Skins

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Comment expliquer la relative clandestiné dans notre triste contrée de la série la plus inventive, la plus exitante du moment je veux parler de Skins, petit bijou britannique diffusé sur canal + le jeudi soir à 22h 15mn en première diffusion. Il est grandement conseillé de voir la série en V.O.
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Si l'histoire, classique, nous suivons une bande de lycéen de tous les sexes et de toutes les couleurs à Bristol qui se  confronte au monde des adultes. L’ambition est de filmer l'adolescence telle qu'elle est en 8 épisode de 45mn. Les thèmes abordés, la religion, la drogue, le sexe, l'anorexie, mais aussi l'amour ou encore le racisme et le regard porté sur la communauté musulmane dans une Angleterre en proie au terrorisme n’ont jamais été traités aussi frontalement ni avec une telle invention dans le filmage. On se régale des angles de prise de vues trouvés par le chef-op. Le jeu des acteurs est irréprochable ce qui ne devrait etonner personne puisque nous sommes dans un film anglais!
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les teenagers de Skins sont  issus de la classe moyenne. Ils ont  autour de dix-sept ans, vont vaguement en cours la journée mais pas toujours (Les scènes de lycée ont été filmées dans l'école John Cabot Academy à Bristol), prennent des drogues de synthèse et recherchent pour certains le sexe, pour d'autres l'amour...
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Chaque épisode est centré sur un des membres de la bande et est autonome par rapport au reste de la série. Ce qui permet de voir chacun en dehors des autres même si, il est tout de même préférable de tout voir dans la continuité. Cette construction a aussi l’avantage de rattraper une des rares faiblesses de la série qui est de ne pas parvenir à faire vraiment exister tous les membres du groupe dans chaque segment. 
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Skin a commencé très fort par le portrait du leader du groupe, Tony (Nicholas Hoult) conscient d’être le beau gosse de la bande, il est aussi quelque peu manipulateur, cynique, imbu de lui-même, il trompe allègrement sa copine, est très intelligent et bon élève sans effort, en définitive  une parfaite tête à claque bandante qui les fascine tous. Le deuxième volet s’interresse à  Cassie (Hannah Murray), l’anorexique du groupe, l’actrice souffrirait réellement de cette maladie. Cassie vit dans un monde à part et est vraiment attachante. Elle est secrètement amoureuse de Sid dont l’ obsession est de perdre sa virginité mais qui se consume d’amour pour  michelle (April Pearson)  la petite amie de Tony.
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Le troisième épisode explore la vie de Jal (Larissa Wilson) la fille sage et réfléchie du groupe par ailleurs virtuose de la clarinette. Elle fait beaucoup penser à Lisa des Simpson. Le problème de Jal, c'est son père, musicien réputé mais totalement largué lorsqu'il s'agit de sa fille.  Jusqu’à maintenant elle demeure le seule personnage positif de la série. Et puis il y a Max (Mitch Hewer) , il fait des claquettes et il est gay. Il craque un peu pour Anwar (Dev Patel) Quant à ce dernier il est musulman (pas vraiment un fondamentalisme) et d’origine pakistanaise. Il est surtout passablement ahuri. On peut avoir des doutes sur sa sexualité. Tout en rêvant de seins, il n'accepte peut être pas sont homosexualité à cause de sa religion...

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Le quatrième épisode est l’un des plus trash et le plus dramatique de la première saison. Il est centré sur Chris (Joseph Dempsie) qui est accro aux pilules diverses et variées et s’est amouraché de sa prof de psycho. Il  se réveille un lendemain de fête avec une gueule de bois et une érection (c’est un accroc au médicament et au viagra en particulier). Rien d'exceptionnel pour autant. Jusqu'à ce qu'il découvre 1 000 livres en cash et un mot de sa mère disant qu'elle est partie de la maison pour quelques jours. Il décide se croyant riche d’organiser une fête sans fin mais l’argent est vite épuisé . Après des péripéties cocasses le garçon se retrouve tragiquement seul et nu au sens propre (sa plastique est une belle révélation). Il ne lui reste plus à espérer que la vie finira bien par avoir un sens. Chris dont on découvre le triste passé, doit aussi envisager que sa mère ne reviendra peut-être jamais à la maison.
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Le centre du cinquième chapitre est Sid (Mike Bailey) le looser type. Il échoue dans tout ce qu'il fait. Il est plus que jamais frustré sexuellement, et toujours obsédé par Michelle. Sid n’arrive pas à passer à autre chose. Et l’on attend qu’il prenne conscience que Tony le manipule ?
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La série possède une identité forte. Rien de trash ne la rebute. Les réalisateur montre très souvent leurs acteurs très peu habillé avec un petit avantage pour les garçons par rapport aux filles. Si il n’y a presque pas de nudité frontale, l’autre face est largement exploré. Les jeune ne sont pas idéalisés, c’est le moins que l’on puisse dire. La série joue clairement avec les stéréotypes pour mieux les contourner, parfois à l'extrême. Quant aux adultes ils sont plus inconscients les uns que les autres. Ils sont une espèce bizarre. éructants, détraqués, immatures ou dépassés par les événements. Ils sont même un peu trop caricaturales pour être tout à fait crédibles. Mais ils sont à l’aune du cinéma anglais “social” d’un Mike Leigh. C’est pourtant dans le film américain “Les lois de l’attraction” que l’on trouvera de plus ressemblance avec Skins. Les jeunes adultes du film de Roger Avary d’après le roman de Bret Easton Ellis sont proche des lycéens de Bryan Elsley.  Skins échappe au naturalisme par ses embardées du coté de la caricature cocasse alors que tous les épisodes sont d’une noirceur d’encre ils possède tous aussi des scènes d’une irrésistible drôlerie.
Tous ces ados s’ils n’ont pas la plastique parfaite de ceux de certaines séries américaines sont bien mimis, on peut juger sur pièce car la réalisation n’est pas particulièrement pudique, même le binoclard de service n’est pas laid du tout si on lui enlève ses lunettes et son bonnet presque inamovible.

