Ricco Wassmer (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Rico Wassmer dans les années 40

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autoportrait, 1942

 

 

Erich "Ricco" Wassmer est né à Allschwil près de Bâle le 13 octobre 1915 dans une riche famille suisse. Il est le fils d'un propriétaire d'usines de ciment qui est en outre un mécène, Max Wassmer (1887-1970). A partir de l'âge de trois ans, il a grandi au château de Bremgarten, près de Berne, ou il passe une enfance de rêve, entouré d'art et lde culture. Max et Tilli-Wassmer Zurlinden reçoivent des poètes, des peintres et des compositeurs tels que Hermann Hesse ,Louis Moilliet , Cuno Amiet , Paul Basilius Barth , et Othmar Schoeck. Hermann Hesse décrit l'atmosphère poétique de ces soirées dans son roman Journey to the East . Les festivals d'été sont des événements légendaires de la formation du jeune Erich. Sa famille encourage les talents artistiques et son intérêt pour l'art, la littérature et la musique du garçon. Après que la succession de l'usine de ciment parentale soit attribuée à ses deux frères, Erich se sent libéré, il restera néanmoins jusqu'à son dernier jour actionnaire de l'affaire. La fin de l'enfance est marquée par la prise d'un nouveau nom. 

 

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1937

 

A partir de 1937, il signe ses peintures "Ricco"; un nom qui est comme un mot magique, et remplace le nom du père, industriel prospère et philanthrope connu. Après ses études secondaire, en 1935 Ricco suit un semestre d'études d'histoire de l'art à l'Université de Munich et étudie le dessin auprès du professeur Julius Huether. De 1936 à 1939 il étudie à l'Académie libre "Ranson" et chez Roger Bissière, ainsi que quelques mois à l'atelier de Cuno Amiet et à l'école de peinture de Max von Mühlenen.  Au début de la Seconde Guerre mondiale, il retourne en Suisse. Il suit également l'enseignement de Max von Mühlenen. Et durant l'été 1942 il visite l'atelier de Cuno Amiet. Il semble que l'influence de ces différents enseignements soit restée faible. Durant 1946/47 il a vécu sur le lac Léman, où il possédait un voilier. Le lac a exercé une grande fascination pour Ricco, ainsi que le désir de paradis perdus et les pays inexplorés. Il s'est fait tatouer,une ancre et l'a ajouté à sa signature. En 1948/49 Ricco a passe neuf mois à Tahiti. En 1950, il s'installe et loue un château près de Vichy . En 1963, il est inquiété par la police française qui perquisitionne son atelier et y découvre des photos de garçons nus, qui ont servi comme base pour ses peintures. Un tribunal français le condamne, sans accusations formelles, pour violence sexuelle "exploitation" de jeunes garçons et violation de la moralité à d'une peine de prison de huit mois. De ce séjour en prison Ricco ne se remettra jamais complètement. Après sa libération, Ricco revient en Suisse. Il s'installe dans un manoir à Ropraz. Il décéde en 1972 à l'âge de 56 ans des suites de problèmes pulmonaires.

 

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Le toucan, 1951

 

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1952, Rimbaud, enfance

 

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le grand Meaulnes, 1952

 



 

© Ricco Wassmer


 

Ricco (eigtl. Erich Wassmer) Der Gieu u d'Iffle, 1966 Öl auf Leinwand 162.0 x 130.0 cm Kunstmuseum Bern, Dauerleihgabe Ruedi Wassmer, Zürich -

1966, Der Gieu    


Dans les années trente Ricco a peint des paysages et des intérieurs dans le style de la Nouvelle Objectivité . Son imagerie de cette période montre encore principalement des thèmes magiques et romantiques et la vie de château. Dans les années quarante, il élargit ses thèmes à la nature morte, aux paysages de ses voyages dans des contrées lointaines ainsi qu'aux motifs marins en particulier, de quoi stimuler les jeunes hommes maigres des années cinquante qu'il campe dans des scènes surréalistes. Les sujets se référant à l'enfance et la jeunesse appartiennent à la maturité de l'artiste. Dans les années soixante, Ricco a créé également une vaste oeuvre photographique souvent pour préparer ses futurs tableaux. 

