Un garçon disparaît de François Rivière (réédition augmentée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

      

 

Je ne comprendrais jamais pourquoi François Rivière est si peu connu, sauf pour son partenariat avec Floc'h pour leurs merveilleuses bandes-dessinées. Je vais peut être essayer d'en proposer quelques raisons avant la recension de son nouveau roman, « Un garçon disparaît » dont le titre est un clin d'oeil à sir Alfred. D'abord il écrit d'une manière si fluide, si juste, si classique, un peu comme le faisait Henry Troyat dans ses courts romans, injustement décriés en leurs temps par une kyrielle de beaux esprits et qui semblent déjà presque oubliés après avoir connu un immense succès. Les critiques raffolent des écritures alambiquées et des styles heurtés. Ils rechignent à reconnaître la fluidité d'un style. Sans doute que pour eux, la pénibilité du déchiffrement est un gage de qualité. Autre reproche que peuvent lui faire les docteurs qui aiment par dessus tout étiqueter, l'hétérogénéité de sa manière François Rivière plie souvent, en particulier dans ses premiers opus, dans « Fabrique » notamment, cette écriture limpide et classique à une construction tout en miroir et faux-semblant proche de celle du Nouveau Roman. Peut être que ce mélange de classicisme et de modernité dérangea les spécialistes es littérature.. Il a aggravé son cas par son éclectisme et son refus à ne se conformer qu'au « bon genre », car lorsque dans les années 70 on publiait dans la classieuse et intellectuelle collection Fiction & Cie du Seuil, il devait être mal vu de s'adonner parallèlement aux « petits Mickey », au genre policier et aux romans fantastiques. Ce qu'a fait François Rivière avec beaucoup de talent. Autre reproche qu'il a peut être du endurer, celui d'être taxé de post-moderniste, terme qui depuis quelques années semble être devenu une quasi injure lorsqu'il est accolé au travail d'un artiste... En effet François Rivière s'appuie volontiers pour ses romans sur des éléments biographiques de certaines célébrités ou de leurs avatars, Alma Tadema pour « Julius exhumé », Murnau pour « Tabou », Lovecraft pour « Profanation », Lana Turner pour « Le dernier crime de Celia Gordon », Boris Karloff dans « L'ombre de Frankenstein » ou encore Rudyard Kipling dans « Le mariage de Rudyard Kipling »...

Mais rien de tel ici, ou tout du moins d'une façon moins flagrante, nous sommes dans sa veine que j'appellerais charentaise, pas les chaussons dans lesquels j'ai glissé mes ripatons pour une lecture au jardin accompagnée d'un thé sous le regard de mon chat, mais de la région qui n'a donc pas donné aux lettres françaises que Jacques Chardonne. J'inclus dans sa veine charentaise peut-être devrais je dire plus exactement saintongeaise, l'autobiographie de son enfance, « Un personnage de roman », la trilogie « Blasphème » et ce qui me paraît être à ce jour son meilleur livre, « L'usine à rêve ». Dans « Un garçon disparaît », nous sommes en Charente Maritime à la fois en 1962 à Yonge une une sous préfecture de ce beau département et cinquante ans plus tard dans une station balnéaire jouxtant Royan, Saint Romain. Nous feront également une incursion dans le Paris des années 70.

A Yonge en ce mois de mai 1962, Adrien, bientôt treize ans, est un élève studieux du cours privé de Mlle Le Prince. Un matin surgit un nouvel élève, un beau blond de parisien nommé Oscar. Adrien en tombe immédiatement amoureux. Lors des préparatif de la fête de fin d'année un incident extraordinaire a lieu. A sa suite Oscar disparaît. Adrien ne s'est jamais remis de cette disparition. Cinquante ans plus tard, Julian Dransfield, un journaliste britannique en retraite qui habite la même station balnéaire, Saint-Romain où Adrien est bouquiniste, enquête sur l'évènement peu banal qui a eu lieu jadis dans le cours de Mlle Louise. Les deux hommes font connaissance. Julian raviva en Adrien des souvenirs douleureux, cependant il aide l'anglais dans ses recherches. Ils rencontre Thérèse Gourmel qui fut la grande amie de Mlle Louise...

