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210 articles avec bande-dessinee

Animal lecteur et Blake et Mortimer

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Sergio Salma dans "Animal lecteur" est un observateur pointu et sans concession du milieu de la Bande dessinée par l'intermédiaire d'un petit libraire spécialisé dans la B.D. Dans ce strip, Salma aide par le dessin tonique de Libon se penche sur le phénomène éditorial de la reprise de Blake et Mortimer. On peut retrouver "Animal lecteur" chaque semaine dans Spirou.

Publié dans Bande-dessinée

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Exposition Hergé au Grand Palais (2)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Exposition Hergé au Grand Palais (2)
Paris, novembre 2016

Paris, novembre 2016

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Exposition Hergé au Grand Palais (1)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Exposition Hergé au Grand Palais (1)
Tableaux de la main d'Hergé

Tableaux de la main d'Hergé

Hergé a peint le portrait de sa femme

Hergé a peint le portrait de sa femme

Tableaux de la main d'Hergé

Tableaux de la main d'Hergé

Il y a des merveilles dans cette exposition. Elles sont en plus très bien mises en valeur. On sent que les concepteurs de l'évènement ont eu à coeur de faire que chaque salle soit belle. L'exposition est une exposition de très bons décorateurs. Mais l'ordre des salles est inepte. Commencer par la fin de la carrière d'Hergé est absurde, cela ne me parait déjà pas très pertinent pour quelconque artiste mais cela ne l'est pas du tout pour Hergé dont les derniers albums sont les moins bons. En ce qui concerne la suite de l'ordre des salles je ne l'ai pas plus compris ce qui y préside. Il faut d'ailleurs être vigilant pour ne pas rater une salle, celle où trône la maquette du château de Moulinssart.

Plus grave les superbes planches des aventures de Tintin ne sont jamais contextualisées historiquement alors qu'il suffit de relire les albums, si possible dans l'ordre chronologique dans lequel, ils sont parus, pour savoir qu'Hergé par l'intermédiaire de son petit reporter s'est toujours engagé sur des questions d'actualité contemporaine à ses album et cela dés, bien sûr de Tintin chez les soviets, lourdement mais justement antisoviétique et plus subtilement à partir du "Lotus bleu" qui prend violemment position contre les japonais dans l'affaire de la Manchourie. 

En revanche l'exposition est très pédagogique dans tout ce qui concerne l'élaboration d'une bande dessinée. 

le fétiche qui se trouve habituellement dans un musée de Bruxelles et qui a inspiré Hergé pour celui de "L'oreille cassée".

le fétiche qui se trouve habituellement dans un musée de Bruxelles et qui a inspiré Hergé pour celui de "L'oreille cassée".

portrait d'Hergé par Warhol

portrait d'Hergé par Warhol

sur cette planche on voit qu'il a fallu recomposer la géographie des cases pour qu'elle corresponde au format des différentes éditions

sur cette planche on voit qu'il a fallu recomposer la géographie des cases pour qu'elle corresponde au format des différentes éditions

Le port de Saint Nazaire que j'ai connu ainsi...

Le port de Saint Nazaire que j'ai connu ainsi...

Exposition Hergé au Grand Palais (1)
La maquette de la fusée de "On a marché sur la lune"

La maquette de la fusée de "On a marché sur la lune"

Une des belles éditions d'avant guerre en noir et blanc et avec quelques pleines pages en couleurs. Ces albums valent aujourd'hui très très chers

Une des belles éditions d'avant guerre en noir et blanc et avec quelques pleines pages en couleurs. Ces albums valent aujourd'hui très très chers

Exposition Hergé au Grand Palais (1)
Exposition Hergé au Grand Palais (1)
Exposition Hergé au Grand Palais (1)
une accumulation sous forme de mur pour montrer combien Tintin est traduit dans le monde entier.

une accumulation sous forme de mur pour montrer combien Tintin est traduit dans le monde entier.

Exposition Hergé au Grand Palais (1)
Des exemplaires de feu le magazine Tintin formant une installation.

Des exemplaires de feu le magazine Tintin formant une installation.

Exposition Hergé au Grand Palais (1)
Le retour de Tintin dans le Soir en 1940, ce qui sera reproché à Hergé après la guerre

Le retour de Tintin dans le Soir en 1940, ce qui sera reproché à Hergé après la guerre

Une des trop rares maquettes de l'exposition. Pourquoi s'être privé du concours de Pixi?

Une des trop rares maquettes de l'exposition. Pourquoi s'être privé du concours de Pixi?

Jo, Zette et Jocko ont été créés pour le magazine français "Coeur vaillant"

Jo, Zette et Jocko ont été créés pour le magazine français "Coeur vaillant"

Exposition Hergé au Grand Palais (1)
Paris, novembre 2016

Paris, novembre 2016

Le château de Moulinsard très inspiré de celui de Cheverny

Le château de Moulinsard très inspiré de celui de Cheverny

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Le testament de William S., une aventure de Blake et Mortimer par Yves Sente et André Juillard

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le testament de William S., une aventure de Blake et Mortimer par Yves Sente et André Juillard

Le testament de William S. est l24ème titre des aventures de Blake et Mortimer (11 du vivant de Jacobs et 13 par différents repreneurs, dont 6 par le duo Sente/Juillard) les voit se pencher sur l’énigme identitaire liée à William Shakespeare, disparu il y a tout juste 400 ans. Sans trahir le scénario on peut dire que Shakespeare (et son œuvre) est l’objet de toutes les convoitises, et l’histoire prend des allures de chasse au trésor, au cours de laquelle on retrouve avec plaisir le sens du suspense qu’affectionnait Jacobs. Entre Angleterre et Italie, Mortimer et Elizabeth, la fille de Sarah Summertown (dont on avait fait connaissance dans " Les Sarcophages du 6e Continent "), résolvent des énigmes plus ardues les unes que les autres. Pendant ce temps Blake doit faire face à bande organisée de jeunes voyous terrorise Hyde Park. On se doute bien que tous ces évènements sont liés. C’est une course contre la montre qui s’engage au fil d’énigmes tendues depuis des siècles…

J'avais lu, comme beaucoup, la prépublication de ce 24ème opus dans le "Figaro Magazine" cet été. J'avoue que la lecture de cette histoire m'avait déçue. Il faut dire qu'elle succédait au "Bâton de Plutarque", belle préquel du "secret de l'Espadon", signée des mêmes Juillard et Sente. La lecture de l'album m'a fait réévaluer la chose. Le soin avec lequel l'ensemble est réalisé apparait beaucoup mieux dans ce volume bien imprimé. Il reste néanmoins que l'intrigue des teddys (référence aux affrontements qui ont réellement eu lieu entre gangs à Nothing Hill en 1958)*, du coté anglais est bien légère et vite éventée.

Je crains que ce dernier album, qui devrait être le dernier dessiné par Juillard déçoive un peu les fans de la première heure de nos deux gentlemen car il s'écarte un peu des canons jacobsien. En effet dans un Blake et Mortimer dont Jacobs était le seul créateur, dès les premières planches, le lecteur est dans l’histoire et sait à quel thème il va avoir droit : historique, science-fiction, policier… Blake et Mortimer enquêtent, sauvent le Monde, se heurtent à Olrik avant de prendre le dessus. Le scénario est soutenu, il n’y a pas de superflu. L’histoire monte en intensité au fil des pages… et dans les dernières pages, le dénouement final. Dans, "Le testament de William S", il n’y a rien de tout cela. Blake et Mortimer ne sauvent plus le Monde, ils vont tranquillement au théâtre ! Il n’y a jamais la sensation d’aventure. Dès qu’ils peuvent, ils sont assis autour d’une table ou dans une voiture. Il n'en reste pas moins que Venise est représenté avec beaucoup de soin et d'exactitude, comme on peut le voir ci-dessous.

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La gare Santa Lucia est une construction moderne de 1954

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Ils sont accueillis par Salman , ce majordome si particulier , qui va les conduire au Palais du marquis Da Spiri , dans un magnifique Riva .

A propos de Salman, ses lecture sont très "professionnelles mais habituellement les aventures de Jeeves font plus sourire que cela! Cette lecture est très "raccord" puisque Jeeves cite souvent Shakespeare qu'il appelle le poète...

BM24-testament_William_S-Salman lisant Jeeves.jpg

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Avant de quitter la gare et avant le demi tour pour remonter le Grand Canal , admirons les marches de l'église San Siméone Piccolo.

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Le scénariste Yves Sente a pris comme thème « Shakespeare », et il a écrit son histoire autour de cela. Le seul instant, où Blake et Mortimer courent, c’est parce qu’ils sont en retard pour la représentation théâtrale. Yves Sente fait une histoire chronométrée… Mortimer et la fille Sarah Summertown  font une course contre le Temps… de la ville natale de Shakespeare à Vérone, et retour juste dans le délai imparti.

 


 

En revanche le choix de centrer l'intrigue sur le mystère littéraire qu'est la vie de Shakespeare est une bonne idée. Comme le confie Yves Sente c'est un personnage historique qui intrigue toujours: << Shakespeare est encore un personnage emblématique pour les anglais de 2016. C'est la personne qui les représente le mieux, plus encore que la reine Elisabeth II, les Beatles ou James Bond. Comme il y a très peu de sources, qu'il a laissé peu de choses de lui, et même qu'entre 1585 et 1592, il disparaît: c'est le bonheur du scénariste. Mais le plaisir de l'écriture, quand on joue avec l'Histoire, c'est de respecter ce que l'on sait, pas de la transformer... Dans les 150 dernières années, les historiens ont attribué la paternité de Shakespeare à 80 personnalités. Faire la 81 ème n'a pas d'intérêt. Il faut essayer une piste différente...>>.  

