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220 articles avec bande-dessinee

Gaston au Centre Pompidou

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Gaston au Centre Pompidou
sur certaines photos on aperçoit la barbe du mythique rédacteur en chef du journal de Spirou de la grande époque: Yvan Delporte

sur certaines photos on aperçoit la barbe du mythique rédacteur en chef du journal de Spirou de la grande époque: Yvan Delporte

Gaston au Centre Pompidou
une planche réalisée pour un anniversaire de Spirou dans la multitude des portraits du groom se cache la tête de Gaston, trouvez là.

une planche réalisée pour un anniversaire de Spirou dans la multitude des portraits du groom se cache la tête de Gaston, trouvez là.

La première édition du premier album de Gaston. Il est rarissime et vaut son pesant d'euros aujourd'hui

La première édition du premier album de Gaston. Il est rarissime et vaut son pesant d'euros aujourd'hui

Après le succès de l’exposition consacrée à Claire Bretecher, c’est au tour de Gaston d’être l’hôte de la bibliothèque publique d’information du Centre Georges Pompidou (BPI). Si l'idée est louable, le lieu n'est pas vraiment fait pour cela. On espère dans le futur proche une exposition dédié à Franquin de la même importance que celle sur Hergé au Grand Palais. Néanmoins cette exposition qui fête les 60 ans du gaffeur est immanquable pour tous les amateurs de B.D. Elle a été réalisée en partenariat avec les éditions Dupuis. La manifestation est organisée avec le concours de Frédéric Jannin (auteur de « Germain et nous ») et de Christelle et Bernard Pissavy-Yvernault (auteurs des ouvrages sur le personnage de Spirou), cette exposition est organisée sous l’autorité de Jérôme Bessière et Emmanuèle Payen, commissaires généraux.

Les photos étant interdites, les éclairages causant de nombreux reflets parasites, vous voudrez bien excuser la mauvaise qualité de la plupart des images illustrant ce billet.

 

 

L'exposition est divisée en quatre parties qui permettent de suivre le parcours du célèbre héros sans emploi, né sous le crayon d’André Franquin le 22 février 1957 dans les pages de Spirou.

Ces chapitres sont les suivant: Les premiers pas, un garçon dans le vent, l’art de Franquin et de « Gaston » aux « Idées noires ». Les quatre thèmes retenus sont proposés dans quatre espaces distincts, invitant à suivre le parcours fabuleux d’un héros qui parle à toutes les générations de lecteurs de BD et au-delà.

Planches originales, premières éditions, décors, reconstitutions d’inventions farfelues, photos, documents inédits illustrent de belle manière ces soixante années de succès.

planche d'étude d'expressions de mademoiselle Jeanne

planche d'étude d'expressions de mademoiselle Jeanne

Gaston au Centre Pompidou


planche d'étude pour les expressions de Longtarin

planche d'étude pour les expressions de Longtarin

Gaston au Centre Pompidou
Gaston au Centre Pompidou
Gaston au Centre Pompidou
Gaston au Centre Pompidou
Gaston au Centre Pompidou
Gaston au Centre Pompidou
Gaston au Centre Pompidou
Gaston au Centre Pompidou
Gaston au Centre Pompidou
Gaston au Centre Pompidou
Gaston au Centre Pompidou

De leur côté, les éditions Dupuis n'ont pas ménagé leurs efforts avec la publication d’un catalogue de l’exposition richement illustré (couverture du catalogue immédiatement ci-dessous), l’édition d’un tirage limité spécial de l’intégralité des planches de « Gaston Lagaffe » en 22 albums aux couleurs restaurées.

Et Spirou, l’hebdomadaire des éditions Dupuis qui a vu naître « Gaston » fera la fête à Lagaffe tout au long de l’année 2017.

 

Alors que l’exposition organisée en son honneur à la BPI du centre Georges Pompidou (jusqu’au 10 avril prochain) fait le plein de visiteurs (à ce propos évitez le mercredi et surtout le samedi vous pourriez patienter plus d'une heure avant d'entrer, privilégiez le soir après 18heure), Gaston Lagaffe fête en ce mois de février ses 60 ans. Qui aurait pu imaginer un destin aussi fabuleux pour ce petit bonhomme en noir et blanc campé par André Franquin lors de sa première apparition ?

C’est en effet le 28 février 1957 que le héros sans emploi fait ses premiers pas timides dans le n° 985 de l’hebdomadaireSpirou.

 

Soixante ans plus tard, le n° 4115 de Spirou adopte pour une semaine le nom de Gaston à sa Une. Sous une couverture signée Yoann et Fabien Vehlmann (les auteurs actuels des « Aventures de Spirou et Fantasio »), une joyeuse équipe d’auteurs de la nouvelle génération imaginent quelques étapes savoureuses de la vie du roi des gaffeurs.

Bébé Gaston babille sous le crayon de Nob, Nix promène un Gaston adolescent à la récré, Libon imagine un duo savoureux avec Fantasio, Yoann et Vehlmann confrontent Gaston à la réalité virtuelle, Fabrice Erre et Fabcaro proposent le quotidien du couple Gaston/Jeanne, Guillaume Bouzard ose un Gaston sexagénaire (voir immédiatement ci-dessous)…

En cadeau, reprise à l’identique du plan de The Gaston Pinball Machine : un billard électrique inventé par Lagaffe (et son créateur André Franquin) qui fonctionne comme un vrai, offert aux lecteurs du n° 1159 de Spirou du 30 juin 1960

 

Gaston au Centre Pompidou
Gaston au Centre Pompidou
Gaston au Centre Pompidou
Gaston au Centre Pompidou
Gaston au Centre Pompidou
Gaston au Centre Pompidou
un jeune visiteur fatigué

un jeune visiteur fatigué

Paris, février 2017

Paris, février 2017

Publié dans Bande-dessinée

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Hommage à Taniguchi

Publié le par lesdiagonalesdutemps

C'est avec une immense tristesse que j'apprends le décès de Jiro Taniguchi, par le biais d'un communiqué des éditions Casterman.

