Sur le chemin des dunes, Noordzee, Texas (north sea Texas) un film de Bavo Defurne (réédition augmentée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Belgique, 2011, 98mn


Réalisation: Bavo Defurne, scénario: Bavo Defurne et Yves Verbraken  (scénario tiré du roman This will never end d'André Solis)
 
avec: Eva van der Gucht, Jelle Florizoone, Luk Wyns, Thomas Coumans, Mathias Vergels, Katelijne Damen, Daniel Sikora, Nina Marie Kortekaas


BAVO DEFURNE ET JELLE FLORIZOONE 
 
BAVO DEFURNE ET JELLE FLORIZOONE

Résumé

Nous sommes en 1960. Pim (Jelle Florizoone) habite avec sa mère (Eva van der Gucht), une ancienne reine de beauté devenu un tas mais qui se croit toujours séduisante. Ils vivent dans une ville oubliée de la côte belge. Pim, garçon introverti, se contente de vivre dans son univers imaginaire. La mère de Pim, Yvette, a des rêves de son coté. Elle est fatigué des amants de passage et d'ennui de la vie dans cette petite ville. Elle aspire à tout laisser derrière elle, y compris son encombrant de fils pour aller voir voir le monde. Les rêves de Pim et ceux d'Yvette entrent en collision lorsque le beau Zoltan (Thomas Coumans)  arrive en ville avec la fête foraine et devient leur nouveau locataire. Mais à l'aube de ses 16 ans, sa relation avec son ami Gino (Mathias Vergels) prend une autre direction, et alors que sa mère le quitte pour vivre avec son nouvel amant, Pim y voit une opportunité de vivre ses rêves. Pim saisit sa chance. Ses rêves deviennent une semi réalité. Pim va vivre chez sa voisine, Marcella qui est la mére de Gino et de Sabrina (Nina Marie Kortekaas) qui glisse des regards langoureux à Pim qu'il ne voit pas. Pim est heureux. Il dort dans le lit de Gino! Mais Gino fréquente et habite avec une jeune fille de l'autre coté de la frontière. Les rêves de Pim sont-ils des illusions ou le reflet de ce que pourrait être la réalité?
 
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L'avis critique

Il y a tellement longtemps que nous attendions un long métrage de Bavo Defurme que l'on doutait fortement qu'il arrive un jour. On avait pensé que Defurme serait un de ces cinéastes dont les courts-métrages multi primés dans une quirielle de festivals qui n'accoucheraient jamais d'un long; on peut citer dans ce cas Jacques Duron avec son remarquable Voyage à Deauville ou Armand Lameloise  avec son non moins remarquable,"Juste un peu de réconfort". Il y avait gros à parier qu'une si longue attente ne pouvait déboucher que sur une déception; c'est un peu le cas même si le film est bien fait. Il faut dire que je suis peut être un peu de mauvaise fois devant cet énième opus mettant en scène des bas du front nordistes. Sur le chemin des dunes (un bien joli titre qu'a trouvé là le distributeur du film en France) est néanmoins un film positif, qui ne tombe pas dans le misérabilisme habituellement réservé aux films se passant dans le nord  de la France et en Belgique. Defurme montre une jeunesse qui n’est pas ratée (c'est plutôt du coté des adultes que cela se gâte).
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Defurme est resté fidèle à la thématique de ses courts-métrages. Tous traitent de l’identité, de quelqu’un qui se découvre différent, dans un groupe de sportifs ou dans Feu de camp, chez les scouts. On ne comprend pas bien alors pourquoi il a cru bon d'adapter un livre où rien n'est vraiment original et tout est attendu d'autant qu'il reprend certaines séquences de ses courts-métrages précédents comme  par exemple la scène de la tente qui était déjà dans "Campfire" (2000) ou celle de la moto qui se réfère à Matroos (1998). Cette histoire de rejet d’un groupe permet au réalisateur de  se concentrer sur l’amour entre adolescents. Ce qui évite le gros écueil sociologisant où vont se briser la plupart des films de cet acabit. Pims a déjà découvert son identité sexuelle. Il est amoureux du garçon qui vit à côté de chez lui. C’est là que le film commence. Là où souvent les autres finissent. Les scènes sexuelles sont présentes dès le début. Peu de films ont abordé la question ainsi. Si la faiblesse de Noordzee Texas réside dans son scénario, sa force est dans son filmage d'autant plus remarquable que "Sur le chemin des dunes" aurait été réalisé avec un budget très modeste. L'image est toujours très belle, le cadre impeccable et les éclairages des intérieurs est précis et chaleureux, ce qui évite de tomber dans le glauque lors de certaines scènes. Le film tout en étant original dans sa facture, c'est un peu Demy chez Dumont, s'inscrit dans une famille de films, référence assumée comme pour Paris-Texas ou plus secrète comme pour la série néerlandaise des années 80 "Le phare" qui se passait aussi vers 1960, ou Bagdad café ou encore à DAS FLÜSTERN DES MONDES (WHISPERING MOON) . Si on exepte Katelijne Damen, dans le rôle de la mère de Gino qui parvient à être génante tant elle est mauvaise, les autres acteurs vont du bon à l'excellent en particulier Jelle Florizoone qui dans le rôle de Pim est étonnant sachant donner du poids à chacun de ses regards et de ses gestes peut être parce qu'il vient du monde de la danse ( lorsque Bavo l'a découvert, ce jeune garçon était danseur professionnel  à l’école Nationale de Ballet de Bruxelles) qu'il a abandonné depuis car l'expérience de "Noordzee Texas" lui a donné l'envie d'embrasser la carrière de comédien, souhaitons lui bonne chance, son jeune talent le mérite.

