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215 articles avec bande-dessinee

Le vestiaire de Tintin

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Merci à Jean-Marc pour ce joli don au blog

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Case en exergue: Pino Rinaldi

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Case en exergue: Pino Rinaldi

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L'ile des téméraires de Syuho Sato

Publié le par lesdiagonalesdutemps

L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato

Beaucoup moins connu que les attaques suicides par avion lors de la deuxième guerre mondiale, sont les raids suicides au moyen de torpilles pilotées, les kaiten, par un soldat qui tout comme dans les avions ne peut (et ne doit) pas survivre à l'opération.  Le principe est simple : une torpille avec un siège passager. Le pilote utilisant l'engin doit se précipiter sur les sous-marins ennemi pour les couler, sans aucune chance de survie. Et en ajoutant à cela les faibles chances de réussites ( aucune visibilité lors des manœuvres et capacité de plongée inférieure à celle d'un sous-marin ). On a donc un questionnement de l'auteur via le héros sur la légitimité de ces armes, sur le fait d'utiliser littéralement de jeunes soldats comme de la chair à canon. C'est un patriotisme utilisé dans son côté le plus extrême qui est présenté. Le manga de Syuho Sato suit cette opération Du recrutement jusqu'à la fin inéluctable de la  mission par l'intermédiaire d'un de ses hommes, Yuzo Wanatabe dans une petite ile secrète. Le jeune homme va être entrainé et conditionné à se sacrifier pour son pays et l'empereur. L’ambiance, pesante, est renforcée, par le choix de l'auteur de prendre un héros, Watanabe qui en d'autres temps aurait eu un autre destin, peut-être celui de mangaka, car il dessine dès qu’il le peut. 

Nous sommes à la fin de 1944, le Japon est dans une phase cruciale dans la guerre qui l'oppose aux États-Unis. Les villes japonaises sont détruites les unes après les autres par les bombes américaines. En partie, grâce à leurs 230 sous-marins, les Américains ont pris le contrôle du Pacifique mais les Japonais ne s'avouent pas vaincu, ils doivent coûte que coûte freiner l'avancée de l'ennemi. Des essais d'une nouvelle arme mise au point récemment ont été concluants: la Kaiten, une torpille-suicide à laquelle on a intégré un poste de pilotage, est prête.

Le manga détaille avec grand soin aussi bien les problèmes techniques et stratégiques que posait cette opération que les affres dans lesquels se trouvaient les jeunes hommes qui se préparaient à une mort prochaine et certaine.

 

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L'ile des téméraires devait, d'après mes informations bien lacunaires, être un one-shot, ce qui n'est vraiment pas évident à la lecture de ce qui est désormais le tome 1 de la série, mais devant le succès rencontré, je reviendrais sur ce point, une suite a été demandée à l'auteur. Nous en sommes aujourd'hui au numéro 8 qui devrait être le dernier même si la saga se termine d'une façon certes attendue mais présentée assez curieusement...

La qualité du dessin de Syuho Sato est remarquable ( mais pourquoi avoir fait souvent réaliser les jaquettes, qui ne sont pas toujours réussies par un autre dessinateur alors qu'il y a de magnifiques dessins à l'intérieur?). Syuho Sato, l'auteur de "Say hello to BlackJack" possède un dessin à la fois très nerveux et très hachuré. Le dessinateur sait insuffler de la tension dans les pages de son manga avec cette impression de "raturage", comme si il s'était acharné sur les planches. En ajoutant à cela les jeux d'ombres et de lumière on a un résultat très immersif, les moments d'angoisse ( comme la première fois que le héros se retrouve dans une Kaiten ) sont très bien retranscrits. On voit aussi qu'il s'appuie sur des photos d'époque, qui doivent cependant être rares en raison de l'absolu secret qui entourait cette stratégie.

 

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A la fin des volumes, il est indiqué que le mangaka a bénéficié de la documentation du sanctuaire Yasukuni dont je recommande la visite, comme je l'ai fait moi même, (j'ai consacré un billet à ce lieu: Le sanctuaire de Yasukuni-jinja, Tokyo, Japon) à tous ceux qui s'intéressent à la seconde guerre mondiale et plus largement aux opérations militaires montées par la Japon de la fin du XIX ème siècle à la fin de la dernière guerre.

Dans un billet précédent, un de mes lecteurs trouvait que cette recommandation n'était pas forcément judicieuse alléguant que cet endroit était un lieu de propagande pour les révisionnistes japonais, ce qui n'est pas faux mais il n'est pas principalement cela; c'est surtout une mine d'informations pour qui s'intéresse à la chose militaire. C'est aussi une sorte de gigantesque monument aux morts pour tous les soldats japonais morts pour leur patrie. Faut-il considérer les monuments aux morts de nos villes et villages, comme des marques de propagande? Il est néanmoins opportun de réfléchir sur leurs significations... Il faut être donc vigilant lorsque l'on visite le sanctuaire de Yasukuni, tout comme il faut l'être lorsque nous voyons un film sur la guerre du Pacifique, presque tous réalisés par des américains. N'oublions jamais que les guerres sont presque toujours racontées par les vainqueurs et même si c'est l'argument que met toujours en avant les révisionnistes japonais ce n'est pas pour cela qu'il est faux.

 

Capture-d-ecran-2013-03-05-a-11.41.21.jpg

 

La vision de Syuho Saito sur les kamikazes me paraît moins critique que celles développée dans d'autres mangas comme Zéro pour l'éternité ou Tsubasa par exemple. Son point de vue est assez semblable à celui de Kawaguchi dans Zipang mais alors que dans ce dernier manga Kawagachi met en avant les faits militaires, c'est l'homme que Syuho Saito a placé au centre de son histoire. Si Syuho Saito met bien en avant l'héroïsme de ces tout jeunes hommes, il montre bien aussi leurs doutes, leurs peurs et la crainte que leur sacrifice soit inutile, sans oublier de mettre en évidence le conditionnement de ces presque encore adolescent. Leurs recruteurs pour ces missions sans lendemain faisait vibrer leurs fibres patriotiques en leur disant que le destin du Japon reposait sur leurs épaules, 

Il est très important en lisant ce type de manga de ne jamais oublier le contexte dans lequel se déroule l'action qui nous est racontée. Par exemple ce n'est pas la même chose de faire une action kamikaze en janvier 1945 ou quelques mois plus tard.

