Yves Bélorgey

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

Dalle de Bobigny Magic Cinema 2009, huile sur toile 150 x 150 cm

 

 

J'ai quelques regrets dans ma vie dont celui de n'avoir pas suivi une de mes aspirations qui était de devenir architecte. C'est sans doute à cause de cette frustration que je prête toujours beaucoup d'attention aux bâtiments qui m'entourent. C'est probablement cet intérêt qui fait que mes lieux de villégiatures sont plus, ces temps derniers, les villes que les campagnes. Il se trouve que dans mon parcourd déjà long et toujours sinueux, j'ai aussi bien habité la capitale, sa banlieue et la province. Mes fréquents voyages à l'étranger m'ont fait dormir dans de multiples androits modestes ou luxueux, dans de grands bâtiments, parfois en haut de tour vertigineuse ou de petites maison. Il m'est arrivé souvent de choisir mon hôtel, avec comme critère principal son intérêt architectural. Je ne me lasse pas aujourd'hui de me promener dans les rues de ma banlieue pour y examiner les particularités des pavillons qui la composent principalement et de m'amuser lorsque je suis en vacances sur ma plage les curiosités des villas balnéaires. Grand amateur de peinture, je regrette que les architectes, contrairement à ceux du début du XX ème siècle, aient de moins en moins de talent pour figurer les immeubles ou maisons individuelles qui s'apprètent à construire. Souvent en la matière devant la quasi absence de ce thème dans la peinture de chevalet, je trouve mon bonheur dans la bande-dessinée, ah les pavillons étroit et tout en hauteur de Tardi, c'est pourquoi la découverte, malheureusement tardive en ce qui me concerne, d'Yves Bélorget, a été une belle surprise. J'apprécie particulièrement ses toiles représentant plus que des bâtiments des rues des villes japonaise dans lesquelles il figure parfaitement la cohabitation entre les petites maisons avec leurs charmants et incongrus ilots de verdure et de grands immeubles.  

Yves Bélorgey est né en 1960. Il vit, travaille et enseigne à l’École des beaux-arts de Lyon.
L’artiste pratique une peinture d’atelier faite à partir de relevés photographiques recomposés pour obtenir des angles de vue spécifiques. Ses tableaux induisent un rapport frontal et direct au spectateur. Ils décrivent ce que l’artiste définit lui-même comme des «maisons impossibles mais pourtant construites ».

Depuis 1991, Yves Bélorgey peint des façades d’immeubles appartenant à un style architectural fonctionnaliste international propre aux grands ensembles d’habitation collective. De São Paulo à Istanbul, en passant par l’Europe de l’Est, Yves Bélorgey constitue une archive peinte des avatars de quelques utopies collectives altérées, voire mises en échec. Dans le sillage d’une tradition du peintre moderne, il offre une œuvre réaliste, une œuvre qui donne trace d’une époque tout en s’appuyant sur des moyens formels qui tendent à l’abstraction (grille, décision de la facture, formats), tout en faisant place à la résistance du détail hétérogène.


 








Yves Belorgey
Edogawa-kuy Tokyo, 2009


Yves Bélorgey, Rue à Nagoya

 rue à Nagoya

Yves Bélorgey, Nakagin Capsule Tower Tokyo, 2009. 78 x 109 cm

 

 

Depuis une quinzaine d’années, Yves Bélorgey parcourt les banlieues des grandes métropoles, de Marseille à Mexico, en passant par Varsovie ou Istanbul, pour en ramener des peintures et dessins de grand format d’immeubles HLM.
Les représentations de paysages urbains d’Yves Bélorgey, portent un regard critique sur les édifices de l’architecture moderne des années 60. Il les représente dans une frontalité brutale et exhibe l’organisation sociale qui conditionne le système urbain des banlieues. Ces barres d’immeubles sont représentées sur le mode du réalisme sans pour autant chercher à dupliquer la photographie, tout en excluant les préjugés sociaux dont ils sont d’ordinaire affublés. Le regard n’est à la fois ni pessimiste, ni optimiste, parfois imprégné d’une certaine nostalgie.
Les “œuvres” architecturales collectives dont on parle ici sont significatives d’une standardisation. Yves Bélorgey les aborde sur le mode documentaire, selon toutes leurs potentialités comme autant de cas particuliers et les désigne comme les lieux de formation du “corps social”.
Il observe ces immeubles comme les monuments d’un projet social révolu, comme les représentants des ruines d’une certaine époque dont l’ambition –aujourd’hui remise en question- était d’offrir un confort minimum pour tous. Il envisage la peinture comme un enjeu politique et lui donne un sens militant : réaliser des peintures d’immeubles signifie travailler le nombre, la densité et le paysage actuel de la ville ; c’est une façon de faire le pont entre le tableau et l’immeuble, deux œuvres autonomes isolées.

 

Yves Bélorgey, Immeuble à Roppongi<br>Roppongi, Tokyo, Janvier 2009

immeuble à Ropongi, Tokyo

 

 

En 2003, Yves Bélorgey réalisait un ensemble de tableaux en hommage à Jean Renaudie, et s’attaquait ainsi pour la première fois aux immeubles d’un architecte « reconnu ». C’est alors l’occasion pour l’artiste de développer de nouveaux éléments picturaux dans sa peinture. Les particularités de ces architectures lui permettent d’intégrer des inserts dans la composition de ses tableaux, faisant ainsi se confronter perspectives fuyantes et vues frontales.
Pour sa seconde exposition à la galerie Xippas, il présente un ensemble de tableaux issus de repérages dans la banlieue de Londres. Les architectures, celles de Alison et Peter Smithson ou Alan Forsyth et Gordon Benson entre autres, ont été choisies pour leur statut comparable à celles de Renaudie, car ayant assimilé la critique de l’architecture rationaliste, en s’attachant à concevoir de nouveaux modes d’habitat

 

 

Yves Bélorgey, Monmousseau<br>Quartier des Minguettes<br>Vénissieux, Avril 2007

quartier des Minguettes Vénissieux



Yves Belorgey
Osdorfer Born
construction 1966 –1970
Hambourg
juin 2008

 

Rue Parmentier a Montreuil 2009, huile sur toile, 150 x 150 cm


Rue du President Wilson a Montreuil 2010, huile sur toile, 120 x 120 cm
Vue de la rue des Sorins Bagnolet 2008-2009, huile sur toile, 150 x 150 cm


Ashiyahama (3) Kobe 2009-2010, huile sur toile, 105 x 105 cm

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