Sergey Nabokov, le frère gay de l'auteur de Lolita

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

L'histoire littéraire est riche de personnage qui ont oeuvré ou on été écrasé par le grand homme de la famille plus ou moins récemment des films ou des livres se sont penchés sur quelques cas emblématique comme les enfants de Thomas Mann ou madame Freud. Aujourd'hui je voudrais vous parler de ce que l'on pourrait appeler le frère caché de Nabokov, Sergei Nabokov dont un roman de Paul Russell paru cet hiver à Londres ( roman qui espérons sera bientôt traduit en français) retrace la vie tragique; c'est le premier roman historique de Russell. Paul Russell est un spécialiste de Nabokov auquel il a consacré sa thèse de doctora Le livre de Russell est très largement inspiré de l'essai deLev Grossman, paru en 2000 « The Gay Nabokov". Il me semble qu'il est utile de rappeler que Paul Russell est l'auteur du scénario de GODS AND MONSTERS. Petite incise à propos de l'édition du livre de Russell qui ne parait pas chez son éditeur habituel, ce qui est surprenant pour un auteur connu et reconnu mais chez  Cleis Press , une maison d'édition indépendante qui est spécialise dans les ouvrages gay. Est-ce que cela voudrait dire que les grands éditeurs n'aurait pas voulu éditer l'ouvrage?

 

Capture-d-ecran-2012-05-23-a-09.50.38.jpg

 

Sergei n'était, jusqu'à ces ouvrages, pour bon nombre de nabokoviens, que le jeune homme en noir que l'on voit dans une photo assez connue des enfants de la famille Nabokov. Elle date de 1918, soit un an après la Révolution russe, Vladimir Nabokov et ses quatre frères et sœurs posent pour la photo ce serait un cadeau pour leur mère. Les enfants étaient à Yalta, en exil de leur pays natal, et de leur bien aimé Saint-Pétersbourg. Sur la photo, le parfum de la fabuleuse richesse et du monde de privilège dans lesquels Ils ont grandi semblent encore s'accrocher à eux. Les filles portent des costumes de marins fort prisés à l'époque pour les jeunes personnes. Elena, la sœur cadette de Vladimir, serre un animal de compagnie, un teckel contre son giron.

 

zolotoivek: Young Vladimir Nabokov, 1907. Photo by Karl Bulla. Grace.

Young Vladimir Nabokov, 1907. Photo by Karl Bulla.


Au second plan se tient un beau jeune homme grave, habillé entièrement en noir. Son regard intense fixe la caméra à travers un exquis pince-nez. Tandis que Vladimir, qui porte un nœud papillon semble déjà plein de Lui-même. Le garçon à l'arrière de la photo est Sergei Nabokov. Il est né 11 mois après son célèbre et son frère. La vie lui réservera un sort bien différent de lui.

C'est une question digne d'un roman de Nabokov: Comment les conditions de vie des deux frères, tous deux brillants et talentueux, à la fois riches et beaux, ont conduit à deux de ces endroits différents: l'un à l'immortalité littéraire, l'autre à l'enfer d'un camp de concentration nazi ?

Sergei est né le 12 mars 1900 à Saint-Pétersbourg. . La famille Nabokov est une des familles de la haute société russe. Elle comptait dans ses rangs des généraux et des ministres du tsar. Son père est un homme politique et un avocat réputé en droit criminel. Les enfant grandissent dans l'immense propriété rurale qu'elle possède. Ils sont entourés de nombreux domestiques dont des précepteurs qui veillent à leur fournir une brillante instruction. Leur vie studieuse est entrecoupée de séjour à Biarritz et sur la Riviera française et italienne.

Sergei a vécu un peu exclu de la famille. Il n'était pas le préféré de ses parent. Peut être que le bégaiement dont il souffrait était la cause de ce désamour. Les relations avec son frère ainés était tumultueuses, comme l'illustre un épisode qui n'est pas à la gloire de l'illustre écrivain. Alors qu'il avait 16 ans, Vladimir ayant découvert le journal intime de son frère l'a lu puis l'a apporté à son précepteur qui à son tour l'a porté au père pour qu'il le lise. Ce journal devait contenir des passages relatif au goût de Sergei pour les garçon. Cette lecture aurait donné à son père des explications sur certaines attitudes, pour lui bizarres de son fils comme son retrait d'une école huppée l'école Tenishev probablement en raison d'amitiés particulières...

