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La conversation à la Catedral de Mario Vargas Llosa

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Heraklion, mai 2016

Heraklion, mai 2016

La conversation à La Catedral est le seul roman, parmi ses nombreuses oeuvres, que son auteur voudrait sauver des flammes... Il se déroule durant les quatre heures d'une conversation entre Santiago Zavala, le fils rebelle d'une riche famille de Lima, la ville est un personnage à part entière du roman, et Ambrosio qui fut le chauffeur de Cayo Bermudez, l'âme damné du dictateur Obria et exécuteur des basses oeuvres du régime, puis le chauffeur de don Firmin, le père de Santiago. Si la famille Zavala est créole, Ambrosio est nègre. La question des races est omniprésente dans tout le roman. On y voit que la couleur de peau et les origines raciales est le discriminent principal au Pérou dans ces années 50 et 60. La conversation structure le roman. S'il y a deux branches principales, d'une part la vie de Santiago d'autre part celle d'Ambrosio, les efflorescences à celles-ci sont multiples. 

Lima, septembre 2015

Lima, septembre 2015

Cette discutions entre deux hommes, qui furent jadis proches, tient de marabout, bout de ficelle, selle de cheval... Elle va faire apparaître une palanquée de personnages recouvrant la totalité de la société péruvienne, des plus pauvres aux plus riches et cela sur près de vingt ans. « La conversation à la Catedral » est une comédie humaine qui brosse une peinture désabusée de la société péruvienne sur un quart de siècle. La Catedral qui est un troquet minable de Lima dans lequel se déroule cet échange. Son nom peut évoquer la construction du livre fait de morceaux qui s'ajoutent les uns aux autres pour à la fin laisser apparaître au lecteur un tableau cohérent où pourtant les vides ne manqueront pas.

Lorsque les deux hommes se rencontrent inopinément, nous sommes à la fin de 1967, année qui est le présent de ce livre très noir; mais la quasi totalité de ce roman arborescent se déroule dans le passé et en grande partie durant de la dictature du général Odria (1948-1956). Vargas Llossa par le biais des propos décousus, car fortement alcoolisés, des deux hommes va nous faire visiter les coulisses du régime d'Odria par le biais de Bermudez, son cynique ministre de l'intérieur, mais on va parcourir aussi les bordels de Lima, son université, la rédaction d'un grand journal péruviens, être le témoin du quotidien d'une pauvre domestique, de la déchéance d'une gloire du music-hall et découvrir bien d'autres endroits et milieux ouatés ou sordides. Par l'intermédiaire de plusieurs personnages c'est vingt ans de l'Histoire politique du Pérou qui défilent. Heureusement le volume de la Pléiade, dans lequel je découvre ce grand roman, offre une chronologie sommaire, mais néanmoins fort complète, des remous politiques du Pérou de 1924 à 1967; initiative louable qui, avec les notes, rendent ce roman envoutant et même hypnotique, mais assez difficile à lire, accessible.

Aréquipa, septembre 2015

Aréquipa, septembre 2015

 

 

Mais la principale difficulté pour le lecteur, surtout au début, est de reconnaître qui parle, car les voix des différents protagonistes se mêlent, s'enchevêtrent, se recouvrent. Mais petit à petit on sait très vite qui intervient. Ce décryptage est sans doute plus aisé en V.O, car Vargas Llossa, d'après les notes, a pris soin de différencier les voix de ses personnages en usant de différents niveaux de langage selon l'origine sociale et ethnique de celui qui parle. La traduction d'Albert Bensoussan, le traducteur historique de l'auteur, a un peu de mal à rendre cette subtilité. Néanmoins certains locuteurs sont immédiatement reconnaissable grâce à un artifice habile d'écriture; par exemple Ambrosio au début de ses interventions interpelle par « petit » Santiago. La virtuosité du récit est à son summum dans l'épisode qui montre les manoeuvres de Cayo pour désamorcer par téléphone une conspiration à Arequipa. Le nombre des voix doit atteindre alors la vingtaine...