 

Le testament de William S., une aventure de Blake et Mortimer par Yves Sente et André Juillard

Petit rappel sur ce que l'on pourrait appeler l'affaire Shakespeare: Shakespeare est né en 1564 et est mort en 1616, Shakespeare aura écrit 37 œuvres dramatiques, dont « Le Songe d’une nuit d’été » (1595), « Le Marchand de Venise » (1597), « Roméo et Juliette » (1598), « Hamlet » (vers 1600) et « Othello » (1604). Si les documents officiels prouvent qu’un certain William Shakespeare a bel et bien vécu à Stratford-upon-Avon et à Londres, une polémique passionnée naît très vite sur l’identité du dramaturge. La question est posée par des personnalités prestigieuses (Walt Whitman, Mark Twain, Henry James ou Sigmund Freud) : tous doutent que le citoyen de Stratford nommé « William Shaksper » ou « Shakspere », homme de peu d’éducation, ait réellement composé les œuvres qui lui étaient attribuées, en particulier des textes aussi denses et référentiels. A l’inverse, à la même période, un poète et écrivain talentueux comme Edward de Vere (17ème comte d’Oxford) aurait pu collaborer avec un prête-nom et écrire une bonne partie de ces textes. Ce sont les tenant de cette théorie qui sont les méchant du "Testament de William S. Ils sont menés par un descendant d'Edward de Vere. Il faut préciser qu’à l’époque élisabéthaine, les collaborations entre dramaturges étaient fréquentes. 

Le testament de William S., une aventure de Blake et Mortimer par Yves Sente et André Juillard

Mais le parti pris de développer un pan de la vie de William Shakespeare sous forme de flash-back, fait que nos héros passent en arrière plan. Je n'ai pas compté les cases mais il me semble que jamais dans une de leurs aventures,Blake et Mortimer auront été aussi absents d'un album !
Et que dire d'Olrik qui semble de plus en plus encombrer les scénaristes repreneurs des aventures de Blake et Mortimer? Ce que confirme Yve Sente: << L'absence d'Olrik est une contrainte volontaire que je m'impose. Je trouve que c'est un personnage embarrassant. Déjà Edgar P. Jacobs avait tenté de s'en débarrasser dans "Le piège diabolique, mais les lecteurs lui avait reproché, et il avait été prié par l'éditeur de le remettre dans le récit. Si dans une série d'aventure le "méchant" est toujours le même avec le temps, il se ridiculise.>>. Dans "Le testament de William S. Olrik est relégué dans un rôle de chef de Maffia téléguidant des opérations douteuses du fonds de sa cellule! On ne le reconnait pas, tout comme on ne reconnait pas Sharkey, qui semble avoir subi une cure d'amaigrissement.

Le testament de William S., une aventure de Blake et Mortimer par Yves Sente et André Juillard
Crayonné et visuel finalisé pour la version spéciale Leclerc

Crayonné et visuel finalisé pour la version spéciale Leclerc

Le testament de William S. est un récit très précisément situé dans le temps. L'aventure se déroule sur trois jours, les 28, 29, 30 aout 1958. Les auteurs se sont donc infligé une sérieuse contrainte avec laquelle, ils ont joué à moins qu'elle les ait piégée. Elle incite en-tout-cas à la vigilance le lecteur pointilleux que je suis. Cette demande à l'attention est une bonne chose pour un album dont la qualité, il me semble réside surtout dans les détails (comme la couverture du Life que lis le marquis...) .

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Ainsi dès la page 10 avec la présentation des invités à Venise, du marquis Stefano Da Spiri, chez qui tout commence, mon attention est alerté par la tenue que porte Peggy Newgold, clone de Peggy Guggenheim avec un zeste de  Gertrude Stein par son côté garçon manqué et le fait que Peggy Newgold soit brune et ronde (il me semble qu'en regard du rôle joué par cette dame dans l'histoire, il aurait été plus simple et plus intéressant de mettre en scène la véritable Peggy Guggenheim). La dame arbore une robe qui fait beaucoup penser à la robe Mondrian, signée Yves Saint Laurent. Or cette robe a été présentée lors de la collection haute couture automne-hiver 1965. La tenue de Peggy Newgold en aout 1958 dénote chez cette dame un incontestable avant-gardisme que ne démente pas les oeuvres oeuvres d'art qui parsème sa demeure que nous découvrons quelques pages plus loin... On peut y reconnaitre des oeuvres de Picasso, Dubuffet, Giacometti...

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Autres éléments qui datent une bande-dessinée, les automobiles. Dans "Le testament de William S., il y en a presque autant que dans un album de Michel Vaillant. Cela commence avec la Jaguar SS Airlane Sedan datant de 1935 du peu recommandable grand maitre du Temple de la loge d'Oxford. Ensuite nous avons droit au traditionnel, taxi londonien, presque un personnage à part entière dans la saga Blake et Mortimer mais avec le véhicule suivant, une Ford anglaise Zéphir ou une Ford américaine (?),comme il est dit dans une bulle. Il semblerait que ce soit la même Ford que dans SOS météores, amusant clin d'oeil**. Ceci dit mon détecteur d'anachronismes a été réveillé! Car cette automobile m'a paru un peu trop moderne pour 1958 et aussi un peu fantaisiste même si elle ressemble beaucoup à des modèles existants.

Mais là où mon détecteur d'anachronismes s'est mis à hurler c'est quand au détour d'une case censée représenter Londres en 1858 j'ai reconnu la Bridge Tower alors que celle-ci a été construite 30 ans plus tard! Il a également sérieusement teinté en découvrant, en 1958, je le rappelle la présence d'une photocopieuse dans le palais du marquis!

novembre 2016

novembre 2016

la planche où l'on voit la robe à la manière d'Yves Saint Laurent et même le capitaine Hadock!

la planche où l'on voit la robe à la manière d'Yves Saint Laurent et même le capitaine Hadock!

La robe Mondrian d'Yves Saint-Laurent

La robe Mondrian d'Yves Saint-Laurent

Le testament de William S., une aventure de Blake et Mortimer par Yves Sente et André Juillard
la Jaguar SS Airlane de la même couleur que celle du  grand maitre du Temple de la loge d'Oxford

la Jaguar SS Airlane de la même couleur que celle du grand maitre du Temple de la loge d'Oxford

L'audace historique n'est pas la seule dans cet aibum, il faudrait parler de l'audace sexuelle! La relation d’amitié très forte et ambiguë que noue Shakespeare avec un autre homme, qualifiée de «fort peu conventionnelle», fait directement écho à celle de Blake et Mortimer, ces éternels colocataires. Sans oublier, à trois cent cinquante ans d’écart, l’apparition à chaque fois d’une femme pour que le couple devienne "trouple"...

Autre audace la représentation d’une femme en couverture. Ce qui aurait été inimaginable du temps de Jacobs! Paru en mars 2008, « Le Sanctuaire du Gondwana » osait déjà présenter Mortimer aux côtés d’une femme en pleine brousse africaine. Les auteurs réintroduisaient alors le personnage secondaire de Sarah Summertown (découverte dans le 1er tome des « Sarcophages du 6ème continent » en 2003 ; opus16 des aventures de nos deux gentlemen), une romancière et archéologue devenue le grand amour de jeunesse du professeur Mortimer. Le lecteur perspicace (en l'occurrence cette fois plus que le professeur) et un tantinet observateur en apprendra un peu plus dans cet album sur la vie privée de Mortimer. Sente et Juillard ne cachent pas que l’éditeur a apposé son veto à ce que le récit soit plus explicite sur le sujet, contrairement à leurs intentions... 

Visuel finalisé pour l'édition spéciale Fnac

Visuel finalisé pour l'édition spéciale Fnac

Les découpages sont dynamiques, les décors et les jeux de lumière soignés. Les récitatifs sont toujours aussi nombreux. Pour alléger leur présence dans la planche, les bulles qui sont d'ailleurs rectangulaires ont des fond de couleurs différentes. La coloriste, Madeleine Demille, a fait un beau travail, respectant la palette jacobsienne, pas de tons criards mais des couleurs subtiles et denses. On peut juste s'étonner de son goût pour le vieux rose dont elle teinte certains récitatif et surtout l'Austin d'Elizabeth. Le scénario d’Yves Sente renoue habilement avec la gentry britannique que l'on avait déjà côtoyée dans le serment des cinq lords. Dans le testament de William S. Il n’est question que de lord, conte et marquis, de généalogie, d’ancêtres et d’honneur. Cela fait plaisir d'être dans le meilleur monde... 

