Regard sur Carpaccio

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Jalous de n'avoir pas pu l'éditer, j'ai rapté ce superbe article dans le non moins superbe blog à visiter d'urgence,
MES COULEURS DU TEMPS

 

Dérobés au musée de l'Accademia de Venise, voici quelques fragments photographiques des panneaux que Carpaccio a signés autour de "La légende de Sainte-Ursule".
 Cette native des Cornouailles fut célèbre pour son pélerinage de trois ans avec onze mille vierges ( qui ne furent qu' onze en vérité) auprès de Saint-Cyriaque de Rome. A son retour, capturée par les Huns, elle refusa la main de leur chef Attila et fut criblée de flèches, telle un Saint-Sébastien au féminin, avec sa cohorte de suivantes martyrs.
Pendant dix années (1490/1500) Carpaccio réalisa cette œuvre immense de huit toiles de grandes dimensions et un retable, mêlant la pieuse inspiration du cycle d'Ursule à la peinture raffinée des fastes de la cité des Doges, ses canaux, ses places, ses fêtes, son imagerie poétique servant d'écrin au martyre de la Sainte.







Impossible de ne pas penser à Marcel Proust admirant religieusement  le chef- d'œuvre de Carpaccio dont certains motifs auraient inspiré les robes de Fortuny offertes par le narrateur à Albertine et dont certaines figures plus graves lui évoquaient sa mère décédée.







"Aujourd’hui je suis au moins sûr que le plaisir existe sinon de voir, du moins d’avoir vu une belle chose avec une certaine personne. Une heure est venue pour moi où quand je me rappelle le baptistère, devant les flots du Jourdain où saint Jean immerge le Christ tandis que la gondole nous attendait devant la Piazzetta il ne m’est pas indifférent que dans cette fraîche pénombre, à côté de moi il y eût une femme drapée dans son deuil avec la ferveur respectueuse et enthousiaste de la femme âgée qu’on voit à Venise dans Sainte-Ursule de Carpaccio » 
Albertine disparue III . Proust









  

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