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Guy Peellaert est parti

Publié le par lesdiagonalesdutemps


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Les images de certains créateurs nous ont accompagné toute notre vie et malheureusement nous en prenons conscience que lorsqu’ils disparaissent. Tous les amoureux des image ne peuvent qu’être triste en apprenant le décès de Peellaert  , artiste emblématique de la pop-culture dont les visuels sont indissociables de la musique et du cinéma de  la pop-culture.

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Guy Peellaert est né en 1934 à Bruxelles où après ses études secondaires il se forme au Beaux Arts. Il débarque à Paris dans les années 60 pour faire du cinéma et finit par travailler à Hara Kiri, à la demande de Cavanna.

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Après des débuts à “Hara Kiri”, en 1966, il imagine "Les aventures de Jodelle", dont l'héroïne a les traits de Sylvie Vartan. Deux ans plus tard, il donne naissance à "Pravda, la survireuse", dessinée sur le modèle d'une autre icône yéyé, la sublime Françoise Hardy, sur des textes du réalisateur et scénariste Pascal Thomas. Colorées, érotiques et exubérantes, les BD de Peellaert sont marquées par le psychédélisme et le pop art. Elles sont publiées par l'éditeur avant-gardiste Eric Losfeld. Leur esthétique a durablement marqué le genre.

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Il a encore réalisé aussi bien des tableaux de chevalet, que des Pochettes de disques dont la plus célèbre est celle de "Diamond dogs" avec un David Bowie mi-androgyne glam mi-chien. Il a travaillé pour bien d’autres artistes jusqu’à très récemment comme pour les Rolling stones "It's Only Rock and Roll" (1974) ou, en France pour Etienne Daho, "Pour nos vies martiennes" (1988)...

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Plusieurs affiches célèbres de cinéma porte sa signature comme celle de "Taxi Driver" de Scorsese, de "L'Argent" de Robert Bresson (1983), de "Paris, Texas" (1984), des "Les Ailes du désir" (1987) de Wim Wenders ou encore de "Short Cuts" de Robert Altman (1993)... Mais se sont ses bandes dessinées psychédéliques qui le font connaître.

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Mais son grand œuvre sont les images de son livre culte "Rock Dreams" (1974), série de 125 illustrations d'artistes comme Bob Dylan, Elvis, les Beatles ou Frank Sinatra avec des textes du fameux critique rock britannique Nik Cohn.

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Cet album a connu un succès international. Peellaert retrouve Nik Cohn en 1995 pour un ouvrage similaire, "Rêves du XXe siècle". Dans cette série par des collages peints à l’aide de découpages photographiques à  la palette graphique sur ordinateur, il à l’aide de découpages photographiques à l’aide de la palette graphique sur ordinateur, il fait se télescoper certaines personnalités historiques ou représentatives du XX ème siècle comme dans l'étonnante carte de voeux qu'il réalise pour Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l'intérieur, en 2000 (ah Napoléon sodomisant Jeanne d’Arc...) ou encore dans cette jouissive fresque  dans laquelle  pellaert organise une improbable rencontre  entre Groucho Marx et T.S. Eliot!

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Dans “Rêve du XX ème siècle Peellaert fait défiler tout ce qui a compté dans ce siècle tous ces grands écrivains, acteurs , hommes politiques, sportifs (c'est un jeu stimulant d'essayer de mettre un nom sur toutes ces figures issues souvent d'univers très différents dont aucun était étranger à l'artiste). il débusque leur fantasme leur arrière monde pas toujours ragoûtant et dans l’une ou l’autre de ces images vous reconnaîtrez le votre et gêné vous détournerez les yeux de ces fantoches tant admirés que vous avez mérités puisque vous en êtes un autre; voici ce que nous disent les dernières créations de peellaert.

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Ces ébouriffantes planches sont encore plus iconoclaste que celle d’Erro auxquelles elles doivent beaucoup.
Il utilise le pastel pour représenter des célébrités emblématiques de l’Amérique dans son album Las Vegas. Dans cette série ce ne sont pas les stars au firmament de leur gloire qu’il représente mais les lendemains de cuite, les solitudes d’après les sunlights Il n’y a que Hopper qui a aussi bien peint la solitude en Amérique.

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Peellaert comme beaucoup de gamins de sa génération a été fasciné par l’Amérique et les américains, les libérateurs. Voici ce qu’il en disait: <>

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Faisant feu de tous bois ne répugnant à aucune technique il a créé une imagerie qui transcende le vulgaire par une sensualité omniprésente dans ses images. Je conçois que mon choix est très masculin pour illustrer ce modeste hommage, mais si Peellaert a magnifié les décolletés pigeonnant des filles il n’a pas dédaigné non plus à mettre en valeur les braguettes gonflées des garçons. Il n'a pas oublié non plus de représenter des figures emblématique de la culture gay, Proust, Noureiev, Truman Capote, James Baldwin, James Dean...
Ses chromos (on ne doit entendre rien de péjoratif en ce terme) dans lesquels on perçoit son immense culture éclectique, sont un mélange savant de vulgarité d’art classique, de peinture pompier et de photo journalisme touillant le tout Pellaert en a fait des icônes du XX ème siècle.
Il fut un peintre des ambiances urbaines.   C’est le fouleur de bitume qui intéresse Peellaert, star ou clochard: << A l’époque où le monde entier était peace, love and machin, moi, j’aimais New York et Lou Reed, si noirs. Pourquoi je préfère les rats des villes ? A cause de leurs pulsions, plus fortes, de leur côté tragique, solitaire ; pour moi, c’est le sex-appeal du néon et du formica. Un rat des villes que j’aurais envie de connaître ? Bashung...>>
Guy Peellaert a par ailleurs réalisé le générique de l'émission de télévision "Cinéma cinémas" au début des années 80 dont un florilège vient d’être édité en dvd.