Il suffit de quelques phrases à l'auteur pour installer un climat d'amitiés particulières: << Durant toute la visite de l'antique demeure, Oscar ne cessa de frôler son ami et de lui murmurer des petits mots gentils à l'oreille. Lorsque le guide, un vieux bonhomme à longues moustaches, les mena dans les caves et leur montra des instruments de torture moyenâgeux, Oscar s'empara encore de la main d'Adrien et l'enfouit dans sa poche de pantalon avec la sienne.>>.

Dans ses romans François Rivière rend souvent hommage à un ou plusieurs genres littéraires, conte fantastique, roman victorien, roman à énigme dans celui-ci, pour la partie qui se déroule en 1962, c'est clairement au roman de jeunesse qu'il paye sa dette au « Club des cinq » et surtout à la collection Signe de piste. Oscar est un garçon sorti du carton à dessin de Joubert...

François Rivière n'est pas Alexandre Dumas les péripéties de ses livres n'en font pas l'attrait premier. Pourtant, comme dans les romans feuilletons il termine la plupart de ses courts chapitres, qui passent d'un personnage à un autre, par un suspense. François Rivière est un écrivain d'atmosphère un peu à la façon d'un Modiano qui, comme notre auteur, affectionne, lui aussi, les stations balnéaires hors saison. Si j'ai songé à Modiano durant ma lecture c'est aussi qu'un auteur hautement modianesque, a choisi cette même Côte d'Argent pour cadre et, véritable personnage, de son livre. Je veux parler de « Jardin d'hiver » de Thierry Dancourt; voilà un nom qui nous ramène au Signe de Piste, il n'y a pas de hasard, seulement parfois des miracles...

François Rivière instaure entre certains de ses personnages des rapports que l'on trouve habituellement peu dans le roman français mais qui viennent des romans pour la jeunesse, un mélange de rapports confortables et asexués avec une estime qui ne s'avoue pas. On retrouve également ces relations dans certaines bandes dessinées classiques, par exemple entre Black et Mortimer et dans d'autres « couples » imaginés par François Rivière: Monette Odot et Charles Purley ou Olivia Sturgess et Francis Albany...

Curieusement comme Jouhandeau avec Guéret, François Rivière a modifié les noms des villes qui sont chères au coeur de son héros, par rapport à la réalité. Ainsi Saintes devient Yonge et Mescher, à moins que ce soit Saint Georges de Didonne, se transforme en Saint Romain mais Royan, reste Royan...

Ce léger décalage avec la géographie réelle aide à faire mieux accepter certains aspects, improbables, mais jamais complètement impossibles du roman. Comme cette curieuse institution qu'est ce cours tenu par Mlle Isabelle et son amie Thérèse, deux femmes vivant ensemble dans une sous préfecture et s'affichant, voilà qui n'était pas si courant en 1962. Pas plus qu'une institution accueillant filles et garçons, alors qu'à l'époque, la mixité était une exception, qui plus est lorsque ce sont des garçons et filles de douze à quatorze ans, soit l'équivalent de la 6 ème, 5 ème et 4 ème dans un collège. Il est tout de même pas banal que la bourgeoisie locale envoie ses rejetons dans un établissement de ce type.

Au dernier tiers du roman, lorsque Adrien se met à raconter à Julian sa vie, notamment l'épisode de sa « montée » à Paris, j'ai eu la certitude que, masqué, François Rivière poursuivait son autobiographie, commencée à visage découvert dans le très beau et court « Un personnage de romans » et poursuivie avec le moins réussi « Blasphème », livre trop encombré de Gothique, dans lequel il mettait en scènes ses années de pensionnat façon mi Pierre Very, mi Chesbro. Plus que dans les détails des années de galère du futur bouquiniste, c'est dans l'attitude d'Adrien envers le biotope parisien qu'on peut penser qu'elle est peu éloignée de celle qu'a eu François Rivière à son arrivée à Paris. Il me semble que dans ces pages, on peut deviner la vérité de l'auteur. François Rivière ne se serait-il pas dédoublé dans les derniers chapitres du livre? faisant endosser à la fois à Adrien et à Paul, un de ces anciens camarades de pension retrouvé par hasard à Paris, ce que furent ses premiers pas dans la capitale: mi-farouche et prude comme Adrien, découvrant son homosexualité, alors qu'elle ne faisait pas de doute pour son entourage depuis probablement bien longtemps, seulement lorsqu'il est subjugué par un élégant jeune libraire, le bien nommé Beau, qu'il imagine comme sorte de réincarnation d'Oscar, et/ou mi séduit consentant, comme Paul, son ancien camarade de pension...

