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Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée

 

 
 
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Italie, 86 mn, 1992. 

Réalisé par Aurelio Grimaldi. Scénario : Aurelio Grimaldi. image: Maurizio Calvesi, montage: Raimondo Crociani, musique: Dario Lucantoni 

Avec: Francesco Cusimano, Tony Sperandeo, Luigi Maria Burruano, Lucia Sardo, Giovanni Alamia, Benedetto Raneli, Giuseppe Cusimano, Rita Barbanera, Salvatore Scianna, Ignazio Donato, Luciano Venturino

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Résumé
La vie extrêmement dure des mineurs italiens dans les années vingt et en particulier celle d’ un garçon blond de 11 ans dans une mine de soufre de Sicile est le sujet de ce drame affreux et implacable. Le bel Acla (Francesco Cusimano) arrive à l’âge d’accompagner son père et ses deux frères aînés à la mine souterraine de soufre où ils travaillent six jours par semaine pour un salaire de misère. En raison de la chaleur intense ils travaillent presque nus, à la lumière brun-jaunâtre de lanternes qui les transforment en luisants pénitents de l'Enfer de Dante. Le père d'Acla le vend à un de ses collègues mineur. Aux termes de l'accord, Acla est "détenu" par Caramazza (Tony Sperandeo), pendant huit ans, jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge 19 ans. Son travail consiste à charger le soufre extrait par son patron dans des paniers et de les emporter. Parfois, il doit veiller la nuit pour s'assurer que le soufre extrait n'a pas été volé. Alors Acla rêve de mer et d’évasion pour lutter contre l’inhumanité de sa condition... La seule relation tendre de tout le film est entre le frère aîné d’Acla et un autre mineur; on les voit amoureux, les yeux dans les yeux, dansant sous les regards ravis de leurs compagnons... Le travail achevé, les hommes dorment tous ensembles. Dans la mine même, loin de leur femme leur frustration sexuelle les amène à faire l’amour entre eux et souvent ils attirent les garçons avec quelques olives... Comme la transpiration, la sodomie est endémique... Un des mineurs dit d’ailleurs : « On baise les garçons la semaine et nos femmes le dimanche. » Acla ne se laisse toucher par personne malgré les sollicitations incessantes de beaucoup.
Pour échapper à l'étouffement, à la suffocation dans les galeries de la mine, aux violences physiques et sexuelles auxquelles tout le monde se livre par accord tacite, Acla décide de fuir vers la mer qu'il n'a jamais vu...
 



 
L'avis critique
 
  L'habileté du scénario réside dans le fait que plutôt que d'essayer de nous décrire le quotidien de ce microcosme infernal d'une manière frontale, le film se penche sur ces vies à travers les yeux innocents d' Acla dont les seules informations sur le monde extérieur à sa communauté sont glanées à partir des lettres qu'envoie une tante qui a émigré Australie. Ces lettres sont lues à haute voix par Acla à sa famille car il est le seul à ne pas être analphabète. Ces lectures instillent dans l'esprit d' Acla par exemple une vision fantasmée de la mer comme celui d' un lieu de rédemption et d'évasion alors qu'il n'a pas encore vu des images de la mer. Et quand il s'enfuit de la mine et arrive au bord d'un lac, il demande à un pêcheur s'il a atteint l'océan... L'apreté du film fait penser à celle de "1900" qui nous montrait la brutalité dans les campagnes italiennes au début du XX ème siècle.
 
 


 Ce film nous fait entrevoir un monde dont on a peine à mesurer l'obscurantisme; dans une des scènes les plus poignantes du film, on voit plusieurs enfants du village rassemblés. Ils sont effrayés et sanglotent, car il vont être envoyé au loin, dans un pensionnat. La notion de l'enseignement obligatoire semble presque aussi terrifiant pour les mères que pour leurs enfants. Les aspects brutaux de cette vie villageoise sont bien mis en exergue, ainsi les punitions corporelles sévères infligées aux enfants qui seraient aujourd'hui considérées comme de la grave maltraitance. 

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Bien que le sexe soit omniprésent, il est filmé avec discrétion, le réalisateur se contentant de chairs plutôt que d’actions. Extraordinaire cette scène dans laquelle le prêtre du village admoneste sévèrement les mineurs, les traitant de bêtes à propos de l'homosexualité endémique dans la mine, ce qui les fait rigoler...
 


Le réalisateur montre tous les mineurs peu vêtus dans une sensuelle lumière caravagesque. Mais malheureusement certaines scènes sont si peu éclairées que l'on devine plus l'action qu'on la voit vraiment. En outre le point a souvent du vague à l'âme et l'image n'est pas toujours nette.
 
La musique de Dario Lucantoni est emphatique et ne fait que souligner lourdement la noirceur des scènes dans la mine.
Les acteurs bien dirigés sont très convaincants en premier lieu Francesco Cusimano dans le rôle d'Acla.

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Aurelio Grimaldi, scénariste et réalisateur du film, a tourné et écrit une vingtaine d'autres longs métrages, le dernier en 2009, et en particulier un autre film gay, Mery per sempre.
Acla a été édité en dvd en Italie et aux USA.
 