 

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marchand devant le miroir, 1950


L'oeuvre de Ricco est très singulière, même s'il est difficile de ne pas penser à celle de Balthus. Elle est passé d'une peinture naive à une sorte de photo-réalisme. Ricco Wassmer puise beaucoup dans l'histoire de l'art. On y décèle de nombreuses traces des connaissances sur les formes et les symboles que le peintre emprunte par exemple des positions plus ou moins connus de l'histoire de la peinture pour mieux les circonvenir.

 

Je crois qu'il n'est pas inutile de scruter de près la production de ce grand peintre qui semble assez importante (j'attend avec impatience l'édition du catalogue raisonné de Ricco Wassmer concocté par le musée de Berne. Sa parution est prévue pour 2015 pour le centenaire de la naissance de l'artiste). La première surprise est l'évolution technique du peintre. Ses premières toiles se rattache au courant naif qui lorsque Ricco commence à peindre, est en vogue suite à la mise en lumière du Douanier-Rousseau par les surréalistes. La maladresse est alors autorisé. Mais en ce qui concerne Ricco on est un peu surpris de cette maladresse, (était-elle en parti feinte?) en regard des toiles de la fin de sa carrière à la technique qui n'est pas sans rappeler celle de Dali.

 

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Dans ces débuts (du moins ce que j'en connais) on peut constater la forte présence de thèmes chrétiens et plus précisément catholiques. Je précise que je ne connais pas la religion de Ricco. A des sujets clairement chrétiens, comme la procession immédiatement ci-dessous, on peut ajouter de nombreuses scènes de repas qui évoquent inévitablement la cène et paradoxalement, en même temps une certaine vie de château...

 


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Il faut attendre les années 40 pour voir apparaitre les graciles adolescents qui seront dorénavant les sujet principaux des toiles de l'artiste. La plus ancienne que je connaisse est son moderne Saint Sébastien qui n'est pas sans rappeler dans les rapports entre les personnages qui y figure le célèbre tableau de Balthus, "La rue". La facture est encore assez maladroite. 

 

 

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moderne Saint Sébastien 1942
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Les toiles de Ricco Wassmer sont alors également emprunt d'un symbolisme qui en ce qui me concerne reste obscur. A ce propos il est à souhaiter qu'il existe des écrits du peintre qui nous éclairent à ce sujet. Si ce symboliste frontal a ensuite disparu, on peut néanmoins situer la plus grande partie de la production de Ricco dans la peinture narrative.
Au début des années 50 les toiles se morcèlent, un peu comme celles de Jean-Pierre Allaux, lui pour illustrer l'oeuvre et la vie de grands hommes, plusieurs histoires y cohabitent. Seraient-elles directement autobiographiques? Il abandonnera petit à petit cette veine après son périple dans les mers du sud qui semble être une vraie rupture dans son oeuvre.
Les tableaux suivant se focalisent sur une scène, le plus souvent avec un seul garçon en son centre posant au milieu d'objets qui fréquemment évoquent l'enfance, ballon, maquette de bateau, bicyclette...
On ne note pas de modifications entre les toiles faites avant son incarcération et celles réalisées dans les dix dernières années de sa vie. 