Affaibli par une maladie, le célèbre auteur est mort aujourd'hui à l'âge de 69 ans. Il laisse derrière lui plusieurs œuvres majeures de la bande-dessinée nippone, comme Quartier lointain, L'homme qui marche ou encore Le sommet des Dieux.

En hommage je réédite le petit reportage que j'ai effectué lors de la belle exposition qui lui a été consacré à Versailles.
 

Taniguchi, L'homme qui rêve à l'espace Richaud, Versailles (2)

 

Taniguchi, L'homme qui rêve à l'espace Richaud, Versailles
Taniguchi, L'homme qui rêve à l'espace Richaud, Versailles

L’exposition « Jirô Taniguchi, l’homme qui rêve », dans le cadre magnifique de l'espace Richaud (un ancien hôpital royal du XVIIIe siècle situé dans le centre-ville de Versailles, récemment réhabilité), encore une fois lors d'une exposition n'oubliez pas de lever la tête et de regarder par les fenêtres, est la même, adaptée à son nouveau cadre, que celle que l'on pouvait voir au Festival de bandes dessinées d’Angoulême en 2015. C'est une large rétrospective faite d'originaux et de reproductions qui devrait surprendre même ceux qui connaissent bien l'oeuvre du mangaka car de nombreuses oeuvres sont inédites en France soit que le manga n'ait pas encore été traduit, soit que ces planches ait été réservées à l'édition japonaise. On découvre aussi sont travail d'illustrateur, à peu près inconnu ici. Néanmoins les familiers du dessinateur auront un grand plaisir à voir des originaux de leurs albums préférés comme ceux de L'homme qui marche, Au temps de Botchan, Quartiers lointains, Les années douce... Cette belle exposition est surtout l’occasion d’apprécier la régularité de la production de l’auteur depuis 40 ans, son goût pour la bande dessinée européenne, et son talent pour se glisser dans différents genres de mangas, thriller, aventure, introspection, historique, animalier... Si le lieu est somptueux, la plupart des oeuvres sont exposées dans l'ancienne chapelle de l'hôpital, qui reprend le plan du panthéon de Rome, il n'est pas toujours bien adapté à la présentation d'oeuvre sous verre d'où les nombreux reflets dans mes photos. 

Taniguchi, L'homme qui rêve à l'espace Richaud, Versailles
Taniguchi, L'homme qui rêve à l'espace Richaud, Versailles
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« Quartier lointain » © 1998 Jirô Taniguchi, édition française Casterman 2002-2003

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« Le journal de mon père » © 1994 Jirô Taniguchi, édition française Casterman 2000-2007

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« Kami no inu/Blanco 3 et 4 » © Jiro Taniguchi 1996-2009, édition française Casterman 2010

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« Furari » © Jiro Taniguchi 2011, édition française Casterman 2012

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« Chichi no koyomi – Le journal de mon père » © Jiro Taniguchi 1994, édition française Casterman 1999, 2000, 2004

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« La Montagne Magique » © 2005 Jirô Taniguchi, édition française Casterman 2007

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« Sky Hawk » © Jiro Taniguchi 2002, édition française Casterman 2009

Taniguchi, L'homme qui rêve à l'espace Richaud, Versailles
Taniguchi, L'homme qui rêve à l'espace Richaud, Versailles
Taniguchi, L'homme qui rêve à l'espace Richaud, Versailles
Taniguchi, L'homme qui rêve à l'espace Richaud, Versailles
Taniguchi, L'homme qui rêve à l'espace Richaud, Versailles
Taniguchi, L'homme qui rêve à l'espace Richaud, Versailles
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Taniguchi, L'homme qui rêve à l'espace Richaud, Versailles
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Taniguchi, L'homme qui rêve à l'espace Richaud, Versailles
 
Taniguchi, L'homme qui rêve à l'espace Richaud, Versailles
Versailles, mars 2016
Taniguchi, L'homme qui rêve à l'espace Richaud, Versailles (2)
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Versailles, mars 2016

Versailles, mars 2016

Publié dans Bande-dessinée

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innocent countryboy

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Si un visiteur connait l'identité du dessinateur qu'il m'en fasse part.

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Cham's party par Zack

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Le dernier Alix Senator : un album à dévorer ! par Julie Gallego

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le dernier Alix Senator : un album à dévorer ! par Julie Gallego

Formidable analyse d'une spécialiste du monde antique sur un site qui est une mine pour ceux qui s'intéresse à l'antiquité grecque et romaine: https://reainfo.hypotheses.org/

Attention cette passionnante analyse dévoile de nombreux éléments de l'intrigue de la série. Je conseille d'en prendre connaissance après avoir lu les albums et ensuite de les relire, en particulier le dernier, à la lumière de cette étude.

Le dernier Alix Senator : un album à dévorer !

alix-t5-couverture

[Attention ! Ce compte rendu dévoilant de nombreux éléments de l’intrigue de la série, mieux vaut le lire après avoir profité des albums !]

Valérie Mangin et Thierry Démarez ont réussi le pari un peu fou d’accrocher à leur série Alix Senator bon nombre de lecteurs de la série patrimoniale Alix, en donnant au héros qui incarne la BD historique antique quelques dizaines d’années de plus, des rides, des cheveux blancs, deux adolescents à surveiller, et en lui faisant endosser une toge blanche de sénateur, certes bien plus propre que son éternelle tunique rouge souvent mise en piètre état au cours de ses aventures (les aléas de la vie de héros de BD d’aventures !). Le scénario de ce dernier tome, paru fin 2016, démontre une nouvelle fois leur connaissance à la fois de la série-mère, de l’Antiquité et de la bonne BD (celle qui comporte un dessin de qualité et un scénario qui non seulement tiennent la route mais emportent le lecteur dans la fiction).