 

Capture-d-ecran-2013-03-05-a-11.45.53.jpg

 

Sato donne de plus de plus d'épaisseur à son héros au fil des tomes. Petit à petit on voit que le doute s'installe dans l'esprit de Watanabe. De patriotique, le motif de son sacrifice évolue vers le désir de venger un des ses amis mort dans une mission suicide. Son opinion évolue sur la question de sa mort, notamment lorsqu'il retrouvera sa famille (les Kamikazes avaient une courte permission pour dire adieu à leur famille avant leur mission suicide). Il faut rappeler que Yuso Wanatabe s’est engagé pour aider sa famille et leur retirer l’image de mauvais japonais qui leur colle à la peau. L'auteur développe sa réflexion sur ce qui peut pousser un jeune homme doué, c'est un bon dessinateur et il est passionné de peinture, à s'immoler pour une cause. La pression sociale n'est pas pour rien dans la décision de Wanatabe

 

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Pour ceux qui douteraient encore que les différents billets de ce blog n'entretiennent pas de liens, j'indique que les terrains des opérations où se déroule cette histoire sont les mêmes lieux où moins de quinze auparavant ce qui nous est raconté ici, Paul Jacoulet peignait de beaux jeunes gens...

Beaucoup des personnages qui apparaissent dans le manga sont des personnages réels comme le lieutenant Nishina, l'un des concepteurs des kaiten.

Tout comme la parution de  "Silver spoon" d'Hiromu Arakawa était à mon avis en phase avec l'actualité japonaise, le succès au Japon de "L'ile des téméraires" comme celui de "Zipang" et l'émergence de "Zéro pour l'éternité" de Naoki Hyakuta dessiné par Souichi Sumoto sont raccord avec le retour du nationalisme dans le pays.

Il faut féliciter l'éditeur, Kana, qui a eu la bonne idée d'ajouter en fin de volume un petit précis sur la guerre du Pacifique. Il est signé par Patrick Souty qui réussit là une remarquable vulgarisation historique. Est-ce l'influence de Bakuman on trouve aussi à la fin du livre les noms des assistants du mangaka ainsi que ses sources.

L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato

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Patience de Daniel Clowes

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Patience de Daniel Clowes
Patience de Daniel Clowes

J'ai un peu honte car Daniel Clowes est un auteur relativement célèbre, en 2013 une grande rétrospective lui a été consacrée au musée d'art contemporain de Chicago, sa ville natale. Sa notoriété en outre n'est pas récente, mais avant "Patience", je n'avais rien lu ni vu de lui. Le pitch de l'album est simple:  Dans Patience, Jack Barlow voyage à travers le temps — à l’aide du « jus » transtemporel qu’il subtilise à un nerd — pour essayer de modifier le cours des choses et d’empêcher le meurtre de son épouse dix-sept ans plus tôt. Si l'argument n'est pas compliqué, le traitement l'est beaucoup plus. La lecture de l'album, magnifiquement édité comme presque toujours chez Cornélius demande une grande attention car dans Patience, tout fragment, tout détail joue un rôle exacerbé par le voyage dans le temps, les paradoxes et les temporalités multiples qu’il provoque. Jack Barlow cherche à tout prix à modifier le cours du temps afin de sauver Patience.

Patience de Daniel Clowes

Mais les détails du voyage dans le temps ne sont guère creusés par Clowes ce qui est assez gênant car par exemple on ne sait pas du tout comment Jack survit matériellement dans les différentes époques où il se propulse. Il ne s’appesantit pas non plus sur la description du monde de 2029. Mais en donne tout de même une vision très originale. Ce futur qui n'est pas si lointain, avec un peu de chance et de pugnacité, je le verrais peut-être est assez croquignolet et ressemble plus avec ses formes et ses couleurs flashies à un retour aux seventies. D'ailleurs le visuel des séquences de transport dans le temps du héros sont très psychédéliques. 

De surcroit notre héros est souvent en proie à des pulsions de violence et prend des décisions peu réfléchies. Il est loin d’être un héros modèle. Plusieurs fois il fait des erreurs, au point de se retrouver coincé dans les années 1985, revenant aux années de son enfance. La médiocrité de Jack et Patience deux névrosés peu attachants n'incite pas le lecteur que je suis à rentrer en empathie et en sympathie avec eux. Cela ne s'arrange pas avec les personnages secondaires qui peuvent paraître caricaturaux. Même si je pense que cela est à dessein. Nous retrouvons en effet bien des figures typiques de la pop culture et du pulp: la petite frappe, le bourgeois pervers, le beau-père négligé, le détective privé inutile… Au total un beau défilés de loosers.

Patience de Daniel Clowes

Le dessin assez raide est très lisible. C'est une version américaine de la ligne claire. On pense au dessin de Burns mais en moins expressif et fouillé que celui de l'auteur de Black hole. Dans une interview dans le n°3 de l'excellente revue KaBoom Clowes définissait ainsi son style graphique: << Je suis à la recherche d'un vide ou d'une absence de style. J'essaie de dessiner avec autant de clarté possible, sans tics stylistiques délibérés (...) je crois que toute la beauté ne peut être validé que si elle naît d'un accident (...) Je sais que mes visages se doivent d'exprimer beaucoup de choses, car le plus important pour moi est d'essayer de les incarner suffisamment pour qu'il persiste une trace d'eux, qu'ils continuent leur vie, dans l'esprit du lecteur en dehors des pages.>>. Les couleurs sont vives, sans être criardes. La composition de pages est originale, passant d’une simplicité classique à un éclatement presque psychédélique.  Le dessinateur ose les gros plans, les pleines pages, les bulles tronquées

Patience de Daniel Clowes

 

Le genre de la S.F est ici le prétexte pour l'auteur d'aborder quelques thèmes universels tels l’amour le vrai, le poids du temps qui passe ou encore la paternité.

