Superman est circoncis ou pour se souvenir de l'exposition de superman au chat du rabbin

Publié le par lesdiagonalesdutemps

En raison d'une censure aussi inique qu'inopinée mon précédant blog a subitement disparu de la toile, victime du politiquement correct et de l'hypocrisie bigote, sans me prévenir. Pour cette raison certains billets dans leur forme initiale ont disparu à tout jamais en particulier ceux liés à des évènements ponctuels. Trouvant dommage qu'il n'y est plus de trace des expositions que j'ai visitées naguère, je me propose de réintroduire dans ce blog les photos que j'ai prises de ces évènements  ou des articles que j'ai écris ces derniers sont republiés dans leur état initial.

 

joliesimages-1447.jpg

 

 

L’exposition De superman au chat du rabbin, présentée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (http://www.mahj.org/) pour laquelle on ne peut que féliciter les  commissaires Anne-Hélène Hoog et Hetty Berg, met au centre de l’histoire de la bande dessinée l’influence du judaïsme. La démonstration est étayée par plus de 200 œuvres, planches originales, journaux, document d’archive. Elle est divisée en 5 chapitres, New york dans les années 1900-1930, les super héros, zoom sur Will Eisner http://fr.wikipedia.org/wiki/Will_Eisner, les artistes américains de l’après guerre et les dessinateurs européens. D’ emblée le visiteur est conquis par la beauté et l’intelligence pédagogique de la manière dont les pièces sont mises en valeur.


 

eisnerny.jpg

Will Eisner


Le premiers chapitre, aidé de photos d’archive, brosse le tableau de la vie des premiers dessinateurs juifs new-yorkais. Il sont issus de familles émigrées du Lower East Side, de Brooklyn et du Bronx. Par leurs strips ils témoignent de la difficulté de leur quotidien. Au début ils s’expriment en yiddish, puis à mesure de leur intégration en anglais où demeure encore de fortes traces de yiddish. La combinaison des deux langues est souvent source de gags. Nous constaterons à la fois que les dessinateurs juifs américains  (on devrait plutôt dire juif new yorkais tant New-York est le centre de cette activité) sont alors enfermés dans leur communauté mais aussi qu’ils ne sont guère différent quant à l’esthétique de leurs confrères goys américains ou Européen 

Ensuite on arrive à la partie, qui sans doute, passionnera le plus la plupart des visiteurs, la genèse des super héros.

Ce chapitre nous fait d’abord pénétrer dans le temps des ateliers (workshops) de dessin des années 30, l'âge d'or du comic-strip (bandes quotidiennes dans les journaux). On découvre des artistes juifs new-yorkais qui en sont issus, notamment Rube Goldberg, Harry Hershfield ou Al Capp... Le système des workshops était assez proche du fonctionnement aujourd’hui des équipes qui travaillent autour des mangakas japonais. Ce milieu et la naissance des super héros  sont décrits dans le roman de Michael Chabon http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Chabon, Les extraordinaires aventure de Kavalier et Clay. (éditions Robert Laffont et 10-18). Un livre passionnant mais très touffu et assez mal fichu que je conseille de lire après avoir visité l’exposition. Il raconte la création d’un super héros par Kavalier un dessinateur tchèque ré´cemment émigré au Etat-unis. Lui et son cousin Sam Clay montent un petit studio. Nous suivons en détail leurs difficultés pour se faire un nom. On peut reconnaître derrière Kavalier et Clay http://www.sugarbombs.com/kavalier/index.html, Jerry Siegel et Joseph Shuster, les inventeurs de Superman, mais c'est aussi une histoire du demi-siècle à la Don DeLillo que Chabon écrit avec ces aventures qui embrassent aussi les thèmes de la création, de la géopolitique, de l’ amitié, de la judéité, de l’ homosexualité...

C’est en 1933 que Jerry Siegel (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jerry_Siegel) (1914-1996), fanatique de Science-Fiction, pour le scénario et Joe Shuster (1914-1992) pour le scénario, les deux hommes se sont rencontrés adolescents au lycée de Cleveland, accouchent de Superman. Ils mettront 5 ans à lui trouver une place dans un comic book. Ce sera en 1938, dans le premier numéro d’Action comics dans lequel Superman parait sur treize pages (Archives Superman, DC comics/Panini comics 2005). Les réminiscences de la culture juive dans Superman sont nombreuses par exemple l’enfance de Superman est l’adaptation moderne du mythe de Moïse. Superman vient de la planète Krypton. Ce nom résonne comme "Tikkum olam" , un mot Hébreux voulant dire celui qui restaure la justice... Jerry Siegel est inscrit sur la liste, dans le livre Jewish 100, comme une des 100 juifs les plus influents de tous les temps aux cotés de Moïse, Henry Kissinger et Steven Spielberg...