Le commentateur qui m'avait reprocher de m'intéresser plus à la vie privée des auteurs qu'à leurs oeuvres devrait revenir à la charge, mais comment le critique pourrait-il avoir une autre posture lorsque l'écrivain prête à son personnage des événements de sa vie et surtout ses traits. La description que François Rivière fait d'Adrien jeune est son propre portrait, à un détail prêt, qui ne me paraît anodin, sa vêture, alors que la mise d'Adrien est décrite comme négligée, le jeune homme est habillé « au décrochez moi ça ». Alors que j'ai le souvenir d'un François Rivière élégant lors de la seule fois où je l'ai croisé lors d'une convention de la bande dessinée à Paris dans les années 70.

Mais cette fausse autobiographie est peut-être un écran supplémentaire servant à masquer le véritable sujet du livre: nous raconter l'histoire d'un homme, Adrien qui serait resté fidèle toute sa vie à l'éblouissement que lui causa le chaste et fugitif amour qu'il éprouva à 13 ans pour un de ses camarades. Adrien est un homme semblable à ce qu'aurait pu être Montherlant s'il était resté vierge par fidélité à son grand amour de collège ou si Cocteau avait fait de même en souvenir de l'élève Dargeloos...

 

 

Aparté: « Un garçon disparait » m' a fait réfléchir sur la réceptivité du lecteur d'un tel roman, et ceci en dehors de sa qualité littéraire propre. Il me semble que si les romans, et en particulier celui-ci, de François Rivière me touchent autant c'est que je suis un presque exact contemporain avec leur auteur. Ses romans, et celui ci plus qu'un autre, sont extrêmement référencés. Curieusement s'il est question de livres dans « Un garçon disparaît, ce qui est la moindre des choses puisque son héros principal est bouquiniste, il y est encore plus question de musiques. Il a une véritable bande-son du roman, comme dans ceux de Murakami. Elle est essentiellement composée de morceaux issus de la pop anglaise des années 60 et 70.

La concordance des temps entre celui de l'auteur et le mien, fait que j'y retrouve beaucoup de sensations éprouvées dans mon enfance et ma jeunesse. Par exemple, moi aussi j'ai admiré les flans blancs qui « chaussaient » les Chambords et vibré aux péripéties de héros de papiers qui m'emmenaient loin de la grisaille du quotidien. Peut être vaut-il mieux, pour gouter la discrète subtilité de l'oeuvre de Rivière, souvent saturée de nostalgie, avoir connu une enfance sans écran...

 

 

 Mauvais genres
Emission Mauvais genres

le samedi de 22h à 00h

Ecoutez l'émission119 minutes

L'affaire Oscar ou les mondes enigmatiques de François Rivière 1

19.04.2014 - 22:00 Ajouter à ma liste de lecture

"Un garçon disparait" (Rivages) ,fort d'un tel titre, qui fleure bon des mondes de Pierre Véry et d'Alfred Hitchcock, François Rivière nous prend dans les rets d'une énigme provinciale où se mêlent l'éclipse d'un jeune garçon fantasque, une apparition de la Vierge et les mystères d'un collège sur lequel veillent deux dames hautes en couleur. Imaginez Chardonne à l'école d'Enid Blyton, ou le Clouzot des "Diaboliques" canotant sur la Charente, vous ne serez pas loin du compte. En seconde partie d'émission, place à l'espionnage au temps de la Première Guerre Mondiale (une anthologie signée Rivière sortie en Bouquins Laffont) et aux romans noirs de Freddéric Dard reparus en Omnibus.

PLAYLIST DE LAURENT PAULRÉ : 

Pearl River sound/One minute before you go.

extrait des Disparus de Saint-Agil de Christian-Jaque

Polar 50/Modus and sky and percussion.

Andromeda (nd)

Paul Martin par Jean Pierre Cassel tire de l'anthologie 2 CD de Schnock.

 

                               

 

 

EXCEPTIONNELLEMENT , DU FAIT DE LA CELEBRATION DE LA PÂQUES ORTHODOXE, MAUVAIS GENRES NE DURERA QU'UNE HEURE, DE 22H A 23H.