 

Alors que Vladimir était l'aîné et le centre de l'attention, Sergei a grandi dans son ombre, timide et malheureux, un peu bizarre. Elena Sikorski, née Nabokov, la jeune fille avec le teckel sur les genoux de la photo, avait 93 ans en 2000 lorsque Lev Grossman écrit son livre et était la dernière survivante des frères et sœurs de Nabokov, mais lorsque l'essayiste l'interviewe elle se souvient sa jeunesse aristocratique russe, avec une clarté absolue. Grossman se souvient: elle parlait de Sergei avec tendresse, mais non sans regret. Sa voix étonnamment profonde, avec cet élégant accent qu'ont les européens apatrides. "Il n'était pas le favori de la famille», se souviait-elle. "Je pense qu'il a été un peu malheureux pendant son enfance."

Dans le « roman » de Russell, l'auteur imagine la première expérience sexuelle de Sergei avec un vieux soldat, à l'instigation d'un ami gay plus expérimenté.

Lorsque la révolution éclate en 1917, la famille Nabokov fuit la Russie. Le père, reste derrière pour continuer à travailler. Il envoie sa famille de la Crimée puis les rejoint. De là, il parviennent à s'échapper avec une partie de leur fortune sur un cargo grec chargé de fruits secs. Ni Vladimir, ni Sergei ne reviendront jamais dans leur patrie. Après de brèves escales à Athènes et à Paris, Vladimir s'inscrits à l'Université de Cambridge; Sergei lui entre à Oxford, mais rejoint son frère à Cambridge un semestre plus tard. Là, ils ont joué au tennis ensemble, Sergei manquait ses revers, mais faisait jamais une double faute. Ils traîne avec le même groupe de Russes exilés. Dans les lettres de Sergei de cette époque à ses parents qui se sont installés à Berlin, elles n'ont jamais été traduites ou publiées, traitent pour la plupart de ses soucis d'argent.

 

 

Les deux frères font des études parallèles, ils parlent parfaitement le russe, le français et l'anglais, mais à tous autres égards Sergei et Vladimir étaient tout à fait différents. "Il n'y a pas deux frères qui auraient pu être moins semblables», a écrit Lucie Lion Nohl, un autre émigré ami des Nabokov, dans ses mémoires:Vladimir était le jeune homme du monde type, un beau jeune homme au regard romantique, un peu snob et charmeur - Serge était le dandy, esthète et balletomane ... Il était grand et très mince. Il était très blond et une mèche de ses cheveux filasse cachait généralement son œil gauche. Il souffrait d'un bégaiement terrible... Il assistait à toutes les créations de Diaghilev portant lorsqu'il allait au théâtre une cape noire et arborant une canne pommeau. Le compositeur Nicolas Nabokov, cousin de Vladimir et de Sergei, peint un portrait assez semblable des deux frères: << J'ai rarement vu deux frères aussi différents que Volodia et Sérioja. L'aîné, l'écrivain et poète, était maigre, sombre, beau, sportif, avec un visage ressemblant à celui de sa mère. Sérioja n'était pas sportif. Ses cheveux étaient blancs-blonds, son visage avait une teinte rougeâtre et il avait un bégaiement incurable. Mais il était gai, un peu indolent, et très sensible (et donc une proie facile pour les taquineries).

 

En 1922 après avoir reçu leur diplôme, ils rejoignent leur famille à Berlin, qui était devenue le centre social et culturel de la diaspora russe dans la capitale allemande. Sergei s'insère facilement dans la communauté gay berlinoise qui est en pleine croissance. il devient l'ami avec Magnus Hirschfeld l'activiste gay, fondateur de la première organisation mondiale gay. Sergei et Vladimir sont allé travailler dans une banque, mais la routine horaire 9 heure 17 heure ne leur convenait pas: Sergei quitte son emploi après une semaine. Vladimir reste à Berlin, où il a rencontre sa futur femme, Vira. Sergei migre à Paris.  