Patience de Daniel Clowes

Fin janvier 2017, certains dessins originaux du livre seront accrochés pendant l'exposition consacrée à l'auteur à la célèbre galerie Martel, dans le dixième arrondissement de Paris.

Patience de Daniel Clowes

Pour situer l'auteur, une rapide biographie récupérée sur la toile:

Daniel Clowes est né en 1961 à Chicago. Il apprend à lire dans les comics des années 50. Il publie dès 1989 le premier numéro de Eightball, que Chris Ware considère aujourd’hui comme le plus grand comicbook de la fin du XXe siècle. Clowes devient malgé lui, une icône de la contre-culture et du post-modernisme. Sacré “romancier graphique”, Daniel Clowes quitte Chicago pour la Californie. Il dessine pour le très sérieux New York Times Magazine des histoires au sein desquelles cigarettes et obscénités sont bannies par contrat. Son style mélangeant observation clinique du quotidien, dérapages fantastiques et satires grotesques, ont fait de lui le conteur atypique et précis.

Patience de Daniel Clowes

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Gotlib c'était un rigolo, mais pas que...

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Gotlib c'était un rigolo, mais pas que...
Gotlib c'était un rigolo, mais pas que...
Gotlib c'était un rigolo, mais pas que...
Gotlib a été un enfant caché pendant la guerre. Cette planche m'avait beaucoup ému lors de la belle rétrospective que le Centre Culturel Juif avait en 2014 consacré à Gotlib.

Gotlib a été un enfant caché pendant la guerre. Cette planche m'avait beaucoup ému lors de la belle rétrospective que le Centre Culturel Juif avait en 2014 consacré à Gotlib.

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Animal lecteur et Blake et Mortimer

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Sergio Salma dans "Animal lecteur" est un observateur pointu et sans concession du milieu de la Bande dessinée par l'intermédiaire d'un petit libraire spécialisé dans la B.D. Dans ce strip, Salma aide par le dessin tonique de Libon se penche sur le phénomène éditorial de la reprise de Blake et Mortimer. On peut retrouver "Animal lecteur" chaque semaine dans Spirou.

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Exposition Hergé au Grand Palais (2)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Paris, novembre 2016

Paris, novembre 2016

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Exposition Hergé au Grand Palais (1)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Exposition Hergé au Grand Palais (1)
Tableaux de la main d'Hergé

Tableaux de la main d'Hergé

Hergé a peint le portrait de sa femme

Hergé a peint le portrait de sa femme

Tableaux de la main d'Hergé

Tableaux de la main d'Hergé

Il y a des merveilles dans cette exposition. Elles sont en plus très bien mises en valeur. On sent que les concepteurs de l'évènement ont eu à coeur de faire que chaque salle soit belle. L'exposition est une exposition de très bons décorateurs. Mais l'ordre des salles est inepte. Commencer par la fin de la carrière d'Hergé est absurde, cela ne me parait déjà pas très pertinent pour quelconque artiste mais cela ne l'est pas du tout pour Hergé dont les derniers albums sont les moins bons. En ce qui concerne la suite de l'ordre des salles je ne l'ai pas plus compris ce qui y préside. Il faut d'ailleurs être vigilant pour ne pas rater une salle, celle où trône la maquette du château de Moulinssart.

Plus grave les superbes planches des aventures de Tintin ne sont jamais contextualisées historiquement alors qu'il suffit de relire les albums, si possible dans l'ordre chronologique dans lequel, ils sont parus, pour savoir qu'Hergé par l'intermédiaire de son petit reporter s'est toujours engagé sur des questions d'actualité contemporaine à ses album et cela dés, bien sûr de Tintin chez les soviets, lourdement mais justement antisoviétique et plus subtilement à partir du "Lotus bleu" qui prend violemment position contre les japonais dans l'affaire de la Manchourie. 

En revanche l'exposition est très pédagogique dans tout ce qui concerne l'élaboration d'une bande dessinée. 

le fétiche qui se trouve habituellement dans un musée de Bruxelles et qui a inspiré Hergé pour celui de "L'oreille cassée".

le fétiche qui se trouve habituellement dans un musée de Bruxelles et qui a inspiré Hergé pour celui de "L'oreille cassée".

portrait d'Hergé par Warhol

portrait d'Hergé par Warhol

sur cette planche on voit qu'il a fallu recomposer la géographie des cases pour qu'elle corresponde au format des différentes éditions

sur cette planche on voit qu'il a fallu recomposer la géographie des cases pour qu'elle corresponde au format des différentes éditions

Le port de Saint Nazaire que j'ai connu ainsi...

Le port de Saint Nazaire que j'ai connu ainsi...

Exposition Hergé au Grand Palais (1)
La maquette de la fusée de "On a marché sur la lune"

La maquette de la fusée de "On a marché sur la lune"

Une des belles éditions d'avant guerre en noir et blanc et avec quelques pleines pages en couleurs. Ces albums valent aujourd'hui très très chers

Une des belles éditions d'avant guerre en noir et blanc et avec quelques pleines pages en couleurs. Ces albums valent aujourd'hui très très chers

Exposition Hergé au Grand Palais (1)
Exposition Hergé au Grand Palais (1)
Exposition Hergé au Grand Palais (1)
une accumulation sous forme de mur pour montrer combien Tintin est traduit dans le monde entier.

une accumulation sous forme de mur pour montrer combien Tintin est traduit dans le monde entier.

Exposition Hergé au Grand Palais (1)
Des exemplaires de feu le magazine Tintin formant une installation.

Des exemplaires de feu le magazine Tintin formant une installation.

Exposition Hergé au Grand Palais (1)
Le retour de Tintin dans le Soir en 1940, ce qui sera reproché à Hergé après la guerre

Le retour de Tintin dans le Soir en 1940, ce qui sera reproché à Hergé après la guerre

Une des trop rares maquettes de l'exposition. Pourquoi s'être privé du concours de Pixi?