Couverture et extrait du dossier de presse pour le tome 24

Couverture et extrait du dossier de presse pour le tome 24

La série « Blake et Mortimer » figure parmi les best-sellers de la bande-dessinée et même parmi les best-sellers tout court depuis plus d’une décennie. En 2008, « Le Sanctuaire du Gondwana » (tome 18), tiré à 600 000 exemplaires, s’écoulera en France à 266 600 exemplaires (chiffre à multiplier par 1,4 pour le rajout des ventes Belgique/Suisse). En 2012, "Le serment des 5 lords" (tome 21) est le titre le plus vendu de l’année avec 250 000 ventes. Idem en 2013 avec "L'onde septimus" (235 500 exemplaires) et en 2015 avec "Le bâton de Plutarque" (tome 23, édité à 500 000 exemplaires francophones et 40 000 exemplaires néerlandais), écoulé à 232 000 exemplaires dès le début 2015. Avec un sujet aussi ambitieux et passionnant que le cas Shakespeare, Yves Sente vise certainement juste dès le départ, au profit d’un scénario au parfum so british digne du précédent des « 5 Lords ». Le tirage de l'album " Le testament de William S." est tiré à 500 000 exemplaires. Il est décliné en quatre versions différentes (classique, strips, éditions spéciales Fnac et Leclerc), André Juillard aura concocté autant de visuels de couvertures intrigants. Fidèles à la conception jacobsienne, ces visuels figent un instant clé du récit.

Le testament de William S., une aventure de Blake et Mortimer par Yves Sente et André Juillard

Les ronchons vont encore se plaindre que cet album est inférieur à ceux concoctés par Jacobs, pas à tous à mon avis, mais c'est un peu comme comparer un l'oeuvre d'un dramaturge à celle de Shakespeare justement. "La marque jaune" est un sommet inatteignable en B.D. Il reste que "Le testament de William S." est une histoire intéressante dessinée avec le plus grand soin qui procure un bon moment de lecture et qui incite à voir et à revoir les pièces de Shakespeare.

Encrage de la planche 1 du Testament de William S. (Sente et Juillard – 2016)

Encrage de la planche 1 du Testament de William S. (Sente et Juillard – 2016)

Nota:

En début d’album, une dédicace toute spéciale des auteurs en souvenir de leur ami Ted Benoît, autre grand repreneur de Blake et Mortimer, disparu il y a quelques semaines.

Voici ci-dessous un article paru dans un Paris Match en Septembre/Octobre 1958 sur les teddy boys.

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** A la planche 31, le professeur Mortimer regarde attentivement cette voiture qui a une plaque d’immatriculation Française ; cela interpelle… Donc quelques mois plus tard, au début de " S.O.S. météores", dans l'accident, dans l’accident à Paris, il devrait forcément reconnaître la voiture et savoir que c’est celle de Sharkey et Freddy. Nous pourrions aussi penser que l’histoire du "Testament de William S. soit historiquement après "S.O.S. météore, mais là, même question : le professeur Mortimer connaît la voiture et donc connaît les méchants. Autre chose. A la fin de l’histoire, Blake et Mortimer discutent autour d’une tasse de thé, pendant qu’Olrik et sa bande sont en prison. Mais comment fait Olrik pour, en quelques mois construire son réseau afin de détraquer le Climat ? D'ou la difficulté de vouloir dater précisément les aventures de Blake et Mortimer...

Recherches pour les postures des personnages et les décors

Recherches pour les postures des personnages et les décors

Dans cette essai chronologique des aventures de Blake et Mortimer, Le testament de William S. se situerai juste avant  SOS Météores

Dans cette essai chronologique des aventures de Blake et Mortimer, Le testament de William S. se situerai juste avant SOS Météores

Publié dans Bande-dessinée

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Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Avant toutes considérations je voudrais affirmer haut et fort que cet album est le meilleur que j'ai jamais lu dans la catégorie des bandes-dessinées historiques traitant de l'antiquité, cela par la beauté des dessins et surtout par l'intelligence et l'audace du scénario.
"Le hurlement de cybèle" est la suite des "Démons de Sparte", puisque Alix est toujours à la recherche de Livres Sibyllins que l’empereur Auguste désire rassembler. Les auteurs de la série Alix senator ont compris, contrairement à ceux d'Alix "classique", que le format d'un album de 48 pages, n'était pas adapté pour développer une aventure d'Alix. Les histoires  d'Alix senator se développent en trilogie soit en 144 pages.
"Le hurlement de Cybèle" nous transporte cette fois de l’autre côté de la mer Egée, à Pessinonte. Pour les non férus en géographie dont je suis, une carte n'aurait pas été inutile! Réparons ce fâcheux oubli avec la carte ci-dessous.
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

Nous somme donc dans l'actuelle Turquie et l'ancienne Galatie (j'y reviendrais).  

Quelle est la trame de ce Hurlement de Cybèle: Après la lecture du livre Sibyllin qu'il a subtilisé, Khephren est persuadé que  s’il approchait la statue de la déesse Cybèle, renfermée dans le saint des saints de son temple en Asie Mineure, gardée par les  Galles, ses prêtres-eunuques, elle inaccessible au public des fidèles, il deviendrait immortel. Pour cela le jeune égyptien doit donc forcer les portes du temple. Mais le châtiment que les Galles réservent aux profanateurs est terrible...

 


 

  


 

Le culte de Cybèle, originaire de l'Asie mineure, est un des éléments obscurs de l'immense fonds culturel hellénique: survivance lointaine de très vieux cultes de la fertilité, auquel s'est superposée la mythologie grecque et qui reste encore, peut-être, présent dans notre imaginaire collectif. Frank Herbert ne fait-il pas invoquer la Grande Mère au très lointain héritier d'Auguste dans "Dune"? On verra dans cet album combien les cultes de la fertilité, en Asie mineure, comme en Mésoamérique, sont souvent d'une extrême cruauté : les lions de Cybèle sont voraces  et ses prêtres sont retors.

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

Valérie Mangin et Thierry Demarez nous introduisent auprès des Galles, ces prêtres-eunuques de la Grande Déesse-Mère (vieille divinité anatolienne déjà connue des Hittites sous le nom de Kubala). Images felliniennes. Ambiance malsaine garantie, qui nous change des habituelles aventures de notre blond gaulois.

Les prêtres de Cybèle étaient des eunuques Mais il ne faisait pas voeux de chasteté . Ils se castraient eux-mêmes lors d'un rituel appelé en latin "sanguinaria" qui avait lieu pendant les fêtes de la Grande Mère chaque année au mois de mars.
Cette pratique qui avait peut-être pour but de commémorer la propre mutilation d'Attis, le compagnon de la déesse, provoquait souvent l'effroi des adeptes des cultes plus classiques. 
Il était ainsi interdit aux citoyens romains de devenir galle.*

être eunuque n'empêche pas les galles d'aller au bordel...

être eunuque n'empêche pas les galles d'aller au bordel...

L'album fait allusion au culte de la grande mère à Rome ce qui est réel bien qu'il soit différent de celui pratiqué en Asie mineure. La Grande Mère arrive en Italie en -204, pendant la guerre contre Carthage. 
Des prodiges se produisent alors et, inquiet, le Sénat consulte les Livres Sibyllins. Ils prédisent la victoire de Rome seulement si elle reçoit dans ses murs la Mère, la pierre noire de Pessinonte
. Surpris, les Romains interrogent l’oracle de Delphe qui ajoute que la déesse doit être accueillie par l’homme le meilleur de la Ville. 
Elle accoste donc à Ostie et Publius Scipio Nasica, un général, est choisi pour la faire descendre du bateau. La pierre est installée ensuite dans le temple de la Victoire et Scipion remporte peu de temps après la grande victoire de Zama contre Hannibal. 
En -191, Cybèle obtient son propre temple sur le Palatin
 Il est fermé au public sauf en avril, lors des Megalensia, les fêtes commémorant l’arrivée de la déesse.
On lui apporte alors du moretum, du fromage aux herbes. Ses galles
, qui ont l’interdiction de sortir du sanctuaire le reste de l’année, dansent dans les rues et font la quête pour l’entretien du temple devant lequel on joue des pièces de théâtre. 
Des courses de char ont lieu dans le Grand Cirque après une procession mettant en scène Cybèle et les autres dieux. 
À la fin des cérémonies, la statue de la déesse est solennellement lavée dans le fleuve Arno et on lui demande si elle consent à revenir à Rome pour une nouvelle année. 
Le reste du temps, des banquets sont organisés en son honneur. Mais il est interdit aux citoyens romains de se mutiler et de participer aux orgies rituelles

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’à côté des Alix et Enak, figés dans les codes des années 50 (quoique…), leur descendance, Titus et Khephren sont, quant à eux, deux garçons délurés. Je regrette toutefois que le fils d'Enak s'exprime comme un lascar d'aujourd'hui. Dans l'ensemble d'ailleurs les dialogues sont assez pauvres.
 
 
A propos d'être déluré, il ne me semble pas que le french kiss était d'un usage courant chez les romains...
Avec cet album on assiste à une sorte de passation de pouvoir narratif en effet les deux véritables héros de cette aventure sont les jeunes Titus et Khephren. Le lecteur devra patienter jusqu’à la planche 33 pour qu’apparaisse enfin Alix, vieux et sage sénateur à la chevelure blanchie, en tant que sauveteur de ses fils et ... n'est-ce pas le rôle de tous les pères, après tout ?