Superman est transcription du fantasme du héros idéal, non-aryen, parfaitement assimilé et incarnant les valeurs américaines patriotiques. Par exemple il incitera la population à soutenir les boys, y compris financièrement. Dans une aventure de Superman, publiée avant l’entrée en guerre des Etats Unis, on voit Hitler en compagnie... de Staline devant un tribunal international pour répondre de leurs crimes. On aurait aimé qu’il en fut ainsi...

Le père de Siegel était un peintre d'enseignes qui avait ouvert son atelier. Il encouragea les inclinaisons artistiques de son fils. Tragiquement, il fut abattu dans son magasin par un voleur lorsque Jerome Siegel était au lycée. Ce sombre épisode est sans doute pour quelque chose dans le personnage de superman châtiant les méchants. L’histoire de la famille Siegel n’est pas sans rappeler la tragédie fondatrice du personnage de Batman (edit. Batman 1943-1944, Futuropolis 1982) qui lui est né en mai 1939 sous la plume de Bob Kane (1915-1998) (de son vrai nom Robert Kahn).


Buscema_Silver_Surfer_d_Argent_wallpaper_fond_d_ecran.jpg 

 

La naissance du super héros est né de la frustration des dessinateurs qui était exploités par les éditeurs. Il ne faut pas oublier que Superman a été créé en 1933 dans le contexte de la grande dépression. Il constitue une réponse rassurante et fantasmagorique aux angoisses engendrées par la grande dépression. Cette réalité est quelque peu gauchi par l’exposition qui semble vouloir valider l’idée que les super-héros naissent d’une révolte contre Hitler. En fait ce n’est le cas que du capitaine America inventé par Jack Kirby (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Kirby) (1917-1994) et Simon (http://www.leconcombre.com/biblio/abc/comics-20.html) qui sera l’emblème du pays entrant en guerre. Voilà d’ ailleurs comment Joe Simon, en 1984, racontait la création de Capitaine America: << nous étions en guerre. Et une des bandes qui marchait le mieux[ était Batman, avec sa galerie de super-vilains très colorés et amusants comme le Joker, le Penguin. Et nous pensions qu'une bonne façon de les surpasser, c'était de créer un meilleur méchant ! Et le pire méchant qui m'est venu à l'idée, c'était Adolf Hitler ! Alors nous l'avons mis sur la première couverture et nous l'avons gardé comme vilain dans la plupart des numéros du début. Nous le ridiculisions tout le temps. Et Captain America, qui n'était pas Si brillant que ça à sa naissance, pas Si différent des autres héros, s'est retrouvé un énorme succès en grande partie grâce à l'emploi d'un personnage réel, Hitler, comme méchant, plutôt que d'une menace fictive.>>.

 

captainamerica1.jpg

 

C’est ce même Kirby, grand inventeur de forme qui avec le scénariste Stan Lee, de la fin des années 50 au début des années 70 (période pour la B.D. américaine appelée silver âge) va iansuffler un renouveau aux comics américains en imaginant de nouveaux super-héros tels que Fantastic four, Hulk, X-men, Thor.

 

SandMan-Jack-Kirby-1.jpg

 

Si superman s’est bien opposé à Hitler ce n’est qu’en 1939, soit 6 ans après sa création, mais il est vrai que c’est aussi la date du début de son immense succès. A ce propos il ne me semble pas que les super-héros aient repris les armes contre l’obscurantisme islamiste. Il n’y en a aucune trace dans l’exposition!  Heureusement que pour cela qu’il y a le très sioniste Shaloman et le super-héros 100% israélien Sabraman mais ils n’ont pas été invité au raout de leurs confrères.

 

joliesimages-1437.jpg

 

joliesimages-1439.jpg 

 

Les infatigables justiciers arboreront, quand ils le feront, des signes de leur judéité que très tardivement. Toutefois au mur on découvre un étonnant dessin original de Kirby  (http://www.universbd.com/spip.php?article2830) (1917-1994) dans lequel Ben Grimm, la chose des 4 fantastique, qui par son aspect extérieur évoque le Golem qu’il affrontera pourtant dans une de ses aventures, porte la kippa! Toutefois c’est l’expérience des camps qu’a vécu Erik Magnus Lensher comme déporté juif, qui déterminera le combat de protection des mutants qu’il mènera sous le nom de Magneto. Au sujet de cette série, il me parait pertinent d’y voir un parallélisme entre la notion de peuple élu et les super pouvoirs que possèdent les X men (ed. X men l’intégrale, Panini comics 2003_2006), même, si en raison du réalisateur des films, on a plutôt tendance a assimiler la différence des X men à l’homosexualité plutôt qu’à la judéité...