Pour compléter mes propos, ci-dessous un article paru dans la presse suisse:



Dandy discret et aristocrate sulfureux, Erich Wassmer, dit Ricco, né en 1915 au château de Bremgarten près de Berne, arrive en 1963 à Ropraz, village de 300 âmes à l’orée des bois du Jorat. Il vient de passer huit mois en prison, en France, pour possession de photos de jeunes hommes nus. Dix ans plus tard, le 27 mars 1972, son cortège funéraire monte doucement la pente qui sépare le château de Ropraz du cimetière. Derrière le vieux corbillard tiré par des chevaux, suit une Rolls-Royce blanche, conduite par son majordome Mario, et la famille, à pied.
Sur la pierre tombale, à l’entrée du cimetière de Ropraz, est scellé un éphèbe de bronze signé Karl Geiser qu’il avait choisi comme gardien de son dernier sommeil. Nu, pensif et vigoureux, il se dresse toujours entre le lierre et les fougères. Il y a un an et demi, le Kunstmuseum de Berne vient photographier deux tableaux de Ricco à Ropraz: l’un trône dans le bureau du syndic, l’autre dans la famille d’Alain Gilliéron, patron de l’espace culturel l’Estrée –il représente Stéphane Gilliéron, frère d’Alain.
En pleine élaboration du catalogue raisonné des œuvres du peintre, sur mandat de Ruedi Wassmer, neveu et filleul de Ricco, le musée estime que plusieurs œuvres ont été vendues en Suisse romande, et espère retrouver leur trace. C’est l’occasion ou jamais: Alain Gilliéron décide d’accueillir Ricco à l’Estrée, à deux cents mètres de sa tombe. Jusqu’au 30 octobre, l’espace culturel expose une dizaine des dessins et autant des tableaux, et fait tourner le beau documentaire réalisé en 2002 par l’Américano-Tessinois Mike Wildbolz.


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1952
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1953, nature morte au crayon
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Des dix années de Ricco à Ropraz, le village se souvient. A commencer par Alain Gilliéron lui-même. Si sur certains tableaux c’est son frère qui figure, sur d’autres, c’est lui. Fils du buraliste postal, Alain et Stéphane sont réquisitionnés par leur père pour tondre la pelouse du châtelain, qui les fait ensuite poser pour des photographies dont ses tableaux s’inspirent.
«Pour nous gamins, c’était extraordinaire. C’était un extraterrestre, excentrique et soigné, d’une douceur extrême, venant parfois au café ou à l’épicerie. En pénétrant dans le château, qui nous était a priori défendu, nous entrions dans une caverne d’Ali Baba: des collections de timbres, de papillons, de bateaux, d’armes, de tableaux. Il nous faisait poser avec une maquette de bateau, une roue de vélo, un cheval de bois ou une épée. C’était amusant. Nous devenions des marins, des chevaliers. Quelqu’un s’intéressait à nous…»
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le cadre 1954

En 1966, les parents Gilliéron reçoivent pour Noël un grand tableau sobrement intitulé Stephan de la part du maître, toujours dans la famille. «Je ne sais pas ce que pensaient mes parents de Ricco. Pour nous, la nudité était naturelle. Il ne nous a jamais touchés. D’ailleurs, tous ses modèles ont le même type sur ses tableaux. Il nous faisait correspondre à son idéal. Sur certains tableaux, je ne sais pas si c’est mon frère ou moi qui ai posé. Il cherchait quelque chose à travers nous qui n’était pas nous.»
Fiancées pour du beurre. C’est toute l’histoire de Ricco, né Erich Wassmer d’un père grand industriel et mécène, dont les amis de la famille étaient Herman Hesse ou le compositeur Othmar Schoeck. Après une enfance de rêve à Bremgarten, il étudie la peinture à Munich, à Paris, puis chez Cuno Amiet. Silencieux, aimable, beau, il a des amitiés amoureuses, emmène une fiancée à Venise, mais ne l’épouse jamais. Toute sa vie, il correspondra avec plusieurs femmes, mais finit toujours par rompre.