Jacques Martin fait du Romain d’adoption qu’est Alix un voyageur, dans la plupart des tomes de sa série éponyme. Parfois les voyages sont choisis, parfois ils sont contraints. Bien souvent aussi, ils sont liés à une quête de l’identité, pour le héros, pour son ami Enak ou pour des personnages secondaires qui occupent provisoirement le devant de la scène. Valérie Mangin, la scénariste de la série dérivée (mais de nombreuses autres BD aussi), suit ces quelques jalons qui sont au cœur de la série née il y a bientôt 70 ans (l’anniversaire est pour l’an prochain). Ainsi, après un premier tome qui se déroulait à Rome (Les Aigles de sang), l’intrigue continuait en Égypte (Le Dernier Pharaon) et La Conjuration des rapaces concluait ce premier cycle à Rome. Le cycle suivant remet Alix et les jeunes Titus (son fils) et Khephren (le fils d’Enak) sur les routes, d’abord à Sparte puis en Asie Mineure. Car même si Alix a vieilli, comme ses lecteurs, la série dérivée conserve aussi des héros adolescents, l’esprit aventureux des jeunes gens permettant plus aisément de faire avancer l’intrigue (il faut dire qu’Alix est un peu rentré dans le rang depuis que son ami Octave-Auguste dirige Rome et lui a accordé le rang de sénateur…). Cela offre aussi l’avantage de faire découvrir le monde d’Alix aux lecteurs plus jeunes, qui ne connaîtraient pas la série de Martin. Les albums de la série-mère sont quasiment autonomes, à l’exception de quelques histoires où les enjeux du retour d’un personnage secondaire ne sont compréhensibles que par ce que le lecteur sait de ses apparitions précédentes, par exemple Brutus dans Le Tombeau étrusque et Le Spectre de Carthage, Oribal dans Le Tiare d’Oribal et La Tour de Babel. C’est aussi le cas d’Arbacès, dans les premières aventures, cet ennemi juré dont l’implication dans l’intrigue de La Conjuration des rapaces est rejetée non seulement au niveau diégétique par Alix s’adressant à Auguste, mais aussi au niveau métadiégétique par Valérie Mangin, en un clin d’œil au lecteur (eh non ! elle n’a pas cédé à la ficelle scénaristique d’exhumer le méchant de service mais elle a pu s’amuser à « le faire croire »).

La Conjuration des rapaces, Mangin et Démarez, Casterman, 2014, p. 46, case 3
Fig. 1 : Alix s’adresse-t-il à Auguste… ou au lecteur ? (La Conjuration des rapaces, Mangin et Démarez, Casterman, 2014, p. 46, case 3). © Éditions Casterman S.A./Démarez, Mangin et Martin.

Dans Alix Senator, les intrigues des tomes sont fortement liées les unes aux autres pour composer un cycle en triptyque, ce qui impose un rythme de publication soutenu (un album par an depuis 2012). Mais les cycles eux-mêmes ne peuvent être lus dans le désordre : la dernière planche du tome 3 nous montre l’alliance entre deux personnages, le jeune Khephren en rébellion à la fois contre le père qui l’a adopté (Alix) et celui qui l’a abandonné (Enak), et Livie, le Vautour à la tête de la conjuration, qui a échoué à se débarrasser de son époux Auguste pour mettre à sa place sur le trône son fils Tibère. L’impératrice procède à une cérémonie sacrée pour maudire Alix, son fils Titus et sa maisonnée, ce qui a l’étonnant effet d’éclairer de bonheur le visage de l’adolescent. À genoux, il déclare sa soumission à Livie (« Je suis ton serviteur : tes ennemis sont mes ennemis. ») et, par cette main posée sur sa tête, comme si elle l’adoubait dans sa quête, elle lui offre en échange une vengeance commune. Khephren reprend sa place auprès d’Alix et de Titus et l’on peut croire que le désir de vengeance et les plans de Livie sont de l’histoire ancienne. Il n’en est rien mais le lecteur ne le découvre, avec surprise, qu’à la dernière planche du tome 4. Quatre cases en flash-back dévoilent un double retournement de situation : Khephren, depuis le début de l’aventure, espionne Alix pour le compte de Livie, avec pour mission de lui ramener un certain livre sibyllin. Ce uolumen, que tous les personnages recherchent, alors que Khephren l’a en réalité en sa possession par hasard depuis la page 11, est donc le rouleau lu constamment par l’adolescent durant l’aventure : il était théoriquement visible aussi du lecteur mais gageons que bien peu d’entre eux y ont vu autre chose, à la première lecture, qu’un détail insignifiant. Khephren ne lisait-il pas déjà passionnément l’Œdipe roi de Sophocle dans le tome 3, un titre hautement symbolique de son conflit avec son père ? Alors pourquoi prêter attention à cette nouvelle lecture ? Parce qu’« on ne voit jamais ce qu’on a sous les yeux », comme Valérie Mangin a la malice de le faire dire à son personnage préféré dans la dernière planche. Mais, ultime rebondissement, le « serviteur » s’émancipe et Khephren décide de ne pas faire parvenir le précieux document à Livie, considérant que sa découverte est un message divin lui confirmant qu’il sera « un jour plus puissant qu’Alix » et que « le secret que le Vautour convoite ne lui est pas destiné. », comme le lui avait annoncé la Pythie de Delphes. C’est donc fort de cette promesse de pouvoir et d’éternité de la « Cybèle d’orichalque », qui clôt le tome 4, que Khephren prend la route pour l’Asie Mineure, dans le tome 5. Et le précieux rouleau l’accompagne dans ce périple ; nous le verrons à nouveau plongé dans son mystérieux contenu dans la dernière aventure.

