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les chats de la promenade des philosophes à Kyoto, Japon

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Kyoto, Japon, octobre 2011

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des garçons et des chats

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Shigeru Komatsuzaki

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Les voyages, lorsque l'on sait musarder, (ce qui implique bien évidemment de ne pas se déplacer en troupeau guidé) offrent toujours de belles surprises comme celle de tomber sur une formidable exposition de Shigeru Komatsuzaki sise dans un immeuble luxueux qui ouvrait sur la non moins luxueuse avenue Omesanto, qui est un peu les Champs Elysées de Tokyo. Shigeru Komatsuzaki (1915-2001) fut l’un des illustrateurs japonnais les plus prolifiques et sa patte est emblématique de la science fiction japonaise des années 60-70.

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Son premier travail publié, fut une illustrations pour la série "Shirogitsune Kidan" ("Le Mystère du Renard Blanc"). Il était encore un adolescent quand il a commencé à dessiner du matériel militaire pour le journal Kikaika. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a recueilli beaucoup de succès avec ses illustrations d'équipement militaire (chars, avions, bateaux ...), qu'il a publié dans des magazines pour enfants, mais pendant les bombardements de lde Tokyo en 1945, sa maison fut incendiée et tous les dessins qu'il'avait fait auparavant ont été perdus.

 

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Dans l'immédiat après-guerre, Komatsuzaki créé des histoires qui ont vendu en grande partie sur la base d'une grande double page véritable tableaux, qu'accompagne un texte réduit à la portion congrue. Il vise alors un public de jeunes adultes ses histoires fourmillent d'inventions extraordinaire et de catastrophes.

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Komatsuzaki a illustré une réimpression de Kaitei Gunkan (Un navire de guerre sous-marin), roman de Shunrō OSHIKAWA paru une première fois en 1900 pour le magazine Omoshiro en 1952-1953. Il a d'Octobre 1954 a Décembre 1955 démarquer le l'histoire de Oshikawa dans son propre magazine Kaiyo Kagaku . Dans cette version, un avion transportant 45 passagers a un accidents en mer. Les passagers sont sauvés par un aristocrate excentrique, le marquis Horne, dans son sous-marin nucléaire secret  l'Atomfish. Les voyageurs sont bientôt entraînés dans les machinations de la reine d'un monde sous marin.

Shigeru Komatsuzaki

Shigeru Komatsuzaki

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Komatsuzaki a travaillé comme designer de production sur plusieurs films japonais, comme Chikyu BOEIGUN ), et  Uchû Daisenso, 1959 (Bataille dans l'espace, 1960 aux Etats-Unis). Il a également conçu des navires et des monstres pour les Gunkan Kaitei film et pour Atragon, produit par la Toho dont Komatsuzaki a été un temps directeur artistique. Le film de la Toho  Ataragon » (1963) est basé sur sur le roman « Kaitei Gunkan » (le cuirassé sous-marin) écrit en 1902 par Shunro Oshikawa. Komatsuzaki a été crédités de manière rétroactive comme étant l'auteur d'une partie du scénario original. 

 

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Bien que cité par de nombreux artistes de manga comme une de leur grande inspiration, il fortement inspiré des mangakas tels Shotaro Ishinomori , FujikoFujio , Tetsuya Chiba , Leiji Matsumoto ou Noboru Kawasaki.  Komatsuzaki n'a jamais réalisé une bande dessinée. Alors que le manga connaissait un extraordinaire boom Shigeru Komatsuzaki est resté fidèle au e-monogatari" (histoires en images). Les e-monogatari sont essentiellement des histoires racontées avec du texte et des illustrations. L'âge d'or de ce type de production se situe dans la première moitié des années 50. Shigeru Komatsuzaki est avec Soji Yamakawa, auteur de Shonen Keniya considéré comme l'un des deux auteurs de l'e-monogatari les plus influents de tous les temps. Immédiatement ci-dessous un exemple d' e-monogatari de Komatsuzaki.

 

Muestra del e-monogatari Chikyu SOS, uno de los más famosos de este autor.

 

Plus tard, avec le déclin de l'e-monogatari, Komatsuzaki a surtout produit des couvertures pour les magazines Shonen. Ainsi, de nombreux magazines de manga pour garçons des années 60 ont paru sous ses illustrations impressionnantes d'avions, de navires et de machines de guerre qui ont stimulé l'imagination d'une génération d'enfants qui n'avaient pas connu la guerre.


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A la fin de sa vie il était principalement connu comme l'artiste de centaines d'illustrations pour des boîte maquettes en plastique. Par ce biais, il est devenu un contributeur invisible à l'image du Japon par des franchises aussi divers que THUNDERBIRDS et  GUNDAM, et par les nombreux kits de modèle militaire exporté à l'étranger dans les années 1960 et 1970. Sa derniere illustrations publiées,  de Metal Gear Solid 2: Sons of Liberty (> METAL GEAR ), est apparu quelque 70 ans après ses débuts. Un incendie à son domicile en 1995 a détruit une grande partie de ses archives... Malgré ce coup du sort il a continué à travailler jusqu'à sa mort en Décembre 2001, à 86 ans.


Illustration par Shigeru Komatsuzaki -

Il est un des grands artistes du futur d'hier. Shigeru Komatsuzaki nous offre des scènes en cinémascope, avec une richesse de détails et de couleurs mis en abîme par une très belle perspective. Boites de jouets, affiches, illustrations, ses créations « parlent » à ceux qui ont grandit au Japon dans les années 70 car à un moment où à un autre ils ont croisée l’une des images de ce génial créateur. Soucoupes volantes, vaisseaux spaciaux, robots, véhicules, il a véritablement marqué l’imaginaire de plusieurs générations.

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Mais il serait injuste pour le talent de Shingeru Komatsuzaki de le réduire à un illustrateur de science-fiction, c'est aussi un grand peintre de batailles et de marines, pan de sa carrière que le Japon n'oublie pas.

