Un si long orage, Les eaux vertes de la Floha de Jean-Louis Foncine

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« Les eaux vertes de la Floha » délivre un témoignage exceptionnel sur deux pans de la seconde guerre mondiale très peu documentés. D'abord sur l'histoire méconnue de la mission Bruneton ces officiers français, dont Jean-Louis Foncine, qui ont protégé des jeunes en uniformes des chantiers de jeunesse et des JOFTA, de la Gestapo et des bombardements alliés. En particulier celui de Dresde. C'est sans doute surtout pour le reportage de cet effroyable bombardement, un des crimes de guerre majeurs de la seconde guerre mondiale, vécu de l'intérieur, que la lecture de cet ouvrage est indispensable à tous ceux qui s'intéressent à l'Histoire récente. il dénonce une exaction de la part de l'aviation américaine que je n'avais jamais vu mentionnée auparavant, le mitraillage de civils par des avions de chasse américains. On comprend mieux en lisant ce chapitre le peu d'appétence pour l'Amérique que manifestera l'écrivain jusqu'à ses derniers jours.

Plus généralement ce deuxième tome de la « Chronique d'une jeunesse » est précieux par son sujet relativement peu traité, le sort des prisonniers de guerre français entre 1940 et 1945. Il s'ajoute à une poignée de titres: « Le caporal épinglé » du grand Jacques Perret, « Les grandes vacances » de Francis Ambrière auxquels il faut ajouter le bel et émouvant album de Tardi « Moi René Tardi, prisonnier de guerre au stalag II B. Ce qui est bien maigre. Il doit y en avoir d'autres mais ils se sont tenus éloignés de mes bibliothèques. On peut y ajouter en rapport avec ces « Eaux vertes de la Floha » deux volumes sur le S.T.O, l'alerte « Les russkofs » de Cavanna et un album de dessins de Jacques Martin, « Carnet » de guerre, sur son expérience de travailleur volontaire forcé en Allemagne. Il était dessinateur industriel aux usines Messerschmidt près d'Augsburg. A ces livres, il faut ajouter quelques films, "Le caporal épinglé" de Renoir d'après le roman de Perret, "Le passage du Rhin" de Cayatte avec Aznavour dans un de ses meilleurs rôles et le sympathique "La vache et le prisonnier avec Fernandel... C'est bien peu. 

Ce deuxième tome est beaucoup plus intéressant que le premier (voir le billet sur le premier tome: Un si long orage, Les enfants trahis de Jean-Louis Foncine) du fait, que paradoxalement être prisonnier a libéré Foncine, et son lecteur avec lui, des momeries scouts en culotte courte. A propos cet élément de costume nous vaut une page assez croquignolesque où notre officier prisonnier éprouve un plaisir érotique et enfantin a enfiler une culotte de cuir qu'il précise être du 13 ans quelques trente ans plus tard Foncine se ventera devant moi de porter des jeans de taille 14 ans. L'auteur insiste sur le fait que la culotte de cuir lui fasse une deuxième peau et lui moule les fesses ce dont il semble retirer une grande satisfaction, on est content pour lui...

S'il est plus intéressant le livre est aussi moins allègre que le premier puisque l'on suit durant cinq ans les tribulations de Jean-Louis Foncine d'abord prisonnier puis dès 1942 transformé en travailleur volontaire, donc quasiment libre. Beaucoup ont assimilé les personnes qui partaient comme travailleurs volontaires en Allemagne à des collaborateurs, ce qui est allé un peu vite en besogne, alors que dire de notre mémorialiste qui choisit cette voie tout d'abord pour échapper à son camp de prisonnier de guerre et aussi pour rejoindre les jeunes pousse des camps de jeunesse du maréchal fortement incité à travailler pour le Reich millénaire qui commence à manquer sérieusement de bras dans ses usines. On découvre un pan de la deuxième guerre mondiale à peu près complètement inconnu, le rôle de ces officiers français qui prenaient en charge les jeunes des chantiers de jeunesse et des JOFTA qui travaillait en Allemagne, certains volontairement d'autres contraints. Le but de ses officiers étaient de ramener, le jour venu, le plus possible de ces garçons vivant en France. Il est éclairant de lire, parallèlement à ce témoignage de cette action en Allemagne, celui de François Sentein, jeune moniteur des chantiers de jeunesse, en France cette fois, dans ses « Minutes d'un libertin » et ses suites.