 

Paris dans les années 20 pour Sergei est le légendaire Paris, celui des expatriés, le Paris du modernistes et de l'avant-garde, de Joyce, d'Hemingway, de Gertrude Stein, Picasso et des surréalistes. Sergei allait y passer les deux prochaines décennies. Alors que Vladimir n'a jamais cessé de pleurer la Russie de sa jeunesse, Sergueï s'est probablement senti pour la première fois chez lui dans une ville qui célèbre l'art et la musique et qui dans ces milieux tout du moins où son homosexualité ne pose pas de problème.

Il devient à partir de cette époque plus difficile de suivre Sergei alors que son frère n'a cessé de documenter sa vie de manière exhaustive. Nous connaissons néanmoins certains détails de sa vie à Paris. Nous savons que durant l'hiver de 1923 il fait la connaissance du peintre Pavel Tchelitchev, dont on peut voir le travail maintenant par exemple au Musée de New York d'Art Moderne et qui a peint des décors pour Serge de Diaghilev. Tchelitchev était aussi gay et aussi un Russe émigré, les deux hommes partage un appartement avec aussi l'amant de Tchelitchev, Allen Tanner.

<< Nous vivons dans une maison de poupée >>, écrivait Sergei dans une de ses lettres. L'appartement était minuscule. Il n'y avait pas d'électricité et pas de baignoire. Ils devait se laver dans une bassine en zinc avec de l'eau chauffée sur une cuisinière à gaz. Sergei a survécu en donnant des leçons d'anglais et se russe. Selon Andrew Field, le premier biographe de Nabokov, Sergei était un bons amis de Jean Cocteau, une amitié alimentée en partie par l'opiomanie. Il a également été relié, par Tchelitchev et par son cousin Nicolas, à Diaghilev, et au compositeur Virgil Thomson. Il fréquentait aussi ces aristocrates esthètes, qu'étaient les Sitwell et le salon légendaire de Gertrude Stein et Alice B. Toklasau 27 rue de Fleurus.

 

Sergei était un incorrigible dandy, il portait un nœud papillon en toutes occasions. Selon celui qui deviendra archevêque de San Francisco et qui l'a côtoyé à Paris, il était connu pour assister à la messe complètement maquillé. Nicolas, le fils d'Ivan se souvenait que sa mère disait de Sergei qu'il était "le plus beau de tous les Nabokov ... un bonbon, un homme drôle ... beaucoup plus agréable, beaucoup plus fiable et beaucoup plus drôle que tout le reste de la famille." 

Selon Ledkovsky, Sergei était profondément un gentleman. Il se passionnait pour la musique, mais aussi pour la poésie russe, française et anglaise - toutes langues qui, avec l'allemand, il parlait couramment. << Il pouvait réciter tout par cœur, et quand il récitait de la poésie, il ne bégayait pas du tout. Il a également été poète lui-même, à son avis, un bon, même si aucun de ses travaux ont survécu. C'était un homme très talentueux, et brillant, s'il n'avait pas été si timide, si il s'était senti à sa place, qui sait? Il aurait pu être l'égal de Vladimir. >>.

 

Au début des année 30, Sergei Nabokov tombe amoureux d'un riche, aristocrate autrichien, Hermann Thieme. Il est charmant et beau et quelque peu dilettante. Hermann Thieme est le fils d'un magnat de l'assurance. Sa famille possédait (et possède toujours) Schloss Weissenstein, un château du 12èm siècle dans le magnifique petit village alpin de Matrei im Osttirol près d'Innsbruck, en Autriche. Au cours des années 30 Hermann et Sergei se sont souvent réfugiés au château de Weissenstein. Iva Formigoni, la nièce d'Hermann qui vit actuellement à Milan, se souvient encore des deux hommes se prélassant ensemble dans les jardins du château et jouant au tennis. Lorsque Sergei se déplaçait, il plaçait une photo d'Hermann sur sa table de nuit.