Une des trop rares maquettes de l'exposition. Pourquoi s'être privé du concours de Pixi?

Jo, Zette et Jocko ont été créés pour le magazine français "Coeur vaillant"

Jo, Zette et Jocko ont été créés pour le magazine français "Coeur vaillant"

Exposition Hergé au Grand Palais (1)
Paris, novembre 2016

Paris, novembre 2016

Le château de Moulinsard très inspiré de celui de Cheverny

Le château de Moulinsard très inspiré de celui de Cheverny

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Le testament de William S., une aventure de Blake et Mortimer par Yves Sente et André Juillard

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le testament de William S., une aventure de Blake et Mortimer par Yves Sente et André Juillard

Le testament de William S. est l24ème titre des aventures de Blake et Mortimer (11 du vivant de Jacobs et 13 par différents repreneurs, dont 6 par le duo Sente/Juillard) les voit se pencher sur l’énigme identitaire liée à William Shakespeare, disparu il y a tout juste 400 ans. Sans trahir le scénario on peut dire que Shakespeare (et son œuvre) est l’objet de toutes les convoitises, et l’histoire prend des allures de chasse au trésor, au cours de laquelle on retrouve avec plaisir le sens du suspense qu’affectionnait Jacobs. Entre Angleterre et Italie, Mortimer et Elizabeth, la fille de Sarah Summertown (dont on avait fait connaissance dans " Les Sarcophages du 6e Continent "), résolvent des énigmes plus ardues les unes que les autres. Pendant ce temps Blake doit faire face à bande organisée de jeunes voyous terrorise Hyde Park. On se doute bien que tous ces évènements sont liés. C’est une course contre la montre qui s’engage au fil d’énigmes tendues depuis des siècles…

J'avais lu, comme beaucoup, la prépublication de ce 24ème opus dans le "Figaro Magazine" cet été. J'avoue que la lecture de cette histoire m'avait déçue. Il faut dire qu'elle succédait au "Bâton de Plutarque", belle préquel du "secret de l'Espadon", signée des mêmes Juillard et Sente. La lecture de l'album m'a fait réévaluer la chose. Le soin avec lequel l'ensemble est réalisé apparait beaucoup mieux dans ce volume bien imprimé. Il reste néanmoins que l'intrigue des teddys (référence aux affrontements qui ont réellement eu lieu entre gangs à Nothing Hill en 1958)*, du coté anglais est bien légère et vite éventée.

Je crains que ce dernier album, qui devrait être le dernier dessiné par Juillard déçoive un peu les fans de la première heure de nos deux gentlemen car il s'écarte un peu des canons jacobsien. En effet dans un Blake et Mortimer dont Jacobs était le seul créateur, dès les premières planches, le lecteur est dans l’histoire et sait à quel thème il va avoir droit : historique, science-fiction, policier… Blake et Mortimer enquêtent, sauvent le Monde, se heurtent à Olrik avant de prendre le dessus. Le scénario est soutenu, il n’y a pas de superflu. L’histoire monte en intensité au fil des pages… et dans les dernières pages, le dénouement final. Dans, "Le testament de William S", il n’y a rien de tout cela. Blake et Mortimer ne sauvent plus le Monde, ils vont tranquillement au théâtre ! Il n’y a jamais la sensation d’aventure. Dès qu’ils peuvent, ils sont assis autour d’une table ou dans une voiture. Il n'en reste pas moins que Venise est représenté avec beaucoup de soin et d'exactitude, comme on peut le voir ci-dessous.

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La gare Santa Lucia est une construction moderne de 1954

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Ils sont accueillis par Salman , ce majordome si particulier , qui va les conduire au Palais du marquis Da Spiri , dans un magnifique Riva .

A propos de Salman, ses lecture sont très "professionnelles mais habituellement les aventures de Jeeves font plus sourire que cela! Cette lecture est très "raccord" puisque Jeeves cite souvent Shakespeare qu'il appelle le poète...

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Avant de quitter la gare et avant le demi tour pour remonter le Grand Canal , admirons les marches de l'église San Siméone Piccolo.

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Le scénariste Yves Sente a pris comme thème « Shakespeare », et il a écrit son histoire autour de cela. Le seul instant, où Blake et Mortimer courent, c’est parce qu’ils sont en retard pour la représentation théâtrale. Yves Sente fait une histoire chronométrée… Mortimer et la fille Sarah Summertown  font une course contre le Temps… de la ville natale de Shakespeare à Vérone, et retour juste dans le délai imparti.

 


 

En revanche le choix de centrer l'intrigue sur le mystère littéraire qu'est la vie de Shakespeare est une bonne idée. Comme le confie Yves Sente c'est un personnage historique qui intrigue toujours: << Shakespeare est encore un personnage emblématique pour les anglais de 2016. C'est la personne qui les représente le mieux, plus encore que la reine Elisabeth II, les Beatles ou James Bond. Comme il y a très peu de sources, qu'il a laissé peu de choses de lui, et même qu'entre 1585 et 1592, il disparaît: c'est le bonheur du scénariste. Mais le plaisir de l'écriture, quand on joue avec l'Histoire, c'est de respecter ce que l'on sait, pas de la transformer... Dans les 150 dernières années, les historiens ont attribué la paternité de Shakespeare à 80 personnalités. Faire la 81 ème n'a pas d'intérêt. Il faut essayer une piste différente...>>.  

