Profanations, François Rivière

Publié le par lesdiagonalesdutemps


Il se trouve que Profanations est je crois, le seul livre de François Rivière que je n'ai pas lu, il m'est donc impossible d'en parler. Et si vous êtes des lecteurs de ce blog, vous savez sans doute que François Rivière est un de mes auteurs favoris et un des très rares, avec Rinaldi et Modiano, dont j'achète systématiquement les livres dès qu'ils paraissent. C'est avec un grand plaisir que j'ai découvert ce billet sur l'excellent blog, qui est dans ma liste des blogs à visiter, "culture et débat", je vous le livre tout cru. 

 

Une histoire subtilement fantastique où des fantômes viennent hanter la demeure de la famille Booth. Cela se passe à Rhode Island durant l'été 1936.

 

Aux premiers jours de l'été 1936, une vieille fille, Miss Jackson, s'apprête à quitter sa maison de Providence (Rhode Island). Spacieuse et confortable, la demeure de style gothique, construite en 1823, est maintenant la propriété de la famille Booth. Helen, ses enfants Lucy et Francis ainsi que Maria, la gouvernante, emménagent au 65 College Street. Le chef de famille, Thomas, archéologue, est en mission au Mexique où il effectue des fouilles consacrées à la civilisation aztèque.

 

Edward Coolidge, le frère d'Helen et l'âme damnée de la famille, rejoint Thomas au Mexique. Le retrouve à son tour Dino, le jeune et séduisant neveu de Maria.

 

À Providence, pendant ce temps, un autre jeune ami d'Edward, Robert H. Barlow, partage son temps entre les jeux avec les enfants et ses visites au mystérieux Howard P. Lovecraft, écrivain confidentiel qui trouve son inspiration dans les cimetières et les maisons hantées.

 

Il y a aussi Chimok, le jardinier indien, au comportement étrange qui fascine le jeune Francis, et Jerediah West, le clerc de notaire et l'ami de Miss Jackson, une face énigmatique percée de grands yeux en amande d'un vert très clair.

 

Tous les éléments sont réunis afin d'enclencher la machination destinée à semer le doute et l'épouvante dans les esprits de la famille Booth. La construction du roman est d'une diabolique intelligence. Constitué d'extraits de correspondances et de journaux intimes des différents protagonistes, il fourmille de signes qui se renvoient les uns aux autres et qui sont autant d'indices pour reconstituer le puzzle où chaque information, même la plus infime, a son importance pour l'évidence du final. À mesure que l'on croit voir s'éclaircir le mystère, l'histoire, en fait, se complique et les zones d'ombre se multiplient.



Il faut attacher une attention particulière à la psychologie des personnages. Helen Booth a une conception très puritaine de la vie : pour elle, être digne en toutes choses, c'est peut-être aussi savoir se garder de certains propos tenus par des êtres de mœurs et de conditions différentes. Son frère représente sa principale source de préoccupation. Elle devine, sans trop vouloir y croire, l'homosexualité d'Edward. À ce sujet, avec pudeur et subtilité, François Rivière met, au fil des pages, la puce à l'oreille sans que rien ne soit jamais révélé explicitement. Ainsi, en parlant de Dino, Edward peut-il écrire :

 

« J'exerce sur cette âme pure le sacerdoce peut-être un peu naïf de mon désir transfiguré. »

 

L'intérêt que porte Robert H. Barlow au jeune Francis Booth, un garçon romantique et rêveur de douze ans, aux belles boucles blondes et à l'intelligence exceptionnelle, n'est peut-être pas aussi dénué d'arrière-pensée que l'on peut imaginer…

 

■ Éditions du Seuil/Fiction & Cie, 1982, ISBN : 2020062526

 

Pour retrouver François Rivière sur le blog: L’usine à rêves de François RivièreProfanations, François Rivière , Le mariage de Kipling de François Rivière  

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bruno 19/05/2012 17:29

Merci pour le lien- De surcroit, F Rivière fait apparaitre dans ce volume la très curieuse figure de H P Lovecraft...
ce qui n'est pas sans ajouter au mystère, bien que nous n'atteignons pas le niveau du Cycle de Randolf Carter...
Merci pour vos billets

lesdiagonalesdutemps 20/05/2012 18:28



On retrouve l'ombre de H.P Lovecraft et de bien d'autres écrivains dans beaucoup des livres de François Rivière.