 

François Rivière ANAÏS YSEBAERT © RADIO FRANCE

 

 

Invité(s) :
François Rivière, critique littéraire, éditeur, romancier, traducteur, biographe et scénariste de bande dessinée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COMMENTAIRES lors de la premiere parution du billet

Vous donnez bien envie de la connaître, ce Rivière. Une question indiscrète : lorsque vous écrivez un bel éloge, un beau "papier", comme celui-là, sur un auteur, cherchez-vous à ce qu'il l'apprenne, le lise ? Ou vous en fichez-vous ?
COMMENTAIRE N°1 POSTÉ PAR XRISTOPHE LE 14/03/2014 À 14H44

Je ne pense pas à un éventuel lecteur quand j'écris tout d'abord je ne sais pas si j'en aurais un à part moi. J'essaye avant tout de mettre mes idées au clair et peut être de prolonger le plaisir de la lecture par la réflexion. Je me suis aperçu qu'involontairement j'essayais presque toujours de jeter des passerelles vers d'autres oeuvres, vers d'autres démarches, vers des moments de ma vie... Une sorte de quête des échos mais je fais cela d'une façon gratuite dans tous les sens du mot. Et puis je ne suis pas certains que beaucoup d'auteurs aimeraient ce que j'écris, comme je vous l'ai déjà dis je ne suis jamais dans l'admiration totale (ce qui doit être très confortable), je trouve toujours une faiblesse à une démarche. De plus connaissant les égos énormes de tous les créateurs je suis à peu près certain qu'ils n'apprécient pas en réalité (quoiqu'ils disent) de voir leur nom accolé à un autre.

Le meilleur livre de Rivière est "L'usine à rêves". Je lui ai consacré un billet. 

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS LE 14/03/2014 À 16H10
Moi si j'étais &écrivain, et pas mort, j'aimerais bcp recevoir des messages amicaux. Les réserves sont inévitables : c'est le premier corrélat de l'altérité... même moi avec Rinaldi, alors... ils sont assez intelligents pour le comprendre, si même moi je le comprends ! Les égo "énormes" (?), comme vous dites, sont fragiles comme les autres; "et ma vie pour leurs yeux lentement s'empoisonne" ; quand je pense à tous ces auteurs que je n'ai jamais remerciés du tout (certains en sont morts), à qui je n'ai rien dit de mon admiration, de mon amour, à qui je dois tant... (égoïsme, ingratitude, et quelle grossièreté) et qui, pourtant, les pauvres continuent d'écrire ! gardent l'espoir, malgré ce silence, qui ressemble à un lâche crime... (Combien de temps Angelo Rinaldi pourra-t-il encore tenir, sans moi, par exemple...) (et comment réussir, lui écrivant, à lui cacher ce sentiment que j'ai qu'il a tellement besoin de moi - qui l'amuserait tellement, pourtant - que cela passerait peut-être dans un livre...)
COMMENTAIRE N°2 POSTÉ PAR XRISTOPHE LE 14/03/2014 À 20H18

Peut-être... Lorsque l'on est face à un écrivain étant timide j'ai du mal à lui avoier combien il m' rendu heureux. Si je fais le bilan je m'aperçois que c'est la lecture qui m'aura apporté le plus de bonheur pourtant je ne crois avoir été trop privé des différents plaisirs, O combien variés, qu'offe l'existence. Le grand avantage de la lecture est qu'elle se fait en solitaire (pas toujours car on peut se faire lire aussi, c'est agréable mais différemment) n'importe où même si l'endroit où j'ai découvert une oeuvre lui reste curieusement lié dans mon souvenir.

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS LE 14/03/2014 À 20H53
Merci pour ce beau billet et les quelques clefs, que j'avais cherchées en vain dans "L'Usine à rêves"; beau style et belle bande son en effet !
COMMENTAIRE N°3 POSTÉ PAR BRUNO LE 14/03/2014 À 21H11

Je crois que "l'Usine à rêves" est plus réussi que ce "garçon disparait" en raison du dépaysement de la côte d'argent vers Bruxelles plus subtilement amené que celui vers Paris dans ce nouveau roman.

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS LE 14/03/2014 À 22H02
Quelques imprécisions, me semble-t-il, qui n'enlèvent rien à la qualité de votre article :
- Mlle Louise se nomme dans ce roman Mlle Alice Le Prince
- Thérèse Gourmel se nomme Theresa Gourmel
- Quant à Paul, ne serait-ce pas plutôt Maurice Béquet ? Je n'ai pas souvenir d'un Paul... mais je peux me tromper.
COMMENTAIRE N°4 POSTÉ PAR JEAN-YVES ALT LE 21/03/2014 À 19H21

Je vous remercie de ces rectificatifs j'ai souvent quelques problèmes dans la vie avec les noms et prénoms cela semble rejaillir dans mes articles...