Il est très intéressant de remarquer que le "couple" que forment Titus et Khephren est l'exact inverse de celui composé par Alix et Enak; dans ce dernier duo l'élément viril est le blond, le féminin le brun ce qui correspond bien au cliché antique qui perdurera jusqu'au milieu du XX ème siècle, alors que dans l'association Titus, Khephren c'est le brun Khephren l'élément viril, il semble même agir, si je peux me permettre, agir la bitte en avant (je m'aperçois qu'à la lecture de l'album, ma formule ne manque pas de sel!). Titus bien que s'intéressant aux filles est beaucoup moins mâle. Je me demande si on ne peut pas y voir une transcription de certains fantasmes sexuels d'aujourd'hui...

A propos de fille la blonde Camma dont est amoureux Titus, se souvient pour son soupirant ce que lui disait son père: <<Quand j'étais petite papa nous racontait que notre tribu était venue de très loin. Des grandes forêts de l'ouest. Il y a longtemps.>>. par ce détail de blondeur et cet épanchement on s'aperçoit combien chaque détail du scénario est étudié par Valérie Mangin. En effet vers 278 av. J-C, des gaulois, les galates, venus d'Italie du nord entrent en Asie Mineurs à la demande de Nicomède I er de Bithynie, en guerre contre le roi Antiochos I er de Syrie. Ils lui permettent de remporter la victoire et, en échange, le souverain leur donne des territoires situés au sud des siens. Mais ces tribus, plutôt que de s'y installer en paix, préfèrent ravager l'Asie Mineure de la Troade à la Carie. Défaits en 277 par Antiochos puis, en 241, par Attale I er, roi de Pergame, ils finissent pourtant par aller s'établir dans le nord de la Phrygie, dans une région qui porta ensuite leur nom: la Galatie.  
Quelque part "Le hurlement de Cybèle" m'a songer aux Sept merveilles du monde de Steven Saylor. Ephèse ? Halicarnasse ?

Titus et Camma

Titus et Camma

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

Les auteur ont du faire un choix en ce qui concerne la représentation du temple du temple de Pessimonte dont il ne reste rien de nos jours. Ils ont pris l'option de le dessiner comme un temple grec en le rapprochant d'autres temples de la région comme le temple d'Atémise d'Ephèse. Ce qui est pertinent, la région était culturellement très proche de sa voisine hellénique bien avant d'être conquis par les romains.

Quelque part "Le hurlement de Cybèle" m'a fait songer aux "Sept merveilles du monde" de Steven Saylor dont un chapitre se déroule à Ephèse et dans lequel le temple d'Artémise est longuement décrit.

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

Autre choix audacieux et néanmoins raisonné, celui de prendre pour modèle une statue néolithique trouvée à Catal Huvuk dans le sud de la Turquie (images immédiatement ci-dessous). Elle représente une déesse mère et date de 5000 à 6000 an av. J.C. pour figurer l'idole du sanctuaire montagnard dans lequel se réfugient les jeunes héros.

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

Avec  un dessin très différent de celui du maitre, Thierry Démarez est pourtant peut être des repreneurs de la saga, le dessinateur le plus fidèle à Jacques Martin; en effet, comme lui dans son découpage de la planche, presque toujours en trois bandes horizontales, il se réserve souvent une case faisant toute la longueur de la page; ce qui lui permet de beaux panoramiques, souvent architecturaux qui plongent le lecteur d'emblée dans l'atmosphère de la Rome antique. A noter que pour que cette géographie de la page, soit encore plus efficace le dessinateur place cette longue case en haut de la page. Il fait d'ailleurs débuter l'album par un tel dessin. Celui-ci est particulièrement violent mais il avait déjà pratiqué ainsi dans les précédents. Toute la première page où l'on voit dévorer une jeune femme par des lions est très dure. A ce propos il faut se souvenir que dans l'Antiquité, on trouvait des d'Asie, des cousins des lions d'Afrique actuels, de l'Asie Mineure au sous continent indien. Mais à cause de la chasse, ils ont tous disparu de la Turquie actuelle depuis la fin du 19 ème siècle. L'Inde est le seul pays où on en trouve encore quelques centaines à l'état sauvage.

Mais avant de conclure ce billet, il faut tout de même dire qu'il se passe dans cet album, un fait, je crois jamais vu en bande-dessinée et qui devrait avoir une grande conséquence sur la suite de la série. Mais il serait criminel de vous en dire plus.

Si j'ai utilisé le conditionnel en ce qui concerne l'avenir d'Alix senator, c'est qu'en bande-dessinée classique rien est irréparable. Arbacès est mort plusieurs fois a réapparu. Mais dans Alix senator nous ne sommes pas dans une série classique puisque les héros vieillissent! Je pense qu'une édulcoration de cette surprise dramatique serait une énorme erreur. En choisissant cet événement, les auteurs ont pris une décision audacieuse et terrible qui puise sa force dans le fait d'être irréversible. L'atténuer et la contredire d'un arrangement feuilletonesque digne des romans populaires à épisodes serait maladroit et décevant, comme un recul, certes il n'est pas impossible que la suite cède à cette tentation en arguant de l'action faîte à moitié dans l'urgence 
La force de ce choix serait dans le fait de le maintenir et d'en tirer une évolution nouvelle du personnage.
J'espère que tout ne s'arrangera pas par un tour de passe passe. Le personnage de Kephren est justement passionnant d'être ainsi propulsé dans l'amertume jusqu'au plus terrible. C'est ce qui fait son grand intérêt et lui donne une paradoxale maturation dans la noirceur. 

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

Au point de vue éditorial on peut constater, que comme l’an passé, les éditions Casterman publient simultanément deux albums consacrés au héros de Jacques Martin. Le premier, « Alix Senator Tome 5 : Le Hurlement de Cybèle » signé du duo Thierry Démarez et Valérie Mangin et qui a donné une seconde vie à cette série bientôt septuagénaire. Le second, « Alix Tome 35 : L’Or de Saturne », réalisé dans la pure veine de Jacques Martin, classique.

Le hurlement de Cybèle est un album qui réussit l'alchimie rare d'unir audace et classicisme.

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

* Merci à Bruno d'avoir attiré mon attention sur l'article très intéressant concernant les galles dans le Daremberg (il faut néanmoins avoir à l'esprit que cet ouvrage date du début du XX ème siècle) que je reproduis ci-dessous:

Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
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Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
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Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin
Le hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie Mangin

 Pour retrouver Alix et Jacques Martin sur le blog

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Deux vidéos de Jacques Martin interviewé sur Youtube en 1 et en 2

Tous les Alix chroniqués sur le blog d'argoul 

Pour ne rien manquer de l'actualité "martinienne" il faut aller sur l'indispensable site alix mag

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Charles Burns à la galerie Martel

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Charles Burns à la galerie Martel
Jusqu'au 3 décembre

Jusqu'au 3 décembre

Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Charles Burns à la galerie Martel
Paris, novembre 2016

Paris, novembre 2016

Pour retrouver Charles Burns sur le blog: Toxic de Charles Burns

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case en exergue: Yann et Conrad

Publié le par lesdiagonalesdutemps

case en exergue: Yann et Conrad

Où l'on avait la révélation, dans Circus, en 1985, que Bob Morane (pardon, Bob Marone) couchait avec Bill B(G)allantine, c'était un véritable traumatisme pour certains mais une confirmation et un encouragement pour quelques autres...

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Vente de planches de B.D.

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Vente de planches de B.D.

Il y a bien d'autres oeuvres à vendre que celles que je montre dans ce billet. En dessous de chaque j'ai noté l'estimation. Pour en savoir plus: http://www.hubertybreyne.com/

Cuvelier 5000/6000

Cuvelier 5000/6000

60000/70000€

60000/70000€

Vente de planches de B.D.
Vente de planches de B.D.
Vente de planches de B.D.
Joubert 12000/15000 €

Joubert 12000/15000 €

Franquin  130 000/150 000 €

Franquin 130 000/150 000 €

Vente de planches de B.D.
Will 60 000/70 000 €

Will 60 000/70 000 €

Vente de planches de B.D.
François CRAENHALS (1926-2004) 12 000/15 000€

François CRAENHALS (1926-2004) 12 000/15 000€

Vente de planches de B.D.
Jacques Martin 10 000/12 000€

Jacques Martin 10 000/12 000€

Vente de planches de B.D.
Jacques Martin 5000/6000€

Jacques Martin 5000/6000€

Vente de planches de B.D.
Maurice TILLIEUX (1921-1978), 9000/10 000€

Maurice TILLIEUX (1921-1978), 9000/10 000€

Vente de planches de B.D.
Franquin 65 000/70 000€

Franquin 65 000/70 000€

Vente de planches de B.D.
Peyo 7000/8000 €

Peyo 7000/8000 €

Vente de planches de B.D.
Jean-Michel NICOLLET (né en 1944) 7000/8000 €

Jean-Michel NICOLLET (né en 1944) 7000/8000 €

Vente de planches de B.D.
François SCHUITEN (né en 1956)  22 000/25 000€

François SCHUITEN (né en 1956) 22 000/25 000€

Vente de planches de B.D.
Tardi 10 000/12 000€

Tardi 10 000/12 000€

Vente de planches de B.D.
Grzegorz ROSINSKI (né en 1941) 32 000/35 000 €

Grzegorz ROSINSKI (né en 1941) 32 000/35 000 €

Vente de planches de B.D.

