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Patrocle dans l'art

Publié le par lesdiagonalesdutemps


Bertel Thorvaldsen: Achille et Patrocle

Antoine-Jean Gros: La mort de Patrocle
Giovanni Antonio Pellegrini: Achille contemplant le corps de Patrocle
Achille pleurant devant le cadavre de Patroclede Patroclo
George Dawe: Achille désespéré par la perte de Patrocle

 David: Patrocle
Antoine Wiertz: Grecs et troyens lutant pour le corps de Patrocle
Menelas levant le corps de Patrocle (copie romaine d'un original grec)
David Ligare: Achille et les grecs soulevant le corps de Patrocle
Thomas Douglas: la mort de Patrocle
Johann Balthasar Probst: Tetis tentant de consoler Achille 
Behjamin West: Tetis donnant de nouvelles armes à Achille
 David: Les funérails de Patrocle


 Gavin Hamilton: Achille pleurant la mort de Patrocle
Dirck van Baburen: Achille se préparant à venger la mort de Patrocle


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NIGHT SCENE

Publié le par lesdiagonalesdutemps


     

Fiche technique :


Avec Gao Yang, Liang Hao Bin, Qiao Bin et Ge Ying Han.

 

Réalisation : Cui Zi’En. Images : Zhang Hui Lin. Son : Yuan De Qiang.


Chine, 2005, Durée : 85 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :
Night Scene est une suite d’interviews de jeunes gigolos dans le Pékin d’aujourd’hui. La plupart de ces garçons, peu instruits, viennent de la campagne où il est difficile de vivre leur homosexualité. Les bouleversements économiques de la nouvelle Chine leur offrent peu de choix… à par celui de se prostituer. Ces témoignages recueillis (et/ou joués ?) dans les lieux de drague et dans des clubs, où certains sont danseurs, nous renseignent sur une partie de la vie gay en Chine en ce début du XXIe siècle.



L’avis critique


On ne dira jamais assez combien est importante l’amorce d’un film. Night scene débute de bien belle façon par la confession d’un jeune et mignon gigolo, filmée à travers un aquarium. Ainsi les poissons qui passent et repassent, oblitèrent le visage du garçon, le temps de leur musardise hésitante. Les situations crues, décrites par l’interviewé, sont en complet décalage avec la belle image apaisante sur l’écran. Dès cette première séquence, on peut vérifier avec quel soin le personnage est mis en scène dans l’espace et avec quelle inventivité a été choisi le cadre de son épanchement. Cette qualité de l’image ne se démentira pas durant tout le film. On remarquera aussi avec quel raffinement chaque interview est traitée, dans une gamme de couleurs différente des autres.
En voyant les premières séquences, on peut espérer que l’on est en présence d’une sorte deCléo de 5 à 7 chinois. La référence à la Nouvelle Vague française est tout sauf gratuite, tant son influence est patente dans tout le film, en particulier en ce qui concerne le traitement du son… très godardien. Malheureusement, à l’inverse d’Agnès Varda qui ne lâche pas sa Cléo pendant tout son film, Zi’En abandonne trop vite Yangyang qui aurait pu être le fil rouge de Night Scene,reliant par sa présence ce patchwork de confidences.
Il est curieux que le point faible du film soit le scénario et non l’image pour un cinéaste qui vient de l’écrit. Il est l’auteur du scénario du Protégé de madame Qing dans lequel il mêlait habilement fiction et documentaire.
Zi’En n’est pas le premier cinéaste à nous présenter un film entre fiction et documentaire, composé d’une mosaïque de fragments d’interviews de gigolos. La démarche du polonais Grodecki dans Body without soul et Angels we’re not angels est semblable. Il est bon de se remettre ces deux films européens en mémoire pour s’apercevoir que le regard porté sur les protagonistes est le véritable enjeu de ces films. Mais alors que celui de Grodecki sur les jeunes prostitués praguois est salace, celui du réalisateur chinois – s’il n’est pas dénué de désir – est surtout rempli de sympathie.
Il ne faut jamais perdre de vue que Night scene s’attaque à un des plus grands tabous en Chine contemporaine : la prostitution masculine dans la rue. Zi’En nous donne un portrait unique d'un monde crépusculaire de parcs en clubs à mi-chemin entre le documentaire et la fiction. Il a filmé de vrais gigolos et des acteurs qui jouent les prostitués, sans préciser qui est vraiment un gigolo et qui ne l’est pas. Il ressort du film qu’il semble n'y avoir aucune distinction stricte entre les homosexuels et les prostitués ! On n’y trouvera pas de jugement moral.