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS LE 21/03/2014 À 21H31
Pour le personnage de Paul, vous aviez raison (cf. pages 205 à 207). Je vous prie de bien vouloir m'excuser.
COMMENTAIRE N°5 POSTÉ PAR JEAN-YVES ALT LE 22/03/2014 À 19H40

Ah les nom des personnages on s'emmèle souvent un peu. Pour les russe je tiens une petite liste. J'ai fait de même pour "L'enfant de l'étranger" dont je ne conseillerais jamais assez la lecture.

Vous êtes bien sur tout excusé et merci pour les commentaires. Il est à ce propos dommage que l'on ne puisse pas en mettre sur votre indispensable blog où souvent je vous trouve un peu trop gentil. 

RÉPONSE DE LESDIAGONALESDUTEMPS LE 22/03/2014 À 23H05

Pour retrouver François Rivière sur le blog: L’usine à rêves de François RivièreProfanations, François Rivière , Le mariage de Kipling de François Rivière,  Blake et Mortimer et Edgar P. Jacobs vus par François Rivière,  Villa Mauresque par Floc'h & Rivière,  où comment,Nelly Kaprièlian la nullité journalistique incarnée ma permet de rendre hommage à François RivièreUn garçon disparaît de François Rivière (réédition augmentée) .

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ismau 04/06/2014 21:30

Je viens de lire avec un très grand plaisir « Julius exhumé », mon premier François Rivière . C'est votre billet sur l'exposition de la peinture victorienne « Désir et Volupté », où vous aviez noté ce titre et son sujet ( la croustillante peinture d' Alma Tadéma ) qui ont déterminé mon choix .Vos éloges de cet écrivain singulier, que je ne connaissais jusque là que comme scénariste avec Floc'h, sont tout à fait justifiés . J'aime bien ses références assumées à la « mauvaise littérature », que son double le narrateur-écrivain du roman, dit adorer . Elles mènent dans un jeu de miroir à des aventures rocambolesques tout à fait dans le goût de la peinture kitsch de Tadema . Mais ce que je trouve particulièrement habile et même émouvant, c'est l'introduction de l'autobiographie et de l'introspection dans cet univers de pure fiction codifiée . Fabrice, l'écrivain qui mène l'enquête, c'est presque François - même initiale dit-il - et puis né à Yonge-sur-Charente ... déjà mentionné donc 25 ans avant « Un garçon disparaît » : toute la psychologie complexe et complexée de son personnage de timide, il la connaît visiblement particulièrement bien,et pour cause . Elle est étrangement semblable à celle que vous décrivez dans votre analyse d' « Un garçon disparaît » . D'autres similitudes d'ailleurs : le bouquiniste, le surnaturel, la bande son, l'élégance et la beauté fascinante de certains ( lui gauche, laid, vêtu sans recherche )
Sa prestation dans «  mauvais genre » complète bien le portrait, sympathique ! et donne très envie bien sûr - avec votre billet - de lire son nouveau livre .

B.A. 08/06/2014 20:03

Je pense que Julius exhumé n'était peut être pas la meilleure entrée dans le monde de François Rivière, qui comme vous le montrez brillamment à ses permanence. Bravo pour les avoir remarqué, ce que je n'ai pas fait n'ayant pas relu Julius exhumé depuis sa parution. Tous les livres de François Rivière sont intéressant. Je pense que son meilleur, et je ne suis pas le seul (Bruno est de cet avis, voir son commentaire) est "L'usine à rêves". Je suis très heureux d'avoir procuré une nouvelle lectrice à François Rivière que je trouve être un auteur très sous estimé (je sais je me répète). Il vous reste à découvrir Didier Martin et en particulier Le prince dénaturé. C'est paru jadis en Folio.

IHUEL 22/04/2014 15:18

J'ai acheté le livre, que je n'ai pas encore lu, suite à cette parution sur ce même blog. J'apprécie cette approche d'auteurs hélas méconnus

lesdiagonalesdutemps 22/04/2014 15:47



merci, enfin François Rivière n'est pas vraiment méconnu ou plutôt il est méconnu pour ses romans mais il ne l'ai pas du tout en tant que scénariste de bande dessinée et comme biographe.


Vous nous direz ce que vous pensez de ce roman.