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Que la jeunesse...

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Narcisse de Jean-Pierre Cortot

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Narcisse de Jean-Pierre Cortot

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Musée Iber, des figurines des soldats de plomb à Valence

Publié le par lesdiagonalesdutemps

une parade de Franco

une parade de Franco

un feu de camp

un feu de camp

combattant de la guerre d'Espagne

combattant de la guerre d'Espagne

J'ai beaucoup joué aux petits soldats lorsque j'étais enfant. Aujourd'hui encore les modèles réduits, qui sont parfois de magnifiques petites sculptures, font partie de mon décor quotidien. Je me suis donc précipité dans ce musée des figurines, découvert par hasard car les guides ne le mettent pas en évidence. Il y a des centaines de scènes, peuplées de millions de figurines, dont de nombreuses reconstitutions de moments historiques. Mes photos ne rendent guère justice à ce musée. Je n'avais pas le matériel pour bien photographier ces combats miniatures.

chefs nationalistes

chefs nationalistes

attaque d'une tranchée anglaise

attaque d'une tranchée anglaise

Musée Iber, des figurines des soldats de plomb à Valence
les australiens attaquant un camp japonais

les australiens attaquant un camp japonais

les valeureux soldat de l'empire nippon

les valeureux soldat de l'empire nippon

les samourais

les samourais

les 55 jours de Pékin

les 55 jours de Pékin

chasse aux bisons par les indiens

chasse aux bisons par les indiens

Valence, Espagne, septembre 2016

Valence, Espagne, septembre 2016

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The genesis children un film d'Anthony Aickman

Publié le par lesdiagonalesdutemps



 
Réal: Anthony Aickman
1972, USA, 
85mn
 
Avec: Greg Hill, Vincent Child, Jack Good, Peter Glawson, Butch Burr, David Johnson, Max Adams, Bubba Collins, Mike Good...

Résumé: Huit adolescents âgés de 12 à 16 ans, rejetant l'école et certaines valeurs de la vie, sont recrutés par annonce et emmenés par un étrange prêtre à la fois militaire et politicien sur une plage où, seuls durant une semaine, ils vont devoir subvenir à leurs besoins, trouver une malle remplie de vivres et apprendre une certaine philosophie de vie. Ils sont pour le prêtre les acteurs d'une représentation dont le public est Dieu. Au bout de sept jours, chacun décidera de son destin...
 
L'avis critique:

The Genesis children fait partie de ces obscurités qu'on a longtemps cru perdues et dont la rareté crée le mythe auprès des amateurs d'un certain cinéma trashy-art d'une part et du cinéma d'exploitation adolescent homo-érotisant d'autre part.
Vomi par la critique, détruit par un public scandalisé qui quitta les rares salles où il fut jadis projeté aux USA avant d'être classé X puis confisqué par les autorités obligeant le producteur et certains des acteurs à fuir, The Genesis children bien avant la vague italienne de Teensploitation est une sorte d'hybride entre La maladolescenza expurgé de son caractère sexuel et Sa majesté des mouches sur fond de religion exacerbée.
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Tourné aux abords de Rome et de Salerne très probablement durant l'été 1971, voila une métaphore christique qui conte les aventures de huit adolescents de 12 à 16 ans qui rejettent l'école et certaines valeurs de la vie. Emmenés par un étrange prêtre à la fois militaire et politicien sur une plage, ils vont devoir durant sept jours subvenir à leurs besoins et apprendre à vivre ensemble, nus, débarrassés ainsi de tout élément superflu afin d'acquérir une certaine philosophie de vie.

