortir d’un grand hôtel contemporain, sont poursuivis par des soldats du moyen-âge japonais. L’un y perdra la vie alors que l’autre, plus jeune, réussira à se sauver en plongeant dans l’eau graliable d’une rivière. Recueilli par un jeune forgeron, il se rend compte qu’il a malheureusement perdu la mémoire. Les seuls souvenirs qui lui reviennent en tête sont liés à la cuisine. Ayant instinctivement attrapé une anguille lors de son bain forcé, il se met à la cuisiner. Il réussit à rendre ce met succulent en le travaillant selon une recette contemporaine, et donc novatrice pour l’époque. Ce don pour les techniques culinaires finit par s’ébruiter et Oda Nobunaga, seigneur de la région, décide de l’employer comme chef cuisinier en remplacement de sa propre équipe.

Bien que la trame de départ soit basée sur le voyage dans le temps de cet homme ordinaire, ce fait est rapidement occulté. Aucune explication n’est donnée. En effet, quoi de plus naturel que de se retrouver 500 ans en arrière. Ce préambule farfelu passé, l’histoire se concentre sur la cuisine et son évolution à travers les âges. Un peu comme comme le Lucius de « Thermae Romae » qui amène les bienfaits des bains modernes dans la Rome antique, Ken amène le savoir-faire de notre époque en matière de raffinement gastronomique à ces peuplades barbares qui sont ses ancêtres. En plus de parfaitement connaître de nombreuses techniques de cuisine, il a, semble-t-il, un attrait tout particulier pour l’histoire. Il peut même anticiper ce qu’il va se passer, puisque l’unification du Japon par Nobunaga est une période extrêmement importante pour ce pays.

Il est amusant de voir comment la cuisine peut avoir un rôle aussi primordial dans le moral des troupes et la diplomatie. Nobunaga, dans cette histoire, semble avoir compris que les hommes se manipulent également par le ventre. Il arrive ainsi à découvrir les intentions sincères de missionnaires portugais venus évangéliser le Japon. Il fera succomber le shogun grâce à ses mets délicats et, surtout, travaillés de manière novatrice avec le peu d’ingrédients disponibles à l’époque. Chaque combat, culinaire, auquel Ken participe est un moyen de mettre en avant une technique ou des ingrédients banals, transcendés par son savoir-faire.

En plus d’être un bon divertissement, ce manga regorge de faits historiques et de conseils culinaires. Chaque plat est détaillé dans ses ingrédients, sa technique, ses termes et surtout son évolution à travers le temps. On est cependant loin d’un livre de recettes, le propos n’est absolument pas de reproduire la cuisine de ce jeune chef. Très riche en informations, la traduction française apporte en plus de nombreux hors-textes permettant d’en savoir beaucoup plus sur les spécificités de la cuisine japonaise et sa culture culinaire atypique, pour nous occidentaux.

En plus de s’inspirer de faits historiques, Takurô Kajikawa a également apporté un soin tout particulier aux représentations de cette époque. Les protagonistes, souvent des figures historiques, sont fidèlement dessinées. Son dessin réaliste donne vie à ces héros du passé dont nous ne connaissons les traits que par le biais de gravures d’époque. Il en est de même pour les bâtiments, la campagne ou les vêtements. L’importante recherche historique des auteurs est à souligner.

Si on fait abstraction du côté surréaliste du déplacement temporel, ce manga se révèle être une histoire extrêmement prenante et riche. La construction dramatique du scénario sait tenir le lecteur en haleine avec, pourtant, un postulat de base assez commun : la préparation culinaire. Une œuvre à conseiller à tout amateur de culture japonaise, d

Le voyage dans le temps est un thème régulièrement employé en mangas. Une personne de notre époque revient généralement aux alentours de l’époque Edo afin d’utiliser son savoir-faire contemporain et enrichir le passé. Cette histoire se situe juste avant, à la période Sengoku (XVIe siècle de notre ère). Le Japon n’est pas encore unifié et le terrible Nobunaga va jouer un rôle capital pour la politique du pays. Sa rencontre avec un cuisinier venant du futur va changer le cours de l’histoire.