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Ci dessous le film
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
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Troca 87

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Troca 87
Troca 87
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Troca 87
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Troca 87
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Troca 87
Troca 87
Troca 87
Troca 87
Troca 87
Troca 87
Troca 87
Paris, aout 1987

Paris, aout 1987

 

Je profite de cet énième billet sur les garçons du Tocadéro pour lancer un appel: Je ne peux croire que je suis le seul à avoir de telles photo d'abord parce que certains ont eu la gentillesse de m'en envoyer et aussi parce que je me souviens avoir vu plusieurs photographes prendre des clichés semblables. Ne les laissez pas se perdre. Partagez! Pour cela envoyez moi vos photos à mon adresse e-mail: bernar.a@wanadoo.fr Précisez si possible la date et le lieu des prises de vues, le matériel et surtout les conditions pour être mises sur le blog, nom, anonyme, initial, pseudonyme...

Merci d'avance. 

 

D'autres photos des garçons du troca:  c'était le troca...,  Troca 84,  Troca 87un garçon en slip au bord du bassin du Trocadéro l'été 1992,  Jeux d'eau au Trocadero,  sur l'herbe du Troca,  Les garçons du Troca,  Troca 85, rollersjeux d'eau au troca,  Le garçon au bâton, troca 85,  une après midi au Troca,  Troca 78-79 par Bruno 1,  Troca 78-79 par Bruno (2),  Troca 86,  Troca 86 (2)   Troca 86 (3),  Troca 86, sur les statues,  Troca 85, sauts,  Troca 85, dans le bassinTroca 85, sur les statues,  Troca 85 (2),  Troca 85 (3) ,  Troca 85 (4),  Troca 85, les sauts de SébranTroca 85,  Troca 85 (6),  Troca 85 (7),  Troca 85 (8),  Troca 85 (9),  Troca 85 (10)Troca 86 (4),  Troca 85, un marcel bien habité...,  Troca 85 (11)Troca 86 (5),  Troca 86, MAP TROCA,  Troca 85 (12),  Troca 86 (6),  Troca 86, le photographe photographié,  Troca 86, des garçons sur des statues,  Dans les bassins du Trocadéro (1986),  Troca 86, sauts dans le bassin,  Troca 86, un joli joueur de cartes,  Troca 86, près du bassin,  Troca 86, des garçons sur des statues (2),  Troca 86, garçon à la croix,  Troca 86, escalades,  Troca 86, (7) ,  Troca 86, des garçons sur des statues (3),  Troca 86, autour et dans les bassins,  Troca 86, bronzage sur la pelouse,  Troca 86 (8),  Troca, équilibre sur un vélo,  Troca 87,  Troca, une photo de Mike Tedder,  Troca 85 Sébran,  Troca 88 les couleurs d'un printemps,  Troca 78-79 par Bruno (3)Troca 85, dans les bassins,  les couleurs du Troca 88,  Troca 85 (12)Le Troca 86-90 vu par D.L. (1),Le Troca 86-90 vu par D.L. (2),Les couleurs du Troca 1987 Troca 78-79 par Bruno (2) ,  Troca 78-79 par Bruno (1) . Troca 86, la petite bande du bassin,  Troca 86, (8),  Troca 86, jeux d'eau,  Troca 86, juchés sur les statues,  Troca 86, (9),  Troca 86, (10),  Troca 86, jeux sur les canons à eau,  Troca 86, (11),  Troca 86, jeux d'eau,  Troca 86, la petite bande du bassin (2)Troca 86, la petite bande du bassin (3),  Troca 86, la petite bande du bassin (4)Troca 86, la petite bande du bassin (5),  Troca 86, la petite bande du bassin (6),  Troca 86, Xavier M.

 

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Parmigianino: La Vision de saint Jérôme . 1527

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Parmigianino: La Vision de saint Jérôme . 1527

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Le brexit vu par Barry Blitt

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Le brexit vu par Barry Blitt

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Giovanni Colacicchi

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Giovanni Colacicchi
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Giovanni Colacicchi est issu d'une famille noble, fils de Robert, grand propriétaire, et de Pia Vannutelli, descendante du peintre Scipione Vannutelli , il a passé la majeure partie de son enfance entre Rome et Florence , jusqu'à la fin de ses études supérieures, puis finalement il s'installer à Florence à la fin de la première guerre mondiale. En 1919, il commence sa carrière artistique en tant qu'élève de Francesco Franchetti.

Il était parmi les fondateurs du magazines culturels le Magazine de Florence (en 1924 avec Giorgio de Chirico et Alberto Savinio ) et Solaria (rejoints en 1926, par Eugenio Montale , Giuseppe Ungaretti , Carlo Emilio Gadda et Italo Svevo ).

En 1924 , il épouse Amalia Zanotti, issue de la noble famille de Biella, puis il se déplace en Calabre avec sa famille, cette région devient, une source d'inspiration pour plusieurs de ses œuvres. En 1930, a lieu sa première exposition personnelle,à la galerie Saletta Fantini à Florence. Il fait alors plusieurs voyages en Italie de Venise en Calabre, et aussi à Paris , où il a passé de longues période. Il va en  Afrique du Sud en 1935, par  désir de visiter des lieux lointains et exotiques et aussi pour surmonter la douleur de la séparation avec sa femme . Il revient en Italie, en 1937 où nait son premier fils, Piero, et en 1942 son deuxième fils Francesco. Il vit avec da Flavia Arlotta (peintre, originaire de Sorrente ), qu'il épousa plus tard en 1952. Il déménage pour un temps à Rome avec sa nouvelle famille, et il travaille dans l'atelier de Renato Guttuso .