 

Kirby_Superman_MAHJ_Oct_07_036.jpg

kirbyKamandi_wallpaper_fond_d_ecran.jpg

 

Un espace est réservé à la révolte des années 50-60 qui marquent une radicalisation des auteurs. Ils se lancent dans la contestation politique et sociale, souvent par le biais de la satire : l’exemple le plus marquant est la création du mensuel Mad par Harvey Kurtzman. A ce propos l’ami avec lequel je visitais l’exposition a trouvé une nette ressemblance entre Alfred E. Neumann le symbole de la revue avec Bush junior. Je vous laisse juge; mais il est vrai qu’ils possèdent en commun la même intelligence pétillante du regard...

 

joliesimages-1443.jpg

 

La grande qualité de l’exposition est surtout de mettre en perspective l’histoire de la bande dessinée. Elle montre d’une manière évidente ce que doit Maus, le chef d’oeuvre d’Art Spiegelman à La bête est morte (ed. Gallimard 2007) de Calvo (1892 - 1958) (http://lambiek.net/fr/calvo_edmond-francois.html) mais aussi à la nouvelle graphique Master race de Bernard Krigstein (http://www.bpib.com/illustrat/krigstei.htm) (1919-1990) et Al Feldstein, parue en 1955. Elle met en scène  un ancien déporté qui retrouve par hasard un des tortionnaires nazis de son camp de concentration. Rien que pour la découverte de ces huit planches magistrales la visite au Musée d’art et d’histoire du judaïsme s’impose. On pressent bien aussi que sans Maus, il n’y aurait pas eu entre autres, Persépolis de Satrapi ni de Seule contre tous de Miriam Katin.

 

krigsteinbbkrig2.gif

 

C’est en 1972 que Spigelman entame Maus, le récit de la vie de son père, ancien déporté. Il paraîtra en feuilleton dans Raw. A sa suite des auteurs comme Mirian Katin, Bernice Eisenstein (http://www.evene.fr/livres/livre/bernice-eisenstein-j-etais-un-enfant-de-survivants-de-l-holocaus-27335.php), Martin Lemehman reconstitueront leur expérience de la shoa ou imagineront, comme Joe Kubert (www.bedetheque.com/auteur-2260-BD-Kubert-Joe.html) avec Yossel, 19 avril 1943, ce qu’elle aurait pu être...

 

MAUS0002.jpg

 

Maus.gif

Joe Kubert est a lui seul une sorte de synthèse de l’exposition et est emblématique de l’évolution des dessinateurs par rapport à leur mode d’expression. Il a commencé à dessiner des super-héros et des comics de guerre, le sergent Rock (ed. Sole˙il 2004) pour ensuite se tourner vers le roman graphique avec Yossel 1943 (ed. Delcourt 2005) sur le soulèvement du ghetto de Varsovie  et aborder l’autobiographie. Il est particulièrement lucide sur sa pratique: <<Inconsciemment les croyances religieuses jouent un rôle quand on dessine des super-héros.>>.

Tout un pan de l’exposition est consacré à Will Eisner, le père du roman graphique. Mais ce n’est qu’en 1978 qu’il publiera le premier, soit 38 ans après la création de son célèbre Spirit. Vient de Oparaître aux éditions Grasset Le complot: Histoire secrète des Protocoles des Sages de Sion. Une lecture indispensable pour comprendre les manipulations historiques et démasquer les moult théories du complot qui surgissent ça et là, souvent distrayantes pour qui les prend pour ce qu’elles sont, des billevesées.

 

joliesimages-1440.jpg

joliesimages-1441.jpg

joliesimages-1442.jpg 

 

L’ excellence de l’exposition ne doit pas nous faire laisser notre esprit critique à l’entrée (où le visiteur est reçu fort aimablement ce qui n’est pas si fréquent dans les lieux où l’on montre l’art, tant privés que publics). Je n’avais pas visiter une exposition avec un point de vue aussi affirmé depuis celle organisée autour de la mélancolie par Jean Clair... Et pour cela aussi il faut féliciter le musée pour ce courage, en un temps de consensus artistiques mous, de nous présenter une vraie thèse, celle de mettre au centre de l’histoire de la bande dessinée la culture juive et l’histoire du judaïsme. Mais ce n’est qu’une lecture, certes pertinentes, de cette saga. Lecture qu’il n’est pas interdit de trouver quelque peu ethno centrée, car, jusqu’à preuve du contraire, des œuvres aussi capitales qu’ Influentes sur la bande dessinée telles que celles d’Hergé, Jacobs, Martin, Billal, Franquin, Schulz, Alex Raymond..., sans parler de la constellation du Manga (sauf peut-être certains livres de Tezuka) ne doivent rien au judaïsme. D’autre part l’exposition nous présente les artistes juifs américains comme parlant d’une seule voix. Il suffit de lire les déclarations de Ben Katchor (www.universbd.com/spip.php?article1763)  sur Will Eisner pour voir qu’il n’en est rien: << Ses images de New-York sont superficielles et fausses. Je les rejette complètement. Le New York d’Eisner est ancré dans les mélodrames factices du Hollywood des années 40. Il était incapable d’échapper à cette vision du monde... Certaines personnes de la génération d’Eisner étaient obsédées par le fait d’être assimilées dans la culture américaine. Du coup dans les B.D. de Superman au Spirit, il n’y a aucune notion d’ethnicité...>>.