Les Démons de Sparte, Démarez, Mangin et Martin, Casterman, 2015, p. 48, cases 7-8

Le Hurlement de Cybèle, Démarez, Mangin et Martin, Casterman, 2016, p. 18, cases 6-7
Fig. 2. La quête de puissance et d’éternité de Khephren (Les Démons de Sparte, Démarez, Mangin et Martin, Casterman, 2015, p. 48, cases 7-8 et Le Hurlement de Cybèle, Démarez, Mangin et Martin, Casterman, 2016, p. 18, cases 6-7). © Éditions Casterman S.A./Démarez, Mangin et Martin.

Le lecteur retrouve les lions de Cybèle en ouverture du cinquième tome mais ils n’entourent plus sagement la déesse comme sur leuolumen ; ils ont pris vie sur la planche et, comme dans le titre de l’album, ils hurlent et mettent violemment à mort une jeune femme terrorisée qui tentait de leur échapper dans une forêt de montagne. Elle ne semble pouvoir émettre elle aussi que des cris de bête (la fin de l’intrigue nous apprendra qu’elle a eu la langue coupée). Et les deux spectateurs étranges de cette scène atroce ne manquent pas de se réjouir de l’issue fatale de cette rencontre nocturne. Au cycle des rapaces semble donc avoir succédé celui des fauves. Sans transition, si ce n’est celle du geste physique que va faire le lecteur pour tourner la page, la case suivante semble être un deuxièmeincipit : un lieu et une date sont donnés dans le cartouche narratif qui s’inscrit sur un dessin mettant en scène deux des héros, Titus et Khephren (Pessinonte, à l’été -12, soit quelques semaines au maximum après le tome 4 qui débutait en juillet). C’est un principe d’écriture de la série que l’on retrouve dans les cinq tomes scénarisés par Valérie Mangin. Ainsi, à une scène nocturne violente (sauf dans le tome 2 qui s’ouvre sur une séance houleuse au sénat, de jour), réduite à une seule planche (sauf dans le tome 3 où elle s’étend sur 3 planches), succède une séquence plus longue avec les héros Alix et/ou Titus et Khephren. Grâce à une discussion entre les jeunes gens, le lecteur apprend que les deux personnages qui ont assisté à la dévoration des fauves, ces « drag queens antiques » qui semblaient tout droit sorti(e)s du Satyricon de Fellini ou de leur caricature dans la troisième planche d’Astérix chez les Helvètes, sont des prêtres de Cybèle, des galles ; ils sont eunuques, procédant à leur propre castration, une information qui ne manque pas d’apeurer Titus, qui, en une réaction comique, se protège aussitôt les parties intimes ! C’est pourtant Khephren, que le lecteur a régulièrement aperçu en galante compagnie depuis le tome 1, qui finira émasculé à la fin de l’histoire, officiellement pour avoir pénétré subrepticement dans le sanctuaire de Cybèle… mais aussi pour payer l’affront qu’il a fait subir à ces mêmes prêtres en leur volant leurs habits pendant qu’ils batifolaient avec des prostitué(e)s. Cette castration va accélérer les problèmes d’identité de Khephren dans la série. Il avait déjà un sérieux problème de filiation : orphelin de mère (servante de Cléopâtre, elle meurt avec elle), il est abandonné tout bébé par son père Enak, que tout le monde croit mort, alors qu’il avait choisi plutôt de fuir pour protéger d’Octave le jeune Césarion (cette révélation à la fin du tome 2 rendant furieux l’adolescent délaissé). De plus, Khephren a été adopté par Alix, qui n’est lui-même Romain que par adoption ; il a pour frère adoptif Titus, un enfant qui a pour mère une femme dont la scénariste se plaît pour l’instant à dissimuler l’identité au lecteur. On comprend sa passion pour le personnage oedipien mais puisqu’il rêve de puissance et d’éternité, c’est logiquement Œdipe roi qu’il lisait dans le tome 3 (l’histoire de sa puissance avant la révélation qui le brise), et pas l’étape finale et errante de la vie du héros tragique, comme Œdipe à Colone. Si Enak est peut-être le « prince d’Égypte » dans la série-mère, il est alors logique que son fils lise « le petit prince » en grec ancien, si tel est bien le texte caché par le grec ancien qu’il faut reconnaître dans les quelques mots lisibles Χαῖρε, ἔφη ἡ ἀλώπηξ (« Bonjour, dit le renard », Le Petit Prince, XXI). N’est-il pas d’ailleurs appelé « prince d’Égypte » par un galle croisé dans la rue qui prétend dire l’avenir (p. 14 case 8) ? La série dérivée va-t-elle lui permettre de connaître la destinée qui a été refusée à son père dans la série-mère ? Pour attirer le jeune homme et se faire de l’argent, le prêtre évoque ainsi « l’avenir radieux qui [l’] attend à Alexandrie ». Mais pour Valérie Mangin, le renard, c’est aussi et surtout celui des fables, « le  symbole de la ruse, de celui qui va tromper le héros, le parchemin étant une ruse, un piège du destin tendu à Khephren. » (communication personnelle du 15/01/17).

Depuis le début de l’album, Titus accompagne Khephren pour essayer de le modérer, par peur qu’il ne sombre dans la folie à force de « croi[re] qu’il va devenir quasi divin » (p. 16, case 4), une folie qui semble croissante lorsque l’on observe les traits durs de son visage en gros plan à la case 7 de la p. 18. Cette assurance s’effondrera pour laisser place à la détresse à la case 7 de la dernière planche, lorsqu’il réalise qu’il a « tout perdu pour rien ». Mais le jeune Titus est aussi là à la demande de son père, pour essayer de reprendre à Khephren le livre sibyllin que veut à tout prix Auguste : c’est donc lui qui joue cette fois un double jeu, comme son frère adoptif au tome 4. Le lecteur est toutefois laissé dans l’ignorance de la façon dont Alix et Titus ont appris que c’était Khephren qui possédait le livre disparu. Et cette quête de pouvoir de Khephren, qui le mène sur les pas d’Énée, est un voyage à rebours de celui du héros virgilien : ils partent de Rome pour arriver à Troie, rencontrent une Sibylle (celle de Cumes, prêtresse d’Apollon, pour le prince troyen, celle de Marpessos, prêtresse de Cybèle, pour les adolescents) ; ils passent par la forêt sacrée du mont Ida, « celle dont le bois a servi à Énée pour construire ses bateaux » (p. 8, case 4). Ce type d’information est intégré à la narration première, soit directement par exemple lors d’une discussion entre les adolescents (p. 8) ou lorsqu’un prêtre raconte à la foule massée devant le temple l’histoire de l’hermaphrodite Agdistis, qui, une fois émasculée et devenue Cybèle, tomba amoureuse d’Attis (p. 17-18), soit par le biais du dispositif traditionnel de flash-back courts en sépia (par exemple p. 10-11, pour raconter le lien entre la Grande Déesse, la pierre noire et la guerre de Carthage, avec une alternance entre les cases du récit encadrant et celles du récit encadré).