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Case en exergue, Victor Hubinon

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Case en exergue, Victor Hubinon

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L'or de Saturne, une aventure d'Alix par Venanzi & Valmour

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L'or de Saturne, une aventure d'Alix par Venanzi &amp; Valmour

Le scénario de "L'or de Saturne", du à Valmour, est assez touffu. On y voit des gens de César - manipulés par ceux de Pompée, qui tentent de s'emparer du Trésor Public, lesquels en anticipent le forfait tout ce qu'il y a de plus historique par César lui-même… quelques semaines plus tard. L'histoire principale, en fait un casse à l'antique, n'est pas rapidement perceptible car l'histoire propose beaucoup de personnages et de péripéties, mais malheureusement avec un net manque de fluidité; c'est le principal défaut de son scénario. Il faut parfois revenir en arrière pour tout saisir. L'autre problème est que contrairement à ce qu'à montré jusqu'ici la série "Alix sénator", "L'or de Saturne" bouscule sérieusement l'Histoire. En particulier la captation du trésor du temple de Saturne par César. Dans la réalité, le Rubicon franchi, ce n’est qu’après avoir pris Rome, désertée par Pompée et les optimates, que César s'est emparé du Trésor de Saturne. Tel un vulgaire gangster, il aurait mis la pointe de son glaive sur la gorge du tribun de la plèbe L. Metellus, gardien du magot, en lui disant de lui donner le trésor ou sinon il l'égorgeait (Appien, Guerre civile, repris par Carcopino dans sa biographie de César).        
La première page présente Alix et César en route vers l'Italie avec une légion. Ils ont passé les Alpes et César hésite encore à franchir le Rubicon. Nous sommes donc quelques semaines avant janvier -49.

Les hésitations de César le conduisent à confier une mission à Alix. Ce dernier doit se rendre à Rome pour rencontrer Cicéron qui a l'oreille du sénat et pourrait le faire basculer dans le camp de César, mais le traître Labénius va tendre un piège à Alix.

Historiquement le fait que César puisse penser pouvoir s'allier avec Cicéron me parait très improbable car l'avocat romain s'est opposé très tôt aux projets politiques de César et il est resté constamment son adversaire. La probabilité qu'une alliance puisse se faire entre eux en -50 (juste avant le passage du Rubicon) me semble quasiment nulle.

Un autre fait est assez peu probable en regard de l'Histoire celui de voir les Pompéiens vouloir livrer l'or de Rome aux Parthes. Pompée qui les avait affrontés pendant la guerre contre Mithridate n'aurait probablement fait cela. Pourtant - les alliances changent - après la défaite du parti sénatorial, son fils Sextus chercha refuge chez les parthes; lui, et d'autres républicains en déroute. Mais de là à livrer l'or de l'aerarium ! 

On a l'impression à lire cet album que c'est Pompée qui courtisait le Sénat pour s'opposer à son rival César. Alors que c'était plutôt l'inverse : les optimates du Sénat poussaient Pompée à combattre César. A ce propos Il faut se souvenir que la saga alixienne a choisi son camp; elle est pour César et contre Pompée, et ceci dès le premier album; Jacques Martin étant impressionné par la stature historique du grand Jules César ? Il a présenté à ses lecteurs Pompée comme un jeune loup avide de neutraliser César. Alors qu'en réalité ce fut exactement le contraire. Il suffit pour en être persuadé de comparer la chronologie de leur actions respectives!

Pompée est une personnalité et a un cursus assez atypique dans l'Histoire romaine. Au contraire de César, Pompée n'a jamais suivi le cursus honorum. Pompée appartenait à l'ordre équestre. Pas à la nobilitas (ordre sénatorial). Mais il a été en quelque sorte le "bras séculier" de l'ordre sénatorial qui le craignait et le méprisait en même temps. C'était un chef de guerre qui avait pris la relève de son père Cn. Pompeius Strabo, lequel s'était - avec ses clients - rangé du côté de Sylla, à son retour de la guerre contre Mithridate. La plupart de ses magistratures, il les a assumées avec la nuance "faisant fonction". Il était, tout simplement the right man in the right place. Ce qui devait bien faire enrager les pontifes-pontifiants du Sénat qui pourtant avaient bien besoin de lui ! (voir la biographie de Pompée d'Eric Teyssier, chez Perrin)

Ce qui est dérangeant à la longue c'est cette vision manichéenne de l'univers romain de Jacques Martin pour qui les "Populares" de César représente le camp du bien alors que les optimates de Pompée  apparaissent toujours comme le camp du mal et des complotistes (Saylor dans sa série des aventures du limier Gordien prend le même parti avec juste un peu plus de nuances). En cela, on reste avec cet "Or e Saturne dans le continuum des "Légions perdues" et la thématique complotiste des Pompéiens. 
C'était Pompée l'impérator, le Magnus. Pompée de par sa gloire acquise sur les champs de batailles  en Orient et Ibérie n'avait pas besoin d'imiter Jules César, c'était plutôt l'inverse.Au sujet de la représentation de Pompée, celui dessiné par Marco Venanzi ressemble à celui de la série pour la télévision "Rome" qui lui-même avait la bonne idée d'être assez près des portraits sculptés que l'on connait du grand homme. Le grand Jules a été moins gâté. Il a encore une tête différente par rapport aux autres albums. Il serait bon que le comité Martin se réunisse pour fixer une fois pour toute la physionomie de César!

Venons en au dessin, une bande-dessinée n'est pas qu'un scénario, c'est aussi, surtout dirais-je une suite de dessins et si on peut que ce réjouir des progrès fait par Marco Venanzi on peut que constater qu'il ne parvient toujours pas à représenter tout au long d'un album Alix d'une manière cohérente. Parfois le pauvre Alix ne se ressemble pas tout à fait! Il est vrai que les trois précédents albums de Marc Jailloux, très rigoureux en la matière, ont rendu les "alixophiles" de plus en plus exigeants.

Dans une interview, Marco Venanzi expliquait que pour cet album, il avait réalisé le crayonné numériquement, puis imprimé la planche qu'il encrait à la main de façon à mieux travailler la perspective ainsi.


Si on ne peut qu'être satisfait pour la ressemblance de Pompée d'avec ses représentations historiques, on l'est beaucoup moins en ce qui concerne les uniformes. Par exemple les casques que l'on voit dans l'album sont d'époque impériale! Certes, il y a eu des progrès avec les cotes de mailles apparentes, dans "Le testament de César" épisode dans lequel Marco Venanzi représentait encore les légionnaires dans une cuirasse en lamelles, mais des erreurs subsiste encore dans ce nouvel album les panoplies des légionnaires romains sont ici d'époque impériale, et non de la fin de la République. Pourtant à partir de l'album "Vercingetorix" Jacques Martin, qui pour dessiner ses légionnaires s'était inspiré de la représentation de ceux-ci sur la colonne Trajane, s'apercevant de son anachronisme avait modifié la représentation de ses soldats romains.
Malheureusement Venanzi n'a pas suivi son exemple. Ce qu'il a fait, c'est un peu comme imaginer les protagonistes de la Bataille des Ardennes en décembre 1944)coiffés du casque Adrian des poilus de 14/18.

Il est dommage que Marco Venanzi ne respecte pas une règle établie par Jacques Martin qui n'est pourtant pas contraignante et néanmoins donne une unité à la série, celle de commencer toujours un album avec une grande case d'introduction et placer le mot fin dans une case similaire.

L'or de Saturne, une aventure d'Alix par Venanzi &amp; Valmour
étude de Venanzi pour Enak

étude de Venanzi pour Enak


 

Couverture
Dans un bon péplum, il faut quelques personnages historiques pour donner l'illusion de la réalité. Cette histoire respecte la règle et nous propose non seulement Jules César, Pompée et son fils Sextus Pompée, ainsi que Labénius, mais aussi le célèbre Cicéron, son secrétaire Tirion et sa fille Tullia. Celle-ci entame bien sûr une relation amoureuse avec Alix, concession à l'hétérosexualisation forcené de la série.

Les successeurs de Jacques Martin placent plus les aventures d'Alix dans l'Histoire que le créateur de la série. C'est souvent fait avec beaucoup d'habileté comme dans Alix senator. Cette historicisation de la saga n'est pas pour me déplaire à condition qu'elle ne prenne pas le contre pied de l'Histoire comme ici. 

Les scénaristes prennent souvent quelques libertés sur la réalité historique de ces personnages ou tout du moins, ils prennent une option idéologique à propos de ces figures, ce qui est parfaitement leur droit. Prenons Labienus, il a pris fait et cause contre César seulement le 2 mars 49. Mais rien n’interdit de penser que dès décembre 50 il songeait à lâcher César. Originaire du Picenum tout comme Pompée, Labienus était un client de ce dernier ! Il a suivi César en Gaule parce que son patron Pompée était à ce moment allié à César. Tout change lorsque les deux triumvirs s’opposent. Labienus ne pouvait choisir que son camp. Dans l’antiquité romaine on ne fait pas n’importe quoi. Les allégeances et le clientélisme priment sur le reste… L'amiral Bibulus, autre personnage que l'on aperçoit dans "L'or de Saturne, Marcus Calpurnius Bibulus dont il est question pp.29-30 fut co-consul de César en -59. En parfait désaccord avec celui-ci, il préféra s’enfermer chez lui plutôt que l’exercer son mandat. Si bien que les Romains goguenards parlaient de 59 comme du consulat de Jules & César, au lieu de César & Bibulus comme le veut la règle.