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Il se qualifiait lui-même de  faiseur d'images. Pour cela il a employé  toutes les techniques des plus traditionnelles aux plus novatrices. Peinture, dessin, photo, il en faisait des œuvres mixtes avant que ça devienne à la mode.
Sa reconnaissance en tant qu'artiste était avant tout venue des Etats-Unis, pays ou la culture pop a gagné ses lettres de noblesse et est considérée avec moins de condescendance qu'en Europe (espérons que Paris lui offrira la grande rétrospective qu’il n’a pas su lui organiser de son vivant, à moins que le salut vienne de Bruxelles...).

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pour se souvenir d'une promenade à la FIAC 2008

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Ne comptez pas sur moi pour une nomenclature exhaustive et objective des oeuvres vues lors de ma traditionnelle visite annuelle à la FIAC. Je pense que peu parmi  les visiteurs, très nombreux, de cette année pouvaient se targuer d'avoir parcouru les allées de la première édition cise alors dans l'ancienne gare de la Bastille... Ci-dessous vous ne trouverez qu'une promenade selon mes goûts et mon humeur du jour.
Il ne faut pas penser, lorsque l'on va à la FIAC, découvrir de nouveaux artistes, pas plus que d'avoir une photographie exacte des goûts du moment ou des tendances du marché de l'art. On peut remarquer néanmoins qu'il y a un retour à la peinture au Grand Palais et la continuelle diminution depuis quelques années des vidéos et des installations se confirme. Il y a plus d'oeuvres conceptuelle à la cour carrée du Louvre, comme ce terril de deux tonnes de confétis noirs...   Il faut juste être disponible pour admirer des oeuvres de première grandeur,  qui sont tout de même toujours en grand nombre et qui ne doivent pas être occultées par l'esbrouffe à la dernière mode comme pour ce millésime, les épates bourgeois des frères Chapman à la galerie londonienne "White cube" dont vous ne verrez rien ici. Mon seul but est de vous faire partager le plaisir que j'ai eu pendant cette visite.
La campagne présidentielle américaine fait une intrusion sur le marché de l'art...

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Quelques pas plus loins je croise des clones de Marcel...

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Puis des paraboles qui ne captent rien sinon l'image déformée de la nef tels des miroirs de sorcière...

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Mitchell était mise à l'honneur cette année...

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Tout comme Picabia et Dubuffet avec des pièces exceptionnelles

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Il en est de même pour Basquiat
Une salle entière était pour mon plus grand plaisir dévolue à Le Gac où il nous racontait une de ses vies parallèles dont il a le succès. Elle était visitée par un bien joli garçon...


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Il y avait cette autre joli créature sur une cimaise...

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La FIAC est toujours riche de rencontres incongrues, comme celle de cette fausse momie égyptienne qui tient entre ses mains une crucifiction et Gilbert et George... en petite tenue chez Thaddaeus Ropac

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Ce qui laissait un acorte visiteur dubitatif...

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Avec sa prestigieuse exposition Atlan, comme chaque année la Galerie Applicat-Prazan fait honneur à la profession de galeriste.

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Juste à coté, une autre somptueuse exposition, celle d'Etienne Martin

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Deux magnifiques Magnelli dans deux galeries différentes...
Ce superbe dessin de David Hockney m'évoqua les superbes toiles de Sutherland si peu vues de ce coté ci de la Manche...

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Avec Bublex l'art peut être gay friendly.

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Un bel Alechinsky de l'année à peine sec.

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Iy avait aussi des Soulage tout frais. Il est réconfortant de voir des artistes comme ceux-ci qui à plus de quatre vingts ans donnent encore des toiles d'une telle qualité.

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Comme l'année dernière mise à part pour les affamés de jeunisme les galeries les plus intéressantes se trouvaient dans la nef du Grand Palais et non sous le barnum de la cour carrée du Louvre. Dans ce dernier où l'on circulait très mal, La galerie Eva Hober cependant exposait des oeuvres horrifiques très fortes de Nicolas Darrot dont "la grande essoreuse" est un sommet du dessin actuel.

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En sortant sur les Champs Elysées, j'ai croisé deux lapins et un crocodile...

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Images insolites à la FIAC

Une visiteuse à jamais immobile dans un stand
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Dans la gueule du monstre
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Scott Hunt

Publié le par lesdiagonalesdutemps


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Grâce à des amis j'ai été informé de cette surprenante exposition new yorkaise d'un jeune artiste local à la prestigieuse galerie Goff + Rosenthal (cette exposition devrait aller ensuite dans la succursale berlinoise de la galerie), la qualité des oeuvres me parait remarquable (je n'ai vu que des reproductions, n'ayant malheureusement pas le don d'ubiquité. Elles sont toutes réalisées  au fusain, assez grande, la plus grande dimension de ces dessins avoisinant le mètre.
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Scott Hunt, dont je ne sais rien semble avoir été influencé par Edward Hopper, Charles Addams, John Singer Sargent, Balthus,  Robert Frank ... Mais sont travail semble s'inscrire surtout dans la droite ligne de celui de , Paul Cadmus comme chez ce maître on retrouve dans la technique de Scott Hunt tout l'héritage de l'art classique et dans ses sujets le même érotisme gay et le même regard critique et ironique que son aîné sur la civilisation américaine. Mais contrairement à Cadmus, il semble puiser peu dans sa propre vie puique le point de départ de la plupart de ses dessins, d'après le dossier de presse, sont des vieilles photos trouvées "aux puces". L'hyper réalisme de ses dessins et certains de ses sujets évoquent les photographies de Mapplethorpe auxquelles on aurait ajouté une once de surréalisme..
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Goff + Rosenthal
537B West 23rd Street
New York, NY 10011
t 212.675.0461
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pour se souvenir de Christophe Chemin à Berlin