 

Shigeru Komatsuzaki, The End of Battleship Yamato, 1979Watercolor, poster color, gouache on paper

Shigeru Komatsuzaki, The End of Battleship Yamato, 1979

 

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Illustration par Shigeru Komatsuzaki -
Tremblement de terre, 1979 

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Illustration par Shigeru Komatsuzaki -
Bateau de sauvetage routier, 1981

Illustration par Shigeru Komatsuzaki -
Arche de l'espace, 1968
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Voiture Bateau Baron, 1961

Sci fi illustrations by Shigeru Komatsuzaki

 

Sci fi illustrations by Shigeru Komatsuzaki

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Sci fi illustrations by Shigeru Komatsuzaki

Sci fi illustrations by Shigeru Komatsuzaki

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Il faut lire le Camp des saints de Jean Raspail

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le Figaro, 3 février 2011.
Il y a trente-huit ans, Jean Raspail faisait scandale en publiant « Le Camp des Saints », roman dans lequel il imaginait le déferlement de populations du tiers-monde, poussées par la faim et la misère sur les côtes françaises. Un million de boat people prenaient pied sur notre territoire, en avant-garde d’une inéluctable invasion. Le gouvernement atermoyait, puis cédait. Mais une poignée de patriotes résistait jusqu’au bout, les armes à la main… Avec la nouvelle législation en vigueur, la réédition de cet ouvrage serait susceptible d’entraîner des poursuites judiciaires. Jean Raspail en prend le risque, et nous explique pourquoi.
Sitôt après avoir lu votre roman, en 1973, Jean Cau s’interrogeait: «Et si Raspail, avec « Le Camp des Saints », n’était ni un prophète ni un romancier visionnaire, mais simplement un implacable historien de notre futur?»
Jean Raspail – Bonne question, à laquelle on frémirait de répondre par l’affirmative. C’est un livre inexplicable, écrit il y a presque quarante ans, alors que le problème de l’immigration n’existait pas encore. J’ignore ce qui m’est passé par la tête. La question s’est posée soudain : «Et s’ils arrivaient?» Parce que c’était inéluctable. Le récit est sorti d’un trait. Lorsque je terminais le soir, je ne savais pas comment j’allais poursuivre le lendemain. Les personnages ont surgi, inventés au fur et à mesure. De même pour les multiples intrigues. Henri Amouroux, passionné d’histoire et de démographie, s’est exclamé après lecture : «Ah, mon Dieu, je n’ai jamais vu de prophète de ma vie, vous êtes le premier!» Le livre se trouvait simplement en symbiose avec une question fondamentale, devenue aiguë aujourd’hui. Les tabous sont en train de sauter, témoin la passion qui se développe autour du procès Zemmour, dont on attend le jugement le 18 février. Il a été mis en cause pour une de ces phrases que l’on prononce rapidement lors des débats télévisés, dont le principe même est celui des pensées courtes, non argumentées, c’est la loi du genre. Assistant aux audiences, j’ai observé les multiples avocats des parties civiles s’opposer à l’unique défenseur de Zemmour. Un certain système liberticide – je n’aime guère ce mot : on se croirait dans les tirades de 1791… – poursuit par voie judiciaire ceux qui ne font que regarder la vérité en face. Tout un milieu s’agite ainsi, au nom de l’antiracisme, instrumentalisant un concept qui n’appartient qu’aux consciences. Ce milieu-là se crispe, se radicalise. Il ne veut rien céder. Il y sera obligé, le procès Zemmour générant un intérêt significatif du changement des mentalités. «Historien de notre futur», se demandait Jean Cau ? A Dieu ne plaise pour les péripéties du roman. Mais pour ce qui est du problème de l’immigration, nous y sommes.
 Si le style de votre livre n’a pas pris une ride, votre façon de vous exprimer fait preuve d’une certaine brutalité qui appartient à une autre époque. On sursaute, à dire vrai, assez souvent…
Ne l’ayant pas ouvert depuis un quart de siècle, je vous avouerai qu’en le relisant pour sa réédition, j’ai sursauté moi-même, car avec l’arsenal de nouvelles lois, la circonspection s’est installée, les esprits ont été formatés. Dans une certaine mesure, je n’y échappe pas non plus. Ce qui est un comble ! Mais je ne retire rien. Pas un iota. Je me réjouis d’avoir écrit ce roman dans la force de l’âge et des convictions. C’est un livre impétueux, désespérant sans doute, mais tonique, que je ne pourrais plus refaire aujourd’hui. J’aurais probablement la même colère, mais plus le tonus. C’est un livre à part de tous mes autres écrits. On y trouve des accents à la Marcel Aymé, une dose de Shakespeare pour la bouffonnerie tragique, un peu de Céline, un peu d’Abellio, une touche de Jacques Perret. D’où vient cette histoire ? Elle m’appartient, et pourtant, elle m’échappe, comme elle échappera aux possibles poursuites : quelles que soient les procédures, ce roman existe. Il est sorti pour la première fois en librairie trois mois après la loi Pleven, mais sans être inquiété, car c’était une époque où la liberté d’expression demeurait encore presque intacte. Les juges étaient réticents à sévir. Que des critiques littéraires m’aient trouvé odieux et infréquentable, c’était leur liberté, précisément. Mais avec les lois restrictives qui ont suivi – Gayssot (1990), Lellouche (2001), Perben (2004) – et la vigilance de la Halde, il est clair que Le Camp des Saints serait aujourd’hui impubliable, sauf à être gravement amputé. Je le réédite in extenso, à l’identique, page pour page, avec une préface racontant l’aventure de sa parution : comment il fut accueilli ; comment, malgré la réputation sulfureuse qu’il m’a valu, il est devenu au fil des ans un phénomène d’édition traduit dans de multiples langues ; comment Ronald Reagan et Samuel Huntington l’ont lu (il a fait partie de l’imaginaire du Choc des civilisations) ; et surtout comment des gens célèbres en France, à gauche comme à droite, ont pu le critiquer ouvertement, mais aussi, dans le secret d’une correspondance privée, me témoigner leur vif intérêt. Je m’interdis d’en dévoiler la teneur, sauf à la produire s’il y a éventuellement procédure, mais pour la seule édification confidentielle du tribunal.
On dirait presque que vous souhaitez vous retrouver sur le banc des accusés?
Je n’en ai pas envie, mais ce serait tentant. Comme pour une opération de salubrité publique. Nous vivons depuis trop longtemps dans un monde où tous ces gens qui participent au gouvernement ou au modelage de l’opinion pratiquent le double langage : l’un public et proclamé, l’autre personnel et dissimulé, comme s’ils avaient une double conscience, celle qu’on arbore comme un drapeau, et celle qui s’est réfugiée dans le maquis des pensées inavouables, qu’on n’exprime qu’en petit comité, et encore. Il y a aussi la sottise et la malhonnêteté. Qu’un Chirac, par exemple, évoque sans sourciller «L’Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes» laisse pantois. On l’imagine assez rad-soc, c’est sûr, mais un Edouard Herriot n’aurait jamais sorti une connerie pareille. J’ai donc envoyé un livre à notre ancien président de la République, en regrettant respectueusement dans ma dédicace qu’il n’ait pas lu Le Camp des Saints avant d’entamer son premier mandat.
A la décharge des politiciens de gauche comme de droite, ou plus exactement en guise de circonstances atténuantes (je le dis dans ma préface), il faut reconnaître que s’ils allaient à rebrousse-poil de la meute médiatique, showbiztique, droit-de-l’hommiste, enseignante, mutualiste, publicitaire, judiciaire, gaucho-chrétienne, pastorale, psy et j’en passe, ils signeraient à l’instant leur condamnation à la mort civile. Car, en face, s’agite une redoutable phalange issue du sein de notre propre nation, et pourtant tout entière engagée au service de « l’autre » : Big Other. L’hydre des bons sentiments et des manipulations, la bouillie de l’humanitaire, se nourrissant de toutes les misères humaines. A l’instar du cauchemar d’Orwell, Big Other vous voit, vous surveille. Il est le fils de la pensée dominante, il circonvient les âmes charitables, sème le doute chez les plus lucides, rien ne lui échappe. Pire, il ne laisse rien passer. Et le bon peuple comme ses édiles de le suivre, anesthésiés, gavés de certitudes angéliques, mais aussi secrètement terrorisés par les représailles s’ils venaient à s’éloigner des vérités affirmées. Ainsi Big Other a-t-il tordu le cou au « Français de souche », pour déblayer le terrain. Ainsi s’est-il fait le chantre d’un pseudo-métissage franco-français, entre régions en somme, puis avec nos premiers immigrants européens. « La France métissée », escroquerie historico-sémantique imposant un impudent amalgame, l’immigration de masse extra-européenne ne datant au plus que d’une cinquantaine d’années. Il est vrai que la France est le produit d’un superbe et bénéfique brassage, sur fond de sauce gallo-romaine, de Francs, de Burgondes, de Vikings, de Wisigoths, etc., puis d’Alsaciens, de Basques, de Catalans, de juifs d’Alsace et de Lorraine, de Bretons, de Provençaux, etc., puis d’Italiens, d’Espagnols, de Polonais, de Portugais – c’était l’Europe qu’elle invitait chez elle. Les voilà, les Français de souche ! Et s’ils se réveillaient aujourd’hui ? S’ils se révoltaient contre les doucereux oukases de Big Other, contre son conformisme mou, son totalitarisme universel au service de l’autre ?