Et puis il y a Cicéron que l'on voit rarement en BD: Ce grand talent littéraire, il a laissé une somme d'informations incroyable sur les évènement de son temps, certes d'une lecture très subjective. C’était aussi un opportuniste et un versatile balançant au grès des vents et surtout de ses intérêt des populares aux optimates et vice versa. Tout comme Pompée, Cicéron était un « homme nouveau », et le Sénat – qui se méfiait d’eux – chercha à les instrumentaliser. Il semble aussi avoir été très infatué de lui-même, et la manière dont il a jugulé le « coup d’Etat » de Catilina en -63 pose bien des questions; notamment du fait de l’exécution sommaire et sans jugement de témoins gênants sur ce sujet il faut lire le passionnant roman de Saylor "L'énigme de Catilina" (on peut aller voir le billet que j'ai consacré à ce roman: L'enigme de Catilina de Steven Saylor (édition révisée).

Petit rappel historique à propos de "pois chiche":

Après avoir injustement fait mettre à mort une dizaine de présumés partisans de Catilina (dont le beau-père de Marc Antoine, qui ne le lui pardonnera jamais), le consul de 63 Cicéron sera exilé de Rome. Le rôle de César, ici, n’est pas clairement défini : était-il secrètement partisan de Catilina, ou seulement choqué par l’illégalité des méthodes de Cicéron ? On rasa la maison du « Romulus d’Arpinium » (le vaniteux avocat se considérait comme le second fondateur de Rome, le Père de la Patrie) et on y édifiera un Temple de la Liberté. Revenu à Rome quelques années plus tard, il "bricole au barreau". En 56, Cicéron tente de revenir en politique mais s’abstient d'assister à la réunion des triumvirs à Lucques, qui voulaient lui proposer leur alliance. Il traîne en justice Publius Vatinius, un partisan de César, puis s'oppose à sa loi agraire. Le triumvirat le rappelle à l'ordre, Pompée lui fait rappeler la protection qu'il lui doit. Cicéron, geignard comme d’habitude, doit plaider au Sénat le de Provinciis Consularibus en vue d’obtenir la prolongation du proconsulat de César en Gaule.  Cette « palinodie embarrassante », selon ses propres termes, est suivie d'une autre lorsqu'il doit plaider pour la défense de Vatinius. En 53, Cicéron soutient – mais en vain – l’élection d’Antoine au collège des augures (César avait enjoint à son légat de se réconcilier avec l’avocat, en dépit de la haine que celui-ci lui vouait depuis l’affaire de Catilina).
C’est le paradoxe de l’opportuniste allié à César en dépit de son opposition avec Clodius, autre suppôt de César. N’est pas Caton qui veut !

De 51 à 50, Cicéron est proconsul en Cilicie. À son retour en Italie fin 50, il atterrit dans l’aiguë crise politique qui oppose César à Pompée - désormais veuf de Julia, fille de Jules -, que courtisent activement les conservateurs du Sénat (les Optimates). Cicéron – qui a modestement stoppé les Parthes sur l’Amanus le 13 octobre  – stationne hors de Rome, attendant que le Sénat l'autorise à y pénétrer en triomphateur (comme il l’a [im]modestement revendiqué) et rencontre Pompée le 25 décembre. Il n'assiste donc pas aux séances du Sénat qui déclenchent le conflit avec César (encore moins aux fiançailles d'une éventuelle Tullia, comme on le voit dans l'album). 
Cicéron suit Pompée et son armée en Grèce (seulement en juin). Après Pharsale (48), Cicéron abandonne le parti pompéien et obtient le pardon de César. Ayant trouvé grâce aux yeux de ce dernier, il se consacre de nouveau aux études et à des traités philosophiques et, bon gré mal gré, s'accommode du pouvoir de César, avant de s’allier à Octave contre Antoine. Sa franche opposition à Antoine (ses fameuses Philippiques) lui coûtera la vie en 43, lorsque Fulvia – femme d’Antoine – le fera égorger par deux officiers. Sa tête et sa main droite tranchées seront exposés sur le Forum.

Toujours au sujet de Cicéron il y a un clin d'oeil dans la dernière case de la page 34 a tous les latinistes qui ont traduit Cicéron (les catilinaires) et même aux autres  qui connaissent sa célèbre phrase : Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra (jusqu'à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience). Lorsque Alix, dans cette case, s'adresse à Cicéron: Jusque quand, Cicéron, abuseras-tu de sa patience ? 

Dans l'album, on voit donc la fille du dit Cicéron, Tullia, se fiancer avec M. Petreius pendant les Saturnales de -50 (16-18 décembre). À cette époque, le dit Petreius normalement aurait du être en Lusitanie, où il était légat du proconsul Pompée qui, lui, préférait rester à Rome. Plus embêtant, c’est qu’à ce moment-là la main de Tullia n’était plus à prendre ! Celle-ci avait épousé P. Cornelius Dolabella cinq mois auparavant (juillet -50), dont elle accouchera d’un fils prématuré le 17 mai -49. Le couple divorcera en 46.
Rappelons que le gendre de Cicéron, Dolabella, était un partisan de César aux côtés de qui il combattra les Pompéiens à Pharsale (48), à Thapsus (46) (Par delà le Styx) et à Munda (45) (L'ibère). Même si ces BD ne l’y mentionnent pas.  


Valmour a déclaré (voir l'encadré ci-dessous) que "L'or de Saturne" se plaçait à la suite "Des légions perdues" ce qui me parait inexacte, même si cela permet le retour de Garofula. Les "Légions perdues" font référence au siège d'Avaricum qui eut lieu en avril -52. Il avait été précédé par l'épisode de César et ses renforts traversant les Cévennes enneigées durant l'hiver -52,-53 qui inspira à Martin la traversée des Alpes par l'armée du général Horatius. 

 

L'or de Saturne, une aventure d'Alix par Venanzi &amp; Valmour



 

Couverture

Les décors sont soignés. Par exemple on découvre sous de multiples angles les remparts, le forum ou le temple de Saturne. Les rue romaines sont vivantes et populeuses, et Venanzi se montre plutôt à l'aise avec les scènes de foule. Il reste que Venanzi n'arrive pas au degré de saturation de la case par moult détails qui faisait tout le sel des cases de maitre Martin.

 



Le clou de l'album est la représentation d'une naumachie. Si les cases sont belles on aurait pu en espérer de plus nombreuses pour cet épisode.

Les Jeux du Cirque sont indissociables de la vie romaine, et cet album n'y fait pas défaut. Les auteurs nous proposent une originale séquence de naumachie. Ce combat, rarement reconstitué dans les péplums, va permettre à Alix de se faire de précieux alliés, les pirates de Calypsos. D'autre part sa représentation pose problème Marco Venanzi reconstitue la naumachie dans un ensemble monumental s'inspirant de celle qui inaugura le Colisée sous Titus, soit environ 150 ans plus tard. La naumachie inaugurale du Colisée fut probablement la seule et unique qui y fut donnée.

 

la naumachie vue par Chaillet

la naumachie vue par Chaillet

La naumachie a déjà été présente dans la saga alixienne dans Les voyages d'Alix-Rome/1 (page 40-41, voir immédiatement ci-dessus). La reconstitution de Chaillet laisse deviner le problème des dimensions de la cavea inondable puisqu'elle devait accueillir la manoeuvre de navires de 40 mètres. 

C'est pour cela que les naumachies se déroulent sur des plans d’eau disponibles, comme celle de Claude sur le lac Fucin (que l’on assécha ensuite). C’est à cette occasion qu'aurait été prononcé un certain "ave imperator, morituri te salutant" déclaration qui connut la bonne fortune que l’on sait !

En regard des moyens qu'elle requérait les naumachies ne devait pas se dérouler tous les quatre matins. La seule dans cette période que la postérité ait retenu est celle de Jules César, laquelle semble s'être déroulée au champ de mars en -46, pendant son quadruple triomphe. Elle était dédiée à la mémoire de sa fille Julia, épouse de Pompée, décédée quelques années plus tôt. Un bassin avait été creusé pour la circonstance, qui fut ensuite détruit. (C’était l’usage à l’époque, idem pour les amphithéâtres de bois au Forum Boarium, où s’affrontaient les gladiateurs. L’emplacement exact est sujet à controverses.

Encore une fois on voit que le scénariste inverse ce que l'on doit à César pour en faire bénéficier Pompée et vice versa; mais il n'est pas impossible que trois auparavant Pompée et son fils aient organisé également une naumachie. D'ailleurs Pompée en -40 Sextus Pompée en a d’offert une, mais pas à Rome ! Elle eut lieu dans le détroit de Sicile pour célébrer sa victoire sur Q. Salvidienus Rufus, l’amiral d’Octave, et les protagonistes s’affrontèrent sur… des radeaux de bois ou de peau (DION CASSIUS, XLVIII, 19). Plus tard, en -2, Auguste construisit aussi une naumachie au pied du Janicule, de l’autre côté du Tibre.

On trouve aussi une naumachie dans un album de Chaillet (Roma Aeterna/3: Tuer César).