 

Le testament de William S., une aventure de Blake et Mortimer par Yves Sente et André Juillard

Petit rappel sur ce que l'on pourrait appeler l'affaire Shakespeare: Shakespeare est né en 1564 et est mort en 1616, Shakespeare aura écrit 37 œuvres dramatiques, dont « Le Songe d’une nuit d’été » (1595), « Le Marchand de Venise » (1597), « Roméo et Juliette » (1598), « Hamlet » (vers 1600) et « Othello » (1604). Si les documents officiels prouvent qu’un certain William Shakespeare a bel et bien vécu à Stratford-upon-Avon et à Londres, une polémique passionnée naît très vite sur l’identité du dramaturge. La question est posée par des personnalités prestigieuses (Walt Whitman, Mark Twain, Henry James ou Sigmund Freud) : tous doutent que le citoyen de Stratford nommé « William Shaksper » ou « Shakspere », homme de peu d’éducation, ait réellement composé les œuvres qui lui étaient attribuées, en particulier des textes aussi denses et référentiels. A l’inverse, à la même période, un poète et écrivain talentueux comme Edward de Vere (17ème comte d’Oxford) aurait pu collaborer avec un prête-nom et écrire une bonne partie de ces textes. Ce sont les tenant de cette théorie qui sont les méchant du "Testament de William S. Ils sont menés par un descendant d'Edward de Vere. Il faut préciser qu’à l’époque élisabéthaine, les collaborations entre dramaturges étaient fréquentes. 

Le testament de William S., une aventure de Blake et Mortimer par Yves Sente et André Juillard

Mais le parti pris de développer un pan de la vie de William Shakespeare sous forme de flash-back, fait que nos héros passent en arrière plan. Je n'ai pas compté les cases mais il me semble que jamais dans une de leurs aventures,Blake et Mortimer auront été aussi absents d'un album !
Et que dire d'Olrik qui semble de plus en plus encombrer les scénaristes repreneurs des aventures de Blake et Mortimer? Ce que confirme Yve Sente: << L'absence d'Olrik est une contrainte volontaire que je m'impose. Je trouve que c'est un personnage embarrassant. Déjà Edgar P. Jacobs avait tenté de s'en débarrasser dans "Le piège diabolique, mais les lecteurs lui avait reproché, et il avait été prié par l'éditeur de le remettre dans le récit. Si dans une série d'aventure le "méchant" est toujours le même avec le temps, il se ridiculise.>>. Dans "Le testament de William S. Olrik est relégué dans un rôle de chef de Maffia téléguidant des opérations douteuses du fonds de sa cellule! On ne le reconnait pas, tout comme on ne reconnait pas Sharkey, qui semble avoir subi une cure d'amaigrissement.

Le testament de William S., une aventure de Blake et Mortimer par Yves Sente et André Juillard
Crayonné et visuel finalisé pour la version spéciale Leclerc

Crayonné et visuel finalisé pour la version spéciale Leclerc

Le testament de William S. est un récit très précisément situé dans le temps. L'aventure se déroule sur trois jours, les 28, 29, 30 aout 1958. Les auteurs se sont donc infligé une sérieuse contrainte avec laquelle, ils ont joué à moins qu'elle les ait piégée. Elle incite en-tout-cas à la vigilance le lecteur pointilleux que je suis. Cette demande à l'attention est une bonne chose pour un album dont la qualité, il me semble réside surtout dans les détails (comme la couverture du Life que lis le marquis...) .

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Ainsi dès la page 10 avec la présentation des invités à Venise, du marquis Stefano Da Spiri, chez qui tout commence, mon attention est alerté par la tenue que porte Peggy Newgold, clone de Peggy Guggenheim avec un zeste de  Gertrude Stein par son côté garçon manqué et le fait que Peggy Newgold soit brune et ronde (il me semble qu'en regard du rôle joué par cette dame dans l'histoire, il aurait été plus simple et plus intéressant de mettre en scène la véritable Peggy Guggenheim). La dame arbore une robe qui fait beaucoup penser à la robe Mondrian, signée Yves Saint Laurent. Or cette robe a été présentée lors de la collection haute couture automne-hiver 1965. La tenue de Peggy Newgold en aout 1958 dénote chez cette dame un incontestable avant-gardisme que ne démente pas les oeuvres oeuvres d'art qui parsème sa demeure que nous découvrons quelques pages plus loin... On peut y reconnaitre des oeuvres de Picasso, Dubuffet, Giacometti...

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Autres éléments qui datent une bande-dessinée, les automobiles. Dans "Le testament de William S., il y en a presque autant que dans un album de Michel Vaillant. Cela commence avec la Jaguar SS Airlane Sedan datant de 1935 du peu recommandable grand maitre du Temple de la loge d'Oxford. Ensuite nous avons droit au traditionnel, taxi londonien, presque un personnage à part entière dans la saga Blake et Mortimer mais avec le véhicule suivant, une Ford anglaise Zéphir ou une Ford américaine (?),comme il est dit dans une bulle. Il semblerait que ce soit la même Ford que dans SOS météores, amusant clin d'oeil**. Ceci dit mon détecteur d'anachronismes a été réveillé! Car cette automobile m'a paru un peu trop moderne pour 1958 et aussi un peu fantaisiste même si elle ressemble beaucoup à des modèles existants.

Mais là où mon détecteur d'anachronismes s'est mis à hurler c'est quand au détour d'une case censée représenter Londres en 1858 j'ai reconnu la Bridge Tower alors que celle-ci a été construite 30 ans plus tard! Il a également sérieusement teinté en découvrant, en 1958, je le rappelle la présence d'une photocopieuse dans le palais du marquis!

novembre 2016

novembre 2016

la planche où l'on voit la robe à la manière d'Yves Saint Laurent et même le capitaine Hadock!

la planche où l'on voit la robe à la manière d'Yves Saint Laurent et même le capitaine Hadock!

La robe Mondrian d'Yves Saint-Laurent

La robe Mondrian d'Yves Saint-Laurent

Le testament de William S., une aventure de Blake et Mortimer par Yves Sente et André Juillard
la Jaguar SS Airlane de la même couleur que celle du  grand maitre du Temple de la loge d'Oxford

la Jaguar SS Airlane de la même couleur que celle du grand maitre du Temple de la loge d'Oxford

L'audace historique n'est pas la seule dans cet aibum, il faudrait parler de l'audace sexuelle! La relation d’amitié très forte et ambiguë que noue Shakespeare avec un autre homme, qualifiée de «fort peu conventionnelle», fait directement écho à celle de Blake et Mortimer, ces éternels colocataires. Sans oublier, à trois cent cinquante ans d’écart, l’apparition à chaque fois d’une femme pour que le couple devienne "trouple"...