Le Hurlement de Cybèle, Démarez, Mangin et Martin, Casterman, 2016, p. 11, case 5
Fig. 3 : Un exemple de flash-back (Le Hurlement de Cybèle, Démarez, Mangin et Martin, Casterman, 2016, p. 11, case 5). © Éditions Casterman S.A./Démarez, Mangin et Martin.

Si l’émasculation de Khephren (p. 34) est tellement osée que le lecteur ne peut s’imaginer que la scénariste ira au bout (si l’on peut dire…) et fera subir ça à son jeune héros, force est de constater qu’il y avait quelques indices. Ainsi lorsque la jeune Camma, à qui Titus veut venir en aide parce qu’elle lui plaît, dit par boutade à Khephren : « Il faut être une femme ou renoncer à sa virilité pour pouvoir prédire l’avenir. Ça te tente, Khephren ? » (p. 11, case 7) ; ou lorsque lui-même grommelle : « Je ne vais quand même pas devoir devenir un galle pour entrer ! » (page 17, case 5). Une situation inimaginable pour le jeune homme qui fréquente déjà régulièrement le lupanar romain des « Tétons de Vénus » et autre établissement du même genre au gré de ses déplacements. Le fait que, par hasard, il se retrouve à Pessinonte dans le même lupanar que les galles et qu’il leur vole leurs vêtements pour se faire passer pour eux, est un indice de plus : à proprement parler, leur habit va « faire » de Khephren un moine… ou plutôt un desservant involontaire de Cybèle. Khephren avait pourtant lui-même dit que « la Grande Mère d’orichalque offrira[it] la puissance et l’éternité à celui qui viendra[it] lui rendre l’hommage approprié dans son temple de Pessinonte ». De fait, l’émasculation de Khephren est bien ce qu’attendait la déesse de ses adorateurs. Une déesse qui n’est plus à Pessinonte après le passage d’Alexandre le Grand, soucieux de se réserver « la puissance et l’éternité » (p. 48, case 3). La case finale des quatre premiers tomes mettait en scène une ouverture sur un rêve de grandeur ; ainsi, aux tomes 1 et 2, un bateau à gauche de la case naviguait vers un horizon espéré plus radieux, symboliquement représenté par les illustrations un peu floues qui se superposaient à droite en arrière-plan, et aux tomes 3 et 4, Khephren était heureux de servir la vengeance de Livie puis d’avoir gardé pour lui le rouleau. Mais nulle scène de ce genre dans la dernière case-bandeau du cinquième album : l’histoire s’arrête sur le désespoir absolu de Khephren, seul, prostré, à terre, la main sur son visage en pleurs. Il rêvait de pouvoir et le lecteur ne voit plus que sa faiblesse puisque même son ombre occupe plus de place que lui dans la case. Il rêvait de puissance et c’est l’impuissance qu’il a découverte. Quant à l’éternité, ce sera peut-être celle promise aux défunts, vu le titre du tome suivant inséré juste sous la case : La Montagne des Morts.

Comme bien souvent désormais dans la BD historique, on trouve dans ce cinquième tome d’Alix Senator un « cahier spécial », très intéressant mais réservé ici à l’édition premium pour des raisons de coût. Plus le nombre de pages augmente, plus le prix, forcément aussi en hausse, entraîne une baisse du total des ventes donc la maison d’édition a accepté un compromis avec l’adjonction de ce cahier historique à un faible tirage parallèle, coûtant quelques euros de plus que l’édition courante. Nous vous recommandons fortement de vous procurer si possible (lorsqu’elle n’est pas épuisée) cette édition « complète » des albums car ces cahiers, dont les textes sont écrits par Valérie Mangin elle-même, sont un élément vraiment complémentaire à la série. Le premier était sur Auguste, le deuxième sur l’Égypte à la même époque, le troisième sur la famille impériale, le quatrième sur la Grèce et le cinquième sur les cultes orientaux. Le cahier historique du tome 5 comporte trois parties (Cybèle, Isis et Dionysos) ; comme dans tous les cahiers, certains titres sont en latin. La démarche pédagogique de Valérie Mangin ne s’arrête pas là puisqu’elle offre sur son site http://www.alixsenator.com de nombreuses ressources, qui ne peuvent prendre place dans le cadre restreint des cahiers historiques. Ce site correspond à une sorte de base de données dont une partie est à son propre usage et reste cachée au public, afin d’y stocker des informations sur les personnages fictionnels déjà présents chez Martin, ou sur ceux qu’elle a ajoutés, ou encore bien évidemment sur les personnages historiques réels, pour éviter au maximum toute incohérence historique ; son mari Denis Bajram, également auteur de BD, étant très doué en informatique, ils ont pu concevoir ensemble un site qui soit à la fois un outil et une vitrine. Et le lecteur qui souhaite en savoir plus peut aussi avoir accès à des fiches visibles à la rédaction aboutie, soigneusement classées dans ce que Valérie Mangin, ancienne chartiste, a voulu comme une encyclopédie, avec notamment son lexique, la liste des personnages, une chronologie antique (de la fondation de Rome à la chute de Constantinople), mais aussi une carte interactive des lieux parcourus par les héros d’Alix Senator (avec une distinction entre les provinces romaines, les villes, les ensembles architecturaux et les bâtiments, et les rubriques « présentation », « histoire », « géographie », aujourd’hui »). Pour le tome qui nous intéresse ici, on a donc les entrées Asie Mineure,Delphes, Pessinonte, le sanctuaire archaïque de Cybèle et le temple de Cybèle). La dernière partie du site comporte une liste d’affirmations, signalées comme vraies ou fausses ou « on ne sait pas », concernant le domaine de l’histoire antique ; elles s’appuient sur chaque album de la série ; ainsi, pour le tome 5, on peut lire de courts textes sur le vœu de chasteté des galles, les montagnes d’Asie Mineure infestées de lion, l’architecture du temple de Cybèle, l’origine de la déesse, l’ancienneté de son culte et sa présence à Rome, l’orichalque, Alexandre le Grand, Attis, les sacrifices humains). Une photographie est parfois ajoutée sous la case de BD qui illustre l’affirmation, telle cette représentation de Cybèle, afin d’indiquer la source archéologique qui a servi de modèle au dessinateur. Ce sont autant d’informations données pour comprendre comment l’intrigue de la série naît de la rencontre à la fois rigoureuse et inspirée entre la fiction et l’Histoire. Il faut donc signaler la rigueur et la richesse de ce site offert au public et constamment mis à jour.