Il me semble que l'engouement pour la jeunesse de Foncine, qui dépasse de beaucoup un penchant sensuel et sexuel, doit être extrêmement difficile à comprendre aujourd'hui. Il s'agissait d'une véritable mystique de la jeunesse qui irriguait tous les courants de pensée. Les chantiers de jeunesse du Maréchal sont paradoxalement dans la droite ligne de l'action du Front Populaire envers les jeunes. Cette frénésie à voir dans une classe d'âge un type d'homme nouveau à commencé, du moins en France au tout début des années 20 avec le scoutisme pour aller jusqu'aux créations des Maison des Jeunes et de la Culture par Malraux à l'aube des années 60. Entre ces deux bornes elle connut bien des métamorphoses dont celle sur laquelle le livre de Foncine offre un précieux témoignage.

Dans la recension du premier tome de ses souvenirs, j'avais insisté sur le coté narcissique de l'auteur, celui-ci est beaucoup moins présent dans ce second volet néanmoins j'ai été surpris d'apprendre au détour d'une page, qu'au début de sa captivité Foncine n'a plus comme famille que sa grand mère maternelle. L'auteur n'a pas jugé bon d'écrire, ne serait-ce qu'une ligne, sur la disparition de ses parents, voilà qui n'est guère habituel lorsque l'on se penche sur son passé...

Un de mes commentateurs, peu amical, il y en a quelques uns, me reprochait après la parution du premier billet sur les souvenirs de l'auteur de « La bande des Ayack » de m'intéresser à la vie privée de celui-ci; ce qui est une remarque assez étonnante lorsque l'on traite des écrits intimes d'un écrivain. Il n'y a pas besoin d'être indiscret pour remarquer certaines choses. Par exemple, on n'a pas une ligne sur l'attirance de Foncine pour les femmes alors que la privation de femmes était une des souffrances principales de presque tous les prisonniers de guerre. En revanche lorsqu'il travaille dans une faïencerie, il souligne la beauté de son jeune collègue de seize ans, nu sous son tablier de travail et la proximité qu'il entretient avec le jeune Wolf âgé de 14 ans, mais pas un regard pour les demoiselles du cru. Jean-Louis Foncine est le type même de ces bisexuels qui sous la pression de la société se mariaient et avaient des enfants. Il n'y a rien de mal à cela. C'était le lot de très nombreux homosexuels entre les deux guerres. Il est bon de se souvenir que le regard sur l'homosexualité était tout autre il y a 70 ans et plus que celui d'aujourd'hui. Si des gens sont choqués par le fait de déclarer que Foncine avait une forte pente vers l'homosexualité c'est qu'ils ne savent pas lire ou plus probablement que se sont des hypocrites. D'ailleurs l'auteur ne cache pas ses goûts et l'ambiguité de ceux-ci, comme en témoigne le passage qui suit: << C'est dans cet étrange domaine, que j'avais connu mes premiers battement de coeur. Ils s'étaient répartis avec une parfaite égalité sur un garçon et une fille qui étaient presque du même âge, à mes yeux aussi éblouissant l'un que l'autre. J'avais quatorze ans à peine, et les chérubins devaient en avoir onze et douze. Ils étaient les enfants d'une vieille amie de ma mère et je les fréquentais depuis ma communion solennelle (…) Heureusement il pleuvait beaucoup à Paris en ce temps là, nous nous réfugions dans la vaste maison, pourvue de couloirs, de placards. Nous y faisions des parties de cachettes interminable. Ce qui m'empêchait d'opérer un choix définitif, entre Jeannot et Catherine, c'est qu'ils étaient toujours habillés d'une espèce d'uniforme sportif identique: culotte de toile blanche, chemisette ocre, ceinturon de cuir fauve (…) Bien que nos jeux fussent assez innocents, j'éprouvais toujours une certaine volupté à sentir glisser sur mon torse la main de l'un ou de l'autre, et encore plus de volupté quand, dans l'obscurité, je n'avais vraiment pas pu déterminer s'il s'agissait du garçon ou de la fille.>>. Il n'est pas gratuit de se pencher sur les goûts sexuels et plus encore sentimentaux de l'auteur car ils innerveront toute son oeuvre. Il n'y a qu'à indiquer que son roman « Le glaive de Cologne » est dédié à son ami le jeune Wolfgang Wolf massacré à 15 ans par les russes en 1945. En quelques mots poignants est évoqué la fin du garçon. Soudain nous sommes projetés dans « Le pont » de Manfred Gregor (je conseillerais à tout adolescent de lire ce livre et de voir le beau film qu'en a tiré Bernhard wicki).

