Wilfredo Lam au Musée de l'art cubain (Palacio de Bellas artes) de La Havane

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Une des raisons qui dernièrement m'a fait choisir Cuba comme lieu d'escapade était le désir de voir des Tableaux de Wifredo Lam. Ce dernier est le peintre cubain le plus célèbre. Pour voir quelques unes de ses oeuvres, il faut se contenter en France des deux ou trois pièces qui figurent à chaque FIAC. Le ministère de la culture, la Réunion des musées nationaux et autres officines officielles n'ont jamais jusqu'à présent eu la riche idée de lui consacrer la rétrospective qu'il mériterait. Seul un musée privé, le musée Dapper,  en 2001, lui a rendu un bel hommage et édité un très beau catalogue toujours disponible. L'exposition était sous titrée, Wilfredo Lam, le métis; en effet l'artiste est au croisement de trois cultures, l'amérindienne, l'africaine et l'européenne. Faut-il que nos pontes de l'art soient ignares pour ignorer un artiste dont le pédigrée est autant dans l'air du temps.

 

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Wilfredo Lam a eu pour marraine Mantonica Wilson qui était à la fois une guérisseuse et une magicienne de renom. Elle initia l'artiste très jeune à la culture africaine. Grâce à elle Lam pénétra un monde de mythes et de légendes qui peupleront ses toiles. 

 

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Mais plus intéressant que cette particularité ethnique, est que les toiles de Lam intègrent toutes ces influences et les subliment. Les figures totémiques qui habitent les toiles de Lam, souvent de grandes dimensions, rappellent les fétiches de l'art premier. Elles se présentent comme des hybrides de créatures étranges et se meuvent dans un éther tantôt solaire de vapeurs orangées, tantôt polaire avec ses grises brumes.

 

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Il y a de la magie dans les compositions de Lam. Le surréalisme a eu une importance décisive dans sa pratique. Lam définissait l'influence de Breton comme suit: << Breton m'a transmis le point de vue poétique auquel j'ai donné une finalité: celle d'être plus que jamais indépendant par l'esprit. Dans mes toiles je transmets tout ce qu'il y a de plus essentiel à l'intérieur de mon être. Peu à peu, j'ai enrichi ma culture, j'ai dirigé ma pensée, humaniste et critique, sur la douleur de l'homme.>>.  Il déclarait aussi que son monde était issu de l'automatisme de la pensée.

 

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L'artiste a peint une série intitulée "Jungle" dans laquelle des créatures mi humaines, mi animales se meuvent sur un fond de lianes et de forêts exubérantes. Ses dernières toiles seront plus stylisées et seront souvent des sortes de portraits de totems.

 

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Lam n'a pas fait que des tableaux de chevalet. Il a réalisé également des fresques murales, des céramiques et des terres cuites. 

 

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Wilfredo Lam est né en 1902 à Cuba dans un milieu aisé. Sur les injonctions de sa famille il a fait des études de droit. En 1923, il quitte Cuba pour aller s'inscrire à l'école des beaux arts de Madrid. Sa première exposition personnelle à lieu en 1928 dans cette ville. Durant la guerre civile espagnole, il se bat du coté des républicains. En 1937, il se réfugie en France où il rencontre Picasso. Il rejoint André Breton et le mouvement surréaliste. A cause de la guerre, Wifredo Lam quitte Paris pour Marseille où il retrouve un grand nombre de ses amis surréalistes : René Char, Max Ernst, Victor Brauner, Oscar Dominguez... En 1941, il effectue un voyage à Cuba avec des surréaliste en exil en Amérique. Lam retourne à Cuba et s'installe à la Havane, il y restera jusqu'en 1952 où il partira s'installer définitivement à Paris. Les tableaux que l'on peut voir au musée de La Havane datent de la période 1941-1952.

 

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Wifredo Lam a été favorable à la révolution castrite et a été une sorte d'ambassadeur culturel pour le régime. En 1963 il se rend à Cuba, invité par le gouvernement en place. Trois and plus tard, il peint le tableau "le tiers monde" pour le Palais Présidentiel de La Havane. Il est mort à Paris en 1982. Il aura des funérailles nationales dans son pays. 

 

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A La Havane, on peut voir les oeuvres de Wilfredo Lam au Musée de l'art cubain (Palacio de Bellas artes), un beau bâtiment moderne, construit en 1954, aux grandes salles lumineuses. La plupart des touristes viennent dans ce musée pour Wilfredo Lam, mais il serait injuste de ramener cette institution à ce seul peintre, car le musée contient de nombreux tableaux fort intéressants de peintres très estimables et à peu près totalement inconnus hors du continent américain, comme Jorge Ibarra ou Cabrera Moreno... On voit là une peinture très politisée qui rappelle beaucoup celle des muralistes mexicains et celle de certains peintres figuratifs des années trente aux Etats-Unis.

 

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En ce qui concerne Lam j'ai été un peu déçu sur le plan de la quantité, il y a moins de vingt toiles du maître mais elles sont parmi les plus belles que l'on puisse voir.

 

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Cuba, La Havane, décembre 2009

 

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