Après la guerre, il s'intéressé à la théorie de l' art, en formant des groupes de discussion avec des intellectuels et des artistes de l'époque comme Martinelli Onofrio. 

Ses œuvres représentent souvent de grands espaces naturels avec un fort sentiment d'immersion dans la nature. Ellent utilisent un matériau très dense qui les caractérise. Durant toute sa vie il a immortalisé les objets qui lui étaient chers, dans des peintures poétiques représentant les mythes et la figure humaine. Dans sa première période artistique, il a commencé en 1924 avec l'oeuvre "La Mélancolie" dans le style du réalisme magique, influencé par la rencontre avec Giorgio De Chirico . Ensuite il participe aux expositions du mouvement "Sarfatti" en sa qualité de membre du groupe Florentin, par opposition à "strapaesana". Dans la période entre 1931 et 1933, il peint quelques-unes de ses œuvres majeures comme «Fin de l'été" (1932) et "Sainte-Marie de l'Égypte, et Jacob et l'Ange" (1933). Les autres œuvres qu'il peint et présente dans les Salon à Paris à partir de 1933, et plus tard en Calabre avec des œuvres représentant la campagne calabraise, la vie populaire de la Calabre, en suggerant le passé grec de la Calabre. De son voyage en Afrique du Sud, il rapporte de nombreux paysages, dont le célèbre «Le phare de Point Monille" (1935) et "Exiles" (1935-1936), qui témoignent de l'admiration devant les paysages naturels extraordinaires de l'Afrique.

 
Giovanni Colacicchi
Giovanni Colacicchi
Giovanni Colacicchi

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Le triomphe d'Hadrien

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Le triomphe d'Hadrien

Le 9 juillet 177 Hadrien devient empereur. Trajan est mort la veille alors qu'il faisait campagne contre les parthes.

L'image ci-dessus montre Hadrien au faîte de sa puissance entrant dans le forum à Rome lors d'un triomphe. 

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Christopher Wood (1901-1930) (réédition complétée)

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Autoportrait, 1927

Autoportrait, 1927

Christopher ’’Kit’’ Wood est né le 7 avril 1901 à Knowsley, près de Liverpool. Il est mort le 21 août 1930 à Salisbury. Wood était un peintre anglais dont l'oeuvre, malgré la disparition prématurée de son auteur à la vie bohème, mouvementée, marquée par l'addiction aux drogues, a influencé le développement du modernisme anglais en peinture. Il est un des rares peintres britanniques à avoir obtenu une certaine reconnaissance dans la mouvance artistique parisienne des années 1920.

"Le marchand de tapis" (1930), huile sur toile de bois.

Fils de médecin, Christopher Wood s'initie au dessin à l'âge de quatorze ans, pendant une convalescence. En 1919, il débute des études d'architecture à l'université de Liverpool où il rencontre Augustus John qui l’encourage à devenir peintre avant que le collectionneur Alphonse Kahn ne l'invite à se perfectionner dans cette voie à Paris.

Christopher Wood J. A. Gandarillas (1926) oil on canvas, 88 x 48 cm

Tony de Gandarillas

Dès 1921, Wood, surnommé ‘’Kit’’ par ses amis, y suit les cours de l'Académie Julian puis de la Grande Chaumière. Il s'intègre rapidement dans les cercles artistiques à la mode où Khan lui présente le diplomate chilien Antonio de Gandarillas, neveu de la mécène Eugenia Huici de Errázuriz. Cette rencontre aura une influence décisive sur la vie du jeune Wood. Riche, dilettante, homosexuel, opiomane et mondain, Tony de Gandarillas lui présente de nombreux artistes vivant à Paris, l'initie à l’opium tandis que les deux hommes deviennent amants. Gandarillas soutiendra financièrement Wood, souvent impécunieux, jusqu’à sa mort. Pendant plusieurs années, le couple mènera une vie parisienne de bohème mondaine entrecoupée de nombreux voyages et séjours à travers l'Europe, en Afrique du nord, en Grèce et en Italie.

En 1925, Wood rencontre Jean Cocteau, également opiomane, dont le style influencera son dessin. Wood expose pour la première exposition personnelle à Londres. La même année, Eugenia Errázuriz le présente à Picasso, dont l’influence est indéniable sur son oeuvre de Wood. Picasso apprécie le travail du jeune anglais.

 



 

Toujours en 1925, il expose en compagnie de Paul Nash à la galerie Redfern à Londres. Il y rencontre un couple d’artistes anglais, Ben Nicholson et son épouse Winifred avec lequel il restera intimement lié jusqu’à la fin, tant sur le plan personnel que sur un plan artistique. C'est durant ces années qu'il fait également la connaissance de Max Jacob, dont il peindra un remarquable portait quelques années plus tard, et se lie sentimentalement avec Jeanne Bourgoint, une mannequin qui, avec son frère Jean, inspirera à Cocteau "Les Enfants Terribles".