Quelques liens complémentaires :

  • le compte rendu de la venue de Valérie Mangin à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour en 2016, dans le cadre d’une Master class, disponible sur le site Alixmag’ ;
  • l’interview récente de Valérie Mangin faite par Martine Quinot-Muracciole pour l’émission Antiquissimo.

Julie Gallego

Maître de conférences en langue et littérature latines, Université de Pau et des Pays de l’Adour

 Pour retrouver Alix et Jacques Martin sur le blog

Alix nuAlix Enak, amitié érotiqueLa conjuration de Baal de Christophe Simon et Michel Lafon, Un épisode de la vie d'Alexandre le grand, vu par Jacques Martin,  Jacques Martin, auteur classique,  Le Fleuve de Jade, une aventure d'Alix par J. Martin et R. Morales,  Les filles dans AlixLes chats dans Alix,  Jacques Martin, un auteur paradoxalement méconnu,  case en exergue, 2 Jacques Martin,  Alix vu par ses dessinateurs,  Alix senator, Les aigles de sang, dessin Thiérry Démarez, scénario Valérie Mangin Alix et la pêche aux coraux Alix nu Pour se souvenir de l'exposition Jacques Martin à la Maison de la bande dessinée à Bruxelles la cote des dessins de Jacques MartinAlix à Drouot, Alix vu par Pierre JoubertAlix réinterprété par Jean-François CharlesLe hurlement de Cybèle, le prochain Alix senatorsur les pas d'Alix au Machu Pichu, Alix à DrouotUne vente Alix à Drouot, Karnak, Alix senator, Martin, L'Histoire en héritage, La dernière conquête, une aventure d'Alix, Par-delà le Styx, un album d'Alix dessiné par Marc Jailloux et scénarisé par Mathieu Breda (réédition complétée), Alix l'intrépide de Jacques MartinAlix senator, Les démons de Sparte de Thierry Demarez et Valérie Mangin (réédition complétée)Le Démon du Pharos, une aventure d'Alix, dessinée par Christophe Simon, scénarisée par Patrick WeberLe prince du Nil de Jacques Martin, L'or de Saturne, une aventure d'Alix par Venanzi & Valmour, Le dernier Alix Senator : un album à dévorer ! par Julie Gallego
 

Deux vidéos de Jacques Martin interviewé sur Youtube en 1 et en 2

Tous les Alix chroniqués sur le blog d'argoul 

Pour ne rien manquer de l'actualité "martinienne" il faut aller sur l'indispensable site alix mag

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Le vestiaire de Tintin

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Merci à Jean-Marc pour ce joli don au blog

Merci à Jean-Marc pour ce joli don au blog

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Case en exergue: Pino Rinaldi

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L'ile des téméraires de Syuho Sato

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L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato

Beaucoup moins connu que les attaques suicides par avion lors de la deuxième guerre mondiale, sont les raids suicides au moyen de torpilles pilotées, les kaiten, par un soldat qui tout comme dans les avions ne peut (et ne doit) pas survivre à l'opération.  Le principe est simple : une torpille avec un siège passager. Le pilote utilisant l'engin doit se précipiter sur les sous-marins ennemi pour les couler, sans aucune chance de survie. Et en ajoutant à cela les faibles chances de réussites ( aucune visibilité lors des manœuvres et capacité de plongée inférieure à celle d'un sous-marin ). On a donc un questionnement de l'auteur via le héros sur la légitimité de ces armes, sur le fait d'utiliser littéralement de jeunes soldats comme de la chair à canon. C'est un patriotisme utilisé dans son côté le plus extrême qui est présenté. Le manga de Syuho Sato suit cette opération Du recrutement jusqu'à la fin inéluctable de la  mission par l'intermédiaire d'un de ses hommes, Yuzo Wanatabe dans une petite ile secrète. Le jeune homme va être entrainé et conditionné à se sacrifier pour son pays et l'empereur. L’ambiance, pesante, est renforcée, par le choix de l'auteur de prendre un héros, Watanabe qui en d'autres temps aurait eu un autre destin, peut-être celui de mangaka, car il dessine dès qu’il le peut. 