Qui est l’autre?
Celui qui n’appartient pas à notre religion, à notre culture, à tout ce qui est constitutif de notre civilisation, et dont la présence en masse va profondément modifier la structure de notre pays. C’est le thème même de mon livre, en épigraphe duquel j’ai placé cette phrase extraite du XXe chant de l’Apocalypse : «Le temps des mille ans s’achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée.» Loin du roman, dans l’exacte réalité qui est la nôtre, nous mesurerons la plénitude de l’immigration au tournant des années 2045-2050, lorsque sera amorcé le basculement démographique final : en France, et chez nos proches voisins, dans les zones urbanisées où vivent les deux tiers de la population, 50 % des habitants de moins de 55 ans seront d’origine extra-européenne. Après quoi, ce pourcentage ne cessera plus de s’élever, en contrecoup du poids des deux ou trois milliards d’individus, principalement d’Afrique et d’Asie, qui seront venus s’ajouter aux six milliards d’êtres humains que la terre compte aujourd’hui, et auxquels notre Europe d’origine ne pourra opposer que sa natalité croupion et son glorieux vieillissement.
Bon. Nous voilà passibles d’une accusation d’apologie de la xénophobie…
La démographie est fondée sur des données objectives. Et le romancier conserve ses droits : notamment celui de faire parler ses personnages. Mettre en scène un paysan ne fait pas de vous un cultivateur ; retracer la vie d’un chef de camp nazi ne vous rend pas complice de la Shoah ; raconter Gandhi ne vous transforme pas en saint laïc. Le Camp des Saints est une parabole où se condense le choc de toute conscience de Français de souche face à l’installation de la diversité. Moi aussi, malheureusement, je sais employer la langue de bois euphémistique de Big Other pour échapper aux poursuites : «l’installation de la diversité»! Dans le roman : cent bateaux s’échouant volontairement sur nos côtes, chargés chacun de dix mille personnes, avec environ deux mille morts squelettiques par navire jetés aussitôt par-dessus le bastingage, pour cause de maladie et de malnutrition. A partir de là, s’enclenche le récit qui respecte les trois unités de temps, de lieu et d’action. Texte allégorique, où tout se dénoue en vingt-quatre heures sur près de 400 pages, alors que dans la réalité, il s’agit d’une infiltration sur plusieurs décennies. Face à ce mouvement, que je décris en accéléré, se révèle l’angoisse d’habiter ce pays, la France, auquel on est attaché par ses racines, par l’histoire, les souvenirs, les plaisirs, mais dont on ne pourra plus partager les valeurs essentielles avec les nouveaux arrivants. Ce qui était tenu sous le boisseau par Big Other par le biais des bons sentiments taraude désormais les consciences.
Le pays sera toujours là, avec ses cathédrales, ses jolis villages, avec certains changements dus au progrès, auxquels s’ajouteront les détériorations culturelles inhérentes aux moyens de communication modernes, mais la véritable métamorphose viendra de cette installation de populations hétérogènes avec notre autorisation, ou plus exactement notre renoncement. Voici venu le temps des bernard-l’ermite…
Bernard-l’ermite? Vous allez vous faire taxer de racisme…
Les bernard-l’ermite sont connus pour se protéger de leurs prédateurs en logeant dans des coquilles vides de mollusques. Vous voyez que la comparaison est extensive, et qu’elle ne saurait être assimilée à une insulte. A ce propos, mes futurs lecteurs pourront consulter en annexe, à la suite du roman, la liste des 87 motifs d’éventuelles poursuites judiciaires concernant Le Camp des Saints passé au crible des lois Gayssot, Lellouche et Perben. Je donne la pagination ainsi que le détail des lignes.
C’est une provocation?
Pour démontrer l’ineptie du rationnement de la liberté de penser. Comprenez bien : j’ai 86 ans, je n’ai plus rien à perdre. Il y a partout des crétins, beaucoup font du racisme primaire, odieux. J’ai commencé ma carrière comme explorateur. On ne voyage pas énormément, comme je l’ai fait, on n’écrit pas une bonne dizaine de livres sur des peuples en ayant une démarche raciste, ce serait complètement idiot. Nous sommes à un tournant d’opinion, les mentalités politiques peuvent changer, il est donc temps de republier ce livre. L’économiste et démographe Alfred Sauvy avait tout compris en 1987 avec L’Europe submergée. Sauvy, qui était de gauche ! C’est le moment. Il faut le faire maintenant.
Dans votre roman, vos héros canardent les envahisseurs, puis s’évadent de ce monde en mourant les armes à la main. Façon un brin égotiste de régler le problème. Reste la France. Comment la voyez-vous?
Une grande part de notre jeunesse est d’ores et déjà mutante, technologiquement, culturellement, et le processus de métissage des corps est entamé. Je ne porte aucun jugement de fond, sauf à observer la modification d’un peuple. Il y a peu de temps encore, chaque population européenne avait un caractère donné, ainsi des Français. Mais avec l’instillation de gènes étrangers, l’établissement de comportements culturels et religieux venus d’ailleurs, avec l’auto-engendrement démographique, on ne peut que s’attendre à une plus grande prise de conscience des communautarismes. Rien n’interdit de penser qu’en seconde partie du XXIe siècle, une trentaine de millions de gens conscients de devoir transmettre des valeurs, une culture et, pour certains, une religion, qui ne sont plus partagées par la majorité, pratiquent une sorte de communautarisme français… Quel paradoxe ! Moi qui y étais tellement opposé, voilà que j’y suis favorable. Je ne verrai pas cette époque, je serai mort. Mais il est clair que nous, Français de souche, serons isolés. Existe-t-il, dans l’histoire, des peuples qui se seraient repliés sur eux-mêmes pour survivre et ressortir plus tard ? Je l’ignore. En Atlantide, peut-être ?
On peut imaginer aussi que ce grand brassage du futur fonctionnera?
Oui. Je n’en disconviens absolument pas.
Que répondez-vous au soupçon d’un frénétique égoïsme?
Que l’égoïsme est parfois une qualité. Garant de la famille et de notre intégrité, il nous permet de ne pas nous dissoudre. Nous assistons actuellement à une exacerbation laïque émotive de ce qui était autrefois la charité chrétienne, laquelle s’exerçait à l’égard de son prochain, mais pas à la terre entière. Autrefois, chez ma grand-mère, il y avait la place du pauvre, symbolique. Pas celle de millions d’affamés. La charité chrétienne a déjà commencé à nous perdre. Que faire ? Se barder d’égoïsme, voire d’un peu de cruauté. Rocard eut le courage, en son temps, de dire que la France ne pouvait pas accueillir toute la misère du monde. Message à faire passer à certains évêques. Mais il faut au surplus du caractère. Quand on voit deux cents élèves et leurs professeurs baisser les bras face à une poignée de voyous venus gifler quelques personnes, alors qu’il suffi sait d’un sursaut pour clore l’affaire, il apparaît que nous avons désormais une mentalité de moutons.
Rêvez-vous, tel le Cid, à une Reconquista?
Le Camp des Saints s’achève sur la constatation de l’ouverture absolue des frontières, le narrateur songeant à cette phrase mélancolique d’un vieux prince Bibesco : «La chute de Constantinople est un malheur personnel qui nous est arrivé la semaine dernière.» Eh bien, c’est cela. Je suis profondément de ce pays et vois avec douleur, partout, les pièces du puzzle enlevées. C’est odieux. Un rêve de reconquête ? Oui, j’en parle. Et je m’en tire face à Big Other par une pirouette en disant que c’est un roman qu’il faudrait écrire plus tard. En tous cas par quelqu’un d’autre. Je suis si heureux d’avoir vécu dix-huit siècles dans ce pays. Or voici que nous commençons une nouvelle ère et que nous n’en sommes qu’au premier siècle.