Autre audace la représentation d’une femme en couverture. Ce qui aurait été inimaginable du temps de Jacobs! Paru en mars 2008, « Le Sanctuaire du Gondwana » osait déjà présenter Mortimer aux côtés d’une femme en pleine brousse africaine. Les auteurs réintroduisaient alors le personnage secondaire de Sarah Summertown (découverte dans le 1er tome des « Sarcophages du 6ème continent » en 2003 ; opus16 des aventures de nos deux gentlemen), une romancière et archéologue devenue le grand amour de jeunesse du professeur Mortimer. Le lecteur perspicace (en l'occurrence cette fois plus que le professeur) et un tantinet observateur en apprendra un peu plus dans cet album sur la vie privée de Mortimer. Sente et Juillard ne cachent pas que l’éditeur a apposé son veto à ce que le récit soit plus explicite sur le sujet, contrairement à leurs intentions... 

Visuel finalisé pour l'édition spéciale Fnac

Visuel finalisé pour l'édition spéciale Fnac

Les découpages sont dynamiques, les décors et les jeux de lumière soignés. Les récitatifs sont toujours aussi nombreux. Pour alléger leur présence dans la planche, les bulles qui sont d'ailleurs rectangulaires ont des fond de couleurs différentes. La coloriste, Madeleine Demille, a fait un beau travail, respectant la palette jacobsienne, pas de tons criards mais des couleurs subtiles et denses. On peut juste s'étonner de son goût pour le vieux rose dont elle teinte certains récitatif et surtout l'Austin d'Elizabeth. Le scénario d’Yves Sente renoue habilement avec la gentry britannique que l'on avait déjà côtoyée dans le serment des cinq lords. Dans le testament de William S. Il n’est question que de lord, conte et marquis, de généalogie, d’ancêtres et d’honneur. Cela fait plaisir d'être dans le meilleur monde... 

Couverture et extrait du dossier de presse pour le tome 24

Couverture et extrait du dossier de presse pour le tome 24

La série « Blake et Mortimer » figure parmi les best-sellers de la bande-dessinée et même parmi les best-sellers tout court depuis plus d’une décennie. En 2008, « Le Sanctuaire du Gondwana » (tome 18), tiré à 600 000 exemplaires, s’écoulera en France à 266 600 exemplaires (chiffre à multiplier par 1,4 pour le rajout des ventes Belgique/Suisse). En 2012, "Le serment des 5 lords" (tome 21) est le titre le plus vendu de l’année avec 250 000 ventes. Idem en 2013 avec "L'onde septimus" (235 500 exemplaires) et en 2015 avec "Le bâton de Plutarque" (tome 23, édité à 500 000 exemplaires francophones et 40 000 exemplaires néerlandais), écoulé à 232 000 exemplaires dès le début 2015. Avec un sujet aussi ambitieux et passionnant que le cas Shakespeare, Yves Sente vise certainement juste dès le départ, au profit d’un scénario au parfum so british digne du précédent des « 5 Lords ». Le tirage de l'album " Le testament de William S." est tiré à 500 000 exemplaires. Il est décliné en quatre versions différentes (classique, strips, éditions spéciales Fnac et Leclerc), André Juillard aura concocté autant de visuels de couvertures intrigants. Fidèles à la conception jacobsienne, ces visuels figent un instant clé du récit.

Le testament de William S., une aventure de Blake et Mortimer par Yves Sente et André Juillard

Les ronchons vont encore se plaindre que cet album est inférieur à ceux concoctés par Jacobs, pas à tous à mon avis, mais c'est un peu comme comparer un l'oeuvre d'un dramaturge à celle de Shakespeare justement. "La marque jaune" est un sommet inatteignable en B.D. Il reste que "Le testament de William S." est une histoire intéressante dessinée avec le plus grand soin qui procure un bon moment de lecture et qui incite à voir et à revoir les pièces de Shakespeare.

Encrage de la planche 1 du Testament de William S. (Sente et Juillard – 2016)

Encrage de la planche 1 du Testament de William S. (Sente et Juillard – 2016)

Nota:

En début d’album, une dédicace toute spéciale des auteurs en souvenir de leur ami Ted Benoît, autre grand repreneur de Blake et Mortimer, disparu il y a quelques semaines.

Voici ci-dessous un article paru dans un Paris Match en Septembre/Octobre 1958 sur les teddy boys.

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** A la planche 31, le professeur Mortimer regarde attentivement cette voiture qui a une plaque d’immatriculation Française ; cela interpelle… Donc quelques mois plus tard, au début de " S.O.S. météores", dans l'accident, dans l’accident à Paris, il devrait forcément reconnaître la voiture et savoir que c’est celle de Sharkey et Freddy. Nous pourrions aussi penser que l’histoire du "Testament de William S. soit historiquement après "S.O.S. météore, mais là, même question : le professeur Mortimer connaît la voiture et donc connaît les méchants. Autre chose. A la fin de l’histoire, Blake et Mortimer discutent autour d’une tasse de thé, pendant qu’Olrik et sa bande sont en prison. Mais comment fait Olrik pour, en quelques mois construire son réseau afin de détraquer le Climat ? D'ou la difficulté de vouloir dater précisément les aventures de Blake et Mortimer...