 

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En 1926, Diaghilev confie à Wood la création des décors et costumes du ballet Roméo et Juliette mais cette commande est annulée au dernier moment. Dans sa biographie de Jean Cocteau, Claude Arnaud cite Kit Wood pour cette année 1926: << Les amis de Christian Bérard, ces peintres dits néo-humanistes hostiles à l'abstraction qui avaient fait de l'hôtel Welcome leur Bateau-Lavoir n'étaient pas non plus des grenouilles de bénitier. Les couloirs du Welcome résonnaient sans cesse, en cette année 1926, des bruits des fêtes qui donnèrent Francis Rose, dix sept ans, Leonid Berman ou Kit Wood, un jeune anglais opiomane lui aussi.>>.

Wood retourne alors en Angleterre où il prend part aux activités du Groupe de Londres puis, en 1927, de la Seven and Five Society en compagnie, entre autres, du couple Nicholson. Il ne cessera cependant pas de faire des trajets entre le Royaume-Uni et la France où il se rendra tantôt en Bretagne, tantôt dans le sud de la France ou en Cornouailles, exposant avec les Nicholson à Paris ou à Londres.

 

Christopher Wood - Horses in Paris, 1924

 

Pablo Picasso le considérait comme un génie en puissance. Fasciné par ses peintures brutes qu'il comparait à celle du douanier Rousseau.

 

Christopher Wood - Anemones In A Cornish Window

 


Avec les Nicholson, Kit se rend en 1928 dans le Cumberland puis dans les

 Cornouailles britanniques, stimulé par l’implication de Ben dans son propre travail artistique. Durant un voyage à St Ives, avec celui-ci, il rencontre le peintre-pêcheur Alfred Wallis, dont le style naïf répond à leurs aspirations communes à une expression primitive de la peinture ; cette influence finira d’asseoir le style personnel de Wood. Après une aventure malheureuse avec la peintre et riche héritière Meraud Guiness, il se lie avec Frosca Munster, une aristocrate russe qui a fui la révolution bolchevique. Cette dernière parait apporter un semblant d’équilibre à Wood qui demeure très dépendant des drogues, quoiqu’il peigne de plus en plus.

 

 1927
 

 

 


En juin 1930, Wood se rend dans la station balnéaire de Tréboul, dans une région alors prisée par les peintres depuis le passage de Gauguin dont il admire l'oeuvre, avec celle de Van Gogh. Il y vit dans un petit hôtel et y travaille notamment en compagnie de son amant, le peintre anglais Francis Rose, et de Max Jacob qui l’y a rejoint. S'il produit beaucoup durant cette période, sa dépendance à l’opium est devenue telle que l’argent que lui font parvenir Frosca et Tony, sans cesse en voyage, ne suffit plus. Malgré les attentions de ses amis, il ne peut résister et finit par s’intoxiquer en fumant les déchets d’opium. Il décide alors rejoindre l’Angleterre pour obtenir l’aide de ses parents.

Christopher Wood, Zebra and Parachute, 1930

Christopher Wood, Zebra and Parachute, 1930

 

Une de ces dernières toiles, le zèbre et le parachutiste ouvrait des perspectives que son oeuvre jusque là ne laissait pas présager, malheureusement la mort ne lui a pas laissé le loisir de les parcourir.

 

Carnations in a Glass Jar



Il quitte la Bretagne, emportant les tableaux avec lesquels il projette de faire l’ouverture de la galerie londonienne Wertheim, qui doit avoir lieu en octobre de la même année. C’est alors, le 31 août 1930, qu’il tombe sous un train à la gare de Salysburry dans des circonstances restées mystérieuses : son addiction à l’alcool et à l’opium, ou encore ses troubles mentaux l’ont possiblement poussé à commettre un suicide mais sans que l’éventualité d’un accident puisse être écartée.

C'est la thèse du suicide que retinrent ses amis parisiens, en particulier René Crevel que la mort de Kit Woot fit s'éloigner de cet autre opiomane qu'était Cocteau.

Dans les années suivant sa mort, plusieurs expositions posthumes de ses tableaux seront organisées par d’importantes galeries londoniennes (Wertheim, Lefevre, Redfern,…) qui compteront dans l’élan donné au néo-romantisme anglais. En 1938, il figurera au pavillon anglais de la biennale de Venise et la Royal Academy organisera une importante rétrospective qui achèvera de consacrer son œuvre, désormais largement représentée dans les collections publiques d’Europe et des États-Unis.

the jokey, 1923


 

The Bathers (France, 1927)


 

Nude in a bedroom Francis Rose, 1930


 

Jean Bourgoint, 1926


 