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pour se souvenir d'Alfres Kubin au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 


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Je ne connaissais rien à Alfred Kubin  (1877-1959) avant d'avoir entendu l'émission de l'indispensableMauvais genre  qui lui fut consacré sur la non moins indispensable France-Culture . Après cette écoute de François Angelier et ses compères je n'avais plus qu'une envie me rendre au Musée d'art moderne de la ville de Paris pour découvrir les oeuvres  de  ce grand angoissé de la mittle europa. C'est ainsi que je pénétrais par un matin pluvieux dans la pénombre de l'exposition. Pour la première partie, à mon sens la plus intéressante  le spectateur  est plongé dans le noir, les murs sont tendus de noir, seul les dessins de formats modestes sont éclairés. On ne saurait dire que l'ambiance est à la franche rigolade. Et si je n'avais jamais vu un dessin de Kubin, je ne fus en rien dépaysé, j'avais l'impression de retrouver les illustrations qui faisaient mes délices aux temps lointains de mon adolescence lorsque je dévorais la revue Planète . Pourtant les dessins que je voyais n'étaient pas signés Topor , Gourmelin... mais Kubin...Il ont en plus une touche 1900, une sorte de vertige à la spillaert . Si vous ne gouttez pas les bestiaires horrifiques, si les entités serpentiformes et suceuses hantent vos nuits, si la goule et le succube vous empèchent de trouver le repos, si vous êtes hypocondriaque et que la faucheuse vous obsède, si les scènes de décapitation vous révulsent et l'araignée du matin vous fait hurler de terreur ne passez pas la porte de Musée d'Art Moderne car en plus des 6€ que vous aurez acquittés il vous coûtera peut être un nombre incalculable de visites chez votre analyste dont vous êtiez enfin sevré. En un mot ce n'est pas une exposition pour les petites filles mais je suis sûr que tout amateur bien né de Lovecraft y trouvera plus que son compte.

 

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Il faut dire qu'Alfred Kubin avait quelques raisons d'être un peu perturbé. Il est né en Autriche d'un père géomètre et d'une mère pianiste qui meurt lorsque Alfred à 10 ans. La vision de son père, fou de chagrin, arpentant en tous sens la maison le cadavre de sa mère entre les bras, le traumatisa pour toujours.  Cette image sera la matrice de l'oeuvre de Kubin. En 1896 il tenta de se suicider sur la tombe de sa mère... Toute sa création tient dans les dix premières années de sa production entre 1900 et 1910; il ne fera ensuite que puiser dans ce fond iconographique, sans néanmoins retrouver la puissance suggestive de ses premiers dessins. Il mélange le lavis, le dessin aux traits, crayon et encre, une grande économie de moyen pour un effroi maximum. Le plus grand coté des feuilles sur lesquelles il dessine, souvent l'envers de morceaux des plan cadastraux de son père, dépasse rarement trente centimètres.  Ces morbides visions lui seraient apparues dans des rêves éveillés qu'il n'aurait fait que retranscrire toute sa vie sous forme de dessins mais aussi de nouvelles et de romans . Le succés  immédiat de son oeuvre et son retentissement malgré sa forme modeste dans le monde germanique en dit long des névroses qui travaillaient souterrainement cette société... Les premiers dessins de Kubin sont contemporains du livre de Freud sur les Rêves...
Après la guerre de 14 il introduira la couleur dans ses dessins et travaillera surtout à la plume. Ses images deviennent un entrelacs serré de traits où toutes les formes copulent...
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Sur Kubin vous trouverez beaucoup d'images ici  et   des précisions sur les dernières périodes de son oeuvre. Sur ce site  un rapprochement surprenant entre Kobin et... Tardi!
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Informations pratiques 
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris 
11, avenue du Président Wilson, 75116 Paris, Tél : 01 53 67 40 00, Fax : 01 47 23 35 98 
Horaires d’ouverture: Mardi au dimanche de 10h à 18h, Le jeudi jusqu’à 22h
jusqu'au 13 janvier 2008

