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Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

 

Juliet jeune écrivain londonienne, connait en cette année 1946 un succès littéraire avec son recueil de chroniques qu'elle a fait paraître durant la guerre dans un grand hebdomadaire. Ses papiers d'humeur avaient pour sujet le difficile et souvent dramatique quotidien des londoniens mais Juliet parvenait à décrire ces avanies avec humour, illustrant l'adage qu'il vaut mieux en rire qu'en pleurer. La guerre est finie! Que va-t-elle bien pouvoir écrire maintenant? Il lui faut trouver d'urgence un sujet car son éditeur, et néanmoins ami, la presse de sortir un nouveau livre. Miracle par l'intermédiaire d'un courrier aussi inopiné qu'anodin, d'un Dawsey Adams, habitant de l'île de Guernesey, à propos de Charles Lamb, elle découvre l'existence d'un cercle littéraire fort original, celui des amateurs d'épluchures de patates. Il a été créé dans l'ile de Guernesey, au départ pour mystifier les allemands qui occupent l'ile (les iles anglo-normandes sont les seuls territoires européens du Royaume-Uni occupés par les nazis), bien vite ses membres s'aperçurent que le cercle, parfois d'une manière inattendue, embellissait leur quotidien. Au fil des lettres échangées avec les insulaires, Juliet entre en empathie avec ses correspondants dont les parcours alternent entre le tragique et l'incongru. Elle décide de rencontrer ces drôles de gens, si différent d'elle et qui ont vécu une expérience du conflit totalement différente de ce qu'elle a connu sous le Blitz. Ce voyage va changer sa vie...

La première réflexion qu'il vient à l'esprit lorsqu'on a refermé ce merveilleux livre, c'est qu'il est grand et généreux de savoir écrire sur des choses graves, tel la déportation, le crime, la douleur, le deuil... avec autant de légèreté et de pertinence. Par le biais de lettres souvent à l'involontaire cocasserie les membres de ce loufoque cercle littéraire nous racontent ce que fut la dure occupation allemande de Guernesey dont les habitants complètement coupés du monde, acculés à une quasi famine vivaient un sort pas plus enviable que ceux du continent. On y voit aussi combien la lecture et les échanges sur celle-ci peuvent alléger la misère en aidant à trouver les mots pour la définir. Savoir dire sa douleur, c'est déjà être un peu moins malheureux. On n'oubliera pas la vaillante Elisabeth déportée pour avoir secouru un très jeune prisonnier polonais, ni Eben le marin qui a vu mourir sa fille et son petit fils nouveau né le jour où les allemand on bombardé l'ile, ni Clovis le fermier qui s'est mis à la poésie pour trouver femme, pas plus que Dawsey le tueur de cochon bègue au coeur d'artichaut et bien d'autres dont on découvre la vie par missives interposées.

Très habilement, les auteurs, pour casser l'émotion, car si on rit souvent en lisant ces échanges de correspondances, on a aussi souvent la gorge qui s'étreint, alternent les lettres des insulaires de Guernesey avec celles de Juliet à son ami éditeur ou celle à son riche soupirant collant. une aération bien-venu.

L'Historique de ce livre est presque aussi émouvant que ce qu'il raconte. Le roman est publié en juillet 2008 par l'éditeur américain Random House, peu après la mort de l'auteur. Il rencontre un succès international, consacré par le prix du meilleur livre du Washington Post en 2008. La traduction française d'Aline Azoulay paraît en avril 2009 chez l'éditeur NiL. Éditrice, bibliothécaire puis libraire, Mary Ann Shaffer (1934-2008) découvre Guernesey en 1976 (après avoir lu le livre on a qu'une envie prendre un billet d'avion ou de bateau pour se rendre dans l'ile). Elle est américaine! Ce qui est incroyable tant le roman est « so british » Elle s'en souvient pour écrire à l'initiative de son propre cercle littéraire son roman épistolaire. Elle a achevé son roman avec l'aide de sa nièce Annie Barrows quand sa santé est devenue défaillante.