Constant Lambert, 1926

Christopher Wood, Cumberland Landscape (Northrigg Hill), 1928

Christopher Wood, Cumberland Landscape (Northrigg Hill), 1928

Christopher Wood, Flowers, 1930

Christopher Wood, Flowers, 1930

Christopher Wood, Pill Creek, Feock, Cornwall, 1928

Christopher Wood, Pill Creek, Feock, Cornwall, 1928

Christopher Wood, Porthmeor Beach, 1928

Christopher Wood, Porthmeor Beach, 1928

Christopher Wood, The Blue Necklace, 1928

Christopher Wood, The Blue Necklace, 1928

Christopher Wood, Le Phare, 1929

Christopher Wood, Le Phare, 1929

The Fisherman's Farewell 1928 by Christopher Wood

Christopher Wood, The Fisherman’s Farewell 1928

Dans leur bulletin mensuel, les excellentes éditions Quinte feuilles (http://quintes-feuilles.com/Fevrier%202014.pdf) reviennent sur les relations entre Christopher Wood et Max Jacob. Voir ci-dessous:

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Billets du blog à propos de la peinture anglaise du XX ème siècle qui a souvent regardé du coté des garçons:

 

Ralph Nicholas Chubb ,  Glyn Warren Philpot (1884-1937) , Duncan Grant (1885-1978) , JOHN MINTON,  Les garçons de Lucian Freud,  Lucian Freud 1922 - 2011,  Oliver Frey, alias Zack,  pour se souvenir de Bacon à la Tate Britain en 2008,   Henry Scott Tuke (réédition complétée) , Philip Whichelo (1905-1989) Study of a Nude Boy,  Keith Vaughan (1912-1977)Albert Wainwright,  Francis Campbell Boileau Cadell (Ecosse, 1883-1937),  JOHN MINTON,  Peter Samuelson (1912 - 1996), réédition complétée ,  Christopher ’’Kit’’ Wood (1901-1930) réédition complétée ,  Edward Burra (1905-1976)David Hockney au musée Guggenheim de BilbaoLes polaroids "joiners" de David Hockney,  David Hockney chez Claude Bernard, il y a si longtemps,  Michael Ayrton (réédition actualisée) , William Bruce Ellis Ranken (1881-1941),  S. J. Peploe, Boy reading, 1920,  Robert Sivell, bathers,  Paul AllamCovan Corrigan,  Sylvia Sleigh (1916-2010),  Bernard Fleetwood-Walker (1893 – 1965)Boy par Lucian Freud,  Lucian Freud photographié par David Dawson
   
A ces britanniques il ne me semble pas abusif d'y ajouter les peintres australiens George W. Thomas Lambert et  Donald Friend (1915 -1989)  ainsi que le sud-africain Philip Swarbrick  
 

 

Christopher Wood (1901-1930)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L.I.E (Long Island Expressway ) de Michael Cuesta (réédition complétée)

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L.I.E (Long Island Expressway ) de Michael Cuesta (réédition complétée)

 

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USA, 2001, 108 minutes  
Réalisation: Michael Cuesta , production: Michael Cuesta, Linda Moran, Bastian Rene, scénario: Ryder M Stephen, Michael Cuesta, Gerald Cuesta, image: Romeo Tirone, son: Pierre Foldes    

avec: Brian Cox (John Harrigan Big), Paul Franklin Dano (Blitzer Howie), Billy Kay (Terrio Gary), Bruce Altman (Blitzer Marty), Walter Masterson (Scott), James Costa (Kevin Cole), LeFevre Adam (Elliot), Tony Donnelly (Brian), B Constance Barry (Anne Harrigan), Gladys Dano (Voice of Sylvia Blitzer), Brad Silnutzer (Henry), Bob Gerardi (Clifford), Marcia Debonis (Ecole conseiller), Emilio Cuesta (Howie Blitzer à 5 ans) Garvey Ray (le père de Brian), Angela Pietropinto (Mme Cole) 

 
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Résumé
 
Howie Blitzer a seize ans. Il vient de perdre sa mère, qui est morte sur la Long Island Expressway. L'adolescent est incapable de surmonter cette perte. D'autre part son père a rapidement trouvé une remplaçante à sa feu femme. Cette nouvelle maitresse ne prête aucune attention au garçon. Howie fait partie d'une bande qui vole dans les maisons du voisinage dans cette banlieue typique de la classe moyenne américaine. Howie est attiré par l'un des habitants du quartier. Une forte personnalité, Jon Harrigan dit Big John. Une nuit le garçon dévalise la maison de Big John mais ce dernier le surprend. Mais curieusement le laisse partir. Une curieuse relation se développe entre Big John et Howie.
Howie est ami avec Gary qui est un prostitué à la Long Island Expressway. Gary connait John Harrigan, et sait que ce membre respecté du quartier, est aussi un homme attiré par les adolescents. Lorsque le père de Howie est mis en prison  pour avoir mal géré certaines transactions commerciales, Jon Harrigan est le seul à prendre soin de Howie...