Comme il n'était pas anodin de mentionner les sympathies fascistes de l'auteur dans les années trente. Ce qui n'a pas le même sens que d'en avoir dix ans plus tard... Il ne faudrait pas omettre non plus de signaler que Jean-Louis Foncine a toujours eu le souci d'une vie plus juste et moins dure pour les pauvres. On remarquera que dans toutes son oeuvres les jeunes ne sont pas prédestinés par leur classe sociale, comme chez Dalens par exemple, mais qu'il peuvent transcender leurs origines sociales par une fraternité générationnelle. Il faut se souvenir que Mussolini a commencé sa carrière politique au Parti Socialiste Italien...

Le lecteur est surpris de voir que l'auteur ne semble préoccupé que de son travail auprès de ses ouailles. On ne trouvera aucun échos de l'évolution de la guerre, par un mot sur la chute de Stalingrad ou sur sur le débarquement en Normandie. L'homme semble vivre dans une bulle que crèvera tardivement le bombardement de Dresde.

Nous croisons des figures singulières comme ce juif qui, en 1945, continue à créer des marionnettes quelque part dans les monts de Bohème. Encore plus extraordinaire cet homme a comme aide un jeune français du S.T.O dont le charme ne laisse pas l'auteur indifférent à tel point qu'entre deux bains de soleil ils envisagent une collaboration théâtrale, malheureusement on ne saura rien du devenir de ces personnages. C'est un des gros défauts de ces mémoires que de nous présenter des personnes auxquels l'auteur semble accorder une grande importance sur quelques pages mais qui ensuite disparaissent pour ne pas réapparaitre. Il en va de même pour ce jeune séminariste, dont on peut admirer la belle mine dans le cahier de photos placé au centre du volume, un temps bras droit de Foncine mais dont on ne saura pas s'il est ou non sorti vivant de l'enfer de Dresde. Un épilogue plus construit aurait du nous informer sur ces destins auxquels le talent de conteur de Foncine a su nous attacher. A propos du cahier de photos, excellente initiative, on peut s'étonner qu'y figurent deux clichés de l'infortuné Wolfgang Wolf. On aurait aimé connaître leur histoire...

Laurent Déom* a su mettre en évidence un trait de caractère de Foncine qui n'est pas banal, chez cet homme des groupes, des bandes et des chevaleries, le plus souvent secrètes, son éternel pas de côté par rapport à ce que l'on attendrait de lui. Il qualifie cette posture de dandysme ce qui est original et bien vu. Comme il l'exprime mieux que ce que je saurais faire, laissons lui la parole:

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On peut lire dans la notice que Wikipedia a consacrée à l'auteur: << Prisonnier dans un oflagaprès la drôle de guerre, il adhère au Mouvement socialrévolutionnaire, puis il est chargé de l'accueil en Allemagne des Français enservice du travail obligatoire.>>. Cette phrase pourrait être considéré comme un pitch acceptable pour « Les eaux vertes de la Floha » à un détail près, mais qui est très important car il amène à une déduction erronée de la position qu'aurait eu Jean-Louis Foncine durant l'occupation. Etant membre d'un mouvement collaborationniste on pourrait penser qu'il a approuvé les actions et prises de positions de ce parti, ce qui est faux. Jean Louis Foncine a adhéré au parti de Marcel Déat dans des conditions bien particulières comme il l'explique dans l'annexe en fin de volume qu'il a consacré à Raymond Abellio: << Je ne tenterai ici aucune synthèse des activités de G. Soules en France après sa libération de l'Oflag, n'en ayant été ni acteur, ni témoin. Nous avons su assez rapidement qu'il avait un rôle dirigeant dans un mouvement original dont l'appellation était: MSR (Mouvement Social Révolutionnaire). Nous fumes environ deux cents a envoyer notre adhésion de principe à ce mouvement sur la seule foi que nous accordions aux idées et à la forte personnalité de Soulès. Mais très rapidement nous comprimes, ou par des allusions voilées, ou mieux par le silence qui s'établit entre nous et notre ancien compagnon de captivité, que le MSR avait les pires difficultés à se situer dans une position correcte, traversé qu'il était de courants internes et contradictoires. >>. Il faut savoir que lorsqu'il adhère au MSR, Foncine est dans un Oflag dans l'est de l'Allemagne. Il n'est relié à la France que par les quelques lettres qu'il reçoit et qu'il n'a quasiment aucune idée de ce qui s'y passe. Il n'y reviendra qu'en Juin 1945. Je pense donc qu'il n'est pas judicieux dans une notice aussi courte que celle de Wikipedia de mentionner l'adhésion de Jean-Louis Foncine au MSR car cette indication trompe plus qu'elle n'informe puisqu'elle ne dit rien du contexte. Cette expérience malheureuse d'engagement a sans doute marqué Jean-Louis Foncine et lui ont fait tenir une posture méfiante à tout encartage. C'est pourquoi je suis sceptique également sur son appartenance au GRECE(comme je le fus moi même), compagnon de route sans aucun doute, mais membre inscrit, je ne le pense pas.

C'est dans les premiers mois de sa captivité que Jean-Louis Foncine rencontre Soules, qui se fera connaître ensuite sous le nom de Raymond Abellio. C'est sans doute l'homme qui aura eu le plus d'influence sur lui. Quand on sait qu'à l'époque, Soulès cherchait à concilier ce qu’il appelait « la volonté de puissance »  et « un idéal de pureté ». N'est ce pas dans cette voie que Jean-Louis Foncine a toujours tenté d'entrainer à travers ses romans ses jeunes lecteurs. C'est la réflexion sur la pensée de Raymond Abellio qui le conduira à Ernst Junger, l'autre grand maitre à penser de Jean-Louis Foncine.

Ces cinq années de guerre ont considérablement changé Jean Louis Foncine. Il en ressort muri mais désabusé, sans guère d'illusion sur la nature humaine mais sa foi et son admiration de la jeunesse le sauvera de la misanthropie.

 

* Pour lire le texte complet de Laurent Déom, on peut aller à l'adresse ci-dessous:    

http://interferenceslitteraires.be/sites/drupal.arts.kuleuven.be.interferences/files/il3deom.pdf

 

Annexe: Je remercie Bruno de m'avoir communiqué l'article de Jean-Louis Foncine sur Junger et surtout l'interview de Junger par Foncine qui paru dans la Nouvelle Revue de Paris en 1985 

 

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Commenter cet article

Ismau 06/03/2014 16:38

C'est une histoire en effet méconnue, et vos deux billets concernant l'autobiographie de Foncine sont particulièrement instructifs et intéressants .
Cependant le mitraillage de civils par l'aviation américaine ne m'étonne pas vraiment . On m'avait déjà parlé de faits semblables, en m'expliquant que les rapports de force exigeaient alors une
certaine Terreur, pour faire cesser la guerre au plus vite ( idem Hiroshima ) ... mais en ajoutant aussi que l'esprit de vengeance à l'égard des civils allemands - qui jusque-là avaient beaucoup
moins souffert que dans les autres pays - était bien réel . Ce sont des justifications qui peuvent se comprendre, et d'ailleurs je me réjouis de la défaite des nazis, et donc de la victoire des
américains . Mais leurs bombardements, en France aussi, ont fait beaucoup plus de dégâts qu'on ne le dit, et pas seulement en Normandie . J'ai été très étonnée, par exemple, de découvrir que mon
village près de Metz, avait été plus qu'à moitié détruit par les bombardements américains . Je pensais naïvement que les dégâts, dont il reste encore quelques traces, étaient forcément allemands
.
Pour votre liste de livres concernant les prisonniers de guerre, je vais en ajouter un dont je viens tout juste de découvrir l'auteur : encore un qui semble injustement oublié et qui semble
pourtant semble mériter curiosité et intérêt littéraire. Il s'agit du livre de Raymond Guérin « Les Poulpes » : récit fantasmagorique plein de dérision de ses 3 ans de captivité dans un
camp en Allemagne, publié en 53 .
Enfin, les extraits très intéressants concernant Jünger, m'ont donné envie de relire ses livres, et surtout de lire enfin sérieusement son Journal que j'avais déjà feuilleté avec plaisir et qui
attendait pourtant toujours sous une pile .