Dans une lettre que Sergei a écrit à sa mère, il décrit le bonheur que sa relation avec Hermann lui donne. "C'est toute une histoire si étrange, que parfois même je ne comprends pas comment c'est arrivé ... Je suis juste suffocant de bonheur."Il semble que la timidité de Sergei l'ait enfin quitté. "Il y a des gens, qui ne comprendrait pas cela, à qui de telles choses serait complètement incompréhensible. Ils préfèrent me voir à Paris, survivre à peine en donnant des leçons, et à la fin être une créature profondément malheureuse. On parle de ma «réputation» et ainsi de suite. Mais je pense que vous comprendrez, que tous ceux qui n'acceptent pas et ne comprennent pas mon bonheur sont des étrangers pour moi. " écrivait-ilAprès que Vladimir Nabokov eut rencontré Hermann pour la première fois, il décrit la scène à sa femme dans une lettre: "Le mari, je dois l'avouer, est très agréable, calme, visage attrayant et de bonnes manières. pas du tout le type du pédéraste.Tout de même je ne me sentait plutôt mal à l'aise, surtout quand un de leurs amis aux lèvres rouges et frisés est venu. ". 

Curieusement le livre de Russell ne sattarde pas sur cette période de la vie de Sergei Nabokov qui fut la seule heureuse de sa vie.

Selon Andrew Field, le premier biographe de Nabokov, écrit qu'il considérait l'homosexualité comme une maladie héréditaire. D'où vient ce préjugé chez un homme qui parlait avec véhémence à la fois contre le racisme et l'antisémitisme (sa femme était juive)? Le père de Nabokov était un homme politique. Il a été profondément impliqué dans les débats législatifs sur l'homosexualité. En Russie pré-révolutionnaire les rapports homosexuels même consentis étaient considéré comme un crime (ce qui n'empêchait pas des proches du tsar, comme Youssoupof d'être ouvertement homosexuel). VD Nabokov était connu pour avoir plaidé pour la dépénalisation de la sodomie, son attitude envers l'homosexualité était compliqué: Il disait très clairement que ses arguments étaient fondés par des raisons purement constitutionnelles, sur des notions abstraites de liberté de la vie privée, et que personnellement il considérait l'homosexualité comme «profondément répugnant" pour tout être "sain et normal". VD Nabokov est mort en 1922 à Berlin, une balle dans la poitrine. Dans le journal de Nabokov on apprend que dans sa dernière conversation avec son père, la veille de la mort de ce dernier, ils avaient discuté de Sergei et de ses « étranges, inclinations anormales ».

Nabokov a également eu pas moins de deux oncles homosexuels. Konstantin Nabokov, frère de son père, était chargé d'affaires à l'ambassade de Russie à Londres. Vasily Rukavishnikov, son oncle maternel, était aussi un diplomate, mais dont la carrière fut moins brillante. Il a réussi, cependant, à faire une impression indélébile sur son jeune neveu.

Oncle Ruka, comme il a été universellement connu, grâce aux écrits de son neveu de prédilection, était un riche dilettante excentrique, et il y a toutes les indications qu'il était amoureux du jeune Vladimir; certainement son attachement à son neveu préféré est allé au-delà de ce qui était autorisé. Il semble avoir soumis Nabokov à une forme bénigne de relation sexuelle. Dans ses mémoires Nabokov écrit: «Quand j'avais huit ou neuf ans, oncle Ruka me prenait toujours sur ses genoux après le déjeuner et tandis que deux jeunes valets de pied débarrassaient la table dans la salle à manger vide, il me caressait, avec des sons de crooner >>. Le biographe de Nabokov suggère que la désapprobation pour l' homosexualité et sa sollicitude pour toutes les innocences de l'enfance chez l'adulte Nabokov peuvent avoir leurs origines dans ce souvenir d'enfance. Comme Serge, oncle Ruka était gai et bégayait... Quand il mourut en 1916, il a laissé tous ses biens, une maison de maître, 2.000 acres de terre et une fortune en roubles, à son neveu préféré, Vladimir, qui était à 17 ans un jeune homme riche, un an avant la révolution russe. Pour autant oncle Ruka ne se désintéressait pas complètement de Sergei puisqu'il lui auraitenseigné à « bégayer mieux » et comment le faire avec élégance.