L’histoire débute alors que deux hommes en costume de cuisiniers, semblant sortir d’un grand hôtel contemporain, sont poursuivis par des soldats du moyen-âge japonais. L’un y perdra la vie alors que l’autre, plus jeune, réussira à se sauver en plongeant dans l’eau graliable d’une rivière. Recueilli par un jeune forgeron, il se rend compte qu’il a malheureusement perdu la mémoire. Les seuls souvenirs qui lui reviennent en tête sont liés à la cuisine. Ayant instinctivement attrapé une anguille lors de son bain forcé, il se met à la cuisiner. Il réussit à rendre ce met succulent en le travaillant selon une recette contemporaine, et donc novatrice pour l’époque. Ce don pour les techniques culinaires finit par s’ébruiter et Oda Nobunaga, seigneur de la région, décide de l’employer comme chef cuisinier en remplacement de sa propre équipe.

Bien que la trame de départ soit basée sur le voyage dans le temps de cet homme ordinaire, ce fait est rapidement occulté. Aucune explication n’est donnée. En effet, quoi de plus naturel que de se retrouver 500 ans en arrière. Ce préambule farfelu passé, l’histoire se concentre sur la cuisine et son évolution à travers les âges. Un peu comme comme le Lucius de « Thermae Romae » qui amène les bienfaits des bains modernes dans la Rome antique, Ken amène le savoir-faire de notre époque en matière de raffinement gastronomique à ces peuplades barbares qui sont ses ancêtres. En plus de parfaitement connaître de nombreuses techniques de cuisine, il a, semble-t-il, un attrait tout particulier pour l’histoire. Il peut même anticiper ce qu’il va se passer, puisque l’unification du Japon par Nobunaga est une période extrêmement importante pour ce pays.

Il est amusant de voir comment la cuisine peut avoir un rôle aussi primordial dans le moral des troupes et la diplomatie. Nobunaga, dans cette histoire, semble avoir compris que les hommes se manipulent également par le ventre. Il arrive ainsi à découvrir les intentions sincères de missionnaires portugais venus évangéliser le Japon. Il fera succomber le shogun grâce à ses mets délicats et, surtout, travaillés de manière novatrice avec le peu d’ingrédients disponibles à l’époque. Chaque combat, culinaire, auquel Ken participe est un moyen de mettre en avant une technique ou des ingrédients banals, transcendés par son savoir-faire.

En plus d’être un bon divertissement, ce manga regorge de faits historiques et de conseils culinaires. Chaque plat est détaillé dans ses ingrédients, sa technique, ses termes et surtout son évolution à travers le temps. On est cependant loin d’un livre de recettes, le propos n’est absolument pas de reproduire la cuisine de ce jeune chef. Très riche en informations, la traduction française apporte en plus de nombreux hors-textes permettant d’en savoir beaucoup plus sur les spécificités de la cuisine japonaise et sa culture culinaire atypique, pour nous occidentaux.

En plus de s’inspirer de faits historiques, Takurô Kajikawa a également apporté un soin tout particulier aux représentations de cette époque. Les protagonistes, souvent des figures historiques, sont fidèlement dessinées. Son dessin réaliste donne vie à ces héros du passé dont nous ne connaissons les traits que par le biais de gravures d’époque. Il en est de même pour les bâtiments, la campagne ou les vêtements. L’importante recherche historique des auteurs est à souligner.

Si on fait abstraction du côté surréaliste du déplacement temporel, ce manga se révèle être une histoire extrêmement prenante et riche. La construction dramatique du scénario sait tenir le lecteur en haleine avec, pourtant, un postulat de base assez commun : la préparation culinaire. Une œuvre à conseiller à tout amateur de culture japonaise, d

Le chef de Nobunaga de  Takurô Kajikawa & Mitsuru Nishimura
Le chef de Nobunaga de  Takurô Kajikawa & Mitsuru Nishimura

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Coup de foudre 1 : La complainte du taureau vache » – Raoul Cauvin et David de Thuin

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Coup de foudre 1 : La complainte du taureau vache » – Raoul Cauvin et David de Thuin
Coup de foudre 1 : La complainte du taureau vache » – Raoul Cauvin et David de Thuin

