Roland Caillaux

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

 


Roland Caillaud (1905-1971) est surtout connu comme étant l'illustrateur d'un poème en prose attribué à Jean Genet et intitulé 20 lithographies pour un livre que j'ai lu. L'ouvrage est paru en avril 1945, sans nom d'auteur, d'éditeur ou de lieu, et seulement tiré à 115 exemplaires et comportant donc vingt lithographies non signées, accompagnant en hors-texte ce poème. Le livre a été réédité aux éditions GayKitschCamp où il est encore disponible.

 

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Dans ce texte, il est établi que l'on retrouve des extraits, avec cependant des variantes, de Notre-Dame-des-Fleurs et de "La Parade", poème publié par Marc Barbezat en 1948 dans un recueil intitulé Poèmes et signé cette fois Jean Genet (éditions L'Arbalète)1.

L'atelier de Roland Caillaud se situait rue Boulard (Paris, XIVe) : c'est là, entre 1944 et 1945, que Jean Genet y rencontra le peintre par le biais du modèle Édouard Dermit2.

 

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Nicole Canet (la tenancière de la galerie Au Bonheur du jour où l'on peut acheter des originaux de l'artiste) rapporte qu'il avait hérité de ses parents et vivait comme rentier après avoir été acteur. Il habitait rue de l'Ancienne Comédie. Dans un livre de souvenirs, François Sentein raconte que lorsqu'il se déplaçait à vélo dans Paris pour se rendre rue de Montpensier où habitait Jean Cocteau, il conservait sa pompe à vélo à la main, de peur d'être volé.

Caillaux était aussi en relation avec Roger Peyrefitte, dont il avait illustré "Mlle de Murville" en 1947. Quatre lettres de Peyrefitte à Caillaux, écrites entre 1946 et 1954, sont par ailleurs passées en salle des ventes.

 

 

Il était aussi acteur de cinéma. Sa filmographie :
La galerie des monstres, 1924, de Jacques Catelain :
Tire au flanc, 1928, de Jean Renoir : le sergent
Figaro, 1929, de Tony Lekain et Gaston Ravel : Grippe-Soleil
Le ruisseau, 1929, de René Hervil
Soyons gais, 1930, d'Arthur Robison
Le masque d'Hollywood, de Clarence G. Badger et John Daumery : Bing
Baroud, 1932, de Rex Ingram et Alice Terry : André Duval - Sergent de Spahis
Itto, 1934, de Jean Benoît-Lévy et Marie Epstein (co-director) : Lieutenant Jean Dumontier
(Source : IMDB)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Литографии для книги Жана Жене / Roland Caillaux
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Caillaux
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Ce dernier dessin présente une ressemblance avec certaines photos des années 40 de Voinquel
Roland Caillaud - Nuit chaude

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Roland CAILLAUD - Désir
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Roland Caillaud - Jeux de Marins
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 Clayton's College (1960) 

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Roland Caillaux - Femme Du Desert

femme au désert, 1939

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Ce dessin est peut-être de Jean Boullet bien que la technique du crayonné fasse penser à Caillaux

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xristophe 05/11/2013 23:28

Lyrisme. C'était aussi le rapprochement facétieux de deux types de lyrismes marins : celui élégiaque de Jean de la Ville de Mirmont - sublimement musiqué par Fauré (L'Horizon chimérique) - et les
robustes enculades des marins de Caillaux... J'aime bien les deux.

antoine2laRochelle 04/11/2013 15:31

Caillaux était aussi en relation avec Roger Peyrefitte, dont il avait illustré "Mlle de Mrville" en 1947. 4 lettres de Peyrefitte à Caillaux, écrites entre 1946 et 1954, sont par ailleurs passées
en salle des ventes.

lesdiagonalesdutemps 04/11/2013 15:35



Je vais inclure votre très intéressante information dans mon billet. Auriez vous des images de ces illustration pour Miie de Murville .



xristophe 03/11/2013 20:49

"Vaisseaux ! nous vous aurons aimés en pure perte/Le dernier de vous tous est parti sur la mer/Le couchant emporta tant de voiles ouvertes/Que ce port et mon cœur sont à jamais déserts..." (Vous
qui aimez Fauré !) (bonne nouvelle...)
Ah ces marins ! Ah cette Nicole Canet ! Ah ce Caillaux...

lesdiagonalesdutemps 03/11/2013 22:02



Vous voilà bien lyrique.



xristophe 03/11/2013 20:15

Vous avez raison, on peut être "partagé" - et partager son intérêt pour un artiste entre l'intérêt pour son art et celui pour sa vie. Internet nous aide. Proust est polémiste, dans son "Contre
Sainte-Beuve". C'est même plutôt enrichissant, comme vous le dites. Et je suis sûr que les parties (bio et œuvre) s'emboîtent. (Je pense à telle préface du grand critique J-P Richard) (citation une
autre fois)