 

Lorsque la question du rapport à l'homosexualité de l'auteur de Lolita fut posé, son fils Dimitri réagit vivement et déclara: Mon père avait un grand sens de la justice, un frère homosexuel, et non pas un mais deux oncles homosexuels. Parmi les écrivains qu'il admirait, il y avait beaucoup d'homosexuels, de Proust à Edmund White et il avait un certain nombre d'amis homosexuels.>>. Ce qui est indéniable. Dans un texte publié dans le New Yorker Nabokov parle de son frère comme un homme "à la dérive dans une brume hédoniste, parmi la foule cosmopolite qui hantait Montparnasse et qui a été si souvent représenté par un certain type d'écrivains américains, ses dons linguistiques et musicaux dissous dans l'indolence de sa nature. ". Il faut se souvenir que Nabokov  a omis de mentionner l'existence de Sergey jusqu'à ce que la troisième version de Speak, Memory!

Au printemps de 1940, Hitler envahit la France, et en mai, les Allemands ont bombardé Paris. Vladimir et sa famille partit pour l'Amérique sur le dernier bateau à partir de Saint-Nazaire, mais Sergei à la campagne était absent de la capitale. A son retour à Paris il trouve l' appartement de son frère vide. Sergei choisit de rester en Europe avec Hermann. Les nazis pourchassait déjà activement les homosexuels. Pour éviter d'attirer les soupçons Sergei et Hermann se voyaient que très rarement. Sergei a pris un emploi en tant que traducteur à Berlin, mais il n'avait pas l'estomac pour la guerre, et les bombardements alliés lui faisait une peur affreuse. Sergei avait presque pas d'argent.

En 1941, la Gestapo arrête Sergei sur des accusations d'homosexualité. Il est libéré quatre mois plus tard, mais est placé sous une surveillance constante. Il est ironique de constater qu'après une vie de la timidité et de bégaiement, Sergei n'a pas pu garder le silence. Il a commencé à parler avec véhémence contre les injustices du IIIe Reich à ses amis et collègues. Le 24 novembre 1943, il assiste comme témoin au mariage de Ledkovsky. Trois semaines plus tard, il est arrêté pour la deuxième fois. Après son arrestation, Sergei est envoyé à Neuengamme, un camp de travail près de Hambourg, où il devient le prisonnier n ° 28631. Les conditions de vie y étaient très dures. Le camp a été un centre d'expérimentation médicale; les nazis ont utilisé les prisonniers pour mener des recherches sur la tuberculose. Sur les quelque 106 000 détenus qui sont passés par Neuengamme, moins de la moitié ont survécu, et en règle générale, les gardes réservaient aux homosexuels un traitement particulièrement dur.

Selon les registres du camp, "Sergej Nabokoff" est décédé le 9 janvier 1945, d'une combinaison de la dysenterie de faim et d'épuisement. Neuengamme a été libéré quatre mois plus tard.

La conduite de Sergei dans le camp aurait été rien moins qu'héroïque. Nicolas Nabokov, le fils Ivan dit que, après la guerre, les survivants de Neuengamme téléphonait à sa famille, sur l'annuaire téléphonique, ils étaient les seuls Nabokov, juste pour parler de Sergei. Ils disaient tous qu'il était extraordinaire. Il donnait beaucoup de colis qu'il recevait, des colis de vêtements et de nourriture, à des gens qui étaient vraiment démunis. Pendant ce temps, Hermann avait également été arrêté. Il a été envoyé se battre sur les lignes de front en Afrique. Il allait survivre à la guerre. Il a passé la suite de sa vie au château de Weissenstein, sans autres occupations que de prendre soin de sa sœur malade. Il est décédé en 1972.      

Publié dans livre

Commenter cet article