Nous sommes à la fin de 1944, le Japon est dans une phase cruciale dans la guerre qui l'oppose aux États-Unis. Les villes japonaises sont détruites les unes après les autres par les bombes américaines. En partie, grâce à leurs 230 sous-marins, les Américains ont pris le contrôle du Pacifique mais les Japonais ne s'avouent pas vaincu, ils doivent coûte que coûte freiner l'avancée de l'ennemi. Des essais d'une nouvelle arme mise au point récemment ont été concluants: la Kaiten, une torpille-suicide à laquelle on a intégré un poste de pilotage, est prête.

Le manga détaille avec grand soin aussi bien les problèmes techniques et stratégiques que posait cette opération que les affres dans lesquels se trouvaient les jeunes hommes qui se préparaient à une mort prochaine et certaine.

 

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L'ile des téméraires devait, d'après mes informations bien lacunaires, être un one-shot, ce qui n'est vraiment pas évident à la lecture de ce qui est désormais le tome 1 de la série, mais devant le succès rencontré, je reviendrais sur ce point, une suite a été demandée à l'auteur. Nous en sommes aujourd'hui au numéro 8 qui devrait être le dernier même si la saga se termine d'une façon certes attendue mais présentée assez curieusement...

La qualité du dessin de Syuho Sato est remarquable ( mais pourquoi avoir fait souvent réaliser les jaquettes, qui ne sont pas toujours réussies par un autre dessinateur alors qu'il y a de magnifiques dessins à l'intérieur?). Syuho Sato, l'auteur de "Say hello to BlackJack" possède un dessin à la fois très nerveux et très hachuré. Le dessinateur sait insuffler de la tension dans les pages de son manga avec cette impression de "raturage", comme si il s'était acharné sur les planches. En ajoutant à cela les jeux d'ombres et de lumière on a un résultat très immersif, les moments d'angoisse ( comme la première fois que le héros se retrouve dans une Kaiten ) sont très bien retranscrits. On voit aussi qu'il s'appuie sur des photos d'époque, qui doivent cependant être rares en raison de l'absolu secret qui entourait cette stratégie.

 

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A la fin des volumes, il est indiqué que le mangaka a bénéficié de la documentation du sanctuaire Yasukuni dont je recommande la visite, comme je l'ai fait moi même, (j'ai consacré un billet à ce lieu: Le sanctuaire de Yasukuni-jinja, Tokyo, Japon) à tous ceux qui s'intéressent à la seconde guerre mondiale et plus largement aux opérations militaires montées par la Japon de la fin du XIX ème siècle à la fin de la dernière guerre.

Dans un billet précédent, un de mes lecteurs trouvait que cette recommandation n'était pas forcément judicieuse alléguant que cet endroit était un lieu de propagande pour les révisionnistes japonais, ce qui n'est pas faux mais il n'est pas principalement cela; c'est surtout une mine d'informations pour qui s'intéresse à la chose militaire. C'est aussi une sorte de gigantesque monument aux morts pour tous les soldats japonais morts pour leur patrie. Faut-il considérer les monuments aux morts de nos villes et villages, comme des marques de propagande? Il est néanmoins opportun de réfléchir sur leurs significations... Il faut être donc vigilant lorsque l'on visite le sanctuaire de Yasukuni, tout comme il faut l'être lorsque nous voyons un film sur la guerre du Pacifique, presque tous réalisés par des américains. N'oublions jamais que les guerres sont presque toujours racontées par les vainqueurs et même si c'est l'argument que met toujours en avant les révisionnistes japonais ce n'est pas pour cela qu'il est faux.

 

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La vision de Syuho Saito sur les kamikazes me paraît moins critique que celles développée dans d'autres mangas comme Zéro pour l'éternité ou Tsubasa par exemple. Son point de vue est assez semblable à celui de Kawaguchi dans Zipang mais alors que dans ce dernier manga Kawagachi met en avant les faits militaires, c'est l'homme que Syuho Saito a placé au centre de son histoire. Si Syuho Saito met bien en avant l'héroïsme de ces tout jeunes hommes, il montre bien aussi leurs doutes, leurs peurs et la crainte que leur sacrifice soit inutile, sans oublier de mettre en évidence le conditionnement de ces presque encore adolescent. Leurs recruteurs pour ces missions sans lendemain faisait vibrer leurs fibres patriotiques en leur disant que le destin du Japon reposait sur leurs épaules, 

Il est très important en lisant ce type de manga de ne jamais oublier le contexte dans lequel se déroule l'action qui nous est racontée. Par exemple ce n'est pas la même chose de faire une action kamikaze en janvier 1945 ou quelques mois plus tard.

 

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Sato donne de plus de plus d'épaisseur à son héros au fil des tomes. Petit à petit on voit que le doute s'installe dans l'esprit de Watanabe. De patriotique, le motif de son sacrifice évolue vers le désir de venger un des ses amis mort dans une mission suicide. Son opinion évolue sur la question de sa mort, notamment lorsqu'il retrouvera sa famille (les Kamikazes avaient une courte permission pour dire adieu à leur famille avant leur mission suicide). Il faut rappeler que Yuso Wanatabe s’est engagé pour aider sa famille et leur retirer l’image de mauvais japonais qui leur colle à la peau. L'auteur développe sa réflexion sur ce qui peut pousser un jeune homme doué, c'est un bon dessinateur et il est passionné de peinture, à s'immoler pour une cause. La pression sociale n'est pas pour rien dans la décision de Wanatabe

 

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Pour ceux qui douteraient encore que les différents billets de ce blog n'entretiennent pas de liens, j'indique que les terrains des opérations où se déroule cette histoire sont les mêmes lieux où moins de quinze auparavant ce qui nous est raconté ici, Paul Jacoulet peignait de beaux jeunes gens...

Beaucoup des personnages qui apparaissent dans le manga sont des personnages réels comme le lieutenant Nishina, l'un des concepteurs des kaiten.

Tout comme la parution de  "Silver spoon" d'Hiromu Arakawa était à mon avis en phase avec l'actualité japonaise, le succès au Japon de "L'ile des téméraires" comme celui de "Zipang" et l'émergence de "Zéro pour l'éternité" de Naoki Hyakuta dessiné par Souichi Sumoto sont raccord avec le retour du nationalisme dans le pays.

