Que la jeunesse était jolie en noir et blanc 14

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

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Publié dans adolescent

Commenter cet article

bruno 02/01/2013 16:24

Il s'agit de l'acteur américain Noah Hathaway
Quelques autres vues ici :
http://www.screened.com/noah-hathaway/14-438/all-images/132-441/hath078/131-619382/

alain 02/01/2013 00:21

Pouvez-vous me dire quel age avait le jeune garçon au sourire si coquin portant un maillot Nike et si il était français ?
En tout cas, il me donne l'impression qu'il aurait facilement accepté de poser nu, pas vous, mais peut-être que ça a été le cas ? Bien à vous.

lesdiagonalesdutemps 02/01/2013 07:23



Les photos des billets de la série Que la jeunesse... ne sont pas de moi contrairement à celles de la rubrique "Les temps enfuis" donc je ne sais en général rien sur ces images.



Stephen 29/10/2012 21:24

Concernant la photographie, je n’en doute pas. Ce que je voulais surtout exprimer, c’est que lire ces textes donne en fait un l’impression d’ouvrir en cachette la boite de photographies d’une
famille, vous savez, quand on se rassemble un soir autour de ce genre de photos anciennes et qu’on dit : « Ah, tiens, là, tu te souviens ? On avait fait une de ces parties sur la plage à construire
ces châteaux, etc » en se remémorant des souvenirs. Même si les photos sont « plates », sans effet d’art, c’est précisément leur platitude, leur « neutralité artistique », qui permet de restituer
le souvenir quasi intact, si vivant, présent. C’est pourquoi je pense en fait que ce style « froid » est probablement voulu. Je dis « en cachette » plus haut car on est seul à lire et c’est cette
impression qui domine, d'avoir trouvé des photos dans une maison vide ou récemment abandonnée : on regarde des gens vivre, pas des personnages de roman mais de vrais êtres, disons dans un monde qui
serait parallèle au nôtre, et c’est d’ailleurs ce qu’indique la présentation sur le site. Il y a aussi, vous savez, un peu cette sensation qu’on ressent quand deux trains sont à l’arrêt côte à côte
en gare, et qu’on oberve les gens de l'autre train. Vient toujours un moment où l’un des trains commence à glisser lentement pour repartir, et les fenêtres éclairées des compartiments qui défilent
ainsi lentement sont autant de « photographies » de réalités parallèle surprises au moment même où elles vous échappent. Je parle au présent mais je devrais bien sûr employer l’imparfait, il y a
belle lurette que les trains à compartiments ont disparu, mais c’est une image que je trouve assez exacte pour définir d’une autre manière ce pourquoi j’aime beaucoup lire ces textes malgré leur
côté « amateur » et parfois maladroit (notamment cette apostrophe du lecteur vers la fin, ce « vous » dirigé vers celui qui lit, cela sonne un peu bizarre et c’est ce genre de maladresse peu
littéraire qui me fait penser à un « débutant ») : ils vous introduisent dans des vies qui sonnent vrai, je veux dire des vies qui ont une résonance dans un univers réel (bien sûr différent du
nôtre), pas de simples personnages couchés sur le papier dans une démarche artistique narrative. Aussi bizarre que cela puisse paraître, le fait qu’il n’y ait pas de style affirmé me donne la
sensation d’être perché sur l’épaule des êtres concernés et de les regarder vivre comme si j’étais léger et invisible, sans intermédiaire. D’une manière générale, en tant que lecteur, je dois
cependant souligner que je préfère par exemple des phrases telles que : « Le chat bondit, vif et noir, jusqu’à la porte » à : « Soudain, après s’être ramassé sur lui-même, le chat au pelage couleur
d’encre chine s’élança d’un bond souple et, félin véloce, une seconde plus tard atteignit la porte ». Je caricature naturellement, mais pour dire que je ne suis pas objectif dans l’appréciation du
style : je préfère toujours ce qui va droit au but, disons sans détours.