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Filippo de Pisis

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Filippo de Pisis est né à Ferrare, en Italie en 1896 dans une famille aristocratique. Son nom de naissance était Luigi Filippo Tibertelli. Il est le troisième de sept enfants. Ernesta, son unique sœur, d' un an plus âgée que lui, aura une importance considérable dans sa formation. Comme pour ses frère et sa soeur le petit Luigi Filippo, que ses parents surnomme Gigi, ne va pas à l'école mais un précepteur est a domicile qui se charge de l'éducation des enfants. En 1904 la famille Tibertelli quitte la maison dans laquelle est né Gigi pour s'installer au Palais Calcagnini, propriété du comte Giovanni Pironi Grosoli. Lorsqu'il a quatorze ans, le comte Grosoli lui permet d'utiliser les combles de l'édifice comme atelier, avec quelques morceaux de papier peint et quelques coupons de soie il se crée un environnement où il peut se retrouver pour dessiner, lire, étudier. 
Très jeune, à Ferrare, il a multiple passions; il écrit de la poésie, herborise et constitue un grand herbier qu'il a donné en 1915 à l'Université de Padoue; il est également un chasseur de papillons acharné mais surtout il consacre beaucoup de son temps à l'étude de la peinture sous la direction de Edward Domenech. En 1914, il obtient son baccalauréat et passe ses vacances d'été à la Villa Bortolomasi, près de Bologne. Il s'inscrit ensuite à la Faculté des arts de l'Université de Bologne. De santé fragile, il souffre de troubles nerveux. Il est brièvement hospitalisé dans un hôpital psychiatrique à Venise; suite à cela il est exempté du service militaire. Lors de sa découverte de Venise, il étudie les peinture du Titien, de Tintoret et de Tiepolo. Il fait des Copies dans les musées et les collections privées de en tableaux anciens. Parallèlement se livre à une expérience de la poésie futuriste, "Le Bandon".  
Sa soeur, Ernesta Tibertelli (1895 -1973), fut une illustratrice reconnue . C'est probablement elle qui introduit De Pisis aux écrits mystiques. Elle a peut-être collaboré avec lui au début de sa carrière à des poèmes et des peintures.
Durant son séjour à Bologne Il lie d'amitié avec le critique Giuseppe Raimondi, et avec Cavicchioli, Umberto Saba, Giuseppe Ravegnani, Marino Moretti et Alfredo Panzini.

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Il se fait connaitre dès 1916 comme poète. Après la publication de sa première plaquette, cette même année, il rencontre Giorgio de Chirico, Carlo Carrà et Alberto Savino qui se trouvent à Ferrare pour faire leur service militaire  et qui ont tous à des degrés divers fréquentés les avant-gardes parisiennes. Ces relations ont conduit quelques temps Pisis à se tourner vers la peinture métaphysique. Il participe aux revues futuristes Lacerba et La Voce. Bien qu'il n'ait pas commencé à peindre, C'est dans l'appartement à Ferrare de De Pisis que se déroulaient les réunions informelles du groupe et où ont été exposées pour la première fois la plupart des peintures métaphysique de Chirico. Il publie dans Valori Plastici et s'intéresse aussi au Dadaïsme (papier collé, 1920). En 1919, il se lie avec Morandi et a Milan, rencontre Marinetti et quelques peintres futuristes, tels que Ivo Pannaggi, Gerardo Dottori et Enrico Prampolini.
En 1920 il commence à écrire "La ville aux 100 merveilles", qui sera publié à Rome en 1923; texte où l'on peut voir l'influence de De Chirico, avec sa vision mélancolique et nostalgique de la peinture.
Toujours en 1919, De Pisis déménage à Rome où il a commence véritablement à peindre. Le séjour à Rome marque un moment important dans la vie de De Pisis, tant pour l'évolution de la peinture et pour ses choix culturels et existentiels. En effet, jusque là, il se voit plus comme un poète que comme un peintre. Mais s'est surtout à partir de 1923, au cours de son séjour à Assise durant lequel il accepte un de professeur de latin dans une école privée , qu' il se consacre plus assidûment à la peinture. Le 5 Juin 1923 son père meurt, de Pisis est brièvement de retour à Ferrare, mais il a maintenant décidé de s'installer à Paris, malgré les inquiétudes de nature économique de son frère Peter, avec le soutien de la mère il commence à préparer son départ. Il résidera à Rome, jusqu'en 1926 année où il décide de s'installer à Paris où il restera jusqu'à l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale en 1939. Il commence par habiter à l'Hôtel Bonaparte, rue Bonaparte puis il loue un atelier dans la Cour du Dragon, puis au 18 de la rue Madame. où Il peint beaucoup de vues de Paris, des natures mortes et des études de nus. Les premiers tableaux exécutés à Paris se distinguent par une matière riche et des tonalités sensuelles. Sa palette va s'alléger et la facture devenir plus rapide : le fond, généralement nu, met en relief une trame de couleur claire et légère. C'est de cette période que date la série des natures mortes au bord de la mer (plusieurs fois reprises) et des nus. Il s'oriente de plus en plus vers un Néo-Impressionnisme qui rencontre un grand succès auprès du public parisien.
Lors d'une des premières expositions parisienne de De Pisis, Giorgio de Chirico lui rend un sensible hommage: " Dans le vaste monde de la peinture d'aujourd'hui où la surprise et l'étonnement règnent en souverain, où les sentiments énigmatiques se mêlent aux plus troublantes émotions, dans ce monde la victoire sera toujours à ceux qui le mieux sauront découvrir et tirer de ses mystérieuses coulisses, pour jeter sur la scène du tableau, le démon qui se cache au fond de tout être et de toute chose. A cette rare espèce appartient Filippo De Pisis, observateur aigu, doué d'un talent exceptionnel, tempérament de peintre et de coloriste, il connait le joli secret de nous montrer les choses les plus courantes dans l'atmosphère la plus curieuse. Filippo De Pisis n'est pas un naïf. Il sait ce qu'il veut et ce qu'il fait. L'ironie et l'étonnement se mêlent en lui avec un très subtil lyrisme.".