Les naumachies sont rares dans les péplums cinématographiques. On en voit une dans Les derniers jours d'Herculanum (1962) de Gianfranco Parolini qui fait embraquer sur deux radeaux deux dizaines de gladiateurs. Un cercle de naphte enflammée et quelques crocodiles rehaussent de leur présence cette modeste empoignade. Sous le pseudonyme de Lawrence Weber il en reprendra quelques images pour Les orgies de Caligula (1983). Un peu moins minimaliste, Irving Rapper et Giampaolo Callegari montreront dans leur "Ponce Pilate" en 1961 Ponce Pilate (Jean Marais !) célébrant à Césarée l’anniversaire de son beau-père, l’empereur Tibère, en faisant s’affronter trois mini-galères de 20 rameurs, une jaune, une verte et une rouge, s’éperonnant mutuellement. Le jeu consistant pour les naufragés à ensuite échapper aux crocodiles toujours eux! Dans son "Spartacus" de 1953, Riccardo Freda inonde les arènes de Vérone autour du décor d’une unique galère avec ses voiles et rameur des lions sont lâchés qui bouffent les rameurs, jusqu’à ce que Spartacus et ses amis réussissent à arrêter le massacre. Je préfère les crocodile. Si vous connaissez d'autres naumachies sur écran n'omettez pas de me les signaler. 




Il ne manque donc pas grand chose à cet album pour satisfaire les amateurs de BD historique. L'album ne se lit pas trop rapidement ce qui est préférable il redonne vie à de vieux personnages martiniens , et qui raconte avec beaucoup de mouvement une chasse au trésor à travers l'Italie antique. Mais encore une fois en dépit de leurs qualité les repreneurs de la série ne parviennent pas à retrouver le charme qu'avaient les aventures d'Alix imaginées et dessinées par le maitre. En outre on peut se demander s'il est bien utile (sauf pour le profit de l'éditeur...) d'avoir une deuxième lorsque l'on a sous la main celle composée de Jailloux et Breda?  

Un débat passionnant sur la bd historique , et c'est en podcast sur France Culture.

L'or de Saturne, une aventure d'Alix par Venanzi &amp; Valmour
L'or de Saturne, une aventure d'Alix par Venanzi &amp; Valmour

* La chronologie des aventures d'Alix

Un érudit en martinologie, Jacky-Charles

 

auquel je n'arrive pas à la cheville en matière de saga alixienne a établi une chronologie des aventure du jeune gaulois qui vaut son pesant de savoir. Ceci dit cet exercice à ses limites car le problème avec les nouveaux auteurs, c'est qu'ils veulent absolument raccrocher leur scénario à un événement précis. Pour lui donner un cachet d'authenticité ? Je crois que l'exercice va trouver ses limites, par exemple avec L'or de Saturne, c'est la troisième aventure qui se déroule à peu près au même moment et qui recouvre donc partiellement les précédentes. Il faut bien avoir à l'esprit lorsqu'on les lit que les aventures d'Alix n'ont pas été planifiées comme les enquêtes de Gordien par Steven Saylor, mais conçues dans le désordre (et même improvisées dans l'urgence dans le cas d'Alix l'intrépide, en fonction de la documentation et des coups de coeur de Jacques Martin. Le résultat est parfois cocasse, comme dans Iorix le grand avec ces fortifications hellénistiques - empruntées à L'architecture militaire grecque de J.-P. Adam - en Gaule !!! Alix vit dans une "Antiquité rêvée" à mi-chemin entre la peinture du XIXe s. et les fouilles de Claude Traunecker (historien et archéologue alsacien ami de Jacques Martin), il ne faut pas voir plus loin. Même si aller voir plus loin est aussi un jeu amusant et instructif. 

Je vous livre donc cette chronologie "dans son jus", je n'ai fait qu'y ajouter "Par-delà le styx" et "L'or de Saturne" ainsi que les dates d'apparition des aventures, d'abord dans le journal Tintin, quand elles y ont paru, puis en album. J'ai fait suivre cette date par le noms des auteurs en commençant par le ou les scénaristes (Le je dans cette chronologie est celui de Jacky-Charles et non le mien) :

Par-delà le Styx, un album d'Alix dessiné par Marc Jailloux et scénarisé par Mathieu Breda
 

1°) PERIODE « POMPEIENNE »


Repère historique : Pompée est au pouvoir, soit jusqu'au passage du Rubicon par César, en janvier -49.

Alix l'intrépide 
1948-1949 Jacques Martin : entre la bataille de Carrhes ( 28 mai -53 ) et l'été -52. ( 15 )

Le sphinx d'or 
1949-1950 Jacques Martin : commence avec la chute d'Alésia ( 27 septembre -52 ), l'histoire se poursuivant en Égypte dans les semaines ou les mois qui suivent, peut-être jusqu'en -51. ( 6 )

L'île maudite 
1951-1952 Jacques Martin : suite du « Sphinx d'or » en -51, d'après les personnages d'Enak et d'Arbacès ; mais, page 4, Alix parle de l'offense faite à Rome et à César, donc celui-ci gouverne ; qu'aurait-il eu à faire avec Carthage en tant que proconsul de Gaule ? Nous sommes donc soit dès -49, soit après la fin de la guerre contre les pompéiens en Afrique du nord ( juillet -46 ), c'est à dire au second semestre de -46 ou bien en -45. On reparlera de Lydas dans « Le spectre de Carthage ». Je privilégie pour cette fois le romanesque sur l'exactitude historique. ( 12 ) 

La tiare d'Oribal 
1955-1956 Jacques Martin : pas de repère historique apparent, mais Arbacès revient dans « La chute d'Icare » et Oribal meurt dans « La tour de Babel ». ( 12 )

La griffe noire 
1957-1959 Jacques Martin : pas de repère historique apparent, mais on reparle de Rafa dans « Le spectre de Carthage », et Galva et Horatius reparaissent dès l'album suivant, Servio revient dans « Roma, Roma... ». ( 12 )

Les légions perdues 
1962-1963 Jacques Martin : Pompée est présent, César est en Gaule, Galva et Horatius reviennent. ( 3 )

Le dernier spartiate 
1966-1967 Jacques Martin : pas de repère historique apparent, mais Héraklion doit entrer en scène puisqu'on le retrouve dans des épisodes suivants, Galva et Horatius sont présents. ( 3 )

Le tombeau étrusque 
1967-1968 Jacques Martin  : pourrait également faire partie de la période suivante, la guerre civile n'ayant vraiment eu lieu qu'entre janvier et mars -49, mais il semble plutôt s'agir ici d'escarmouches entre partisans, qui peuvent donc avoir eu lieu avant janvier -49, seule période à retenir en raison de la présence de Brutus qui reparaîtra dans « Le spectre de Carthage ». ( 1 )

Le prince du Nil 1973 Jacques Martin : Enak retrouve son nom de Menkharâ et son titre de prince qui sera réutilisé dès « L'enfant grec », en contradiction avec l'indication qui laisse supposer que César est au pouvoir, donc en -49 ou après. ( 6 ) 

Le fils de Spartacus 

1974 Jacques Martin : il est plusieurs fois question de Pompée au pouvoir, César est en Gaule, Héraklion et Galva sont présents, Fulgor arrive. ( 2 )

Le spectre de Carthage 
Jacques Martin 1976 : pas de repère historique apparent, mais Rafa et Lydas sont cités, Brutus revient et meurt, Corus Maler arrive et réapparaîtra dans « Roma,Roma... » ( 3 )

L'enfant grec 
1979 Jacques Martin : Pompée apparaît page 9, Enak fait état de son titre de prince d'Egypte. ( 2 )

Vercingétorix 
1985 Jacques Martin : Pompée apparaît page 4, César est en Gaule. ( 4 )

Les barbares 
1998 Jacques Martin / Rafael MoralèsMarc Henniquiau : Pompée est cité par César page 9 ; mais César est « consul » ( page 10 ), alors qu'il ne retrouvera cette fonction qu'en -47 ! ( 12 )

La chute d'Icare 
2001 Jacques Martin / Rafael MoralèsMarc Henniquiau : Pompée est cité par Numa page 27. Arbacès, Archéloa et Quintus Arenus reviennent, Julia arrive. ( 3 )

Roma, Roma... 
2005  Jacques Martin / Rafael MoralèsMarc Henniquiau : César est en Gaule ( page 12 ), et Pompée apparaît page 16 ( « suite » du « Tombeau étrusque » avec les mêmes personnages : Octave, Lidia, Héraklion, les Molochistes, plus Julia, Quintus Arenus, Servio, Fulgor, Corus Maler ). ( 1 )

C'était à Khorsabad 
2006 Jacques Martin,François Maingoval / Cédric Hervan Christophe Simon : César « doit terminer sa campagne en Gaule » ( page 48 ), Arbacès réapparaît. Nous sommes sans doute en -50. ( 12 )

La cité engloutie 
2009 Patrick WeberJacques Martin / Ferry  : se déroule en Armorique pendant la campagne de Gaule, Labienus est encore adjoint de César. Nous sommes également en -50. ( 6 )

Britannia 
2014 Mathieu Breda / Marc Jailloux paraît se situer en -54 au moment de la seconde expédition de César en Bretagne dont elle emprunte le déroulement, mais certains détails dont les noms des personnages montrent que cette expédition est une fiction qui se situe dans la continuité des aventures, toujours à la date de -50. ( 3 ) 

Le dieu sauvage 
1969 Jacques Martin : pas de repère historique apparent. Héraklion est présent, Adréa meurt, Horatius 
est encore vivant. On apprend que le voyage en Cyrénaïque se situe juste avant « La conjuration de Baal » ( 1° trimestre -49 ), donc à la fin de -50. ( 6 )

N'oublions pas les romans :

Le sortilège de Khorsabad : Pompée et Arbacès sont présents ( et toujours complices ). ( 6 )

La conjuration de Baal 2011 Michel Lafon / Christophe Simon: se situe au 1° trimestre -49, entre le passage du Rubicon par César ( 12 janvier -49 ) et le départ de Pompée pour la Grèce, au moment où Alix revient de Cyrénaïque ( 2 ).

n3

L'or de Saturne 2016 Valmour /Venanzi /  César hésite encore à franchir le Rubicon. Nous sommes donc quelques semaines avant janvier -49.**

La denière conquête Géraldine Ranouil / Marc JaillouxCorinne Billon 2013 : commence au moment où César passe le Rubicon, l'action de cet album recouvre donc complètement celle du précédent, tout en durant nettement plus longtemps ( 24 ). 