Après une lecture aussi réjouissante, on peut se demander pourquoi il n'y a pas plus de romans sous forme épistolaire car il permet à l'auteur d'instiller les informations sur les personnages d'une manière progressive qui paraît naturelle

Le seule reproche que l'on peut faire au roman c'est d'être un peu mièvre en ce qui concerne la destiné de Juliel, dans sa seconde partie, lorsque elle va à Guernesey pour y rencontrer ses correspondants. Le dénouement est d'ailleurs prévisible assez tôt. Mais il paraît que parfois les histoires d'amour ne se terminent pas mal...

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates est un roman très émouvant, très informatif car je suppose, que tout comme moi, beaucoup des lecteurs de ce livre, avant de l'ouvrir, savaient à peu près rien de cette occupation des iles anglo-normandes. Il est aussi très habile littérairement car les auteurs font passer des évènements tragiques, des interrogations graves avec des respirations d'humour qui font sourire et parfois même rire. C'est un peu Jérôme K. Jérôme après Auschwitz...

Publié dans livre

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Sorolla

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour retrouver des images de Madrid sur le blog:  Chez Sorolla à Madrid,  promenades dans Madrid,  Chez Sorolla à Madrid, Joaquín Sorolla, enfants à la mer sur la plage de ValenceJoaquin Sorolla y Bastida, garçon avec une balleSorolla 

Publié dans peinture

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Francisco Soria Aedo (1898 - 1965)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Francisco Soria Aedo (1898 - 1965)

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Rinaldo Hofp

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Rinaldo Hofp est un artiste et photographe allemand né en 1955. Il a étudié l'art, la religion et l'ethnologie à Fribourg, Brême et San Francisco. En 1988, grâce à une bourse d'études, il a pu se rendre à Rome, Istanbul et New York. Il vit actuellement à Berlin, là avec Axel Schock il a édité Schwules Mein Auge (Mon oeil gay?) Entre 2006 et 2010.
 

 


Son travail mêle photographie et peinture dans laquelle des images peuvent être parfaitement choquantes, scandaleuses pour les bons esprits, et dans lesquels le nu masculin joue un rôle important.

 

 

 
 

 

 

 


Il a peint Garcia Lorca, Amy Winehouse, Luis II, Rainer Werner Fassbinder, Pasolini beaucoup de figures qui peuvent être considérées comme des icônes gays.

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 
Pour plus d' informations , vous pouvez aller sur le site:  http://www.rinaldohopf.com /

Publié dans photographe

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Que la jeunesse...

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
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Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
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Que la jeunesse...

Publié dans adolescent

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George de Forest Brush, chef Boy

Publié le par lesdiagonalesdutemps

George de Forest Brush, chef Boy

J'ai découvert ce joli minois sur ce site: www.tadzios-brueder.de que je vous conseille de visiter.

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street art à Aniane par Cédric C.

Publié le par lesdiagonalesdutemps

aout 2016

aout 2016

Publié dans street art, photographe

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Toujours Joubert

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Toujours Joubert
Toujours Joubert

Publié dans illustration

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Une vie en liberté par Michel Mourlet

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Une vie en liberté par Michel Mourlet

