Pour se souvenir du Tout ira bien d' Alex Beaupain

Publié le par lesdiagonalesdutemps



Voilà un spectacle qu'il ne faut pas rater, mais qui ne se répand pas en publicité, donc soyez vigilant sur les amusements en votre contrée. Je ne l'ai vu que sur l'invitation d'une charmante hongkongaise de passage dans mes pénates.
Je ne connaissais guère de Beaupain que ses compositions mitonnées pour les films de Christophe Honoré et en particulier pour "Les chansons d'amour" quant à son interprétation je n'avais que l'expérience de celle sur New-York qu'il fait dans le même film.
De prime abord le spectacle "Tout ira bien" désarçonne quelque peu. Alors que je m'attendais à assister à un récital d'Alex Beaupain Il  s'agit en fait d'une lecture d'extraits du roman au titre éponyme au spectacle, texte de Ketevane Davritch, paru à l'Ecole des loisirs qu'entrecoupe les chanson de Beaupain qu'il interprète lui même derrière son piano qu'il ne quittera que pour les saluts. Tout ira bien n’est donc ni tout à fait une lecture ni complètement un concert, mais une histoire pour voix, piano et violoncelle. Ce dernier est dans les main experte de la gracile Valentine Duteil et la mise en scène est signée Diastème.

Le spectacle a une intéressante histoire, en septembre 2004, Kéthévane Davrichewy sort son premier roman "Tout ira bien", alors qu' Alex Beaupain termine ce qui sera son premier album, "Garçon d’honneur". À l’occasion du festival culturel « Lille 2004 », les programmateurs leur donnent carte blanche pour créer une lecture musicale autour de leur travail. Ils se connaissent et s’apprécient depuis longtemps et montent un spectacle  autour des chansons de l’un et du texte de l’autre. Entre temps, Kéthévane a signé d’autres romans, et certaines des chansons d’Alex sont devenues Les chansons d’amour,du film de Christophe Honoré...

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Le texte âpre de Davritch raconte le douloureux quotidien d'Abel que les débuts dans la vie et la drogue ont conduit à "l'Arche"  un centre de sevrage. La lecture commence ainsi: <>
Il me parait difficile ne d’être pas capté et bouleversé par le texte de Davrichewy, qu’elle lit elle même, d’une voix à la foi monocorde et ému. Si j’émet un doute sur mon jugement est que cette histoire me rappelant tant la tragédie vécu par un garçon jadis aimé et aujourd’hui disparu qu’il met impossible de m’abstraire de ma propre histoire devant ce spectacle qui m’a profondément remué.

La déstabilisation devant la prestation des trois artistes est multiple, une des première est que l’on ne réalise pas immédiatement que le je du texte de Davrichewy est celui d’un adolescent ou d’un tout jeune homme, au cours de la lecture je l’ai imaginé ayant dix neuf ans, car lu par son auteur qui est une femme.
Une autre des belles étrangetés du spectacle, est le contrepoint que donnent les chansons d’Alex Beaupain aux multiples trouvailles poétiques et au subtile érotisme dépressif avec le récit de la souffrance d’Abel.
Le contraste est encore renforcée par l’opposition entre la voix velouté d’Alex Beaupain, moderne Jean Sablon, et celle légèrement gouailleuse de Davricheny.
Je ne sais pas qui  a eu la géniale idée, pour aérer ce spectacle, tout de même un peu dépressif, d’introduire un épisode dans lequel Abel faisant du stop est pris par un routier qui écoute le célèbre “Bambino” de Dalida, ce qui nous vaut une interprétation jubilatoire à quatre mains et à trois voix de cet immortel tube.
C’est donc un spectacle entièrement original que donne ce talentueux trio, qui, dans la sympathique salle de l’ FMR, accueillait les spectateurs, vendredi soir, avec une modestie de bon aloi qui ne faisait que mettre en évidence la réussite du spectacle.
Le spectacle se donnera lors des nuits Botanique à Bruxelles le mardi 12 mai 2009 à 20h
et également le vendredi 19 juin à 20h 30 à l'archipel  , 17 boulevard de Strasbourg, Paris X ème; mais il y certainement d’autres dates en d’autres lieux pour découvrir ce très original spectacle que les lecteurs de ce post n’hésitent pas à les communiquer.

alex

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