C'est pê cette manie "du soupçon", comme dit l'autre, qui m'agace (comme vous diriez) : on a connu cette ère à satiété ! - à la fois "terrorisme" majoritaire, journalistique, et forcené snobisme
"freudo-marxiste" en plus. "Celui-ci ment ! voici LA vérité"... "Montherlant est trop superbe : c'est DONC qu'il est un pleutre. (Etc)

lesdiagonalesdutemps 03/11/2013 22:09



Comme moi vous semblez avoir connu la dictature intellectuelle des freudo-marxistes mais il m'arrive de la regretter aujourd'hui lorsque je vois que se sont de pâles saltimbanque et de piètres
journaleux qui donne le là des élégances intellectuelles. Et que dire des humoristes qui ne me font pas rire qui s'érigent en moraliste...


 



xristophe 03/11/2013 13:37

je m'attendais à cette réplique, je ne connais pas assez la "vraie vie" de Montherlant... on dit toujours cela, militantisme à la mode Sartre, ou disons à la Gide, pour être dans la pertinence du
sujet ("éphébophile")

Proustien sur ce point-là aussi, je néglige volontiers la "vraie vie" des auteurs au profit de l'autre, la vraie de vrai (?). Est-ce "trop facile" ?.. Pour Montherlant, je crois déjà qu'il était
vraiment courageux dans des domaines aventurier et voyageur - (comme vous !) etc. Pas un militant officiellement comme Gide, mais moi ado j'ai tout de suite compris (mais tant de gens qui lisent
"ne savent pas lire" - c'est très curieux) Enfin, et tout comme Gide (c'est ce que chez lui j'aime, avec son style à la fois hyperfluide et maniaquement rigoureux) il a plus d'un "masque" à son arc
- et Montherlant s'amuse à les "montrer du doigt" : humour, provocation, COURAGE... Et aveu de sa vérité, qu'en même temps il cachait (pour avoir la paix ?). Cette virtuosité ("jésuistique" ?)
d'artiste, "engagé" comme cela, sur ce mode-là, me plait.

lesdiagonalesdutemps 03/11/2013 18:05



Bien sûr Montherlant s'il a sans doute soufert de s'avancer masqué en a aussi tirer du plaisir.


Quant à la vie des auteurs je suis assez partagé. J'ignore la vie de la plupart des auteurs dont je lis les livres, mais peut être faudrait-il parler au passé car avec la toile, il est de plus en
plus facile de s'informer sur le vécu des auteurs. Mais aussi je m'aperçois que connaitre le parcours d'un écrivain enrichi la lecture du roman qu'il a écrit. J'en ai fait la récente expérience
avec Irving. Sans compter que pour certains leur vie est leur véritable chef d'oeuvre, comme pour Cocteau ou Romain Gary par exemple. Je suis bien d'accord avec vous il y a de moins en moins de
gens qui savent lire.



xristophe 02/11/2013 19:48

Je ne vois toujours pas ce qu'on peut reprocher à Montherlant - le stéréotypé du voleur, du voyou ^ote à Genet bcp d'intelligence, de véracité, de talent. Je ne suis pas ébloui par son style - oui
par celui de M. (Et certes il "exagère" parfois - il "déconne" sur les femmes, par exemple. Mais...)

lesdiagonalesdutemps 02/11/2013 23:34



Ce que l'on peut reprocher à Montherlant c'est à mon avis un manque de courage alors qu'il érigeait cette qualité en vertue suprême.



xristophe 01/11/2013 20:07

Ces merveilleux Caillaud... me suis fendu à l'instant d'un "écrit" très long et lourd - qui s'est perdu... tant mieux ; (impossible de "publier"...). Je lis ses accointances avec Genet, et je
comprends POURQUOI ces dessins que je regrettais (meurtre, sadisme etc), "du reste surtout stéréotypés" disais-je (en plus moi de me déprimer) : tout vient de ce sinistre personnage, Genet.
(Menteur et imposteur en plus, dans sa légende... stéréotypée) Revenant au dessinateur, j'avouais (car quelle équipée ici dans son monde ! tout Canet, la charmante, y est passée?) j'avouais comme
une nostalgie de "n'avoir pas été marin, en commençant par mousse" !

lesdiagonalesdutemps 01/11/2013 21:53



En effet Genet était un sinistre personnage (je trouve Edmund White dans sa biographie bien gentil avec lui, c'est le problème de la plupart des biographes. Ils aiment tant leur modèle qu'il leur
pardonne tout) mais il a écrit de bien belles pages et puis nombre de grands écrivains pour ne parler que de chez nous et que du XX ème siècle n'étaient pas doré sur tranche que dire de Sartre,
Mauriac, Montherlant, Aragon, Céline, Morand étaient-ils bien meilleurs que Genet! Le bouquet ce doit être Sach...