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Nouvelle exposition personnelle de christophe chemin à Berlin. “JEDER FÜR SICH UND GOTT GEGEN ALLE”  (Chacun pour soi et Dieu contre tous) une installation de dessins en couleurs.
Les dessins de Chemin explorent les éléments de ses obsessions; garçons aveugles, chiens morts, oiseaux et l’énigme de Kaspar Hauser.
Les dessins sont sous l’influence d’ expériences personnelles de Christophe Chemin; les traumatismes de l’enfance, un séjour dans l’appartement de Verlaine, des rencontres étranges, rêves inavouables et apparitions spectrales.

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Christophe Chemin est intuitif, chaque dessin inspire le suivant.
il trouve la beauté dans le désespoir, les jeunes gens sauvages libérés de la grotte de Platon posent leur regard vitreux sur le papier comme des oracles mystiques, à la fois éclairés et impuissants.
Ses images, bien que souvent pornographique et mélancoliques, débordent de tendresse.
Souvent aussi il se met en scène exorcisme de ses fantasme?

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L'exposition berlinoise de l'artiste, dont le titre pourrait se traduire par "Je veux retourner dans le sous-sol" a été inspiré par un sinistre fait divers récent. Un citoyen autrichien paraissant sans histoire a séquestré dans une cave aménagée, durant vingt quatre ans sa fille, avec laquelle il a eu une progéniture d'une demi douzaine d'enfants. Ce sont ces enfant que Christophe Chemin a dessinés sur de grandes feuilles de papier au moyen de crayons de couleur.
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Ce qu'il l'a particulièrement frappé c'est que ces malheureux n'ont vu la lumière du jour que le jour de leur délivrance. Depuis lors ils sont dans une clinique où on les expose progressivement à la lumière du jour pour leur éviter la cécité. Cette douloureuse anecdote a réveillé chez l'artiste sa hantise perpétuelle de devenir aveugle.
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Christophe Chemin confie: << En 2005 j'ai commencé à faire des dessins de personnes aveugles. Je les appelle aveugles mais dans mon esprit, elle ne sont pas complètement aveugles. Elles ont les yeux blancs. Enfant j'ai été fasciné par les statues égyptiennes antiques qui ont les yeux blancs parce que les yeux étaient peints dessus et qu'avec le temps cette peinture s'est effacées... Les chiens sont aussi une image récurrente dans mes dessins. La plupart d'entre eux semblent morts... Sans doute le souvenir d'un rêve qui m'habite. A Paris j'habitais l'appartement dans lequel Verlaine est né. Là j'ai eu de nombreux rêves étranges. Des créatures venaient visiter mes nuits. Une fois pour m'en débarasser j'ai poussé ces ectoplasmes par la fenêtre ouverte. Lorsque j'ai regardé en contre bas pour savoir ce qu'il y avait; j'ai vu deux chiens morts étendus...>>.
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Christophe Chemin est un créateur complet; romancier publié, photographe, directeur de théâtre, acteur et réalisateur de films.
Il a collaboré récemment avec Bruce la Bruce (Otto, Cheap Blacky), Keren Cytter (Les ruissellements du diable) et Bronson (School for Young Shamans).
Ci dessous images réalisées pour Bruce la Bruce

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RISE Berlin
Hertzbergstrasse 27
Neukölln
12055 Berlin
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pour se souvenir de Bacon à la Tate Britain en 2008

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Avant toutes considérations sur l’exposition, il faut dire que pour ceux qui s’intéressent à l’ art contemporain et moderne la rétrospective Bacon est avec celle de Balthus à Martigny qu’il faut absolument voir.
D’abord tout simplement parce qu’elle donne à voir un très grand nombre de tableaux de celui que je considère (et heureusement beaucoup avec moi ) comme étant le plus grand peintre de la deuxième moitié du XX ème siècle.
Mais il faut bien constater que pour les amateurs de Bacon l’exposition à la Tate Brittain ne leur apprendra pas grand chose. Et c’est le moment de pousser un immense cocorico. Celle de 1996 au centre Pompidou était très supérieure. D’abord en ce qui concerne la muséographie (accrochage et éclairage...) comme la plupart des critiques que l’on peut lire, je ne comprend pas le choix de la Tate Britain, même si ses cimaises ne sont pas honteuses, elles n’ont pas l’ampleur de celles de la Tate Modern. Le choix de ramener Bacon dans le giron de l’art britannique, s’ il est judicieux, n’avait peut être pas besoin de ce surlignage nationaliste.

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Mais surtout par le nombre d’oeuvres exposées à Paris était près du double par rapport avec celle présentées à Londres où les grands triptyques de la deuxième partie de la carrière du peintre, après la mort de son ami John Dyer, sont bien rares. Même si je pense que Bacon a atteint le sommet de son art dans les années 60. Je tempérerais néanmoins mon jugement par le choc que j’eus, âgé de 20 ans, lorsque j’ai découvert Bacon lors de la grand exposition du peintre au Grand Palais à Paris en 1971. Mais ne tergiversons pas pas la plupart des grandes toiles de Bacon sont au bord de la Tamise.