Même si Vargas Llossa ne considère pas son roman comme d'abord politique, il l'est néanmoins en partie ne serait-ce que par sa magistrale exploration des coulisses du pouvoir. L'image diffractée qu'il renvoie des marges de la politique par sa forme chorale fait songer à la fois aux « Possédés » de Dostoievski et aux « Mandarins » de Simone de Beauvoir. A ce propos c'est par « Conversation à la catedral » que l'écrivain s'éloigne de la nébuleuse sartrienne qui l'avait précédemment tant influencé. Avec « Conversation à la catedral » Vargas Llossa largue les amarres du marxisme. Il ne savait pas encore qu'il voguait vers le libéralisme...

La phrase clé du roman est celle que prononce Santiago au tout début du roman: << Depuis quand le Pérou est foutu.>>. Vargas Llossa dans roman très sombre et très dur dépeint une société sans issu ou il est impossible d'échapper à la corruption qu'elle soit morale ou financière. Dans maintes interview Vargas Llossa explique ce fait parce que le pays qu'il décrit vit sous un régime de dictature. Sous entendant que cela ne serait pas le cas dans une démocratie. Il me semble qu'il pêche là par optimisme. Il n'y a qu'à pour s'en persuader ouvrir le journal du jour. La coruption en démocratie est peut être moins visible que sous d'autre régime mais elle est souterrainement très présente.

Au début le lecteur (tout du moins s'est ainsi que j'ai lu) prend pour argent comptant tout ce que dit chacun des intervenants, puis, au fil des pages il s'aperçoit, lorsqu'un fait est commenté par deux personnages, que certains mentent, ou ne disent qu'une partie de la vérité, ou font une analyse erronée de ce qui s'est passé. Au fur et à mesur le lecteur rentre dans la subjectivité de chacun.

Si la référence à Balzac s'impose pour l'ambition à rendre la totalité d'une société, on peut aussi penser au « Contrepoint » d'Aldous Huxley pour la coupe transversale dans un monde que le récit opère. L'autre référence qui vient à l'esprit est celle de Proust, comme lui Vargas Llossa utilise le temps comme un espace.

Le roman familiale, celui de la famille Zavala, est intimement lié à ce que l'on pourrait appelé un roman de la tyrannie. Celle d'Odria s'exerce plus par la corruption que par la violence; mais contrairement par exemple à « L'automne du patriarche » de Garcia Marquez, qui place le dictateur au coeur du roman, dans « Conversation à La Catedral », le despote n'apparait jamais. Peut être que Vargas Llosa à trouvé que c'était lui faire trop d'honneur que de le transformer en une figure littéraire.

A propos de ses personnages l'auteur prend souvent pour modèle des gens qu'il a bien connus, sans parfois en changer même les noms, comme ses anciens collègues journalistes ou ses amis du temps de l'université. Il s'inspire aussi de personne qu'il a croisé comme le ministre de l'intérieur d'Odria, Esparza Zanaru qui devient dans le roman Cayo. La brève rencontre qu'il a eu avec Zanaru aurait été le déclencheur de l'écriture du roman.

S'il n'est pas original de puiser dans son autobiographie pour construire les personnage d'un roman que l'on écrit, y compris de s'y mettre en scène il l'est beaucoup plus de s'y peindre sous des couleurs beaucoup moins brillante que la réalité, de s'inventer des doubles médiocres ou à la destiné bien en deçà de celle glorieuse que vit Vargas Llosa que soit, c'est le cas ici pour Santiago qui est le double pusillanime du romancier. A l'inverse de la plupart de ses confrères Vargas Llossa se rêve des vies beaucoup plus ternes que celle qu'il vit.

Le roman, de près de 600 pages est divisé en quatre parties malgré les constants voyages dans le temps et dans l'espace le lecteur avance dans le temps d'environ 1945 à 1967.