Et puisque vous évoquez Gracq, je ne résiste pas au plaisir de poster cet extrait du Rivage des Syrtes :

(…)
- Tu ne veux pas parler. Nous allons voir. Tu l'auras voulu ! lança-t-il d'une voix rauque et basse. Fouettez-la.
Dans la pénombre de la pièce il me sembla voir les yeux de la jeune fille noircir. Les mains liées au dos, on lui serra le cou dans un collier scellé assez bas dans le mur, puis un policier releva
haut ses jupes par derrière et l'en encapuchonna. Il y eut un mouvement de fébrilité et de joyeuse humeur dans le poste. Belzensa ne prodiguait guère de tels passe-temps, banals pourtant à Orsenna
où l'autorité avait la main lourde, et où une longue intimité avec les coups faisait qu'on les traitait avec une familiarité goguenarde. Mais quelque chose d'insolite, dans ce silence de tombe,
arrêtait les plaisanteries habituelles.
- Tu te décides ? siffla Belsenza entre ses dents.
On entendait sangloter à petits coups sous le retroussis de linge, et je savais que maintenant elle ne parlerait pas. Le pire, pour elle, était passé : c'était ce licol de bête à l'encan, cette
croupe jaillie des linges, rebondie de santé et à l'épanouissement obscène, qui bafouait maintenant le visage comme un rire gras.
La croupe se zébrait de marbrures rouges, rebondissait sous les lanières avec un tremblement monotone. Un ennui gêné descendait maintenant dans la pièce ; il y avait erreur sur la personne : on eût
dit qu'on fouettait une morte.
- Assez ! fit Belsenza mal à l'aise, sentant vaguement que la scène me déplaisait. Va t'en et qu'on ne t'y reprenne plus !
Le visage encore tout enflammé, elle tapotait maintenant sa jupe à petits coups, arrangeait rapidement ses cheveux avec une provocation d'indifférence puérile que démentait ses yeux brûlants et
secs, qui sautillaient d'objet en objet comme sous une morsure insupportable, comme si la pièce toute entière eût été chauffée au rouge.
(…)




En ce qui concerne le Petit Duc, ma curiosité piquée, j’ai effectué une vérification sur le Web et trouvé ceci, qui vous intéressera certainement : un passionné semble avoir mené sa propre enquête
pour retrouver ce dessinateur.

http://guerre.pagesperso-orange.fr/turgel/04devi.htm
http://guerre.pagesperso-orange.fr/mirko.htm

On trouve même une photo du dessinateur, prise en 2001 nous dit le site
http://guerre.pagesperso-orange.fr/turgel/04devi/Devi_08-2001_quater.jpg

lesdiagonalesdutemps 30/10/2012 08:21



Je suis entièrement en accord avec vous pour votre poétique intervention avant votre citation de Gracq, mais je trouve que cela s'applique assez peu à ces textes.


En ce qui concerne le petit duc je connaissais ce site mais néanmoins merci car il s'est étoffé depuis ma dernière visite. Cette adresse profitera peut être à d'autres lecteurs; c'est aussi la
raison de ces commentaires. Il est à souhaiter qu'un éditeur réédite cette belle bande dessinée comme vient de le faire Cornélius pour Pépito, une autre, bien différente, de mes grandes lectures
d'enfant. 



Stephen 28/10/2012 20:15

En évoquant le Signe de pistes, je pensais surtout à la thématique du garçon pur, loyal, droit, etc que proposait assez explicitement cette série, plus qu’autre chose, on retrouve ça dans beaucoup
de fragments et il est certain que pour la forme ça n’a rien à voir.