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La partie la plus inédite et la plus passionnante est la présentation de “dessins” que l’on peut interpréter comme préparatoires à certains grands tableaux. Plusieurs de ses “dessins”, tous fait directement à la peinture, sont tracés en superposition sur des photos. Ils seront une révélation pour beaucoup. Ceux-ci ont été trouvé après la mort du peintre dans son atelier. Toutes ces pièces sont habituellement exposées à Dublin. Elles démentent en partie les déclarations de Bacon qui a toujours soutenu qu’il ne faisait jamais de dessins préparatoires avant de se colleter à la toile. Dans cette même partie, on découvre d’émouvantes notes manuscrites, que Bacon jetait sur des carnets. Elles aussi en vue de l’élaboration d’oeuvres.

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Pour la première fois depuis qu’il fut exposé à la galerie Claude Bernard en 1977, on peut voir un triptyque, sans titre, daté de 1976 qui, jusqu’à sa vente en mai 2008 à New-York pour 70 millions de dollars, n’a connu qu’un seul propriétaire, Jean-Pierre Mouex dont la biographie est presque aussi flamboyante que celle de Bacon bien que le personnage ait cultivé la discrétion à l’inverse de beaucoup d’hommes d’affaires amateur d’art. Le tableau de Bacon est son portrait, tout du moins un portrait à la Bacon. Mouex est né en 1913 en Corrèze mais sa famille très modeste, déménage bientôt à Libourne où elle achète un petit domaine vinicole, château Taillefer dont le vin s’écoule mal. Ce qui conduit Jean-Pierre Mouex à fonder en 1937 une entreprise de négoce. Le succès de cette dernière est tel que Mouex peut s’offrir bientôt un château, puis deux puis vingt... Ils s’appelle Magdelaine, Trotanoy, La Grave, Canon Fonsac, Certan-Mazelle, Certan-Giraud et surtout Pétrus que l’on retrouvera aussi bien à la table de la reine d’Angleterre qu’à celle de Kennedy... Il a été le premier à s’intéresser aux vins de la rive droite de la Garonne et à les exporter massivement. Il fut aussi le premier français à s’intéresser aux vin de Californie. Dès le début de son activité professionnelle, en parallèle avec celle-ci Mouex dans la plus grande discrétion se met à collectionner les tableaux, lui qui n’a aucune formation artistique ni même culturelle, il faut dire qu’il n’en avait pas plus dans le commerce ou en oenologie, ce qui ne l’a pas empêché de réussir. D’abord il achète un Utrillo puis des toiles cubiste de Derain et surtout du bordelais André Lhote puis il se dirige vers des artistes à la peinture plus radicale comme Rothko ou Richter. Il fréquente aussi, toujours aussi discrètement le monde de l’art et se lie d’amitié avec Bissière et avec la veuve de Raoul Dufy. Un de ses proches confie: << Il aimait se confronter avec ce qu’il ne connaissait pas... Il n’avait aucune éducation mais un sens inné de la peinture et ne s’est jamais fait conseiller.>>. C’est au début des années 70 qu’il fait connaissance avec Bacon sans que l’on sache quels étaient les liens qui unissaient les deux hommes mais l’on sait que le peintre ne faisait le portrait que de gens qu’il connaissait bien car ce triptyque est aussi un portrait. Le panneau central est inspiré du mythe de Prométhée qui ayant apporté le feu aux hommes est condamné à avoir le foie perpétuellement dévoré par un vautour (allusion à l’alcoolisme de Bacon (?) et n’oublions pas que Moex était marchand de vin!). Les panneaux latéraux sont peut être le portrait du négociant mais sont aussi inspirés par une photo de sir Chamberlain d’où le monocle. Certain critiques ont vu également une allusion au Big Brother d’Orwell... Jean-Pierre Mouex qui dit-on aurait acheté à Bacon le tableau contre des bouteilles de Pétrus... Il est mort en 2003.

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C’était une une des histoires que l’on peut lire en filigrane de cette magnifique réunion de tableaux d’un grand peintre. Il y en a bien d’autres comme celle de son amour pour John Dyer bien plus tragique qui a même donné un beau film “Love is devil”...
Malheureusement selon l’habitude britannique la plupart des tableaux sont présentés sous verre, ce qui est redoutable pour l’éclairage car il est impossible d’éviter les reflets. Je me demande si cette fâcheuse habitude n’est pas en partie responsable de la désaffection des français pour la peinture anglaise... Du moins dans le cas présent elle m’a coupé l’envie de faire des photos. Malgré cela on peut voir le travail de la pâte sur la toiles dans la première partie de son oeuvre, ce que l'on oublie si l'on ne connait que les tableaux de la fin.



Si l’accrochage pseudo thématique brouille un peu l’idée directrice de la rétrospective, l’accrochage strictement chronologique en 1996 au centre Pompidou était beaucoup plus éclairant, le catalogue lui dessine clairement les intentions des conservateurs de l’exposition: replacer Bacon dans une certaine filiation dans l’histoire de l’art en général et surtout dans celle de l’histoire de la peinture anglaise ce qui est beaucoup plus nouveau et plus intéressant. Car si Bacon n’a jamais fait mystère de la place qu’ont tenu dans son imaginaire des peintres comme Velasquez, Van gogh, Picasso... (le catalogue  confronte également des œuvres de Bacon avec celles d’autres artistes comme Daumier, Gauguin...) . Il était beaucoup plus réticent à avouer sa dette envers ses confrère contemporains et anglais. Pourtant dans ce précieux catalogue les mises en présence des tableaux de Bacon avec ceux notamment de Sutherland et de Vaughan   sont très instructives. Sont cité également David Hockney, pour lequel Bacon avait une solide inimitié, Hamilton et Minton.
On peut regretter fortement que l'accrochage ne mette pas en regard des toiles de Bacon celles dont il est question dans le catalogue, pour certaines rien n'était plus facile puisqu'elles sont dans la collection permanente de la Tate britain comme celles de Sutherland, Hamilton ou de Vaughan...