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Il tente de donner sur la toile l'équivalence à sa poésie. De Pisis est surtout connu pour ses paysages urbains, ses scènes marines et ses natures mortes, en particulier celles représentant des fleurs. Son travail rend à merveille la qualité de l'air. De Pisis a également exécuter d'autres œuvres moins connues, en particulier en ce qui concerne tout un pan de son oeuvre baignée d'érotisme gay. Dans des toiles non destinés à l'exposition De Pisis cherche à créer un idéal androgyne. Il a écrit "L'maschile elemento e femminile è fuso strettamente in ogni individuo" ("L'élément masculin et féminin est bien fondu dans chaque personne.") Dans la célébration de l'androgynie De Pisis rejette les rôles traditionnels des rapports hétérosexuels.
Dans le début des années 20, De Pisis prend conscience de son homosexualité. Il a décrit ses fantasmes sexuels dans son journal intime, et il est finalement tombé amoureux d' un jeune homme nommé Berto. De Pisis écrit  jouir du corps de son amant, dont il dit qu'il lui caus "délire et douleurs de l'âme.".
A Paris, de Pisis  y retrouve De Chirico et Savinio et il y rencontre Tristan Tzara avec qui il correspondait déjà. Il fait également la connaissance d' Henri Prunières, fondateur de la Revue Musicale, devient l'ami, de Moreau, Segonzac, Bosnard (qui deviendra directeur de l'Académie française de Rome), Hélène-fort et André Denoyer.  Il est fasciné par les tableaux des impressionnistes et des Fauves. Durant cette période il élabore des compositions très personnelles, inspirées par une veine de poésie mélancolique. On y décèle des influences aussi diverses que celles  de Delacroix, Manet, Corot et surtout de l'Impressionnisme, qu'il assimile d'une manière toute personnelle mais aussi du surréalisme.
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En 1926 de Pisis fait sa première exposition personnelle à Paris à la Galerie au Sacre du Printemps. Durant son séjour parisien il continue à exposer en Italie et écrit des articles pour divers magazines littéraires italiens. 
Il est devenu un membre à part entière des "italiens à Paris", un groupe d'artistes qui comprenait de Chirico, Savino, Massimo Campigli , Mario Tozzi , Renato Paresce et Pozzati Sévère

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En Novembre 1927 de Pisis est impliqué dans une controverse assez vive dans la presse après un entretien publié dans "Comoedia" dans lequel "A Rome, il y a des fascistes (...) J'ai préféré vivre en France.". Ce propos n'empêche pas de Pisis à avoir des amis proches du fascisme.
 En 1929 après une brève hospitalisation sa mère décède en Septembre. Le rapport de de Pisis avec sa mère a certainement été profondes et complexes, et ce manque soudain va bouleverser profondément la vie du peintre-poète. Il écrit des poèmes dans lequel éclatent sa douleur et son désespoir. A la fin de l'année, il visite son frère Leo dans sa villa près de Modène, puis il se rend à Venise, où il a peint dans l'atelier du peintre Jutes Ravenne. 
Au début de 1930 de Pisis est de retour à Paris. Il s'installe dans un appartement au dernier étage du 33 de la rue Servandoni où il demeura jusqu'à son retour en Italie en 1939. Dans cet appartement passera de nombreux amis italiens, Palazzeschi, Moretti, Achille Funi et de nombreuses personnalités de la culture française.
Le critique français Waldemar George, qui, quelques années plus tôt avait écrit une monographie sur de Pisis, présente l'exposition "Appels d'Italie" à la Biennale de Venise de 1930 dans laquelle figurent plusieurs toiles de de Pisis. En 1931 pour illustrer le livre de son grand ami John Comisso , il effectue une série d'aquarelles. Cette même année il fait son premier voyage en Angleterre, il y retournera ensuite plusieurs fois. Il y noue des relations amicales avec Vanessa Bell et Duncan Grant (j'ai consacré un billet à Duncan Grant, c'est ici ).
En 1932, il se lie d'amitié avec Leonor Fini et avec l'écrivain André Pieyre de Mandiargues. En Mars, dans cette même année la Galerie Bernheim organise une grande exposition collective, sous le titre "Artistes Italiens modernes", qui présente les travaux de vingt artistes, aux côtés de Pisis on trouve, entre autres, Casorati, Campigli, de Chirico, Savino, Morandi, Scipione, Severini, Tozzi, Tosi et Marussig.
Durant ces années parisienne Il fait plusieurs tableaux représentant des nus masculins. Généralement il recrutait ses modèles parmi  des jeunes hommes de la classe ouvrière qu' il rencontrait dans la rue. Dans son journal, il a écrit des commentaires  sur les corps de ses modèles. 

En 1934 il participe à une exposition aux côtés de Leonor Fini. La même année est organisé par la Galerie des Quatre Chemins, une exposition intitulée «Fleurs de de Pisis" Le catalogue est fait par Massimo Bontempelli.
A Paris, en mai 1936 s'ouvre l'exposition au Jeu de Paume "Art italien des XIX et XX ème Siècles", qui présente cinq tableaux de De Pisis. Il Passe l'été à peindre dans le Gers où son frère possède un château.  
En Mars 1937, il participe à une exposition organisée par la Galerie Rive Gauche, «Epoque Métaphysique " avec Jean Cocteau et Max Jacob. Le catalogue est préfacé  par Henri Sauguet.
A son retour en Italie, il s'installe à Milan, via Rugabella jusqu'en 1943 son atelier est détruit par les bombardements. La même année, il s'installe à Venise C'est à cette époque qu' apparaissent les premiers symptômes de la maladie, une certaine forme d'athérosclérose précoce qui progressera inexorablement et le tourmentera avec des maux de tête et un sentiment d'appréhension, qui le mènera au cours des années suivantes, à faire des séjours répétés dans des cliniques.
En 1946, il crée deux grands panneaux pour l'Hôtel Continental à Milan, très inspirés de la grande peinture vénitienne.
 A Venise il est inspiré par les peintures de Francesco Guardi et des d'autres maîtres vénitiens du XVIIIe siècle. Dans cette ville, quelque peu extravagant, un gondolier était à son service 24 heures sur 24. On peut penser que le beau gondolier avait d'autres attributions, à commencer par être pour son patron, un modèle régulier. Il sortait souvent accompagné de Coco, son perroquet juché sur son épaule. Les soirées de De Pisis étaient renommées autour de la lagune. Une d'entre elle fut si chaude que dix neuf personnes dont le maitre de maison la finirent au poste...