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Si dans mon résumé j'ai daté l'action en 1960, c'est totalement subjectif, puisque aucune date apparait à l'écran et que pas un objet ou un vêtement peut nous renseigner sur l'année durant laquelle se déroule le film. Cette intemporalité assumée tire Noordzee Texas vers le conte...

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Il faut espérer pour Eva van der Gucht, que son rôle d'Yvette, où elle est parfaite, est un rôle de composition. Elle campe le personnage anthipatique du film, mauvaise mère, on subodore que la naissance de Pim n'a pas été voulu, à propos il n'y a pas de père dans cette histoire, artiste ratée, une Yvette Horner (tient le même prénom) obèse. Elle ne voit dans son fils qu'un boulet qui l'empêche de fuir le trou où elle est encalminée.
J'ai vu ce film lors d'une ecapade brusselloise durant l'été 2011. Si je me souviens bien ce n'était pas une séance dans un circuit traditionnel. Je ne sais donc pas si ce film d'une qualité technique tout à fait hors du commun à eu une exploitation commerciale dans son pays. Quant à la France...
P.S. Depuis cette chronique le film est sorti en France.

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Publié dans cinéma gay

Commenter cet article

Carl 19/12/2012 21:45

Merci en avance ( et meme si vous n'avez pas de chance avec Le voyage a Deauville ).

Carl

Bruno 16/12/2012 23:49

ah, le bon temps de Platypus !
J'ai toutes les cassettes ! :-)

Excellent petit bijou "Sur les Dunes", merci pour le billet

lesdiagonalesdutemps 17/12/2012 07:31



C'est un temps en effet que je rerette. Certaines de vos cassettes sont devenues collector. J'aurais aimé éditer ce film malgré me réserve mais il n'y a guère de films sur lesquels je n'en ai pas
sauf peut être pour le joli Ernest et Célestine qui montre tout le potentiel de l'animation française.



Carl 16/12/2012 20:28

Merci de votre réponse.
Difficile a mettre une date ferme sur ma découverte de votre blog. Juin dernier? Notez aussi que j'ai pas mal fouille dans vos archives.
En ce qui concerne Le voyage a Deauville, je patiente. Et si vous ne le trouvez pas, ce n'est pas la fin du monde puisque vous me faites découvrir d'autres films négligés ici au Japon ( voire
Nordzee, Texas ).
Bonne continuation a votre blog que je lis chaque jour avec gourmandise.
Carl

lesdiagonalesdutemps 16/12/2012 21:00



Il y a bien des films japonais qui ne nous arrive pas par exemple j'aimerais bien voir le cheminot film tiré d'un roman et d'un manga, je ne sais plus qu'elle est l'origine de l'histoire, le
manga est superbe. Idem pour Yamato. Je suis très intéressé par la guerre du pacifique j'adore le manga Zipang...