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Par ailleurs les rapports qu’entretenait Bacon avec les photographies sont bien mis en évidence. On voit que nombreuses sont les images photographiques qui ont inspiré le peintre, des plus nobles, comme celle des décompositions du mouvement de Muybridge ou des clichés de Lartigue ou Capa aux plus triviales, celles issues des revues porno-soft gay des années 50, 60.

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A ce propos les conservateurs ne font pas l’impasse sur l’homosexualité de Bacon, bien au contraire et la mette en perspective avec son oeuvre et plus généralement avec la peinture anglaise moderne et contemporaine (Il y a toute une étude à faire sur le sujet car nombre de peintres anglais importants au XXéme siècle sont notoirement gay: Bacon, Hockney, Vaughan, Minton... la liste est loin d’être exhaustive ).

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Ils avancent que l’obligation de tenir sa sexualité secrète, pendant presque toute la vie du peintre l’homosexualité était passible des tribunaux en Angleterre, est une des explications de la noirceur de la peinture de Bacon. Ils vont même plus loin en comparant les goûts sexuels de Bacon et Vaughan, tous deux sadomasochistes et l’on apprend que si Bacon préférait Soho pour draguer, Vaughan lui arpentait les parcs londoniens (moi aussi mais c’est pour photographier les écureuils et les différents volatiles qui les peuplent).
Enfin une visite à la Tate britain est une leçon d’athéisme magnifiquement illustrée. Bacon nous montre, avec, o combien de talent, que l’homme n’est qu’une carcasse en devenir, un animal comme un autre. Dans certains de ses tableaux les plus forts, on ne sait si l’on admire l’anatomie d’un humain ou celle d’un grand singe...

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L’exposition se termine le 4 janvier 2009 à la Tate Britain. Elle migre ensuite au Prado à Madrid du 3 février au 19 avril 2009, puis au Metropolitain de New-York du 18 mai au 16 août 2009.
Nota: En cliquant sur le lien suivant: http://goo.gl/P8UCH, vous pouvez écouter une émission de France-Culture dans laquelle Pierre Descargue s'entretient avec Francis Bacon, le 12 juillet 1976.

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Oscar Gauthier à la Galerie Arnoux

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Il y a des galeries qui défendent vraiment “leurs” artistes, la galerie Arnoux  est de celles là. Elle défend notamment l’abstraction lyrique. Jusqu’au 26 novembre, on peut y voir une rétrospective, en un peu plus d' une vingtaine de pièces, de toute l’oeuvre d’Oscar Gauthier soit soixante ans de peinture. A cette occasion est éditée une belle monographie de l’artiste due à Patrick Gilles Persin dont je  vous reparlerai dans les semaines qui viennent.

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Cette exposition est un merveilleux raccourci pour une fête des couleurs et du geste. Il est toujours un peu indécent, devant une œuvre aussi personnelle, d’évoquer d’autres artistes, on peut tout de même dire que sa production des années cinquante est cousine de celle, à la même époque, d' un Riopelle, comme ces toiles de la décennie 90 évoquent, en plus colorées,  la gestuelle de la dernière période d’Hartung.
Dans sa production du XXI ème siècle, Oscar Gauthier a épuré le geste qui féconde désormais une emprunte qui évoque la calligraphie orientale.

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Il serait peut être bon que je situe cet artiste pour ceux qui ne le connaîtrait pas. Il est né en 1921 dans la Nièvre. Fils d’un peintre amateur, celui-ci l’encouragea dans sa vocation. Il s’est formé au Beaux Art de 1941 à 1947 et parallèlement à la Grande Chaumière dans l’atelier d’Othon Friesz. Ses premières admirations vont à Bonnard et Renoir. L’aventure artistique d’Oscar Gauthier débute véritablement en 1948 lorsque après un séjour d'un an aux USA , présenté par Jacques Doucet (qui comme Oscar Gauthier mériterait bien une grande rétrospective dans un musée national), il rencontre Colette Allendy. Sa galerie se fait le défenseur d'une nouvelle tendance : l' abstraction lyrique, une peinture gestuelle et sensuelle, revendiquant une " peinture peinture " sans sujet, dans laquelle n'interviennent que les lignes, les signes, et les couleurs. Dés 1952 Oscar Gauthier va sous d’autres cieux. Ceux de la jeune galerie de Jean-Robert Arnaud qui le “lancera” durablement. Depuis une vingtaine d’années c’est la galerie Arnoux qui le représente. Mais le peintre est toujours resté fidèle à l’esprit de ses débuts, une abstraction où la solide structuration de la toile n’étouffe jamais le jaillissement, tout en l’ insufflant dans les nombreuses métamorphoses de sa peinture pour un art toujours neuf et en même temps toujours fidèle.

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J’ai eu la chance de côtoyer quelques temps Oscar Gauthier et lorsque je repense à l’homme se sont ses yeux que je revois, pétillant d’intelligence et d’enfance, se qui traduit bien sa peinture à la fois très structurée et spontanée.
En 1958 dans France-Observateur, Denis Chevalier écrivait: << L'art de Gauthier, paysagiste abstrait, se situe dans une sorte de prolongement non figuratif de l'impressionnisme. La lumière et le mouvement son au centre de ses préoccupations (...) Pures ou rompues, souvent modulées, ses couleurs se présentent sous l'aspect d'une pâte généreuse et véhémente à la fois spontanés et travaillée. Dans sa démarche vers la maturité, à laquelle il accède maintenant, l'art de Gauthier ne s'est jamais départi d'une remarquable continuité. Aujourd'hui, affranchi de toute influence extérieure, il apporte la preuve du niveau élevé que peut atteindre, servie par une authentique sensibilité artistique, l'adéquation d'une technique à une esthétique.>>. On ne saurait dire mieux et pourtant Oscar Gauthier ne s’est jamais répété.