Au soir de sa vie, à Ropraz, malade, il demandera encore en mariage l’une d’elles. Pour rire, ou pas. Fasciné par la mer, il se fait tatouer une ancre. Dans les années 40, il achète un yacht, amarré à Morges, le revend, puis s’embarque pour Tahiti. Après quelques mois, il s’engage comme matelot sur les mers du Sud, Bombay, Hawaï, le Japon. De retour en Europe, dans les années 50, il s’installe au château de Bompré, près de Vichy. Homosexuel discret, il est arrêté et mis en prison pour conduite contraire aux bonnes mœurs.
Tinguely chez lui. Sa famille achète alors le château de Ropraz pour l’y loger. La rumeur veut que son père Max ait éloigné du fief de Berne ce fils vaguement indigne. Ropraz l’adopte. Il ne ferme pas son château à clé, aime les voitures. En 1964, lorsque Jean Tinguely construit sa machine pour l’Exposition nationale à Lausanne, il loge chez Ricco. Qui le peint.
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L’écrivain Jacques Chessex, habitant de longue date de Ropraz, se souvient de ses «habits de toiles flottants, de sa démarche lente et chaloupante. On sentait quelqu’un qui avait largué les amarres. Je voyais les enfants Gilliéron qui allaient se faire photographier par le peintre. Je trouvais cela extraordinaire, que le peintre aristo prenne ses modèles parmi les enfants du pays, comme au XVIIIe siècle. C’était sa liberté.» Il a un majordome, Mario, ancien chauffeur de JeanXXIII, toujours en uniforme blanc. «C’était exotique, par ici.» Le village jase peu sur les mœurs de Ricco. «Ce n’était pas l’époque de l’obsession pédophile…»
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Chessex devient familier du château après la mort de Ricco, lorsque son frère Hans, le colonel Wassmer, y installe sa résidence. Beaucoup des objets personnels de Ricco sont restés, objets polynésiens ou photos de jeunes marins. «Les Wassmer avaient le génie de l’hospitalité élégante. Il y avait des paons sur les pelouses et, l’hiver, nous buvions du champagne en regardant tomber la neige sur les tulipiers où les paons s’installaient.» Sa peinture? «Je la mets à côté de Balthus et Max Ernst. Je connais peu de peintures contemporaines qui soient en même temps aussi denses, nourries du point de vue de la peinture, et aussi douces au regard, comme moirées par l’œil tellement l’art en est consommé. Ce qui me fascine, c’est l’alliance, rare dans la peinture d’aujourd’hui, de la matière et du rêve. Et peu ont peint le désir des jeunes corps masculins, de l’ordre d’un désir très matériel et très sublimé à la fois.»
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le beau cheval, 1964
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Collectionneurs avertis. Ricco laisse quelques cinq cent œuvres, tableaux, dessins et photos. La plupart sont dans des collections privées de la famille ou d’amis. La ville de Berne, le Kunstmuseum de Berne ainsi que le Musée des beaux-arts d’Aarau en possèdent. En 1988, une première exposition à Aarau, justement, sort Ricco du relatif oubli dans lequel il est tombé. En 2002, le Kunstmuseum de Berne organise une rétrospective. Et s’est fixé pour objectif, d’ici à 2010, de terminer le catalogue raisonné de ses œuvres. «Il y a beaucoup à découvrir encore, explique Marc-Joachim Wassmer, responsable du catalogue Wassmer au Kunstmuseum de Berne. Nous découvrons régulièrement de nouveaux documents, œuvres ou carnets de notes. C’est un travail de longue haleine et de confiance avec la famille.»

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Individualiste, Ricco a choisi un chemin peu balisé. Après-guerre, l’art se tourne vers l’abstraction, Jasper Jones ou Pollock en tête. «Ricco a toujours été décalé. Il ne faisait pas partie de l’avant-garde, mais intégrait ses éléments. Son style est très personnel, et a évolué d’une peinture naïve vers un réalisme magique très intéressant, une sorte de vérisme à l’ancienne mâtiné de surréalisme, de symbolisme, et d’humour. On y voit l’influence de Dali ou d’Ernst, dans une combinaison de natures mortes et d’êtres humains fascinante.»
Dans sa mythologie personnelle, en plus des éphèbes –bruns et secs, le regard absent–, on retrouve dans ses tableaux des bateaux, des horloges, un écorché, des squelettes, une main, une poupée cassée, des cigarettes. «Ce sont ses leitmotiv, sa mythologie personnelle. Il s’inscrit avec force dans la culture européenne existentialiste. L’Estrée mérite une médaille pour son exposition!» Le prix de ses œuvres est étrangement monté lors des rares récentes ventes aux enchères. Estimées à 16000 francs, certaines sont parties à plus de 45000 francs. «C’est un marché bizarre, qui ne correspond pas à la valeur réelle de ses tableaux. Les collectionneurs de Ricco sont prêts à tout pour en avoir… La récurrence des jeunes garçons dans son œuvre a pu et peut toujours poser problème. Balthus peignait des jeunes femmes, c’est plus acceptable aux yeux de la société.»