Night scene nous donne des nouvelles de la Chine gay et ce n’est pas son moindre mérite. « Mon homosexualité ? Je la considère comme une source de créativité », affirme Cui Zi’en. Rares sont les homosexuels militants qui, comme lui, assument ouvertement leur identité. En Chine, dans une société qui nie l’aspiration au plaisir et la libre disposition de son corps, l’homosexualité n’est pas punie par la loi, même si le délit de « crime crapuleux », qui punit les rapports sexuels dans les lieux publics, a longtemps servi à réprimer les homosexuels, qui se rencontraient dans les parcs. Ce qu’illustre bien le film East Palace, West Palace. La loi a été abrogée depuis plusieurs années, mais l’attitude du corps médical chinois reste ambiguë. Au nom de la stabilité sociale, la vie sexuelle n’est pas considérée comme une affaire personnelle : l’homosexualité est susceptible de briser les familles et elle est considérée comme un mode privilégié de transmission du sida. Historiquement dans la tradition confucéenne, chaque homme a vocation à fonder une famille, pour s’assurer une descendance mâle qui perpétuera le culte des ancêtres. Si bien qu’aujourd’hui encore, un grand nombre d’homosexuels chinois se marient pour sauver les apparences et vivent une sexualité clandestine. C’est un des thèmes de Lan Yu. En ville, la tradition pèse moins, note la sociologue Li Yinhe, qui met cette évolution sur le compte de la politique de l’enfant unique : quand un couple donne naissance à une fille, le respect de la tradition devient impossible. De plus, la plus grande mobilité professionnelle, dans les métropoles, permet aux jeunes de fuir la pression parentale... « En Occident, on n’a pas le droit de critiquer les homosexuels et encore moins de leur faire sentir qu’ils sont différents, constate Cui Zi’en. Moi, je comprends qu’un hétéro réagisse avec surprise en voyant un homme très efféminé. La société chinoise bouge, mais il y aura toujours des gens qui auront un réflexe de dégoût, de même que certains sursautent devant un serpent. On ne va pas leur dire qu’ils doivent se mettre à aimer les serpents, non ? »
Le cinéaste espérait que son film puisse être diffusé en Chine. Pour cela, il avait envoyé le pitch aux autorités. N’ayant pas obtenu son autorisation, il a changé l’orientation de Night Scene en cours de tournage, ne laissant qu’une partie congrue à la fiction et tirant le film vers le documentaire militant.
Le dit pitch était le suivant : « Un jour, Yangyang découvre accidentellement que son père est gay. Après avoir fouillé dans son passé et tenté de découvrir de vieux secrets, Yangyang confronte le partenaire de son père, Xiaoyong. Alors que tout cela n'apporte aucune réponse à Yangyang, il commence à se questionner lui-même. Étonnamment, il tombe en amour avec un autre homme, Haobin, mais lorsque la véritable profession de ce dernier est découverte, leur amour ne tient plus qu'à un mince fil. » On peut regretter que Zi’En n’en soit pas resté à cette première idée. Il est amusant de noter que c’est ce résumé qui figure au dos de la jaquette de l’édition américaine. De là à penser que certains éditeurs ne visionnent pas les films qu’ils éditent...
Sur la jaquette du DVD français, aux éditions Pêcheurs de rêves, dans lequel Night Scene est en compagnie d’un autre film de Zi’En, An interior view of death, on peut lire : « La naissance du cinéma gay chinois. Il faut tout de même préciser qu’il s’agit de la Chine dite continentale, car à Taiwan, l’homosexualité irrigue toute l’œuvre de Tsai Ming-Liang (La Rivière, DVD chez Films sans frontières). Il en va de même à Hong-Kong pour celle de Stanley Kwan (Center Stage, DVD Canal vidéo) et de Yonfan (Bishonen) ? Deux très beaux films gays chinois qui sont antérieurs ou contemporains à ceux de Zi’En : East Palace, West Palace, (DVD Raimbow) sous-titré, derrière la cité interdite, de Zhang Yuan et Lan Yu (DVD Eklipse) du réalisateur de Hong-Kong Stanley Kwan, mais tourné en partie à Pékin.
Zi’En est avant tout le plus important activiste du mouvement gay en Chine. Il est aussi, professeur, cinéaste, écrivain, acteur. Il a écrit plusieurs pamphlets et des romans gays  vendus (forcément) sous le manteau. En 1991, alors qu’il était professeur de littérature à l’institut du cinéma de Pékin, il fut privé de cours et de salaire, empêché d’enseigner pendant dix ans pour cause d’homosexualité avouée. Il a retrouvé ses classes en 2001. Son interdiction formelle d'exercer tout emploi lui permettant de gagner un salaire ne l'aura pas empêché de continuer à militer. Depuis le début des années 90, il est une  figure légendaire du mouvement gay. Zi'en a réalise huit films dont The Old Testament (2002) dans lequel des références bibliques accompagnent les trois thèmes principaux : la sexualité, l'homophobie et le sida, Whithered in Blooming Season (2006), une histoire de ménage à trois entre deux garçons et la sœur de l'un d’eux avec pédophilie, inceste et amours homosexuels. Un film destiné à provoquer la pudique Chine et à étaler les démons de son réalisateur sur le grand écran. Il a écrit également le scénario du Protégé de Madame Qing de Liu Bingjian dans lequel il joue.
On peut rattacher le cinéma de Cui Zi’En à l’école dont Jia Zhang-Ke est le chef de file.  