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du mardi au samedi de 11 à 13 h et de 14 à 19h
27 rue Guénégaud
75006 Paris

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David Wojnarowicz, Arthur Rimbaud à New York

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Le photographe David Wojnarowicz réussit merveilleusement à marier dans son oeuvre ses passions littéraires et visuelles tellement admirablement qu’elles sont inextricablement entrelacées comme le démontre sa série photographique Arthur Rimbaud à New York (1979 - 80) dont on peut en voir un exemplaire au  Whitney museum de New York (sauf lorsqu’il y a des expositions thématiques). Les photos portent des titres comme Rimbaud à Brooklyn jour et nuit, Rimbaud dans Chinatown, Rimbaud dans Bowery,  Rimbaud sur le fleuve inférieur du côté Ouest...

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Pour ses photos Wojnarowicz a employé un masque de Rimbaud grandeur nature qu'il a fait à partir d'une reproduction à partir d’une photographie du poéte à 17 ans prise par Etienne Carjat à Paris en 1871.
L'artiste a collé cette image de Rimbaud à un morceau de panneau de carton fort et a découpé en suivant le pourtour de la tête. Il a alors attaché une bande élastique au dos du masque avec des bandes noires qu'il a collé de chaque côté des yeux près des tempes.Wojnarowicz a également fait deux petites ouvertures pour les yeux, et une pour la bouche.

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Wojnarowicz a décrit son travail  comme des images jouant avec une idée de compression du temps entre celui historique de Rimbaud et celui aujourd’hui. Il voulant fondre le poete français dans la ville (Ernest Pignon Ernest l’a également fait mais dans un tout autre esprit)  en le mettant dans des situations qui serait  la plupart du temps illégales. Pour réaliser ces photos  Wojnarowicz lui même et deux ou trois autres hommes ont porté le masque de Rimbaud.

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N'importe quelle figure masquée soulève la question de qui est caché sous le masque, mais cet Arthur Rimbaud photographié à New York propose également la question plus intrigante de qui était derrière la légende de Rimbaud. Wojnarowicz a employé le masque de Rimbaud pour créer l'identité ou l'esprit du poète décédé, mais la nature manifeste de sa mascarade est compatible avec l’ approche journalistique qu'il a adoptée pour cette série. Comme William Klein, qui a photographié New York au milieu des années 50, Wojnarowicz nous livre aussi avec cette série sa propre vision de New York vers la fin des années 70.

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David Wojnarowicz a été clairement fasciné par Rimbaud, à la fois par son écriture, et à la fois par sa vie. Il était probablement une source d'inspiration et d’ identification pour lui. Jean Genet le sera &galement.

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Wojnarowicz (1954-1992) a vécu presque exactement cent ans après Arthur Rimbaud (1854-1891). Il y a beaucoup de parallèles entre les vies des deux hommes. Les similitudes les plus évidentes sont : la violence qu'ils ont éprouvée dans leur jeunesse ; le sentiment d'emprisonnement qu'ils ont tous les deux  ressenti lorqu’ils étaient adolescent, Wojnarowicz avec un père violent, et Rimbaud avec une mère dominatrice; leur désir de vivre entièrement en dehors  de l'environnement  bourgeois ou de la classe moyenne de leur naissance ; leur homosexualité...

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David Wojnarowicz naît à Red Bank dans le New Jersey en 1954. Enfant battu et maltraité, il abandonne l'école secondaire lorsqu’il découvre son homosexualité à l'adolescence. il s’enfuit à New York, où il vit dans la rue, subsiste grâce à la prostitution occasionnelle.

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Wojnarowicz autodidacte, a trouvé son salut dans l'art et l'écriture. Pourtant sa manière de vivre entrera souvent en conflit avec sa pratique artistique. Il traverse les États-Unis en auto-stop et vit à San Francisco puis  à Paris pendant plusieurs mois.

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En 1978, il s'installe à New York.  De la fin des années 1970 jusque dans les années 1980, il réalise des films en super 8 tels que Heroin (on peut voir un exemple de son cinéma expérimental ici ), commence la série photographique "Arthur Rimbaud", effectue un travail de pochoirs, joue dans le groupe appelé 3 Teens Kill 4, et expose dans les galeries fameuses de l'East Village.

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Pendant les années 80, il devient un artiste reconnu (photographe, vidéaste, peintre, sculpteur et écrivain). Il appartient au mouvement artistique de l’East Village et évolue dans le milieu alternatif new-yorkais (Nan Goldin, Richard Kern, Lydia Lunch, Kathy Acker...). Le poète William Burrougs ne s’était pas trompé sur son talent, qui écrivait : << David Wojnarowicz déclare qu’il crée chaque peinture, chaque photographie, chaque phrase comme si c’était la dernière. (Lorsque nous sommes directement confrontés à la mort, à cet instant-là, nous sommes immortels.) Il dit que la chose la plus dangereuse, la plus subversive que nous puissions faire est d’observer et de voir la structure de la société ou de la réalité. Lorsqu’on la voit, elle disparaît. >>.