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Dans les intervalles que lui laisse la maladie, il peint des natures mortes (coquillages, vases de fleurs, objets abandonnés sur des fonds marins) ainsi que des paysages, dont des vues de Venise et de Vérone, nés d'impressions fugitives. Ces derniers tableaux sont le reflet de sa souffrance: les couleurs y sont sombres et la matière est étalée en couches minces. Ces toiles exprime alors un profond mal de vivre.

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Je ne peux qu'être d'accord avec Lorenzo de l'excellent site Tramezzinimag, grand connaisseur, du Venise d'aujourd'hui lorsqu'il déclare: " Filippo De Pisis qui a fait une carrière internationale est pour moi un des contemporains qui a le mieux perçu la lumière et l'âme de la Venise de notre temps, éternelle et pourtant tellement différente de celle que voyaient les Bellini, les Guardi ou Canaletto. Il a une manière unique de faire surgir par des traits et des couleurs nos sentiments et nos impressions". J'ajouterais qu'il y a du Soutine dans ses portrait vénitiens. Et pas seulement dans ses portraits, dans ses natures mortes également car comme Soutine, rien ne fascine plus De Pisis, sauf peut être les beaux garçons, le moment où la beauté se corrompt et laisse apercevoir les premiers symptômes de la pourriture qui la détruira.
L'image de Venise que donne le peintre de Ferrare n'est pas celle d'une ville décadente, mais il propose plutôt une vision d'une ville très active et densément peuplées, comme elle l'était encore dans les années où il y résida. 

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Il meurt à Milan des suite de sa maladie en 1956.


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Les dernières années de la vie de Filippo De Pisis ont été particulièrement tristes. Souffrant de troubles maniaco-dépressifs, il n'a plus guère quitté sa chambre de la clinique neurologique de Brugherio, près de Milan. Giovanni Comisso raconte ici sa toute dernière visite au peintre, en décembre 1952 :


Je lui rendis à nouveau visite. On m'avait dit de faire semblant d'être malade, de porter une écharpe autour du cou comme si j'étais souffrant, de lui dire que tous nos vieux amis étaient aussi en mauvaise santé ; l'idée de n'être pas le seul à souffrir lui aurait peut-être apporté un peu de réconfort. Mais quand je me retrouvai dans sa chambre lugubre, il ne me sembla plus nécessaire de jouer cette comédie. Il n'avait rien perdu de son génie de la conversation, sa mémoire et son ironie étaient intactes. Il se souvint que Panzini, dont il avait été l'ami, était allé habiter à Bellaria, dans une maison proche de la voie ferrée, constamment secouée par le passage des trains, pour la seule raison qu'il s'y trouvait autrefois une auberge dans laquelle Garibaldi avait séjourné. Il exerça son ironie sur De Chirico, en évoquant leur première rencontre à Ferrare. «C'était au moment, dit-il, où De Chirico avait commencé à apprendre à dessiner de manière convenable.» Il me dit qu'il s'était remis à lire Les Fiancés [I Promessi sposi] et «bien que fort mal écrit, c'était tout de même un très beau livre.» 
Il était assis, se tenant bien droit, les épaules maigres, le visage ceusé, les yeux mi-clos, on avait l'impression qu'il avait soixante-dix ans [nous sommes alors en 1952, De Pisis a cinquante-six ans]. Cette chambre ne ressemblait pas à ses ateliers d'autrefois, remplis de toiles retournées au pied des murs. Il alla chercher au-dessus d'une armoire l'un de ses derniers tableaux, comme s'il s'agissait d'un objet hors d'usage que l'on aurait entreposé là, et il me dit : «Que veux-tu, il n'y a pas de lumière dans cette chambre, et je je suis obligé de faire des tableaux en noir et blanc. Ici, je ne peux plus voir les couleurs.» Je m'aperçus que ses mains ne tremblaient plus, comme dans les récentes années de sa maladie ; elles étaient à nouveau calmes, potelées, et d'une douce blancheur, comme revêtues d'un duvet d'oiseau. Il prenait grand soin de ses mains, et il aimait les mettre en valeur en arborant des bagues très voyantes. Maintenant, il n'en portait plus qu'une seule, en argent. Je lui dis que j'étais heureux de retrouver ses mains d'autrefois, mais je m'étonnai de ne plus y voir ses fameuses bagues. Je lui demandai ce qu'était devenue sa bague ornée d'une pierre sur laquelle était gravé un petit nu, qu'il appelait Le berger d'Arcadie et qu'il utilisait comme sceau au dos des enveloppes de ses lettres. Il ne me répondit pas, mais me parla plutôt de l'un de ses tableaux qui portait le même titre, et qu'il avait peint à Paris ; il aurait bien aimé savoir ce qu'il était devenu. Il avait la sensation de vivre uniquement dans ses œuvres, et cela me réconforta. 
Au moment de nous séparer, il regarda les murs nus de sa chambre, et la tapisserie aux fleurs délavées, comme celle que l'on retrouve dans les hôtels les plus modestes. Lui qui dans tant de demeures, presque partout dans le monde, procurait la joie de poser le regard sur ses tableaux, et d'oublier ainsi les désagréments de la vie, c'est dans ce triste décor qu'il devait passer le restant de ses jours. Et il semblait considérer sa chambre de reclus comme l'une des nombreuses bizarreries qui avaient accompagné sa vie aventureuse. Il n'avait aucun désir de sortir de cette clinique, de retourner dans sa demeure vénitienne, de pouvoir guérir et de reprendre le cours de sa vie fatale et sublime d'autrefois ; en fait, il avait fini par se complaire dans cet enfermement, comme quelqu'un qui, empêtré dans les rouages d'un implacable engrenage judiciaire, passe d'un procès à l'autre, d'une prison à l'autre, certain désormais de ne plus jamais retrouver la liberté. Cela semble impossible, mais rien dans le monde n'est plus prêt que l'âme humaine à s'adapter à un mode de vie totalement opposé à celui qu'elle a précédemment suivi, et cela vaut aussi pour les esprits les plus irréductibles et les plus rebelles.  Il s'aperçut que je pleurais, je pleurais déjà sur sa mort et sur la fin de notre amitié, mais il se montra plus fort que moi en me reprochant cette faiblesse inutile. Au moment de prendre congé, il m'accompagna jusqu'aux escaliers et, dans le couloir, nos pas s'accordaient comme lorsque nous arpentions, sûrs de nous et heureux, les rues de Paris et de Cortina ; on aurait pu croire à ce moment-là qu'il s'apprêtait à sortir avec moi pour retourner à notre vie merveilleuse. Il me dit alors, comme s'il se séparait de moi : «Reviens vite.» Et il était passé pour toujours de l'autre côté du mur.
Je descendais tristement les marches et, comme une soudaine révélation, je songeais que nous n'étions que des vagues magnifiques, toujours sur le point de se briser et de s'écrouler sur le rivage.




