Yue Minjun à la Fondation Cartier

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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J'ai fait la connaissance de l'oeuvre de Yue Minjun tardivement, il y a quelques années, curieusement à Barcelone où le musée Miro consacrait une belle exposition à la peinture chinoise contemporaine. Les toiles de Yue Minjun sont parmi celles qui m'étaient restées en mémoire. Pas seulement parce que le fait de se représenter presque systématiquement dans ses tableaux marque l'esprit, ni que les clones peints du peintre ont des faux airs de l'ancien président de la république Jacques Chirac, mais je crois surtout par la simplicité de sa peinture même si je suppute que les évènements auxquels le peintre fait référence passe au dessus de bien des regardeurs, d'autant que Yue Minjun se refuse à commenter ses oeuvres.

 

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Yue Minjun est né en 1962, en Chine. Après des études d'art il s'est installé dans la communauté d'artistes près de Pekin au début des années 90. C'est là qu'il met au point  son type de peinture. C'est après sa participation à la bienale de Venise en 1999 qu'il accède assez rapidement à une notoriété internationale. Très vite sa production rencontre un engouement sur le marché de l'art et de nombreuses toile du peintre rentre dans les grande collections privées et les musées.

 

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Pour le visiteurs qui ne restent pas intellectuellement passif face aux sourires figés des auto-célébrations du peintre dans ses toiles, une interrogation devrait le tarauder, surtout en connaissant la fortune commerciale et critique que connaissent pour l'heure ces tableaux: que restera-t-il d'eux lorsque les évènements qu'ils dénoncent et brocardent ne sera plus dans la mémoire de la quasi totalité des hommes? Si Yue Minjun est la version chinoise du pop art, pour s'en persuader il suffit de remarquer qu'il représente l'eau comme naguère David Hockney dans ses premiers tableaux de piscine, il est surtout ce que l'on appelait jadis un peintre d'histoire. D'ailleurs il se réfère explicitement à ce genre de peinture dans une série de toiles dans laquelle Yue Minjun détourne des peintures célèbres chinoises et occidentalles en ne peignant que les décors de ces tableaux en y supprimant les personnages ainsi on ne voit plus que la baignoire de Marat du tableau de David. Pour revenir à ce que j'écris plus haut, je ne suis pas sûr (je suis même certain du contraire) que tous les visiteur français sachent aujourd'hui qui est Marat!

 

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L'oeuvre de Yue Minjun s'apparente aussi au surréalisme par les éléments représentés sur la toile, en particulier celle, énigmatique et assez drôle (pour moi), dans laquelle le peintre se confronte avec un dinosaure après avoir garé son Audi, mais aussi par son style qui rappelle celui de Magritte. 

 

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La plupart des peintures présentées ont été peintes dans les années 90. On voit l'évolution de la manière du peintre qui se fige assez vite. Alors que dans les premiers tableaux les physionomies et les visages sont diversifiés peu à peu s'impose la répétition de la figure du peintre. L'expression du visage change peu. On peut penser que le sourire figé qui se répète de toile en toile vient tout droit de la peinture de propagande maoiste où tous les personnages arboraient des sourires éclatants. 

 

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Paris, mars 2013

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