L'avis critique
 
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Le titre original "LIE" fait référence à la Long Island Expressway qui est une autoroute et en même temps il est synonyme de mort, celle de la mère de Howie Blitzer, Sylvia, qui y est morte.
LIE  pourrait facilement être confondu avec un film de Larry Clark. Mais ce qui met LIE un cran au dessus des films de Clark c'est la peinture subtile de la relation entre les adolescents et les adultes, relation qui est chez Clark soit absente soit caricaturale.
Le film est avant tout une extraordinaire performance du grand acteur qu'est Brian Cox.  
En raison de la nature sensible du sujet, la pédophilie, de nombreux membre de l'entourage de Brian Cox lui ont conseillé de refuser le rôle du Major John Corrigan. Mais heureusement pour nous et pour lui, il a persisté dans son choix. Paul Franklin Dano est remarquable dans le rôle délicat de Howie Blitzer On a revu ce garçon dans "Little Miss Sunshine" . C'est sa mère, Gladys Dano, dans la vie qui interprète dans le film le rôle de Sylvia Blitzer, la mère décédée Howie que l'on voit dans des flashbacks et dans des séquences de rêve. 
Le réalisateur, qui a fait ses classes en filmant des épisodes de séries fameuses, en particulier de Six Feet Under  dont il a réalisé plusieurs épisodes sans oublier ceux de Dexter et de true blood,a déclaré que le grand thème de son film est la quête de l'identité sexuelle, et l'ambiguïté de l'orientation sexuelle de Howie et que sa relation avec Big John et Gary
 
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forme le noyau autour duquel l'intrigue se développe. 
Pour sa part, Brian Cox lors d'une interview a émis l'avis que son personnage se rendant finalement compte que le potentiel de Howie est tel que cette découverte provoque envers le garçon un sentiment  qui va au delà de son attirance sexuelle pour lui. Une grande partie de l'intérêt du film vient de cette ambiguité et de la modification petit à petit du regard de big John sur Howie. Big John de prédateur éventuel se mue en une figure d'un père alternatif. 

Ce film controversé fait passer son spectateur par des sentiments envers ses personnages et en particulier envers big John qui

 

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ressemble à des montagnes russes. Est il un parfait salaud, un manipulateur qui s'est construit un personnage pour mieux duper son monde et peut être pour commencer par lui même ou est il un homme en pleine rédemption provoqué par l'intrusion dans sa vie de Howie sorte d'ange sauveur?  Big John est un peu comme un charmeur de serpent, capable de manipuler les émotions du spectateur. N'est il pas surtout déchiré entre ses désirs sexuels et le désir sincère d'aider Howie. Big John peut aussi symboliser l'abîme dans lequel il est facile de tomber. Celui-ci peut paraître noble, mais Big John n'hésite pas à expulser son jeune amant Scott. 

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Il est dommage que la toute fin du film entre en contradiction avec tout ce qui l'a précédé, mais cette concession au politiquement correct devait être indispensable pour obtenir le financement pour le tournage.
Certaines parties de ce film ont été tournées sur le site de l'École Harborfields, situé à Greenlawn, dans l'état de New York, près de la Long Island Expressway. 

A sa sortie aux USA, le film a été initialement interdit au moins de dix-sept ans, mais ensuite cette restriction  a été enlevée.

En 2006 Cuesta réalise  son second long-métrage, 12 and Holding. Toujours sur l'adolescence, ce film évoque la relation d'un jeune garçon à la mort.
LIE, 2001, le film

 

LIE, 2001, 1

 

LIE 2001, 3

 

 

LIE, 2001 2

 

 
LIE, 2001 6

 

Bande-annonce

 

 

Voir et télécharger le film ICI
 

Publié dans cinéma gay

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Le saut de l'ange de Michael Wishart

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le saut de l'ange de Michael Wishart

 

Il y a de grandes chances que si vous vous trouvez sur ce blog, et surtout si vous êtes l'un des 3000 qui y revenez régulièrement, vous possédiez nombre de tropismes en commun avec votre serviteur; en particulier celui de la peinture et plus particulièrement de la peinture anglaise, souvent sottement snobée de ce coté ci de la Manche. Probablement que nous partageons également une affection pour les écrits intimes, correspondances, journal et autre mémoires. Celle de Michael Wishart (1928-1996) est donc bien évidemment pour vous. D'ailleurs vous avez croisé déjà dans ce blog des personnages comme Deham Fouts ( http://lesdiagonalesdutemps.over-blog.com/2014/07/louis-denham-denny-fouts.html), Tchelitchew, Minton, Stephen Tennant (http://lesdiagonalesdutemps.over-blog.com/article-stephen-tennant-reedition-augmentee-104919188.html, Christian Berard et de nombreux autres que cite un peu plus loin, que vous retrouverez dans « Le saut de l'ange ». 

Stephen Tennant

Stephen Tennant

Christian Berard

Christian Berard

 

Si Wishart en tant que peintre n'est certes pas de l'importance d'un Bacon ou d'un Julian Freud d'un Hockney ni même d'un Sutherland (il a bien sûr connu tous ces gens là et bien d'autres et parfois de près); ce qui ne veut pas dire pour autant que sa peinture soit négligeable; c'est je crois le seul peintre pour lequel on puisse dire sans ridicule qu'il est le continuateur de Turner; Wishart comme Turner est un grand libérateur de la couleur. La peinture a été au centre de sa vie dès sa petite enfance. Elle est au centre de son autobiographie: << Comme enfant il n'y avait pas de querelles, pas de terreurs, pas de colères qui ne pouvaient être guéries en courant dans les champs avec ma boite de peinture.>>; mais comme écrivain il est de première grandeur. Une fois refermé « Le saut de l'ange » on est navré que ce soit le seul ouvrage qu'il ait écrit. Bien des auteurs avec ce qu'il nous raconte en auraient fait dix volumes; ce qui, chez d'autres, s'étalerait en 200 pages Wishart en fait un petit paragraphe sec, poli et rond comme un galet. L'évocation, le plus souvent, se termine par une chute d'un humour désespéré. Chez cet homme qui a usé de toutes les jouissances jusqu'à se détruire, il y a du Cioran dans certains des aphorismes qui entrelardent ses souvenirs.