Recherches pour les postures des personnages et les décors

Recherches pour les postures des personnages et les décors

Dans cette essai chronologique des aventures de Blake et Mortimer, Le testament de William S. se situerai juste avant  SOS Météores

Dans cette essai chronologique des aventures de Blake et Mortimer, Le testament de William S. se situerai juste avant SOS Météores

Publié dans Bande-dessinée

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Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Avant toutes considérations je voudrais affirmer haut et fort que cet album est le meilleur que j'ai jamais lu dans la catégorie des bandes-dessinées historiques traitant de l'antiquité, cela par la beauté des dessins et surtout par l'intelligence et l'audace du scénario.
"Le hurlement de cybèle" est la suite des "Démons de Sparte", puisque Alix est toujours à la recherche de Livres Sibyllins que l’empereur Auguste désire rassembler. Les auteurs de la série Alix senator ont compris, contrairement à ceux d'Alix "classique", que le format d'un album de 48 pages, n'était pas adapté pour développer une aventure d'Alix. Les histoires  d'Alix senator se développent en trilogie soit en 144 pages.
"Le hurlement de Cybèle" nous transporte cette fois de l’autre côté de la mer Egée, à Pessinonte. Pour les non férus en géographie dont je suis, une carte n'aurait pas été inutile! Réparons ce fâcheux oubli avec la carte ci-dessous.
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

Nous somme donc dans l'actuelle Turquie et l'ancienne Galatie (j'y reviendrais).  

Quelle est la trame de ce Hurlement de Cybèle: Après la lecture du livre Sibyllin qu'il a subtilisé, Khephren est persuadé que  s’il approchait la statue de la déesse Cybèle, renfermée dans le saint des saints de son temple en Asie Mineure, gardée par les  Galles, ses prêtres-eunuques, elle inaccessible au public des fidèles, il deviendrait immortel. Pour cela le jeune égyptien doit donc forcer les portes du temple. Mais le châtiment que les Galles réservent aux profanateurs est terrible...

 


 

  


 

Le culte de Cybèle, originaire de l'Asie mineure, est un des éléments obscurs de l'immense fonds culturel hellénique: survivance lointaine de très vieux cultes de la fertilité, auquel s'est superposée la mythologie grecque et qui reste encore, peut-être, présent dans notre imaginaire collectif. Frank Herbert ne fait-il pas invoquer la Grande Mère au très lointain héritier d'Auguste dans "Dune"? On verra dans cet album combien les cultes de la fertilité, en Asie mineure, comme en Mésoamérique, sont souvent d'une extrême cruauté : les lions de Cybèle sont voraces  et ses prêtres sont retors.

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

Valérie Mangin et Thierry Demarez nous introduisent auprès des Galles, ces prêtres-eunuques de la Grande Déesse-Mère (vieille divinité anatolienne déjà connue des Hittites sous le nom de Kubala). Images felliniennes. Ambiance malsaine garantie, qui nous change des habituelles aventures de notre blond gaulois.

Les prêtres de Cybèle étaient des eunuques Mais il ne faisait pas voeux de chasteté . Ils se castraient eux-mêmes lors d'un rituel appelé en latin "sanguinaria" qui avait lieu pendant les fêtes de la Grande Mère chaque année au mois de mars.
Cette pratique qui avait peut-être pour but de commémorer la propre mutilation d'Attis, le compagnon de la déesse, provoquait souvent l'effroi des adeptes des cultes plus classiques. 
Il était ainsi interdit aux citoyens romains de devenir galle.*

être eunuque n'empêche pas les galles d'aller au bordel...

être eunuque n'empêche pas les galles d'aller au bordel...

L'album fait allusion au culte de la grande mère à Rome ce qui est réel bien qu'il soit différent de celui pratiqué en Asie mineure. La Grande Mère arrive en Italie en -204, pendant la guerre contre Carthage. 
Des prodiges se produisent alors et, inquiet, le Sénat consulte les Livres Sibyllins. Ils prédisent la victoire de Rome seulement si elle reçoit dans ses murs la Mère, la pierre noire de Pessinonte
. Surpris, les Romains interrogent l’oracle de Delphe qui ajoute que la déesse doit être accueillie par l’homme le meilleur de la Ville. 
Elle accoste donc à Ostie et Publius Scipio Nasica, un général, est choisi pour la faire descendre du bateau. La pierre est installée ensuite dans le temple de la Victoire et Scipion remporte peu de temps après la grande victoire de Zama contre Hannibal. 
En -191, Cybèle obtient son propre temple sur le Palatin
 Il est fermé au public sauf en avril, lors des Megalensia, les fêtes commémorant l’arrivée de la déesse.
On lui apporte alors du moretum, du fromage aux herbes. Ses galles
, qui ont l’interdiction de sortir du sanctuaire le reste de l’année, dansent dans les rues et font la quête pour l’entretien du temple devant lequel on joue des pièces de théâtre. 
Des courses de char ont lieu dans le Grand Cirque après une procession mettant en scène Cybèle et les autres dieux. 
À la fin des cérémonies, la statue de la déesse est solennellement lavée dans le fleuve Arno et on lui demande si elle consent à revenir à Rome pour une nouvelle année. 
Le reste du temps, des banquets sont organisés en son honneur. Mais il est interdit aux citoyens romains de se mutiler et de participer aux orgies rituelles

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’à côté des Alix et Enak, figés dans les codes des années 50 (quoique…), leur descendance, Titus et Khephren sont, quant à eux, deux garçons délurés. Je regrette toutefois que le fils d'Enak s'exprime comme un lascar d'aujourd'hui. Dans l'ensemble d'ailleurs les dialogues sont assez pauvres.
 
 
A propos d'être déluré, il ne me semble pas que le french kiss était d'un usage courant chez les romains...
Avec cet album on assiste à une sorte de passation de pouvoir narratif en effet les deux véritables héros de cette aventure sont les jeunes Titus et Khephren. Le lecteur devra patienter jusqu’à la planche 33 pour qu’apparaisse enfin Alix, vieux et sage sénateur à la chevelure blanchie, en tant que sauveteur de ses fils et ... n'est-ce pas le rôle de tous les pères, après tout ?

Il est très intéressant de remarquer que le "couple" que forment Titus et Khephren est l'exact inverse de celui composé par Alix et Enak; dans ce dernier duo l'élément viril est le blond, le féminin le brun ce qui correspond bien au cliché antique qui perdurera jusqu'au milieu du XX ème siècle, alors que dans l'association Titus, Khephren c'est le brun Khephren l'élément viril, il semble même agir, si je peux me permettre, agir la bitte en avant (je m'aperçois qu'à la lecture de l'album, ma formule ne manque pas de sel!). Titus bien que s'intéressant aux filles est beaucoup moins mâle. Je me demande si on ne peut pas y voir une transcription de certains fantasmes sexuels d'aujourd'hui...