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on ne saura jamais, 1960



Le Grand Meaulnes. Il disait de lui-même qu’il était un « bâtard, quelque part entre un écrivain et un peintre.» Il adorait les voitures, possédait une Thunderbird. Il ne couchait pas avec ses modèles, ses muses. Avec les autres, les marins, les gens des fermes, oui. Il appartenait aux privilégiés, mais n’a pas eu la vie facile. Il allait de château en château, prisonnier volontaire d’un monde enchanté. «Le héros de sa peinture est un homme dont l’enfance a été trop belle», explique Beat Wissmer, directeur du musée d’Aarau. Le Grand Meaulnes était son livre de chevet. Les hanches fines des garçons de ses tableaux sont tournées vers un ailleurs inaccessible, des temps enfuis ou un futur désenchanté, rempli de mers, de chevaliers et de squelettes hilares.

 

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A la mort de Ricco, sa sœur et sa mère se précipitent au château de Ropraz. La sœur met de l’ordre dans les papiers, «efface l’aspect homosexuel», comme elle l’explique platement à Mike Wildbolz. La mère s’y installe, veut ouvrir un musée. Elle meurt trois mois après, se fait enterrer à côté de son fils. Hans, le frère colonel, meurt en 1984. En 1988, la famille vend le château.
Stéphane Gilliéron: «J’étais très gai, gamin. Mais je ne souris sur aucun des tableaux de Ricco. C’est bizarre.» En héritage, il a reçu un pistolet, Alain un cheval de bois de manège. De jolis jouets.

 

 

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1939

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Les reproductions des tableaux, des fragments, ci dessus sont extraites visiblement d'un livre, probablement d'un catalogue que j'aimerais bien posséder. Si un de mes lecteurs peut me renseigner sur cet ouvrage ou mieux m'indiquer comment me le procurer, je lui en serais reconnaissant...
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1955, Jean du carrousel
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photo d'étude pour les deux tableaux au- dessus
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1945 la gazette
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Le Palais des Merveilles, 1954



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vive la marine, 1952


 

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le verre de vin rouge, 1952

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Pour+faire+voir+1956.jpg Pour faire voir, 1956

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Les+mains+1962.jpg Les mains, 1962

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1940


 

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le+cerf+volant.1957.jpgle cerf volant, 1957
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1958
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jean du phare, 1956

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le verre de vin rouge 1952

Der Gieu u d'Iffle, 1966

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Ricco Wassmer Widu Gallery 1969
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1934


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Erich Wassmer - Herrscherpaar
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1955, Das Bildnis 


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1955, nature morte au marin
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1957, pourquoi pas
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1957 Tureby
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1958
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1958, Rimbaud après le déluge
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1960
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La machine, 1960
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1961 antropotonomie
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1962 magic Niki
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1964, Grapeshot
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1965 les chevaliers
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1966, Martin et Tobie
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1966 Sir David Scott
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Nota:

1- je cherche toutes informations complémentaires sur la vie et l'oeuvre de Ricco Wassmer ainsi que des reproductions de ses autres dessins et tableaux, merci d'avance de me les envoyer.