Pourtant quoi qu’il en dise Ben Katchor  (www.katchor.com/) est bien l’héritier de Will Eisner par la prégnance de l’autobiographie dans son travail sans parler de la présence centrale de New-York, voir le juif de New-York (ed. Rackham 2007). Mais affleure chez lui comme dans les B.D. et romans graphique de Jules Feiffer, Harvey Pekar http://www.filmdeculte.com/film/film.php?id=637 (avec son American splendor), Aline Kominsky, Crumb, Diane Noemin, l’ambiguité du processus d’intégration.

 

benkatchordecimpulsebig.jpg

Ben Katchor


Avec la section réservée à l’Europe et même au reste du monde on voit combien de New-York le roman graphique autobiographique s’est essaimé de par le monde même si les auteurs juifs européens mettent plus en avant dans leur travail, la grande histoire que les péripéties de leur vie quotidienne. Ainsi dans les années 90 Vittorio Giardino http://users.belgacom.net/vittorio_giardino_universe/ dans une belle ligne claire rend hommage à l’engagement politique des juifs européens; Jonas Fink (ed. Casterman) raconte le parcours difficile d'un jeune homme, dans une Tchécoslovaquie sous la botte Soviétique; Ruben Pellejero ressuscite le Golem$ dans le cadre de l’émigration juive en Argentine.

 

calvo.jpg

 

L’exposition ne manquent pas de surprises comme la présence d’Hugo Pratt, que je ne m’attendais pas à trouver là, alors qu’après un peu de réflexion elle parait évidente comme celle de Marcel Gotlib. Soyez attentif à la vitrine qui regroupe l’intégralité des numéro de la revue Raw et vous découvrirez un inattendue hommage de celle-ci à Edgar P Jacob.

 

joliesimages-1444.jpg

 

Il est toujours instructif et touchant de pouvoir admirer les originaux, de pouvoir y discerner les tâtonnements de la création celles de Sfar dπu chat du rabbin (ed. Dargaud) vous ravirons à coup sûr. Comme son chat, Sfar est bavard et comme lui il s’exprime intelligemment: <<Tout mon travail par rapport au judaïsme c’est de le traiter avant tout comme un fait culturel. L’aspect religieux n’en est qu’une facette, et j’ai toujours considéré la culture juive comme un élément constitutif de l’identité européenne. Mais penser le judaïsme, c’est forcément aller dans des paradoxes, des doutes... Je suis sioniste dans la mesure où je vois l’existence d’Israel non seulement comme une nécessité, mais comme un fait inaliénable... Le sionisme c’est d’abord créer la possibilité pout les juifs oppressés d’imigrer là où il le peuvent... Mais il me semble que l’on est plus juif en diaspora qu’en Palestine... Si la voix juive a quelque chose d’intéressant à dire, c’est celle de gens qui ont appris à investir dans les livres plus que dans une terre...>>.

Dans cette assemblée la particularité de Sfar éclate aux yeux. En effet sauf erreur il est le seul artiste séfarade où plus exactement qui parle du monde séfarade avec le chat du rabbin (alors qu’une autre partie de son œuvre Klezmer se rattache au monde ashkénaze) dans cette assemblée ashkénaze. Mais rien ne vient le rappeler tant semble-t-il la volonté d’unanimisme des commissaires est grande.

 

mirian.jpg

 

J’attend avec impatience la parution de La Diaspora des bulles » que Didier Pasamonik prépare avec Annie Baron-Carvais depuis plus de cinq ans. il devrait paraître aux éditions Denoël Graphic en 2008.

J’espère vous avoir convaincu d’aller visiter le bel Hôtel de Saint-Aignan pour un périple dans la bande dessinée particulièrement stimulant pour les yeux et les neurones.

 

 

joliesimages-1436.jpg 

 

De Superman au Chat du Rabbin

Du 17 octobre 2007

au 27 janvier 2008

Musée d’art et d’histoire du Judaïsme

Hôtel de Saint-Aignan

71, rue du Temple, 75003 Paris

Tél :  (33) 1 53 01 86 60

 

 

En cliquant sur le rectangle ci-dessous vous pouvez télécharger l'émission Mauvais genre de France-Culture traitant de cette exposition.

 

 

mauvais genres 20071020 De Superman au Chat du rabbin (BD et mémoires juives).zip
(7.58 MB)

 

Commenter cet article