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En 1985, il est inclus dans le "so-called Graffiti Show" de la Biennale du Whitney Museum of American Art. Homosexuel militant il critique farouchement la société américaine.  Il est diagnostiqué séropositif en 1987. Il dira alors: " Lorsqu’on m’a appris que j’avais contracté le virus, j’ai tout de suite compris que c’était surtout cette société malade que j’avais contractée. "  Il est le premier artiste américain gay à répondre à la crise du sida avec colère et indignation. Il a utilisé son art comme un outil de polémique pour dénoncer ceux qu'il a tenue pour responsable de l'épidémie du SIDA . Au-dessus de la photo représentant sur son lit de mort Peter Hujar, illustre photographe devenu son amant, son mentor, son ami, il avait aussi écrit : << Et je trimballe ma rage tel un oeuf gorgé de sang, et la ligne est ténue entre le dedans et le dehors, et la ligne est ténue entre la pensée et l’action, cette ligne est formée de sang, de chair et d’os, et je me surprends de plus en plus fréquemment à rêver tout éveillé que je trempe des flèches amazoniennes dans du sang contaminé puis les plante en plein dans la nuque de certains hommes politiques. >> David Wojnarowicz meurt du sida en 1992.

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Il ne faudrait pas que la mise en lumière récente du travail photographique de Wojnarowicz grâce à l’acquisition d’une de ses images de la série Rimbaud par le Whitney museum, une adresse à fréquenter régulièrement lorsque l’on est à Manhattan, éclipse le reste de l’oeuvre en particulier ses sensuels collages et ses puissants dessins

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Ses films non plus ne doivent pas tomber dans l’oubli. David Wojnarowicz a décrit par son art hallucinatoire la faune interlope de l’East Village, ses rencontres sexuelles furtives et anonymes, sa révolte politique contre la société américaine, son homophobie et son ultra-conservatisme face à l’épidémie du sida, notamment. La série des Sex Series and others, co-réalisée avec les cinéastes Marion Scemama, et François Pain résulte de leur longue amitié, et laisse se dessiner les rêves et cauchemars de Wojnarowicz, sa rage devant le traitement que réserve « l’usine à tuer américaine » aux marginaux et laissés-pour-compte du rêve américain.

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Deux de ses livres ont été édité en France: “Au bord du gouffre” http://www.sitartmag.com/wojnarowicz.htm. (2004) et Chroniques des quais. (2005) tous deux dans la collection Désordre aux éditions du Serpent à plumes.
Félix Guattari a parfaitement définit l’oeuvre de cet artiste: << C’est parce que l’œuvre créatrice de David Wojnarowicz procède de toute sa vie qu’elle a acquis une pareille puissance. Alors que tout semble dit et redit, quelque chose émerge du chaos de David Wojnarowicz qui nous place devant notre responsabilité d’être pour quelque chose dans le cours du mouvement du monde.>>.
Nota: Vous trouverez ici  une interview en français de Wojnarowicz par Nan Goldin où il s’explique entre autres sur ses désirs sexuels.

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Commentaire lors de la première édition du billet

Festival

Festival de découvertes artistiques pour moi aujourd'hui grâce à votre blog.

J'avoue que les premières images de ce billet sur la série "Rimbaud à New-York" m'a laissé dubitatif (je trouve que ça ne "fonctionne" pas réellement, mais je ne saurais dire pourquoi) puis finalement, l'art de David Wojnarowicz, intimement mêlé la réalité de sa vie, m'a conquis peu à peu par la force sensuelle, militante mais aussi très humaine qui s'en dégage.

Sans doute également, il existe une osmose quasi naturelle entre tous ces "angles" : l'atmosphère new-yorkaise, l'affirmation/revendication d'une identité homosexuelle agissante, le tragique de l'existence qui n'éteint pas la révolte mais au contraire la magnifie... Oui, finalement, Rimbaud était loin d'être hors-sujet dans ce cadre là !

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Gio Black Peter

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Il y a loin du charmant garçon ayant pour nom Giovanni Andrade qui en a fait rêver plus d'un, en incarnant l'adolescent du film "Eban & Charley" au performer branché de la scène new-yorkaise que l'on connait aujourd'hui sous son pseudonyme de Gio Peter Black. Et pourtant c'est le même artiste qui n'en fini pas de surprendre s'exprimant aussi bien par la chanson et la musique que par le dessin.

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Mais en cet automne c'est sur les écran qu'a ressurgi GBP dans le nouveau film de Bruce LaBruce , Otto dans lequel il interprète le rôle de l'ex petit ami du héros, un zombie. Lui qui n'avait pas tourné depuis le film de Bolton a enchainé avec un court métrage ayant pour titre "Glory hole"...
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Giovani Andrade avait un coté "rose bonbon" ce qui n'est vraiment pas le cas pour GBP; d'ailleurs son pseudonyme, Black Peter, fait référence au double noir du père noel, celui qui apporte de vilains cadeaux aux méchants enfants.
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 GPB ne fait pas mystère de son homosexualité qu'il clame haut et fort dans ses chansons et met en image dans beaucoup de ses dessins. La jeune oeuvre de GBP est en grande partie directement ou indirectement autobiographique. 
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 Un autre de ses grands thèmes est l'immigration clandestine. Situation qu'il a vêcu lorsque jeune enfant ses parents le transportèrent du Guatémala, où il est né, au USA. Il explique son choix de peindre sur des cartes du métro new-yorkais par le fait que ces cartes sont emblématiques de "sa maison", New-York et aussi traduisent la vie souterraine, clandestine, qui a été celle de ses parents lors de leur arrivée aux USA.
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Son attitude envers le pays d'accueil est assez représentatif de celle de nombreux émigrés et en particulier celle des artistes de la deuxième génération écartelés entre un amour de leur nouveau pays et le ressentiment pour le peu de place qui leur est faite. Si GPB considère New-York où il vit comme sa maison, il a aussi la nostalgie de ce qu'il appelle le vieux New-York, non la ville propre et paisible que nous connaissons aujourd'hui et qu'il considère comme trop aseptisée, mais le New-York de la fin des années 70, celui de Morissey et de Basquiat.

