Sur la mort d'un homme-dieu et la fin d'une suprématie

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Si j'avais du talent j'aurais écrit les lignes ci-dessous qui sont dues à l'iconoreac et qui correspondent parfaitement à ce que je pense. En ce qui me concerne le grand homme africain est Ian Smith (je précise que ce n'est ni un couturier, ni un joueur de tennis et qu'il n'est pas en face...)



   La mort d'un homme-dieu est un événement rare, hors du commun, et il est dans l'ordre des choses que gens de politique et de medias lui consacrent, dans leurs discours et écrits, une place éminente, comme pour les heurs et malheurs d'une bande de joueurs de ballon ou une expédition guerrière et bienveillante en terre exotique.
   De cet homme-dieu, je ne connais guère que sa re-création dans un divertissant film de M. Clint Eastwood, Invictus, (USA, 2009 ); M. Morgan Freeman, acteur d'un talent supérieur, en incarnait le personnage avec une vigueur bonhomme attirant infailliblement la sympathie, cela me marqua, et demeure.
   Dans le monde réel, cet homme fut déifié pour incarner la fin d'une période de l'humanité, d'un long mouvement de l'Histoire de notre espèce.
   Les lignes qui suivent rappelleront ce chapitre clos, sans aucun jugement de valeur.
   Il y a bien longtemps, l'homme européen , qui se trouve être un homme à peau blanche (à peu près) , s'en alla à la découverte d'autres continents, il y découvrit des hommes alors inconnus, qu'il appela sauvages,tant était grande la distance qui séparait leurs états respectifs, pour les uns, état de civilisation, pour les autres, état de nature, ou de quasi-nature.
    L'homme blanc y vit une supériorité, sa supériorité, qui, au fil des ans et des siècles, devintsuprématie, autrement dit conquête et domination.
    Que ces conquête et domination fussent morales ou immorales, que cette supériorité fût fondée ou non sur des critères universels, que la suprématie fût établie, ou non, sur de seuls avantages militaires n'est pas mon propos, mais cela fut.
    Le vent tourna, et dans les cœurs et les âmes des hommes blancs apparurent de nouvelles idées  (pour leur généalogie – Bartolomé de las Casas ? l'abbé Raynal ? à voir...), qui les convainquirent d'une égalité, non cette égalité vraie venant d'une nature commune, mais une égalité née d'a-prioris philosophiques  et abolissant toute distinction de valeur et de mérite entre divers peuples.
   L'homme blanc crut cela, et se retira des continents conquis, renonçant à sa suprématie, puis à toute affirmation de son (éventuelle) supériorité, allant jusqu'à nier qu'elle eût, dans le passé, existé.
   Cependant, sur un bout de territoire austral, des humains à peau blanche décidèrent de maintenir supériorité et suprématie sur d'autres humains à peau plus sombre, ils le firent par des lois, pratiques et mesures d'apparence mesquine, injuste, et stupide.
  Cette attitude empêchait le dogme nouveau d'être véritablement universel, et suscita en retour une indignation , elle, véritablement universelle.
   Et tous les peuples se liguèrent pour que fût détruite la dernière suprématie blanche. Le processus qui y mena est connu, je relève seulement qu'il fût jugé nécessaire que cette destruction apparût comme l'effet d'une longue lutte, et surtout qu'un homme, dont l'image et le nom en seraient l'oriflamme, en fût le héros (et le hérault).
   Pourquoi la future vedette du film de M. Eastwood fut-elle choisie pour ce rôle plutôt que tel autre individu ? Simplement pour s'être trouvée là au bon moment ? Ou pour avoit été jugée plus intelligente, plus habile et d'humeur assez  pacifique pour diriger un radical changement de pouvoir en évitant de menaçants massacres ?
   Les historiens futurs, s'il s'en trouve, établiront les faits et jugeront, mais quelle que soit la valeur, authentique ou mensongère, de cet homme, la réalité est qu'il sera à jamais la dernière figure illustrant la dernière page d'un long chapitre du passé humain  --presque cinq siècles...--, et la première page d'un nouveau.
    Ainsi sera-t-il immortel, comme il se doit pour un dieu.
   ***Pour les détails de la sublimation d'un homme en une autre nature, lire L'apocoloquintose du divin Claude de Sénèque. Apocoloquintose est formé comme apothéose, à cette différence que ce n'est pas un dieu que devient l'heureux mortel, mais une citrouille ou coloquinte. Espérons que le héros ci-dessus évoqué ne soit pas victime d'un tel accident.

Publié dans métapolitique

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ismau 13/12/2013 17:04

Je n'ai pas vu le film d'Eastwood, son « Au-delà » aussi naïf que barbant, vu juste la semaine précédente me suffisait ...
Par contre un très bon documentaire sur Arte, encore visible et bientôt rediffusé « Nelson Mandela - Le réconciliateur » ne le présentait heureusement pas sous un jour bêtement
hagiographique comme un homme-dieu, même pas d'ailleurs comme un héros . On y apprenait par exemple, qu'il avait commencé par des actions violentes . Et puis les rapports de pouvoir avec ses
compagnons de lutte, les misérables luttes intestines, et encore plus misérables affaires privées .
Tout ceci ne retire rien à la justesse de son combat ... qu'iconoreac n'ose même pas analyser ou commenter .
Il se contente d'ironiser et le fait très bien, mais c'est un peu facile .

lesdiagonalesdutemps 13/12/2013 17:50



En se qui me concerne j'ai toujours été un partisan de l'aparteid. L'avenir me donnera raison en Afrique comme en France. Il me semble qu'il est temps d'ouvrir les yeux sur le mythe de la
fraternité. L'homme a toujours été un loup pour l'homme et il le sera toujours. La civilisation occidentale n'est pas exportable. La première erreur des blancs a été d'aller coloniser l'Afique.
Mais il est absurde de penser qu'un système démocratique ou même à racine occidentale puisse prendre en Afrique dans ce puzzle d'Etats artificiels. Il faut arrêter de seriner que l'Afrique va
mieux depuis les indépendances qui ont vu des grands humanistes au pouvoir comme Sékou Touré, Omar Bongo, Mobutu, Mugabe et quelques autres de sinistre mémoire.


Il faut reconnaitre que Mandela a retardé le bain de sang qui est inévitable d'abord entre noir, Zoulou contre les autres tribus voilà ce que l'on doit à Mandela, il a gagné du temps.


J'ai connu l'Afrique du sud du temps de l'aparteid et après et bien après il ne fait pas bon être blanc et je ne suis pas noir pourquoi irais je à l'encontre de la survie de ma communauté.


Je précise que j'ai de la famille éloignée établi en Afrique du sud dans la deuxième moitié du XIX ème siècle. Je précise que ces français de souche ont fait la guerre des boers contre les
anglais.



celavie 12/12/2013 22:21

homo-sapiens, notre ancêtre est sorti d'afrique il y a 100 000 ans pour partir à la conquête de l'europe, où vivait son concurrent, homo neanderthalis. Notre ancêtre était noir...

lesdiagonalesdutemps 12/12/2013 22:35



Heureusement nous avons blanchi mais il est vrai que j'attend avec impatience l'été pour bronzer.


Déjà une invasion africaine.


Elle devrait nous servir de leçon.


Je ne sais plus où je l'ai lu mais la différence génétique des européens viendrait des traces de néanderthal de là peut être son éphémère supériorité.