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street art du coté du XIX ème arrondissement

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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SUNDAY, BLOODY SUNDAY (UN DIMANCHE COMME LES AUTRES)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

   

Fiche technique :


Avec Peter Finch, Glenda Jackson, Murray Head, Peggy Ashcroft, Tony Britton, Maurice Denham, Bessie Love, Vivian Pickles, Frank Windsor et Thomas Baptiste.

 

Réalisation : John Schlesinger. Scénario : John Schlesinger et Penelope Gilliat. Images : Billy Williams. Montage : Richard Marden. Musique originale : Ron Geesing.


Grande Bretagne, 1971,Durée : 110 mn. Disponible en VO.


Résumé :


Lui, Daniel Hirsh dit Dany (Peter Finch), médecin prospère, la cinquantaine argentée, membre influent et estimé de la communauté juive à laquelle il appartient ; elle, Alex (Glenda Jackson), d’une très bonne famille de la bourgeoisie fortunée qui s’occupe à recycler ceux que l’âge condamne au « Bloody Sunday » du chômage. Elle et lui pourraient entretenir une liaison qui serait confortable si chacun n’avait pas une faille pour ces bonnes sociétés, du Londres de 1970, auxquelles ils appartiennent. Lui est homosexuel, elle est divorcée. Et puis il y a l’autre (Murray Head). Il se doit d’y avoir un autre pour qu’existe une histoire. Cet autre est un jeune homme qui partage tour à tour leur lit. Un téléphone omniprésent assure la liaison entre ces trois personnages. Un Dimanche comme les autres n'est pas une histoire d'amour triangulaire, mais plutôt deux histoires d'amour parallèles que nous suivons durant les dix derniers jours de ces relations. Daniel et Alex ne se connaissent pas, mais ils n’ignorent pas leur existence respective. Bob est tendu vers un espoir, le départ vers l’Amérique. Il abandonnera elle et lui à la solitude des dimanches où il ne se passe rien, sinon la mort d’un chien...


L’avis critique


Il nous a fait courir ce film, il nous a ému. On en a parlé et reparlé. Beaucoup de jeune gays (le mot existait-il en France alors ? Je ne crois pas…) se sont identifiés à Bob. Ils voulaient eux aussi partir, même si l’Amérique d’alors faisait moins rêver les français que les jeunes anglais, mais ils sont restés et avec beaucoup de chance, ils ressemblent aujourd’hui à Daniel. Une vie est passée.



C’était sans doute la première fois que l’on voyait deux hommes nus s’embrasser dans un lit. L’un aurait pu être le fils de l’autre et ils s’aimaient ; ça, on ne l’a pas beaucoup revu depuis. Il est étonnant de voir combien le cinéma gay comporte peu d’histoires d’amour intergénérationnelles, comme on dit maintenant. Est-ce l’un des derniers tabous ? 
Ce film, célèbre en son temps, a disparu des écrans. Pourquoi ? Est-il devenu obsolète ou dérangeant ? Il n’existe qu’un DVD américain mais dépourvu de sous-titres français.
Il se passe en un temps qui me parait si ancien, si différent de nos jours. La libération sexuelle balbutiait. Sida était quatre lettres dénuées de sens. Dans une Angleterre d’avant Margaret Thatcher et Tony Blair qui venait d’à peine prendre conscience que sa grandeur lui avait échappé et que son empire s’était évanoui, mais où pourtant on pouvait avoir le sentiment que s’inventaient les prémisses de la civilisation du lendemain. Mais le royaume se sentait surtout menacé par la grisaille de ce fameux dimanche britannique avec sa tacite loi qui voulait que le repos soit associé à l’ennui.
Le film a mûri de longues années et son tournage ne fut pas simple comme l’expliquait John Schlesinger à sa sortie : « L’histoire du film a commencé il y a presque dix ans, au moment où je venais d’achever Billy Liar, Penelope Gilliat m’avait apporté un scénario intéressant, que je n’ai pas retenu à l’époque mais dont les éléments de base m’ont amené beaucoup plus tard, à tourner Sunday Bloody Sunday. Aussi en 1967 j’ai demandé à Penelope Gilliat de préparer un nouveau script. Je voulais faire un film sur l’amour avec un homme et une femme d’un certain âge, ayant des racines dans une société stricte, lui parce qu’il était juif, elle parce que son père était banquier, et se trouvant chacun confronté à un garçon d’une vingtaine d’années, très moderne, sans attaches et psychologiquement disponible... Il était important pour moi que ce garçon rêve d’Amérique... J’ai travaillé en étroite collaboration avec Penelope Gilliat et nous avons fait ensemble quatre scénarios avant la version définitive. Dès le début néanmoins, nous étions d’accord pour montrer les dix dernières journées d’une crise et pour respecter l’unité de temps et de lieu... Après le tournage, lorsque nous avons vu le film bout à bout, ça n’allait plus. Le jeu de Glenda était trop fort et celui de Murray trop faible. Étant responsable de ce déséquilibre, j’ai coupé mais ce n’était pas suffisant et j’ai eu l’idée de donner du papier collant à Murray. Avec ce scotch enroulé autour de la main, il créait un objet, il pouvait ainsi montrer ce goût de la manipulation, des gadgets, en accord avec le métier de sculpteur qu’il incarne dans le film... 