lesdiagonalesdutemps 06/03/2014 17:47



On ne peut pas vraiment dire que les civils américains aient beaucoup soufferts sur leur sol mise à part les américains d'origine japonaise qui ont été mis en camp de concentration (pas
d'extemination faisons bien la différence ces derniers étant presque une exclusivité nazie) sur le territoire américain. Le bombardement de Dresde n'a pas fait avancer d'un jour la fin de la
guerre contrairement en effet au deux bombes atomiques sur le Japon. Le mitraillage fait par un avion anglais aurait eu un autre sens car on peut voir le bombardement de Dresde comme une réponse
à ceux de Londres en 40 et 41 puis les destructions par les V1 et les V2 en 44, 45. Sur le blitz il y a un très gros roman 1400 page en 2 volumes : Blitz de Connie Willis c'est un peu bavard mais
très émouvant et incroyablement bien documenté. En dépit de l'écriture on ne peut pas le lâcher avant la fin et le lecteur au final est récompensé de sa pugnasité.


En ce qui concerne les dégats en France et à Paris et ses environs il n'y a qu'à lire Céline. Il faut se souvenir qu'une partie de Boulogne Billancourt a été aplati, il y a eu beaucoup de morts.
Les dégats étaient parfois dus à des erreur comme la destruction de la cathédrale de Melun, l'aviateur c'était trompé de fleuve... Les américain ont aussi détruit une partie du coeur de Nantes
(il en est question dans le film d'Agnes Varda sur Jacques Demy.     Merci pour la mention du livre de Guérin dont je n'ai encore rien lu.


Le journal de Junger est incroyable, c'est un dandy enthomologiste sous l'uniforme nazi (je parle de la partie à Paris). Il ne voit absolument pas la misère des parisiens sinon celle des juif. Il
profite des petites femmes du lieu tout en étant très angoissé par sa famille. Il est très sévère pour certain collaborateur et pour... Hitler en visitant l'atelier de Picasso qui le reçoit très
bien. C'est un peu surréaliste vu d'aujourd'hui, il est très difficile de ne pas tomber dans une lecture anachronique en se plongeant dans ce journal. Junger est un tissu de paradoxes. Il est
aussi difficile d'adhérer à sa personnalité que de s'en détacher. Il a aussi beaucoup évolué, il faut dire qu'en 102 ans il a eu le temps...


P.S A propos de la bombe atomique sur le Japon, il y a une très bonne uchronie (La montagne de feu d'Alfred Coppel) qui décrit comment les choses auraient pu se dérouler s'il n'y avait pas eu
Hiroshima. C'est écrit par un américain mais cela me parait très plausible et ce scénario aurait coûté encore très probablement beaucoup plus de vies humaines.  



Philou 04/03/2014 21:01

Peut-être pourriez-vous signaler François Augieras à propos de la jeunesse du temps du maréchal ? Il me semble qu'il en avait bien compris l'esprit et su s'y donner corps et âme !

lesdiagonalesdutemps 05/03/2014 07:12



Je suis heureux que l'on cite sur ce blog François Augerias, vous avez en parti raison mais le livre d'Augerias n'est pas sur les prisonniers de guerre. Ce sont ceux là que j'ai mentionné.



Bruno 03/03/2014 17:40

Merci pour cette belle étude
Si on souhaite approfondir un peu l'histoire de la très curieuse "mission Bruneton" :
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/xxs_0294-1759_2000_num_67_1_4597
Merci aussi de m'avoir inciter à relire les textes de Jünger !

lesdiagonalesdutemps 03/03/2014 19:38



merci pour ce complément d'information