Mon cinéaste japonais préféré est Inamura.


Je vous tiens au courant pour le voyage à Deauville.



Carl 16/12/2012 00:44

Merci pour les commentaires au sujet de Nordzee, Texas. J'ai commande le dvd chez amazon et ai recu une version en langue flamande avec soustitres en allemand. Je suis loin d'etre courant en
Allemand comme en Flamand mais, comme l'histoire est assez simple, ca ne m'a pas pose trop d'ennuis. Enfin j'ai trouve le film tout a fait charmant surtout, comme toi, pour l'admirable Jelle
Florizoone chez qui je crois retrouver un peu la bouche sensuelle de Dominique Sanda.

Il parait que tu es tres apprecie chez les "gaijin"s de longue date. Dans mon cas, ca fait plus de 30 ans que je suis au Japon ( a Osaka ). Et apres 30 ans on ne s'en rend meme pas compte.

Ce n'est pas la premiere fois que tu evoques le nom de Jacques Duron. C'est d'ailleurs en le googlant que j'ai rencontre ton excellent blog ( qui est devenu une habitude quotidienne ) pour la
premiere fois. J'ai achete "Une histoire sans importance" en dvd. As tu par hasard des renseignements sur un moyen d'obtenir une copie du "Voyage a Deauville" dont t'as parle a plusieurs reprises?
Est-ce possible que ce dernier est a la hauteur d'"Une histoire"?

Pardonne a tout ce bavardage en mauvais francais.

Carl

lesdiagonalesdutemps 16/12/2012 02:15



Très content d'avoir un commentaire d'ungaijin de longue date. J'aimerais bien revoir les cerisiers en fleur à Kyoto... Peut être ce printemps si le maneki neko m'apporte la prospérité...


En ce qui concerne Duron Je vais voir si dans mes archive j'ai une copie du voyage à Deauville si oui je pourrais vous l'envoyer, mais il ne faut pas être pressé. Sinon peut être sur la toile en
cherchant bien. Le voyage à Deauville est moins intéressant qu'une histoire sans importance mais mérite néanmoins le détour. J'ai connu Duron peu de temps après qu'il est réalisé ce film. Je lui
ai fait connaitre l'excellent roman " La danse du coucou" de Chambers dont il avait acheté les droits, malheureusement il n'est pas parvenu à monter le film. Et puis j'ai perdu de vue Duron.


N'hésitez pas à commenter les billets du blog et merci pour votre fidélité. Pourriez vous me dire depuis combien de temps connaissez vous mon blog. 



Jean-Luc 15/12/2012 16:38

Je viens de regarder ce film et à l'instant où j'écris, je n'ai pas encore tout à fait analyser mes impressions. Le côté agréable de ce film, c'est qu'il a une fin positive, ce qui est assez rare
parmi tous les films à thématique gay. Exceptés "You are not alone" et "Beautiful thing", il y en a peu. L'acteur principal de "Noordzee Texas" est excellent. Joli acteur et, comme vous le
soulignez, il est très expressif. Son petit ami est un peu fade. Quant à la mère et la petite frappe qui joue le locataire, je les ai détestés. Il y a des scènes très touchantes et pleines de
tendresse. Mais même si la scène finale est positive, elle n'a pas produit sur moi l'effet magique que j'avais ressenti lorsque j'ai vu la scène finale de "Beautiful thing" quand dansent les deux
garçons. Pour moi "Beautiful thing" reste mon film fétiche.

lesdiagonalesdutemps 15/12/2012 17:56



Beautiful thing est un grand film. Il est représentatif du cinéma anglais (comme la peinture anglaise, ce qui est loin d'être le cas dans ce blog comme vous l'avez peut être remarqué en y
musardant) décrié à tord en France depuis la sortie malheureuse de Truffaut. Les cinéastes anglais sont d'abord, comme leurs écrivains, des raconteurs d'histoires et c'est elle qu'ils
privilégient. Ils ont compris, contrairement à Defurme qu'un film n'est pas qu'une suite de belles images. Ce cinéma a en outre l'avantage d'être servi par les comédiens anglais qui sont les
meilleurs du monde.