Je suis fatigué de voir des films où les homosexuels sont des hommes malheureux, hystériques et dont le public peut et doit penser qu’ils sont des monstres. Je crois qu’il était temps de montrer sans tricher un fait naturel de la vie...
C’est un film optimiste. Alex décide de rester seule, et c’est en définitive un choix. Quand au médecin, il sait que le garçon ne l’accompagnera pas en Italie, mais malgré tout, il apprend l’italien et il fera le voyage. À la fin du film, il s’adresse au spectateur et lui dit en substance : “Ne me jugez pas, ce n’était pas grand-chose.” et il ajoute : “Je suis seulement venu pour ma toux.” Cela parce que c’est lui qui est devenu le malade, mais sa maladie n’est pas bien grave. Seuls, nous le sommes tous, l’essentiel est de chercher, de trouver un compromis pour supporter cette condition.
 »


Plus que par l’intrigue, fort mince, le film est remarquable par sa plongée dans des milieux bien particuliers du Londres de 1970 : les drogués, la bohème artistique, la bourgeoisie la plus compassée... On constate alors que John Schlesinger est dans la droite ligne de la prestigieuse école du documentaire anglais qui doit tant à Robert Flahertie et qui a donné David Lean, John Grieson, Pat Jackson, Thorold Dickinson qui ont engendré le free cinéma des Tony Richardson, Richard Lester, Clive Donner dont John Schlesinger est l’héritier direct. Avant d’être un raconteur d’histoire, il est un observateur des mœurs et cela dès son premier film Terminus, un documentaire sur la gare de Waterloo à Londres qui lui valut un Lion d'Or à Venise en 1961, et plus encore avec Billy Laird qui racontait la découverte de Londres par un jeune provincial. Lorsque le réalisateur présente Un Dimanche comme les autres, il est auréolé de l’immense succès remporté l’année précédente par son Macadam Cowboy pour lequel il remporta trois Oscars, celui du meilleur film, du meilleur réalisateur et de la meilleure adaptation. Il lui aura fallu aller aux USA pour instiller l’homosexualité dans un de ses films. Elle sera aussi présente, mais plus discrète dans Marathon man.
À son talent de cinéaste, Schlesinger ajoute celui de découvreur de talents ; Daniel Day-Lewis, âgé de treize ans fait sa première apparition à l’écran dans Un Dimanche comme les autres,c’est le garçon dont on célèbre la bar-mitsva. Julie Christie, Alan Bates, Tom Courtenay, Rita Tushingham lui doivent beaucoup, sans oublier Terence Stamp qui aurait sans doute été plus convaincant que Murray Head dans le rôle de Bob, l’objet de tous les désirs qui, en outre, parait un peu trop âgé pour incarner la légèreté de la jeunesse. 