Quant à l’univers de Didier Martin et Le petit Duc, j’avoue n’avoir aucun élément de comparaison, je découvre l’existence de Didier Martin et de cette bande dessinée. Quel était l’univers de Didier
Martin ? Pour l’aspect fade de la nouvelle dont nous parlions avec Diagonales : je suis cet univers assez spécial depuis un moment et j’avoue que ce n’est pas le style qui m’a attiré, probablement
volontairement « lisse », mais plutôt la précision et la cohérence de l’ensemble, comme le dit Diagonales, on sent tout un univers derrière. C’est d’ailleurs aussi pour cela que les photos
anciennes ici m’ont frappé. A plusieurs reprises j’ai eu la sensation, en lisant les nouvelles, de regarder des sortes de photos avec « poses successives ». C’est assez difficile à expliquer.
Disons que le côté plat et sans relief du style aide justement à avoir cette sensation de regarder simplement une série de photos ou un film, mais pas un film au sens « film artistique », avec une
démarche narrative précise, juste un film au sens de « pellicule de caméra automatique », un peu comme des sortes d’images volées (ou par exemple, un vieux film de vacances d’amateur, etc). Je dois
reconnaître qu’on se sent parfois en position de voyeur, à la fois extérieur aux personnages (à cause de ce style plat et fade) et en même temps à l’intérieur d'eux sans aucun filtre (parce que
justement, pas de « corps » ni de personnalité vraiment originale chez l’auteur) : c’est une sensation assez fascinante que personnellement j'apprécie, et un style moins effacé, plus étoffé, plus
"personnel" et "signé" gênerait à mon avis. Un peu comme le traitement artistique d'une photo la rendrait peut-être plus belle (le style) mais en même temps la rendrait moins "présente", moins
réelle. Par exemple, les photos de cette série N° 14 n'ont rien d'artistique, pour la plupart elles ont dû êtres prises sur le vif, et probablement peu valorisées selon des critères artistiques,
mais on sent immédiatement vivre derrière elles l'univers dont elles ont été extraites par le hasard d'une rencontre entre les garçons et l'objectif, et la même chose se produit (du moins pour moi)
avec ces nouvelles sans style.

lesdiagonalesdutemps 29/10/2012 08:08



Je commence à vous répondre par la fin de votre commentaire dont je vous remercie. La notion d'artistique particulièrement en photographie est assez difficile à définir. Ayant beaucoup pris de
photos sur le vif, je peux vous dire que c'est au moins aussi difficile que de réaliser des photos posées, disons que cela demande d'autres qualités. De très grands photographes n'ont fait
quasiment que cela comme Cartier Bresson ou Willy Ronis.


Tout d'abord je réaffirme que ce n'est pas si mal écrit que cela mais néanmoins je ne suis pas d'accord avec vous un style plus étoffé disons à la Julien Gracq auquel curieusement j'ai pensé en
liant ces textes, on peut y voir aussi du Duvert soft, n'aurait rien gaché.


Le petit duc était une bande dessinée italienne d'un dessinateur énigmatique Antonio Da Vita qui a au sens propre disparu il y a plusieurs années. La police et ses proches le cherche encore.
C'était l'histoire d'un adolescent Mirko entrainé dans des aventures très étranges dans un pays de l'est imaginaire, dans les années trente qui est sous la coupe de bandes armées secrète, bon
c'est presque impossible à raconter. Je lisais cela à la fin des années 50 et au début des années 60 dans le petit format Kiwi dans lequel paraissait aussi la célèbre série Blek. J'ai une
réédition en album souple parue chez Horus il y a environ vingt ans sous le titre Petit duc avec de la chance c'est peut être trouvable sur la toile.


Cela fait des mois que je projette de faire un billet sur le petit duc et son mystérieux auteur mais je n'ai par encore trouvé le courage de m'y mettre...


Je vous conseille vraiment de lire Didier Martin, là encore il faudrait que j'écrive quelque chose sur le sujet. Son univers est très proche de celui de ce site en particulier pour Le prince
dénaturé, paru jadis en Folio et surtout pour Les petits maitres, cette fois édité par Gallimard dans sa collection blanche. 



xristophe 28/10/2012 19:12

Merci de la recommandation, j'irai voir... J'ai les "antiques" de Jean-François Pays aux merveilleux dessins de Gourlier qui m'affolaient tant les sens que pénétrer le texte ne pouvait que me
raffraîchir et frustrer, mais je n'ai plus tout à fait le même âge alors peut-être...

xristophe 28/10/2012 18:00

Sans être capable de dire vraiment pourquoi, pour l'instant, cet écrit fade à moi n'évoque nullement Signes de Piste, par exemple... (Il est vrai qu'à part deux ou trois extraits agaçants,
hypocrites et frustrants, je n'en ai quasiment pas lu un seul (comment peut-on lire ça), je ne regardais (mais alors très intensément, et pour tout avouer, "d'une seule main") que les images...

lesdiagonalesdutemps 28/10/2012 18:12



Pourtant Les romans de Jean-François Pays sur l'antiquité, ceux de Dalens, la série du prince Eric, les forts et les purs de Focine et quelques autres dont le premier roman de Mauries ou encore
Shwan la baleine sont pourtant des livres fort intéressant que je n'ai lus d'ailleurs qu'adulte vers ma trente cinquième année... en tenant l'ouvrage à deux mains.