Michael Wishart

Michael Wishart

 

 

En un peu plus de 300 pages Wishart raconte des morceaux de sa vie. Elle commence en 1928 comme celle d'un enfant prodige triste, issu d'une famille à la fois bourgeoise et fantasque, marxiste comme seuls quelques spécimens de l'upper class britannique savaient l'être dans les années 30, je ne vois guère en France qu'Emmanuel d'Astier de la Vigerie (qui passe dans l'ouvrage) pour avoir eu la même pose rouge. Une existence qui se termina en 1996 après un parcours qui ne tint pas toutes les promesses de la jeunesse. Lorsqu'on lit « Le saut de l'ange » il faut se rappeler que ces mémoires ont été publiées en Grande-Bretagne en 1977 alors que bon nombre des personnes qu'évoque Wishart étaient toujours vivantes. Il est incompréhensible que cette merveille nous arrive seulement aujourd'hui, d'autant que Wishart a vécu une partie de sa vie en France, pays qu'il aime et dont il parle bien faisant revivre un pays à jamais disparu.

 

Michael Wishart au travail

Michael Wishart au travail

La vie de Wishart fut une vie de rencontres et souvent d'admirations. La plupart des mémoires ne sont qu'une suite d'anecdotes et de plaidoyers pro-domo mis bout à bout. Presque toujours il y manque un ton. Ici non seulement, il y a un ton, mais on y entend une voix. Une voix très singulière d'un dépressif actif qui prend la vie sans étonnement sans pourtant jamais être blasé. Wishart semble tout aussi à l'aise dans son atelier minable du Marais où les commodités sont sur le palier que lorsqu'il prend le thé chez Peggy Guggenheim dans son Palais vénitien où qu'il nage dans la piscine du prince Ali Khan. Quelques jours après cette trempette princière, on nage beaucoup dans ce livre, on retrouve Wishart en pleine guerre d'Algérie peignant dans un misérable gourbi les paysages du Sahara! Tout semble lui être du et advenu le succès comme les bides, la richesse comme la dèche, l'amour comme la trahison...Si Wishart en tant que peintre n'est certes pas de l'importance d'un Bacon ou d'un Julian Freud d'un Hockney ni même d'un Sutherland (il a bien sûr connu tous ces gens là et bien d'autres et parfois de près); ce qui ne veut pas dire pour autant que sa peinture soit négligeable; c'est je crois le seul peintre pour lequel on puisse dire sans ridicule qu'il est le continuateur de Turner; Wishart comme Turner est un grand libérateur de la couleur. La peinture a été au centre de sa vie dès sa petite enfance. Elle est au centre de son autobiographie: << Comme enfant il n'y avait pas de querelles, pas de terreurs, pas de colères qui ne pouvaient être guéries en courant dans les champs avec ma boite de peinture.>>; mais comme écrivain il est de première grandeur. Une fois refermé « Le saut de l'ange » on est navré que ce soit le seul ouvrage qu'il ait écrit. Bien des auteurs avec ce qu'il nous raconte en auraient fait dix volumes; ce qui, chez d'autres, s'étalerait en 200 pages Wishart en fait un petit paragraphe sec, poli et rond comme un galet. L'évocation, le plus souvent, se termine par une chute d'un humour désespéré. Chez cet homme qui a usé de toutes les jouissances jusqu'à se détruire, il y a du Cioran dans certains des aphorismes qui entrelardent ses souvenirs.

Graham Sutherland

Graham Sutherland

 

 

C'est avec un détachement aristocratique qu'il nous explique comment lui est venu son homosexualité, scène toute droit sortie d'une photo de Diane Arbus et comment il est passé aux travaux pratiques, ce qui n'est pas sans rappeler l'expérience que Claude Michel Cluny décrit dans « Sous le signe de Mars ».

 

Les références, innombrables et diverses qui se trouvent dans cette autobiographie ne seront pas sans éveiller quelques émois, du moins pour les lecteurs les plus âgés telle celle-ci: << Sabu, l'enfant-éléphant, m'obsédait plus que tout autre personnage. Simplement vêtu d'un turban doré, il donnait à voir l'équilibre musculaire parfait du surfeur pubère et dirigeait son tapis volant dans les mille et une nuit de mes rêves avec une maitrise indigène; et les choses que je lui faisait faire auraient bien pu expliquer sa mort prématurée.>>.