Le seul (peut-être) point faible du film est que nous avons un peu de mal à nous convaincre que Murray Head puisse provoquer une telle passion chez un homme et une femme de cette qualité, qu’il bouleverse la vie de l’un et de l’autre. Mais ne nous sommes nous jamais dit que l’objet de notre amour ne nous méritait pas ? Ainsi l’histoire d’amour passe au second plan derrière la subtile peinture de mœurs même si nous voyons bien que c’est pour échapper à la pesanteur de l’establishment que Alex et Dany s’entichent de ce médiocre gigolo.
Mais Bob est-il ce médiocre gigolo ? Se vit-il ainsi ? Ses velléités artistiques sont-elles sincères ou sont-elles des leurres pour se mentir comme pour mentir à ceux qui l’aiment ? Le film ne répond pas à ces questions et laisse le spectateur libre de son intime conviction. À la fin, il semble que Daniel, apaisé, se soit convaincu que la beauté de son amour résidait dans le pari qu’il avait fait sur le jeune homme. À ce moment, le film est aussi audacieux dans la forme que dans le fond puisque c’est en regardant la caméra que Daniel exprime la leçon de vie qu’il tire de cette aventure : « Les gens me disent : il ne t’a jamais rendu heureux. Moi je leur dit : mais je suis heureux. Excepté qu’il me manque. Toute ma vie j’ai cherché quelqu’un de courageux et de débrouillard. Il n’était pas ce quelqu’un. Mais il a quelque chose. Nous avions quelque chose. »
Peut-être plus que l’amour, le sujet profond du film est la solitude, la solitude des dimanches anglais d’alors. Bob, lui est à l’âge d’être hors dimanche. Pour lui cette solitude est une fête. Il est la disponibilité même, allant de Daniel à Alex, sans mensonge, en donnant ce qu’il appelle l’amour. Il donne ce qu’il peut donner, bien trop peu, par rapport à ce que Daniel et Alex espèrent...
L’intelligence du cinéaste est d’avoir réussi à personnifier cette solitude par le téléphone en en faisant un personnage à part entière, à la fois technologique mais surtout humain par l’intermédiaire de la standardiste (Bessie Love) des abonnés absents.
Le film nous suggère que la solitude serait le prix à payer pour la lucidité, pour la vérité... Pourtant Daniel dit : « Tout est préférable à l’absence d’amour. » Mais de quel amour parle-t-il ?
Schlesinger a l’art de nous en dire beaucoup par le seul truchement de l’image, comme dans cette scène où un prostitué arrête la voiture du docteur, bloquée à un feu rouge, la gêne de celui-ci, son geste impatient pour le faire monter quand l’arrivée d’un policeman risque de provoquer un scandale, son lâche soulagement quand il constate que le garçon s’est enfui... Nous en apprenons ainsi plus sur la psychologie de Dany et sur la société anglaise que par bien des dialogues.

Un Dimanche comme les autres est un film qui supporte de nombreuses visions sans en perdre complètement ses mystères comme celui, par exemple, de son titre original l’énigmatique : Bloody Sunday, soit « dimanche sanglant ». Il serait erroné d’y voir une allusion au tristement célèbre dimanche sanglant d’Irlande du nord, celui-ci s’étant déroulé en 1972, un an après la sortie du film. On ne voit pas bien ce qui le rapproche de l’autre célèbre dimanche sanglant de l’histoire celui du 22 janvier 1905 lorsque à Saint-Pétersbourg la troupe ouvrit le feu, faisant de nombreux morts parmi les ouvriers qui manifestaient pacifiquement, marchant vers le Palais d’hiver du tsar Nicolas II pour lui demander des réformes. Sinon qu’il pourrait arriver la même chose en Grande-Bretagne, frappée à ce moment-là par une grave récession économique, présente dans le film par des bulletins d’information de la radio et de la télévision, traitant de ce sujet, que l’on entend plusieurs fois en fond sonore.
Un Dimanche comme les autres est un film extrêmement ouvert qui ne juge pas et encore moins condamne, invitant ses spectateurs à considérer ces trois protagonistes à la recherche du bonheur (empêtrés dans les paradoxes, parfois drôles, parfois déchirants) de leur vie, selon leurs propres critères et leur propre histoire.
C’est l’œuvre la plus personnelle du cinéaste, d’ailleurs c’est ainsi qu’il le considérait. Le personnage de Daniel ressemble beaucoup au réalisateur, comme lui il est juif et homosexuel, comme lui il a une passion pour la musique classique et en particulier l’opéra. La musique de Mozart est très présente dans le film.
Plus de trente-cinq ans après sa sortie, alors que John Schlesinger, décédé en 2003, connaît un immérité purgatoire artistique, ce qui frappe en revoyant Un Dimanche comme les autres c’est que outre sa grande qualité, il n’a rien perdu de sa singularité cinématographique.

Publié dans cinéma gay

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Le plagiste de Rimini

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Rimini, Italie, aout 1992

 

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LA CAGE AUX FOLLES

Publié le par lesdiagonalesdutemps

  

 

Fiche technique :


Avec Michel Serrault, Ugo Tognazzi, Michel Galabru, Claire Maurier, Rémi Laurent (voir casting). Réalisation : Édouard Molinaro. Scénario : Francis Veber, Édouard Molinaro, Marcello Danon et Jean Poiret. Musique : Ennio Morricone. Images : Armando Nannuzzi. Montage : Monique Isnardon et Robert Isnardon.
France-Italie, 1978, Durée : 108 mn. Disponible en VF.