 

2- Mes demandes de renseignements, d'informations et autres gateries diverses le plus souvent tombent dans le néant de la toile malgré le nombre de mes lecteurs, environ 1100 visiteurs différents chaque jour, mais toujours aussi muets, néanmoins il arrive qu'un de mes visiteurs ramasse une bouteille que j'ai jeté dans cet océan d'indifférence. Ainsi un collectionneur étranger, voulant jalousement garder l'anonymat a eu la grande gentillesse de m'envoyer deux photos, une représentant Roger Peyrefitte chez lui, au milieu des années 50, image sur laquelle on voit une toile de Ricco Wassmer et une autre représentant la dite toile. Cette photo aurait été prise par Egermeier en 1956 puisqu'elle est signée Karel. Cette image a illustré la recension de Jeunes Proies publiée par Baudry dans sa revue Arcadie.

 

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A ce précieux envoi mon correspondant diligent a ajouté quelques précisions sur la toile et les relations entre Peyrefitte et Ricco Wassmer. Ce dernier était un grand admirateur de Roger Peyrefitte. Wassmer a été en contact avec l'écrivain par le biais de Cuno Amiet, relation de Leonor Fini, qui avait réalisé un portrait de l'écrivain. Peyrefitte a raconté qu'elle avait été sa maîtresse, dans les années 50. Fin 1953, Wassmer a fait passer à Roger Peyrefitte, par l'intermédiaire de Leonor Fini, un tableau en forme d'hommage à l'écrivain et à son oeuvre. On y voit, autour d'un portrait inspiré par celui de Fini, une suite de scènes extraites des différents livres de Peyrefitte. Ce tableau a été exposé en bonne place chez l'écrivain. Il serait aujourd'hui entre les mains d'Alexandre de Villiers. Par ailleurs un libraire spécialisé m'a confié que Roger Peyrefitte aurait eu une quinzaines de photos prises par Ricco Wassmer de ses jeunes modèles. 

 

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'1966-04 - La tempete

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F.MIGNON 09/12/2014 11:30

J'ai cherché le nom du responsable de ce site en vain. De 1950 à sa mort en 1972 j'étais un proche de Ricco et peut être en vous connaissant mieux pourrais-je vous pparler de Ricco et de nos relations. Je suis
en France et vous avez mon mmail pour me répondre:

Vince 09/12/2014 23:06

Bonjour, je ne sais pas si vous adressez à moi mais je serais ravi d'échanger avec vous sur Ricco. Mon cher B, vous est-il possible de faire le lien entre cet internaute et moi en lui communiquant mon mail ? Merci. Vince

Vince 28/01/2013 11:16

Pour information, un magnifique DVD sur Ricco est disponible à la vente pour le prix de 28 € sur le site suivant : www.docproductions.ch
Ce film, tourné en 2002 par Mike Wildbolz, recèle entre autres trésors des interviews des modèles de Ricco.
Je précise par ailleurs qu'un catalogue consacré à l'oeuvre de Ricco a été édité en 1988 lors d'une exposition : il s'intitule "Ricco 1915-1972" par Beat Wismer, éditeur Argauer Kunsthaus Aarau. On
le trouve sur internet en cherchant bien (environ 40-50 €).

F.MIGNON 09/12/2014 11:34

pour le DVD adressez vous au Kunstmuseum de Berne en Suisse

lesdiagonalesdutemps 28/01/2013 13:11



merci pour les coordonnées du site pour l'achat du DVD sur Ricco 



xristophe 07/12/2012 23:26

Ricco, pardon, pas "Rocco"...