Homosexuel pouvant tomber amoureux de femmes, Il a été marié et a eu un fils, les notices biographiques du peintre font deviner qu'il était moins désabusé des choses de l'amour que ce qu'il écrit où le désespoir perce sous l'humour ou le contraire: << J'en suis arrivé à penser, peut être pour me protéger, que mon lit est une nef des fous peuplés de jolis mutins, dont l'inventaire serait aussi ennuyeux que, à l'heure du départ, la lecture des noms des passagers embarquant à bord d'un navire.>>, << En tant que spectateur, j'ai toujours trouvé les rapports sexuels plutôt moins intéressants que d'autres sports, sans doute faute d'avoir pu réunir la meilleurs équipe au même endroit, au même moment.>>. Il a ce même regard un peu désabusé sur la vie amoureuse de ses amis, à propos de Cyril Connolly: << Il aurait été d'accord avec Baudelaire pour reconnaître qu'avoir un enfant empêche l'artiste de se réaliser. Mais mieux vaut peut-être deux enfants qu'une syphilis.>>

Anne Dunn et Michael Wishart alors qu'ils étaient mariés

Anne Dunn et Michael Wishart alors qu'ils étaient mariés

Anne Dunn

Anne Dunn

 

 

Sa pratique de la peinture se révèle dans l'acuité de son regard et son art du portrait: <<  les jambes de Nancy Cunard, si mince qu'il semblait que deux fils de sa culotte étaient défait. >>. Ce mot d'esprit ne rend pas complètement compte du talent de portraitiste de Wishart car en général il porte un regard bienveillant sur ses modèles. Sur Eluard par exemple: << Paul Eluard hantait les quais de sa longue silhouette, remorquant un cabas qui avait l'air rempli de chagrin, rêveur tuberculeux tout près de retrouver Nouche. Ses portraits écrits me rappellent ceux tracés par Frédéric Prokosch dans « Voix dans la nuit ».

 

Wishart n'est pas qu'un paysagiste avec ses pinceaux, comme le prouve un regard de sa fenêtre à Amsterdam: << Ma chambre donnait sur des quais aux pavé irréguliers. Entre les têtes des garçons aux cheveux de lin qui tiraient des haquets de bière, un marché aux fleurs, flottait sur des barges.>>

Si l'auteur n'oublie pas de parler de lui, c'est même le but de l'exercice des mémoires, on y devine que l'homme était affligé d'une maladie auto-destructrice tout en ne doutant jamais de son génie mais n'écoutant pas ses amies qui était inquiet de voir qu'il dissipait son talent. Ce texte est aussi les confessions d'un alcoolique...

Plusieurs mondes que l'on croyait définitivement engloutis ré-émerge des vagues du temps avec cet ouvrage comme ce Paris pédérastique de l'immédiate après guerre dont les figures, aujourd'hui pour la plupart oubliées, se nomment Jean-Pierre Lacloche et son protégé le poète Olivier Larronde ou encore l'architecte d'intérieur Georges Geffroy, Alexis de Rédé, Maurice von Moppès.

la bibliothèque de Georges Geffroy

la bibliothèque de Georges Geffroy

Olivier Larronde par Cocteau

Olivier Larronde par Cocteau

 

 

Autre univers qui resurgit par instant, celui de la « Café society »: << Je connaissais Peggy depuis toujours. Bien sûr, quand j'entrai dans la chambre qu'elle partageait avec mon oncle Douglas Garman, avant guerre je n'étais pas en âge de comprendre pourquoi un hareng fumé crucifié était suspendu au-dessus du canapé. A dix ans, je ne parvenais pas à donner sens à tout ce que je savais de mon oncle, qui était un communiste influent. Mais il va sans dire que j'appréciai bien sa piscine marxiste; chauffée qui plus est.>>. Wishart évoque très bien la dégénérescence de la café society en jet set...

 

Il y a de nombreuses lignes sur la peinture. Bien sûr à propos des peintres anglais mais plus inattendu aussi sur Max Ernst, Hélion, Giacometti, Utrillo... Wishart, et c'est rare, est un peintre qui sait voir la peinture des autres; sur Francis Gruber: << Le travail de Gruber avait quelque chose de la poésie morbide et hypersensible d'un Géricault.>>; sur Bacon: << Bacon avait affublé le papeInnocent de Velasquez de lunettes brisées, empruntées à l'infirmière qui crie dans « Le cuirassé Potemkine » d'Eisenstein et, inspiré par son intuition naturelle, il avait forcé sa sainteté à hurler, créant ainsi l'une des très rares images séminales de notre temps.>>

Francis Gruber

Francis Gruber

 

Le livre se découpe en courts chapitres eux même divisés en court paragraphe dont beaucoup sont construits comme de petites nouvelles. Le tout est agréménté de quelques photos bien choisies.

Wishart fut ce que l'on appelait encore dans mon enfance un viveur, mais ce fut aussi un artiste, le meilleur témoignage en est ce livre, et surtout un brave homme. Il est rare que les trois cohabitent chez le même homme.

Peut être que la principale qualité, parmi beaucoup d'autres, du livre de Wishart tient à ce qu'il est resté, malgré sa grande culture et son fabuleux carnet d'adresse, le petit garçon qui soignait ses malheurs en courant la campagne avec sa boite de couleurs.

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Richard Westmacott, Jupiter et Gamynede

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Richard Westmacott, Jupiter et Gamynede

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