Résumé :


Le fils (Rémi Laurent) du patron homo d’une boîte de nuit de Saint Tropez veut épouser la fille du secrétaire général (Michel Galabru) d’un parti politique ultra conservateur et puritain. Le garçon a invité ses futurs beaux-parents chez son père (Ugo Tognazzi) pour qu’ils fassent connaissance. Le problème est que son père vit avec Zaza (Michel Serrault), une folle perdue… Il ne lui reste plus qu’à le faire passer pour une femme...



L’avis critique


Il est presque indécent d’attribuer ce film à Édouard Molinaro qui n’a fait que mettre platement en images la pièce de Jean Poiret dont on regrettera éternellement qu’il n’ait pas repris son rôle, dans lequel il a triomphé sur scène, pour de sombres questions de coproduction franco-italienne. Malgré son grand talent, Ugo Tognazzi ne parvient pas à se hisser au niveau de Jean Poiret, c’est dire. Il faut louer aussi l’efficace adaptation par Poiret lui-même, bien aidé par ce grand professionnel qu’est Francis Veber. Le succès est surtout dû à l’extraordinaire numéro de Michel Serrault qui s’abandonne avec délice, avec délire, à son personnage de Zaza Napoli, outrant la caricature jusqu’à une ambiguïté et une étrangeté qui, par instant, entraînent le film au-delà de la gaudriole. L’acteur sera récompensé par le César d’interprétation masculine ! Rémi Laurent, qui joue le fils d’Ugo Tognazzi, débuta dans À nous les petites anglaise et est décédé du sida en 1989.
Cette Cage aux folles vient de loin, de 1935 exactement, année où Jean Poiret, âgé de neuf ans, voit Fanfare d’amour dans lequel Carette et Fernand Gravey se travestissent en femmes. L’enfant est fasciné par le déguisement et la grosse farce. Plus tard, dans les années 50, le duo Poiret et Serrault campe dans les cabarets un couple d’antiquaires précieux. Le déclic qui marque véritablement la naissance de La Cage vient à la fin des années soixante lorsque Poiret voit L’Escalier de Charles Dyer (il existe une adaptation cinématographique de cette pièce due à Stanley Donen et jouée par Richard Burton et Rex Harrison) dans laquelle Paul Meurisse et Daniel Ivernel jouent un vieux couple d’homosexuels qui se déchire constamment. Poiret décide alors que sa prochaine pièce aura pour personnages principaux deux folles d’un âge certain, pas des folles aigries mais des folles flamboyantes. C’est ainsi que le public parisien découvre en janvier 1973, au Théâtre du Palais Royal, La Cage aux folles dans une mise en scène de Pierre Mondy. C’est un immense triomphe. L’adaptation cinématographique draina 5,3 millions de spectateurs en France, connu un prodigieux succès international et obtint l’Oscar du meilleur film étranger à Hollywood.
On peut penser à propos de Poiret que s’il est venu qu’assez tardivement à l’écriture théâtrale entièrement soumise aux codes du boulevard, c’est seulement lorsqu’il a compris et accepté qu’il ne serait jamais un nouveau Sacha Guitry, son maître qui lui avait donné son meilleur rôle dans Assassins et voleurs, ce dont s’est souvenu Claude Chabrol pour son inspecteur Lavardin. 