Comme vous le savez déjà, si vous êtes très attentif à ce blog, j'aime beaucoup les vaches. Ce sont de beaux animaux avec leurs grands yeux confiants aux longs cils. Je n'aime pas moins les taureaux leur puissance me fait rêver... Mais il faut bien reconnaitre qu'en bande dessinée le bovin ne jouit pas d'une grande visibilité. Ils sont au mieux des figurants dans les westerns dessinés et encore c'est assez rare. Il y eut bien la vache de Gaston rendue si sympathique par l'immense talent de Franquin et un non moins sympathique taureau nommé Peligrosso vedette éphémère d'une des aventures de Strapontin dessinées par Berck dans les années 60 et c'est à peu près tout (du moins à ma connaissance en matière de B.D.).

Dis moi oui, Andy...Ca, c'est parce que c'n'est pas un petit poisson !

 

Je fus donc particulièrement heureux, il y a quelques années (en 2009), de découvrir, dans mon journal de Spirou, dont je suis le lecteur depuis cinquante cinq ans environ, une histoire dont la vedette était un taureau puis interloqué et complètement séduit lorsque j'ai appris qu'il s'agissait d'un taureau transsexuel.

Lors de ma découverte, j'avais eu des velléités de faire un billet sur cet atypique album, et puis, comme pour beaucoup de projets de billets, hélas je n'avais pas donné suite, quand, lors d'un de mes sempiternelles rangements de bibliothèque "La complainte du taureau vache" a refait surface et m'a donné autant de plaisir à sa relecture que la première fois.

Cela commence comme une sorte de conte pour enfant mettant en scène un fermier souhaitant s’installer et qui fait l’acquisition d’un taureau, pour un prix étonnamment ridicule, en vue d’inséminer sa vache de manière naturelle et développer ainsi les activités de sa ferme. Le taureau et son fier acheteur rentrent heureux. Le soir même, Désiré (notre viril taureau) et sa compagne tachetée ont la permission de minuit. Mais rien ne se passe, Désiré ne semble pas intéressé par cette partie, pourtant facile, de pattes en l'air. Et pour cause, il se prend pour une vache. Mais comment le faire savoir à son nouveau maître ? Si seulement il pouvait s'exprimer... Et bien soit, le tonnerre en tombant sur nos tourtereaux hésitants leur a donné la parole... De là va commencer une terrible guerre des nerfs entre le fermier et son "reproducteur"...

Cette histoire pas banale est dessinée par Thuin et surtout scénarisée par le vétéran de la B.D, Raoul Cauvin (voir son blog: http://www.spirou.com/journal/cauvin/index.php). C'est peu dire que l'on attendait pas le scénariste des "Tuniques bleues" nous raconter une histoire de transsexualisme, certes animalière. Et c'est pourtant avec énormément de délicatesse, que Cauvin nous livre un récit sur la différence et l’existentialisme à travers les états d’âme de ce taureau transsexuel, avec toujours beaucoup d’humour. J'ai éclaté de rire à plusieurs reprises. Le graphisme de David de Thuin ajoute une ambiance bon enfant à un récit qui, sous une apparente de légèreté, aborde un thème grave, voire tabou. Cette remarquable histoire, d’une originalité et d’une intelligence de traitement rare, à plusieurs niveaux de lectures et de degrés d’humour, réussit l’exploit d’un avant-gardisme dans le fond, totalement maitrisé sur la forme, qui lui permet de s’adresser au lectorat le plus large. Avec tout le respect pour monsieur Cauvin, je rappellerais qu'il est né en 1938, l'audace en B.D. n'est pas toujours l'apanage des jeunes...

Coup de foudre 1 : La complainte du taureau vache » – Raoul Cauvin et David de Thuin
Coup de foudre 1 : La complainte du taureau vache » – Raoul Cauvin et David de Thuin
Coup de foudre 1 : La complainte du taureau vache » – Raoul Cauvin et David de Thuin
Coup de foudre 1 : La complainte du taureau vache » – Raoul Cauvin et David de Thuin

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