L'île maudite 
1951-1952 Jacques Martin : devrait se situer historiquement à partir de -49 ou de -46, César étant au pouvoir.

Le prince du Nil 
1973 Jacques Martin : Djefer dit à Alix, page 16, « César projette d'envahir l'Égypte après son retour de Gaule. » Nous serions donc entre mars -49 et septembre -48, arrivée de César à Alexandrie.

Ô Alexandrie 
1996 Jacques Martin / Jacques MartinRafael MoralèsMarc Henniquiau : César est « consul » ( page 48 ), mais n'est pas encore arrivé en Égypte, donc même période que ci-dessus. En -48, il est nommé en fait dictateur pour un an et ne redeviendra consul qu'en -47. ( 6 )

Le fleuve de Jade 
2003 Jacques Martin / Rafael Moralès Marc Henniquiau : idem ci-dessus, nous sommes toujours entre mars -49 et septembre -48. ( 12 )

Le démon du Pharos 
2008 Patrick WeberJacques Martin / Christophe Simon : idem. ( 3 

 

L'empereur de Chine 1982 Jacques Martin : selon Mardokios ( page 9 ) César est consul, donc en -47. ( 48 )

 

Par-delà le Styx 2015 Mathieu Breda / Marc Jailloux : On peut penser que l'album démarre fin 47 quand Antoine est le magister equitum de Jules César; fonction qu'il exerça en 48 et 47. Il se termine quelques jours après la bataille de Thapsus qui se déroula le 6 avril 46 av. J.C 


L'ombre de Sarapis 2012 François Corteggiani /  Marco VenanziMathieu BarthélemiVéronique Robin : page 47, Cléopâtre dit à Alix qu'elle se rendra à Rome pour le prochain triomphe de César, celui-ci ( en fait, il y en eut 4 ) ayant eu lieu en août/septembre -46, après son retour d'Afrique du nord le 28 juillet -46, nous sommes en juin/juillet -46. ( 2 ) 

Le testament de César 
2010 Marco Venanzi : se situe au moment du départ de César pour l'Espagne et le début de la guerre contre les pompéiens racontée dans « L'Ibère », soit à la fin de l'année -46. ( 1 )

L'Ibère, 
2007 François MaingovalPatrick WeberJacques Martin / Christophe Simon : une des rares histoires datées, de -46/-45 ( guerre contre les pompéiens en Espagne, bataille de Munda le 17 mars -45 ). ( 6 )

Les proies du volcan 
1977 Jacques Martin : en -45, César veut reprendre la guerre contre les Parthes pour venger la défaite de Carrhes, et envoie Alix et Enak en mission en Inde. Nous sommes en -45/-44. ( 24 )

-oOo-


3°) PERIODE « OCTAVIENNE »

Après l'assassinat de César en mars -44, Octave cherche à prendre le pouvoir. Le nom donné à cette période ne veut pas dire qu'Octave est présent dans ces histoires, au contraire. Elles n'entrent pas historiquement dans une des deux périodes précédentes et peuvent donc se situer après, ce que j'ai imaginé pour respecter un peu le temps qui passe !

Iorix le grand 
1971-1972 Jacques Martin : pas de repère historique apparent. ( 12 ) 

La tour de Babel 
1981 Jacques Martin: pas de repère historique apparent. Oribal meurt, Adroclès apparaît et reviendra dans « Le cheval de Troie ». ( 3 ) 

Le zane noir (roman) : se situe pendant une année olympique, en -52, -48 ou -44 ( mais au moins 4 ans avant « Le cheval de Troie », cf. ce commentaire ). ( 2 )

Le cheval de Troie 
Jacques Martin 1988 : se déroule au cours d'une année olympique, après les Jeux, aux mois de Juillet et Août, donc, par rapport aux aventures d'Alix, soit en -52 ( impossible, on sait qu'il était en Gaule et en Égypte ), ou plutôt en -48 ( année très chargée : lutte contre Pompée et ses partisans, débarquement à Alexandrie ), ou encore en -44 ( année de la mort de César : Alix aurait-il été disponible ? ). Héraklion et Adroclès sont présents, Horatius meurt. ( 6 )

L'hydre bleue (roman) : cette aimable fantaisie est indatable. ( 1 )

-oOo-

4°) PERIODE « AUGUSTEENNE »

Avec l'arrivée de la série dérivée « Alix Sénator », nous entrons de plein pied dans cette période en franchissant d'un coup au moins 32 ans ! Octave est devenu Auguste et donne une seconde fois son nom à cette période.

Alix Senator 
2012  Valérie Mangin Thierry Démarez : 1) Les aigles de sang : cette histoire est datée de -12. ( 2 )

Alix Senator 
2013 Valérie Mangin Thierry Démarez : 2) Le dernier pharaon : suite du précédent. ( 2 )

Alix Senator 
2014 Valérie Mangin Thierry Démarez : 3) La conjuration des rapaces : suite des précédents ( 1 )

** Une fois de plus il y a un petit problème de chronologie qui contredit les déclarations du scénariste.

On sait que chaque fin de saison guerrière, César positionnait ses légions en quartiers d'hiver dans les zones sensibles de la Gaule, en surveillance et partait tenir en Italie ses assises, avec une légion en appui, et hivernait donc en Gaule Cisalpine, pour ne jamais être trop loin de la cité, et donc du centre de décision.

 

Couverture

Là où il y a un flou spatio-temporel, c'est dans la continuité des faits entre les légions perdues et L'or de Saturne.
On avait laissé le camp de César à Avaricum "Légions perdues" p52 en mars -52 avJC,


 

Couverture

et on le retrouve au début de "L'or de Saturne" en Gaule Cisalpine septentrionale avec Garofula en otage, puis de nouveau dans la vallée d'Aoste plus au sud p25

 



Sur le point de franchir le Rubicon en décembre -50av JC.      
Nous nous retrouvons de facto de nouveau devant un problème spatio-temporel, donc il y a un vide chronologique de deux ans.
IL faut donc envisager "L'or de Saturne" non comme le continuum des "Légions perdues" même si l'on y retrouve le sinistre Garofula, mais A contrario, comme un album se situant juste en amont  du franchissement du Rubicon, et de la guerre civile.. On peut en déduire que Garofula est resté pendant 2 ans prisonnier de Jules César. Ceci lui a fait perdre un peu de sa superbe.

 

 Pour retrouver Alix et Jacques Martin sur le blog

Alix nuAlix Enak, amitié érotiqueLa conjuration de Baal de Christophe Simon et Michel Lafon, Un épisode de la vie d'Alexandre le grand, vu par Jacques Martin,  Jacques Martin, auteur classique,  Le Fleuve de Jade, une aventure d'Alix par J. Martin et R. Morales,  Les filles dans AlixLes chats dans Alix,  Jacques Martin, un auteur paradoxalement méconnu,  case en exergue, 2 Jacques Martin,  Alix vu par ses dessinateurs,  Alix senator, Les aigles de sang, dessin Thiérry Démarez, scénario Valérie Mangin Alix et la pêche aux coraux Alix nu Pour se souvenir de l'exposition Jacques Martin à la Maison de la bande dessinée à Bruxelles la cote des dessins de Jacques MartinAlix à Drouot, Alix vu par Pierre JoubertAlix réinterprété par Jean-François CharlesLe hurlement de Cybèle, le prochain Alix senatorsur les pas d'Alix au Machu Pichu, Alix à DrouotUne vente Alix à Drouot, Karnak, Alix senator, Martin, L'Histoire en héritage, La dernière conquête, une aventure d'Alix, Par-delà le Styx, un album d'Alix dessiné par Marc Jailloux et scénarisé par Mathieu Breda (réédition complétée), Alix l'intrépide de Jacques MartinAlix senator, Les démons de Sparte de Thierry Demarez et Valérie Mangin (réédition complétée)Le Démon du Pharos, une aventure d'Alix, dessinée par Christophe Simon, scénarisée par Patrick WeberLe prince du Nil de Jacques Martin
 

Deux vidéos de Jacques Martin interviewé sur Youtube en 1 et en 2

Tous les Alix chroniqués sur le blog d'argoul 

Pour ne rien manquer de l'actualité "martinienne" il faut aller sur l'indispensable site alix mag

L'or de Saturne, une aventure d'Alix par Venanzi &amp; Valmour
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Publié dans Bande-dessinée

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