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 GPB est sans doute l'artiste actuel qui s'inscrit le plus dans la lignée de Basquiat. Comme son illustre ainé, il connait une célébrité (relative) très jeune. Il est métisse, il a du sang indien. Et surtout son oeuvre, si elle est moins cryptée que celle de Basquiat, est nourrie par ses expériences personnelles comme l'était le poulain de Warhol.
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GPB est toutefois moins individualiste que Basquiat. Il aime s'associer avec d'autres artiste pour exposer et aussi pour réaliser des oeuvres à plusieurs mains. On peut remarquer qu'il a bon goût puisqu'il s'est associé avec deux brillants jeunes artistes,Slava Mogutin et Brian Kenny  qui comme lui s'exprime à travers plusieurs disciplines. Leur association se nomme Spoutnik III. La première exposition du groupe a eu lieu cet été à Bergen en Norvège où elle a connu un grand retentissement.

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 Une des bizarrerie de l'expression de GBP qui clame que son art est l'expression direct de ses sentiments est le contraste entre la violence de son expression musicale et la douceur de la facture de ses dessins. Facture souvent minutieuse , presque précieuse qui elle même se trouve souvent en contradiction avec les sujets traités.
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La musique et la chanson (il écrit tous ses textes) est avec le dessin le deuxième mode qu'il privilégie, mais il ne fait pas de doute que GBP explorera bientôt d'autres voix. A la tête de son groupe il s'est produit d'abord bien sûr à New-York mais aussi  à Berlin, que GBP aime particulièrement pour la vigueur de sa scène artistique, à Londres, Paris, en Belgique, en Italie et au Japon où il a reçu un accueil enthousiaste.
BlackPeter a un charisme fou et passe très bien à l'écran.
Jetez vous sur son MySpace  pour découvrir ses deux tubes Flip Flopping et It's Fucked Up
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Pour être informé des dates et des lieux des performances de GBP. On peut consulter les sites suivants: gioblackpeter.blogspot.com et  myspace.com/blackpetergroup ou encore myspace.com/gioblackpeter.
Il y a aussi de belles image de GPB sur le site de  Maurizio Fiorino .
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. Vous pouvez t voir d'autres de ses images ici.

I've Got No Strings (2009)
Oil pastel and acrylic paint on subway map, 820 x 580 mm
Gone (2009)
Oil pastel and acrylic paint on subway map, 820 x 580 mm
La Boto Del Toro (2009)
Oil pastel and acrylic paint on subway map, 820 x 580 mm
Blank Page (2009)
Mix media on paper, 841 x 594 mm
Pompeii (2009)
Mix media on paper, 841 x 594 mm
1492 Corn Wars (2009)
Mix media on paper, 841 x 594 mm
Texas Tornado Dance (2009)
Mix media on paper, 841 x 594 mm
We Waited In The Belly of The State (2009)
Mix media on paper, 841 x 594 mm
This Land Is My Land Mine (2009)
Acrylic paint on canvas, 508 x 508 mm

Gio Black Peter-Day Dreamer GBP m

Gio Black Peter-Bronx Summer GBP s

 

  Gio Black Peter-Monstro GBP m

Gio Black Peter-Oliver Olive Stare GBP s

Gio Black Peter-Olivers Breath GBP m

Gio Black Peter-Pinochio GBP m

Gio Black Peter-Little Liar GBP m


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Rencontre de Matta et de Mitoraj dans une galerie de Venise

Publié le par lesdiagonalesdutemps


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Venise, juillet 2008
Ici de nombreuses sculptures de Mitoraj

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Jason Driskill

Publié le par lesdiagonalesdutemps


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Jason driskill est un jeune artiste qui après de solides études d’art commence à faire sérieusement parler de lui. Il travaille à San Francisco où il a une approche pluridisciplinaire de l’art à la fois peintre, écrivain, dessinateur, photographe et surtout virtuose de l’art numérique. Il utilise aussi la vidéo n’hésitant pas à se prendre souvent comme modèle un peu comme le font Gilbert et George. Comme vous l’aurez sans doute remarqué j’ai une tendresse particulière pour les athlètes complets des arts graphiques qui, comme Driskill, n’hésitent pas a utiliser plusieurs médium pour s’exprimer.

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Pour ses toiles, il ne va pas chercher ses modèles bien loin, encore lui même, ses amis, son chien, les objet qui l'entoure, le tout peint avec une franchise tranquille.
Le thème de l’homosexualité domine dans son oeuvre. Mais il fait preuve d’une constante invention alors que  Beaucoup d'artistes traitant de thèmes gays se contentent de représenter  simplement des corps d’hommes nus dans une sorte de porno soft.

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L’artiste a beaucoup réfléchi à la question sexuelle. Venant d’une famille très religieuse la découverte de sa sexualité n’a pas été sans déchirement. Mais ce qui le distingue peut être le plus dans le monde de l’art outre ses talent multiple c’est son sens de l’humour et l’on ne peut pas dire que cela largement partager dans le milieu. Depuis l’exposition Baxter au salon du dessin je n’avais pas eu beaucoup l’occasion de rire devant une oeuvre d’art et cela ne peut faire que du bien.

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