Royal Space Force de Warren Ellis et Chris Weston

Publié le par lesdiagonalesdutemps


Je n'aime rien tant que de découvrir un site comme celui de yossarian Sous les galets, la page ( http://yossarian.over-blog.com ) qui me permet en lisant ses billet d'allonger la liste des livres à lire. Mon bonheur est encore augmenté lorsque en me délectant d'un tel site je tombe sur un article sur un livre dont je repoussais depuis des lustres par incompétance et flemmardise le jour où je me mettrais à la planche pour lui consacrer un article. Celui de Yossarian que vous pouvez lire ci-dessous arrive donc à point. Une remarque toutefois, j'ai ce même livre dans ma bibliothèque sous le titre de "Le ministère de l'espace" aux éditions "Semic books". Le dessin de Chris Weston est dans la droite ligne de la série Dan Dare et n'est pas sans rappeler celui d' Oliver Frey, alias Zack  

 

 

 

Et si ?

     Été 1945, les Américains tentent de faire main basse sur les scientifiques travaillant sur le site secret de Peenemünde. La fine fleur de la recherche nazie sur les fusées. Une surprise de taille les attend sur place : les lieux ont été vidé de leurs occupants et du fruit de leurs recherches. Prélude à un tapis de bombes, made in England.


 

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2001. L'Empire britannique s'étend dans les étoiles. Grâce à l'action conjointe de Wernher Von Braun et de l'aviateur anglais John Dashwood, tous deux soutenus par Winston Churchill, du moins au début, le Royaume-Uni est devenu la première puissance spatiale de la Terre. L'espace terrestre proche, la Lune, Mars et bientôt les confins du système solaire, rien ne semble s'opposer à la domination d'Albion. Rules Britannia, rules...

     Alors que les États-Unis s'apprêtent à lancer leur premier vol spatial, le secret du financement du ministère de l'espace resurgit, obscurcissant la vieillesse auréolée de gloire de Sir Dashwood.

 

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     Astronefs multicolores, esprit pionnier, sense of wonder, il flotte comme un parfum de nostalgie sur cette uchronie. Un sentiment renforcé par une esthétique décalée, pour ne pas dire rétro-futuriste.

     Hommage avoué à Dan DareRoyal Space Force ne manquera pas de réjouir les amateurs chenus de space opera. Pour les autres, même si l'histoire paraît un peu légère – on devine très rapidement l'origine du financement du ministère de l'espace –, au moins a-t-elle le mérite de ressusciter le goût de l'aventure, du dépassement et de l'exploration spatiale.

 

 

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     Avec ce comics, Warren Ellis donne libre cours à un fantasme. Il condamne les calculs politiques et économiques d'une humanité enferrée dans sa bulle d'hyperconsommation. Il renoue avec une certaine SF, celle qui donnait à voir et à rêver, provoquant accessoirement quelques vocations.

     Sans abonder complètement dans le sens de Warren Ellis, il faut reconnaître que Royal Space Forceest une œuvre bien distrayante. Pas totalement utopique puisqu'elle rappelle aussi que le rêve a un prix.

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Royal Space Force de Chris Weston & Warren Ellis – Delcourt, collection Contrebande, format comics, mars 2011

 

D'autres billets où il est question d'uchronie sur le blog:  Roma aeternaLes îles du soleil de Ian R. MacLeodRêves de gloire de Roland C. Wagner, L' appel du 17 juin d'André Costa, L'uchronie d'Eric B. HenrietReplay de Ken Grimwood, La séparation de Christopher Priest  

Publié dans Bande-dessinée

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