A propos de fille la blonde Camma dont est amoureux Titus, se souvient pour son soupirant ce que lui disait son père: <<Quand j'étais petite papa nous racontait que notre tribu était venue de très loin. Des grandes forêts de l'ouest. Il y a longtemps.>>. par ce détail de blondeur et cet épanchement on s'aperçoit combien chaque détail du scénario est étudié par Valérie Mangin. En effet vers 278 av. J-C, des gaulois, les galates, venus d'Italie du nord entrent en Asie Mineurs à la demande de Nicomède I er de Bithynie, en guerre contre le roi Antiochos I er de Syrie. Ils lui permettent de remporter la victoire et, en échange, le souverain leur donne des territoires situés au sud des siens. Mais ces tribus, plutôt que de s'y installer en paix, préfèrent ravager l'Asie Mineure de la Troade à la Carie. Défaits en 277 par Antiochos puis, en 241, par Attale I er, roi de Pergame, ils finissent pourtant par aller s'établir dans le nord de la Phrygie, dans une région qui porta ensuite leur nom: la Galatie.  
Quelque part "Le hurlement de Cybèle" m'a songer aux Sept merveilles du monde de Steven Saylor. Ephèse ? Halicarnasse ?

Titus et Camma

Titus et Camma

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

Les auteur ont du faire un choix en ce qui concerne la représentation du temple du temple de Pessimonte dont il ne reste rien de nos jours. Ils ont pris l'option de le dessiner comme un temple grec en le rapprochant d'autres temples de la région comme le temple d'Atémise d'Ephèse. Ce qui est pertinent, la région était culturellement très proche de sa voisine hellénique bien avant d'être conquis par les romains.

Quelque part "Le hurlement de Cybèle" m'a fait songer aux "Sept merveilles du monde" de Steven Saylor dont un chapitre se déroule à Ephèse et dans lequel le temple d'Artémise est longuement décrit.

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

Autre choix audacieux et néanmoins raisonné, celui de prendre pour modèle une statue néolithique trouvée à Catal Huvuk dans le sud de la Turquie (images immédiatement ci-dessous). Elle représente une déesse mère et date de 5000 à 6000 an av. J.C. pour figurer l'idole du sanctuaire montagnard dans lequel se réfugient les jeunes héros.

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

Avec  un dessin très différent de celui du maitre, Thierry Démarez est pourtant peut être des repreneurs de la saga, le dessinateur le plus fidèle à Jacques Martin; en effet, comme lui dans son découpage de la planche, presque toujours en trois bandes horizontales, il se réserve souvent une case faisant toute la longueur de la page; ce qui lui permet de beaux panoramiques, souvent architecturaux qui plongent le lecteur d'emblée dans l'atmosphère de la Rome antique. A noter que pour que cette géographie de la page, soit encore plus efficace le dessinateur place cette longue case en haut de la page. Il fait d'ailleurs débuter l'album par un tel dessin. Celui-ci est particulièrement violent mais il avait déjà pratiqué ainsi dans les précédents. Toute la première page où l'on voit dévorer une jeune femme par des lions est très dure. A ce propos il faut se souvenir que dans l'Antiquité, on trouvait des d'Asie, des cousins des lions d'Afrique actuels, de l'Asie Mineure au sous continent indien. Mais à cause de la chasse, ils ont tous disparu de la Turquie actuelle depuis la fin du 19 ème siècle. L'Inde est le seul pays où on en trouve encore quelques centaines à l'état sauvage.

Mais avant de conclure ce billet, il faut tout de même dire qu'il se passe dans cet album, un fait, je crois jamais vu en bande-dessinée et qui devrait avoir une grande conséquence sur la suite de la série. Mais il serait criminel de vous en dire plus.

Si j'ai utilisé le conditionnel en ce qui concerne l'avenir d'Alix senator, c'est qu'en bande-dessinée classique rien est irréparable. Arbacès est mort plusieurs fois a réapparu. Mais dans Alix senator nous ne sommes pas dans une série classique puisque les héros vieillissent! Je pense qu'une édulcoration de cette surprise dramatique serait une énorme erreur. En choisissant cet événement, les auteurs ont pris une décision audacieuse et terrible qui puise sa force dans le fait d'être irréversible. L'atténuer et la contredire d'un arrangement feuilletonesque digne des romans populaires à épisodes serait maladroit et décevant, comme un recul, certes il n'est pas impossible que la suite cède à cette tentation en arguant de l'action faîte à moitié dans l'urgence 
La force de ce choix serait dans le fait de le maintenir et d'en tirer une évolution nouvelle du personnage.
J'espère que tout ne s'arrangera pas par un tour de passe passe. Le personnage de Kephren est justement passionnant d'être ainsi propulsé dans l'amertume jusqu'au plus terrible. C'est ce qui fait son grand intérêt et lui donne une paradoxale maturation dans la noirceur. 

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

Au point de vue éditorial on peut constater, que comme l’an passé, les éditions Casterman publient simultanément deux albums consacrés au héros de Jacques Martin. Le premier, « Alix Senator Tome 5 : Le Hurlement de Cybèle » signé du duo Thierry Démarez et Valérie Mangin et qui a donné une seconde vie à cette série bientôt septuagénaire. Le second, « Alix Tome 35 : L’Or de Saturne », réalisé dans la pure veine de Jacques Martin, classique.

Le hurlement de Cybèle est un album qui réussit l'alchimie rare d'unir audace et classicisme.

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

* Merci à Bruno d'avoir attiré mon attention sur l'article très intéressant concernant les galles dans le Daremberg (il faut néanmoins avoir à l'esprit que cet ouvrage date du début du XX ème siècle) que je reproduis ci-dessous:

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
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