C'est ce que racotait le cinéaste, en fait le film n'est qu'une suite de scénettes auxquelles on ne comprend pas grand chose et qui sont en fait quand ce n'est pas une promenade agréable et assez bien filmé à Rome et dans ses alentour, le prétexte de se rincer l'oeil à la nudité d'adolescents gâtés par dame nature.
Cette très obscur histoire, The Genesis children peut passer pour les naif pour un film expérimental grâce à quelques incursions dans le fantastique. On est dans la grande mouvance des films qui dans les années 70 oscillaient entre surréalisme et mysticisme en babouches, là les babouches sont tombées dans le bénitier!
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Le but d'Anthony Aickman était à mon sens de satisfaire les instincts voyeurs du spectateur. Avec beaucoup de bonnes volontés on peut y voir un film expérimental truffé de symboles. Le film se compose de quatre segments reliés entre eux par une série de flashes-back qui aident le spectateur à comprendre comment les huit adolescents ont été entrainé dans cette étrange aventure. Tous ont répondu à une annonce parue dans un journal dans laquelle l'étrange prêtre recrutait huit jeunes garçons pour être les interprètes d'une représentation donnée sur une plage dont le public serait Dieu lui même. 
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Les segments semblent montés de façon aléatoire. Le premier thème abordé est le naturisme. Vivre nu est un don de Dieu. Pourquoi n'entendons pas cela plus souvent lors des sermons? Il nous fut quitter nos vêtements pour mieux profiter de la vie sans avoir honte de notre corps. Curieusement dans le film il n'y a que de beaux garçons qui se déshabillent, mais pas toujours. Pourquoi? Le prètre a la gueule de sybarite ne quitte jamais sa soutane... On ne le regrette pas...  L'habit crée la différence donc l'incompréhension, la haine et le rejet qui mènent à l'incommunication. Dépouillés de leurs habits, les différences entre les huit garçons, aussi différents soient ils, s'estompent. The Genesis children pourrait être vu comme une véritable ode au naturisme, un sujet alors très à la mode en ce début d'années 70 où soufflait un vent de liberté sexuelle extrême.
Un des autres thèmes que traite le cinéaste est la peur. Pourquoi avons nous peur? s'interroge Aickman. Pourquoi Dieu a t-il crée la peur, un sentiment propre à l'homme face à genesis_19.jpggenesis_18.jpg
l'inconnu. Cette peur conduit à la violence et à la destruction de la civilisation violemment imagée par l'attaque du bus, sa mise à feu et les rites tribaux qui s'ensuivent. On assiste là à une sorte de retour aux âges primaires, au chaos originel, à la vraie nature de l'être humain, destructrice qui ramène au final de Sa majesté des mouches ou à celui de If. C'est ici la dernière étape avant ce qu'appelle le réalisateur l'Ultime Décision, celle que devront prendre les adolescents le septième jour. Se rhabiller et quitter l'ile ou rester nu et rester sur cette plage aux cotés de Dieu. On trouve à toutes ces questions des réponses certes bateau enrobées d'une philosophie assez primaire mais qui invitent pourtant à une certaine réflexion que les ultimes images ébranleront, faisant basculer l'histoire dans une dimension aussi onirique genesis_20.jpggenesis_21.jpg
qu'inquiétante tandis que huit autres garçons débarquent auprès du prêtre hilare, figure drapée de noir qui se dessine sur le bleu du ciel. "Au départ il y avait Dieu puis l'Homme créa Dieu à son image désormais l'Homme est mort." murmurera la voix du narrateur alors que l'image se fige. Cette ile de toute beauté pourrait elle être le jardin d'Eden, ces enfants des anges désormais corrompus par le Mal incarné par le Pouvoir, l'inquiétante figure du prêtre. Si finalement notre vie n'était qu'une perpétuelle représentation hypocrite, un spectacle qu'on joue pour un Dieu qu'on a crée de toutes pièces afin de mieux nous leurrer et nous perdre, si l'Homme a donné à la Genèse l'image qu'il voulait lui donner afin de mieux se cacher des vérités. 
On peut y voir aussi une tentative de ré-écrire la Genèse, un retour au Paradis originel dont ces adolescents nus en seraient les anges dans une société contemporaine où les valeurs se sont perdues, où chacun se retranche derrière les apparences et ses croyances égoïstes.
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The Genesis children
 est une sorte de film pseudo philosophique d'où s'échappent à l'infini questions et réflexions appuyées par des dialogues faussement ésotériques qui renforcent encore plus l'aspect biblique de l'ensemble.
En partie faute à un fil conducteur assez difficile à suivre (sauf si vous avez le dossier de presse). Le fil sous son discours abscon tout en étant primaire n'est qu'un prétexte pour étaler à l'écran la nudité des acteurs. Ce n'est pas le voyeur que je suis qui va s'en plaindre! 

 Durant la majeure genesis_30.jpgpartie du film, les garçons courent, folâtrent, virevoltent et s'amusent nus sur la plage à grands renforts de ralentis accompagnés par une partition musicale qui mélange chants religieux et musique bucolique.

