Retour à Reims de Didier Eribon

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Retour à Reims est un livre courageux, à la limite du masochisme et, sans doute pour cela pénible à lire en dépit de sa remarquable autoanalyse qu'il est en définitive.
Alors que son père est hospitalisé en raison de sa maladie d'Alzheimer déjà à un stade avancé dont il meurt rapidement, Didier Eribon, qui avait rompu avec ses parents depuis de nombreuses années plus tôt, renoue avec sa mère. Ce qui le fait revenir sur son enfance et son histoire familiale. C'est une histoire déchirante qu'il nous raconte avec beaucoup de retenue mais dont on sent toute la douleur. L'histoire d'un éloignement progressif de sa famille d'ouvriers, son refus d'assumer ses origines très humbles, tout en devenant le premier membre de sa famille à poursuivre des études supérieur, et même à fréquenter l'université ...Ce récit fait ressurgir tout un passé, pas si éloigné, où il y avait encore en France une conscience de classe exacerbée. Didier Eribon finit par être perçue par ses parents comme un ennemi de classe. Et arrête simplement les voir ainsi que ses frères et sœurs. Bien qu'il affirme que la raison de sa rupture avec sa famille soit l'homophobie foncière de son père, on n'arrive pas à savoir quelle importance a eu son homosexualité dans le rejet de sa famille d'autant qu'il solde son acceptation de sa sexualité en quelques lignes. De même on aurait aimer en savoir un peu plus sur les années qui suivent cette rupture. Seules les toutes dernières pages sont consacrées à ses rencontres avec Pierre Bourdieu, Foucault, Dumézil. Il est dommage que ce livre parfois poignant contienne trois page de haine basique envers Raymond Aron, typique du sectarisme de l'ultra gauche intellectuelle.


Retour à Reims de Didier Eribon, Fayard, 2009

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