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Bryan Elsley, le créateur et scénariste de Skins, explique dans un entretien au Film français qu'il avait commencé à écrire une série pour ados. Il l’a fait lire à son fils. Celui-ci s'est moqué de lui, ne trouvant pas le traitement crédible. Elsley lui a donc demandé de l’aider et s'est mis à écrire avec son fils et des amis à lui. C'est ainsi qu'est née la série Skins.
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Autour de lui et de son fils, Elsley, 45 ans, a réuni un groupe de seize jeunes scénaristes, des comédiens, des musiciens, des écrivains en herbe moyenne d'âge de l'équipe de scénaristes : 20 ans. Ce qui donne à la série une certaine crédibilité. Le père-scénariste raconte avoir été troublé au départ de découvrir ce qu'était la vie d'un ado aujourd'hui.
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Skins » est apparu sur Channel 4 depuis le  le 25 Janvier 2007. La série a rencontré son public outre-manche. Une deuxième saison est annoncée pour 2008. Son succès a été bien aidé par le fait qu’elle ait été interdite aux moins de dix-huit ans en Grande-Bretagne!  elle ne serait dons pas destinée à ceux qui ont l’age des acteurs que l’on voit sur l’écran. Laisser ses enfants regarder une série où on parle drogue, alcool, tabac ou sexe n'est pas supportable pour des adultes responsables... Du coup, Skins a gagné un cachet d’ Interdit. Le titre de la série  a été choisi judicieusement. Il joue sur le double sens  "skin",qui signifie la peau, la pelure et la mue, mais aussi le papier pour se rouler des joints...
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On avait pu voir Nicholas Hoult (Tony) aux côtés de Hugh Grant dans “About A Boy”. Mais une chose est sûre, le petit Nicholas a grandi depuis...
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La première saison est sortie en dvd en Grande-Bretagne mais sans sous-titre français (ici skinsuk.free.fr/ un site de fan en français). Elle inclut  tous les mini-épisodes web diffusés en ligne sur le site de partage MySpace, ainsi que quelques mini-épisodes exclusifs...
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Retour sur Skins

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Le dépaysement n'est pas profitable à Skins. Pour l'épisode 6 la série s'est expatriée en Russie sous le prétexte peu crédible d'un voyage scolaire devant permettre aux élèves inscrits au cours d' histoire (les arcanes de la scolarité secondaire britannique restent pour moi obscures) de découvrir la Russie post-soviétique. Nous retrouvons ainsi notre bande, à l'exception de la belle Michelle, sans doute peu historienne, dans une école délabrée, on ne verra presque que ce décor durant tout l'épisode, qui leurs sert de résidence. La confrontation des anglais avec les moeurs locales et avec les créatures qui les incarnent servent les ressorts  aux nombreux gags. Si, il est incontestable que l'on rit beaucoup on peut regretter que les deux garçons auquel est dédiés ce segment, le joli gay Maxxie et le sympathique Anwar soient un peu éclipsés par l'exotisme de l'épisode, depuis le début de Skins, le plus caricatural. Nous sommes constamment dans "Tintin chez les soviets". Entre deux péripéties burlesque on pénètre pourtant au coeur des tourments de Maxxie dont on apprend qu'il entre dans la catégorie de ceux qui recherche plus l'amour que le sexe.

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Maxxie est amoureux d'Anwar. Mais ce dernier explique à son ami que rien ne sera possible entre eux car pour un musulman être gay, c'est mal. Cette annonce désespère Maxxie. Malheureusement dans cette séquence, toujours parfaitement jouée comme à l'habitude, on sent trop la ficelle scénaristique. On ne s'explique pas pourquoi c'est seulement maintenant qu'Anwar qui a toujours été musulman découvre que le fait que son ami soit gay (il l'a toujours été aux yeux du spectateur) le gène. Il aurait été plus habile que le spectateur comme Anwar découvre seulement dans cet épisode que Maxxie est gay. La réaction d'Anwar aurait été alors cohérente.
L'épisode nous permet également de découvrir que Tony n'a rien contre la bisexualité...
Les photos illustrant cet article sont de Kai Z Feng.

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Nota:
Ces billets ont été écrit "à chaud" pendant le passage de la série à la télévision anglaise.
Depuis on a vu le beau Nicholas Hoult dans single man de Tom Ford 

    
      
    
 

Publié dans télévision et radio

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