 

le marché d'Arequipa (septembre 2015) lieu où se déroule une scène du roman

le marché d'Arequipa (septembre 2015) lieu où se déroule une scène du roman

Mon grand père, lorsque j'ai eu, encore jeune, la velléité de m'attaquer aux grandes oeuvres romanesques russes m'avait donné le judicieux conseil de faire une liste des personnages de ces romans en faisant suivre leur nom de leurs pseudonymes et des liens qui les unissaient les uns avec les autres. Dès l'entame de « Conversation à la Catedral » je me suis rappelé cette précieuse recommandation, et en ai vu l'utilité, tant je fus vite submergé par le nombre des différents protagonistes, je ne les ai pas compté mais ils sont plus d'une cinquantaine sans parler des silhouettes qui interviennent d'une façon éphémère. Je vous invite donc pour vous simplifier la lecture à faire comme moi un répertoire des personnages que vous rencontrez. La difficulté, et le plaisir une fois qu'on l'a surmonté, de la lecture provient principalement de ce que les différents acteurs de cette fresque arrivent, en prenant la parole, sans crier gare en raison de la déstructuration de l'écriture; l'histoire n'avançant principalement, surtout dans la première partie, que par les dialogues. Autre souci pour le lecteur les protagonistes des différentes branches du récit ne sont pas toujours nommé par leur nom mais souvent par un pseudonyme ou un sobriquet que leur donne leur interlocuteur du moment, ainsi Santiago est souvent appelé « Grosse tête » mais aussi petit ou Zavalita...

Le seul reproche que je pourrait faire à ce chef d'oeuvre est qu'aucun des personnages qui le peuplent n'est vraiment aimable, et pourtant nous sommes émus bien des fois, contrairement aux narrateurs de « Tours et détours de la vilaine fille » et de « La tante Julia et le scribouillard » ou aux deux héros du «Héros discret ».    

Publié dans livre

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saint Sébastien

Publié le par lesdiagonalesdutemps

saint Sebastien  Vyšehrad Cimetière de Prague

saint Sebastien Vyšehrad Cimetière de Prague

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David Hockney: homme sous la douche (1965)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

David Hockney: homme sous la douche (1965)

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Boys, par Olga Khorosheva (1992)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Boys, par Olga Khorosheva (1992)

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Larry Schwarz

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz
Larry Schwarz

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Boys Playing in the River par Erasmus Bernhard van Dulmen Krumpelman (1940)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Boys Playing in the River par Erasmus Bernhard van Dulmen Krumpelman (1940)

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des photos d'Egermeier de la collection Y.B.

Publié le par lesdiagonalesdutemps

F 431

F 431

Fa 110 d'Alençon, Fa signifie une photo de famille, il s'agit ici très probablement du beau-frère du photographe et des deux neveux de celui-ci

Fa 110 d'Alençon, Fa signifie une photo de famille, il s'agit ici très probablement du beau-frère du photographe et des deux neveux de celui-ci

Ff 733

Ff 733

J 195 Grenelle

J 195 Grenelle

M 138 Perronet

M 138 Perronet

O 121

O 121

r 2383 Vaugirard

r 2383 Vaugirard

r 3346 Vaugirard

r 3346 Vaugirard

r 5427

r 5427

 r 5782

r 5782

r 6266

r 6266

t 372

t 372

u 888

u 888

Je remercie chaleureusement Y.B d'avoir bien voulu scaner des tirages de sa collection et de me les avoir envoyés.  Sous la plupart des photos de ce billet figurent son numéro et l'adresse du photographe, indications qui se trouvaient au dos du tirage.