Stephen 27/10/2012 16:22

Oui, le style est parfois assez maladroit et plutôt plat comme vous le soulignez, peu littéraire. C'est au mieux neutre, disons impersonnel, mais paradoxalement cela cadre bien avec la façon
distanciée dont est présenté cet univers (je le suis depuis un moment). Je suppose que ce doit être volontaire, à moins que l'auteur ne soit pas familier avec l'écriture : je pencherais en ce qui
me concerne plutôt pour cette seconde hypothèse, on note ça et là quelques maladresses qui signent assez clairement le débutant, disons l'amateur du dimanche (sans intention péjorative de ma part
naturellement, s'il vient à lire ces lignes, je dis ça comme on dit "peintre du dimanche", et certains peignent très bien pour leur plaisir et/ou celui d'autrui). Si l'auteur n'est indiqué nulle
part, l'éditeur est par contre identifié (il s'agit sans doute d'un auteur amateur qui s'auto-édite tout en diffusant librement ses textes sur internet, la chose est assez courante de nos jours).
Pour ce qui concerne la reproduction, c'est autorisé expressément, et même d'une manière assez large à ce que j'ai vu, d'ailleurs inhabituelle : il y a une mention à ce sujet (il faut aller tout en
bas du site), intitulée "Sauvegardes et conservation" avec un lien vers une page où l'on trouve des informations détaillées. Plus j'y repense, plus la concordance avec les photographies anciennes
exposées ici paraît tout à fait saisissante, l'association s'est faite immédiatement dans mon esprit, on pourrait véritablement avoir l'impression qu'elles ont été disposées pour illustrer en
partie cet univers qui, effectivement, fait parfois penser à celui de « Signe de Pistes ». D’où mon interrogation initiale au vu de ce que j’ai déjà lu de cet univers, la coïncidence était
possible.

lesdiagonalesdutemps 28/10/2012 07:24



A mon avis le livre serait parfaitement publiable après une relecture d'un bon éditeur, ce n'est en rien inférieur à la production littéraire courante en ce qui concerne le style. Il ne faut pas
oublié que la quasi totalité des romans actuels qui nous arrive on subit parfois un sévère lifting de la part de l'éditeur, c'est encore plus vrai pour les ouvrages anglo-saxon, incedemment 1Q84
de Murakami traite de cela. L'univers décrit est très original même s'il n'est pas sans rappeler celui qu'a développé Didier Martin dans certains de ses romans (j'aimais beaucoup les livres de
cet auteur, qu'est-il devenu?). J'ai aussi pensé en plus de Foncine à l'atmosphère qui régnait dans la bande dessinée le petit duc, mais je ne saurais dire pourquoi. Il me semble aussi que l'on
pourrait qualifier ces textes de roman de droite sans ue là non plus je sois capable de dire vraiment pourquoi.



Sten 27/10/2012 10:19

Hasard (ou communication d'univers par quelque voie étrange et subtile ?), certaines des vieilles photographies exposées ici (en particulier le châtiment corporel et les jeux d'indiens, ainsi que
les garçons en uniforme) m'évoquent un autre monde, également "décalé" sinon en noir et blanc, accessible ici :

http://ostwand-seeg.blog4ever.com/blog/index-716326.html

lesdiagonalesdutemps 27/10/2012 14:18



C'est un complet hasard, je ne connaissais pas ce site. Je vous remercie grandement de me l'avoir fait connaitre. J'ai lu la première nouvelle, Retour difficile, c'est tout un monde qui surgit
par l'intermédiaire du chatiment corporel infligé au héros collégien. Le style est agréable, un peu plat peut être, l'érotisme en est sournois et particulier, les amateurs de fessée doivent se
régaler. Ce texte aurait pu être écrit par Jean-Louis Foncine. Je le vois bien illustrer par Carrance. 


Je n'ai pas compris qui en était l'auteur, le connaissez vous? Pas plus que je n'ai compris si oui ou non on pouvait le reproduire.



BRUNO 12/06/2012 10:09

Il est bine crule ce chatiment à coups de baguette.