Il faut féliciter l'éditeur, Kana, qui a eu la bonne idée d'ajouter en fin de volume un petit précis sur la guerre du Pacifique. Il est signé par Patrick Souty qui réussit là une remarquable vulgarisation historique. Est-ce l'influence de Bakuman on trouve aussi à la fin du livre les noms des assistants du mangaka ainsi que ses sources.

L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato
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Patience de Daniel Clowes

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Patience de Daniel Clowes
Patience de Daniel Clowes

J'ai un peu honte car Daniel Clowes est un auteur relativement célèbre, en 2013 une grande rétrospective lui a été consacrée au musée d'art contemporain de Chicago, sa ville natale. Sa notoriété en outre n'est pas récente, mais avant "Patience", je n'avais rien lu ni vu de lui. Le pitch de l'album est simple:  Dans Patience, Jack Barlow voyage à travers le temps — à l’aide du « jus » transtemporel qu’il subtilise à un nerd — pour essayer de modifier le cours des choses et d’empêcher le meurtre de son épouse dix-sept ans plus tôt. Si l'argument n'est pas compliqué, le traitement l'est beaucoup plus. La lecture de l'album, magnifiquement édité comme presque toujours chez Cornélius demande une grande attention car dans Patience, tout fragment, tout détail joue un rôle exacerbé par le voyage dans le temps, les paradoxes et les temporalités multiples qu’il provoque. Jack Barlow cherche à tout prix à modifier le cours du temps afin de sauver Patience.

Patience de Daniel Clowes

Mais les détails du voyage dans le temps ne sont guère creusés par Clowes ce qui est assez gênant car par exemple on ne sait pas du tout comment Jack survit matériellement dans les différentes époques où il se propulse. Il ne s’appesantit pas non plus sur la description du monde de 2029. Mais en donne tout de même une vision très originale. Ce futur qui n'est pas si lointain, avec un peu de chance et de pugnacité, je le verrais peut-être est assez croquignolet et ressemble plus avec ses formes et ses couleurs flashies à un retour aux seventies. D'ailleurs le visuel des séquences de transport dans le temps du héros sont très psychédéliques. 

De surcroit notre héros est souvent en proie à des pulsions de violence et prend des décisions peu réfléchies. Il est loin d’être un héros modèle. Plusieurs fois il fait des erreurs, au point de se retrouver coincé dans les années 1985, revenant aux années de son enfance. La médiocrité de Jack et Patience deux névrosés peu attachants n'incite pas le lecteur que je suis à rentrer en empathie et en sympathie avec eux. Cela ne s'arrange pas avec les personnages secondaires qui peuvent paraître caricaturaux. Même si je pense que cela est à dessein. Nous retrouvons en effet bien des figures typiques de la pop culture et du pulp: la petite frappe, le bourgeois pervers, le beau-père négligé, le détective privé inutile… Au total un beau défilés de loosers.

Patience de Daniel Clowes

Le dessin assez raide est très lisible. C'est une version américaine de la ligne claire. On pense au dessin de Burns mais en moins expressif et fouillé que celui de l'auteur de Black hole. Dans une interview dans le n°3 de l'excellente revue KaBoom Clowes définissait ainsi son style graphique: << Je suis à la recherche d'un vide ou d'une absence de style. J'essaie de dessiner avec autant de clarté possible, sans tics stylistiques délibérés (...) je crois que toute la beauté ne peut être validé que si elle naît d'un accident (...) Je sais que mes visages se doivent d'exprimer beaucoup de choses, car le plus important pour moi est d'essayer de les incarner suffisamment pour qu'il persiste une trace d'eux, qu'ils continuent leur vie, dans l'esprit du lecteur en dehors des pages.>>. Les couleurs sont vives, sans être criardes. La composition de pages est originale, passant d’une simplicité classique à un éclatement presque psychédélique.  Le dessinateur ose les gros plans, les pleines pages, les bulles tronquées

Patience de Daniel Clowes

 

Le genre de la S.F est ici le prétexte pour l'auteur d'aborder quelques thèmes universels tels l’amour le vrai, le poids du temps qui passe ou encore la paternité.

Patience de Daniel Clowes

Fin janvier 2017, certains dessins originaux du livre seront accrochés pendant l'exposition consacrée à l'auteur à la célèbre galerie Martel, dans le dixième arrondissement de Paris.

Patience de Daniel Clowes

Pour situer l'auteur, une rapide biographie récupérée sur la toile:

Daniel Clowes est né en 1961 à Chicago. Il apprend à lire dans les comics des années 50. Il publie dès 1989 le premier numéro de Eightball, que Chris Ware considère aujourd’hui comme le plus grand comicbook de la fin du XXe siècle. Clowes devient malgé lui, une icône de la contre-culture et du post-modernisme. Sacré “romancier graphique”, Daniel Clowes quitte Chicago pour la Californie. Il dessine pour le très sérieux New York Times Magazine des histoires au sein desquelles cigarettes et obscénités sont bannies par contrat. Son style mélangeant observation clinique du quotidien, dérapages fantastiques et satires grotesques, ont fait de lui le conteur atypique et précis.

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Gotlib c'était un rigolo, mais pas que...

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Gotlib c'était un rigolo, mais pas que...
Gotlib c'était un rigolo, mais pas que...
Gotlib c'était un rigolo, mais pas que...
Gotlib a été un enfant caché pendant la guerre. Cette planche m'avait beaucoup ému lors de la belle rétrospective que le Centre Culturel Juif avait en 2014 consacré à Gotlib.

Gotlib a été un enfant caché pendant la guerre. Cette planche m'avait beaucoup ému lors de la belle rétrospective que le Centre Culturel Juif avait en 2014 consacré à Gotlib.

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