J'étais impatient de lire les mémoires de Michel Mourlet sachant que je retrouverai bien des personnes que j'ai croisées dans ma déjà longue existence. Mais d'emblée le ton du livre, dont certains chapitres sont pourtant fort intéressants, m'a agacé. Ne croyez pas que cette contrariété serait né de ne pas voir figurer mon nom dans l'ouvrage, alors que jadis, j'ai collaboré à Matulu, journal crée par Michel Mourlet en 1971 et qui hélas ne dura qu'à peine trois ans. Ma mauvaise humeur provient du fait qu'à chaque page du livre on sent l'auteur extrêmement content de lui et j'estime qu'il n'y a pas complètement de quoi. Non que les actions dans la sphère culturelle et les livres de Michel Mourlet soient négligeables, il a même sans doute écrit le meilleur livre sur la mise en scène au cinéma; toutes personnes qui se piquent d'avoir un avis sur l'art du cinématographe devrait avoir lu: "Sur un art ignoré où la mise en scène comme langage"; mais je suis un peu dans l'esprit devant ce texte, rétrospectivement, comme un aficionados d'un jeune joueur de tennis qui n'aurait jamais vu confirmer les espoirs placés en lui. Et les espoirs que Matulu fit étaient grands; malheureusement Michel Mourlet a été un peu le général Boulanger des lettres françaises; pour une déception amoureuse il a sacrifié le journal qu'il avait créé (cela transparait clairement dans le chapitre que l'auteur consacre à la revue et corrobore ce que je savais sur le sujet). Je suis sûr que si une certaine sociétaire du Français n'avait pas fait faux bon aux espoirs matrimoniaux du sémillant Michel d'alors, Matulu aurait perduré et ainsi la trajectoire de la culture française en aurait été probablement changée. Non que la scène médiatique aurait été débarrassée de tous ses trissotins mais ils n'auraient pas été les seuls à tenir le haut du pavé. Il est donc assez désagréable de lire à longueur de page les courroux de l'auteur de voir de fausses valeurs s'imposer alors qu'il n'est pas étranger à ce fait. Certains penseront que j'exagère la portée, l'aura et l'audience de Matulu, et bien je ne le crois pas; en trois ans d'existence ce journal d'humble aspect, surtout en son début, s'était fait une belle place dans le monde culturelle et il prenait plus de poids à chaque parution. Je ne dis pas que la route aurait été facile mais l'entreprise était viable avec un peu plus de courage et de ténacité.

Ma lecture est donc teinté de cet espoir déçu d'où sans doute l'excès d'agacement dont je parle au début de mon billet mais ma mauvaise humeur est au fil des pages sans cesse attisée par la manie incessante qu'à Mourlet de citer ses oeuvres pour nous dire qu'il ne développera pas tel sujet ou telle anecdote parce qu'il l' a déjà fait dans un précédent ouvrage. Il faudrait rappeler aux auteurs, car Michel Mourlet n'est pas le seul à avoir ce travers, que l'on est pas obligé d'avoir lu toute leur oeuvre. Dans le cas présent même si les ouvrages de Mourlet, mis à part son indispensable livre sur la mise en scène, n'ont pas atteint des ventes mirobolantes, il y en tout de même quelques un dans ma bibliothèque j'ai pu donc parfois m'y rapporter.

Heureusement ces agacements sont compensés par les personnes que l'auteur convoque dans ses mémoires. Leur diversité justifie pleinement le titre du livre, une vie en liberté. Ces évocations ne sont pas exemptes d'émotion, par exemple dans les belles pages consacrées à Sylvia Monfort ou d'admiration dans celle vouées à Maurice Bardèche et à Pierre Dux. Mourlet ne s'embarrasse pas de vains préjugés non loin des lignes qu'il consacre au grand critique littéraire que fut Maurice Bardèche, il dit toute la sympathie qu'il éprouva pour Jack Lang et Jacques Chaban-Delmas. Ces trois figures qu'il admire non pour leurs opinions politiques mais par la qualité de leurs réalisations. Comme on le voit le panthéon de Mourlet est varié. Si sa fidélité en amitié est l'un des axes de sa vie, il n'épargne pas toujours ses amis comme par exemple dans les portraits qu'il trace d'eux avec beaucoup de talent, voir ceux de Michel Marmin et de Gabriel Matzneff.

Michel Mourlet profite de ces pages pour exposer ses idées sur le cinéma et le théâtre, je partage presque entièrement son point de vue sur ces disciplines.

Longtemps il fut le critique de télévision des regrettées Nouvelles littéraires et chose rare à l'époque, ce cinéphile n'avait aucun mépris pour le petit écran. Il fait une proposition enthousiasmante: celle de consacrer une chaine publique aux anciennes émissions de feu l'ORTF, il est à craindre qu'une aussi bonne idée, qui ne serait pas couteuse avec le fond de l'INA ne soit jamais reprise car elle mettrait en évidence la médiocrité des chaines actuelles.

Les propos de ces mémoires, comme il l'est suggéré dans leurs débuts, semblent avoir été enregistrées au magnétophone, d'où parfois une certaine discontinuité dans les propos, puis soigneusement peignés quant au style; on en attendait rien de moins de Michel Mourlet, grand défenseur de la langue française. 

Publié dans livre

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Cody Furguson

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

 

 

 

 

Publié dans peinture

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