Cela se corse avec Roger Peyrefitte (c'est dingue)... Et Léonor Fini ! (c'est vrai qu'il aimait aussi qqf des dames, ce gredin) Autour de 1960, Ricco est toujours avec ses garçons... Je me dis que
je commençais d'avoir leur âge, avec les tourments de cet âge... et que s'il m'eût demandé d'être son modèle, de poser en short bleu avec "bandes contrastantes" (!), je n'eusse pas été aussi sage,
peut-être, que les deux gentils petits frères d'autrefois à béret...

xristophe 07/12/2012 22:33

Certains sont fabuleusement "surréalistes" (pour parler grossièrement, et vite) (par ailleurs je n'aime guère les "vrais" surréalistes): L'enfant debout dans la fosse du cimetière, avec une jeune
femme sur le bord... Celui au bord d'un port avec au loin un beau bateau d'un autre temps, et bien sûr le jeune garçon mince "aux hanches fines" dans son vêtement court emblématique... de la
garçonnie de mon temps... Bien d'autres... qu'il faudrait "décrire" longuement en s'appliquant...

lesdiagonalesdutemps 07/12/2012 23:35



On ne peut pas vraiment parler de surréalisme à propos de Ricco mais d'une peinture proche du merveilleux fantastique et du symbolisme.



xristophe 07/12/2012 22:24

"Balthus peignait des petites filles, écrit quelqu'un, c'est plus acceptable aux yeux de la société". C'est quand même agaçant... D'autant que les fillettes balthuséennes sont bien plus provocantes
!... (Moi elles me choquent parfois, et je disais à une amie : "Il exagère")

lesdiagonalesdutemps 07/12/2012 23:38



C'est un lieu commun de réduire Balthus à un peintre de nymphette, c'est aussi un grand paysagiste et il y a aussi chez lui, comme chez Ricco du symbolisme. Autre point commun entre les deux
peintre une manière semblable dans "la mise en page" de certains tableaux.



xristophe 07/12/2012 22:19

De la peinture qq écrit : "alliance de la matière et du rêve" Du "fantasme" dit-on aussi en d'autres termes : du premier garçon au cheval de bois en culotte courte, je m'amuse "fantasmatiquement"
(après l'auteur...) de voir son jeune modèle photographié... en slip ! (peut-être en érection, d'ailleurs). "Réalisme magique", une expression. La magie est ajoutée par le peintre à la photo, par
ses "rêves", et par son art...

xristophe 07/12/2012 22:10

Fabuleux Rocco et ses petits frères... Je ne peux qu'égrener quelques tableaux successivement - cueillir des impressions : ces gamins en culotte courte aux jambes entr'ouvertes, comme des livres ;
dans l' "entre" une main légère abandonnée,l'autre est posée sur un genou : j'aime cette peinture silencieuse de tendresse et d'interdit latent, de sexe naissant sublimé par l'enfance de son sexe
au passé...

LucaR 07/12/2012 21:55

Merci de m'avoir fait (re-)découvrir cet artiste dont je ne connaissais que deux ou trois oeuvres jusqu'à présent. Je suis très sensible à ses toiles symboliques, "On ne saura jamais" par exemple
est superbe.

lesdiagonalesdutemps 07/12/2012 23:41



C'est un très grand peintre dont on aimerait pouvoir mieux déchiffrer l'oeuvre.



xristophe 07/12/2012 21:50

Ou bien je suis complètement "nul en peinture" (c'est pas tout à fait vrai) ou notre thaumaturge culturel B-A ne cesse de sortir de sa manche, ex-nihilo, des peintres inconnus merveilleux qui,
avant ça, n'existaient pas, sauf dans son désir et le nôtre !... Ainsi le fabuleux Rocco, par sa vie dirait-on, et à coup sûr son oeuvre...

lesdiagonalesdutemps 07/12/2012 23:48



Je ne suis pas un magicien. C'est que seulement en France le public est particulièrement ignorant en matière d'art. Il est vrai que l'on apprend pas l'Histoire de l'art à l'école et qu'en plus en
la matière comme ailleurs le français souffre d'un nombrilisme sévère. Le tout est rendu plus critique par la dictature que fait régner une poignée de commissaires d'expositions et de
conservateurs qui haissent la peinture et ne sont que girouettes que fait tourner le vent de la mode qu'eux même génère. C'est beaucoup moins le cas dans les autres pays d'Europe. Mais
contrairement à bien des choses cela s'arrange un peu, bien que lentement.