Au début, la communauté gay reprocha à la pièce de n’être qu’une caricature grossière. Pourtant aujourd’hui, Zaza trône dans l’olympe de la culture gay (pour constater cette évolution, il suffit de comparer le passage que consacrait au film en 1984 Bertrand Philbert dans son livre L’homosexualité à l’écran : « Le talent de Michel Serrault emportait à l’arraché bien des passages de cette concrétisation cinématographique d’un imaginaire bien français ; là où les américains font une fixation sur l’homosexuel à l’aspect viril, même hyper viril (qu’il s’agisse des cuirs SM de Friedkin ou des routiers des frères Cage), une peur intériorisée, les gaulois évacuent tout ça grâce à l’image de la folle et du travesti, renvoyant l’homosexualité à une caricature asexuée de l’éternel féminin. Ce qu’opère La Cage aux folles, c’est une immobilisation de ce qui peut menacer, grâce à l’exorcisme du rire. La folle, malgré les affirmations contraires des militants du Fhar ou des G.L.H., dérange moins l’hétérocratie qu’elle ne la conforte dans ses certitudes par rapport à ce qu’elle pense de l’homosexualité. Que le film de Molinaro soit monté haut dans le box-office ne peut que le confirmer » au long article laudateur de Didier Roth-Bettoni, intitulé « La Cage aux folles, histoire d’un succès », dans le Idol d’octobre 1999. Sept ans plus tard dans son remarquable L’Homosexualité au cinéma (éditions La Musardine), il n’a pas changé d’avis comme le démontre cette sentence : « Ce qu’incarne la Zaza de Serrault, c’est le droit absolu à la différence, et la sympathie que ses cris perçants et sa folie douce inspirent immanquablement aux spectateurs ne peut que plaider en ce sens. »
Pour en savoir plus sur la genèse de La Cage aux folles, il faut lire la biographie que Dominique Chabrol a consacré en 1999 à Jean Poiret : Jean Poiret l’art d’en rire aux éditions Belfond. Le film eut deux suites peu recommandables. Dans La Cage aux folles II(1983), réalisé également par Édouard Molinaro, Zaza est aux prises avec une affaire d’espionnage. On y retrouve avec plaisir pour un de ses derniers rôles Marcel Bozzuffi. Pour le dernier avatar, La Cage aux folles III (1985), dans lequel on cherche à marier Zaza, Molinaro a laissé les commande à Georges Lautner.
Mais l’histoire de La Cage aux folles n’est pas qu’européenne. En 1982, voyant le film dans un cinéma de Los Angeles, Jerry Herman, gay et surtout auteur et compositeur d’Hello Dolly et de Mame décide d’en faire une comédie musicale. Il fait appel à deux autres gays : Arthur Laurents, librettiste de West Side Story et de Gypsy qui fera la mise en scène, et Harvey Fierstein, auteur-comédien de l’inoubliable Torch Song Trilogy qui travaillera sur le livret. La Cage aux folles ainsi reliftée connaîtra un succès phénoménal à Broadway, jouée des années et remportant six Tony Awards.
Hollywood aussi s’en emparera en 1995 pour un remake poussif: The Birdcage.

 


Pour télécharger le film cliquer sur les éléments ci-dessous

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Part 1 Part 2 Part 3 Part 4 Part 5 Part 6 Part 7 Part 8

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Hungarian subtitles
Greek subtitles

 

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Disponible sur Megavideo (FRA)

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Alexandre Szmytko

Publié le par lesdiagonalesdutemps





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WHOLE NEW THING

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

  

 

Fiche technique :


Avec Aaron Webber, Robert Joy, Rebecca Jenkins, Daniel Maclvor, Kathryn MacLellen, Drew O’Hara, Ryan Hartingan, Georgie brown, Callum Keith Rennie, Jackie Torrens, Lisa lelliott et Leah Fassett.

 

Réalisateur : Amnon Buchbinder. Scénariste : Amnon Buchbinder et Daniel MacIvor. Directeur de la photographie : Christopher Ball. Montage : Angela Baker. Musique : David Buchbinder.
Canada, 2005, Durée : 92 mn. Disponible en VO.


Résumé :

Emerson Thorsen (Aaron Webber), joli garçon androgyne et surdoué de 13 ans, vit chez ses parents au Canada dans une maison perdue au milieu de la forêt de la Nouvelle Écosse. Il vient d'illustrer son premier livre, 1 000 pages consacrées à sa première pollution nocturne. Ce qui étonne à peine ses parents qui jusque là pourvoient à son éducation sans le secours de l’école. Il faut préciser que le père est un célèbre auteur d’ouvrages pédagogiques, par ailleurs impuissant et mari trompé par sa femme légèrement nymphomane. Mais il convient qu’il serait peut-être bon pour son fils d’abandonner les leçons à la maison pour l'école locale. Voilà qu’Emerson se retrouve bientôt avec des filles et des garçons de son âge. Il éprouve le choc des cultures, d'un esprit libre forcé de se confronter avec ses camarades de classe non préparés pour accepter sa différence. Ils ne comprennent pas bien ce garçon qui aime Shakespeare et écrit ses propres romans. La grande préoccupation d’Emerson est de savoir s’il est vraiment gay comme lui suggèrent fortement ses condisciples. Pour vérifier, il embrasse sur la bouche une fille puis un garçon : ce qui n’aide pas à son intégration. La personne dont il se sent le plus proche est son professeur d’anglais (Daniel MacIvor). Comme celui-ci est gay, Emerson en déduit que lui aussi doit être gay. Il n'en éprouve aucune honte et est déterminé à poursuivre son professeur de ses assiduités. Il apprendra les dures leçons de ce que signifie aimer...