A l'instar de Larry ClarkeAnthony Aickman était à la base photographe professionnel. On devine tout son talent de photographe dans ce film. Mais pourquoi les photographes veulent ils faire des images qui bouge!
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Cette surabondance de nudité gratuite fut une des principales causes du scandale dont le film fut jadis victime d'autant plus que la Lyric International, une agence de jeunes modèles de nus pour presse masculine spécialisée également productrice du film, se retrouva au coeur d'une importante affaire de moeurs l'année suivante qui provoquera sa fermeture définitive en 1973. 
genesis_33.jpgSi en fait de nombreux thèmes semblent surgir du film il n'y a peut être rien à voir si ce n'est une forme de cinéma subversif particulièrement controversé, un essai arty expérimental quasi auteurisant, voyeur et avant tout pro-naturiste sous couvert de messages  pseudo ésotériques. Et par bien des égards d'ailleurs The

Genesis children n'est tout simplement qu'une ode au

naturisme, Aikman en fut un des pionniers aux USA, dont on retrouve l'idéologie fondamentale. Si les vraies valeurs de la vie se cachent au coeur de la nature et des éléments, vivre nu est la

parfaite communion entre l'homme et cette dernière et par extension Dieu.

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La plupart des jeunes comédiens appartenaient à la Lyric pour laquelle ils étaient modèles. Le plus âgé d'entre eux, le blond Peter Glawson, un des membres les plus en vue de l'agence, fit beaucoup parler de lui non seulement pour ses apparitions dans une poignée de courts réalisés par la Lyric et les nombreux clichés qui existent de lui mais également pour le scandale qui entoura alors son nom. Quant à Greg Hill, il fut dit-on très proche de Aikmanavec lequel il est longtemps resté ami. Greg est par la suite devenu décorateur d'intérieur. Homosexuel, il est mort du sida au début des années 90.
Longtemps visible uniquement via la précieuse vidéo américaine, The Genesis children a genesis_31.jpggenesis_32.jpgmiraculeusement resurgi au début des années 2000 sous forme d'une édition DVD qui donna une seconde chance au film devenu au fil du temps culte auprès de tout un public underground avide d'oeuvres homo-érotisantes à l'aura particulièrement sulfureuse. Totalement impensable aujourd'hui, le film de Aikman est une réelle curiosité d'un autre âge, celui où le cinéma d'exploitation ne connaissait aucune limite. Il est le parfait reflet des moeurs en ce début d'années 70, toute une époque bien révolue où soufflait le vent de la liberté que le cinéma savait si bien illustrer. Si les esprits les plus retors continuent à n'y voir qu'un film transgressif et subversif nauséabond, The genesis children est une oeuvre d'une totale innocuité, un joli film naturiste aussi solaire qu'ensoleillé qui aujourd'hui ne choquera plus guère que les plus pudiques et ceux qui voient le mal partout.
genesis_29.jpggenesis_28.jpg

 
Peter Glawson

Peter Glawson

Pour voir le film, il suffit de cliquer sur la flêche ne soyez pas surpris cela commence par une publicité et il y en a une autre au milieu du film, ce qui est assez croquignolet si vous tombez sur certaines décalage savoureux par rapport au film...


 

Télécharger Option 1

 
Télécharger  Option 2
 
The genesis children un film d'Anthony Aickman
The genesis children un film d'Anthony Aickman
The genesis children un film d'Anthony Aickman
The genesis children un film d'Anthony Aickman

Publié dans cinéma gay

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Jean Cocteau

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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promenade à Valence (1)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

promenade à Valence (1)
Le marché central

Le marché central

la façade de

la façade de

halle de la soie avec ses colonnes torsadées

halle de la soie avec ses colonnes torsadées

A l'âge d'or de Valence au XVI ème siècle la prospérité de la ville venait en grande partie du commerce de la soie

A l'âge d'or de Valence au XVI ème siècle la prospérité de la ville venait en grande partie du commerce de la soie

la halle de la soie était la bourse de ce produit.

la halle de la soie était la bourse de ce produit.

promenade à Valence (1)
gargouilles sur la façade de la halle de la soie

gargouilles sur la façade de la halle de la soie

promenade à Valence (1)
promenade à Valence (1)
vue à partir du sommet d'une des portes de la ville.

vue à partir du sommet d'une des portes de la ville.

porte de la ville

porte de la ville

la cathédrale

la cathédrale

Valence, Espagne, septembre 2016

Valence, Espagne, septembre 2016

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Que la jeunesse...