 

Je réitère mon appel. Si vous avez des informations sur Karel Egermeier soyez assez aimable pour me les communiquer. Si vous vous reconnaissez ou si vous reconnaissez une personne de votre connaissance sur ces images, si vous avez une idée sur les lieux et la datation éventuelle des photos ci-dessus n'hésitez pas à m'en faire part. Si sur d''anciens journaux scout vous trouvez des photos signées Aiglon ou Egermeier pourriez vous les scaner et me les envoyer avec la date de parution de la revue. Merci d'avance 

 

pour Retrouver Egermeier sur le blog:  En feuilletant un album d'Egermeier ,   Egermeier illustre de Montherlant ,   Egermeier le voyage en Italie 4  ,   retour sur EGERMEiER  ,   Egermeier le voyage en Italie 3 ,   Egermeier le voyage en Italie 2  ,  Egermeier le voyage en Italie  ,  Egermeier au zoo de Vincennes en 1951  ,   Roger Peyrefitte photographie par Egermeier  ,    Jeux sur les fortifs? par Egermeier,  portrait par Egermeier de PiéralEgermeier, jeune sportif d'antan Dans la campagne,   Karel Egermeier    Egermeier, En voiture!  ,  Egermeier, voyage en Italie 5  , EGERMEIER, la vigie  ,  EGERMEIER photographe du scoutisme ,   Karel Egermeier ,  EGERMEIER, la vigie ,  Egermeier, Voyage en Italie (6) ,  Karel Egermeier   ,  les photos EGERMEIER de scouts (2) ,   les photos EGERMEIER de scouts (3)  de l'ONU tirage d'Egermeier  EGERMEIER Et Ses scouts  juin plongée dans les archives d'Egermeier  7 / 3/2015, juin plongée DANS LES archives d'Egermeier (2)  10/09/2014,  Egermeier,  Voyage en Italie (7) ,Egermeier, photos en vrac  05/09/2014,  Une plongée dans les archives d'Egermeier, 01/10/2015, Une plongée DANS LES archives d'Egermeier  18/1/2015,  juin plongée DANS LES archives d'Egermeier  29/1/2015, juin plongée Dans Les archives d'Egermeier (3)  12/10 / 2014, juin plongée DANS LES archives d'Egermeier (4) 17/10/2014, Une plongée DANS LES archives d'Egermeier (5)  11/07/2014,  Une plongée DANS LES archives d'Egermeier  14/3/2015,  Une plongée DANS LES archives d'Egermeier  19/2/2015,  juin plongée DANS LES archives d'Egermeier  20/2/2015,Une plongée DANS LES archives d'Egermeier  28/4/2015,  Une plongée DANS LES archives d'Egermeier  18/5/2015,  Egermeier, jeune sportif d'antan Dans la campagne , juin plongée DANS LES archives d'Egermeier  17/1/2015,  Une plongée DANS LES archives d'Egermeier (7)  12/08/2014, Une plongée Dans le fond Egermeier (3)  ,  juin plongée DANS LE fond Egermeier (4)  23/8/2014,  juin plongée DANS LE friands Egermeier (5)  28/8/2014, juin plongée DANS LES archives d'Egermeier  5/10 / 2014, Une plongée DANS LE friands Egermeier (1) , 08/09/2014,  Une plongée DANS LE fond Egermeier (2)  08/12/2014,  Une plongée DANS LES archives d'Egermeier (6) 26/11/2014,  Peyrefitte et Egermeier ,  juin plongée DANS LES archives d'Egermeier 22/3/2015,  when Egermeier photographiait l'intimité de Roger Peyrefitte et d'Henry de Montherlant , une plongée dans les archives d'Egermeier, 23/5/2015, Une plongée dans les archives d'Egermeier Publié le une plongée dans les archives d'Egermeier, à Fontainebleau le jour de Noêl 35, Egermeier , Dans les archives de Karel Egermeier du coté de l'YMontherlant, Sentein, Egermeier dans le Marianne du 30 mai 1940Les Eclaireurs skieurs par Karel EgermeierLes "N" d'Egermeier, Les "N" d'Egermeier (2), Les images répertoriées "qu" d'Egermeier, Les "E" d'Egermeier de la collection Y. B. Les images répertoriées "OL" d'Egermeier, Les "Y" d'Egermeier de la collection Y. B., Egermeier photographie le zoo de Vincennes, été 1937, Les X d'Egermeier de la collection Y.B., Photos repérées A et B de Karel Egermeier, Les lc d'Egermeier de la collection Y.B., Les "L" d'Egermeier, photos d'Egermeier publiées dans le journal des éclaireurs de France, des photos d'Egermeier de la collection Y.B. 