L’avis critique


Tout d’abord, ne vous fiez pas à la très laide affiche. Ce film est une très jolie surprise et Aaron Webber bien mignon. On comprend bien que pour désamorcer le scandale que pourrait provoquer le film, il ne fallait pas que le garçon paraisse beau. D’ailleurs un garçon de 13 ans qui poursuit de ses assiduités son professeur, cela ne peut pas exister et cela n’a jamais existé. Je vous rappelle que dire le contraire vous voue aux gémonies éternelles. Nous ne sommes plus dans les années 70. Vous vous souvenez, une époque où l’on donnait le prix Médicis à Tony Duvert, un auteur de livres ouvertement pédophiles. Non, nous sommes en 207. Vous êtes rassurés maintenant et puis si vous l’aviez oublié vous devez me lire en prison, mais je crois qu’Internet y est interdit ! De toutes façons, depuis que vous vous gavez de films américains, iraniens, chinois et même français, vous savez comme moi qu’un garçon de 13 ans, ça n’a pas de sexualité. Au regard de ce que veut nous faire croire la production internationale, Whole New Thing est bien une fiction extravagante. Il faut dire que le film aggrave son cas. Il présente comme héros un garçon surdoué et joli et non un bas du front avec des cuisses d’haltérophile comme les apprécient bon nombre de cinéastes de ma connaissance que je ne dénoncerai pas (c’est encore un peu tôt pour la délation, je me réserve). Un professeur profondément dans le placard qui drague les mecs dans les pissotières des parkings, encore de la pure fiction, ce n’est pas le syndicat des enseignants qui me dirait le contraire (pourtant il me semble connaître...). Et enfin un célèbre auteur de livres de pédagogie incapable d’élever son fils, impossible vous dis-je (néanmoins je crois savoir...). 


Les péripéties ne manquent pas et l’on ne s’ennuie jamais. Le réalisateur ne se dépare jamais de la tendresse qu’il éprouve pour tous ses personnages qui, pourtant, souvent ne brillent ni par leur bon sens, ni par leur courage. Le filmage sans être exceptionnel est très honnête et surtout les acteurs sont épatants. Le jeune Aaron Webber est tout simplement extraordinaire. Daniel McIvor, le prof gay et timoré, est aussi le co-scénariste du film. Il n’en est pas à son premier film gay puisqu’il jouait le premier rôle dans Beefcake, celui de Bob Mizer, et qu’on l’a vu dans Uncut de John Greyson.

Whole New Thing est aussi drôle qu’intelligent. On peut bien sûr regretter la fin très politiquement correcte mais je suis certain que comme moi, vous ne voudrez pas admettre qu’un garçon aussi sensible et intelligent puisse être hétérosexuel. 


Lors du 1er Festival du Cinéma Indépendant Américain, à Paris en 2006, sous la présidence d’Elsa Zylberstein (actrice), le jury du long-métrage, composé de Fabienne Bichet (directrice de casting), Philippe Lioret (réalisateur), Jean-Marie Vauclin (distributeur) et de Didier Flamand (comédien et réalisateur), a décerné le « Prix de la meilleure fiction » au film. Titra Film doit en favoriser la distribution en offrant le sous-titrage au distributeur qui le prendra en charge. Jusqu’à ce jour les distributeurs, n’écoutant que leur courage et leur cinéphilie bien connus, ne se sont toujours pas manifestés. Susurrons-leur qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire et que Whole New Thing est beaucoup mieux réalisé queC.R.A.Z.Y., autre film gay canadien qui fit un tabac, pour ne rien dire de Mambo Italiano.
Un DVD est édité aux États Unis.

 

Pour télécharger le film cliquer sur les éléments ci-dessous

 


Publié dans cinéma gay

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Jason Kirton

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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dislocation lente mais continue des institutions collectives traditionnelles

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Il apparaît alors nettement que la vraie crise directrice de ces votes protestataires (votes pour le front national) est une crise culturelle. Sur le fond de dislocation lente mais continue des institutions collectives traditionnelles (familles, Églises) ou modernes (école, service national), cette crise alimente un violent ressentiment à l’égard d’un système d’autant plus abhorré que son centre paraît de plus en plus difficile à situer du fait de la planétarisation de l’économie et de la culture. La personnalisation populiste répond miraculeusement à cette double frustration : elle rétablit le lien concret dilué dans le virtuel, l’abstrait et le lointain, elle redonne une consistance collective, selon les cas populaire, nationale ou ethnique, non pas à un bloc social nettement identifié mais à une fraction toujours minoritaire et toujours significative de toutes les catégories sociales, depuis le lumpen prolétariat xénophobe et autoritaire des banlieues à l’abandon jusqu’à la bourgeoisie xénophobe et autoritaire des beaux quartiers sécuritaires  (p.317).

Pascal Ory, Du fascisme, 2003, édition de poche Tempus Perrin, novembre 2010

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