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Ralph Eugene Meatyard

Ralph Eugene Meatyard

brettlindell:  Paddy, NYC  copyright www.brettlindellphotography.com 2016

brettlindell: Paddy, NYC copyright www.brettlindellphotography.com 2016

Yann Faucher

Yann Faucher

Daniel Olsen photographed by J.GARCÍAVERDUGO

Daniel Olsen photographed by J.GARCÍAVERDUGO

Que la jeunesse...
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Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
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Que la jeunesse...
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Georg Gelbke, 1882 - 1947

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Georg Gelbke, 1882 - 1947

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case en exergue: Antonio Sarchione

Publié le par lesdiagonalesdutemps

case en exergue: Antonio Sarchione

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L'enigme de Catilina de Steven Saylor

Publié le par lesdiagonalesdutemps

L'enigme de Catilina de Steven Saylor

 

Avec cette 3ème aventure, chronologiquement, nous retrouvons Gordien, détective dans la République romaine, 17 ans après les évènements racontés dans « Du sang sur Rome ». Nous apprenons, page 318, qu'il a 47 ans; comme nous sommes en 63 av J.C., il est donc né en 110 av. J.C. La situation de notre héros a considérablement évolué depuis ses démêles avec Sylla. Il n'habite plus sa maison dominant Subure. mais une vaste propriété agricole qu'il a hérité de son client et ami Lucius Claudius. Ce dépaysement trouble notre héros et permet à l'auteur de nous montrer la vie dans une exploitation agricole à cette époque. Cet héritage n'a pas plu du tout aux cousins du défunt dont les terres entourent la propriété de Gordien. Ils ont contesté la validité de l'héritage mais comme Gordien lors de son procès a été défendu par Cicéron, il l'a gagné. Ce qui n'empêche pas ses voisins, membres de la puissante et vieille famille des Claudii, d'intriguer pour chasser Gordien de ce qu'ils estiment toujours leurs terres, d'autant qu'ils trouvent la famille de Gordien pas du tout convenable. Notre nouveau propriétaire a en effet affranchi Bethesda son esclave concubine avec laquelle, il s'est marié. Il y a sept ans un enfant arrivé au jeune-vieux couple, Diane. Elle a rejoint les deux fils de Gordien, tous deux adoptés. Il y a Eco, l'enfant mutique que le lecteur a rencontré dans « Du sang sur Rome ». Eco est aujourd'hui marié. Il a repris à la fois la profession et la maison de l'Esquilin de son père. Mais le grand souci de Gordien est son fils cadet, Meto que l'on voit revêtir la toge virile pour ses seize ans. C'est surtout pour lui que tremble Gordien car son vieil ami Cicéron, devenu consul, auquel il doit d'avoir conservé sa ferme malgré les plaintes des Claudii, l'a contraint à une tâche difficile et dangereuse, la surveillance de Catilina sénateur corrompu qui joue la carte du Parti Populaire. On murmure dans Rome qu'il complote contre la République, trame des assassinats et rêve de dictature. Mais il n'est pas le seul à faire ce rêve qui est partagé par Crassus, le citoyen le plus riche de Rome, qui n'est pas vraiment un ami de Gordien, et peut être par César, l'homme qui monte à Rome. Gordien et surtout Meto ne sont pas insensibles au charme de Catilina. Les cadavres ne tardent pas à cerner Gordien...

"L'énigme de Catilina" à l'intrigue passionnante et aux personnages attachants, j'ai un faible pour le naïf et cependant perspicace Meto, est un roman historique très intéressant par l'éclairage qu'il donne sur ce qu'il est convenu d'appeler la conjuration de Catilina. On connait principalement cet épisode de l'Histoire de Rome essentiellement par les quatre Catilinaires de Cicéron, l'ennemi juré de Catilina. On voit que Saylor à travers le personnage de Gordien a une approche moins manichéenne de cet épisode et sans prendre le parti des conjurés, il comprend leur révolte et semble regretter que Cicéron d' « homme nouveau » soit devenu l'homme lige des optimums. L'auteur parvient avec beaucoup d'élégance à insérer un exposé très claire de ce moment périlleux de l'Histoire de la République romaine dans son intrigue. Il fait sienne l'hypothèse que Crassus et peut être César soutenaient en coulisse Catilina. Si cela est probable, mais toutefois pas certains, pour Crassus qui s'était enrichi grâce aux proscriptions de Sylla, les soutiens de Catilina se recrutaient principalement parmi les anciens partisans du dictateur; le soutient à Catilina de César est beaucoup moins évident. On peut tirer des conclusions opposées de cette lecture en faisant de Catilina un comploteur manipulateur mais on peut voir aussi en Catilina une victime d'un complot ourdi par Cicéron et ses affidés. Les deux lectures ne s'excluant pas obligatoirement dans cette lutte à mort que se livrent les deux camps.