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Gerard ter Borch (1617-1681)

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Gerard ter Borch (1617-1681)

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Britannicus à la Comédie Française

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Paris, juillet 2016

Paris, juillet 2016

 

 

Réjouissons nous! Le grand Racine est à l'affiche de la Comédie Française. C'est bien trop rare. Sans doute en partie parce qu'il n'y a plus beaucoup de comédiens capables de scander la poésie en douze pieds; peut être aussi parce que le statisme des tragédies de Racine limite la possibilité pour les metteurs en scène de leurs habituels batifolages. Je ne vais pas vous rappeler l'intrigue, si vous êtes sur ce blog, c'est que vous la connaissez. Sachez tout de même que Racine a fait quelques infidélités à l'Histoire. Mais en fait peu importe la mise en scène ou la vérité historique, on y va voir et surtout entendre Britannicus pour la musique des alexandrins. Heureusement car la scénographie du sieur Braunschweig laissera peu de traces dans l'Histoire du théâtre. Sans doute ne sachant pas que les chef d'oeuvres sont intemporels, c'est justement pour cela qu'on les nomme ainsi, Braunschweig a trouvé intelligent d'habiller les acteurs de costumes contemporains, genre frusques de cadres d'établissements bancaires des années 60, triste vêture passe-muraille. Cette « audace » est sans doute pour bien nous faire comprendre que les intrigues de palais, pouvant aller jusqu'au crime, sont toujours d'actualité. Comment pourrait on l'ignorer, à moins d'éviter toutes gazettes depuis la naissance. Ce sur-lignage inesthétique ne fait que démontrer une fois de plus que beaucoup de metteurs en scène n'ont que mépris pour leur public qu'il pense composé d'un ramassis de benêts.

Le décor est à l'image des costumes. Il est réduit au minimum quelques portes suspendues par lesquelles les acteurs sortent mais n'entrent pas. Ils arrivent par la salle ce qui était très moderne en… 1970. Le mobilier se compose d'une grande table de conférence entourée de chaises. Braunschweg a la curieuse idée de faire ainsi jouer souvent ses comédiens assis. Ce qui aggrave l'impression de statisme de la pièce et ce qui n'est pas la position idéale pour lancer vers les cintres les alexandrins pour lesquels il faut du souffle. Heureusement la plupart des comédiens n'en manquent pas. Si, pour son entrée dans la grande maison, Dominique Blanc m'a paru un peu sèche en Agrippine, allez savoir pourquoi, elle m'a fait penser à Hillary Clinton, Laurent Stocker en Néron gros de crimes en gestation est parfait en velléitaire se croyant avoir un destin. Stéphane Varupenne que l'on découvre en raison de la ressemblance avec Laurent Stocker en double de Néron pas meilleur mais seulement en celui que l'Histoire n'a pas choisi. Le reste de la distribution ne démérite pas à l'exception de Georgia Scalliet catastrophique en Junie une chouineuse étouffant dans les larmes le beau texte de racine qu'elle est incapable de rendre audible.

Pourrais je suggérer une idée à un éventuel metteur en scène passant par là , celle de faire jouer cette superbe tragédie par des comédiens ayant l'âge historique de leur rôle; je sais bien que Racine n'a pas écrit sa pièce avec cette idée et qu'il ne serait pas facile de mettre ses beaux vers dans la bouche de nos actuels jouvenceaux. Lors du drame historique qui sert de base à Racine, nous sommes en 55. Britannicus à 14 ans, Néron qui règne depuis 2 ans en a 18. Une véritable audace serait de faire jouer Racine par des garçons de cet âge.      

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Nicolas Bernard Lépicié (1735-1784)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Garçon avec un cahier à Dessin  Huile sur toile, 1772  Nicolas Bernard Lépicié (1735-1784)

Garçon avec un cahier à Dessin Huile sur toile, 1772 Nicolas Bernard Lépicié (1735-1784)

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