Giovanni Comisso Mio sodalizio con De Pisis Ed. Neri Pozza, 2010(Traduction Tramezzinimag)


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Son travail a eu deux fois les honneurs de la Biennale de Venise, une fois de  son vivant en 1948, et la seconde à titre posthume. La rétrospective la plus importante de son œuvre a eu lieu en 1951 à Ferrare, puis à Milan. Pour le centenaire de sa naissance, en 1996 sa ville natale a organisé une vaste rétrospective. Le musée d'art moderne de Turin a consacré en 2005 une exposition à l'artiste. Depuis De Pisis se fait rare... 
Filippo De Pisis occupe une place particulière dans l'art italien et même dans l'art du XXe siècle. Son histoire personnelle et son éducation intellectuelle font de lui un transgresseur des canons et des dogmes de l'histoire de l'art. Tout au long de sa vie, malgré ses multiples contacts avec les principaux mouvements d'avant-garde, sa peinture est restée à l'écart des tendances, développant un langage plein de poésie, en conformité avec sa faculté créative.

Si ce billet est presque exclusivement à De Pisis, peintre et non à De Pisis poète, c'est que ne lisant pas l'italien, je connais que peu de ses poèmes. Du vivant de De Pisis, on trouvait de ses poèmes dans les livres scolaire d'italien, mais aujourd'hui, De Pisis n'apparaît plus dans les manuels scolaires et la plupart des étudiants l'ignore en tant que poète. 
Il est vrai que la poésie de De Pisis est dans sa peinture, en particulier chez ce botaniste passionné dans ses "portraits" de fleur.
On peut voir principalement les oeuvres de l'artiste à la Pinacoteca Civica de Forlì. Reste de son œuvre est aussi le Musée Filippo de Pisis à  Ferrare et aussi à la Galerie Nationale d'art moderne de Rome. Lors de la visite de cette dernière, qu'il rapporte dans Vigiles, son journal de 1987, paru aux éditions P.O.L., Renaud Camus note à propos du peintre: " De Pisis est plutôt mieux loti, malgré un très beau bouquet de fleurs, ce que je préfère de lui n'est évidemment pas là: ce sont es dessins de garçons. Une petite pièce est toutefois consacrée à ses oeuvre sur papier, mêlées à de superbe De Chirico." 





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Nota
1- En 1983, les éditions Fata Morgana ont publié un recueil de poésie de de Pisis, "onze plus un poème", le livre est toujours disponible.
2- A l'adresse suivante, on peut voir un très important choix des oeuvres de De Pisis http://www.andrenis.it/gallery/depisis/album/

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Ex-votos mexicains gay

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STEVIE LYNN

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Le temps d'une chanson...

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Souvent lorsque la queue de mon trop aimé chat effleure mon mollet, je chantonne un petit bout de cette chanson des frères Jacques...

 

 

 

Marie-Dominique, une chanson de Pierre Mac Orlan chantée par Monique Morelli, une merveille... Marie-Dominique que foutais tu à Saigon, ça pouviat rien de bon...

 

 

 

Philippe Clay quelle classe, je l'ai vu dans un de ces derniers tours de champs, il y a quelques années dans un bar de Nantes (d'où la chanson ci-dessous). Philippe Clay est un de ces chanteurs que je réécoute régulièrement. Il reste indissociable du gout du café au lait (breuvage que je n'ai pas bu depuis des dizaines d'années) des petits déjeuner de mon enfance, pris avant d'aller à l'école, et que sonorisait Radio-Luxembourg. Un temps le présentateur de ces "matinales" était Jean Bardin qui est décédé il y a quelques semaines..

 

 

 

Je crois que j'ai déjà parlé d'une soirée inoubliable passé avec Bernard Dimey à vider des chopines, je ne sais plus où tout en parlant de poésie. J'ai trouvé Frédo cette merveille au détour de la toile qui dans ses recoins cache bien des trésors...

 




Il est issu du rarissime album Mouloudji chante Bernard Dimey (Poèmes voyous) :



On peut récupérer l'intégralité de l'album à cette adresse (merci à Louly, du forum Muzika.fr).

Très curieusement, la version orchestrée de ce texte de Bernard Dimey, créée par les Frères Jacques, élimine le dernier couplet, qui pourtant lui donne tout son sens...

J'aime beaucoup cette autre chanson de Dimey, même si j'ai plus de cinquante ans ce soir

 

J’ai 50 ans ce soir

 
(paroles : Bernard Dimey / musique : C Verdier )

J’ai traversé ma vie comme on traverse un rêve
Ne sachant pas toujours où se portaient mes pas,
Je suis comme un nageur que la vague soulève
Poussé vers un pays que je ne connais pas.

J’ai 50 ans ce soir et si je crâne un peu
C’est que l’âme est solide et si je prends des poses
Ce n’est que par instant quand la peur se repose.
Je me jette en riant un peu de poudre aux yeux.
J’ai 50 ans ce soir et si je fais le compte,
De mes amours défuntes et de mes cheveux gris,
Je sens que j’ai vécu sans bien m’en rendre compte,
Je me faisais des joies, comme on fait de l’esprit.

J’ai traversé ma vie comme on traverse un rêve
Ne sachant pas toujours où se portaient mes pas,
Je suis comme un nageur que la vague soulève
Poussé vers un pays que je ne connais pas.

Je ne veux pas pleurer sur des kermesses mortes,
J’ai toujours des manèges à portée de la main,
Je suis prêt à partir pour des émotions fortes
Grâce à Dieu le soleil se lève encore demain.
Je vois le profil des années qui m’attendent,
Je me dis que j’ai tort d’avoir des larmes aux yeux.
L'homme est un animal, difficile à comprendre,
Je sais que l’avenir, peut être merveilleux.

J’ai traversé ma vie comme on traverse un rêve
Ne sachant pas toujours où se portaient mes pas,
Je suis comme un nageur que la vague soulève
Poussé vers un pays que je ne connais pas.

J’ai 50 ans ce soir et c’est peut-être heureux,
D’avoir encore le cœur aussi tendre et fragile.
Je ne veux espérer que des heures faciles,
Je me jette en riant un peu de poudre aux yeux
J’ai 50 ans ce soir et c’est peut être heureux,
D’avoir encore le cœur aussi tendre et fragile.
Je ne veux espérer que des heures faciles,
Je me jette en riant un peu de poudre aux yeux

 

Pour retrouver sur le blog quelques chansons qui ont compté pour moi

 

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Dessins de Paul Cadmus

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Publié dans peinture

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