L'histoire de Gordien et des siens se mêle aux événements politiques réels, qui sont vus de son point de vue : Catilina n'est pas vraiment réhabilité, mais cette personnalité est plus que fascinante, tandis que Cicéron apparaît comme un habile manipulateur. Saylor semble avoir à coeur d'humaniser les figures mal aimées de l'Histoire romaine comme Sylla dans « Du sang sur Rome », Catilina dans cet « Enigme de Catilina ». La confusion qui régnait aussi bien dans les rues de Rome que dans les esprits lors de la conjuration est bien rendue. L'intrigue plus particulièrement policière, qui touche le héros, trouve un dénouement assez surprenant. Gordien aura la révélation de la solution de l'énigme lors d'un songe très « martinien »; procédé qui devrait ravir les lecteurs des aventures d'Alix.

Le livre décrit avec précision le quotidien des romains de cette époque. Il traite principalement du cursus et des modalités des carrières politiques et, par l'entremise de Meto, des rites du passage d'adolescent à l'âge adulte.

Cette peinture de la fin de l'adolescence permet à l'auteur de mettre en scène les croyances et les superstitions des anciens romains: << Certains hommes politiques, Cicéron en fait partie, pensent que les auspices et les augures sont de pures absurdités et ne manquent jamais une occasion de le dire et de l'écrire. D'autres politiciens tel César considèrent l'art augural comme un instrument utile au service du pouvoir, au même titre que les élections, les impôts ou les cours de justice, que personne ne songe à mépriser (…) Les augures divisaient les oiseaux en deux classes : ceux dont les cris expriment la volonté divine-le corbeau, la corneille, la chouette et le pic-et ceux dont le vol fait connaître le vouloir des dieux : le vautour, le faucon et naturellement l'aigle, oiseau favori du roi des dieux.>>

Il ne faudrait pas faire un procès d'anachronisme au romancier du fait que sa description des hommes politiques romains soit très semblable à celle que l'on pourrait faire des nôtres. Je rappelle tout d'abord que l'ouvrage a été écrit en 1993. On y voit que le populisme est un ressort pour une carrière politique qui ne date pas d'hier. On peut juste trouver que la psychologie de Gordien est plus moderne que romaine, mais il est vrai que notre enquêteur est un romain atypique ce qui dédouane Saylor du péché d'anachronisme.

Pour les besoins de son récit, Saylor, outre qu'il prend clairement parti pour une des hypothèses historiques de l'affaire, modifie quelques détails de ce que l'on sait (toujours par les ennemis de Catilina, il ne faut jamais l'oublier). Par exemple il transforme Vettius, ce chevalier romain, d'abord partisan de Catilina qui passe dans l'autre camp et sert d'informateur, notamment à Cicéron, un espion de bas étage selon Carcopino, en Marcus Caelius, personnage beaucoup plus ambigu, plus jeune et plus séducteur que Vettius.

A travers les enquêtes de Gordien, Saylor met l'accent sur certains cotés du quotidiens de la Rome antique sous la République, ici en particulier son système politique mais aussi les imbrications qui existaient entre les citoyens romains, le citoyen quel que soit son statut social semble être toujours l'obligé d'un autre. L'auteur s'étend aussi longuement sur  les  relations qui existaient entre maitre et esclaves, entre patriciens et plébéiens, entre anciens familles nobles et parvenus. C'est surtout, au delà de la vie publique, la vie privée que met en lumière l'auteur et dans cet « Enigme de Catilina » particulièrement les relations père-fils.

Jadis le curieux des moeurs de la Rome antique n'avait guère comme ressource que le sec et puritain « Vie quotidienne à Rome » de Carcopino puis vint l'un peu moins austère « Histoire de la vie privée » sous la direction de Philippe Ariès et Georges Duby, aujourd'hui il ne mesure sans doute pas sa chance de pouvoir s'informer en suivant les aventures de Gordien; geste écrite à la première personne dans le style alerte de Steven Saylor (traduit par Denis-Armand Canal à qui l'on doit également de rares mais pertinentes notes en bas de page). C'est le talent de l'auteur, de faire passer son savoir, qui est grand*, du monde romain en l'incarnant en des personnages inoubliables qui nous émeuvent.

 

* A ce sujet la bibliographie de l'ouvrage est impressionnante par sa qualité. Toutefois je me permettrais d'ajouter un titre à cette liste: Catilina ou la gloire dérobée d'Yves Guéna (Flammarion, 1984) où les évènements sont vus du coté des partisans de Catilina, roman intéressant mais qui traite surtout des intrigues politiques sans s'attarder sur le quotidien de l'époque et aux personnages qui n'ont pas l'épaisseur de ceux de Saylor.              

Cicéron démasque Catilina par Cesare Maccari

Cicéron démasque Catilina par Cesare Maccari

Cicéron au sénat par Cesare Maccari

Cicéron au sénat par Cesare Maccari

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