Rétrospective Capogrossi au musée Guggenheim de Venise

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Guiseppe Capogrossi (1900-1972) est un des artistes du XX ème siècle les plus singulier qui soit. Malheureusement il est peu connu en France, bien que le Centre Pompidou possède quelques oeuvres de cet artiste. Très célèbre en Italie, surtout de son vivant, le merveilleux musée Guggenheim de Venise qui a toujours des idées originales d'exposition, lui consacre une grande rétrospective pour le quarantième anniversaire de sa disparition.

 

Giuseppe Capogrossi est un membre de la Nouvelle école romaine de peinture avec Corrado Cagli et Emanuele Cavalli. Il acquiert une importance considérable dans le paysage italien de l'informel (signe informel) avec Lucio Fontana (informel gestuel) et Alberto Burri (document informel). Comme invité, il participe pendant plusieurs années aux expositions à la Biennale de Venise et à la Quadriennale de Rome ainsi qu'aux prix de Bergame en 19391940 et 1942.

Il participe à plusieurs reprises à l'exposition Documenta de Cassel ainsi qu'à la Biennale de San Paolo au Brésil.

En 1960, il expose à la 2e Biennale internationale de Tokyo.

 

Capogrossi a la particularité d'avoir changé de manière du tout au tout deux fois dans sa carrière et d'avoir excellé dans chacune d'elles. Il a commencé dans un style mussolinien, ne voyez aucun sous entendu négatif de ma part, bien sûr dans cet adjectif, en France on l'aurait classé dans les peintres du "Retour à l'ordre" au coté d'un Grommaire ou du Picasso des années trente. Les toiles de Capogrossi diffuse un discret homo érotisme tout comme celles à cette période de Chirico (voir à ce sujet mon billet Regard homo-érotique sur la peinture italienne 1925-1945) avec lesquelles elles ont d'autres parentés; puis dès la fin des hostilités Capogrossi peint des toiles où apparaissent cette fois des figures féminine dans un style d'un cubisme tardif revisité assez proche de ce que peignait quelques années plus tôt Marcel Pignon. Alors que précédemment ses toiles étaient très couvertes de tons souvent éteints, sa peinture se fluidifie et en même temps les couleurs deviennent plus vives. Et enfin nouveau virage à 180° Capogrossi se voue à l'abstraction mais avec cette particularité de ne représenter dans ses tableaux qu'une seule forme, une sorte de peigne qu'il déclinera de toutes les manières possibles durant près de 25 ans. Une telle obsession parait sur les cimaises du Cuggenheim être proche de la folie. On pourrait croire qu'une telle répétition du motif lasse le visiteur, c'est tout le contraire. On ne peut être ébahi par l'invention de l'artiste véritablement habité par son signe qui semble venir d'un alphabet de la plus haute antiquité. C'est dans l'accumulation des toiles, ce qui est rare que se déploie tout le génie de Capogrossi.

La rétrospective Capogrossi est un bon prétexte pour une tentation de Venise, ville inépuisable...

 

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Venise, Italie, octobre 2012

 

A l'exception de l'affiche et de la photographie de la tapisserie qui sont "en chapeau" du billet, les tableaux sont présentés dans l'ordre chronologique fidèle au bel et rigoureux accrochage de la rétrospective.

 

Pour retrouver Venise sur le blog: Le marchand de Venise ,  Paolo Baruffaldi et la galerie Bac Art à Venise,  Intrépides moineaux de Venise,  Rencontre de Matta et de Mitoraj dans une galerie de Venise,  Pourquoi Venise? ,  Coming of age au Peggy Guggenheim de Venise,  Pour se souvenir de Rome et les barbares au Palazzo Grassi à Venise,  vitrines à Venise,  Deux amis à VeniseRétrospective Capogrossi au musée Guggenheim de Venise

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ismau 20/03/2013 19:08

Votre remarque sur Morandi me plaît beaucoup !

Tout à fait d'accord pour Magnelli aussi : il n'a pas la notoriété qu'il mérite . Je l'ai découvert par hasard en 1985, au musée de Vallauris, où ses toiles sont exposées sur tout un étage . Ce fut
une grande surprise de découvrir qu'une grande part des inventions formelles d'Adami ( dont on me parlait tellement pendant mes études d'arts plastiques ) existaient déjà chez Magnelli ( dont on ne
m'avait jamais parlé ) ... et ce bien avant, dès 1914 .
Ceccotti, bien sûr, on ne m'en a jamais parlé non plus .
Ni Michel Ciry, forcément ... mais ce que je connais de lui ne me semble pas passionnant .

lesdiagonalesdutemps 20/03/2013 21:15



Je suis tout de même un peu surpris que l'on ne vous ait pas parlé de Magnelli qui est tout de même un des grands peintres abstraits européen et dont les toile atteignent des prix énormes et puis
il a longtemps résidé en France durant les années 30 ppériode où il fuyait le régime de Mussolini. Pour Ciry ce sont ses gravures qui sont intéressante. A ce propos je n'ai jamais compris
pourquoi on surévaluait la peinture par rapport au dessin et à la gravure en particulier en France.


Je ne suis pas très intéressé par Adami, je lui préfère par exemple Segui pour rester chez les italiens. Je ne connais pas le musée de Vallauris vous me donnez l'envie d'y aller voir.


Pour changer de contrée je ne comprend pas non plus pourquoi Sutherland est si peu connu de ce coté ci de la manche...



ismau 18/03/2013 19:31

Je me demande pourquoi Fontana et Burri ont tellement plus de notoriété que Capogrossi ( ou Cagli et Cavalli, que je ne connais pas du tout )

Curieusement, j'ai pensé à Crémonini ( que par contre je connais bien et aime beaucoup, n'en déplaise à Renaud Camus )... en regardant les peintures de Capogrossi des années 30 : la facture est
différente, mais c'est le même mystère de personnages figés dans un mouvement interrompu, et le même univers aux installations balnéaires qui morcellent l'espace .

lesdiagonalesdutemps 18/03/2013 22:35



Votre analyse du travail de Capogrossi me parait bonne en ce qui concerne la notoriété c'est toujours un mystère ceci dit Capogrossi a une grande notoriété en Italie certainement supérieure à
Burri mais moins que Fontanà mais tout ça est une question de mode.


J'aime beaucoup également Crémonini certaines de ces images balnéaires sont beaucoup plus inquiétantes que celles de Capogrossi. A bien y réfléchir bien des peintres italiens du XX ème siècle
distillent une étrangeté, il suffit de penser à Chirico ou dans un tout autre genre et plus récent Ceccotti, il y en à d'autres mais il est tard et si les tableaux s'affichent dans ma mémoire,
les noms qui vont avec font défaut.


Je connais la détestation de Renaud Camus pour Crémonini. Il vomit aussi Michel Ciry qui est pourtant un immense graveur (mais pas un très grand peintre).


Je pense que certains peintres italiens comme Cagli auquel j'avais consacré un billet dans mon ancien blog, il faudra que je recommence car il fait parti des billets qui ne sont pas réapparu,
patisse du fait qu'il se sont engagé politiquement d'un bord ou d'un autre tous les artistes ne sont pas comme Morandi qui aurait pu voir la terre se fendre qu'il aurait continué à peindre ses
pots et ses bouteilles.


Il y a un autre peintre italien qui n'a pas la notoriété qu'il mérite c'est Magnelli. Je ne manque jamais d'admirer ses toiles (et de les photographier) quand je les croise à la FIAC ou à Art
Paris.